- Qu'est-ce que tu fiches ici ? demanda sèchement Drago.
Theodore Nott se trouvait au pas de la porte, son sourire intelligent et rusé peint sur les lèvres. En huit ans, Drago n'était toujours pas parvenu à cerner la personnalité de son camarade de classe, tantôt aimable, tantôt cynique, il était impossible de deviner les pensées et les aspirations de ce jeune homme à la silhouette efflanquée et au regard constamment amusé.
- Merci pour cet accueil chaleureux, me voir ne te fait pas plaisir ? rétorqua Theodore avec une innocence feinte.
- Il est 09h00 du matin, j'ai passé une nuit détestable et je n'ai ni l'envie, ni la force, de jouer à ce petit jeu aujourd'hui, répondit-il d'une voix lasse en s'effaçant quelque peu pour le laisser entrer.
- Quel jeu ? s'étonna-t-il en pénétrant dans la demeure, le regard avide.
- Tu le sais très bien.
Le garçon brun se retourna pour lui faire face et le gratifia d'un sourire plein de malice. Parce que oui, Theodore adorait se moquer de Drago, le pousser à bout mais le tout en finesse, le faire sortir de ses gonds, puisqu'à ses yeux, le grand Serpentard blond était de loin l'étudiant le plus intéressant de l'école toute entière, de par son profond mépris à l'égard d'autrui.
- Bref, conclu Drago, que veux-tu ?
- Ma mère m'a demandé de remettre cette bague à la tienne. Elle appartenait à ton père, il l'avait offert à mon père. A présent elle n'en veut plus, expliqua-t-il d'une voix morne.
Drago baissa les yeux et découvrit une superbe chevalière où un serpent, certainement un cobra, était gravé dessus. Le garçon blond devinait pourquoi la mère de Theodore ne souhait pas garder cet anneau. C'était un cadeau de la part de Lucius, et ce dernier avait abandonné son ami sur le champ de bataille, entrainant ainsi sa mort, et cela Theodore le savait. Pourtant, jamais il ne lui avait fait le moindre reproche ou la moindre allusion à ce sujet, à croire qu'il n'était pas atteint par la mort de son père, alors que lui-même en était détruit. C'est pourquoi sans un mot, Drago prit l'objet, le déposa sur la table basse du salon, et prit la direction de la cuisine. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et s'aperçut que son visiteur ne le suivait pas, c'est pourquoi il l'interpella.
- Qu'est-ce que tu attends ? Viens, je te sers à boire.
Surpris, Theodore s'avança de sa démarche à la fois incertaine et silencieuse, observant minutieusement chaque objet présent dans les pièces de la maison qu'il traversait. Il entra alors dans une cuisine spacieuse, propre mais totalement impersonnelle.
- Aurais-tu du thé ? interrogea-t-il.
A ces mots, il put voir Drago sourire tendrement un court instant avant de se ressaisir, de prendre un verre et d'y verser dedans et très lentement le thé encore bouillant. La façon dont il faisait couler la boisson était tellement soignée qu'on aurait pu croire que c'était de l'or liquide qu'il tenait dans ses mains. Une fois la tâche accomplie, il posa la tasse devant le garçon et prit place en face de lui, sans un mot.
- Sais-tu que normalement, il est de coutume de demander à la personne si elle désire du sucre ? se moqua Theodore.
- Si tu veux du sucre, tu lèves tes fesses et tu te sers, je ne suis pas non plus un elfe de maison, grogna le Serpentard.
Tout sourire, le jeune homme porta la tasse à ses lèvres et savoura la première gorgée de ce fameux thé, sans sucre bien évidemment, puisque Theodore détestait tout ce qui était sucré.
- Il est excellent, ce n'est quand même pas toi qui l'a fait ? s'enquit-il, abasourdi.
- Pourquoi me demander si tu connais déjà la réponse ? bougonna Drago.
- Pour t'agacer bien sûr !
Le grand blond sursauta sur sa chaise et lança un regard écœuré à son camarade de classe.
