Il aurait été facile de confondre Hermione avec une statue de marbre. Tout comme cette dernière, la Gryffondor restait stoïque, le visage fermé à toutes expressions diverses, le regard perdu au loin et ignorant le boucan produit par les étudiants de Poudlard. Tous les élèves s'activaient sur le quai de la gare, impatients de passer deux semaines avec leur binôme, tous frémissaient d'anticipation ou de crainte, mais ressentaient tout de même une once de curiosité. Tous sauf Hermione. Puisqu'elle connaissait exactement sa destination pour la semaine à venir, le sombre et effrayant manoir des Malefoy. Jamais elle ne pourrait oublier ses murs ternes, ses lustres effroyables et son aura terrifiante. Et surtout, jamais elle n'oublierait que c'est dans cette maison qu'elle fut torturée, et que c'est dans cette demeure que Dobby reçut le coup de poignard qui lui ôta la vie. Non, vraiment, bouger et se déplacer pour chercher Drago était au-dessus de ses forces.
- Granger ! Willes nous attends, suis-moi ! tonna une voix forte derrière elle
Dépitée, la jeune fille traîna ses lourds bagages derrière elle et suivit d'un pas lent le garçon blond, ce dernier marchait d'un pas vif, visiblement heureux de retourner chez lui pour une partie des vacances.
« Allez courage Hermione ! La semaine va passer vite, surtout avec la mission à accomplir et les recherches à faire sur le Mangemort ! Et sans même t'en rendre compte, les 7 jours seront passés et hop ! A la maison ! », s'encouragea-t-elle mentalement.
Revigorée par cette petite remontrance personnelle, Hermione s'activa davantage et rejoignit Drago au pas de course, qui s'arrêta devant une grande et somptueuse Berline noire. Un homme plus ou moins âgé, environ la soixantaine, s'en extirpa avec grâce pour porter les valises jusqu'au coffre, puis ouvrit la portière arrière en prononçant quelques mots d'un air contrit et en accomplissant une légère révérence.
- Si Monsieur veut bien prendre place.
Sans un mot ou même un remerciement, le Serpentard prit place dans la voiture. Hébétée, et ne sachant comment réagir, Hermione resta plantée au même endroit, quand le majordome répéta sa phrase en s'adressant cette fois-ci à elle. Quelque peu intimidée par la prestance du vieil homme, mais aussi révoltée par sa condition, elle hésita un moment quand elle entendit Drago crier.
- Bordel Granger ! Bouge un peu tes fesses, je ne compte pas moisir ici durant des lustres !
- La politesse, tu connais ? rétorqua-t-elle méchamment.
Quand finalement, elle se décida à pénétrer dans la voiture, qui, comme elle le pensait, avait été trafiquée. Alors que d'un point de vue extérieur, la voiture semblait parfaitement normale, à l'intérieur, tout était différent. A vrai dire, Hermione avait l'impression d'être dans une immense limousine, qui roulait à une vitesse folle, le paysage sous ses yeux défilant trop rapidement. Oui, il n'y avait pas de doute, cet engin était 100% magique, ce qui ne l'étonnait guère, étant donné que cette voiture appartenait à la maison Malefoy.
Drago semblait, par ailleurs, tout à fait à son aise. Il s'allongea sur une des larges banquettes, faite entièrement de cuir, déboutonna les premiers boutons de sa chemise et se passa nonchalamment la main dans ses cheveux couleur or.
- Je te conseille de te mettre à l'aise Granger. Parce que même à cette vitesse, le trajet risque d'être long, dit-il dans un souffle rauque.
- Pourquoi ne pas y aller en transplanant ? demanda-t-elle, étonnée.
- Parce que ma mère et moi-même avons ensorcelé notre terrain, empêchant quiconque de tranplaner chez nous, répondit-il en fermant les yeux.
- Pourtant le Mangemort a réussi à pénétrer dans ta chambre.
- Un point qu'il faudra éclaircir…, dit-il en baillant ostensiblement.
