Hermione courut, elle courut encore et encore, sans s'arrêter, sans reprendre son souffle, ignorant les portraits qui défilaient sous ses yeux. Elle allait prendre des escaliers quand elle s'arrêta brusquement. Si elle continuait ainsi, elle allait se retrouver dans l'aile gauche du château, et pour rien au monde elle n'aurait voulu se retrouver face à ses deux amis dans cet état. Elle retourna alors sur ses pas, le cerveau en ébullition, quand, à bout de force, elle posa son front contre un mur, les yeux fermés. La jeune femme aurait aimé pleurer, se sentir soulagée en versant un torrent de larmes, mais rien ne Gryffondor ne comprenait pas comment il était possible de détester une personne à ce point, juste parce qu'elle n'était pas une sorcière de sang pur. Dans le monde des moldus, les hommes se faisaient la guerre parce qu'ils n'avaient pas la même couleur de peau, et alors que ce racisme n'existait pas dans le monde des sorciers, un autre avait pris sa place, la haine des sorciers dits de « sang impur ».

- C'est tellement injuste ! s'écria-t-elle en frappant le mur de son poing.

Pour la première fois en huit ans, Hermione avait réellement eu peur de Malefoy, elle pouvait sentir la rage du garçon se propager dans tout son corps, dans chacun de ses regards, de ses gestes, de ses mots... Elle ne devait pas se laisser faire, elle était plus forte que ça, plus forte que lui. Harry avait certainement vécu la même chose des années auparavant, sans se plaindre, gardant tout cela pour lui. Et bien Hermione décida qu'elle allait faire pareil, certes elle s'était défendue ce soir, mais ça ne suffisait pas, elle devait maintenant attaquer ! Même si elle ne comprenait toujours pas pourquoi le Serpentard acceptait de la toucher, même pour lui faire mal, lui qui ne supportait même pas de l'effleurer il y a encore quelques semaines.

Puisant dans ses dernières forces, la jeune fille prit le chemin du dortoir, espérant vivement ne croiser personne, et c'est avec soulagement qu'elle pénétra dans une salle commune déserte. Lasse de cette soirée, elle entra dans sa chambre, alluma quelques bougies et enfila rapidement sa chemise de nuit, pour se poser sur son lit, dos au mur, les jambes dans les airs, un livre en main. Vingt bonnes minutes s'écoulèrent avant que Pansy rentre à son tour, lançant un rapide regard à la Gryffondor, avant de prendre sa trousse de toilette et de gagner la salle de bain. Hermione n'aimait pas Pansy, le comportement de la Serpentard l'excédait, néanmoins, elle n'oubliera certainement jamais, que cette fille détestable, l'avait aidé cette nuit. La porte s'ouvrit à nouveau, et c'est cette fois-ci une tête blonde qui apparut dans la chambre.

- Pansy est dans la salle de bain, annonça froidement Hermione.

Drago, qui n'avait pas remarqué de suite la présence de la femme brune, sursauta avec de poser son regard sur elle. Il était certain de ne pas la trouver dans la chambre, l'imaginant pleurant à chaudes larmes dans les bras de Weaspot, il s'était même attendu à les voir débouler devant lui, prêts à se battre. Mais non, la lionne était là, dardant sur lui un regard remplit de fierté, comme si rien ne s'était passé. En la voyant assise sur le lit, l'étudiant ne put s'empêcher de repenser à la nuit qu'il avait passé dans ce même lit. Pansy lui avait expliqué que le lendemain matin, elle avait changé toutes les couvertures à l'aide d'un petit sort, mais cela ne changeait rien aux yeux de Malefoy, le lit restait le même.

- As-tu entendu ce que je viens de dire ? lança la jeune fille.

Perdu dans ses pensées, Drago était passé à côté de la remarque de la Gryffondor. Il constata d'ailleurs qu'il n'avait jamais vu la jeune femme dans cette tenue, les épaules dénudées, les jambes dévêtues, les pieds-nus. Hermione Granger paraissait alors complètement simple, sans aucun artifice, naturelle au possible. Le Serpentard se dit alors que c'est ainsi qu'elle devait être, le matin, en se réveillant, dans ce lit regorgeant de son odeur... Une chaleur, à présent coutumière, se propagea lentement dans le corps du jeune homme, trouvant sa source dans le ventre musclé du garçon, sans qu'il ne sache pourquoi. Puisqu'après tout, Hermione Granger n'était pas une jolie fille, pas à ses yeux. Ses cheveux ne ressemblaient à rien, sa poitrine était presque inexistante, surtout comparée à celle de Pansy, ses hanches étaient trop larges à son gout, et ses jambes trop petites. Sans oublier l'expression farouche et hautaine qu'elle ne cessait d'afficher constamment et qui exaspérait prodigieusement le grand blond. Et cerise sur la gâteau, ses parents étaient moldus, et son sang impur.