- Tu es dégueulasse ! Dans la maison de ma mère en plus ! gronda-t-il.
- Qu'est-ce que j'ai dit ? s'étonna le garçon.
- Tu le sais très bien, et ne le dis plus jamais devant moi, ordonna-t-il d'une voix forte.
Muet de stupeur, Theodore préféra continuer à déguster son thé, ne comprenant pas en quoi le fait de vouloir l'agacer était à ce point condamnable dans la maison de ses parents.
- Tu as laissé Blaise tout seul chez toi ?
- Ce brave garçon adore dormir jusqu'à pas d'heure, je suis certain qu'à mon retour il ne sera toujours pas réveillé, railla le garçon brun.
- Tu as de la chance d'être tombé avec lui, il ne parle presque jamais et c'est un mec fiable, continua Drago.
- C'est bête, si tu n'avais pas ajouté 'mec fiable', j'aurais pu dire qu'il était comme moi, affirma Theodore, le regard étincelant de ruse.
Drago s'obligea à ne pas baisser les yeux en s'entortillant sur sa chaise. Au fond de lui, il avait toujours été content que Nott ne se joigne pas complètement à sa bande, préférant la solitude et les livres au cercle social. Puisqu'en effet, le filiforme garçon avait le don de mettre tout le monde mal à l'aise, y compris Drago, et ce pour une raison totalement inconnue. Cela venait peut-être du fait qu'il fixait toujours son interlocuteur d'un regard pénétrant, qu'il affichait constamment un sourire amusé un peu comme s'il devinait les pensées de son partenaire et s'en délectait, à moins qu'une aura étrange l'entourait, le rendant inaccessible aux yeux des autres.
- Malefoy ! Tu avais dit que tu en aurais pour 2 minutes, non pas 20 minutes ! Je ne peux pas chercher toute seule, surtout que demain nous devons...
Hermione interrompit sa tirade quand elle s'aperçut de la présence d'un autre garçon dans la pièce, Theodore Nott. La jeune fille ne lui avait jamais adressé la parole mais le connaissait de vue, puisqu'à maintes reprises, elle s'était trouvée seule en sa compagnie dans une bibliothèque habituellement et constamment déserte. L'amour des livres qu'ils partageaient tous deux le rendait plus normal et instruit aux yeux de la Gryffondor. Bouche bée, le garçon brun se redressa et la contempla avant de se tourner vers son camarade pour lui demander.
- Tu n'étais pas censé être avec Londubat ?
- Cette vieille folle de McGonagall a décidé de me mettre avec elle, avoua Drago, étrangement irrité à l'idée de savoir Hermione et Theodore dans la même pièce.
- Ce n'est pas une vieille folle, seulement une femme dont l'intelligence nous dépasse, susurra la femme brune, la tête haute.
Drago leva les yeux et la regarda à son tour, un léger sourire éclairant son visage pâle. Il n'avait pas réussi à fermer l'œil de la nuit, se demandant alors quelle serait l'attitude de la femme après une telle nuit, puisqu'après tout elle l'avait bercé et consolé, malgré ses jérémiades. Et finalement, comme toujours, Hermione Granger ne modifia pas d'un pouce son comportement à son égard, fidèle à elle-même et à son foutu air supérieur. Sans même ciller, il continua à la détailler du regard, lui qui avait toujours détesté le style vestimentaire de la Gryffondor ne pouvait que constater qu'à présent il l'adorait. Il aimait plus que tout sa jupe brune avec ses collants bruns épais, son pull dont un parfait col blanc dépassait, la transformant en une petite fille modèle, mais dont la chevelure rebelle cassait cette précédente image. C'est simple, il aurait pu la dévorer si seulement elle s'était laissé faire. Alors que lui, comme toujours, était habillé de noir de la tête aux pieds, mais avec une classe certaine, en tout cas d'après les dires de sa mère.
Drago aperçut du coin de l'œil Theodore le fixer, puis se lever pour faire face à la jeune femme.
- Bien le bonjour mademoiselle, dit-il poliment en courbant l'échine, comme s'il faisait une révérence.
