- Bonjour Mimi…
- Oh tu es revenu ! Je suis tellement contente de te revoir ! s'écria le fantôme au comble du bonheur.
- J'étais pas mal occupé ces derniers temps, se justifia le garçon.
- Je comprends ! Mais imagine un peu, cette pauvre Mimi déambulant à travers les sièges de toilettes, se demandant constamment si son ami était toujours vivant !
- Comme tu peux le voir, je suis bel et bien vivant, répondit-il calmement.
- Et j'en suis heureuse ! Veux-tu rester avec moi un petit moment ? s'enquit-elle poliment, ce qui n'était pas dans son habitude.
- Oui, je vais rester… Je n'ai plus la force de retourner en cours pour le reste de la journée, grogna-t-il.
A cette nouvelle, Mimi fit un bond dans les airs, satisfaite à l'idée de rester toute la journée avec son vieil ami. Puisque en effet, aux yeux de Mimi, Drago Malefoy était son seul et véritable ami, ils avaient vécu tant de chose ensemble il y a deux ans. Elle l'avait vu pleurer, douter et même se battre avec Harry Potter. Quand elle l'avait trouvé allongé, inerte et couvert de sang, elle avait bien cru que son cœur avait arrêté de battre pour la seconde fois. Puis un jour il l'avait quitté pour ne plus jamais revenir. Chaque jour elle espérait le voir à nouveau franchir les portes de ses toilettes, en vain. Et le voilà assis par terre devant elle, adossé au mur, les jambes repliées et le visage maintenu par ses mains, le regard perdu dans le vague.
La femme fantôme s'approcha lentement de lui afin de l'admirer de plus près. Depuis toutes ces années passées à arpenter certaines pièces du château, elle en avait vu des garçons, tous plus différents les uns que les autres. Elle en avait oublié une grande partie, mais elle savait parfaitement que certains visages ne disparaîtraient jamais de son esprit. Le premier était bien évidemment Tom Jedusor. Alors qu'elle était toujours scolarisée à Poudlard et… vivante, elle avait souvent aperçu ce grand garçon brun, très agréable à l'œil. Puis elle avait appris, il y a maintenant 6 ans, que c'était par sa faute qu'elle était morte. Comment oublier un tel visage ?
Mimi avait aussi fait la rencontre d'un autre garçon, ce dernier était vraiment très beau, cependant il lui était impossible de se souvenir de son nom. Elle se souvint la première fois qu'elle l'avait vu, dans la salle de bain des préfets, alors qu'il cherchait la solution à l'énigme de l'œuf. Et c'est nostalgique qu'elle se demanda ce qu'il était devenu à présent, certainement mannequin pour le magazine Sorcier et Sexy… Puis bien sûr il y a eu Harry Potter, qu'elle trouvait plutôt mignon et assez gentil, quoique trop coincé à son goût. Néanmoins, depuis le jour où elle l'avait vu attaquer le garçon blond d'un sortilège tout simplement horrible, elle ressentait un certain mépris pour le jeune homme. Parce que s'il y avait bien un étudiant qu'elle n'oublierait jamais, c'était Drago Malefoy.
Alors qu'elle se tenait à seulement 5cm de lui, elle avança délicatement sa main vers le visage pâle du garçon, et mima ainsi une caresse, sans oser le toucher véritablement, de peur de l'agacer. Elle put alors s'apercevoir que les traits de son ami étaient tirés, qu'un tic nerveux agitait sa main droite et que ses cheveux étaient emmêlés au point de se demander s'il ne venait pas d'affronter un blizzard. Certes il paraissait en meilleure forme qu'il y a deux ans, toutefois, il semblait tout aussi tourmenté.
- Tu ne vas pas bien ? demanda-t-elle doucement.
- Je crois que je deviens fou, souffla-t-il sans détourner son regard du lavabo présent en face de lui.
- Ce ne pourra jamais être pire que moi ! Cela fait 50 ans que je reste dans ces toilettes ! plaisanta le fantôme dans le but de consoler le garçon avachi par terre.