En songeant au sang de la femme, une vive brûlure se fit ressentir dans la gorge du Serpentard. Il revit alors avec effroi son geste, le sang sur son pouce et... Non ! Il ne devait pas y penser. Oubliant totalement pourquoi il était venu rejoindre Pansy, il fit demi-tour et regagna sa chambre d'un pas raide. Sans même se changer, il s'affala sur son lit, dans le noir le plus complet, devinant que son camarade de chambre dormait paisiblement, au son de son souffle régulier, puis il ferma les yeux à son tour.

Il avait léché du sang impur, du sang de bourbe avait franchi ses lèvres et se mélangeait maintenant à son propre sang. Il ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi il avait fait cela, quelle force obscure pouvait bien l'avoir poussé à accomplir cet acte ignoble. Si son père le voyait, si son défunt père savait à quel point son seul et unique fils était en train de devenir fou, il reviendrait à la vie juste pour se suicider. Il leva alors la fameuse main souillée et la fit glisser maladroitement sur les entailles dessinées sur sa joue. C'était stupide, réellement stupide cette obsession qu'il vouait à son ennemie, ce besoin de la détester dépassait à présent l'entendement. Il se dit qu'il devait arrêter de l'observer, de la suivre et de laisser son corps agir avant son cerveau, tout en continuant de masser machinalement sa blessure.

C'est alors qu'il sentit sur ses doigts son propre sang, qui avait quelque peu séché maintenant.

« Je suis déstabilisé, déboussolé, sans repères. Mon père mort, mon nom répudié et ma mère délaissée. C'est normal que je sois un peu étrange depuis la rentrée, dans quelques semaines je me sentirai mieux, et j'arrêterai de penser à ça... », pensa-t-il, tout en s'imaginant se relever, sortir de la de la pièce, entrer en trombe dans la chambre de la Gryffondor, grimper dans son lit alors qu'elle s'y trouvait déjà, et la forcer à gouter son sang, dégoulinant de sa main.

Oui... De toute évidence, Drago Malefoy n'allait pas bien du tout...


- Un peu de silence dans la salle !

En entendant la voix forte du professeur McGonagall, tous les élèves présents dans la grande salle et qui étaient en train de prendre leurs petits déjeuners se turent.

- Pour commencer, bonjour à tous ! tonna la directrice en souriant.

- Bonjour professeur McGonagall, scandèrent les étudiants en cœur.

- J'ai deux importantes nouvelles en ce mois de novembre ! La première concerne les nombreux cas de surdité présents dans l'école. Le corps enseignant et moi-même avions tout d'abord pensé à une facétie de certains élèves, admit-elle en fixant deux garçons de la table des 4èmes années, certainement les futurs successeurs de Georges et Fred. Il s'est avéré que ce ne n'était pas le cas, la cause relevant d'un problème sanitaire. Nous règleront ce problème dès que la potion permettant de tuer la plante qui a contaminé certains murs de l'école, sera prête. Il faudra compter environ deux mois.

En entendant la directrice expliquer que le mystère des cas de surdité était résolu, Hermione ne put s'empêcher de sourire. Depuis l'altercation qu'elle avait eue avec Drago, il y a de ça quelques jours, Hermione avait redouté de se retrouver à nouveau seule avec lui, et étant donné qu'on était aujourd'hui vendredi, elle allait devoir se rendre dans la Forêt Interdite en compagnie du garçon, ce qui ne l'enchantait guère. D'ailleurs elle n'était pas la seule, ses deux amis ne souhaitaient plus la laisser seule avec le Serpentard, depuis qu'ils avaient appris ce qu'il c'était passé. Hermione ne voulait pas les inquiéter et leur racontant son agression, mais il avait été difficile de garder le secret très longtemps avec sa lèvre gonflée et la joue barrée de cicatrices de Malefoy. La Gryffondor avait néanmoins omis certains détails, l'épisode de l'étranglement entre autres. Toutefois, sachant maintenant que le problème de surdité allait être réglé, la jeune fille espérait que la directrice trouverait une autre punition, qu'elle n'aurait pas à partager avec le Serpentard cette fois-ci.

