- Oh Drago ! Tu es enfin sorti de l'infirmerie ! Je commençais vraiment à m'inquiéter !
Le jeune homme blond avait à peine fait un pas dans la salle commune du dortoir 8 que déjà des bras s'enlacèrent autour de ses épaules.
- Si tu savais comme je hais ce Potter ! Comment cela se fait-il qu'il n'ait pas été puni ? interrogea Pansy, folle de rage.
- Parce que j'ai laissé un mot à McGonagall, lui demandant de ne pas la faire, répondit-il laconiquement en se dégageant des bras encombrants de sa compagne.
- Mais pourquoi ? s'exclama la jeune fille, hébétée.
- Parce que, contrairement à ce que pense le reste de l'école, je n'ai qu'une parole, murmura-t-il pour lui-même.
Il s'avança alors lentement en direction de sa chambre, ouvrit la porte et y découvrit Hermione, cette dernière était assise sur son lit, le menton dans les mains, les yeux fermés. Ils avaient quitté l'infirmerie au même moment, cependant, le garçon avait préféré déambuler quelques heures dans le parc avant de regagner sa chambre. Les quelques jours passés en compagnie de la Gryffondor étaient, à ses yeux, un avant-goût de ce qu'allait être les prochaines vacances. Quelques insultes, diverses allusions blessantes, et un horrible et constant silence pesant. Mais si ça n'avait été que cela, le Serpentard aurait été content, hélas, ce ne fut pas le cas. Plusieurs fois dans la nuit, alors que de terribles cauchemars le réveillait, il se surprenait à observer pendant des heures la femme brune en train de dormir, songeant à toutes les choses qu'il aimerait lui faire, tels qu'effleurer chaque partie de son corps pour ensuite la combattre férocement, entre autres...
- Je te manquais déjà ?
La jeune fille se releva alors brusquement, à tel point que son crâne cogna le lit du dessus. Hermione grogna alors de colère et de douleur, tout en se massant méticuleusement le sommet du crâne endolori.
- Tu es vraiment trop nulle, railla le garçon.
- Je ne suis pas là pour écouter tes moqueries, bien que je les affectionne tout particulièrement, ironisa la jeune fille en le regardant farouchement.
Ce simple regard, accompagné de sa réplique cinglante, provoqua des fourmillements délicieux dans le ventre du garçon. Il aimait ça, le fait qu'elle se défende, qu'elle réponde à sa méchanceté et surtout qu'elle veuille lui parler, il adorait vraiment cela. Mais détestait pas dessus tout son habituel air suffisant et la réaction trop vivace de son corps dès qu'elle daignait poser un regard sur lui.
- Pourquoi es-tu là Granger ? demanda-t-il, la voix la plus doucereuse possible.
- Qu'est ce qu'elle fiche ici celle-là ?
Pansy venait de pénétrer dans la chambre, avide de passer quelques moments intimes avec son amant, et ainsi découvrir tous les détails de son affrontement avec Potter, qu'elle imaginait violent.
- Sors d'ici Pansy, ordonna le garçon, sans détacher son regard du visage de la Gryffondor.
- Quoi ? Qu'est-ce que...
- Sors !
Cette fois-ci le ton brutal employé par le Serpentard fût comme une claque pour la jeune fille. Elle regarda alors attentivement l'homme qu'elle aimait. Et mon Dieu, qu'est-ce qu'elle le trouvait magnifique. Grand, imposant, la chemise blanche de son uniforme semblait lui allait comme une seconde peau sans oublier ses splendides cheveux blonds qui reflétaient le soleil, l'homme idéal à ses yeux. Puis son regard se posa sur l'autre fille présente dans la petite chambre, Hermione Granger. Et là son estomac se retourna. Depuis l'histoire à Pré-au-Lard, Pansy ne parvenait pas à chasser son sentiment de gêne dès qu'elle apercevait la Gryffondor avec son amant. Une aura étrange planait autour d'eux, chargée de haine, de rancœur mais d'un autre sentiment, qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer. De plus, elle pouvait constater que ces deux étudiants passaient beaucoup trop de temps ensemble, y compris ces quelques jours à l'infirmerie. Et voilà que maintenant, Drago souhaitait se retrouver seule avec la femme qu'il haïssait, au dépend de sa propre petite amie. C'était absurde, mais ne voulant pas contrarier son amour, elle lui obéit et sortit de la pièce, sans un mot.