Cette phrase marqua la fin de la conversation, Drago se couvrit les yeux de son avant-bras et Hermione observa le décor défiler à toute vitesse. La voiture semblait rouler indéfiniment, et lorsque la jeune fille vit le soleil laisser doucement sa place à la lune, elle comprit que le trajet avait duré de longues heures. Pourtant, dans ses souvenirs, le manoir des Malefoy ne se trouvait pas si loin de Londres, ou peut-être que le fait de transplaner de lieu en lieu lui avait parasité le cerveau ? Le fait est que ce voyage ne paraissait pas vouloir se terminer. Lasse de regarder par la vitre, la Gryffondor posa son regard sur son camarade de classe, pensant qu'il s'était profondément endormi, quand elle sursauta légèrement. Le garçon ne dormait pas, bien qu'il soit toujours allongé sur le dos. Son visage était posé de côté et ses yeux incandescents la fixaient, un léger sourire sardonique peint sur les lèvres, ce qui la fit frissonner.
Bien que la voiture soit spacieuse, se retrouver dans un endroit clos avec le Serpentard mettait la femme brune réellement mal à l'aise, un sentiment qui ne s'améliorait pas lorsque le garçon décidait de ne pas la lâcher des yeux. Allongé ainsi, sa veste jetée sur le sol de la voiture, sa chemise légèrement ouverte et sortie du pantalon, les cuisses écartées dont une jambe relevée et ses mèches tombant follement sur son visage, il semblait respirer l'érotisme et la délectation. Ce qui déplut fortement à Hermione, celle-ci ne comprenant pas pourquoi elle décelait un tel sentiment de puissance et de sensualité chez Drago Malefoy… Drago Malefoy quoi !
« Peut-être que je suis plus réceptive parce que j'ai fait l'amour avec Ron, comme de nouvelles portes qui s'ouvriraient, me laissant découvrir une nouvelle pièce dans la maison compliquée qu'est mon cerveau… », pensa-t-elle.
Quand son regard croisa à nouveau celui du garçon, la jeune fille se renfrogna, honteuse et contrariée d'avoir de telles pensées. Elle se dit alors, que si c'était pour trouver le Serpentard charismatique, elle aurait préféré que ces portes restent fermées à tout jamais. Afin d'attirer l'attention du jeune homme ailleurs que sur elle, elle prit son petit sac en bandoulière et fureta au hasard dedans, espérant ainsi fuir le regard pesant de son binôme. Au bout de quelques minutes, elle releva la tête et s'aperçut que l'étudiant continuait de la dévisager sans vergogne, la main droite caressant son ventre sous sa chemise. Elle allait lui demander de stopper net ce petit jeu quand la voiture s'arrêta enfin. La portière s'ouvrit et Drago s'échappa de la Berline avec souplesse et agilité, les mains dans les poches, alors qu'Hermione en sortit péniblement, prenant garde de baisser sa jupe pour ne pas dévoiler ses jambes.
Une fois dehors, l'air frais de la nuit la fit trembler, quand elle s'arrêta, muette de stupeur. Elle qui pensait se retrouver devant l'immense et imposant manoir des Malefoy, était face à une maison, certes très belle et très grande, mais totalement blanche, à l'ambiance moins gothique, plus douce et davantage actuelle. Un merveilleux jardin entourait la demeure, elle pouvait déjà imaginer les pousses se transformer en de délicieux fruits et légumes une fois le printemps venu. Hermione se dit alors, que pendant les beaux jours, le décor devait être magnifique et gai, ce qui ne correspondait pas à l'image que renvoyait Drago et sa mère. Elle suivit néanmoins le garçon blond sur le palier de la porte, quand il fit volte-face brusquement.
- Je vais entrer et toi, tu vas rester ici un moment. Je vais lui dire que tu es là, murmura-t-il.
- Elle ne sait pas que je viens ? s'écria Hermione, interdite.
- Elle est au courant qu'un camarade de classe à moi doit passer une semaine ici, mais elle ne sait pas que c'est toi.
