Epuisée. Elle était tout simplement épuisée. Elle avait passé toute la journée à lire et à éplucher chaque ouvrage ayant appartenu au défunt père de Malefoy, sans rien trouver. A présent il était minuit passé, et malgré sa fatigue, Hermione ne parvenait pas à trouver le sommeil. Légèrement anxieuse, elle ne cessait de se tourner et se retourner dans tous les sens sous ses couettes, imaginant la journée qu'elle allait devoir passer le lendemain. Drago et elle devront se rendre chez ce vieillard sénile, en arborant une apparence factice pour tenter de percer le secret du vase, et ainsi le réparer avant la fin de l'année. Même si elle avait parfaitement confiance en son plan, le fait d'avoir comme acolyte un électron libre tel que Malefoy la plongeait dans l'incertitude la plus totale.

Pour la dixième fois en dix minutes, la jeune fille emmitouflée dans ses couvertures fixa le réveil, qui indiquait à présent 00h21. Elle repensa alors à l'étrange visite de Theodore Nott, ce dernier semblait détenir un secret incroyable concernant Malefoy et paraissait s'en amuser, contrairement au Serpentard blond. D'ailleurs, après son départ, Drago n'avait cessé de l'observer, tantôt en souriant de façon énigmatique, tantôt en lui lançant des coups d'œil agacés. Vraiment, ce garçon était tellement lunatique que même pour l'esprit si développé d'Hermione, il était impossible de le sonder pour en tirer des conclusions claires et précises. Son regard se posa une fois encore sur le réveil, 00h23.

« Bon, il faut que je me force à dormir, je ne vais tout de même pas rester éveillé toute la nuit et être morte de fatigue demain matin... », pensa-t-elle en fermant les yeux.

La jeune fille allait enfin plonger dans le monde accueillant des songes quand une violente explosion fit trembler la demeure. Hermione se redressa aussitôt, chercha sa baguette à tâtons et sorti en trombe de la chambre afin d'essayer de localiser la source du choc. Une nouvelle explosion, plus brutale encore, la fit tomber à terre, puis elle entendit des hurlements de femme, certainement la mère à Drago. D'un bond elle se précipita au rez-de-chaussée et découvrit l'ampleur du désastre. Le salon et le hall étaient jonchés de débris d'armoires et de vaisselles brisées. Les canapés étaient déchirés et à l'envers, la porte d'entrée avait complètement explosé. Mais pire encore, Narcissa Malefoy avait disparu et Drago était étendu par terre, son front dégoulinant de sang.

Hermione accourut vers le garçon et s'agenouilla à ses côtés. Le jeune homme ruisselait de sang et de sueur, elle se rendit alors compte que tout son corps en était imprégné, et pas seulement son front. Ne sachant que faire, elle se pencha sur lui et colla son oreille contre ses lèvres, cherchant désespérément un souffle de vie, quand il se releva brusquement et se conga contre elle.

- Bordel de m..., beugla Drago en se massant le front.

Hermione sauta sur ses pieds en se massant la joue quand un éclair éblouissant traversa la pièce, suivie de près par un grondement sourd. A présent les orages et la pluie se déchainaient à l'extérieur, ce qui n'empêcha pas Drago de bondir en-dehors de la maison, sa baguette à la main. Prise au dépourvu, la Gryffondor le suivit, le souffle court, priant doucement pour que la foudre ne s'abatte pas sur elle. Elle galopa de longues minutes quand elle aperçut Drago, debout, devant l'entrée d'une forêt à l'allure aussi peu accueillante que la Forêt Interdite. Sans lui laisser le temps de poursuivre sa course folle, Hermione attrapa Drago par le bras et le força à lui faire face.

- Aurais-tu l'obligeance de me dire ce qu'il se passe ? cria-t-elle de toutes ses forces, afin de couvrir le bruit du tonnerre.

- Lâche-moi Granger et retourne à la maison ! ordonna le garçon en la repoussant.

- Je ne peux pas te laisser partir à la mort tout seul ! Où est ta mère ? insista-t-elle.

