C'était fait. Sa mère était maintenant en sûreté, en tout cas il l'espérait. Éreinté par la folle nuit qu'il venait encore une fois de passer, Drago s'affala sur le canapé, le regard perdu dans le vague, la respiration calme et posée. Il avait appris tant de choses cette nuit, à commencer par la raison de l'apparition du Mangemort dans sa vie. Encore une fois c'était à cause de son père, qui même mort, accablait toujours sa famille de par ses précédents actes. Puis il avait vu son patronus se dresser majestueusement face au Détraqueur, un patronus qui représentait une lionne. Cette vision l'avait d'abord déboussolé, avant de comprendre que ça tombait sous le sens. Son obsession et son désir d'être avec elle étaient tellement forts que même sa fibre magique réagissait. Sans oublier le moment ou ce connard de Mangemort avait osé la toucher, et pire, lorsqu'elle avait répondu à ses caresses. A cet instant précis, tout son corps avait tremblé de rage et d'amertume, tant il lui était insupportable de la voir dans les bras d'un autre. Elle était à lui, elle était sienne, et il était temps qu'il obtienne ce qu'il souhaitait tant, comme ça a toujours été le cas.

- Hé ? Tu es réveillé depuis longtemps ?

Drago tourna la tête et aperçu l'objet de ses convoitises. Son visage était pâle, ses yeux étaient cernés, son apparence était négligée. De toute évidence, elle avait besoin de repos. Et malgré cela, il ne pensait qu'à une seule chose, se précipiter vers elle pour la prendre dans ses bras, tout en l'embrassant tendrement dans le cou.

- Ma mère n'est plus là, pourquoi es-tu debout ? s'enquit Drago de son habituelle voix trainante.

- Je n'arrivais plus à dormir, puis de toute façon il est temps de se préparer, répondit-elle.

- Se préparer ?

- A rendre visite à mon grand-père, plaisanta-t-elle en souriant malicieusement.

- Fillius From ? demanda Drago, ravi de la voir lui sourire.

- Exactement ! Le Polynectar est prêt, il ne reste plus que les cheveux. Je vais me changer et on y va, ajouta-t-elle avant de se précipiter à l'étage.

Las, Drago se releva en soupirant. D'un pas lourd, il gravit les marches une par une, quand il s'arrêta net devant la porte de sa chambre. Un autre souvenir de la veille lui revint en mémoire. Lui sous la douche et elle dans la baignoire, complètement nue, non loin de lui, en train de se prélasser dans l'eau bouillante. Le corps parcouru de frissons, le jeune homme posa son front brulant contre la porte sombre, les yeux fermés. Hier soir, il avait pu la caresser, prétextant l'envie de la soigner, alors que tous ses muscles vibraient de désir consumé, pendant que ses mains parcouraient les jambes et les cuisses de la belle. C'était sa femme, elle lui appartenait, il était temps qu'il réclame son dû.

D'un pas ferme et énergique cette fois-ci, il s'avança vers la chambre de la Gryffondor et y pénétra sans même frapper. Et ce qu'il vit lui plut. Elle se présentait de dos, simplement vêtue d'une culotte blanche, occupée à attacher son soutien-gorge de la même couleur pure. Le souffle court, il la regarda se cambrer pour choisir une jupe, quand soudain elle se retourna en hurlant.

- Qu'est-ce que tu fais là ?! Va-t'en tout de suite !

Sans détourner son regard avide de la lionne en rage, le Serpentard s'allongea sur son lit, les jambes croisées, les bras posés derrière sa tête. Un sourire carnassier se dessina sur son visage lorsqu'il la vit tenter de se cacher derrière sa petite jupe.

- Dégage ou je t'attaque ! menaça-t-elle, les joues rouge de honte.

- Tu préfères m'attaquer en petite culotte ou t'habiller et ensuite m'attaquer ? railla-t-il sans la lâcher des yeux.