- Et j'imagine qu'elle se souvient de moi, c'est ça ? s'enquit-elle, soucieuse.
- Elle se souvient parfaitement bien de toi, conclut-il d'un ton cassant.
Sur ces mots, il entra dans la maison et ferma la porte derrière lui. La Gryffondor patienta de longues minutes quand la porte se rouvrit. La jeune fille allait se plaindre du fait d'être restée aussi longtemps dehors et dans le froid, quand elle se retrouva face à Narcissa Malefoy. Quoiqu'elle n'en fût pas totalement certaine, tant la mère de Drago avait changé en l'espèce de quelques mois. Ses longs cheveux blonds qu'elle avait toujours porté en chignon tombaient sauvagement sur ses épaules, son visage était vierge de tout maquillage et son regard n'était plus aussi acéré que celui d'un serpent, mais plus lointain, et quelque peu égaré. Hermione allait la saluer, le plus poliment du monde, quand Narcissa prit la parole d'une voix grave.
- Entrez jeune fille, entrez jeune Gryffondor, cette demeure sera la vôtre une semaine durant. Mais sachez une chose, une fois dedans, vous ne pourrez plus revenir en arrière. Entrez fille de moldus, abandonnez vos convictions les plus profondes, et affrontez l'inavouable.
Abasourdie face à ce discours, Hermione remercia timidement la maîtresse de maison, songeant en son for intérieur que la pauvre femme était devenue complètement folle suite au décès de son époux, puis pénétra dans la grande bâtisse. Alors que la lourde poste se refermait derrière elle, Hermione était encore loin d'imaginer que Narcissa Malefoy avait dit vrai.
L'intérieur de la maison était aussi simple et joli que l'extérieur. Très peu de bibelots ou de peintures étaient présents, cependant, elle put néanmoins apercevoir de nombreux portraits de Lucius Malefoy, ce qui déstabilisa la jeune fille, peu encline à devoir supporter le visage du Mangemort pendant 7 longs jours. Elle déambula dans le hall quand Drago réapparut, un sandwich à la main.
- T'as faim ? demanda-t-il abruptement.
- Pourquoi ? Ce sandwich est pour moi ? s'étonna-t-elle, suspicieuse.
En guise de réponse, le jeune homme blond mordit férocement dedans, lui faisait ainsi comprendre que ce met, de tout évidence succulent, n'était pas pour elle.
- Alors ? T'as faim ? répéta le garçon.
- Non, pas du tout, mentit la jeune femme, dont l'estomac criait famine depuis plusieurs heures déjà.
- Parfait ! Je vais te montrer ta chambre et… J'espère ne pas te voir jusqu'au petit matin !
- Ce sera le cas ! promit-elle, agacée.
Le Serpentard se posta devant elle, se retourna et monta lentement l'escalier, où seul le bruit de sa mastication résonnait à ses oreilles. Ils passèrent devant plusieurs portes puis il s'arrêta devant l'une d'elle et l'ouvrit. Intriguée et inquiète à la fois, Hermione s'avança lentement et observa la chambre en question. Adorable. C'était le premier mot qui lui était venu à l'esprit quand elle pénétra dans la pièce, où il y régnait une atmosphère paisible et tranquille. Cette chambre était pourtant très simple, quelqu'un d'autre aurait pu la juger vide et terne, mais pas aux yeux d'Hermione, qui appréciait sans conteste cette pureté et l'absence d'artifices.
- Alors quoi ? Etonnée ?
La Gryffondor se retourna et vit que Drago s'était adossé contre la porte, les bras et les jambes croisées, se contentant de la contempler paisiblement, ce qui, pour une fois, n'affecta pas la jeune fille.
- J'avoue que je ne m'attendais pas à ça…, chuchota-t-elle.
- J'avais bien proposé la cave, mais les rats ont refusé de la partager avec une sang de bourbe, railla-t-il.