- Cette enflure l'a enlevé ! rugit le Serpentard.

- Mais qui ça ? Regarde-toi ! Tu es couvert de sang !

- Le Mangemort ! Il est entré en démolissant tout sur son passage ! Puis il m'a attaqué, je pissais le sang. Et avant de partir il m'a jeté un sort, surement pour me soigner.

- Mais pourquoi t'aurait-il soigné juste après t'avoir attaqué ? s'étonna la lionne.

- Fiche moi la paix avec toutes ces questions ! s'écria Drago avant de filer à toute allure dans la forêt.

Transie de peur et de froid, Hermione hésita un court instant avant de s'enfoncer, à son tour, dans la sombre forêt. Dans sa course, elle ne cessa de trébucher, de tomber, de s'égratigner les bras, mais pourtant elle continua sa route, tout en songeant qu'il était impensable qu'elle laisse le jeune homme affronter le Mangemort seul. Trempée de sueur, la pluie dégoulinant de son corps tremblant, la jeune fille sentit son corps s'engourdir davantage. Un froid violent s'abattit sur elle, la poussant à s'allonger et à se recroqueviller sur elle-même, les yeux fermés, la baguette serrée dans sa main droite. Une vague d'horreur la recouvrit d'un seul coup, de sombres souvenirs vinrent la tourmenter, telles que les morts de Sirius, de Fred, de Remus, de Tonks, de Dumbledore, de Rogue et d'autres encore. La torture qu'elle avait dû subir face à Bellatrix, sa peur quasi permanente durant son long périple en compagnie d'Harry et Ron, sans oublier l'attaque du Mangemort quelques semaines plus tôt. Des larmes jaillirent de ses yeux embués, glissant le long de ses joues, se mélangeant ainsi à la sueur et aux gouttes de pluie.

- SPERO PATRONUM !

Hermione rouvrit aussitôt les yeux et découvrit un horrible Détraqueur s'éloigner face à un patronus, ce dernier arborait l'apparence d'une magnifique lionne. Le Détraqueur s'envola alors dans les airs et disparut des yeux de la jeune fille, ce qui la poussa à se relever péniblement et à s'approcher du splendide animal étincelant. Jamais elle n'avait vu un patronus à ce point merveilleux, elle allait l'effleurer du bout des doigts quand il s'évapora. Elle leva alors les yeux pour voir d'où provenait cette splendeur, quand elle distingua avec étonnement la forme massive de Drago s'avancer maladroitement vers elle, le poing serré sur sa baguette, d'où s'échappait encore un petit filet de magie.

- Ce patronus était de toi ? s'enquit-elle, abasourdie.

- Ouais, lâcha-t-il le regard baissé.

- Est-ce que...

- C'était la première fois que j'utilisais ce sort, coupa-t-il abruptement, comme si lui-même était surpris de son propre patronus. Bref. Je n'ai pas de temps à perdre avec toi, je dois retrouver ma mère.

- Mais je..., commença-t-elle avant de s'interrompre brutalement.

La jeune Gryffondor venait d'entendre très faiblement des bruits de pas s'enfonçant dans la boue. D'un geste, elle prit la main de Drago et trouva refuge dans un imposant arbre au tronc creux, leur permettant ainsi de s'y cacher tous les deux.

- Mais qu'est ce qui te prend ? gronda Drago.

- J'ai perçu des bruits de pas, chuchota-t-elle précipitamment.

- Alors il faut aller à sa rencontre, ma mère...

- Il est plus fort que nous, répondit sèchement la femme brune. Je suis sure que le Détraqueur était sous ses ordres. Ça ne sert à rien de vouloir l'attaquer de front, il faut le prendre par surprise et le laisser s'approcher de nous sans qu'il ne sente notre présence.

- Et s'il ne vient pas plus près, s'il tue ma mère !

- Réfléchis, s'il t'a soigné après t'avoir blessé, c'était uniquement pour que tu le pourchasses pour ensuite te piéger, murmura-t-elle.