- Cependant, vous vous doutez bien que cette annonce n'est pas la grande nouvelle que je souhaitais vous révéler, continua la directrice. J'ai décidé de débarrasser Poudlard de cette vermine durant les deux semaines des vacances de Noel, c'est pourquoi, cette année, l'école restera fermée durant ces congés.

A cette annonce, un brouhaha se propagea dans la salle, plusieurs élèves affichèrent une mine inquiète, n'ayant pas prévu de retourner chez eux pendant Noel.

- Ce n'est pas tout ! reprit le professeur. Sachant pertinemment qu'un certain nombre d'entre vous ne peuvent pas rentrer chez eux, une idée m'a traversé l'esprit.

A ces mots, toute la salle plongea dans un silence religieux. Les étudiants de Poudlard commençaient à craindre cette nouvelle, se souvenant que c'était une idée de McGongall de supprimer la répartition des quatre maisons.

- Durant ces deux semaines de vacances, chaque étudiant passera une semaine dans la famille de son compagnon de chambre, puis l'accueillera dans sa propre famille la semaine suivante ! annonça-t-elle, tout sourire.

A peine la directrice avait-elle prononcé ces quelques mots que Ron failli s'étouffer, et pour cause, deux semaines en compagnie de Grabbe allaient être une épreuve. Hermione aperçut Neville, le visage subitement livide à l'idée de devoir inviter Malefoy chez lui. La jeune fille elle-même n'en menait pas large, accueillir Pansy chez elle et dans une ville de moldus, n'allait pas être une mince affaire.

- Et pour ceux qui seraient dans l'incapacité d'accueillir leur camarade chez eux, ils passeront les deux semaines chez leur ami ! conclu-t-elle.

Harry soupira de soulagement. Certes il ne connaissait pas beaucoup son colocataire, néanmoins, c'était toujours mieux que de retourner chez les Dursley, ces derniers ignoraient alors qu'Harry était toujours en vie et de retour à Poudlard.

A cette annonce, plusieurs protestations se firent entendre, Hermione pu même y percevoir la voix de Pansy, peu enthousiaste à passer deux longues semaines en compagnie de sa colocataire.

- Je n'ai pas fini ! s'écria la directrice. Ayant une prédilection pour la danse et la musique, j'ai décidé de mettre en place un bal de Noel, qui se déroulera chaque année à partir de maintenant ! Le bal aura lieu le dernier soir avant de partir en congés. Sur ce... Dépêchez-vous de manger et rejoignez vos salles de classes !

Et c'est alors qu'un tonnerre de cris stridents explosa dans la salle. Toutes les filles de Poudlard s'insurgeaient de n'avoir été prévenu que deux mois avant le bal, qu'il était impératif de commander leurs robes dans les plus brefs délais sans oublier de se trouver un cavalier pour la soirée. Hermione songea alors que le professeur McGonagall était une bien fine oratrice, finir son discours par l'annonce du bal avait réussi à faire oublier le problème des vacances. Déjà épuisée par cette folle matinée, la Gryffondor se leva de table quand un hibou déposa une lettre dans ses mains. Elle l'ouvrit et lue ces quelques mots :

Mademoiselle Granger et tenue de se rendre immédiatement dans le bureau du professeur McGonagall.

A la fois curieuse et inquiète, le souvenir du vase brisé toujours gravé dans son esprit, la Gryffondor prit ses affaires pour se rendre dans le bureau de la directrice. Elle pénétra lentement dans la grande pièce quand elle aperçut, surprise, Neville, Malefoy et Pansy debout devant McGonagall, cette dernière étant assise à son bureau.

- Venez Mademoiselle Granger, prenez place à côté de vos camardes, dit le professeur en lui lançant un coup d'œil appuyé.

La Gryffondor s'avança en gratifiant Neville d'un sourire amicale. Elle ne put s'empêcher de poser son regard sur Malefoy, le garçon regardait droit devant lui, mal à l'aise, comme s'il pouvait sentir les yeux de la jeune fille braqués sur lui. Hermione pouvait distinguer les traces de griffures sur sa joue, celles-ci commençaient à disparaitre peu à peu, néanmoins, la femme brune fut étonnée de constater qu'il n'avait pas souhaité guérir cette blessure par magie, sachant qu'en 3ème année, ce même garçon avait hurlé à la mort juste parce qu'un hippogriffe l'avait à peine égratigné.