- Alors ? continua-t-il le sourire en coin, comme s'ils n'avaient jamais été interrompus.
- Le professeur McGonagall est venu me parler, elle souhaitait aussi te voir, mais comme elle ne te trouvait pas, elle a voulu que je te transmette le message.
- Et quel est-il ?
- Tout d'abord elle a décidé que tu ne seras pas puni pour t'être battu avec Harry, jugeant que ton séjour à l'infirmerie était une punition amplement suffisante, énonça la jeune fille.
« Putain, si elle savait à quel point elle a raison... », se dit-il le corps vibrant.
- Et j'ai une bonne nouvelle ! La punition du vendredi soir est annulée ! Le professeur m'a expliqué qu'il était imprudent d'envoyer des élèves se promener dehors en pleine nuit, alors qu'un dangereux individu s'était introduit dans l'école ! dit-elle tout sourire.
- Et pas de punition de substitution ? s'enquit-il, visiblement moins réjoui que son interlocutrice.
- Je pense que non, répondit-elle le visage éclatant, elle a certainement dû se dire que je méritais un peu de repos. Et comme il aurait été malvenu de te punir seul, elle a levé cette corvée pour nous deux !
- Fredonner...
Face au manque de réaction du Serpentard, la jeune fille amorça un pas en direction de la sortie quand il s'interposa, le regard dur.
- Et pour le Mangemort ? Une idée ?
- J'y pense constamment, mais je ne vois pas du tout qui ça pourrait être, soupira-t-elle. Je pense que tu devrais dresser une liste des Mangemorts que tu as côtoyés, pour ensuite l'étudier et voir lequel d'entre eux pourrait t'en vouloir.
- Je peux la rédiger maintenant et après nous..., commença le garçon en s'activant pour trouver une plume et un parchemin.
- Nous rien du tout ! Je suis fatiguée et je veux passer du temps avec mes amis, souffla la jeune fille.
- Alors quand ? demanda-t-il en la fixant d'un regard indéchiffrable.
- Je ne sais pas, déjà je pense qu'il sera compliqué de se voir, Ron et Harry ne vont plus me lâcher après ce qui m'est arrivé.
- Il faut bien régler...
- En classe ! coupa la Gryffondor. En cours de potions par exemple. Tu me montreras ta liste et nous en discuterons.
Déjà lasse des moments qu'elle allait devoir passer seule à seule avec Malefoy, elle se retourna et entrouvrit la porte quand elle se referma violement. Le grand garçon se trouvait derrière elle, la main plaquée sur la porte fermée, affichant une expression irritée.
- Et pour le vase ? Tu ne voulais pas que je t'aide à régler ce problème ? lança-t-il méchamment.
- Je n'ai pas oublié, mais vu que le Polynectar ne sera pas prêt avant les vacances, tu n'as pas besoin de connaitre mon plan pour l'instant, répondit-elle en tentant d'ouvrir la porte, sans succès.
Le garçon la maintenait toujours fermée et ne semblait pas vouloir laisser sortir la jeune fille de sa chambre.
- Tu permets ? siffla la Gryffondor entre ses dents, en lui décochant un coup d'œil agacé.
En observant le grand jeune homme derrière elle, elle eut l'étrange impression que ses iris gris avaient pris une teinte plus sombre, et que les muscles de sa mâchoire semblaient se contracter à chacune de ses respirations. Il resta posé ainsi de longues secondes, qui parurent durer une éternité pour l'étudiante, quand enfin, il se décida à se dégager lentement, très lentement. Et c'est mal à l'aise, qu'Hermione s'extirpa de l'atmosphère pesante de la chambre. Drago la regarda s'en aller à grandes enjambées, ne parvenant pas à décrocher son regard de la jeune femme jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision. Il referma alors la porte sans un bruit et posa son front contre celle-ci, maudissant son envie irrépressible de la suivre, de la ramener de force dans sa chambre pour l'y enfermer, l'obligeant ainsi à passer tout le reste de la journée avec lui.
Il jeta alors un coup d'œil en direction de son lit, imaginant la Gryffondor assise dessus, effleurant la couverture de ses longs doigts fins, laissant promener son regard sur les affaires du Serpentard. Drago s'approcha à pas lents de la couche, s'agenouilla et attrapa violement la couverture entre ses mains. Et c'est dans un état second et les yeux fermés, qu'il fit glisser la couette le long de son visage, un peu comme si l'édredon représentait la main de la fille brune, qui le caressait délicatement et sensuellement.
