Allongé dans son lit, Drago se remémorait la journée de la veille, et tout particulièrement la soirée. Il avait apprécié rester des heures à la regarder, alors que la voiture filait à toute vitesse à travers le pays. Il avait savouré son air guindé et ses gestes incertains, et plus que tout, il avait adoré la prendre dans ses bras après qu'elle lui ait dit qu'elle était touchée de ce qu'elle avait vu. Quoique ce souvenir n'était pas totalement plaisant, puisque le fier Serpentard n'aimait pas le fait de savoir que la Gryffondor l'avait aperçu à ce point faible voire même mielleux. Cette femme... Avec son horrible pyjama pour enfants de 5 ans, en train de manger à même le sol, comme une gamine ayant accompli une bêtise. Il avait été extrêmement étonné de la découvrir comme ça, et réellement excité, ce qui l'intriguait complètement. Après tout elle n'avait rien d'une gravure de mode, surtout pas hier, mais être dans cette petite chambre avec elle, lui parler dans cette semi-pénombre et savoir que personne n'allait les déranger en entrant dans la pièce, avaient attisé l'appétit du garçon.

Drago se releva et s'étira tout en regardant l'heure, 11h, il était temps qu'il se lève une fois pour toute et qu'il remette à plus tard, ses rêveries sur la lionne. Peut-être était-elle-même déjà réveillée ?

D'un bond, il sauta dans la douche, se lava rapidement sans même se sécher les cheveux, enfila un de ses traditionnels costumes noirs, parce que oui, même à la maison, Drago Malefoy ne pouvait se permettre d'être négligé, et descendit les escaliers en trombe, pressé de passer la journée seul à seul avec sa femme.

« Cette femme, la femme, pas ma femme... Ne commence pas tes conneries dès le matin... », pensa-t-il aussitôt.

Il se précipita néanmoins dans la cuisine et découvrit avec plaisir, l'étudiante assise à la table, en train de tremper des tartines de confitures dans son bol de lait. Drago s'arrêta net pour la contempler, savourant chacune de ses mèches rebelles difficilement maintenues par un ruban, chaque mouvement de ses lèvres alors qu'elle mâchait sa nourriture, tout en s'imaginant revivre cette même scène tous les matins jusqu'à sa mort. Il se réveillerait, elle serait dans la cuisine en train de préparer le petit-déjeuner, il s'approcherait d'elle silencieusement et la prendrait dans ses bras, malgré ses faibles révoltes et autres remontrances. Plaqué contre le dos de sa femme, il laisserait glisser sa main le long de jambe puis remonterait sous sa jupe tout en collant ses fesses contre son membre excité pour ensuite...

- Mon chéri tu es enfin debout ! Viens t'assoir, je parlais à ta camarade ! Je lui expliquais pourquoi les moldus sont inférieurs à nous, en toute objectivité bien sûr ! s'écria sa mère, assise à l'autre bout de la table, une tasse de thé entre les mains.

Subjugué par la fraicheur matinale d'Hermione, il n'avait même pas remarqué que sa mère était présente dans la cuisine. A présent il comprenait mieux pourquoi la jeune fille semblait à ce point épuisée et blasée, échanger avec sa mère n'était pas chose aisée. A pas lents, il s'avança vers sa mère et déposa un léger et furtif baiser sur ses cheveux, pour posa son regard sur l'étudiante. Cette dernière l'observait, un léger sourire peint sur les lèvres, puis glissa son regard sur son bol. Ce sourire, Drago l'adorait à présent, à tel point qu'il aurait volontiers serré sa mère dans ses bras juste pour revoir ce sourire apparaitre à nouveau chez la jeune femme. Mais il n'en fit rien, ne souhaitant pas déstabiliser sa mère avec un comportement inhabituel.

- Je n'ai pas faim ce matin maman, je vais me servir du thé, lui murmura-t-il à l'oreille.

- Ce n'est pas moi qui l'ai fait, mais ta camarade, tu sais, la fille appartenant une famille de moldus, dit-elle d'une voix forte en désignant Hermione du doigt. Il est étonnamment bon, je ne savais pas que les moldus étaient en mesure de comprendre les subtilités des feuilles du thé, ajouta-t-elle, étonnée.