- Qu'ils sont intelligents ces rats ! s'exclama-t-elle en riant, indifférente à l'insulte proférée à son encontre.
- Tout comme toi, lança-t-il, comme soulagé d'avoir fait rire son interlocutrice.
- Serait-ce un compliment ? demanda-t-elle, déroutée.
- Une simple constatation, répondit-il laconiquement.
La femme brune haussa les épaules et se détourna de lui, pour se rendre compte que ses valises avaient été déposées sur le lit. Elle allait sortir et ranger ses affaires quand Drago s'allongea sur la couche, les mains croisées derrière la tête, affichant un sourire carnassier.
- Tu avais autre chose à me dire peut-être ? demanda-t-elle d'un ton cinglant.
- Il y a de nombreuses pièces dans cette baraque, sais-tu pourquoi j'ai choisi spécialement cette chambre pour toi ?
- Pourquoi ?
Il se releva alors prestement et gagna la porte. Il allait la refermer derrière lui quand il donna sa réponse.
- Parce qu'elle est collée à le mienne…
Après cette menace à demi-mots, la porte se referma, laissant une Hermione seule et pantoise. Même si elle ne craignait pas Malefoy, l'idée de savoir qu'elle dormait dans sa maison, et juste à côté de sa chambre, ne la rassurait pas du tout. Elle entreprit toutefois de ranger ses vêtements et autres objets dans l'armoire complètement vide présente dans la chambre, quand, au bout de quelques heures, la faim se décupla. Ne souhaitant pas imposer sa présence à Drago et sa mère, et surtout, ne désirant pas du tout rester trop longtemps dans la même pièce qu'eux, Hermione préféra s'asseoir sur le lit et lire un peu, histoire d'oublier les rugissements que poussait son estomac. Le réveil offert par Ron sonna 23h, l'heure à laquelle la jeune fille ne tint plus, ce qui la poussa à sortir furtivement de la chambre pour dénicher un petit quelque chose à manger.
A pas légers, elle descendit les marches de l'escalier puis se retrouva dans le hall. Ne sachant où se rendre, la jeune fille fit travailler sa mémoire et se souvint que Drago était sorti, un sandwich à la main, de la pièce située au bout du couloir à droite. Certaine de suivre le bon chemin, la lionne continua sa traque silencieuse, quand, enfin, elle tomba sur la cuisine.
Sans même s'émerveiller de la pièce vaste qu'elle représentait, Hermione se rua sur les placards et trouva quelques biscuits, des chips par-ci par-là et oh… Miracle ! Un reste de gratin de pommes de terre et champignons. Au comble du bonheur, la jeune fille mis le tout dans une assiette et s'apprêta à regagner sa chambre sans un bruit, pour y déguster tranquillement les mets dénichés, quand elle entendit une voix grave provenir du salon.
- Maman, je reviendrai vivre avec toi dès que mon année scolaire sera finie, ne t'en fais pas, disait la voix de Drago.
- Et si l'homme revenait un jour ? demanda-t-elle d'une voix apeurée.
- Je te protégerai, mieux que Père ne l'a fait, affirma-t-il.
Hermione en restait bouche bée. Jamais elle n'aurait pensé entendre un tel ton doux et aimant sortir de la bouche de Drago, tout comme elle avait toujours pensé que le garçon appelait sa mère « Mère » et non « Maman ». Ce dernier nom attribuait une dimension touchante à la relation Mère-Fils, même si c'était une famille issue de la condition Mangemort. Curieuse, elle s'approcha du salon, dont la porte était entrebâillée, et ce qu'elle découvrit la surprit au point qu'elle faillit faire glisser l'assiette de ses mains. Dans la pénombre de la pièce, Narcissa Malefoy était assise dans un fauteuil et caressait les cheveux, à présent emmêlés, de son fils, celui-ci était agenouillé devant elle et avait posé sa tête sur les genoux de sa mère. Le cœur de la jeune fille se serra à cette vision, tant ce qu'elle observait était émouvant et poignant. Une mère et son fils, à présent seuls, sans famille ni amis, ne vivant que pour l'autre. C'est à ce moment précis qu'Hermione réalisa que la guerre avait aussi touché les Malefoy, puisque eux aussi avaient perdu un être cher et semblaient vivre dans le deuil ainsi que la tristesse.