- Qu'est-ce-que tu fabriques ?
Le jeune homme blond se releva brusquement, mortifié d'avoir été pris sur le fait par Neville Londubat, qui le regardait avec des yeux ronds, la mine perplexe.
- Ça te regarde ? Non ! trancha le Serpentard.
Conscient qu'il agrippait encore fermement la couverture, et qu'il devait très certainement paraitre très stupide, il la lâcha et sortit en trombe de la chambre, tout en prenant soin de bousculer son colocataire au passage.
Une fois sortie de la chambre de Drago, Hermione se dirigea vers celle d'Harry, avec une seule idée en tête, remercier son colocataire de l'avoir secouru. Elle frappa à la porte de leur chambre quand un immense garçon brun apparut à l'embrasure. Liam Linci, le colocataire d'Harry et ancien Poufsouffle était certes aussi grand que Drago, mais c'était bien le seul et unique point commun entre les deux étudiants. Alors que le Serpentard arborait des cheveux d'une couleur blonde, presque blanche, le garçon qui se trouvait devant elle possédait une chevelure brune, dont l'aspect décoiffé se rapprochait étrangement à celui d'Harry.
De plus, Drago Malefoy disposait d'un corps, certes musclé, mais d'une souplesse se rapprochant à un lynx ou un léopard, alors que le Poufsouffle était bâti comme un roc, ressemblant davantage à un imposant gorille, en plus intelligent. Puisqu'en effet, son regard semblait empreint de clairvoyance, un peu comme s'il avait le pouvoir de lire en une personne. Elle se dit alors qu'il avait un petit air à la Victor Krum.
Et c'est en seulement quelques secondes que la jeune femme eu ce premier ressentiment à l'égard du grand gaillard posté devait elle. Un sentiment qui allait se renouveler à de nombreuses reprises à l'avenir.
- Bonjour, je pense que tu dois être Liam, commença la jeune femme d'une toute petite voix. Harry m'a dit que c'était toi qui m'avais trouvé, je voulais te remercier.
- Ce n'est pas la peine, c'était un hasard, et puis je suis heureux de t'avoir aidé, répondit-il d'une voix onctueuse, le regard perçant.
Un regard qu'elle était sûre et certaine de connaitre...
- Peut-être, mais bon, voilà ! Merci beaucoup !
- Je t'en prie Hermione...
Et c'est avec un sourire franc et reconnaissant pour son sauveur, que la jeune femme fit volte face, dans le but de retrouver ses deux amis. Elle entendit alors la porte se refermer doucement derrière elle, quand soudain elle eut un flash de souvenir :
Se sentant étrangement observée, elle leva les yeux pour croiser le regard sombre d'un garçon, assis quelques tables plus loin, ce dernier ne la lâchait pas du regard, ne clignant même pas des yeux. Le jeune homme était massif, imposant, brun arborant un visage ferme. Elle semblait déjà l'avoir aperçu, mais elle ne saurait dire où exactement. Elle devait néanmoins admettre que son regard était envoutant, la jeune Gryffondor ne parvenait pas à s'en détacher.
Le garçon qui la fixait aux Trois Balais avant que Malefoy ait la bonne idée de lui voler sa baguette était Liam Linci, le camarade de chambre d'Harry. Elle se retourna alors vivement pour faire face à la porte de la chambre, qui était à présent fermée, tout en songeant que cet étudiant dégageait une aura pour le moins étrange et saisissante.
Plusieurs jours s'écoulèrent sans qu'Hermione et Drago n'aient le temps et l'opportunité de se voir pour échanger sur le Mangemort. La Gryffondor trouvait cela réellement bizarre, de devoir mentir à ses amis pour aller voir Malefoy, un sentiment qu'il devait certainement partager de son côté. Néanmoins, malgré toutes les ruses inventées par la jeune fille, aucune ne fonctionna et ne dissuada Ron et Harry de la laisser seule, craignant qu'elle se fasse à nouveau attaquer. C'est pourquoi elle attendait impatiemment que le Serpentard rejoigne la salle de classe de potions, afin qu'elle puisse enfin découvrir sa liste et y tirer des conclusions.