- Tu fous quoi ? grommela Drago, le regard acerbe.
- Et bien je salue la dame de la maison Malefoy, répondit-il en riant.
Et ce fut bien le seul. Hermione tiqua au fait qu'il la compare à la mère de Malefoy alors que Drago s'insurgea du ton doucereux du garçon.
- Arrête tes conneries veux-tu...
- Drago, tu es d'un compliqué ! s'esclaffa le jeune homme brun en regagnant sa place. Mademoiselle Granger, pourquoi ne pas t'assoir à nos côtés ? ajouta-t-il en souriant.
Sans un mot, Hermione prit place en face de Malefoy, ce dernier la fixait d'un regard lourd de reproches, à croire qu'elle n'aurait pas dû répondre positivement à l'invitation de son ami. Theodore observa la lionne avec envie, une lueur malicieuse brilla dans ses yeux et un léger rictus déforma son visage, ce qui fit disparaitre son masque de neutralité.
- Souhaitais-tu me dire quelque chose ? demanda patiemment Hermione.
- A vrai dire oui, mais j'attends que nous soyons tous à table, répondit-il laconiquement.
- Ah oui ? Et qui manque à l'appel ?
- Et bien un elfe de maison ! Vu que maintenant les sangs de bourbe son admis à table, autant partager le repas avec un elfe ! ricana-t-il.
A ces mots, Drago ressentit une bouffée de colère l'envahir et c'est avec difficulté qu'il s'empêcha de bondir sur le garçon pour lui arracher la langue et la lui faire avaler. Son regard se posa à nouveau sur Hermione, qui semblait sereine voire même enjouée, puisqu'elle souriait de toutes ses dents. Cette vision poussa le Serpentard blond à contenir sa rage en enfonçant ses ongles dans son pantalon.
- J'aurais bien convié un elfe de maison à se joindre à nous, mais je n'arrive jamais à leur mettre la main dessus, dit-elle gentiment.
- Cela prouve qu'ils sont compétents.
- C'est pourquoi je pense qu'ils devraient être rémunérés en échange de leur travail, affirma la jeune Gryffondor.
- Payer ? Mes deux elfes ne demandent pas d'argent, seulement de l'affection, admit-il en gloussant.
- Es-tu affectueux avec eux ?
- Je suis un... amour..., murmura-t-il d'une voix suave.
Ce qui déplut fortement à Drago. La façon dont le visiteur toisait du regard sa femme le faisait bouillonner de haine et accentuait son sentiment de possessivité à l'égard de la femme brune. Il aurait voulu le prendre par les cheveux et le foutre dehors, chose qu'il aurait certainement fait si la discussion n'était pas si animée. Puisqu'à présent, Theodore et Hermione débattaient sur le droit à la liberté des elfes de maison. Drago savait que le jeune homme s'en fichait royalement de la notion de sang pur ou impur, tout comme le sort des elfes de maison l'importait peu. A vrai dire il était comme un caméléon, il avait le pouvoir de se fondre dans la masse sans pour autant y appartenir. D'ailleurs, Drago était certain que si Theodore avait été admis à Gryffondor, il s'en serait tout aussi bien tiré qu'à Serpentard.
- Drago ! Drago chéri ! Peux-tu venir une minute ?
Le grand Serpentard bondit de sa chaise pour partir en de grandes enjambées rejoindre sa mère, craignant plus que tout que son camarade de classe au regard aiguisé découvre la folie de cette dernière. Il passa quelques instants en sa compagnie, l'informant que le fils Nott était venu offrir un cadeau à la famille Malefoy de la part de sa mère. Bien entendu c'était un mensonge, cependant ce simple petit message erroné avait suffi à la rendre heureuse, ce qui plut à Drago. Il la quitta au bout d'un quart d'heure pour regagner la cuisine, quand ce qu'il vit le figea instantanément. Hermione penchée sur la table, examinant de prêt une baguette magique pendant que Theodore était penché au-dessus d'elle et caressait tendrement du bout des doigts les cheveux de la lionne, tout en affichant un stupide sourire mièvre.
