- Parfait ! affirma Hermione en se regardant sous toutes les coutures devant le miroir.
La Gryffondor arborait une somptueuse robe vaporeuse couleur bleu pâle, tombant légèrement au-dessus des genoux. Ses cheveux étaient relevés en un chignon gracieux, ou seules quelques mèches ondulées s'en été échappées. Pour une fois, la jeune fille avait fait l'effort de se maquiller légèrement et s'était même décidée à porter des talons. Le résultat lui sembla acceptable, voire même plutôt joli, cependant, une chose la peinait, le fait d'avoir égaré son ruban bleu, qui aurait été parfait avec cette robe. Ces dernières semaines étaient passées tellement vite, à tel point qu'elle ne réalisait toujours pas que dans quelques minutes seulement, elle allait pénétrer dans la salle de bal, au bras de Ron. Elle entendit alors quelqu'un frapper à la porte de sa chambre.
- Entrez !
Hermione fit volte-face et découvrit Neville, superbement bien habillé, jamais elle ne l'avait vu à ce point resplendissant.
- Oh Neville ! Tu es superbe ! dit-elle dans un grand sourire.
- Toi aussi Hermione ! Tu es toujours très jolie, mais ce soir tu l'es encore plus, répondit-il maladroitement.
- Tu es gentil, Ron est-il prêt ? demanda la jeune fille en se regardant une dernière fois dans la glace.
- Oui... oui, il t'attend en bas.
- Très bien, j'arrive tout de suite, fit-elle joyeusement.
Elle rangea distraitement sa trousse de toilette quand elle vit que Neville n'avait toujours pas bougé d'un pouce. Surprise, elle lui lança un regard interrogateur, auquel il répondit.
- Je voudrais te présenter une personne, une fille qui compte beaucoup pour moi..., murmura-t-il, les joues empourprées et le regard fuyant.
La Gryffondor haussa un sourcil avant de sourire paisiblement. Elle devinait qui était la personne en question, et elle était réellement touchée que son ami tienne à ce point à lui présenter sa cavalière.
- Va la chercher, affirma la jeune femme en lui faisant un clin d'œil.
Et c'est le visage rayonnant que Neville se précipita hors de la chambre avant de revenir accompagné d'une charmante jeune fille aux longs cheveux noirs. La Gryffondor en resta sans voix. Depuis huit ans qu'elle fréquentait les Serpentards, elle n'avait même jamais aperçu cette étudiante, ce qui l'étonna grandement, tout simplement parce que la compagne de son ami affichait un visage à la fois serein et timide, ce qui détonnait de l'air habituellement hautain qu'arboraient les Serpentards.
- Bonjour Hermione, salua la jeune fille en s'approchant lentement de la lionne, la main tendue. Je suis Daphné, Neville m'a beaucoup parlé de toi.
- Enchantée Daphné. Ta robe est sublime, complimenta sincèrement Hermione, en lui serrant la main.
- Merci, c'est très gentil. Je voulais être parfaite pour accompagner Neville au bal, souffla-t-elle en rougissant.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu seras toujours mieux que moi ! s'exclama le garçon, prit de court.
La Serpentard s'approcha alors de son compagnon et prit soin de remettre sa cravate en place.
- Et voilà... Là tu es bien mieux que moi, chuchota-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
Et c'est à ce moment précis que le doute d'Hermione concernant la Serpentard s'envola. Il était tout simplement impossible de passer à côté de l'amour maladroit et timide que ressentait Daphné à l'égard de Neville. Un amour réciproque et pur, sans aucun vice ou secret, le genre d'amour qu'elle-même cherchait depuis tellement longtemps.
- Dites-moi vous deux, comment vous-êtes-vous rencontrés ? s'enquit Hermione d'un ton enjoué.