- Es-tu heureux mon enfant ?
- Je le suis.
- Pourquoi es-tu heureux ?
- Parce que je suis avec toi.
- Etre avec moi te suffit ?
- Bien sur maman.
Cet échange sembla durer une éternité, de toute évidence, Drago était habitué aux questions de sa mère, cette dernière souhaitait être rassurée, et seul son fils pouvait l'apaiser. Les questions-réponses continuèrent à s'enchaîner, quand Narcissa brisa le cercle en inversant les rôles.
- Je pense que tu n'es pas heureux mon fils, admit-elle dans un souffle.
- Pourquoi penses-tu cela ? s'enquit-il, visiblement peu soucieux de la réponse, savourant uniquement les caresses dans ses cheveux.
- Tu es tellement seul…
- Tu es là.
- Je ne serai pas toujours là !
- Tu le seras, insista le garçon, quand il ouvrit brusquement les yeux, et fixa la Gryffondor indiscrète.
Certaine d'avoir été prise en flagrant délit de voyeurisme, Hermione se précipita, le plus silencieusement du monde, dans sa chambre. Une fois la porte fermée derrière elle, elle prit place par terre, au pied de son lit, et dégusta la nourriture volée, priant en son for intérieur, que Drago ne l'ait pas réellement vu, après tout, elle était restée cachée dans le noir le plus total. Néanmoins, elle comprit que ses prières n'avaient eu aucun d'effet quand le Serpentard entra en trombe dans la chambre, manifestement très en colère. Une colère qui retomba rapidement quand il aperçut la fille brune, assise à même le sol, en train de savourer un repas improvisé.
- Mais putain Granger, qu'est-ce que tu fous ? interrogea-t-il, oscillant entre l'irritation et la stupeur.
- Je mange, marmonna-t-elle, honteuse d'être prise sur le fait accompli par Malefoy.
- Je savais que les moldus étaient stupides, mais de là à manger par terre quand il y a des tables et des chaises…, se moqua-t-il.
- Je ne voulais pas te croiser, alors je me suis préparée quelque chose à la va vite, grogna-t-elle.
- Et tu en as profité pour faire un crochet du côté du salon, rétorqua le garçon, exaspéré.
Hermione se releva et fit face au garçon, le plus sérieusement possible, bien qu'elle se sentait horriblement idiote, debout devant lui, arborant une expression sérieuse, alors qu'elle portait un pyjama avec des têtes de hiboux, un cadeau de Madame Weasley.
- Sache, que je ne voulais pas du tout me montrer indiscrète, et je regrette d'avoir interrompu votre moment de complicité, énonça-t-elle sincèrement.
- Et tu penses que je vais te croire ? riposta le grand garçon, méfiant.
- Je ne te demande pas de me croire, souffla-t-elle en adoucissant son regard. Mais je tiens à te dire que ce que j'ai vu ce soir m'a vraiment ému et je peux te promettre que je ne raconterai cela à personne, pas même à Harry et Ron.
- Granger… Tu me rends complètement fou…, murmura-t-il lentement.
En entendant ces simples mots, tout le corps de la lionne se réchauffa subitement, comme si on venait de la déposer dans un bain bouillant. Pourtant les termes utilisés par le Serpentard ne souffraient d'aucune équivoque. Elle le rendait fou de colère, de rage, rien d'autre, c'était logique. Mais la façon dont il avait prononcé ces mots avaient donné un tout autre sens à la phrase, bien qu'elle ne réussisse pas à en saisir pleinement la nuance.
- Le fait est que je ne peux pas te faire confiance, continua-t-il en s'approchant d'elle.
- Tu le peux, articula-t-elle péniblement.