- Je parle de la vraie folie, continua-t-il d'une voix morne, ignorant la boutade de la jeune fille. Je veux dire littéralement fou… Le genre de folie obsessionnelle qui ne te quitte jamais, le genre de folie qui surgit sans prévenir et sans aucune raison… Et qui te pousse à faire des choses idiotes et affreusement honteuses…
- Je suis sûre que ce n'est pas si terrible que ça, chuchota-t-elle, le visage inquiet. Dis-moi, quelle est cette folie ?
- C'est cette fille…
- Pardon ? Je n'ai pas entendu.
- Putain ! C'est cette fille ! rugit-il avant de cacher son visage dans ses mains.
En entendant sa réponse, le cœur mort de la jeune fille ne put s'empêcher de louper un battement inexistant. Une femme… Bien sûr, il fallait bien que cela arrive un jour. C'était un homme pour le moins attirant et il était évident qu'il ne comptait pas épouser un fantôme couard au point de ne pas oser quitter l'école et tout particulièrement cet étage. Mais au nom de l'amitié, elle se força tout de même pour faire parler le garçon, après tout s'il était venu la voir, ce n'était certainement pas pour échanger des banalités.
- Et que se passe-t-il avec cette fille ?
- J'y pense tout le temps, quand je me lève, quand je suis en classe, quand je mange, quand je vais me coucher et même quand je suis avec une autre fille… Surtout quand je suis avec une autre fille d'ailleurs, murmura-t-il, le visage toujours caché par ses grandes mains.
- Est-ce si grave de penser tout le temps à une personne ?
- Bien sûr que c'est grave ! ragea le garçon en relevant violemment la tête. Cette fille, je la hais ! Je l'ai toujours détesté ! Elle m'insupporte ! Je voudrais pouvoir lui faire mal, tout le temps, à chaque instant !
- Ah… Ce à quoi tu penses tout le temps, c'est à la faire souffrir, dit-elle, visiblement soulagée.
- Oui… Non… Je ne sais pas, je ne sais plus !
- Comment ça ? s'enquit-elle à nouveau anxieuse.
- Je la veux avec moi, tout le temps, je veux qu'elle soit toujours près de moi. J'ai besoin qu'elle me regarde, me parle, me touche. A chaque fois que je l'observe, j'imagine tout ce que je veux lui faire et tout ce que je veux qu'elle me fasse. Mais en même temps je veux qu'elle souffre, parce que c'est de sa faute si je suis une telle loque, alors je lui fais mal dès que je peux.
- Tu devrais peut-être l'éviter non ? risqua le fantôme.
- Mais merde ! Je veux l'éviter et ne plus jamais lui parler ! Mais nous avons des problèmes à régler et…, il reprit difficilement son souffle, et bordel… Je ne peux pas me passer de sa présence, même si ça me dégoûte. Personne ne devrait avoir le droit de la toucher à part moi, je la veux toute entière, la posséder et qu'elle ne vive que par moi, même si c'est dans le mépris et la haine mutuelle…
- Oh…
- Mon désir de lui faire l'amour devient de plus en plus violent chaque jour… Je me vois embrasser, lécher et mordre son corps tout entier, poursuivit le garçon sans prendre conscience qu'il parlait à Mimi. Je sens que je ne vais pas tarder à craquer, mais si je craque, que va-t-il se passer ? J'infligerai une nouvelle honte à ma famille, à ma mère et à moi-même ! Et cette satanée fille n'acceptera jamais que je lui… que je la… Bref ! Jamais !
Sur ses mots, il agrippa à ses cheveux comme s'il voulait les arracher d'un coup violent. Mimi essaya tant bien que mal de ne pas dévoiler son trouble ainsi que sa jalousie à l'égard de cette fameuse étudiante. Cette fille n'appréciait même pas la chance qu'elle avait d'attirer à ce point le Serpentard. Le fantôme aurait donné sa vie, si elle avait pu, en échange d'une telle attention de la part du garçon blond.
- Je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi est-ce que le fait de vouloir être avec une personne impliquerait une quelconque honte ?
- C'est normal, tu es morte…, cracha le garçon, de dépit.
- Très bien ! siffla-t-elle en s'envolant lentement dans les airs.
- Elle… Elle n'est pas comme moi. Song sang est inférieur au mien, et ses fréquentations sont différentes, confia-t-il précipitamment, n'étant pas sûr d'avoir la force de rester seul dans ces toilettes sinistres.