C'est alors qu'elle perçut un rire cristallin, un rire reconnaissable entre tous, le rire de Pansy Parkinson lorsqu'elle était accompagnée de son chéri blond. Hermione tourna légèrement la tête et aperçut le couple s'avancer dans la salle, la jeune Serpentard collée au bras du grand garçon blond, ce dernier se contentant de marcher d'un pas hautain et suffisant, comme si tout ce qu'il voyait n'était pas digne d'intérêt, quand son regard se posa sur la Gryffondor.
Elle crut alors entrevoir un changement dans ses iris, lesquels devinrent subitement plus sombres et froids, son air impassible s'étant transformé en quelque chose de plus brutal et violent. La lionne en resta pantoise, de toute évidence, la haine du garçon à son égard n'avait pas diminué, bien au contraire.
L'étudiant blond s'éloigna alors de sa camarade pour s'assoir aux côtés de la Gryffondor, un sourire sournois peint sur les lèvres.
- Alors ? Tu ne me demandes rien ? Je suis certain que tu trépignes d'impatience, railla-t-il en sortant lentement les affaire de son sac.
- Si tu savais comme je m'en fiche de cette liste, mentit la jeune fille, le nez plongé dans le livre posé devant elle.
- Tu ne la veux pas ? Le nom de ton agresseur figure peut-être dessus ?
- Ainsi que le nom de l'homme qui est entré chez toi en pleine nuit..., répondit-elle d'un ton neutre, ne lâchant pas son ouvrage des yeux.
- Regarde-moi Granger..., murmura le garçon.
- ... puis de toute façon je ne pense pas que cette liste sera réellement utile...
- Regarde- moi Granger..., répéta-t-il sur le même ton grave.
- ... alors franchement non, je m'en fiche de cette liste...
- Putain regarde-moi ! mugit-il d'une voix féroce.
Toute la classe plongea alors dans un silence soudain, interdite face à l'exclamation virulente du garçon. Tous savaient que le Serpentard ne daignait jamais élever le ton, se contenant de susurrer quelques répliques acerbes de temps en temps. Hermione elle-même était stupéfaite, et réellement mal à l'aise, puisque la dernière fois que le jeune homme avait employé ce ton en sa présence, c'était pendant qu'il la soulevait d'une main pour l'étrangler. Et c'est alors qu'elle se demanda ce qu'elle était en train de faire. Se lier avec un homme qui ne cessait de la rabrouer voire même de la violenter, bien qu'elle ne se laissait jamais faire, était une aberration. Elle se dit alors qu'il était désormais vital de mener à bien la mission du vase et de découvrir l'identité du Mangemort pour l'empêcher de nuire afin de se débarrasser définitivement de la compagnie du Serpentard.
- Voilà Malefoy, je te regarde, finit-elle par chuchoter, le poing serré.
- Parfait ! Je pense en effet qu'il est vraiment impoli de parler à une personne sans même la regarder.
- Tu te moques de moi là ? s'étrangla la jeune fille.
- Mes parents m'ont appris les bonnes manières... A croire que les moldus ne savent pas se tenir, cracha-t-il.
- Donne-moi cette liste qu'on en finisse, soupira la jeune fille, ne souhaitant pas se lancer dans un duel d'insultes et d'humiliations avec son adversaire.
Le Serpentard fouilla alors dans un de ses livres avant d'en extirper un petit morceau de parchemin. Il s'approcha alors de la jeune fille et le lui donna en ajoutant :
- J'ai éliminé ceux qui sont morts ou qui sont à Azkaban, j'ai aussi précisé si les Mangemorts en question avaient des enfants de mon âge environ, et leurs relations avec mon défunt père.
La Gryffondor le regarde surprise, à croire que qu'il s'était donné bien du mal pour la rédaction de cette liste. Elle plongea alors dans les écrits du garçon, espérant y dénicher des informations utiles.
« Tout ça pourrait être profitable, mais fouiller dans les affaires de Malefoy une fois que je serai chez lui pourrait être intéressant... », se dit-elle malicieusement.
Puisque après tout... Elle aussi avait le droit de mettre toutes les chances de son côté pour espérer mettre la main sur son agresseur. Au souvenir de l'individu, un nœud à l'estomac se forma brusquement, Sang de bourbe...
Drago était bien loin de toutes ces pensées noires, le garçon s'était subrepticement approché de la Gryffondor, collant sa jambe à la sienne sans la lâcher des yeux. S'il avait voulu qu'elle le regarde, c'était déjà pour qu'il se perde dans ses grands yeux bruns enflammés, mais aussi parce qu'il souhaitait ardemment qu'elle l'observe, qu'elle le jauge, même si c'était par haine ou dégout, le fait est qu'il ne voulait pas être le seul à être obnubilé par la présence de l'autre à ses côtés.