- Je l'observais depuis quelques temps déjà, avoua la Serpentard en ne lâchant pas du regard son cavalier. Je l'ai toujours trouvé gentil et dévoué à ses amis, mais je n'ai jamais osé lui parler. Je suis à Serpentard et... ma vie familiale est très compliquée... Mais finalement cette année a été mon tremplin, et je me suis jetée à l'eau ! conclut-elle en souriant cette fois-ci franchement.
- Et malgré mon étourderie, j'ai réussi, tant bien que mal, à te repêcher..., marmonna Neville avant de déposer un chaste baiser sur les lèvres de sa dulcinée.
Ce qui invita Hermione à pousser un long soupir mélancolique. Bien entendu, elle était heureuse de s'être trompée pour une fois, et de constater que Daphné Greengrass était l'opposée parfaite de sa sœur, Astoria. Néanmoins, la vision de cet amour parfait lui donnait l'impression étrange de passer à côté de quelque chose d'important et de vital.
- Et bien jeunes gens, je pense qu'il est temps de descendre ! chantonna la Gryffondor, le cœur serré. Ravie de t'avoir rencontré Daphné ! J'espère que nous aurons le loisir de parler plus longuement plus tard dans la soirée.
- J'en serai heureuse, dit la Serpentard sur le même ton allègre.
- Tu viens avec nous Hermione ? demanda son ami en prenant la main de sa compagne.
- J'arrive dans trente secondes, répondit-elle en les saluant une dernière fois.
Une fois la porte refermée derrière le couple atypique, la jeune fille s'effondra sur le lit de sa colocataire absente, et ferma les yeux, la main posée sur son ventre, tout en essayant péniblement de faire taire une petite voix agaçante présente dans son esprit. Une petite voix qui ne cessait de répéter que le dernier homme à lui avoir tenu la main, était Drago Malefoy.
La jeune fille brune s'éveilla alors après cinq minutes de torpeur et prit la direction du dortoir pour y rencontrer Ron. Et le voir fut un émerveillement. Le grand garçon roux était bien loin de l'adolescent mal habillé et ronchon qu'il était 4ème année, bien au contraire. Cette fois-ci il portait un somptueux costume noir, et bien que mal à l'aise dans ses vêtements, il arbora un resplendissant sourire dès qu'il aperçut sa cavalière s'approcher de lui.
- Je ne pensais pas dire ça un jour Hermione, mais vraiment, tu es bel et bien une fille !
- Et oui Ronald Weasley ! J'en suis une ! rétorqua-t-elle amusée.
- Une très... euh... jolie fille..., bredouilla le garçon en baissant les yeux.
- Que de compliments ! Je devrais m'habiller comme ça tous les jours, s'esclaffa-t-elle.
Elle fût, certes, incroyablement touchée par les dires de son ami, mais c'est en croisant le regard de son interlocuteur qu'elle frémit encore davantage, puisqu'en effet, les yeux de Ron étincelaient dans la pénombre faiblement éclairée par quelques bougies. Jamais il ne l'avait regardé de la sorte, ce qui eut pour effet d'accentuer d'autant plus son trouble. Si seulement elle avait eu un peu plus de courage, elle se serait dressée sur la pointe des pieds et aurait posée délicatement ses lèvres sur celle de son meilleur ami. Mais elle n'en fit rien et se contenta de lui sourire avant de s'écrier :
- Par Merlin ! Nous ne sommes pas en avance ! Allons dans la grande salle !
- Allons-y, répéta le garçon en souriant.
Toutefois, la Gryffondor ne put s'empêcher de constater que Ron ne lui avait pas pris la main pour se rendre au bal.
Arrivée dans la grande salle, Hermione retint son souffle. Tout était absolument extraordinaire. Des milliers de papillons aux différentes couleurs volaient dans la pièce alors qu'une légère pluie irréelle aux couleurs de l'arc-en-ciel tombait sur les étudiants et professeurs. Le résultat était tout simplement enchanteur.
- Je vois Harry et les autres là-bas ! Allons les rejoindre ! s'exclama Ron, avant d'accélérer le pas.