Mimi Geignarde redescendit à nouveau.
- Le sang ? Au moins elle est vivante, c'est déjà un bon point par rapport à moi ! railla-t-elle.
- Elle me déteste, tout comme je la hais…
- Donne-lui envie d'être avec toi alors.
- Je ne veux pas descendre aussi bas, je suis un Malefoy ! tonna le Serpentard d'une voix forte et fière.
- Ton nom est-il plus important que ton désir d'être avec elle ? s'étonna la fille fantôme.
- Mais bien sûr ! Mon nom ainsi que mon patrimoine ne devraient pas baisser dans l'estime des gens, tout ça parce que… parce que mon corps a perdu toute raison…, finit-il dans un souffle.
- Vraiment ! Vous les êtres vivants, et tout particulièrement vous les garçons je ne vous comprendrai jamais ! s'exclama-t-elle abasourdie.
- Moi-même je ne me comprends plus…, admit-il en soupirant.
Assise sur son lit, le livre d'Histoire de la Magie posée sur ses genoux, engloutissant un paquet de Chocogrenouilles présent non loin d'elle, Hermione savourait ce petit moment de calme et de sérénité. La journée s'était parfaitement déroulée et elle avait pu constater que son Polynectar serait bel et bien prêt dans quelques semaines. Tout serait parfait ! Hormis bien sur la liste des Mangemorts rangée dans son sac. Aux yeux de la jeune fille, ce simple petit morceau de parchemin pesait bien plus lourd que l'ouvrage Histoire de Poudlard, tant les noms inscrits dessus étaient angoissants.
- Je déteste ce dortoir rempli de personnes toutes plus stupides les unes que les autres !
La Gryffondor soupira face à l'entrée fracassante de sa colocataire, la très délicate et silencieuse Pansy Parkinson. La Serpentard prit place à son bureau et entreprit de sortir toutes les affaires de son sac. Mais la jeune fille n'allait pas faire ses devoirs, loin de là, et Hermione le savait. Pansy avait pour habitude d'écrire ses pensées dans un petit livret, une sorte de journal intime, qu'elle prenait bien soin de verrouiller à l'aide d'un sort dès qu'elle avait fini d'écrire dedans. Hermione aurait donné cher pour lire ne serait-ce qu'une ligne de ce journal. Bien qu'elle ne soit pas très curieuse en temps normal, observer Pansy écrire tous les soirs dedans, avec la même frénésie, poussait la Gryffondor à s'interroger sur le contenu du journal.
La jeune fille brune allait retourner à sa lecture quand Pansy se retourna brusquement pour lui faire face.
- Tu n'aurais pas vu Drago ? demanda-t-elle sur un ton dur.
- Je ne pense pas que c'est à moi qu'il faut poser cette question, répondit la Gryffondor sur le même ton.
- Je ne l'ai plus vu de la journée depuis le cours de potions.
- Et alors ?
- Et bien il était bien assis à côté de toi non ? Il ne t'a rien dit ?
- Tu as parfaitement raison ! Il m'a raconté toute sa journée et m'a même préparé des cookies ! Qu'il est gentil avec moi ce Malefoy…, ironisa-t-elle.
- Je vous ai pourtant entendu parler ! beugla la Serpentard, irritée de voire ses propos tournés en dérision.
A ces mots, une vague inexpliquée de frissons parcourue l'échine de la lionne. Ils avaient conversé, oui, c'était certain. Mais surtout il l'avait regardé et lui avait pris la main, un comportement très étrange et réellement bouleversant pour la jeune femme. Sans oublier le moment curieux qu'ils avaient vécu à l'infirmerie, quand les doigts du garçon s'étaient enlacés aux siens. C'est un fait, le Serpentard et la Gryffondor n'agissaient plus normalement depuis l'attaque du Mangemort, une chose qu'Hermione se promit de corriger à l'avenir.
- Il ne m'a rien dit du tout, concéda la lionne, et je pense qu'il préférerait se confier à un rat plutôt qu'à moi !