- S'il arrive quoique ce soit à ma mère Granger...

- Fais-moi confiance. Il veut que nous l'attaquions, mais il va finir par se lasser de rester en retrait. Il va venir ici pour voir si nous nous en sommes sortis contre son Détraqueur. Et seulement là nous l'attaquerons, pas avant, marmonna-t-elle.

De longues minutes passèrent sans qu'aucun des deux étudiants n'émettent le moindre son, seul leur souffle court, leur respiration haletante et les violents coups de tonnerre, brisaient le silence ambiant. Après la vague de panique, Hermione ressentit une certaine gêne, à être ainsi collée au grand garçon dans cet espace clos. De plus, le fait qu'ils soient tous deux trempés jusqu'aux os, et qu'en plus elle-même ne portait qu'une chemise de nuit, n'arrangea pas son embarras. Ses cuisses presque dénudées étaient collées aux jambes du Serpentard, sa poitrine était comprimée contre son torse et elle pouvait même sentir son souffle sur sa nuque, ce qui fit frissonner son corps de part en part.

- Se cacher dans un arbre n'était pas une superbe idée, sachant que la foudre risque de s'abattre sur nous à tout instant, chuchota Drago d'une voix profonde et rauque.

Ces quelques mots firent trembler le petit corps de la lionne, puisqu'elle avait pu sentir les lèvres du jeune homme remuer sur sa peau, à présent très sensible.

- Je... C'était la meilleure cachette possible, il suffit juste de... de patienter un petit moment, bredouilla-t-elle confuse.

Elle sentit alors Drago remuer contre elle, ce dernier semblait chercher une meilleure position, après tout il était bien plus grand qu'elle, et donc était d'autant plus mal à l'aise de se retrouver dans cet espace confiné. Hermione sursauta brusquement en percevant les mains de son interlocuteur serrer sa taille, un simple geste qui l'emmena direct au soir du bal, plongée dans la pénombre, collée au mur et occupée à embrasser un parfait inconnu.

« Si dès qu'on me touche je pense au garçon du bal, je suis fichue. J'imaginais que c'était Liam, mais peut-être que je réagis bizarrement dès qu'un garçon me touche... », songea-t-elle anéantie par sa propre bêtise.

- Tu n'aurais pas dû me suivre Granger, grogna-t-il, la tête posée sur l'épaule de la femme brune.

- Cette histoire me concerne aussi, aurais-tu oublié ce qu'il m'a fait subir ? rétorqua-t-elle en tendant vainement de retirer les mains du garçon posées sur elle.

Drago se colla encore davantage à elle, ses bras entouraient complètement sa taille maintenant. Hermione allait se plaindre de cette trop grande promiscuité quand il dit douloureusement.

- Ma mère avait pressentit que quelque chose allait se produire ce soir, c'est pour ça que j'étais avec elle dans le salon, elle ne parvenait pas à s'endormir. Mais je ne l'ai pas cru, parce qu'elle ne va pas bien. S'il lui arrive quoique ce soit, j'en crèverai.

Le visage niché dans le cou de la lionne, il resserra son étreinte, comme si en cet instant précis, il avait besoin de se tenir à quelque chose ou à quelqu'un, pour ne pas s'effondrer. Accablée par l'angoisse du garçon, désarçonnée par ses larmes qu'elle sentait glisser sur sa nuque, touchée par sa fragilité cachée, elle lui caressa doucement les cheveux, le cœur battant à tout rompre. Elle allait murmurer quelques mots réconfortants quand de nouveaux bruits de pas si firent entendre, de lourdes bottes piétinaient les feuilles mortes. Conscient de la présence d'une tierce personne, Drago releva aussitôt son visage, les muscles tendus, prêt à bondir sur l'agresseur de sa mère.

Les pas se rapprochèrent de plus en plus, Hermione allait lui murmurer d'attendre encore un petit moment quand le garçon bondit hors de l'arbre, baguette à la main, et hurla :

- PETRIFICUS TOTALUS !