- Elle est sublime ! Le souffle du dragon fait réellement toute la différence, admit-elle ébahie, le regard vissé sur la baguette.
- C'est vrai, on peut dire que j'ai de la chance de l'avoir, chuchota-t-il en continuant de jouer avec les cheveux de la Gryffondor, qui ne s'apercevait de rien.
Et c'est avec étonnement que Drago vit les deux étudiants se retourner d'un seul coup dans sa direction, comme s'ils venaient de prendre conscience de sa présence dans la cuisine. Hermione se releva, s'approcha du stoïque garçon blond et lui souffla doucement.
- Tu viens à l'instant de grogner comme un fauve non ?
Le Serpentard haussa un sourcil sans quitter Theodore des yeux, tout en songeant que son mécontentement s'était peut-être fait entendre. Quoique le mot fût faible, ce n'était non pas du mécontentement qu'il ressentait à cet instant précis, mais une véritable envie de tabasser le garçon qui lui arrivait seulement à l'épaule.
- Granger, va reprendre les recherches, dit-il fermement sans la regarder.
- Serait-ce un ordre ? glapit-elle.
- Je dois parler à Theodore, et seul à seul, précisa le jeune homme.
Drago sentit le regard d'Hermione posé sur lui, il comprit alors qu'elle l'observait pour tenter de découvrir la raison de sa colère sourde. Mais de toute évidence elle se résigna et salua brièvement Theodore avant de monter les escaliers, le tout en pestant contre les sautes d'humeur du garçon blond.
- Quelque chose ne va pas ? demanda gentiment le garçon brun.
Mais Drago ne se laissa pas biaiser par cette facette amicale, il le côtoyait depuis trop d'années pour se faire duper de la sorte. C'est pourquoi il ne répondit rien et se contenta de le fixer, les traits durs et la mâchoire crispée. C'est alors que Theodore tomba le masque et transforma son sourire bon-enfant en un sourire sardonique, déformant ainsi l'expression de son visage.
- Tu n'aurais pas dû faire partir Granger, elle est délicieuse à regarder et à toucher tu sais..., chuchota-t-il d'une voix onctueuse.
- Tu cherches quoi exactement ? gronda Drago sans bouger.
- Je m'ennuie, à l'école, chez moi, partout. Je m'ennuie constamment. Et depuis quelques semaines, tu as été ma seule distraction, avoua-t-il en ricanant.
- C'est-à-dire ?
- Ton combat intérieur bien sûr ! Granger ? Pas Granger ? Sang de bourbe ? Pas sang de bourbe ? Et ajoutons à cela une Pansy anéantie, un Blaise déboussolé, une Greengrass perfide et un Weasley qui fait tout basculer. C'est encore mieux que de lire un roman ! gloussa le garçon brun.
Drago se jeta alors sur lui, l'attrapa par le col et lui assena un violent coup de poing qui le projeta à terre. Il vit alors que la lèvre de son camarade était fendue, ce qui l'apaisa quelque peu, surtout qu'à présent une douleur lancinante se fit ressentir dans les jointures de sa main droite. Il se dit alors que frapper pouvait faire mal à l'autre mais aussi à soi-même.
Theodore se releva prestement, la main sur sa lèvre endolorie, tout en continuant de sourire.
- Par Merlin, ce que tu es prévisible ! Granger est tellement aveugle qu'elle ne voit pas que tu es fou d'elle, c'est d'un risible, murmura-t-il.
- Tu veux quoi ? Te venger de la mort de ton père ? Parce que c'est mon père qui en est la cause ? s'exclama-t-il, effrayé à l'idée de savoir qu'une personne, et surtout Theodore, était maintenant au courant de ses sentiments à l'égard d'une fille de moldus.
- Je ne suis plus un gamin, si je souhaitais me venger, ce serait d'une autre manière, affirma-t-il sans le moindre sourire.
Et c'est alors que Drago sentit son cœur louper un battement. Et si c'était Theodore le Mangemort ?
