- Mmm…

Hermione s'éveilla lentement, une main couvrant ses yeux, encore incapable de les ouvrir. Se prélassant lentement, elle dû reconnaître qu'il n'y avait rien de mieux que de dormir dans son lit à elle, loin de la maison des Malefoy. Et quelle nuit elle avait passé, toute en douceur, accompagnée de quelques songes agréables. Hélas, dans quelques heures à peine, elle allait devoir affronter son camarade de classe, et ne savait pas encore ce qu'elle allait bien pouvoir faire pour l'occuper toute une journée, surtout dans un quartier de moldus. De plus, le comportement du garçon ne cessait de l'étonner et de la désarçonner. Il se montrait tantôt drôle, tantôt sensuel, tantôt agressif, c'est pourquoi elle était de plus en plus perdue en sa présence. Narcissa Malefoy avait bien raison en la mettant en garde avant qu'elle n'entre pour la première fois dans l'étrange demeure, de toute évidence, la lionne n'en était pas ressortie indemne, et Drago non plus. Laissant échapper un long soupire, elle décida de ne pas y penser pour le moment, quand elle prit conscience que plusieurs voix résonnaient dans la pièce. Hébétée d'entendre la voix de Han Solo retentir dans sa chambre, démunie de télévision, Hermione se força à entrouvrir les yeux quand ce qu'elle vit la figea. Drago Malefoy, allongé près d'elle, absorbé par la télévision. Ne sachant pas si elle devait se relever en hurlant ou bien l'attaquer, toutes griffes dehors, elle décida de continuer à l'observer à la dérobée. Ses cheveux, complètement emmêlés, tombaient négligemment sur ses yeux, ses lèvres étaient entrouvertes, comme s'il désirait vivre l'action qu'il regardait, ses muscles étaient détendus et sa respiration calme. Une couette beige les recouvrait tous les deux, bien qu'elle put tout de même s'apercevoir que le garçon ne portait pas de tee-shirt. Cette simple vision fit accélérer le cœur de la Gryffondor, ses joues s'empourprèrent et un nœud se noua dans son ventre.

« Respire, respire, respire… Redresse-toi et frappe-le », pensa-t-elle énergiquement.

Cependant, malgré elle, elle ne bougea pas d'un pouce, se contentant de fixer le garçon d'un regard ébahi, à la fois gênée de se trouver dans une telle situation et agacée de ne pas savoir comment réagir. Elle distingua alors la main de Drago se lever, ce qui la poussa à fermer instantanément les yeux, peu désireuse d'être prise en flagrant délit de reluque. C'est alors qu'elle sentit une légère caresse dans ses cheveux, à présent elle percevait une main courir tendrement le long de sa chevelure, tel un rituel quotidien et routinier. Muette de stupeur, Hermione serra les poings sous son oreiller tout en essayant d'oublier le martèlement ininterrompu de son cœur. Tétanisée de surprise et de stupeur, la jeune fille releva les paupières et vit exactement la même chose que précédemment, Drago buvant chaque réplique du film, à la différence près, que sa main continuait de caresser ses cheveux. Ces gestes tendres avaient quelque chose de rassurant, de familier et d'intime, ce qui eut pour effet de l'apaiser aussitôt. Néanmoins, ce moment de paix ne dura pas bien longtemps.

- Suis-je beau au point que tu ne puisses détourner ton regard de ma personne ? s'enquit Drago, sans pour autant lâcher l'écran des yeux.

Rouge de honte, Hermione se redressa et écarta la main du garçon d'un mouvement brusque.

- Qu'est-ce que je fiche dans ta chambre ? siffla-t-elle.

- Tu sais quoi ? J'ai passé des heures à essayer de trouver une raison à ta présence ici, sans résultat. Alors je te laisse choisir, répondit-il laconiquement, sans la regarder.

- Qu'est-ce que je suis censée comprendre au juste ? Que tu m'as fait venir dans ton lit sans excuse valable ?

- C'est exactement ça ! affirma le garçon en souriant.

- Tu te moques de moi ? ragea Hermione, éberluée face au garçon nonchalant.

- Pas du tout petit lionne…

- Et regarde-moi quand tu me parles ! s'écria-t-elle, à présent hors d'elle.

Cette fois-ci, le Serpentard tourna son visage vers son interlocutrice et plongea son regard acier dans celui de la femme brune, qui perdit quelque peu de sa contenance.

- Je t'assure qu'en ce moment précis, il vaut mieux que je ne te regarde pas, concéda-t-il, la voix basse.

- Et puis-je savoir pourquoi ? Tu as regardé Star Wars toute la nuit ?

- Il fallait que je me change les idées pour ne pas craquer…, continua-t-il, la voix de plus en plus grave.

- Craquer ? s'étonna Hermione.

Le jeune homme blond ne lui répondit pas, mais laissa courir son regard sur les jambes dénudées de la belle, sur sa poitrine à peine cachée et sur ses lèvres entrouvertes. Devant un tel regard, Hermione sentit son bassin se réchauffer délicieusement. En ce moment même, elle aurait été bien incapable de dire si elle aimait être observée de cette façon ou pas. La jeune femme savait qu'elle aurait dû s'énerver, crier sa colère, mais elle n'y parvenait décidément pas, trop occupée à frémir sous le regard du jeune homme.

- A quoi penses-tu ? demanda-t-il au bout d'un moment.

- Je… je ne… Ne me fais plus dormir avec toi, bredouilla-t-elle péniblement.

- Sinon quoi ? riposta-t-il tout sourire.