Cependant, Hermione préféra continuer à flâner de ci de là, le regard perdu dans toutes les merveilleuses décorations, se sentant aussi légère que les papillons qu'elle observait. Du bout des doigts, elle caressa un splendide paon, qui semblait apprécier son geste, quand elle ressentit soudainement un sentiment de gêne. Elle se releva prestement et promena son regard dans la salle, cherchant la nature de son embarras. Et c'est alors qu'elle le vit. Le garçon affichait un contraste saisissant avec le reste des étudiants. Alors que tous les garçons portaient un costume noir, le Serpentard avait opté pour un habit blanc, aussi immaculé qu'une des nombreuses colombes présentes dans la salle. Jamais elle n'avait vu Drago habillé de blanc. C'était soit son uniforme, soit ses divers costumes, tous plus sombres les uns que les autres.
Mais pas ce soir. A vrai dire, et en tout objectivité, la Gryffondor ne pouvait s'empêcher de le trouver saisissant, captivant et attirant. Ses cheveux d'une blondeur magique étaient ramenés en arrière, seules quelques mèches tombaient négligemment sur ses yeux. Son costume trois pièces semblait lui aller comme une seconde peau, dessinant parfaitement chacune des courbes musclées de son corps. Posté ainsi au milieu à l'entrée de la salle, Hermione ne put qu'admirer son imposante carrure et son charisme envoutant. Certes, sa façon de se tenir était la même depuis toujours, mais posé ainsi avec de tels vêtements ne pouvait que changer la donne, même aux yeux de la jeune fille.
La Gryffondor était certes troublée par le charme fascinant qui se dégageait de son ennemi, mais ce qui l'électrisa complètement, fut le regard qu'il lui lançait. Et elle comprit alors que c'était ce regard posé sur elle qui l'avait tant mis mal à l'aise. Ne sachant quoi faire, elle le fixa droit dans les yeux, tout en essayant vainement de faire disparaitre les frissons qui parcouraient son échine. Pourquoi la regardait-il ? Pourquoi restait-il stoïquement debout devant la porte ? Pourquoi sentait-elle son pouls s'accélérer alors qu'il était en train de s'avancer en sa direction ? D'ailleurs, pourquoi venait-il vers elle ?
Hermione parcouru la salle du regard cherchant le meilleur moyen d'éviter cette rencontre. Elle allait s'élancer vers Dean et Seamus, qu'elle aperçut au loin, quand elle se demanda pourquoi elle réagissait de la sorte.
« Ma pauvre fille, je te pensais plus maligne et moins superficielle ! Depuis quand est-ce que je reste intimidée par le physique d'une personne ? Qu'il soit habillé de noir, de blanc ou de rose est sans importance. Il reste Drago Malefoy... J'ai toujours fait preuve d'objectivité ! Alors en toute objectivité, il est séduisant ce soir, mais en toute objectivité, c'est un connard sans scrupules. Voilà... Faire preuve d'objectivité, c'est ce qui me définit parfaitement ! », pensa-t-elle fièrement.
- Alors Granger ? On fait tapisserie ? ricana-t-il, les mains enfoncées dans les poches.
- Pas du tout, je me promenais dans ce splendide décor, voilà tout, rétorqua-t-elle d'un ton ferme.
- Il est où ton cavalier... Granger ? demanda-t-il plus sérieusement, au grand étonnement de la femme brune.
- Avec Harry, d'ailleurs je pense le rejoindre et..., répondit-elle avant de s'interrompre.