- N'étant pas une moldue mais une sorcière..., commença Hermione d'une voix douce.

- Jeune fille, sachez bien que je m'en doute, tout comme je ne doute pas du fait que Poudlard est une école dont le professeur Dumbledore est le directeur. A moins que ce ne soit Severus... Mon fils ? Severus se porte-il bien ? s'enquit-elle précipitamment.

A ces mots, Drago sentit son cœur se serrer. A présent, il était habitué aux crises de sa mère, mais aujourd'hui il ne supportait pas que sa faiblesse soit ainsi révélée aux yeux de la Gryffondor. Il se borna néanmoins à répondre d'une voix tranquille.

- Le professeur Rogue va très bien, il te passe le bonjour.

- Ah... Severus... Un fidèle ami ! Je suis heureuse qu'il soit ton parrain... Qu'il... Qu'il était ?

Un long silence plana dans la cuisine, Drago prit place à côté de sa mère, évitant le regard que la lionne devait certainement poser sur lui, et fixa sa mère, attendant patiemment que la femme se réveille de sa torpeur.

- Te rends-tu souvent sur sa tombe au moins ? demanda-t-elle soudainement, comme si elle venait de sortir d'un rêve.

- Tous les jours maman, répondit-il paisiblement.

- C'est bien... C'est bien..., chuchota-t-elle en se levant lentement pour regagner le fauteuil de son défunt mari, qu'elle chérissait tant.

Sans un mot, Drago amena la tasse de thé à ses lèvres et dégusta silencieusement chaque goutte du thé préparé par la femme qui se tenait à ses côtés, la première personne à avoir assisté à la folie de sa mère, et la seule femme avec qui il voulait être. Une fois sa tasse vide, il la repoussa d'un geste vague et laissa perdre son regard au loin, quand il aperçut du coin de l'œil, Hermione se lever, ramasser son bol et sa tasse, pour ensuite les rincer à l'évier, comme si elle habitait ici depuis des années.

- Pourquoi fais-tu ça ? interrogea-t-il, sans se retourner ni la regarder.

- Je préfère que ce soit fait par moi que par un elfe de maison, dit-elle calmement.

- Qu'est-ce que ma mère t'a raconté avant que je ne vienne ?

- L'histoire glorieuse de ta famille, et la différence entre mon sang et le tien, répondit-elle sans hausser le ton.

- Et tu ne t'es pas énervé ? railla le garçon.

- Ta mère ne se porte pas très bien, quel aurait été l'intérêt de prendre la mouche face à une personne qui a eu l'amabilité de faire la discussion avec moi ?

- Aucun.

- Aucun, en effet, répéta-t-elle.

Une fois les récipients rincés, essuyés et rangés, Hermione reprit sa place, posa ses mains sur la table et le fixa, d'un regard indéchiffrable. Drago n'osait pas émettre le moindre son, de peur que ce moment unique et paisible disparaisse subitement. Hélas, Hermione ne semblait pas être sur la même longueur d'onde que lui, puisqu'elle commença à parler.

- Il est temps de se mettre au boulot et de faire des recherches sur le Mangemort, en se référant à là que tu m'as donné.

- Et l'histoire du mec et du Polynectar ? répliqua le garçon blond.

- Nous irons rendre une petite visite au vieillard dans deux jours, annonça-t-elle d'un ton ferme.

- Pourquoi dans deux jours ?

- Parce que mercredi, la petite fille en question et son conjoint seront en vacances. Ainsi, nous ne risquerons pas de nous faire surprendre au dernier moment ? expliqua-t-elle.

- Nous ne possédons même pas leurs mèches de cheveux, insista Drago, qui n'avait aucune confiance en ce plan hasardeux.

- Nous les prendrons sur place, dans leur chambre, puisqu'ils vivent avec l'homme en question.

- Je la sens pas ton histoire, il va nous arriver une tuile, grogna Drago en croisant les bras.

- En cas de gros problèmes, nous pourrons toujours transplaner ! Allons, ce n'est pas si risqué que ça ! dit-elle en riant et en songeant que le tempérament aventurier d'Harry avait de toute évidence déteint sur elle.

