Hermione ouvrit péniblement les yeux le lendemain matin, alors que quelques rares rayons de soleil pénétraient dans la chambre. De discrets ronflements brisaient le silence, un bruit que la jeune fille pouvait reconnaitre entre milles, les ronflements de Ron. Et c'est doucement qu'elle se redressa pour sortir discrètement du lit, ne souhaitant pas réveiller son ami. Une fois debout, elle arrangea du mieux qu'elle put sa robe froissée pour ensuite poser un regard tendre sur la masse rousse allongée devant elle. Elle resta ainsi de longues minutes, avant de se décider à quitter la chambre sur la pointe des pieds. Une fois dehors, la jeune fille respira un bon coup, ferma les yeux et caressa du bout des doigts son pendentif.

« Voilà... Cette fois-ci, c'est bien fini... », pensa-t-elle sereinement.

- Tu attends quelqu'un ?

Hermine ouvrit les yeux et découvrit un grand et massif garçon brun, ce dernier était visiblement inquiet quant à la santé mentale de l'étudiante. C'est alors qu'elle le reconnut. Liam, l'homme qui lui avait très certainement sauvé la vie en la secourant après son agression, il y a de cela quelques semaines.

- Non, pas du tout, répondit-elle en souriant paisiblement, j'ai dit au revoir à un ami, voilà tout.

L'étudiant la fixa avec insistance avant de se détourner pour disparaitre dans sa propre chambre. Hermione ne releva pas le comportement étrange du garçon et regagna sa propre chambre, ayant la ferme intention de préparer définitivement ses valises pour les deux semaines de torture qu'elle allait vivre aux côtés de Malefoy. Deux heures plus tard, l'ensemble des élèves se tenaient sur le quai de la gare, tous prêts à quitter Poudlard durant 15 jours. La Gryffondor avançait péniblement, trainant ses lourds bagages derrière elle, quand elle aperçut Ron un peu plus loin, ce dernier était en grande conversation avec Dean et Seamus, ce qui empêcha la jeune de fille de le rejoindre. A vrai dire, ce n'était pas la présence des deux garçons qui la bloquait, mais bel et bien le fait qu'elle avait fait l'amour avec Ron, et qu'en quelque sorte, ils s'étaient dit adieu. Et c'est dans le but de ne pas affronter un nouveau malaise, qu'Hermione décida de pénétrer seule dans le train et de s'assoir, exceptionnellement, à l'écart de ses amis.

Alors qu'elle déambulait de wagons en wagons, dans l'espoir de s'isoler du reste des étudiants, elle finit par tomber sur un compartiment vide. Une fois assise et le front collé à la vitre, la Gryffondor ferma les yeux et laissa dériver ses pensées vers un nouveau futur, un avenir auquel elle n'avait jamais pensé, puisque Ron n'y figurait plus. Peut-être allait-elle partir en Afrique pour y découvrir les rites ancestraux ? Quoique l'Europe et sa magie contemporaine serait tout aussi bénéfique. Le monde s'ouvrait à elle, il fallait bien qu'elle en profite. C'est ainsi que ses pensées se transformèrent en rêves, quand la porte du compartiment grinça, ce qui la poussa à rouvrir ses paupières.


Toute la nuit avait été synonyme d'extrême tension pour le Serpentard, surtout après avoir formulé sa douloureuse promesse face au Miroir du Riséd. De plus, le garçon avait eu la très mauvaise idée de dormir à même le sol, dans la Salle sur Demande. Bien entendu, il lui avait été tout simplement impossible de fermer l'œil ne serait-ce qu'une minute, redoutant de visualiser la scène d'amour intense que devaient vivre les deux Gryffondors. Et c'est seulement au petit réveil et lorsqu'il ressentit de violentes courbatures s'étendre dans tout son corps, qu'il comprit que son choix de s'allonger par terre toute une nuit, n'avait pas été une de ses meilleures idées. Après une telle nuit chaotique, Drago s'était précipité à toute vitesse dans sa chambre pour se changer et prendre ses bagages, résistant à l'envie d'arracher la lionne des griffes du rouquin, avant de rejoindre le quai.