Un majestueux phénix prit son envol et arpenta la salle tout en produisant une magnifique mélodie avant de disparaitre aussi soudainement qu'il était apparu. Emerveillée par cet incroyable interlude, la Gryffondor ferma les yeux et se passa lentement la main sur la nuque, dans un soupir d'aise, souhaitant revivre ce court instant magique. Quand elle crut entendre un grognement animal, le genre de grondement sourd que pousserait un fauve avant de se jeter sur sa proie. Ce qui l'encouragea à ouvrir les yeux et à faire face au Serpentard, dont elle avait complètement oublié la présence. Ce dernier affichait un visage fermé, la mâchoire serrée et ses poings semblaient s'être encore davantage enfoncés dans ses poches. Est-ce lui avait qui poussé un tel grognement ? Impossible à dire. De plus autre chose l'effrayait bien plus, les iris du garçon. Ces derniers paraissaient être à la fois enflammés et terriblement sombres, ce qui fit reculer la lionne.
- Pourquoi ce blanc ? s'enquit-elle, cherchant ainsi à alléger l'atmosphère.
- Pourquoi ce bleu ? demanda-t-il du tac au tac.
- J'aime le bleu.
- Je déteste le blanc.
Hermione ne parvint pas à retenir un sourire, qui à présent se dessinait sur tout son visage. Et c'est médusée qu'elle vit son interlocuteur sourire à son tour. Certes, son sourire était crispé et à peine visible, cela n'en restait pas moins un sourire. De plus, elle ne parvenait toujours pas à croire qu'elle était en train de discuter tranquillement avec son adversaire.
- J'ai appris que tu n'avais pas invité Pansy, étonnant n'est-ce-pas ?
Le corps de la jeune femme fut parcouru d'un autre frisson, certainement dû au regard du garçon, qui se promenait lentement de sa nuque jusqu'à ses lèvres. De toute évidence, il n'avait pas entendu la question, ce qui la poussa à se répéter. Cette fois-ci, il l'entendit parfaitement et soupira de lassitude.
- Pansy, Greengrass ou une autre, c'est du pareil au même pour moi, dit-il dans un souffle.
- Est-ce que ce que tu feras le jour où une fille te plaira réellement ? répliqua-t-elle la voix moqueuse.
- Je ferai d'elle ma femme, je la prendrai dans chaque pièce de notre maison et je lui donnerai des enfants, répondit-il d'une voix rauque en plantant son regard brutal dans celui de la lionne.
A ces mots, Hermione recula encore d'un pas, les jambes légèrement flageolantes et la gorge sèche. Une chaleur inexpliquée se propagea dans son corps tout entier avant de prendre résidence dans son ventre. A présent, le regard pesant de son interlocuteur oppressait l'étudiante, qui cherchait définitivement une excuse pour s'éloigner du garçon.
- Tu sais quoi Granger ? Je trouve qu'il manque un truc à ta robe, murmura-t-il, la voix toujours éraillée.
- Tu sais quoi Malefoy ? Je me disais exactement la même chose, il n'y a pas plus de quinze minutes. Le ruban qui aurait été parfait avec cette robe a mystérieusement disparu, donc je fais avec, ou plutôt, je fais sans !
Elle avait à peine fini sa phrase qu'Hermione distingua la main droite du Serpentard remuer dans sa poche, comme s'il venait de saisir un objet qui se trouvait dedans.
- Avec ou sans, tu restes la même Granger, susurra-t-il avant de faire volte-face.
- Je vais tenter de prendre ça comme un compliment ! s'écria-t-elle alors que Drago lui tournait à présent le dos
- Prend-le comme tu veux, grogna-t-il en haussant les épaules avant de s'éloigner.
Elle allait à son tour s'élancer vers ses amis quand toutes les lumières s'éteignirent d'un seul coup. La grande salle était à présent plongée dans les ténèbres les plus totales, il était même impossible de discerner son propre corps. De nombreux applaudissements et autres sifflements retentirent dans la salle quand la directrice prit la parole.
- Restez calme ! De toute évidence, certains étudiants ont jugés opportun de faire une blague de mauvais goût, nous empêchant tous de nous éclairer à l'aide du Lumos ! Veuillez patienter quelques minutes le temps que je contourne ce sortilège !
A nouveau, de nombreux rires fusèrent dans la grande salle. Hermione tenta alors de faire quelques pas, les bras levés devant elle, prête à se protéger du moindre choc quand elle sentit qu'on l'attrapait par derrière.