- Ah oui ? Je pense qu'il est temps de poursuivre notre petit jeu entamé dans le train, tu sais quelque chose sur moi d'indiscret, cela doit être réciproque, chuchota le grand garçon en s'approchant encore davantage.
- Je ne marche pas… Je… Non, je n'ai rien à te dire, bredouilla la lionne en reculant.
Le jeune homme se mis à rire, d'un rire qu'elle jugea horriblement perfide et sensuel.
- Donnant-donnant petite Gryffondor, à moins que tu ne tiennes pas ta parole, persifla-t-il.
- Très bien ! Allez ! Pose-moi donc cette question ! De toute façon elle ne volera pas plus haut que celle posée cette après-midi ! s'écria-t-elle fermement.
A présent, le jeune homme dominait l'étudiante de toute sa hauteur, la fixant d'un regard brûlant et affichant un sourire qui s'étirait presque jusqu'aux oreilles.
- Me détestes-tu ?
Abasourdie par une telle question, Hermione se demanda si elle devait réellement y répondre, tant la réponse semblait évidence. Mais lorsqu'elle capta le regard attentif du garçon, elle se dit que la réponse n'était peut-être pas si évidente que ça.
- Mais bien sûr ! Je te déteste, tu me détestes, la vie et ainsi faite.
- As-tu envie de me tuer quand tu me vois ? poursuivit-il sans broncher.
- Quand tu m'agaces vraiment, oui…
- Donc me voir mort ? M'ôter la vie ? insista le garçon.
- Je… Non… Pas forcément… bégaya la jeune fille.
- Donc me tuer sans me voir mourir, c'est ça ? coupa-t-il.
- Mais ça suffit avec tes questions ! Mort ou pas mort, tu es Drago Malefoy et moi Hermione Granger ! Ca répond à ta question je pense ! s'énerva-t-elle.
Elle allait lui demander de sortir immédiatement de sa chambre quand le garçon la souleva dans les airs et la plaqua contre le mur en s'esclaffant.
- Mais tu es fou ! Repose-moi par terre ! Tout de suite ! ordonna-t-elle sèchement, bien que prise au dépourvu.
- Je vais t'héberger une semaine, il est normal que je sache si je risque ma vie en dormant dans la même maison que toi, répondit-il en continuant à rire.
- Nous dormons dans le même dortoir depuis des mois, je ne vois pas pourquoi tu es tellement craintif ce soir, rouspéta la jeune fille en brassant de l'air avec ses pieds.
Subitement, le grand garçon colla son corps à celui de la jeune fille, continuant à rire de plus belle.
- Mais pourquoi est-ce que tu rigoles ? Tu deviens de plus en plus timbré ! Lâche-moi maintenant, ou sinon tu vas vraiment…
- Ou sinon je vais quoi ? rétorqua-t-il en recouvrant soudainement son sérieux, le visage à 5 cm de celui d'Hermione.
- Ou sinon tu vas vraiment le regretter, murmura-t-elle, la voix légèrement trop aiguë.
De toute évidence peu effrayé, le garçon plongea son nez dans les cheveux bruns de la femme et accentua la pression de son bassin contre le sien. Hermione, perdue face à un comportement qu'elle ne comprenait pas, tenta de le repousser, sans succès.
- J'en ai tellement envie…, gémit-il en humant son parfum.
- De quoi ? De me balancer par la fenêtre ? grinça la Gryffondor, luttant contre les frissons qui parcouraient son échine.
- Non... Plus… Plus brutal…, haleta le garçon, en comprimant les seins de la femme contre son torse.
En l'entendant parler ainsi, Hermione remercia le ciel d'être maintenu par les puissants bras de Malefoy, sans cela, elle aurait certainement perdue l'équilibre. Elle détestait ressentir une telle émotion, une sorte d'attente, comme un besoin purement physique. Elle se haïssait de ne pas avoir éprouvé tout ça alors qu'elle était avec Ron, et pire que tout, elle redoutait réellement que ses nouvelles sensations ne fasse d'elle une fille aussi stupide que les autres minaudant et se dandinant à tout va. Puis il la relâcha brusquement et s'éloigna de quelques pas. Hermione eu alors la satisfaction de ne pas tomber et de se tenir complètement droite, alors qu'elle lançait au Serpentard un regard meurtrier.