A présent, le bruit ambiant l'étouffait, les pathétiques accolades de ses pseudos-amis, les regards lubriques qu'Astoria lui lançait, sans oublier les yeux emplis de tristesse et de rancœur de Pansy. Vraiment, il était plus qu'enchantée à l'idée de ne plus voir Poudlard et les abrutis que l'école abritait, pendant deux longues semaines. Mais il y avait bien mieux, parce que maintenant, et pour 15 jours, il allait avoir, pour lui tout seul, la Gryffondor. Certes, cette idée l'emplissait d'effroi et de doutes, il n'en restait pas moins, que sa stupide jalousie naissante diminuerait fortement dès que la fille brune se serait éloignée de Weasley. Alors qu'il marchait activement, cherchant par tous les moyens à s'éloigner du brouhaha présent dans chaque compartiment, il trouva un compartiment, qui de toute évidence était vide, puisque silencieux. Et c'est avec un soupir de soulagement, qu'il ouvrit la porte, qui grinça de plus belle, quand il se figea.

Hermione Granger était devant lui, nonchalamment assise sur une banquette toute neuve, le regardant avec des yeux ronds, visiblement très surprise de le voir débarouler dans le compartiment. Drago ne savait absolument pas comment réagir, ce qui l'agaça au plus haut point, puisqu'il y a encore de ça quelques jours, il l'aurait tout simplement insulté aimablement, aurait ricané et aurait fait demi-tour. Mais pas aujourd'hui, pas après la nuit qu'il avait passé. D'une démarche qu'il souhaitait hautaine et sure de lui, il prit place en face d'elle, passablement amusé face au regard médusé de la jeune fille, qui ne tarda pas à le questionner.

- Que fais-tu ? demanda-t-elle sur la défensive.

- Je prends le train, répondit-il laconiquement.

- Pourquoi ce compartiment ?

- Parce que je veux un peu de calme.

Hermione observa son interlocuteur plus sérieusement, et constata que le pauvre n'avait pas l'air très en forme, certainement trop fatigué de sa nuit torride avec Astoria Greengrass. Néanmoins, elle le préférait comme cela, épuisé, calme et les cheveux en désordre, bien qu'il arborait, comme toujours, un de ses habituels costumes noir, ce qui accentuait encore davantage la pâleur de son visage. Depuis quelques semaines, comprendre et déchiffrer le comportement étrange de Malefoy s'était révélé être très compliqué, c'est pourquoi elle préféra ne pas poser plus de questions pour refermer les yeux. Après tout, il ne semblait pas vouloir chercher la guerre, alors qu'il soit là ou pas, ne l'importait pas plus que ça.

Drago resta muet de stupeur quand il vit la Gryffondor baisser tranquillement les paupières pour ensuite se caler confortablement contre la fenêtre. Il se souvint alors de leur petit séjour dans La Cabane Hurlante, et plus précisément de la scène où Hermione avait fermé les yeux avant de se redresser rapidement, comme si elle craignait de se faire attaquer par le Serpentard. Drago comprit alors, que l'étudiante avait elle aussi changé, que son comportement à son égard était moins suspicieux, bien que toujours froid. La voir ainsi, assise paisiblement devant lui, ses cheveux bouclés tombant négligemment sur son petit visage, sa poitrine se soulevant lentement au rythme de sa respiration et ses jambes, drapées d'un fun collant brun, repliées timidement sur la banquette, l'emplissait d'un étrange sentiment de bien-être.