Hermione s'extirpa à son tour de l'immense arbre et constata que le sort jeté par Drago avait été contré. A son tour elle s'écria :

- Conjunctiva !

Mais une fois encore le sort fut rejeté. Drago allait jeter le sort du Sectumsempra quand le Mangemort s'avança de sa démarche lourde, son visage caché par un monstrueux masque.

- Je te conseille d'arrêter de m'attaquer petit Malefoy, ou sinon, jamais tu ne retrouveras ta maman adorée, railla-t-il, de toute évidence décontracté.

Tétanisée par l'effroyable vérité, Hermione chercha des yeux le corps inerte de Narcissa sans succès, l'homme menaçant l'avait caché.

- Qu'est-ce que tu me veux ? Qu'est-ce que tu veux à ma famille ? beugla Drago, envahit par la rage.

- Te faire souffrir, mais lentement.

- Pourquoi ? hurla Drago, les yeux exorbités de colère.

- Parce que ton père a détruit ma famille ! Parce que ton père, de par sa pathétique couardise, a bousillé ma vie ! Et parce que tu lui ressembles atrocement ! avoua-t-il en criant à son tour.

- Mon père est maintenant mort ! Tu as ta vengeance !

- Ce n'est pas suffisant !

D'un geste rapide, le Mangemort brandit sa baguette en direction d'Hermione et murmura un seul et unique mot.

- Impero...

D'abord tétanisée par la peur, Hermione sentit un voile d'allégresse tomber sur elle, à présent sure et certaine que tout danger avait disparu, elle lâcha sa baguette et s'avança lentement en direction de son sauveur, l'immense homme au visage masqué. Le magnifique homme lui caressa le visage et souleva délicatement un pan de sa chemise de nuit trempée, quand elle perçut un rugissement un peu plus loin. Elle écouta d'une oreille distraite la conversation qu'échangeaient son sauveur et un autre homme.

- Ne la touche pas..., menaçait l'inconnu garçon blond.

- Sa peau est tellement douce, c'est délicieux, répondait son sauveur à la voix incroyablement onctueuse.

- Retire tes sales pattes de ma femme ! hurlait à présent le jeune homme fort rabat-joie.

- Et si nous le lui demandions ? Hermione, aimerais-tu que j'arrête ou que je continue ?

- Continuez s'il vous plait..., s'entendit-elle murmurer en gémissant.

- EXERPELIARMUS !

Hermione se trouva alors projeté dans les airs et retomba mollement dans la boue, les yeux toujours vitreux.

- Tu oses t'attaquer à la femme que tu aimes, tu es vraiment impardonnable..., se moqua le Mangemort en libérant l'emprise du sort sur sa victime.

Perdue, la Gryffondor cligna des yeux et sentit une répulsion abjecte parcourir son corps, sans qu'elle ne sache pourquoi. Toujours sonnée, elle ne parvint pas à se redresser pour secourir le Serpentard, qui à présent était seul pour affronter son ennemi.

- Que souhaites-tu exactement ? demanda Drago, la voix enrouée.

- M'amuser ! Te montrer que j'arriverai à mes fins, et bien plus tôt que tu ne le penses, répondit-il laconiquement.

- Où est ma mère ?

- Alors ça...

Sans un bruit, le Mangemort leva sa baguette et remua les lèvres, sans qu'aucun son n'en sorte. Un éclair rouge violent s'extirpa de sa baguette et frôla Drago pour frapper beaucoup plus loin derrière lui.

- Les cordes qui empêchaient ta mère de couler à pic viennent de céder. Dépêche-toi petit Serpentard, où tu finiras par être aussi orphelin que moi, s'esclaffa-t-il avant de transplaner sous un grondement de tonnerre assourdissant.