- Mais qu'est-ce que..., siffla-t-elle avant de couper court à sa semonce.
Les mains qui l'avaient attrapé s'enroulaient à présent autour de sa fine taille. Le corps de la belle frémit violement quand elle perçu le corps vigoureux de cet inconnu se coller dans son dos. Elle allait le sommer de la lâcher immédiatement quand la main droite du garçon entreprit d'effleurer très légèrement le ventre de sa prisonnière, laissant sa paume courir sur le fin tissu en soie de la robe.
- Ron... ?
A ces mots, l'autre main de l'inconnu caressa tendrement le visage d'Hermione avant de passer son index sur les lèvres légèrement entrouvertes de la jeune fille, qui à présent n'avait même plus la force de prononcer ne serait-ce qu'un seul mot. Les caresses sur son ventre se firent plus vives, elle pouvait sentir les doigts du garçon s'enfoncer dans sa peau alors que de sa main gauche, il s'amusait à chatouiller sa nuque. La fille brune était totalement tétanisée, jamais un homme ne l'avait caressé de la sorte, avec délectation et délicatesse, le tout ponctué d'une once de brusquerie. Ses jambes manquèrent de flancher quand elle sentit les lèvres de l'individu inconnu se presser contre son cou, les remuant légèrement en de divins baisers mouillés. Emportée dans ce moment de grâce, elle saisit la main qui lui caressait le ventre et la fit descendre plus bas, jusqu'à sa cuisse, cherchant ainsi le contact de la paume du garçon sur sa peau nue, ce qu'il comprit aussitôt. D'un geste vif, il remonta la robe de la lionne et titilla la cuisse de l'étudiante, s'amusant à chatouiller sa peau nue et sensible.
Mais ce n'était pas assez pour Hermione, qui s'agrippa à son autre main et la fit glisser jusqu'à sa bouche, qu'il effleura délicatement du pouce. Alors que les baisers sur son cou, sa nuque et son dos se firent plus virulents, et que les nombreuses caresses sur sa hanche s'intensifièrent, la jeune fille embrassa sans réfléchir les doigts qui excitaient ses lèvres. Et c'est peu sûre d'elle, mais poussée par une passion sans nom, qu'elle enroula sa langue autour des doigts de l'homme collé à elle. Elle entendit alors des grognements rauques, mais elle continua tout de même, savourant ce qu'elle était en train de gouter. Et c'est avec surprise qu'elle fût poussée dos au mur, avant de sentir un lourd corps musclé s'écraser contre elle.
A présent l'inconnu garçon lui faisait face et attrapa sa tête de ses deux mains fermes, avant de plonger sur les lèvres de la jeune fille. Stupéfaite par ce nouveau contact pour le moins brutal, Hermione laissa la langue du l'homme traverser ses lèvres avant de s'enrouler à sa propre langue dans un grognement animal. Intimidée par un tel baiser, elle glissa ses mains tremblantes dans le dos de son amant puis répondit à son baiser, en lui mordillant légèrement la lèvre inférieure tout en suçant et aspirant sa langue. Un nouveau grognement, cette fois-ci plus puissant, se fit entendre, ce qui encouragea encore davantage la Gryffondor à poursuivre. Elle colla son corps au sien et planta ses ongles dans son dos, tout en ayant l'impression d'être transportée dans un autre univers, dans un monde de désir et de passion, un monde qu'elle ne connaissait pas du tout, mais qu'elle appréciait à un point inimaginable.
Les mains du garçon abandonnèrent son visage pour aller se poser sur les hanches de la belle, l'obligeant ainsi à remuer au rythme de leur baiser échangé. Et c'est sans se faire prier, qu'Hermione bougea instinctivement ses hanches, mimant ainsi, sans le vouloir, ce qu'elle désirait de tout son être. Les lèvres du garçon descendirent alors sur son cou, ce qui fit haleter davantage encore l'étudiante. Elle enlaça alors entièrement le corps de l'homme qui faisait d'elle une femme, le collant à elle complètement. Le rythme de va et vient que faisaient les hanches d'Hermione sans même qu'elle s'en aperçoive, était à présent imité par le garçon, qui calqua son comportement à celui de la femme brune.