Le Serpentard pouvait à présent sentir sa main agripper le sein de la belle, sa bouche dévorer ses lèvres et ses jambes glisser contre ses cuisses, comme ce fût le cas le soir du bal. Il était en mesure d'entendre les gémissements de la fille, ses suppliques pour qu'il continue et ses cris, lui ordonnant de la prendre encore plus fort. Alors qu'il couvait d'un regard ardent la fille brune présente devant lui, ses yeux se stoppèrent net lorsqu'ils rencontrèrent le pendentif qu'elle portait au cou, un collier qu'il n'avait jamais vu, certainement un cadeau de cet enfoiré de Weasley. Une violente bourrasque de rage et de haine contenues traversèrent le jeune homme blond, qui à présent, fixait Hermione d'un regard meurtrier, réalisant que le corps qu'il désirait, avait déjà été possédé par un autre.

Toujours perdue dans ses pensées, Hermione songea subitement à la mission qu'elle allait devoir accomplir dans les jours à venir. Le Polynectar était aujourd'hui prêt, il était temps qu'elle informe Drago de son projet, son aide étant indispensable pour que cette mission se déroule avec succès, et pour qu'enfin, le problème du vase soit définitivement résolu. Déçue de ne pas pouvoir profiter plus longtemps de ce moment de paix et de sérénité, elle souleva ses lourdes paupières pour la seconde fois et affronta le regard du garçon, qui la fixait férocement mais aussi tristement, un peu comme s'il lui reprochait une quelconque action. Néanmoins, étant habituée aux sautes d'humeur du Serpentard, elle ne se démonta pas et entama le sujet délicat qu'était sa mission.

- Malefoy, je pense qu'il est maintenant temps que tu saches quelle est mon idée mon réparer le vase, commença-t-elle d'un ton ferme.

Drago ne répondit pas, se contentant d'hocher légèrement la tête, le regard vissé sur elle.

- J'ai fait quelques recherches concernant ce vase, et c'est un certain Milius From qui l'a conçu, le jour où Poudlard fût créée. Bien entendu, cet homme est désormais décédé, il est cependant écrit que le secret du vase se transmet de générations en générations...

- Mais quel secret ? coupa sèchement Drago.

- J'y viens..., marmonna-t-elle, il est aussi écrit que ce vase renferme plusieurs pouvoirs, d'ailleurs ça, nous le savions déjà, puisque nous n'avons pas réussi à le réparer. Bref, l'homme qui est aujourd'hui au courant de ce secret se nomme Fillius From, il est dit qu'il commence à être sénile. Néanmoins, je sais qu'il a eu de nombreux enfants, et qu'il a même une petite-fille qui devrait avoir notre âge, à quelques années près, ajouta la Gryffondor.

- J'imagine que tu connais l'adresse de ce type...

- Bien sûr ! s'écria-t-elle, ravie. Et voilà pourquoi j'ai préparé un peu de Polynectar ! Je vais prendre l'apparence de la petite-fille en question, lui poser pleins de questions, et notre problème sera résolu !

- Hum... Pour commencer, je pense que ton plan est magnifiquement foireux, mais bon, si tu veux le faire, tu peux t'amuser comme bon te semble. Mais la question est : as-tu réellement besoin de moi ?

Hermione haussa un sourcil et le regarda en souriant, ce qui réchauffa instantanément le corps du garçon. Cette fille le rendait littéralement fou.

- J'ai en effet besoin de toi, affirma-t-elle sans perdre son sourire. La jeune fille en question est fiancée à un homme, qui fait partie du Ministère. Fillius From était, dans sa jeunesse, un personnage emblématique du Ministère.

- Et ? rétorqua Drago, soupçonneux.

- Et bien il adore le Ministère, alors quoi de mieux qu'un fiancé travaillant au Ministère pour me prêter main forte ?

- Une meilleure idée peut-être ? ironisa-t-il.

La jeune fille dissimula un léger rire, consciente que son plan était bancale et hasardeux. Mais c'était le seul qu'elle avait trouvé, alors à défaut de mieux, il allait bien falloir faire avec.

- Que se passe-t-il Malefoy ? Serais-tu dégouté à l'idée de devoir jouer le rôle de mon fiancé pour quelques heures ? se moqua-t-elle.