L'entendre et la voir rire apaisa instantanément le Serpentard, qui desserra les bras et posa les mains sur ses genoux, souhaitant ainsi diminuer son envie de caresser le visage rayonnant de sa femme. La femme. De la femme.

- Pour en revenir au Mangemort ? Est-il possible de trouver, dans cette maison, des archives ou des livrets concernant votre entourage ? Voire même les Mangemorts ?

- Ma mère a tenu à garder toute la bibliothèque de mon père, révéla-t-il en la regardant droit dans les yeux.

- Parfais ! Allons-y ! s'exclama la jeune fille en bondissant de sa chaise, comme si elle était assise sur un ressort.

Drago eu même l'impression qu'elle évitait son regard, ce qui le décontenança. Cependant, il garda cela pour lui et se releva à son tour pour gravir les escaliers et pénétrer dans la nouvelle bibliothèque. Tous les cartons, remplis de livres, n'avaient pas encore été déballé, et pour cause, ces vieux recueils n'intéressaient ni lui, ni sa mère. Contrairement à Hermione qui semblait se trouver au paradis.

- Comment allons-nous procéder ? s'enquit Drago vivement, peu motivé à feuilleter tous les bouquins présents dans la pièce.

- Je propose de commencer au fond à droite, pour ensuite aller vers la gauche et terminer avec ce qui se trouve dans les cartons ! affirma-t-elle d'un ton enjoué.

- Je ne vais quand même pas TOUT lire ? s'étrangla le jeune homme.

- Mais non voyons ! Les romans et autres contes n'ont pas besoin d'être lu ! Seulement les recueils concernant ta famille, ton entourage et Lord Voldemort.

- Donc une centaine de livres ? riposta-t-il.

Hermione se retourna, les mains sur les hanches, les sourcils levés.

- Tu ne veux plus trouver l'identité de l'homme qui a effrayé ta mère et m'a estropié le ventre ? Moi si ! Et peut-être que dans un de ces nombres livres, se trouve le nom du Mangemort, et la raison qui fait qu'il en veuille à ce point à ta famille, et par définition, à moi ! répliqua-t-elle fermement, le regard perçant.

Peu désireux de répondre à la jeune fille, sachant pertinemment qu'elle avait raison, il commença ses recherches, mais prit bien soin de débuter à gauche et non à droite, ignorant ainsi les précédents dires de la jeune fille, qui le remarqua aussitôt et accepta dans un soupire, de suivre le Serpentard dans ses recherches. Plusieurs heures s'écoulèrent sans qu'aucun des deux étudiants ne prononcent le moindre mot. Tous deux poursuivaient leur investigation dans le plus grand silence, se contentant de soupirer de lassitude de temps à autre. Malgré ses recherches, Drago n'était pas complètement absorbé par ce qu'il était en train de faire, pensant constamment que cet endroit était vraiment propice aux embrassades et autres caresses en tout genre. S'imaginer plaquer Hermione contre ces livres qu'elle aimait tant et lui faire oublier, en l'espace de quelques minutes, à quel point elle les adorait, était délectable. Se mettre à genoux devant elle et l'entendre gémir pendant qu'il lui faisait ressentir milles et un plaisirs suffisaient à plonger le garçon dans un état d'hébétude profonde.

- Putain ! J'en ai trop marre ! Je vais pisser, bouffer et je reviens ! ragea-t-il avant de s'élancer hors de la bibliothèque étouffante.

Une fois soulagé et rassasié, le jeune homme vérifia que sa mère allait bien, puis retourna dans la pièce, qu'à présent, il détestant tant. Une fois dedans, il découvrit la Gryffondor affalée sur le sol, le visage entre les mains, qui visiblement, était en train de pleurer. Alerté par la détresse de l'étudiante, Drago se mit à genoux devant elle, sans oser la toucher ou décaler ses mains pour qu'il puisse voir son visage.

- As-tu trouvé quelque chose sur le Mangemort ? demanda-t-il, inquiet.

Hermione hocha négativement de la tête.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive alors ?

- J'ai... J'ai trouvé quelque chose d'horrible, bégaya-t-elle, le visage toujours caché dans ses mains.

- Quoi donc ?

Nouvel hochement de tête négatif.