Le Serpentard se colla encore davantage à la Gryffondor, tout en souhaitant ardemment plonger son nez dans sa longue chevelure brune et caresser cette jambe nue qui s'offrait à lui. Il voulait qu'elle lève les yeux vers lui, qu'elle lui caresse le visage et qu'elle s'approche pour l'embrasser férocement, pour lui mordre la lèvre tout en soupirant de contentement et de passion dévorante. Le jeune homme savait pertinemment qu'en temps normal, jamais il n'aurait ressenti ce genre de désir à l'égard d'une sang de bourbe, et surtout vis-à-vis de Granger. C'est pourquoi il mit cette incroyable envie de la toucher, de la dévorer littéralement et de la dominer totalement, sur le compte d'un trouble post-traumatique. Oui... Ce ne pouvait être que ça...
- C'est une liste intéressante, mais qui ne m'aide pas beaucoup, chuchota la jeune fille sans lever les yeux du papier. Il faudrait que je la garde et que je fasse davantage de recherches, je ne...
L'étudiante coupa net sa phrase. En levant les yeux du parchemin, elle se rendit compte que le garçon était non seulement très près d'elle, mais qu'en plus il ne cessait de l'observer. C'est donc mal à l'aise qu'elle demanda d'une voix chevrotante :
- Qu... qu'est ce qui se passe ? Ce sont encore mes cheveux qui te dérangent ?
Elle perçut le regard du jeune descendre lentement jusqu'à ses lèvres, comme s'il essayait de saisir le sens de ses paroles. La Gryffondor tenta tant bien que mal de se décaler, quand elle rencontra le vide, encore un seul mouvement et elle allait tomber lamentablement de sa chaise. Drago ne parvenait pas à la lâcher du regard, le corps et la présence de la fille brune possédaient un pouvoir déroutant sur son propre corps, ce dernier semblait lui ordonner de saisir violement les cheveux de sa camarade pour l'embrasser à pleine bouche.
- Malefoy... Tu es trop près, je n'aime pas ça du tout, souffla-t-elle la gorge nouée.
Plus elle parlait, plus il avait envie de l'écouter, même si ce n'étaient que des réprimandes et autres intimidations. L'écouter, la regarder, la détester, la dévorer et la posséder, tous ces sentiments se bousculaient en lui, à tel point qu'il désirait farouchement la frapper pour ensuite la caresser. Puisqu'en plus d'être une fille de moldus et l'amie de Potter, elle représentait tout ce qu'il méprisait, c'est-à-dire, l'indifférence et la suffisance. Si seulement il pouvait la rendre davantage docile et effrayée, comme le soir où il l'avait presque tué. Mais en même temps, à chaque fois qu'elle entrait dans son jeu et lui dévoilait une part d'agressivité, son corps réagissait instinctivement et avec délice. C'était beaucoup trop pour le jeune Serpentard, qui se prit la tête entre les mains tout en s'éloignant de la tentation écœurante que représentait cette femme.
Une fois de plus pantoise face au comportement étrange de son ennemi, Hermione décida de ne pas en tenir compte et de ranger précieusement la liste dans son sac, car elle pourrait être dangereuse entre de mauvaises mains. Le cours continua sans accrochages jusqu'au moment où, dans un silence presque total, Hermione entendit deux jeunes filles, assises un peu plus loin, discuter activement du bal qui allait se dérouler dans quelques semaines.
- As-tu déjà choisis ta robe pour le bal ? demanda l'une des deux étudiantes.
- Bien sûr ! Mais je me demande bien à quoi elle pourrait bien me servir, personne ne m'a encore invité, répondit la seconde fille, visiblement déconfite.
- Ne t'en fais pas, je suis sure que tu auras à ton bras, le garçon de tes rêves !
- Il y en a un que je trouve super sexy..., confia-t-elle.
- Qui ça ?
- Lui là-bas !
- Je ne vois pas... Qui ça ? interrogea son amie, avide de savoir.
- Là-bas !
- Drago Malefoy ?!
En entendant la réponse, Hermione ne put s'empêcher de se retourner pour ainsi découvrir l'étrange fille. Puisqu'après tout, pour trouver Malefoy sexy, la fille en question ne pouvait être que bizarre aux yeux d'Hermione. Néanmoins, de prime abord, elle semblait parfaitement normale, à croire que la folie n'était pas toujours visible à l'œil nu.