Ravalant difficilement un juron, Hermione se retourna pour enfiler rapidement ses vêtements. Ainsi, elle put échapper au regard brûlant de désir du garçon, qui ne ratait rien au spectacle. Il savourait chacun de ses gestes sensuels, chacune de ses courbes, chaque partie de son corps. Allongé ainsi sur le lit, il pouvait sentir son propre corps se raidir de part en part, il était en mesure d'entendre son cœur battre à tout rompre, et surtout il parvenait à percevoir cette petite voix, à présent très familière, résonner dans sa tête, et qui ne cessait de lui répéter : « Vas-y ! Prends-là ! Elle est à toi ! Vas-y ! ».

A peine avait-elle enfilé son pull qu'elle se précipita sur sa baguette, prête à en découdre, mais c'était sans compter sur la rapidité du garçon, qui dans un mouvement fluide, se jeta sur elle pour la saisir par le bras avant de la projeter sur le lit, bien loin de sa baguette.

- Ma petite lionne, me crois-tu si stupide ? se moqua-t-il en s'approchant lentement d'elle.

- Quel est ton problème exactement ? demanda-t-elle rageusement, en s'éloignant prestement de lui, sans pour autant quitter le lit.

- Est-ce que c'était tellement gênant de se changer devant moi ?

- Humiliant ! cracha-t-elle, aussi rouge qu'une tomate.

La voir rougir comme cela donna une idée à Drago. Elle était tellement pudique qu'il allait être facile de la choquer encore plus. Et par Merlin, ce qu'il aimait énerver cette petite Gryffondor au tempérament revêche. Le jeune garçon pouvait déjà imaginer la scène. Provoquer un conflit avant de la mettre dans son lit, voilà, ça ce serait parfait.

- Arrête ça ! s'écria-t-elle.

- Arrêter quoi ? interrogea-t-il, surpris.

- Me regarder comme tu le fais en souriant sournoisement, dit-elle d'une voix tranchante.

Peut-être que ses précédentes rêveries l'avait fait sourire sans qu'il ne s'en rende compte. Mais c'était sans importance.

- Tu sais ce qui me fait sourire ? Je repense à la veille, alors que tu prenais ton bain..., murmura-t-il lascivement, en s'asseyant sur le lit à son tour.

- Je... je n'aime pas ça... Pas du tout..., bredouilla péniblement Hermione.

- Quoi donc ?

- La façon dont tu me regardes, parvint-elle à dire clairement cette fois-ci.

- Et comment je te regarde au juste ? continua-t-il en s'approchant d'elle encore davantage.

- Je... je ne sais pas... Mais ça me met mal à l'aise.

En entendant ces mots, Drago éclata d'un rire franc et honnête. Bien entendu, elle n'était pas stupide et s'était rendue compte que son comportement avait changé à son égard, bien qu'elle n'ait pas encore comprit pourquoi. Et bien il était temps de le lui faire comprendre, il était hors de question qu'un autre homme ne la touche à nouveau, ni même pour l'effleurer par erreur. Elle allait quitter le lit quand il l'attrapa par le bras pour l'obliger à lui faire face, tout en caressant son avant-bras du pouce.

- Ne suis-je pas plus respectueux envers toi ? Préférais-tu quand je t'insultais toutes les deux minutes ? Je peux recommencer tu sais, chuchota Drago, le sourire en coin.

- Tu ne peux juste pas être normal ? Sans passer d'un extrême à autre ? s'exclama-t-elle.

- Non, moi je suis toujours à 100% dans ce que je fais. Et tu avais l'air de l'apprécier hier soir, alors que je te soignais.

- Je ne t'avais rien demandé, rétorqua-t-elle, la voix grave, le regard fuyant.

N'y tenant plus, Drago la prit par les épaules et la plaqua sur le lit avant de se mettre à califourchon sur elle. A sa grande surprise, la jeune fille n'essaya même pas de résister. Ses yeux devaient trahir son étonnement, car elle lui répondit aussitôt.

- J'en ai assez de me battre continuellement contre toi. Je ne sais pas ce que tu as en ce moment, mais ça va passer, comme toujours.