- Mais putain Granger ! Qu'est-ce que tu as trouvé dans les affaires de mon père ? s'énerva-t-il, de plus en plus effrayé.

- Je ne peux pas le dire, je ne l'ai jamais dit à personne..., murmura-t-elle péniblement.

- Ce que tu as appris a un rapport avec toi ?

Hochement de tête, cette fois-ci positivement.

- Dit-moi ! ordonna-t-il d'un ton ferme.

- Je ne peux pas..., gémis de plus de plus belle l'étudiante.

- Si ça concerne mon père, tu as intérêt à cracher le morceau, et rapidement ! tonna-t-il d'une voix forte.

Quelques reniflements, divers soupires appuyés.

- Je... Je m'appelle Granger, mais ce n'est pas mon vrai nom. Mes parents m'ont révélés très tôt qu'ils m'avaient adopté. Le jour de ma rentrée à Poudlard, j'ai appris que mon père était un sorcier, depuis lors, j'ai passé ma vie à le rechercher en secret...

- Et ? demanda Drago, la gorge soudain nouée.

- Et la réponse et dans ce livre... Mon dieu, Je suis ta demi-soe...

- Non ! Ferme-là ! hurla-t-il en se relavant violemment.

Sans même attendre la fin de la phrase à Hermione, Drago s'extirpa de la pièce et courut rageusement jusque dans sa chambre, le souffle court. Une fois la porte fermée derrière lui, il se laissa tomber, les jambes soudain trop lourdes. Non c'était tout simplement impossible. Son père n'avait eu qu'un seul enfant, et c'était lui ! Personne d'autre ! Et surtout pas Hermione Granger ? Puis plusieurs souvenirs lui revinrent en mémoire, l'attitude agressive de Lucius lorsqu'il lui parlait de la jeune fille, d'ailleurs il se rappela du jour où son père avait croisé Hermione en deuxième année, et à quel point il n'avait cessé de l'observer. Avait-il eu Hermione avec une moldue ? Est-ce que sa haine des moldus venait de là ? Avait-il trompé sa mère ? Etait-elle au courant ? Non, impossible ! Il revit alors le corps de la Gryffondor, abattue, les mains sur le visage, pleurant à chaudes larmes. Comment pouvait-il douter de ses révélations ?

Puis son cœur cessa de battre. Sa demi-sœur ? Des liens de sang ? Pris de nausée, il se releva difficilement mais buta contre le pied de son lit, ce qui le fit tomber à nouveau au sol. Les mains dans les cheveux, les yeux fermés, les muscles douloureux, il tenta vainement de chercher de l'air. Sa demi-sœur ? Il avait embrassé, caressé et enlacé sa demi-sœur ? Il désirait ardemment la posséder, faire d'elle sa femme alors qu'elle était... Non ! C'était trop abject ! La douleur dans sa poitrine devenant trop lancinante, Drago se roula en boule et s'empêcha, de toutes ses forces, de hurler à pleins poumons.

« Pourquoi le sort s'acharne-t-il contre moi ? La mort de mon père, la folie de ma mère, et maintenant apprendre la trahison de mon père et savoir que... Que la seule femme que je veux m'est interdite... Moi qui ne voulais pas d'elle parce que notre sang est différent, j'apprends maintenant que la femme que je désire à le même sang que moi, le même... ».

Meurtris par la haine, le désespoir et le chagrin, Drago se laissa perdre dans une douce folie sombre quand il entendit vaguement qu'on frappait à la porte de sa chambre.

- Malefoy ! Malefoy ! Ouvre !

Le Serpentard reconnut immédiatement la voix de sa femme, celle qu'il voulait chérir et protéger, celle qui ne sera jamais son épouse et la mère de ses enfants.

- Malefoy ! Pourquoi tu as filé aussi vite ? Ce que tu peux être crédule ! C'était une blague ! Une boutade ! Une plaisanterie espèce d'idiot ! cria la jeune fille à travers la porte, tout en continuant de tambouriner dessus.

En percevant ces mots, Drago se releva et sentit son cœur recommencer à battre.