C'était un élève de Poudlard, il était donc en mesure de couper une mèche à Hermione. De plus il était assez malin pour sortir de l'école et venir agresser la jeune femme dans la Cabane Hurlante. Sans oublier que la famille Nott connaissait l'emplacement de la maison Malefoy, et pouvait donc s'y rendre sans problèmes, ce qui expliquerait comment le Mangemort était entré dans sa chambre. Et puis surtout, il avait une raison pour faire cela, son père était mort à cause de Lucius, et jamais il n'en n'avait parlé, certainement parce qu'il préparait une bien meilleure vengeance.
- Je suis amoureux d'Hermione Granger.
Le Serpentard blond le regarda avec des yeux ronds. Que venait-il de dire ? Theodore aimait Hermione. Une nouvelle onde de colère le transperça, le poussant à se jeter une nouvelle fois sur son interlocuteur, emprisonnant son cou dans sa main, hésitant à l'étrangler ou pas. Et encore une fois son camarade le surprit en riant aux éclats, comme si le fait d'être maintenu de force par un homme fou de colère était la situation la plus hilarante qu'il n'ait jamais vécue.
- Tu es tellement crédule mon pauvre Drago ! Est-ce la jalousie qui te rend si simplet ? railla-t-il.
- Tu veux vraiment m'énerver de si bon matin ? menaça Drago, complètement perdu face au comportement du garçon brun.
- Moi ? Aimer Granger ? Je n'aime pas les femmes ! lâcha-t-il comme si c'était une évidence.
A ces mots, Drago fit un bond de 3 mètres, les yeux écarquillés de surprise et d'effarement.
- Tu... tu aimes..., bredouilla le Serpentard blond.
Theodore fit quelques pas dans la cuisine tout en époussetant ses vêtements à présent froissés, puis le toisa d'un regard rieur.
- Je n'aime ni les femmes, ni les hommes, je n'aime personne, annonça-t-il calmement. Personne ne m'intéresse, les humains sont tellement vides et stupides. Granger est certes intelligente, mais terriblement terre à terre. A mes yeux il n'y a ni femme ni homme, mais seulement le vide intersidéral qui leur sert de cerveau.
Il allait s'en aller quand Drago lui demanda.
- A quoi rimait tout ce cirque alors ? Ta main dans ses cheveux et ta déclaration ?
- Je souhaitais seulement m'amuser à tes dépends et voir ta réaction, histoire de ne pas avoir fait tout ce trajet pour rien, dit-il le plus simplement du monde. Et franchement Drago, tu es bien dans la merde avec cette fille-là, ajouta-t-il malicieusement.
Le garçon brun s'avança jusqu'à la porte d'entrée, prêt à quitter la demeure des Malefoy, quand il se retourna une dernière fois et observa le grand garçon à la chevelure couleur or et à l'expression indéchiffrable.
- La réponse est non. Je ne suis pas l'agresseur de ta petite-amie, j'étais avec McGonagall quand c'est arrivé.
- Mais comment..., commença Drago, bouche bée face à la perspicacité de son camarade de classe.
- L'observation est le maitre mot. Tu devrais t'en servir toi aussi, conseilla-t-il tout sourire avant de filer à toute vitesse, la porte se refermant après lui dans un claquement sinistre.
Theodore Nott était un mystère à lui tout seul, c'était certain. Theodore Nott était malin et imprévisible. Bien sûr. Mais Theodore Nott n'était pas foncièrement mauvais, et ceci, Drago venait de le comprendre.
Drago remonta les marches de l'escalier, avec l'incroyable impression que ces quelques minutes passées en compagnie de l'étrange Serpentard découlaient d'un rêve. Mais le sentiment de bien-être qu'il ressentit quand il se retrouva au pas de la porte de la bibliothèque, observant la jeune femme brune assise en tailleur à même le sol avec des dizaines de livres éparpillés autour d'elle, lui prouva que cette matinée était belle et bien réelle.