Hermione pu alors se relever et vit Drago s'élancer à toute vitesse vers la cible du dernier sort jeté par le Mangemort. La jeune fille se redressa complètement, les jambes flageolantes, chercha sa baguette puis une fois bien en main, suivit péniblement le garçon. C'est alors qu'elle se retrouva face à un étang marécageux, et distingua une tête blonde plonger dans l'eau boueuse. Elle patienta quelques instants, le cœur serré, priant de toutes ses forces pour que le garçon réapparaisse à la surface de l'eau, quand l'attente devint insoutenable. Elle chercha dans son immense savoir quel sort pourrait les aider à sortir de là et à ne pas mourir noyer, quand un sortilège lui vint à l'esprit, bien qu'il ne soit pas réellement adapté à ce cas présent. Elle tenta néanmoins.

- Accio Baguette de Drago.

Hermione espérait alors faire venir la baguette de Drago mais aussi Drago, qui devait certainement tenir sa baguette avec force et sa mère, qu'elle espérait accrochée à lui. De longues secondes s'écoulèrent avant de voir surgir de l'étang le Serpentard, agrippant fermement sa mère. Une fois au sol, la Gryffondor se jeta sur Drago, anxieuse, et constata qu'il respirait difficilement. Elle se rappela alors du sort qui pouvait libérer la trachée de la victime.

- Anapneo, dit-elle la voix vibrante.

Le garçon se releva alors et cracha la boue qui s'était engluée dans sa gorge. Ravie de son succès, Hermione s'approcha de Narcissa , fit de même, et même si elle mit plus de temps à se réveiller, la femme brune fut heureuse de voir qu'elle aussi était toujours en vie. Drago, qui à présent était debout, souleva sa mère dans les airs en utilisant le sortilège du Wingardium Leviosa et entreprit de regagner la maison à pas lents, sans un mot. Epuisée, Hermione le suivit et fut soulagée de voir que la demeure des Malefoy était toujours debout, elle avait craint à un instant que le Mangemort repasse par ici pour détruire la maison une dernière fois, avant de s'en aller définitivement. Ils y pénètrent tous deux et Drago gravit les marches de l'escalier, avec sa mère dans les bras cette fois-ci, certainement pour l'empêcher de se cogner contre le plafond.

Hermione décida de ranger le salon, le hall et de reconstruire une porte plus solide à l'aide de divers sorts. Bien entendu, le résultat n'était pas le même qu'avant l'explosion, mais au moins tout semblait rangé, la maison ne paraissait plus avoir survécu à un ouragan. Une fois cette tâche accomplie, la jeune femme monta à son tour les escaliers et aperçut Drago mettre sa mère au lit. Cette dernière murmurait des choses incohérentes quand le doux murmure de son fils sembla l'apaiser pour qu'enfin, elle s'endorme profondément. Il sortit alors de la pièce et ferma délicatement la porte derrière lui, évitant ainsi de la faire grincer.

- J'ai rangé comme j'ai pu le désordre en bas. Ce n'est pas parfait, mais ça devrait aller, indiqua Hermione, la voix basse.

- Viens, suis-moi, dit-il doucement en s'éloignant à pas feutrés.

Hermione, lasse et le corps endolori, l'accompagna sans réfléchir et se retrouva dans une grande salle de bain. Elle aperçut alors son reflet dans la glace, et ce qu'elle vit lui fit peur. Une partie de son visage et de son corps dégoulinaient de boue, des brindilles et des feuilles s'étaient emmêlées dans ses cheveux, sa pauvre chemise de nuit était déchirée à plusieurs endroits et ses jambes ainsi que ses bras étaient éraflés, égratignés. Du sang, à présent séché, s'était écoulé de ses plaies. Elle tourna alors la tête et croisa le regard de Drago, celui-ci l'observait, assis sur le bord de la baignoire qui se remplissait d'eau à vue d'œil. Le Serpentard n'était pas mieux non plus. Son costume était déchiré, trempé, couvert de boue et de feuillages. Du sang recouvrait presque l'intégralité de son corps et de son visage et il semblait avoir le double de son âge, tant il était épuisé.

- Tu ne ressembles à rien, prends donc un bain, moi j'utiliserai la douche, dit-il d'une voix douce et fatiguée.