- Tu es vraiment tordu comme garçon, lâcha-t-elle méchamment. Pourquoi te coller à moi alors que je te dégoûte ?
- C'est ton pyjama à tête de chouettes, impossible de résister, railla-t-il.
- Pour commencer, ce sont des hiboux ! Et ensuite, tu ne réponds pas à ma question !
- Et toi ? Pourquoi avoir dormi dans mon lit alors que d'autres auraient partagé le leur avec toi ? riposta le garçon, les muscles crispés.
- Mais par Merlin ! Pourquoi me parles-tu de ça maintenant ? Quel est le rapport avec notre conversation ? s'écria la jeune fille, abasourdie.
- Quel rapport ? Mais tout ! Tout est aussi parti de là !
- Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu es agaçante ! Merde ! Parce que même avec cette horrible tenue que tu portes, tu es affreusement agaçante ! Quand je te voie, quand je t'entends, tout ça m'agace et tu ne t'en rends même pas compte ! Les moldus sont-ils donc tous aveugles ? s'emporta Drago.
Hermione le regarda avec des yeux ronds, toute trace de colère s'était évanouie. Agaçante ? Bien sûr qu'elle s'en était rendue compte, qu'elle l'insupportait depuis des années et qu'il ne s'était jamais privé de lui en faire part. Aurait-il perdu la raison, au même titre que sa mère ?
- Je ne comprends plus rien, tu es trop… étrange, soupira-t-elle en se passant la main dans les cheveux. J'aimerais finir mon fugace repas, prendre une petite douche et me coucher.
Drago semblait tout aussi épuisé qu'elle, ce dernier ne cessait de se passer les mains sur le visage, les jambes arquées, comme s'il était subitement pris d'une crise de doute.
- Bordel, ce n'est pas facile…, bougonna-t-il.
- Ecoute Malefoy, ce n'est pas parce que nous allons passer 2 semaines ensemble que nous sommes obligés de nous supporter.
Drago fit glisser ses mains une dernière fois le long de son visage et scruta son interlocutrice, comme indécis.
- Je vais dormir dans ma chambre cette nuit, dit-il, davantage pour lui-même.
- Oui… C'est bien… Merci pour l'information, répondit Hermione, interloquée.
D'un pas hésitant, il regagna la porte puis se retourna une dernière fois.
- Tu peux manger dans la cuisine, sans forcément manger avec nous, compris ?
- Compris !
- Et franchement, essaies d'arrêter de faire ça, marmonna le garçon, le visage partiellement caché par la porte qu'il ouvrait.
- Faire quoi ? s'enquit-elle.
- M'agacer ! répondit-il du tac au tac.
- Je promets d'essayer si tu fais un effort de côté aussi.
- Je… t'agace… Vraiment ? releva le jeune Serpentard.
- Quelle question ! Tu me rends folle ! Des fois je voudrais… Raaah ! Tu es Drago Malefoy et en plus tu es un Serpentard ! Alors oui, tu es atrocement agaçant !
Drago l'examina une dernière fois et sourit paisiblement.
- Si seulement…, murmura-t-il avant de refermer la porte derrière lui.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Alors ? Ce chapitre ? Vos impressions ? Cette fois-ci chapitre uniquement du point de vue d'Hermione, pour montrer que d'un regard externe, le comportement de Drago est bizarre et paradoxal !
Petite question... D'après vous, quel est le sens du mot "agaçant" pour Drago ? :p
Petit bonus, le titre du prochain chapitre (en rapport avec Star Wars en plus, et oui, je suis l'actualité haha) : "Dark Vador tu seras" ! Merci infiniment pour vos reviews, gros gros bisous :D