- Je trouve qu'il est un peu effrayant, chuchota l'autre fille.
- Je te l'accorde, mais regarde-le. J'adore les hommes grands, en plus il doit être très riche. Et il a une allure à couper le souffle !
- Oui enfin... Il n'est pas très clair comme type, un peu comme l'était son père, non ? risqua son interlocutrice.
Des propos qu'Hermione approuva d'un hochement de tête vigoureux.
- Un fils ne ressemble pas forcément à son père. En tout cas, moi, je donnerais n'importe quoi pour danser avec lui au bal, affirma l'étudiante.
- Et pourquoi tu ne tentes pas ta chance ?
- Il sort avec Pansy Parkinson depuis des années, je peux laisser tomber !
- A regarder, c'est vrai qu'il n'est pas trop mal, concéda-t-elle.
- Tu vois ! J'avais raison !
L'échange entre les deux étudiantes continua de plus belle, néanmoins la Gryffondor préféra retourner à ses notes, quand elle croisa le regard de son compagnon de table. Ce dernier semblait aussi avoir écouté la conversation des deux filles puisqu'il affichait un sourire amusé et satisfait. Il braqua alors son regard empli de malice à Hermione, tout en murmurant lentement :
- Et oui Granger, voilà la vie des gens puissants et beaux. Hélas, tu ne connaitras jamais ce sentiment.
- Ni le sentiment de savoir pertinemment que mon compagnon passe ses nuits avec la première donzelle venue, tout en continuant d'être fière de le fréquenter, rétorqua-t-elle d'un ton acide.
- Comment pourrais-tu le savoir ? Puisque tu es désespérée au point d'inviter toi-même le garçon au bal ! répliqua le garçon sur le même ton.
- Il est vrai que je devrais prendre exemple sur quelqu'un comme toi !
- Et quel serait l'exemple, Granger ? interrogea-t-il d'une voix délicieusement suave, ce qui déstabilisa quelque peu la lionne.
- Faire semblant de porter de l'intérêt à l'autre, alors que finalement, je suis rongé par l'égoïsme et l'individualisme ! ragea-t-elle entre ses dents.
Les iris gris du Serpentard prirent aussitôt une teinte plus sombre. D'un geste violent, il agrippa la main de la jeune fille et la serra de toutes ses forces. Il ne comprenait pas pourquoi il ressentait tant le besoin de lui faire mal, tout en établissant un contact physique avec elle, mais encore une fois, son corps agissait avant sa raison. Surprise par cette attitude brusque, la Gryffondor songea rapidement à se saisir de sa baguette pour l'envoyer valser plus loin, quand elle rencontra le regard froid et enragé du garçon. Et c'est alors qu'elle comprit. Son adversaire venait d'entamer la première partie du duel, et si elle espérait le remporter, elle ne devait surtout pas rompre le contact et devait continuer de supporter la douleur, tout en le regardant droit dans les yeux.
Réalisant que la femme brune ne comptait pas l'attaquer, il resserra encore davantage sa poigne, désirant ardemment la faire souffrir encore plus. Après tout, elle venait à l'instant de le juger, sans oublier qu'elle allait se rendre au bal avec cet abruti de Weasley. Tout en serrant férocement la main délicate de la Gryffondor, le Serpentard attrapa son pantalon de son autre main, enfonçant, de toutes ses forces, ses ongles dans le tissu fin. Pourquoi le fixait-elle de la sorte ? Pourquoi ne retirait-elle pas sa main ? Pourquoi est-ce qu'il désirait tant l'attraper et sucer avidement chacun de ses doigts exquis ?
- Alors quoi Malefoy ? Tu crois que tu vas me faire mal ? Aurais-tu oublié que j'ai Sang de bourbe gravé sur mon ventre ? susurra-t-elle d'un ton ferme.
Mais le Serpentard ne répondit pas, trop concentré à l'idée de ne pas suivre ses pulsions et caresser le visage à l'expression courageuse et inflexible de la femme brune. Hermione souffrait atrocement, elle pouvait sentir les ongles du garçon s'enfoncer dans sa peau, mais elle ne broncha pas. Pour rien au monde elle donnerait ce plaisir à Drago Malefoy, même si ce contact l'étonnait réellement. Certes, il était en train de la faire souffrir, cela ne changeait pas le fait que sa main était dans celle du Serpentard, et qu'il ne semblait pas dégouté par cela. D'ailleurs cela faisait maintenant plusieurs jours qu'il ne bondissait plus à 10m d'elle, dès qu'elle avait l'audace de trop s'approcher de lui. Et son regard, il semblait tellement profond et violent, bien loin de l'attitude vulgaire et enfantine de son jeune âge.