- Pour une fois Granger, tu n'as pas tort, dit-elle souriante. Ah ! J'oubliais ! Ma mère ne va pas tarder à m'envoyer la robe que je porterai pour le bal ! Merci de ne pas me la voler !
- Vu tes goûts vestimentaires, je ne pense pas…, lâcha l'étudiante.
- Puis de toute façon, à quoi te servirait une robe, hein ? A moins que tu veuilles te rendre au bal sans cavalier ? se moqua méchamment sa colocataire.
- Si tu veux tout savoir, j'ai un cavalier ! Je l'ai même invité ! annonça fièrement Hermione, étonnée de répondre aux pics de son ennemie.
- Ce n'est pas vrai ! Tellement désespérée au point d'inviter toi-même le garçon ! J'en aurais presque de la peine pour toi ma pauvre…, admit la Serpentard, affichant une compassion feinte.
- Tu ne peux pas comprendre ce que ça fait d'inviter ou d'être invité, puisque toi, tout le monde sait que tu seras bien entendu accompagnée de Messire Malefoy !
- Et oui, que veux-tu… Il m'invite et je réponds oui !
- Et comment t'a-t-il invité cette fois-ci ? En l'écrivant sur un morceau de serviette de table ? railla Hermione.
- Et bien… Euh… Il m'a…, bégaya la Serpentard, le regard soudain fuyant.
- Il ne t'a pas encore invité, réalisa Hermione.
- Il le fera, comme toujours ! s'écria-t-elle, mal à l'aise.
- Il n 'y a eu qu'un seul bal pour l'instant, et c'était i ans, beaucoup de choses changent en 4 ans...
- Pas entre lui et moi…, susurra Pansy, peu sûre d'elle.
- Tu devrais dire ça à la fille qui est venue lui rendre visite quand il était à l'infirmerie. Astoria Greengrass m'a-t-on dit, se moqua ouvertement la Gryffondor.
- Astoria ? répéta-t-elle apeurée.
Et soudainement, Hermione s'en voulut. Elle venait à l'instant de faire preuve de méchanceté gratuite, juste parce que Pansy lui tapait sur le système. Ce qui n'était pas une raison pour se montrer aussi perfide qu'elle et jouer avec ses sentiments, qu'elle imaginait très forts pour le grand garçon blond.
« Je viens vraiment d'agir comme une garce, ça ne me ressemble pas. Voilà ce qui arrive quand on fréquente trop souvent Drago Malefoy… A force de lui parler, sa mesquinerie a déteint sur moi » se dit-elle mécontente.
Elle allait s'excuser quand la porte de la chambre claqua violemment. De toute évidence, Pansy ne souhaitait pas rester plus longtemps dans la même pièce que sa colocataire, ce qui attrista Hermione, confuse d'avoir agi de la sorte.
- Bon Mimi, il est temps que je m'en aille, dit le garçon en se relevant, les jambes toutes engourdies d'être restées trop longtemps dans la même position.
- Mais que vas-tu faire pour la fille et le problème que vous avez en commun ? s'enquit-elle rapidement, peinée de le voir l'a quitter.
- Je ne sais pas, j'aviserai en temps voulu, soupira Drago, las des épreuves à venir.
- Passe me voir quand tu veux ! s'écria le fantôme.
Drago se retourna alors et la gratifia d'un sourire. Un sourire certes triste et mélancolique, mais c'était bien le seul sourire qu'il pouvait afficher.
- Je reviendrai très certainement, j'en aurai réellement besoin après les congés de Noël.
La jeune fille n'eut pas le temps de lui demander pourquoi spécialement après les vacances, que l'étudiant s'éloignait déjà à grands pas dans l'immense couloir, laissant la grande porte sombre des toilettes de Mimi Geignarde, se refermer toute seule.
Drago marcha, comme à son habitude, à vive allure, le cœur un petit plus léger. Bien que ses problèmes ne soient pas réglés, pouvoir en parler à voix haute l'avait quelque peu aidé, c'est pourquoi il ne regrettait pas d'avoir loupé quelques cours pour parler à Mimi. Il allait regagner son dortoir sans manger, quand on l'interpella.
- Drago ! Dragooooo !
Surpris, il fit volte face et aperçut une femme s'élancer vers lui, la démarche sûre et le visage exprimant un air déterminé.