- Et si ça ne passe pas, Granger ?

- Tu es Drago Malefoy, tu es lunatique, ça passera, assura-t-elle lentement.

Combien de fois s'était-il retrouvé dans cette position depuis ces quelques derniers mois ? Pourquoi aimait-il tant posséder un tel ascendant sur elle, avoir un tel contrôle ? Il n'en savait absolument rien, mais la voir allongée sous lui était le plus puissant des aphrodisiaques qu'il n'ait jamais connu. Son regard croisa le sien, il put y lire son agacement et son envie de le frapper de toutes ses forces. Cependant, autre chose transparaissait dans son regard, quelque chose de plus trouble, de plus chaud, une lueur qui ravivait encore plus le désir du garçon.

- Et toi Granger ? Depuis quand es-tu comme ça ?

- Comment ça ? s'enquit-elle, curieuse.

- Depuis quand acceptes-tu qu'une fouine telle que moi te soigne, te prenne dans ses bras ou te plaque de force sur un lit ? répliqua-t-il d'une voix rauque.

Et c'est avec plaisir qu'il vit la belle s'empourprer, puis mordre légèrement sa lèvre inférieure. C'était un fait, il n'était pas le seul à avoir changé, et elle venait enfin de s'en rendre compte. Le regard du serpent blond glissa sur les lèvres rouges, pleines et entrouvertes de sa captive, avant de descendre sur sa poitrine, qui se relevait et s'abaissait au rythme de sa respiration, pour ensuite observer ses cuisses dénudées, écartées, tel un appel au plaisir partagé.

- Je vais te le demander gentiment Malefoy, laisse-moi me relever, articula-t-elle d'un ton acide.

- Je meurs d'envie de croquer à nouveau tes petites lèvres, Granger..., souffla-t-il comme un aveu.

A ces mots, Hermione ouvrit grand les yeux, son pouls s'accéléra et le rythme de sa respiration s'intensifia. Content d'avoir fait son petit effet sur sa femme, il se redressa d'un bond et la saisit par le poignet pour l'aider à se mettre debout. Toujours muette de stupeur, la Gryffondor, pourtant bavarde à l'accoutumée, ne pipa mot.

- Aurais-je trouvé le seul moyen de te faire taire ? s'esclaffa le garçon, le corps toujours en ébullition.

- Ce que tu as dit était répugnant...

- C'est surement pour ça que tu es mal à l'aise au point de ne pas oser me regarder dans les yeux.

Elle releva alors le menton d'un air fier et le fixa d'un regard peu amène, les poings serrés.

- Tes petites répliques ne m'atteignent pas. Tu peux te jouer de moi, je m'en contre fiche.

- Jouer de toi ? Mais non ! Jouer avec toi je dirais..., répondit-il d'une voix exagérément sensuelle.

- Je ne t'aime pas du tout, susurra-t-elle, le regard méchant.

- Tu sais quoi petite Gryffondor ? L'important n'est pas que tu m'aimes ou pas, admit-il en agrippant son menton.

- Qu'est ce qui est important alors ?

- Que j'obtienne ce que je veux, peu importe comment, tant que c'est à moi, tonna-t-il d'une voix forte.

Il la lâcha et s'éloigna d'elle, les yeux brillants de malice et d'avidité. Ce qu'il avait dit était vrai, qu'elle l'aime ou non, pour l'instant ce n'était pas primordial. Une seule chose comptait aux yeux du garçon, qu'elle soit à lui et à personne d'autre. Il allait s'en aller quand Hermione l'interpella une dernière fois.

- As-tu de la poudre de cheminette ?

Il se retourna pour lui faire face, et ce qu'il vit le fit rire doucement. La pauvre jeune fille essayait tant bien que mal de contenir sa colère, pour le bien de la mission à venir. Qu'est-ce qu'il aimait la rendre folle, c'était un pur délice, un délice qu'il comptait savourer encore et encore.

- Bien sûr que j'en ai. N'oublies pas que tu es dans une maison de sorciers ici, répondit-il avant de la laisser seule.