- Je m'ennuyais tellement ! D'habitude je fais des recherches avec Ron et Harry, et eux ont le don d'alléger l'atmosphère et de me faire rire ! Toi tu n'as pas prononcé un seul mot de toute la journée ! En plus je voulais me venger de la veille, lorsque tu t'es moqué de mon pyjama, continua-t-elle sur le même ton.

En cet instant précis, le soulagement ressentit par le jeune homme se transforma en colère, en une vague de rage incontrôlable.

« Elle s'est foutue de ma gueule ? », s'emporta-t-il mentalement.

D'un pas rapide, il traversa sa chambre et ouvrit violement la porte. A sa vue, il vit Hermione reculer de quelques pas, cette dernière venait certainement de comprendre qu'elle avait plongé dans un état d'extrême fureur le garçon qui se trouvait devant elle.

- Tu as fait quoi ? demanda-t-il en accentuant chaque syllabe, le poing férocement fermé sur la poignée de la porte.

- Je me suis moquée de toi ! avoua-t-elle sans pour autant se démonter. Hier tu m'avais énervé alors voilà. Je ne pensais pas que tu allais me croire ! Ne voyais-tu pas que je faisais semblant de pleurer ?

- Donc tu t'es payé ma tronche en salissant la mémoire de mon père avec tes foutaises ? continua-t-il sans élever le ton, mais en marquant lentement chaque mot prononcé.

- Je ne pensais vraiment pas que tu allais me croire, affirma-t-elle. Puis c'était en référence à Dark Vador !

- Dark qui ? s'étrangla le garçon.

- Dark Vador ! Dans Star Wars ! Appelé aussi Anakin Skywalker !

- Putain Granger ! Qu'est-ce que tu racontes ! s'énerva-t-il.

- Les sorciers regardent très peu la télé, c'est vrai... Et bien il y a une phrase culte dans Star Wars, quand Dark Vador dit à son fils Luke Skywalker ces quelques mots : Je suis ton père !

- ...

- Et en plus je l'ai dit sur le même ton, tu sais, quand j'ai dit Je suis ta demi-soeur ! Mais si tu n'avais jamais vu ce film... Oui... Tu ne pouvais pas deviner ! En tout cas, j'ai bien rigolé ! dit-elle en s'esclaffant avant de faire volte-face, visiblement prête à reprendre les recherches comme si de rien n'était.

Le corps parcouru de frissons de rage et de haine, le jeune garçon attrapa brutalement le bras de l'étudiante, la propulsa dans sa chambre et la fit tomber violement par terre, ce qui, à en cet instant, ne le dérangea pas plus que ça, bien au contraire. Hermione tenta de se relever maladroitement quand il se jeta sur elle et la garda plaquée au sol.

- Mais tu es fou ! lâcha-t-elle en essayant de le repousser.

Sans un mot mais dans un grognement sourd, il attrapa les mains de la jeune fille et les enferma d'une poigne de fer au-dessus de sa tête, contre le sol. Il emprisonna les jambes de sa victime avec les siennes et se pencha sur elle.

- Ce n'était qu'une blague, tu as fait bien pire par le passé, susurra-t-elle, la mâchoire crispée par la colère.

- Ce n'était qu'une blague ? Tu te fous de moi ? J'ai cru que j'allais me jeter par la fenêtre espèce de petite conne ! hurla-t-il, le visage déformé par une rage violente.

- C'est de ta faute ! Tu es tellement stupide que tu gobes tout ce qu'on te raconte ! rétorqua la jeune fille, quelque peu effrayée par la réaction sauvage de son interlocuteur.

Toujours penché sur elle, il la fixa droit dans les yeux et sentit une onde d'excitation et de désir traverser son corps. Il se dit alors qu'il pouvait faire ce qu'il voulait d'elle, qu'elle le mériterait bien, et que ça le défoulerait une bonne fois pour toute. Puis il songea à la nuit de leur plus violente confrontation et de la scène où il avait été dans la même position qu'aujourd'hui, pour ensuite lui pincer la lèvre et lécher le sang qui en découlait.

- Arrête-ça Malefoy... Lève-toi maintenant ! ordonna Hermione, de plus en plus apeurée par le regard brutal et brulant de l'homme assis sur elle.

- Tu n'aurais pas dû te jouer de moi, sale petite Gryffondor..., murmura-t-il posément.