- Te souviens-tu de moi ? demanda-t-elle, tout sourire.
- Astoria…, murmura-t-il, le regard dur.
- Oui c'est ça ! Comment vas-tu après ce séjour déplaisant à l'infirmerie ?
- Parfaitement bien. D'ailleurs, sache que je ne supporte pas les câlineries forcées. Alors, à l'avenir, ne prend plus ma main sans autorisation, même si je suis inconscient. Compris ? ordonna le grand garçon d'une voix acerbe.
- Je suis désolée, comme je t'ai trouvé seul, sans personne à ton chevet, j'ai pensé que…
- Et bien ne pense plus ! coupa-t-il fermement.
L'ancienne Serpentard de 16 ans posa son regard sur le visage de son interlocuteur, visiblement émerveillée par ce qu'elle voyait, ce qui agaça le garçon.
- Quoi ?
- Rien, juste que, tu es éblouissant ! s'exclama-t-elle, les joues légèrement empourprées.
- Tu ne me connais pas, gamine.
- C'est vrai, mais j'aimerais tant apprendre à te connaître ! Tout savoir sur toi !
Le regard brillant de l'étudiante amusa le Serpentard. Il préférait de loin le regard dur, froid et incroyablement envoûtant et électrisant de la lionne. A cette pensée, le corps du jeune homme s'échauffa, ses muscles vibrèrent à l'unisson et il lui semblait même que tout le sang présent dans son corps affluait instinctivement au même endroit, devenu à présent excessivement sensible.
- Voudrais-tu vraiment tout connaître de moi ? Même mon aspect le plus… violent ?
- Bien sûr ! Je…
Mais Astoria Greengrass ne put terminer sa phrase, puisqu'au même moment, l'imposant garçon la plaqua contre le mur et l'embrassa à pleine bouche. Il enroula sa langue à celle de sa partenaire dans un long gémissement plaintif, imaginant vainement que la femme qu'il embrassait, avait de longs cheveux bruns, un regard de braise et des lèvres alléchantes. Réalisant que le corps qu'il tenait fermement n'était pas celui qu'il désirait réellement, il lâcha brusquement la Serpentard et s'éloigna de quelques pas, le souffle court. Quand à Astoria, elle en resta pantoise. Jamais elle ne se serait attendue à un tel baiser passionné de la part du garçon, à croire qu'elle lui faisait plus d'effet que ce qu'il laissait paraître.
Drago allait s'en aller quand elle décida de tenter le tout pour tout.
- Veux-tu aller au bal avec moi ?
A nouveau étonné par la témérité de la fille aux cheveux courts, il allait refuser quand l'image d'Hermione invitant Ron au bal lui revint en mémoire. Et c'est en serrant les dents qu'il répondit :
- Habilles-toi bien, je ne veux pas qu'on voit une femme négligée à mon bras.
Et il se détourna rapidement, ne souhaitant pas apercevoir l'expression triomphante que devait afficher la jeune fille, et qui le révulserait très certainement.
Arrivé dans la salle commune des 8èmes années, il se rua vers sa chambre, peu désireux de répondre aux questions de sa bande, s'interrogeant sur sa longe absence de la journée. Il allait pénétrer dans la chambre quand il percuta Neville, qui en sortait précipitamment. Il allait le gratifier de toutes sortes de petits noms d'oiseaux quand il vit que son colocataire était soulagé de le voir. Chose très inquiétante à ses yeux.
-Merci Merlin ! Tu es enfin là ! Elle est comme folle et refuse de quitter la chambre ! J'ai bien essayé de la raisonner mais j'ai bien cru qu'elle allait me découper en morceaux avec ses dents ! haleta le Gryffondor avant de s'en aller d'un pas précipité.
A la fois curieux et anxieux, il entra dans la chambre et découvrit une Pansy comme il ne l'avait jamais vu. Le visage dégoulinant de larmes, assise à même le sol, son uniforme fripé et tenant dans les mains…
« Oh merde ! », hurla intérieurement le garçon.