Drago patienta dix bonnes minutes devant sa cheminée avant de voir débarouler Hermione, visiblement toujours irritée. Elle passa devant lui la tête haute sans même lui lancer un seul regard, et s'installa dans la cheminée, la main tendue.

- Poudre s'il-te-plait, grinça-t-elle.

Toujours amusé par le comportement de la femme brune, il lui versa dans la main un peu de poudre, sans oublier de frôler sa main à la sienne au passage, ce qu'elle aperçut aussitôt. Il allait lui demander l'adresse du vieil homme quand elle énonça d'une voix forte et claire :

- Plein Champs !

Et hop, elle disparut dans les flammes. Encore abasourdi, Drago resta planté devant la cheminée sans esquisser le moindre geste.

- Merde elle a dit quoi ? La petite conne... Elle fait ça pour se venger ! bougonna-t-il, son sourire s'étant à présent effacé de son visage.

Hésitant, il prit place dans la cheminée et dit à son tour l'adresse qu'il pensait avoir bien entendue.

Il se retrouva alors projeté dans un petit salon purement britannique, auquel il ne manquait qu'une tasse de thé fumant pour que le portrait soit parfait. Drago se releva péniblement, les muscles endoloris, quand il aperçut Hermione un peu plus loin, en train de fouiller dans les tiroirs et autres étagères.

- Putain Granger ! J'ai bien failli me planter dans le nom de l'adresse ! rugit-il en se plantant devant elle.

- Non ? Ce n'est pas vrai ? J'en suis profondément navrée..., dit-elle d'un ton ironique sans même lever les yeux.

- Et tu cherches quoi là ? Tu ne...

- Je monte à l'étage ! Reste ici ! ordonna la Gryffondor avant de s'en aller d'un pas rapide et silencieux.

De dépit, il prit place sur le canapé tout en époussetant ses vêtements, sans se sentir le moins du monde gêné de salir le tapis de cendres noires. Après tout, ce n'était pas sa maison. Il entendit les pas précipités d'Hermione s'approcher. Elle prit place à ses côtés sur le canapé et versa la potion dans deux tasses, avant d'y ajouter deux mèches de cheveux.

- Tu es sûr que tu as pris les bons cheveux ? s'enquit Drago, inquiet.

- Mais oui ! Les accessoires pour homme et femme ne sont pas pareils ! expliqua-t-elle, visiblement sûre d'elle.

Peu rassuré, il observa Hermione prendre une tasse et la lui tendre pour qu'il la prenne dans ses mains, ce qu'il fit difficilement.

- Je vais boire la mienne dans la cuisine, je ne veux pas me changer devant toi, une fois dans la même journée et amplement suffisant, grogna-t-elle en s'éloignant vers la cuisine.

Il attendit qu'elle soit hors de vue avant de boire la potion d'une traite, la gorge nouée. Une violente crampe le saisit, ce qui lui fit lâcher la tasse qu'il tenait dans la main et qui s'écrasa au sol. Le Serpentard agrippa son ventre, avec la ferme intention de stopper cette horrible douleur quand enfin, par miracle, elle cessa. Il se releva alors d'un bond et s'approcha d'un miroir. Quelle horreur ! Il était brun, et petit, ses vêtements étaient à présent bien trop larges pour le corps qu'il possédait. Il approcha une main de son visage et la laissa glisser sur ce visage d'une banalité écœurante.

- Et bien ! Même avec une moue si gentille, ton regard lance des éclairs ! tempêta la voix si reconnaissable de la Gryffondor.

Il se détourna de son reflet et ce qu'il vit faillit le faire tomber à la renverse. La femme qu'il voyait devant lui était grande, élancée, avait des courbes de rêve, une longue chevelure sombre et des yeux magnifiquement bleus. A se demander comment cette splendide femme avait fait pour se dégoter un homme aussi laid.

- Bon ça va, ferme la bouche, une mouche va finir par entrer dedans, gronda Hermione, gênée.