Une chaleur infinie prit place dans le bas ventre de la lionne, qui désirait ardemment quelque chose, sans qu'elle ne sache quoi exactement. D'un geste naturel, elle entrouvrit légèrement ses cuisses tout en continuant de remuer les hanches, quand elle attrapa le visage de cet homme, tout simplement sensuel, pour l'embrasser à pleine bouche. De nouveaux halètements se firent entendre, mais cette fois-ci de la part du garçon, qui posa ses mains sur le mur, de part et d'autre du visage de la femme, et se cambra pour écarter un peu plus les jambes de sa prisonnière consentante.
- C'est magique..., murmura-t-elle à bout de souffle avant de reprendre son baiser, laissant sa langue faire une danse folle avec celle de son amant.
Le garçon abandonna le mur pour accentuer la pression de ses mains sur les hanches de la femme pantelante de désir, quand du bout des doigts, il releva sa robe, de toute évidence prêt à la prendre totalement. En sentant les doigts du garçon devenir plus pressants, la jeune fille savait qu'elle aurait du tout arrêter, elle savait au fond d'elle-même que cet inconnu ne pouvait être Ron. Et bien qu'elle le sache, il lui était tout simplement impossible de repousser l'homme qui lui donnait tant de plaisir, même si ce qu'elle faisait était mal. Après tout, elle se dit que pour une fois, elle avait bien le droit de ne penser qu'à elle. C'est pourquoi elle agrippa les reins du garçon, l'incitant ainsi à continuer de plus belle. Un nouveau grognement suivit de près par un halètement lui firent comprendre qu'il avait saisi son souhait muet. Elle allait s'abandonner complètement quand elle l'entendit jurer entre ses dents :
- Bordel...
Et c'est brusquement qu'il s'écarta d'elle, elle put entendre des pas précipités s'éloigner, avant de percevoir un grand fracas. L'inconnu, dans sa précipitation, avait dû renverser quelques sièges. Puis la lumière réapparut soudainement. Eblouie par cette éclairage violent, elle se cacha les yeux quand elle prit conscience qu'elle était toujours collé au mur, la robe légèrement remontée sur ses cuisses. Elle réajusta alors rapidement sa robe et vérifia si sa coiffure n'était pas sans dessus dessous. De toute évidence, tout semblait plus ou moins en ordre, ce qui la rassura. Elle chercha alors du regard Ron, espérant de tout son cœur qu'il la regardait intensément, un sourire sensuel aux lèvres, quand elle le vit parler et rire un peu plus loin, toujours en compagnie d'Harry. Le cœur de la jeune fille se serra subitement à cette vision. A ses yeux, elle venait de tromper Ron, bien qu'ils ne soient pas officiellement ensemble. Mais pire, elle s'était presque donnée à un inconnu, et elle avait adoré cela.
A ces souvenirs encore vivaces, elle repensa aux caresses à la fois tendres et brutales de l'individu, elle songea au baiser fougueux qu'elle avait échangé avec lui, et au rythme effréné de leurs deux corps, collés l'un à l'autre et transis de délicieux frissons. Par Merlin, ce moment avait été tout simplement incroyable. La Gryffondor parcouru la salle des yeux, se demandant qui pouvait bien être le garçon qui lui avait fait ressentir autant de choses qu'elle n'avait même jamais soupçonné. A présent elle se sentait vide et seule, comme si elle avait attendu quelque chose qui n'était pas venu, mais qu'elle désirait toujours autant.
- Mademoiselle Granger, vous allez bien ?
La jeune fille brune sursauta et se retourna brusquement.