Alors qu'Hermione allait commencer une nouvelle tirade, Drago plaqua ses lèvres contre les siennes, non pas pour l'embrasser, mais pour lui mordre la lèvre inférieure, la même que la dernière fois. Ce contact dura qu'un court instant, mais ces quelques secondes suffirent au garçon pour sentir l'excitation déformer son pantalon. Ne souhaitant pas qu'Hermione perçoive son désir, il se releva prestement et lécha ses babines, celles-ci avait le gout du sang, le sang d'Hermione, le sang, qui merci Merlin, n'était pas le même que le sien. Il vit alors la lionne se lever à son tour tout en crachant le sang qui avait coulé dans sa gorge.

« Quel gâchis... Ces lèvres pleines et rouges devraient être contre mes lèvres... », se dit-il en la toisant d'un regard concupiscent.

Puis sans prévenir, Hermione attrapa tous les objets qui lui tombaient sous la main et les lancèrent rageusement à la figure de son ennemi. La haine voilait son regard et guidait ses mouvements. Elle haïssait cet homme, qui l'avait meurtrit et humilié pour la seconde fois. Mais par-dessus tout elle se détestait elle-même, d'avoir senti son corps réagir avec tant de violence alors qu'il avait posé ou plutôt plaqué ses lèvres contre les siennes, pour ensuite les mordre. Ce moment n'avait pas duré plus de trois secondes et pourtant, en seulement trois secondes, elle avait arqué son dos et collé son bassin à celui de son agresseur.

« Mon dieu, j'espère qu'il n'a pas remarqué ça ! Pitié ! » supplia-t-elle inconsciemment.

- Tu n'es qu'un connard ! Une pourriture ! Ecœurant ! Je te hais ! J'ai envie de te tuer ! brailla-t-elle en continuant de lui lancer tout ce qu'elle trouvait.

Alors que les insultes pleuvaient, Drago évita chaque objet tout en s'approchant de la demoiselle folle de colère. Une fois assez près d'elle, il lui prit les mains et lui dit doucement.

- Tu t'es moqué de moi, je me suis vengé. Point à la ligne.

- Tu crois que c'est fini Malefoy ? Tu vas me le payer ! menaça-t-elle en s'extirpant de sa poigne forte.

- Venge-toi, mais sache que je ferai toujours pire, dit-il en ricanant et en caressant du dos de sa main la lèvre blessée de l'étudiante. Et puis je vais commencer à prendre gout à ton sang..., ajouta-t-il dans un murmure sensuel.

Hermione le repoussa alors de toutes ses forces tout en maudissant les frissons qui parcouraient son échine et ses hanches qui ne désiraient qu'une seule chose, se coller à celles de l'imposant garçon, se plaquer contre cette enflure de Malefoy. Elle sortit de la chambre telle une furie, avec une seule idée en tête, se venger.

Drago se contenta de ramasser lentement ses affaires éparpillées sur le sol, tout en continuant de passer la langue sur ses lèvres, espérant vivement retrouver le gout du sang de la belle lionne. En l'espace de quelques minutes, il avait été accablé par la douleur, possédé par la rage pour enfin être écrasé par le désir.

Il se dit alors, que ces quelques minutes résumaient parfaitement ce qu'il vivait depuis des mois. Puisqu'elle le rendait fou, il allait continuer à la rendre folle. Et bordel... Qu'est-ce qu'il aimait ça...

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Un chapitre un peu particulier avec une Hermione un peu particulière ! Il est vrai que dans ce chapitre, je me suis légèrement éloignée du véritable caractère d'Hermione. Je concède qu'en temps normal, je ne le verrais pas faire ce genre de blague, mais je ne sais pas, j'avais envie de vous coller une petite frousse pendant quelques minutes héhé

Le prochain chapitre est étrangement un de mes préférés (je veux dire, un de ceux dont j'ai pris le plus de plaisir à écrire), peut-être parce j'y dévoile un Drago un peu plus tourmenté ! Enfin, vous verrez héhé :D

Je vous remercie pour vos adorables reviews, vraiment ça me comble de joie ! Bien entendu, j'attends avec toujours la même impatience vos commentaires et réactions pour ce chapitre ci !