- Qui ne le serait pas, Granger ? susurra le garçon.

Hermione remarqua qu'en grognant ces quelques mots, le jeune homme avait resserré les poings sur ses genoux et que sa jambe droite était agitée d'un tic nerveux. Elle laissa remonter son regard et constata que les yeux de son interlocuteur fixaient intensément le sol, et pour cause, Drago était à présent envahi par une horde de sentiments contradictoires. Était-il dégouté de vouloir être totalement intime avec une fille au sang impur ? Plus vraiment. Était-il effrayé de ne penser qu'à lui faire l'amour ? Complètement. Comment allait-il exprimer son désir alors qu'elle le détestait férocement ? Il n'en avait absolument aucune idée. Mais pourtant, le simple fait d'imaginer être le compagnon de la Gryffondor, vivre avec elle et la faire sienne dès qu'il le souhaiterait, excitait le garçon à un point inimaginable.

- Bon, tu es d'accord pour m'aider ? demanda-t-elle au bout d'un long moment.

- Ai-je réellement le choix ?

- En fait, pas vraiment..., concéda-t-elle, amusée.

- Si je dois mourir damné, que ce soit dans tes bras..., murmura-t-il en posant un regard bouillonnant sur la jeune femme.

- Quoi ? Je n'ai pas compris, qu'as-tu dis ? interrogea-t-elle.

- Je te suis, même si ton plan est merdique et que je suis sûr et certain que nous rentrerons bredouille, je tiens ma promesse.

- Ce sera bien la première fois ! s'exclama-t-elle.

- Je suis en ce moment même en train de tenir une promesse que j'ai fait la veille, alors oui, je tiens mes promesses, avoua Drago à demi-mots.

Surprise et désarçonnée par le ton sérieux employé par son ennemi, Hermione remua sur la banquette, soudainement mal à l'aise, ce qui l'effraya un peu. En effet, elle ne pouvait s'empêcher de réaliser que depuis quelques jours, elle était souvent mal à l'aise en présence du garçon, un sentiment qui s'était renforcé le soir du bal. Son regard gris acier pénétrant, sa voix grave et son sérieux en étaient certainement la cause, elle devait cependant avouer que parler avec Drago Malefoy n'était plus aussi usant que par le passé, bien qu'une haine mutuelle s'était instaurée en huit ans.

- Par contre, Granger, ce n'est pas vraiment ton cas, continua-t-il.

- Que veux-tu dire ?

- Tu ne sais pas ce que signifie tenir une promesse, dit-il laconiquement, en s'étirant ostensiblement.

- Qu'est ce qui te fait dire ça ? s'enquit-elle, piquée au vif.

-Te souviens-tu du marché que je t'avais proposé la nuit où nous étions dans la Cabane Hurlante ?

Les souvenirs d' Hermione refirent surface. Drago lui avait demandé de lui avouer ce qu'elle avait aperçu dans le Miroir du Riséd, et en effet, elle avait mentit, sans le moindre scrupule. Mais comment pouvait-elle avouer un tel désir à Malefoy, alors que ses propres meilleurs amis n'en savaient absolument rien ?

- J'accepte de te dévoiler mon reflet si tu me divulgues le tien, accorda la jeune fille, malicieusement.

- Ce n'est pas équitable, ça me fera deux promesses contre une seule de ta part, répliqua-t-il. En plus, je ne suis pas sûr de pouvoir faire confiance à une fille de moldus, ajouta-t-il d'un air narquois.

- Ah oui ? Et pourquoi cela ?

- Les moldus ont la langue encore plus fourchue qu'un Fourchelangue, railla le grand garçon blond.

Vexée, mais ne souhaitant pas le montrer, Hermione renifla avec dédain avant de lancer :

- En échange, je répondrai aussi à une de tes questions, et le plus sincèrement du monde !