- Comme vous venez de le découvrir, vous passerez les prochains congés chez votre camarade respectif, commença-t-elle.

- Est-ce obligatoire ? ronchonna Pansy.

- C'est obligatoire Mademoiselle Parkinson ! Je ne souhaite faire de dérogations pour personnes !

- Mais pourquoi une telle idée ? insista la Serpentard, boudeuse.

- Je n'ai pas à vous répondre, cependant, je vais tout de même le faire. J'ai pu constater qu'un grand nombre d'élèves se méprisent dans ce château, tout simplement parce que leur façon de vivre n'est pas la même. C'est pourquoi, je souhaite ouvrir leurs esprits étriqués et les faire grandir un peu plus ! s'exclama la directrice fermement.

Ces paroles visaient de toute évidence les quatre élèves présents devant elle, les deux Gryffondors détestant les deux Serpentards, et réciproquement.

- Cependant, je vais devoir apporter quelques modifications vous concernant, ajouta McGonagall. J'inverse les colocataires, Monsieur Malefoy avec Mademoiselle Granger et Monsieur Londubat avec Mademoiselle Parkinson.

- Vous plaisantez ? rugit une voix rauque.

Pour la première fois depuis le début de l'entretien, Drago prit la parole. Certes, passer deux semaines avec Londubat ne l'enchantait pas, mais il s'était dit qu'au moins il faisait partie d'une famille de sorciers. Mais passer deux semaines avec Hermione Granger ? C'était tout simplement impossible, il ne le supporterait pas. Il était devenu fou en seulement quelques heures en sa compagnie en début de semaine, que se passerait-il s'il devait rester avec elle pendant 15 longs jours ?

Hermione, de son côté, était loin d'être aux anges. La jeune fille avait toujours admiré le professeur McGonagall, la jugeant sévère mais juste. Toutefois, cette fois-ci, c'était trop. Infliger à la Gryffondor une telle punition relevait, à ses yeux, du sadisme.

Ce qui se tramait dans la tête de Pansy n'était pas mieux, la jeune femme était angoissée à l'idée que son amour puisse partager 15 jours de sa vie avec une autre femme, même si cette femme était une sang de bourbe. La nuit dans la Cabane Hurlante l'inquiétait déjà suffisamment, supporter une telle épreuve la faisait trembler de crainte. A présent, elle désirait même prendre la place de Malefoy et passer ses vacances avec la fille de moldus, préférant que ce soit elle plutôt que son amant.

Quand à Neville, échanger Malefoy pour Pansy c'était comme survivre à la Peste pour contracter le Choléra, la souffrance restait la même.

- Vous pensez bien que cette décision est mûrement réfléchie, Monsieur Malefoy ! tempêta la directrice, le visage dur. Ayant trouvé la solution au problème de surdité, votre punition, à vous et à Mademoiselle Granger, prendra fin avant Noel. Et oui Mademoiselle Granger, la punition n'est pas levée, ajouta-t-elle devant la mine abattue de la Gryffondor, d'autres élèves peuvent encore tomber malade d'ici Noel, c'est pourquoi cette potion doit être faite toutes les semaines. Néanmoins, je pensais vous punir pour plus longtemps que cela, c'est pourquoi j'échange les couples !

Elle lança alors un regard noir aux deux étudiants en question avant de dire d'une voix sifflante :

- Profitez donc de cette aubaine pour arrêter vos enfantillages qui durent depuis presque huit ans ! Et je vous préviens, si j'apprends que l'un ou l'autre n'a pas respecté son engagement, je le renvoi de Poudlard sur le champ ! Maintenant, vous pouvez y aller !

Médusés, les quatre étudiants sortirent du bureau sans un mot. Peu désireuse de faire face à la mauvaise humeur de Pansy, qui de toute évidence comptait hurler sur la Gryffondor que tout était de sa faute, Hermione prit la main de Neville et se précipita en direction de leur salle de classe, le cerveau encore trop embrouillé pour se rendre compte de la catastrophe de cette situation.

La Serpentard allait lui courir après pour lui crier au visage que jamais Drago n'aurait été puni si elle ne l'avait pas enfermé dans la Cabane Hurlante, quand elle vit le grand garçon s'éloigner, les mains dans les poches. La jeune fille courut pour le rattraper, puis une fois arrivée à sa hauteur, elle se mit à se lamenter sur la décision arbitraire de la directrice.