Un coffret en bois était ouvert et tout son contenu était exposé par terre, au grand dam du Serpentard. Il put alors discerner la mèche de cheveux d'Hermione, qu'il n'avait pas réussi à jeter. Juste à côté se trouvait le petit mot qu'ils avaient échangé concernant Pré-au-Lard et les doutes de Pansy. Plus loin, une pince à cheveux qu'il avait ramassés alors que la Gryffondor le doublait dans un couloir, et pour finir, un fin ruban bleu pâle qu'il lui avait volé alors qu'il se trouvait dans sa chambre. Bien sûr, à l'instant où il avait ramassé, volé puis gardé toutes ces choses, il ne pensait pas réellement à ce qu'il était en train de faire, mais finalement, il lui avait été impossible de jeter tous ces objets appartenant à la femme brune, préférant les conserver tel un trésor.
Et Pansy Parkinson venait de dénicher son trésor.
- Comment peux-tu… Comment oses-tu garder toutes ces choses avec toi ?
- Ce n'est pas à moi…
- Je l'ai trouvé dans tes affaires ! cria-t-elle férocement.
- Je l'ai piqué à Londubat et je l'ai caché, répondit-il froidement.
- Menteur ! rétorqua la jeune fille.
- De toute façon tu n'avais pas le droit de…
- Pas le droit de quoi ? hurla-t-elle en se relevant, une expression enragée déformant son visage. De quoi ai-je le droit ? Hein ? Mon Grand Maître Drago Malefoy ?
- Tu…
- Je t'ai TOUJOURS écouté ! Je me suis TOUJOURS pliée à tes moindres désirs et caprices ! Et qu'est-ce que je reçois en retour ? RIEN ! Hormis ton profond mépris à mon égard !
- Arrête de crier…, commença le garçon.
- Je fais ce que je veux ! Comment peux-tu être amoureux de cette fille alors que tu ne la connais même pas ? Qu'elle ne te connaît même pas ! Alors que moi… que moi je sais tout de toi !
- Je ne suis pas amoureux d'elle, murmura le garçon, tétanisé à l'idée que toute l'école apprenne qu'il gardait avec lui certains objets appartenant à Hermione Granger.
- Mais oui c'est ça ! C'est pour ça que tu gardais précieusement tout ce merdier dans cet immonde coffret ! cracha la jeune fille.
- Putain, ferme-là et…
- Et rien du tout ! Maintenant je vais faire ce que je veux, compris ? Et je vais commencer par aller toucher deux trois mots à la femme en question ! glapit-elle avant de s'élancer hors de la chambre puis hors du dortoir.
Figé d'horreur, le Serpentard resta sur place de longues secondes avant de réagir et de poursuivre Pansy, espérant la rattraper avant qu'elle ne rejoigne la Gryffondor.
« Merde… Si elle lui parle, elle saura que je… Et toute l'école aussi ! Je me sens déjà assez minable, je ne veux pas l'être aux yeux de tous ! », pensa-t-il en accélérant davantage.
Puis son cœur arrêta de battre. Il vit Hermione apparaitre à l'angle d'un couloir, il se dit aussitôt que Pansy allait certainement lui tomber dessus et tout lui avouer. C'est pourquoi il s'arrêta, horrifié. A présent, il sut qu'il ne pouvait plus rien faire, qu'il se trouvait bien trop loin de Pansy pour l'arrêter, il ne pouvait qu'observer le désastre qui allait se dérouler sous ses yeux. Il pouvait déjà visualiser la scène. Pansy qui parlait férocement à Hermione, celle-ci allait lentement lever les yeux vers lui, le regard emplis de pitié alors que ses deux copains ricaneraient en le pointant du doigt. Il devait quitter l'école, il devait parler à sa mère et lui expliquer que…
Il stoppa net son monologue intérieur. Pansy ne s'était pas arrêtée devant la Gryffondor, elle était passée à côté d'elle sans même lui lancer un seul coup d'œil. Hébété, il reprit sa course folle tout en essayant de ne pas répondre au regard interrogateur que lui lançait son fantasme sur pattes, Hermione Granger.
Le Serpentard força son allure et fonça dans un autre couloir, quand enfin il aperçut Pansy qui parlait vivement à une fille, et cette fille n'était autre qu'Astoria Greengrass. Interdit face à cette révélation, il se demanda comment elle avait pu penser, ne serait-ce qu'un court instant, qu'il pouvait être amoureux de cette gamine trop sûre d'elle. Pansy se retourna brusquement et s'avança vers lui, le regard noir.