- Je ne te fais pas confiance, Granger..., chuchota-t-il, méfiant.

- Je le ferai, promit-elle, sans comprendre pourquoi elle entrait dans un tel jeu avec le Serpentard.

Drago afficha alors un sourire carnassier, les mains posées derrière sa nuque, adossé contre le dossier, les jambes écartées. Hermione songea aussitôt à la posture d'un roi, face à ses sous-fifres, un rôle qui irait parfaitement au garçon.

- Très bien petite Gryffondor, je vais te dire ce que j'ai vu dans le miroir..., dit-il lentement.

« Je t'ai vu toi », pensa-t-il aussitôt.

- J'ai pu y découvrir la femme qu'il me faut, celle dont j'ai besoin, et celle qui sera très bientôt à moi, révéla le garçon sans même ciller.

Ce qui ne fût pas le cas d'Hermione, qui pouvait presque sentir sa mâchoire se décoller pour s'écraser au sol, tant sa surprise était grande. Drago Malefoy amoureux ? Impossible ! Mais pourquoi irait-il inventé un tel mensonge ? L'étudiante en resta pantoise.

- Tu es amoureux ? demanda-t-elle éberluée. Toi ? Amoureux ?

- Je n'ai pas dit cela. J'y ai vu ma femme, c'est tout.

- Ta femme ? Ton épouse ? La mère de tes enfants ? Femme - femme ?

- Je pense que j'en ai assez dit, à tout tour petite Granger, tonna-t-il d'une voix forte, cherchant vainement à dissimuler sa gêne.

« Merde... Si juste en lui révélant ça je me sens mal, comment vais-je faire par la suite ? », songea-t-il, effondré.

- Et bien je me suis vue un peu plus vieille, dans un grand jardin, avec une belle maison, et plusieurs enfants s'amusaient à mes côtés, énonça-t-elle rapidement, sans même reprendre son souffle.

- Et pas de mari ?

- Non... Pas de mari, je suis peut-être faite pour vivre seule, admit-elle en riant.

- Même pas de Weasmoche ? se moqua-t-il, alors qu'en réalité, tous ses muscles se crispèrent en attendant la réponse de la jeune fille.

- Non, pas de Ron..., murmura-t-elle en empoignant brutalement son collier.

Drago sentit alors son estomac se contracter et son cœur se serrer. Son désir n'était pas d'être avec ce connard de Weasley, mais pourquoi s'agrippait-elle à ce putain de collier ? Il ressentait l'envie irrésistible de se jeter sur elle, d'envoyer ce foutu pendentif voler par la fenêtre, et de lui faire tant de choses, à la fois délicieuses et brutales, qu'il deviendrait automatiquement l'homme manquant au reflet de la Gryffondor. Mais il ne fit rien, sachant pertinemment que s'il tentait quoique ce soit aujourd'hui, elle le repousserait, à moins, bien entendu, que tous deux soient plongés dans le noir le plus total, ce qui avait peu de chance de se produire...

- Et bien, une promesse est une promesse. Quelle est ta question ?

Drago la regarda droit dans les yeux, savourant le regard farouche et fier de la fille, glisser le long de son corps, imaginant que ses yeux étaient ses douces et délicates mains, ces dernières se mouvant en d'onctueuses caresses. C'est alors qu'il songea à la question qu'il devait à présent lui poser. Une seule question lui vint à l'esprit instinctivement :

« Veux-tu poursuivre ce que nous avons commencé hier ? Alors que ta bouche était collée à la mienne et que tes hanches dansaient au rythme des miennes ? »

Cependant, ce n'est pas ce qu'il demanda, et c'est une question stupide qui s'échappa de ses lèvres.

- Penses-tu vraiment qu'apprendre encore et encore, fera de toi, une véritable sorcière ? Au même titre que tes potes Weasley et Potter ?