- Professeur Torm ! Oui oui, je vais très bien, ne vous inquiétez pas, dit-elle dans un faible sourire.
- Vous semblez fiévreuse, insista-t-il tout de même.
- J'ai juste un peu chaud..., mentit la jeune fille, qui bouillonnait littéralement de l'intérieur.
- Je vois, vous êtes en beauté ce soir, admit-il en souriant.
- Oh... Merci professeur, répondit-elle en baissant les yeux de pudeur.
Le professeur de lutte contre les forces du mal, Egnam Torm, était grandement apprécié par ses étudiants. Son physique d'apollon ravissait les jeunes filles alors que ses blagues amusaient les garçons. De plus, il se montrait incroyablement compétent dans son travail et réellement emphatique avec ses élèves. Il n'y avait pas de toute, tout le monde l'estimait énormément, dont Hermione.
- Je vais rejoindre mes collègues, j'ai promis une danse à madame Pomfresh, plaisanta-t-il.
- Bonne soirée Monsieur, dit-elle en souriant.
Le regard du professeur se fit alors plus insistant, à tel point que la jeune Gryffondor se demanda même si elle avait correctement arrangée sa robe. Elle allait y jeter un coup d'œil quand il se décida enfin à lui répondre.
- Merci, très bonne soirée à vous, Mademoiselle Granger ! déclara-t-il d'un ton jovial avant de s'en aller.
La jeune fille regarda encore autour d'elle, cherchant le détail qui lui permettrait de mettre la main sur l'étrange garçon aux caresses si délicieuses, quand elle renonça et s'avança vers ses amis en soupirant.
En-dehors de la salle de bal, dans un couloir faiblement éclairé, Drago Malefoy posa rageusement son front brulant contre le mur glacé du château, les poings serrés contre la paroi, un fin ruban bleu s'échappant de sa main droite. Tout son corps tremblait encore d'excitation et de colère, rien ne s'était passé comme prévu. Alors qu'il s'était levé ce matin même, il n'avait pensé qu'à une seule chose, Hermione Granger. Il s'était juré de ne pas l'approcher, de ne lui parler sous aucun prétexte, après tout il était bien parvenu à l'éviter durant ces deux dernières semaines, ne lui accordant même pas un regard en cours de potions ou lors des rondes nocturnes, et il avait tenu bon, bien que chaque soir il rêvait d'elle.
Cependant, il était conscient que l'ignorer au bal serait plus compliqué, parce qu'il pouvait déjà l'imaginer dans un somptueuse robe, virevoltant dans les bras de ce connard de Weasley, riant aux éclats à chacune de ses blagues à la con. C'est pourquoi il avait décidé de prendre le ruban de la fille, une sorte de grigri pour lui donner du courage. Mais ça n'avait servi à rien, absolument à rien. Il avait à peine fait un pas dans la grande salle qu'il s'était stoppé pour l'admirer. Elle. Cette fille. Cette femme qui était en train de déambuler dans la grande pièce, s'émerveillant de chaque chose qu'elle voyait, les caressant du bout des doigts, à tel point qu'il en frissonnait encore maintenant. Il s'était alors agrippé à ce foutu ruban bleu, sans succès, surtout lorsqu'elle avait levé les yeux pour croiser son regard. Il aurait dû résister et s'en aller, mais cela lui avait été impossible. Il voulait l'entendre, il avait besoin d'être plus près d'elle et de sentir son odeur.