L'observation avait-il dit, regarder, discerner, fixer et ensuite analyser. Drago ne cessait de regarder Hermione, mais l'observait-il vraiment ? Peut-être pas. S'il l'avait fait, il aurait aperçu les épaules d'Hermione se vouter dès qu'il était apparu devant elle, il aurait entrevit son furtif mouvement pour baisser sa jupe et couvrir d'avantage ses jambes, et surtout, il aurait distingué le fait que la lionne faisait semblant de lire, trop occupée à se demander pourquoi le Serpentard restait planté à l'entrée de la pièce à la regarder, sans dire un mot.
Drago ne possédait pas encore le pouvoir d'observation de son ami Theodore, un jour peut-être...
- Maitre ? Maitre ?
Drago baissa les yeux et découvrit une pette créature à la voix aigüe, son elfe de maison, Saku.
- Que veux-tu ? demanda-t-il froidement, exaspéré d'avoir été interrompu dans sa profonde réflexion.
- Monsieur Nott a laissé ceci avant de partir, et il a demandé à Saku de vous la remettre, expliqua-t-elle la tête basse, en dévoilant une courte missive.
Drago la lui arracha des mains et lui ordonna de disparaitre avant de s'adosser contre l'embrassure de la porte pour commencer la lecture de cette lettre.
Il était une fois un preux chevalier
Dont la chevelure semblait enflammée
Qui rencontra un jour une fille bien jolie
Dont l'intelligence semblait être infinie.
Ensemble ils parcoururent le monde entier
Traversant les épreuves le cœur bien léger
Songeant que leur amour ne mourra jamais
Et que vivre tous les deux, était leur plus grand souhait.
Un jour un prince blond vint briser cette idylle
Cet homme était froid, austère, fourbe et vil
Il tomba amoureux de la jeune demoiselle
Oubliant sa noirceur, au profit de la belle.
Trop tard il comprit ses étranges sentiments
Le roux et la lionne s'étaient prêté serment
Mais l'amour d'une nuit, n'a hélas pas suffit
Et le jeune couple comprit, que c'était bien fini.
Le prince l'emmena dans sa sombre demeure
Souhaitant par-dessus-tout, lui ouvrir son cœur
Mais le chemin est long pour conquérir la belle
Et ainsi vivre heureux, jusque dans l'éternel.
Drago relu cet insolite poème une bonne dizaine de fois avant d'en comprendre exactement le sens, puis il se mit à rire aux éclats, sans pouvoir s'arrêter. Il entendit vaguement Hermione rouspéter et se plaindre de travailler toute seule, mais il lui était tout bonnement impossible de contenir son hilarité. Avait-il bien comprit ? Une nuit ensemble et tout était fini ? Parlait-il bien de Weasley et d'Hermione et de la nuit du bal. Il n'en était pas certain, cependant, comment douter des dires de Theodore, ce dernier savait tout sur tout le monde. A la lecture de cette révélation cachée, il sentit ses épaules se décontracter et son cœur battre à nouveau normalement. Certes, briser un couple ne lui importait pas, mais savoir que la Gryffondor était libre allait lui faciliter la tâche, qui était déjà bien compliquée de par leur relation conflictuelle.
« Putain, Theodore est peut-être un bel enfoiré, complètement bizarre et même flippant, mais sa visite fût une sacrée bénédiction. Et en plus j'ai pu le cogner, c'est parfait... », pensa Drago en pénétrant dans pièce et en prenant place aux côté de la Gryffondor, qui était à mille lieux de connaitre la cause de l'amusement du Serpentard.
OoOoOoOoOoOoOoOoO
Allez, petit chapitre un peu "hors-série" ! Une petite parenthèse avant de poursuivre et de faire avancer la relation Drago/Hermione ! Qu'avez-vous pensé du personnage de Nott ?
Pour celles qui lisent aussi mon autre fiction, vous avez certainement tiqué en voyant Saku, c'était un petit clin d'œil ;)
Hâte de lire vos review, je vous remercie d'en laisser ! Le prochain chapitre risque de pas mal "bouger" :D Le titre sera : Danse sous la pluie ^^