La Gryffondor trouvait cela troublant. Alors qu'elle poursuivait cet échange visuel, elle dû bien reconnaitre que les yeux du garçon posés sur elle la dérangeait réellement, un peu comme si elle venait de prendre conscience que le Serpentard, qu'elle pensait connaitre par cœur depuis maintenant presque 8 ans, était plus torturé et effrayant qu'elle le pensait. Dans ce regard pénétrant, elle pouvait y lire une lente résignation accompagnée d'une douce folie, ce qui l'interloqua au plus haut point. La jeune femme brune avala difficilement sa salive, ignorant à présent la douleur que provoquait la poigne rude du garçon, se contentant de déchiffrer péniblement le regard de son adversaire.
- C'est la fin du cours ! N'oubliez-pas de faire vos devoirs ! s'écria le professeur Slughorn d'une voix chantante.
Drago et Hermione sortirent alors brusquement de leur léthargie. Et c'est dans un silence confus et gênant, que le Serpentard retira vivement sa main avant de se précipiter hors de la salle de classe. La Gryffondor, toujours assise et le souffle court, observa sa main d'un regard distrait. Les doigts du jeune homme avaient laissé des marques blanches sur sa peau, qui commencèrent lentement à virer au rouge. Et c'est d'une main tremblante, qu'Hermione ramassa ses affaires pour les fourrer négligemment dans son sac.
« Putain ! Putain ! Putain ! Je suis un abruti, une merde, une loque, un débile... » ragea intérieurement la garçon.
Le Serpentard marcha d'un pas vif, ne sachant même pas où aller, mais une seule et unique chose l'importait, s'éloigner le plus possible de la femme brune. Lui qui souhaitait lui faire mal, il n'était parvenu qu'à estropier sa jambe et décupler son désir embrasé pour la lionne. Mais quelle femme ? Quelle femme resterait stoïque et de marbre, alors qu'il serait en train de briser sa main ? Aucune ! Mais pourquoi elle ? Elle était détestable dans son hardiesse et méprisable dans sa fierté.
« Mais par Merlin, qu'est-ce-que je la veux ! Là ! Tout de suite ! Dans mon lit, voire à même le sol ! », pensa-t-il sans s'arrêter de marcher.
Alors qu'il continuait sa marche frénétique, il retira sa veste et desserra sa cravate, tout en passant les mains dans ses cheveux, cherchant ainsi à échapper à son sentiment d'étouffement. Sans même s'en rendre compte, il s'arrêta devant une grande porte, comprenant alors que ses pieds l'avaient mené à l'endroit dont il avait besoin à ce moment précis. Il ouvrit la porte sans un bruit et pénétra dans la grande pièce. Cette dernière lui renvoya alors une multitude de souvenirs, tous plus tristes et angoissants les uns que les autres. Mais c'était ici qu'il était bien et c'était ici qu'il pouvait parler et se confier à la seule personne, dans ce château, encore plus morte que lui. D'ailleurs, il la vit s'avancer lentement dans sa direction, un sourire jovial peint sur son visage laiteux, visiblement heureuse de le revoir après tout ce temps. Il s'approcha d'elle et murmura posément :
- Bonjour Mimi...
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Et voilà le chapitre 18, bientôt le bal de Noel qui révèlera pas mal de surprises =) Alors je vais faire quelque chose que je ne fais pas souvent mais bon, j'en suis au chapitre 18 donc je me dis que je peux me le permettre. Ça me ferait vraiment plaisir qu'on me laisse un petit plus de reviews, parce que je prends le temps de poster un chapitre tous les dimanches alors je me dis que je mérite bien un tout petit commentaire de soutien ^^'
Quand on y pense, ça prend 1min pour une review mais sa motive assez l'auteur pour passer des heures ensuite sur son chapitre ! Ça vaut le coup non ? Héhé :p Comme je vois que mon histoire est suivie et lue, j'espère vraiment avoir plus de retours pour les prochains chapitres (surtout qu'avec le bal, on entamera un tournant important dans l'histoire !). Je vous en remercie par avance :D