- Ça te fait quoi d'être une belle femme Granger ? se moqua-t-il.

- Ça te fait quoi d'avoir enfin une apparence amicale ? répliqua-t-elle.

Et sans même attendre la réponse du garçon, elle gravit à nouveau les escaliers.

- Mais qu'est-ce que tu fous ? houspilla Drago.

- Fillius From est dans sa chambre, allons-y avant que la potion perde son effet, chuchota-t-elle avant de s'arrêter devant une immense porte.

Drago la rejoignit au moment où elle entrouvrit légèrement la porte. Le vieil homme était assis dans un fauteuil, leur tournant le dos et regardait par la fenêtre.

- Grand-père... C'est moi..., minauda Hermione en s'avançant lentement.

- Oh ma chérie, viens ici, répondit le vieillard en souriant et en se retournant pour leur faire face.

A cet instant précis, Drago arrêta de respirer. Cet homme, il l'avait déjà vu.

A cet instant précis le cœur d'Hermione cessa de battre. Cet homme, elle l'avait déjà croisé.

Le vieillard perdu et sénile de la Cabane Hurlante était Fillius From, et c'était lui qui possédait le secret de la coupe.


Hermione s'avança d'un pas incertain et s'agenouilla devant le vieil homme au sourire bienveillant et chaleureux. D'un geste elle demanda à Drago de faire pareil, ce qu'il fit plus difficilement. A vrai dire, il préférait s'assoir sur le lit, le regard toujours éberlué.

- Grand-père... Comment vas-tu aujourd'hui ? demanda Hermione.

- Oh tu sais, je vais aussi bien que peut l'être un homme de mon âge, répondit-il laconiquement.

- Tu dois penser à tant de choses, non ?

- Oh oui, la vie est si longue et si courte à la fois... Je me souviens du temps où...

- Où vous avez hérité du secret de la Coupe du Directeur de Poudlard ? coupa brutalement Drago.

La lionne lui lança alors un regard lourd de reproches, auquel il répondit en grimaçant.

- Bien sûr... Cette coupe est magnifique, un jour tu connaitras aussi son secret mon enfant, affirma-t-il en caressant affectueusement le visage d'Hermione.

- Pourquoi pas aujourd'hui ? J'ai tellement hâte d'en apprendre davantage, murmura-t-elle.

- Un jour... Quand mon heure sera venue, tu...

Le vieil homme s'interrompit et fixa le compagnon de sa petite fille, le regard aussi perçant que celui de Dumbledore, pensa aussitôt Hermione.

- Vous, dit-il en s'adressant à Drago, prenez bien soin de cette enfant. Elle est douce, gentille, aimante et incroyablement intelligente.

- Je le ferai, répondit Drago, la mâchoire crispée.

- L'aimez-vous ?

Drago détourna le regard du vieillard et observa Hermione, ce qui la mit mal à l'aise. Elle avait l'étrange impression qu'il la regardait à travers son apparence factice, comme s'il l'observait elle, réellement. Il posa à nouveau son regard sur le grand père et lui répondit d'une voix posée :

- Je l'aime.

Gênée, Hermione baisse les yeux, avant de maudire son côté fleur bleue. Bien entendu, il disait cela pour donner le change, Drago n'aimait personne hormis lui-même. Quoiqu'il ait déjà parlé une fois d'une fille à qui il semblait être très attaché. A cette pensée, l'estomac d'Hermione se contracta, à son grand dam. Elle se força alors à reprendre la conversation, les minutes passaient à une vitesse folle, il était temps qu'elle découvre le moyen de réparer son maudit vase.

- Grand-père, et pour le vase ?

- ...

- Grand-père ? insista la jeune fille, désespérée.