Hermione chercha la douche des yeux et la vit un peu plus loin de la baignoire. Certes elle n'était pas collé au bassin, néanmoins elle restait tout de même dans la même pièce et Hermione s'imaginait difficilement prendre un bain avec Drago, nu, juste à côté d'elle. Elle allait exprimer son désaccord quand une délicieuse chaleur s'échappa de la baignoire, appelant Hermione à plonger dedans, et à savourer l'eau parfaitement chaude soulager ses membres à vif. Voyant qu'Hermione ne bronchait pas, Drago sourit et ferma le robinet pour s'approcher de la douche. Lorsqu'elle le vit retirer sa chemise, la jeune fille pudique se retourna aussitôt et plongea dans l'eau, toute habillée. Ce n'est qu'une fois bien cachée par l'eau opaque qu'elle retira sa chemise de nuit pour la jeter par terre, pour ensuite se laisser bercer par l'eau à la température parfaite. D'une oreille distraite, elle entendit Drago actionner le pommeau de la douche, et le simple fait de l'imaginer sans rien sur lui, alors qu'elle-même était complètement nue, la fit rougir.

- Que tu es bête ma pauvre Hermione ! Sa mère est passée à deux doigts de la mort, il ne pense pas à ça en ce moment... Et c'est tant mieux ! se sermonna-elle.

Au bout de trente minutes de bonheur parfait, Hermione ouvrit lentement les yeux et découvrit avec effroi Drago assis sur le bord de la baignoire, l'observant en silence. La jeune fille sursauta à cette vision et fixa l'eau pour être sure et certaine qu'il ne pouvait rien voir, et c'est avec soulagement qu'elle constata que l'eau n'avait pas perdu de son opacité.

- Pourquoi es-tu assis là ? demanda-t-elle timidement, à son grand dam.

- Il est temps que tu sortes de l'eau, dit-il d'une voix rauque, sans la lâcher des yeux.

- Tu es là depuis longtemps ?

- Je me suis douché, puis j'ai soigné mes quelques plaies comme j'ai pu, avant de venir m'assoir, répondit-il sans même ciller.

- Ca ne répond pas à ma question, rétorqua Hermione gênée par sa nudité, alors que le Serpentard avait revêtu un pantalon noir, mais était resté torse nu.

Le grand jeune homme blond se releva, attrapa une serviette blanche et l'étendit devant lui, les yeux fermés.

- Je ne vois rien, viens-là, ordonna-il calmement.

- Certainement pas ! Je peux la prendre toute seule ! Aurais-tu l'obligeance ce sortir de la salle de bain Drago Malefoy ? tempêta Hermione, de plus en plus mal à l'aise.

- Je ne sortirai pas. Alors soit tu sors toute seule et tu t'enroules dans cette serviette, soit je te sors de force, et là je n'aurai pas les yeux fermés, expliqua-t-il, avec une légère de note de malice dans la voix.

- Tu es..., siffla-t-elle.

- Pas de menace Granger ! J'ai eu mon compte pour ce soir, sans oublier que ta baguette est bien trop loin de toi pour que tu puisses représenter un réel danger à mes yeux, se moqua-t-il.

Ravalant ses jurons, Hermione se leva prestement, sorti de la baignoire et attrapa la serviette que lui tendait le garçon. A peine s'était-elle enroulée dedans qu'il rouvrit les yeux et la fixa d'un regard brûlant. La Gryffondor aurait souhaitée fondre sous un tel regard, et disparaitre pour ne plus avoir à l'affronter. Elle tenta néanmoins de cacher son embarras en le regardant droit dans les yeux d'un air farouche, ce qui le fit sourire.

- Assis-toi maintenant, dit-il en la prenant par les épaules pour la forcer à prendre place sur le bord de la baignoire.