- Tu l'as invité au bal ?
- Elle m'a invité, répondit-il simplement, cherchant à se donner contenance.
- Et tu as accepté ?
- Bon ça suffit !
D'un geste violent, il attrapa le bras de la fille et l'entraîna plus loin, afin de remettre les choses au clair. Pour commencer, il ne comprenait toujours pas comment l'étudiante avait pu confondre les cheveux bruns et bouclés de la Gryffondor à ceux noirs et raides de la Serpentard. A croire que la jalousie chez une femme n'était accompagnée d'aucune logique. De plus, elle n'avait certainement pas dû lire correctement le mot qu'elle avait trouvé, dans le cas contraire, elle aurait de suite compris qu'il s'agissait d'Hermione et non de Greengrass. Et pourquoi spécialement Greengrass ? Qui avait bien pu parler de cette fille insipide à Pansy ? Mais soit, cette erreur de jugement arrangeait parfaitement le garçon blond.
- Lâche-moi, je ne veux pas t'entendre…
- Et pourtant tu vas m'écouter ! gronda le Serpentard d'une voix sourde. En agissant comme une gamine sans cervelle, tu m'as ridiculisé ! Cette putain de boite n'était pas à moi et quand à Greengrass, j'ai accepté son invitation seulement parce qu'elle m'avait aidé lors de la confrontation contre ces connards de Potter et compagnie !
Drago ne bronchait même pas en affirmant de tels mensonges, puisque après tout, mentir était une seconde nature pour lui. Il posa alors délicatement ses mains sur les épaules tremblantes de son amie et lui chuchota à l'oreille :
- Ne t'en fais pas, je te ferai danser à ce bal…
- Si tu savais comme je t'aime Drago, souffla-t-elle en reniflant.
- Je le sais.
Pansy se mit alors sur la pointe des pieds et déposa un léger et délicat baiser sur les lèvres du garçon, baiser auquel il ne répondit pas, réfléchissant déjà au nouvel endroit qui servirait de cachette à son coffret et au trésor sans nom qu'il abritait.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Alors je suis super contente et hyper touchée de vos précédents reviews ! Je sais que j'ai joué ma chieuse en les demandant mais je vous jure que ça me motive comme pas possible donc je vous incite et vous demande de continuer à m'en laisser ! Merci merci merci ^^
Je pense que répondre à chaque review serait un peu long, que ce soit pour moi ou pour vous de lire mes réponses, mais je vous embrasse toutes (et tous pourquoi pas :p) pour vos gentils compliments. J'en profite aussi pour répondre à quelques unes des questions que j'ai pu lire :
- je pense qu'Hermione a pas mal de répondant, elle n'hésite pas à le menacer, à le griffer jusqu'au sang, à le rabrouer et à se moquer de lui. Mais c'est vrai qu'à côté d'un Drago assez violent et comment dire... pas mal passionné, elle peut paraitre plus fade ! Mais ce n'est que partie remise, pour le moment le focus est pas mal sur Drago, mais ça changera dans quelques temps ;)
- il y aura une quarantaine de chapitres pas plus (oui c'est quand même déjà pas mal long haha)
- il semblerait que la possible virginité d'Hermione alarme une de mes lectrices ^^ Alors tu auras normalement ta réponse dans le chapitre 21 mais je n'en dis pas plus pour le moment héhé
Ce chapitre est un peu transitoire, on y voit un Drago qui pour la première fois décrit franchement ses émotions et j'avais envie de faire apparaitre Mimi, personnage qu'on voit rarement dans les fictions ! Je suis contente de lire qu'on apprécie ma façon d'écrire et qu'elle s'est améliorée depuis le début ! Ça me touche réellement !
Donc le prochain chapitre sera celui tant attendu du bal, qui sera divisé en deux car riche en surprises ! Mon commentaire est un peu long aujourd'hui, mais je me devais de répondre à vos gentils messages, ça doit aller dans les deux sens après tout :) Merci encore et j'ai hâte d'en lire davantage !