- Ce n'est pas normal ! Nous sommes les seuls à qui elle a fait ça ! Tu devrais te plaindre !

- Mouais..., répondit le garçon peu convaincu.

- Ça ne te dérange pas de passer deux semaines avec cette sang de bourbe ? demanda-t-elle, anxieuse.

A ces mots, le Serpentard se stoppa net et jeta un regard sournois à la fille présente à ses côtés.

- Si cette fille compte me pousser à bout pendant mes vacances, je la tue, et tant pis si je dois quitter Poudlard, susurra-t-il, avant de reprendre sa marche.

Pansy allait rire de sa remarque, quand elle repensa à la nuit où Drago avait été à deux doigts d'étrangler la Gryffondor. A ce souvenir, le sourire de Pansy s'effaça, consciente que le garçon disait certainement la vérité.

- Hey Drago ! Tu as reçu du courrier !

Drago se retourna et aperçut Crabbe s'approcher de lui une lettre à la main, essoufflé comme un buffle après sa petite course dans le château. Le Serpentard blond lui prit fermement la missive des mains sans un remerciement, quand il vit qu'elle provenait de sa mère.

- Allez-y, je la lis et je vous rejoins, souffla-t-il en se posant un peu plus loin, afin de la lire tranquillement.


Le professeur McGonagall, à présent debout, fixait le Saule Cogneur par la fenêtre.

- Je vous remercie d'avoir agréée à ma requête, Miverva, prononça une voix grave derrière elle.

- Je suis tout de même curieuse, pourquoi changer les binômes et mettre Monsieur Malefoy avec Mademoiselle Granger ? En quoi leur rivalité futile vous intéresse-t-elle ? demanda le professeur, tournant toujours le dos à son interlocuteur.

- J'étais exactement comment Drago à son âge, fier, orgueilleux, méprisant autrui. Je ne veux pas qu'il fasse les mêmes erreurs que moi, qu'il se rende compte de l'importance d'un être que lorsqu'il l'a définitivement perdu.

- Severus...

La directrice se retourna pour faire face au portrait de son ancien collègue, Severus Rogue.

- Hormis le professeur Dumbledore, deux autres personnes ont su m'apprécier et me faire confiance. La première est maintenant morte, et la seconde est la mère de Drago. Je lui ai promis de protéger son fils, j'ai tenu ma parole, partiellement du moins. Je l'ai protégé de Voldemort, je dois à présent le protéger de lui-même, murmura-t-il, le regard froid.

- Et pourquoi ne puis-je rien leur dire concernant le vase ?

- Faites-mois confiance Minerva, d'ici la fin de l'année, le vase sera à nouveau présent sur votre bureau, et en parfait état, déclara-t-il, un léger sourire peint sur les lèvres.

- Et si ce n'est pas le cas ? s'enquit-elle, suspicieuse.

- Avec l'ingéniosité de Drago et l'intelligence de Mademoiselle Granger, cette coupe ne restera pas brisée bien longtemps, ils finiront par trouver le moyen de la réparer. Et si vraiment ils n'y parviennent pas, punissez-lez..., ajouta le défunt professeur.

Le professeur McGonagall retourna s'assoir en soupirant, le visage entre les mains.

- Le professeur Dumbledore avait raison, vous êtes un homme bien étrange Severus, mais vous restez foncièrement altruiste...

La directrice releva alors la tête, et constata que le professeur Rogue avait disparu. Et c'est en souriant, qu'elle s'attaqua à l'organisation du bal.


Drago Malefoy étais assis dans le couloir à présent désert, encore trop dérouté par la lecture du courrier envoyé par sa mère pour pouvoir se relever. Mais ce qui le tétanisait encore davantage, c'était ce qu'elle avait joint à la lettre. Une mèche de cheveux bruns, épais et bouclés. Ces cheveux, il les connaissait par cœur, ayant passé des heures à les observer. Le garçon blond tenait dans ses mains une mèche de cheveux d'Hermione Granger, envoyée par sa mère.


Un grand merci à mes fidèles revieweuses ! J'aimerais tellement que d'autres personnes prennent le temps de me dire ce qu'ils en pensent =) Dans le prochain chapitre, Drago va commencer à perdre sérieusement pied héhé