Et sans un mot, il s'agenouilla pour prendre le pied gauche de la lionne dans ses mains. Il commença par l'examiner, puis trempa sa main droite dans un bol rempli d'un quelconque onguent avant de l'appliquer sur le pied meurtri de la jeune fille. Hermione allait protester et se relever quand elle sentit la douceur de l'onguent la soulager immédiatement, de plus, Drago tenait fermement sa cheville, pour qu'elle ne puisse pas s'en aller. Le voir ainsi, à genoux devant elle pour la soigner, semblait surréaliste aux yeux de la femme brune, la délicatesse avec laquelle il massait ses plaies relevait de l'extraordinaire, et la chaleur qui envahissait son corps à cette simple vue la troublait totalement.

- Je vais envoyer ma mère chez une amie de la famille. Demain matin, très tôt, je l'y emmène. Elle sera plus en sûreté qu'ici, murmura-t-il en remontant très lentement jusqu'à ses cuisses.

- Et toi ? Que vas-tu faire ? s'enquit-elle alors que son corps tout entier frissonnait des légères caresses de son interlocuteur.

- Je vais attendre qu'il attaque à nouveau. D'après ses dires, la prochaine fois sera la bonne.

- Tu n'as pas peur ? s'étonna-t-elle face à la voix posée du garçon.

- J'ai tellement peur que je sens mon cœur battre à une vitesse folle, mais je ne peux rien y faire, répondit-il en fermant les yeux.

Hermione prit le visage de Drago entre ses mains et le força à la regarder, ses yeux gris semblaient être aussi noirs que les cheveux d'Harry, ses traits étaient tirés et sa mâchoire semblait comme soudée.

- Je te remercie de m'avoir sauvé du Détraqueur.

- Je te remercie d'avoir sauvé la vie de ma mère, et la mienne.

- Je te remercie d'avoir pansé mes plaies, mais je peux me charger toute seule de mes bras.

- Je te remercie d'être là.

Drago se releva alors doucement, rinça ses mains pleines d'onguent, et observa la jeune Gryffondor un long moment avant de s'en aller et de fermer la porte derrière lui. A sa sortie, Hermione respira un bon coup, le corps encore frissonnant. Si elle s'était montrée si tendre à son égard, c'était parce qu'elle ne pouvait être insensible à la douleur du garçon, ce dernier était en état de choc, voilà pourquoi il l'avait soigné de la sorte. Jamais il n'aurait accepté de se mettre à genoux devant une fille qu'il considérait avoir un sang impur, et pour la cajoler en plus.

Je te remercie d'être là.

Cependant quelque chose clochait. La façon dont il avait dit ça, ce n'était pas un remerciement qui concernait uniquement cette nuit, mais bien plus, comme s'il l'avait remercié d'exister. Hermione chassa aussitôt cette idée saugrenue quand son cœur se mis à battre plus vite, une réaction de son corps qu'elle ne comprit pas. La façon dont il la regardait, dont il lui parlait, dont il la touchait, ce n'était pas un comportement normal pour un homme qui disait haïr les personnes nées de parents moldus. La Gryffondor serra sa serviette contre elle, l'échine parcourut de frissons inexplicables.

« Je dois lui dire que son comportement me gêne. Demain à la première heure, je lui demanderai d'arrêter d'être si... si quoi ? Je ne serai même pas en mesure de l'expliquer ! Zut ! », jura-t-elle intérieurement.

Hermione finit de couvrir ses plaies de l'onguent préparé par Drago, en songeant que demain allait être une journée difficile, puisqu'elle ne devait pas oublier qu'il était aussi important de réparer le vase. Elle espérait aussi que Drago accepterait toujours de l'accompagner, malgré les mésaventures de cette nuit.

- Et dire qu'il y a encore quelques heures je n'arrivais pas à fermer l'œil, je pense que maintenant je suis toute disposée à dormir comme un bébé.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Un chapitre avec plus d'action cette fois-ci, avec tout de même des touches de douceur ! Qu'en avez-vous pensé ?

Toujours un grand merci pour vos gentilles reviews, j'espère que ce chapitre vous poussera à m'écrire car je suis vraiment curieuse de connaitre votre ressenti et vos avis dessus ! Bisous :D