Elle posa alors ses mains sur le genou du vieil homme avant de les retirer précipitamment. Ses mains redevenaient plus petites et menues, son apparence reprenait sa forme véritable. Elle jeta alors à un regard empli d'effroi à Drago, dont quelques mèches blondes apparaissaient dans sa chevelure brune. Sans même réfléchir, elle se leva et embrassa ce grand père si chaleureux sur le front, avant de lui murmurer à l'oreille :

- Nous devons y aller, merci grand père... Chéri ! Allons-y ! ajouta-t-elle à l'adresse de Drago, d'une voix haut perchée, avant de d'attraper le bras.

Mais Drago ne l'entendit pas de cette oreille et s'approcha du grand père pour lui poser une dernière question.

- Si le vase est brisé ? Comment faire pour le réparer ?

Fillius leva un regard plein d'intelligence vers le Serpentard, et lui répondit en souriant de toutes ses dents, enfin de toutes celles qui lui restaient.

- Seule la plus sincère des vérités peut réparer le vase brisé, chantonna-t-il avant de fermer les yeux pour se rendormir paisiblement.

- Allez viens ! rouspéta Hermione en l'agrippant.

Tous deux dévalèrent les escaliers pour regagner la cheminée et arriver à la demeure de Drago et sa mère. Hermione se laissa tomber dans le fauteuil, déçue que son plan ait si lamentablement échoué. Le pauvre homme était encore plus sénile qu'elle ne le croyait. Elle vit Drago s'approcher d'elle et préféra le devancer.

- Très bien, je te l'accorde, ce fut une véritable catastrophe.

- Je te l'avais dit. En plus il aurait pu nous reconnaitre. Dire que c'était le vieux de la Cabane Hurlante. Merde... Le monde est bizarrement petit...

- Et oui, nous n'avons vraiment pas de chance, gémit Hermione, les épaules voutées.

- Cependant, il a parlé de vérité, tu en penses quoi ?

- Je ne sais pas, soupira-t-elle. Peut-être devrions-nous nous poser devant le vase et dire tout ce que l'on pense. L'une de ces vérités pourrait le réparer.

Drago prit place à côté d'elle et l'observa, le sourire en coin.

- Tu es de nouveau la petite brune agaçante que je côtoie tous les jours ! Quelle misère !

Hermione le gratifia d'un regard acéré. Bien sûr, lorsqu'elle avait vu sa nouvelle apparence, une certaine envie s'était répandue en elle, une envie qui s'était transformée en jalousie lorsqu'elle s'était retrouvée devant l'expression bouche bée de Drago. Jamais on ne l'avait réellement trouvé belle, et le retour à la réalité n'en n'était que plus amer maintenant.

- Et bien tu connais son adresse, va donc la courtiser ! s'exclama-t-elle en se relevant, prête à s'en aller, quand il lui attrapa le poignet et enroula ses bras autour de sa taille.

- Je te préfère avec ta minuscule taille, comme ça au moins, je peux te maitriser à l'aide d'une seule main, murmura-t-il dans son dos.

Le corps de la lionne se réchauffa aussitôt. Ces bras autour de sa taille, ce souffle dans son cou, et ces mots emprunts d'une sensualité déstabilisante, tout était là pour qu'elle fonde sur place. D'un geste hésitant, elle posa ses mains sur celle du garçon, qui ne broncha pas d'un pouce. Ce contact lui semblait intime, ces mains ne lui étaient pas totalement étrangères, cette respiration haletante lui était familière. Le corps de la femme brune hurlait son besoin de se laisser aller, alors que sa raison lui ordonnait de s'éloigner rapidement de cet être fourbe et vil.

Hermione écoutait toujours sa raison. Elle se dégagea de ses bras puissants et s'éloigna pour regagner sa chambre. Et c'est seulement à l'embrassure de la porte qu'elle lança un coup d'œil furtif au garçon, ce dernier était resté debout, les yeux fermés.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Et voilà un chapitre séparé en deux focus bien distincts ! Alors, surprises par l'apparition du vieillard de la Cabane Hurlante ?

Drago se laisse de plus en plus aller et commence à dévoiler son désir, Hermione elle réagit à sa façon et ce n'est que le début ;)

Merci encore et toujours pour vos reviews, j'espère vraiment en lire pour ce chapitre :D