A peine avait-il prononcé ces mots qu'il les regretta. Et lorsqu'il rencontra le regard déçu de la jeune fille, dont le visage avait désormais perdu toute trace de sourire, son regret et son amertume s'intensifièrent encore davantage. A présent il se sentait complètement bête, nul, idiot, un naze dans toute sa splendeur. Il voulait lui dire tant de choses, lui avouer que c'était elle, la femme qu'il désirait, qu'il ne voulait plus qu'elle aille dans les bras d'un autre homme, et qu'il souhaitait par-dessus tout faire de ce compartiment une pièce dont elle n'oublierait jamais l'existence... Il en était pourtant bien incapable. Et une fois de plus, sa bêtise et sa connerie avaient pris le dessus.

- Je ne sais pas si je serai un jour aussi courageuse qu'Harry ou aussi généreuse que Ron, dit-elle froidement en se relevant tout en dardant un regard assassin sur son interlocuteur. Il n'en reste pas moins, que je serai toujours plus humaine que toi ! ajouta-t-elle fermement avant de s'en aller et de claquer la porte du compartiment derrière elle.

- Merde... Merde... Merde...

Les coudes posés sur ses genoux, les dos courbé et les mains dans ses cheveux, Drago jura une bonne centaine de fois avant de se calmer. Il se dit alors qu'il allait être difficile, voire impossible, de se montrer totalement calme, serein et aimable avec la jeune fille. Il ressentait le besoin de l'avoir pour lui seul, certes, mais le besoin de la rabrouer et de l'énerver était tout aussi vivace. Il décida alors qu'il n'allait pas changer pour Hermione Granger, tout en sachant pertinemment que la jeune fille n'était pas non plus du genre à modifier son comportement pour un homme, et surtout pas pour lui.

« Soit... Qu'elle reste comme elle est, je ferai de même... Elle sera à moi, même si pour cela je dois user de la force. Je ne suis pas tendre et ne le serai jamais. A partir de maintenant, je le fais à ma manière... », pensa-t-il rageusement.

- Pauvre petite lionne, tu ne le sais pas encore, mais tu viens t'attiser l'appétit d'un serpent, ce qui est très dangereux..., murmura-t-il en souriant.


Hermione traversa le train d'un pas vif, ignorant les cris, les rires et les disputes des étudiants qui l'entourait. Elle regrettait amèrement d'avoir confié un tel secret à Malefoy, encore une fois, elle s'était fourvoyée. Ce n'était qu'un stupide et égocentrique gamin, malgré son imposante carrure et son regard à la fois troublant et brûlant. La Gryffondor se jura qu'à l'avenir, jamais plus elle ne se laisserait prendre à son jeu, elle était après tout une femme intelligente. Alors qu'elle poursuivait sa marche, une main l'agrippa, ce qui électrisa le corps tout entier de la femme brune. Celle-ci se retourna vivement et découvrit, une fois de plus, Liam, qui la fixait de son même regard impénétrable.

- Tu as fait tomber ta baguette, expliqua-t-il avant de relâcher sa prise et de lui tendre l'objet. J'avais beau crier ton nom, tu ne semblais pas m'entendre.

- Oui, je suis désolée, j'étais perdue dans mes pensées, marmonna-t-elle en rangeant sa baguette, le corps parcouru d'étranges frissons.

Liam se détourna sans un mot quand Hermione s'écria :

- Merci !

Le grand garçon brun haussa les épaules et s'en alla, laissant une Hermione complètement interloquée. Le choc qu'elle avait ressenti lorsqu'il lui avait pris la main semblait être identique à la sensation qu'elle avait ressentie la nuit du bal, alors que le garçon inconnu s'était emparé de son corps. Était-il possible que Liam et le mystérieux jeune homme soient une seule et même personne ?

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Un chapitre un peu transitoire, à partir de maintenant commence la cohabitation entre notre serpent et notre lionne, et il y aura pas mal de rebondissements ;)

Merci beaucoup pour celles qui me laissent des reviews, au plaisir d'en lire de nouvelles =)