Et comme le parfait imbécile qu'il était, il est allé lui parler, la dévorant littéralement du regard, le corps en feu. Il avait ressenti une décharge électrique d'une intensité incroyable lorsqu'il l'avait vu observer le phénix pour après soupirer d'aise, les yeux fermés tout en se caressant lascivement la nuque. C'était tout simplement une torture, cette envie au quotidien qu'il comblait avec d'autres filles, dont principalement Pansy, sans pour autant être assouvi complètement. Et la façon dont elle l'avait regardé, c'était bien la première fois qu'elle affichait une telle expression sur son visage, bien différent de son habituel air hautain. Sans oublier son sourire, le premier en huit ans ! C'était peut-être dû à son costume blanc. Il en était assez fier à vrai dire, jamais il n'avait porté de blanc, puisqu'il détestait cette couleur de tout son être. Cependant, sans même savoir pourquoi, il avait commandé cette tenue dès qu'il l'avait vu. Ce qui l'agaça soudainement. Ce costume était comme cette maudite femme, bien qu'il détestait le blanc, il avait désiré ce vêtement et savourait à présent son contact, comme c'était le cas avec elle...
Parce que Seigneur... Qu'est-ce qu'il avait adoré ce putain de contact avec cette femme, chaque parcelle de sa peau vibrait encore de passion et de désir refoulé. Pourquoi ces bougies s'étaient donc éteintes pile à ce moment précis ? Il avait réussi à s'éloigner d'elle, il allait passer une soirée, certes ennuyeuse, mais normale, avant que ces maudites bougies ne s'éteignent. Si seulement il tenait le farceur qui avait eu l'idée de faire cette mauvaise blague, il l'étriperait de ses propres mains. En pensant à ceci, il baissa ses mains et les fixa, le souffle court. Ses mêmes mains avaient caressé le corps d'une sang de bourbe, et en avaient en plus tirer du plaisir, un plaisir incommensurable. D'un geste lent, il fit glisser son index sur ses lèvres, revivant ainsi les baisers ardents qu'il avait échangé avec elle alors qu'il pressait son corps au sien. Par Merlin... Elle était prête à l'accueillir, elle avait même dit que c'était « magique »...
Il allait le faire, il en était conscient, il était à deux doigts de la faire sienne, là, contre ce mur, alors qu'ils étaient entourés de centaines d'autres élèves. Son odeur féminine l'avait enivré à tel point qu'il n'avait même plus conscience de la réalité. Mais par miracle, il avait eu la force de se détourner d'elle avant de commettre l'irréparable et de jeter la disgrâce sur sa famille. Et pile au bon moment, vu que les bougies s'étaient rallumées quelques secondes seulement après son départ. Quelle catastrophe cela aurait été d'être pris en flagrant délit dans une situation aussi embarrassante devant tous les autres élèves. Et pis... Etre ainsi découvert par Hermione, et devoir assister au changement de son expression, dont le désir se serait alors transformé en répulsion.
« D'accord... J'ai fait une connerie, je l'ai embrassé et bordel de merde j'ai adoré ça... MAIS je ne dois pas aimer ça, ses caresses, la façon dont elle a mordillé ma lèvre, la manière dont elle s'est collée à moins en remuant sensuellement des hanches et... NON ! Sang impur... Sang impur... Sang impur... », se répéta intérieurement Drago, cherchant ainsi à calmer le brasier qu'était devenu son corps.
Mais malgré cette incantation, il savait parfaitement, au fond lui-même, qu'il ne tiendrait pas encore longtemps. Et ce qu'il allait apprendre par la suite allait confirmer cette certitude.
OoOoOoOoOoOoOoOoOo
Et voilà la première partie de ce fameux bal ! Alors non, pas de faux "espoir", je ne posterai pas deux chapitres par semaine, cependant étant donné que je poste une autre fiction en même temps, j'ai décidé de poster le mercredi un chapitre de cette fanfiction et de poster le dimanche un chapitre de mon autre histoire. Comme ça, si jamais vous lisez les deux histoires, l'impression "d'attente" paraitra peut-être moins longue ! ^^
Ce bal n'a pas encore réservé toutes ses surprises et j'ai vraiment hâte de lire vos avis concernant le comportement de Drago et aussi celui d'Hermione ! Ce chapitre avec le prochain marqueront une nouvelle étape très importante dans leur "relation" si je puis dire héhé
Un gros merci pour vos reviews, je vous invite à me laisser toutes vos impressions cette fois encore :D