- Bref ! Allez ! Debout ! s'exclama-t-elle, souhaitant par-dessus tout clore ce sujet et ainsi oublier sa timidité inexpliquée.

La femme brune allait retirer la couette des jambes du garçon pour le forcer à se lever, quand il l'empoigna violemment.

- Un conseil gamine… Ne perds pas ton innocence en retirant cette couette, murmura-t-il les yeux fermés, le front collé à celui d'Hermione.

- Quoi ? Gamine ? Tu viens de me traiter de…, s'insurgea-t-elle.

- Et si tu laissais cette couverture sur moi, pour à la place, descendre me préparer un bon thé ? proposa-t-il, la voix rauque.

- Tu n'as pas à me donner des…

- Putain Granger ! Descends de ce lit avant que je ne perde le peu de sang-froid qu'il me reste ! coupa-t-il, le souffle court, alors que ses lèvres frôlaient à présent le nez de la lionne, tandis que sa main resserrait davantage son étreinte.

Alors que son corps lui criait de rester dans le lit en compagnie du Serpentard, Hermione se releva d'un bond et quitta la chambre, le cœur battant à tout rompre. Une fois dehors, elle s'adossa contre la porte et porta une main à son cœur, espérant ainsi le calmer.

De son côté, Drago se laissa tomber dans le lit, les bras croisés derrières sa nuque. Finalement, cette nuit avait été un calvaire, jamais il n'aurait pensé que passer la nuit dans le même lit que la femme brune relèverait à ce point de la torture psychologique et physique. Il n'avait cessé de se tourner dans tous les sens, résistant tant bien que mal à l'envie irrépressible de se coller au corps chaud de la belle, de laisser glisser ses mains sur ce corps défendu, d'en embrasser chaque partie. Et puis, ne parvenant plus à se maîtriser, il avait décidé de plonger à nouveau dans la saga, espérant ainsi ne pas perdre complètement le contrôle de son corps. Mais maintenant, alors qu'il était affalé sur ce lit, dans lequel regorgeait l'odeur de sa femme, il se laissa aller et fit courir sa main vers sa virilité, durcie au point qu'il aurait été compliqué de la cacher à cette adorable casse-pied de Granger.

Seulement cette fois-ci, il n'eut pas le courage de contenir ses cris.

- Je le savais Granger ! J'étais sûr que tu allais faire ce thé ! annonça-t-il en pénétrant dans la cuisine d'une démarche assurée.

- Je ne l'ai pas fait pour toi ! J'en avais envie… Voilà tout…, répliqua-t-elle en posant la tasse de thé fumant en face du garçon.

- Pourquoi as-tu tant de mal à assumer le fait que tu aimes me faire plaisir ? demanda-t-il en feignant l'innocence.

- Il pleut, tu veux quand même sortir ? interrogea-t-elle en regardant par la fenêtre.

- Tu avais prévu de sortir avec moi ? s'étonna le Serpentard en sirotant lentement son thé.

- Je préfère te savoir en dehors de cette maison. Alors ?

- Où sont tes parents ?

- Ils travaillent. Ce sont des dentistes de garde, ils sont toujours au boulot, répondit-elle tranquillement.

- J'aime la pluie, sortons admirer les jolis petits cafards…, chuchota-t-il.

- Ne compare pas les moldus à des cafards ! tempêta la jeune fille.

- Tu préfères les blattes ? A moins que tu ressentes une certaine prédilection pour les rats ?

- Espèce d'abruti ! cria-t-elle en s'éloignant vers le lavabo pour y rincer sa tasse.

Drago l'observa. La lionne avait troqué sa chemise de nuit contre une robe banche, au tissu épais mais à la coupe troublante, car cette dernière épousait parfaitement les courbes de l'étudiante, ce qui n'aidait pas Drago à penser à autre chose qu'à son corps vibrant sous ses caresses.

- Tu n'avais pas autre chose à te mettre sur le dos ? Un sac poubelle par exemple ? grogna-t-il, irrité de devoir tout le temps se retenir.

- J'adore mes vêtements, et tant pis s'ils ne conviennent pas à Monsieur Malefoy, railla-t-elle.

- Il y a bien une chose que j'adore, ce n'est pas pour autant que…

- Ah oui ? Qu'est ce que tu adores toi ? Ton ego ? Ton narcissisme ? se moqua-t-elle en lui faisant face.

- Ma femme.

Bouche bée, Hermione lâcha son torchon de vaisselle en le regardant avec des yeux ronds. Un horrible pincement au cœur se fit sentir, alors que ses mains se mirent à trembler sans raison. Chancelante, elle se mit à genoux pour ramasser le torchon pour ensuite tourner le dos à l'étudiant blond, avant de lui demander d'une voix qu'elle souhaitait ferme.

- La femme dont tu m'avais parlé dans le train ?

- Exactement.

- Elle est à Poudlard ?

- Tout à fait.

- Vous êtes ensemble depuis longtemps ?

- Probablement.

D'un bond elle sursauta et se projeta sur le côté. Le jeune homme s'était approché d'elle et avait dit ce dernier mot à son oreille, ce qui décupla ses frissons, à son grand dam.

- Allons Granger, arrêtons ce jeu du ni oui ni non. Tu meurs d'envie de connaître son nom ! Demande-le-moi, et je te le donnerai, dit-il en souriant sournoisement.

- Pas du tout ! Je suis juste étonnée qu'une femme ait su toucher ton cœur de pierre, répliqua-t-elle, les poings serrés.

- Elle ne l'a pas seulement touché, elle l'a fissuré, l'a brisé et a piétiné les gravats.

- Coriace la petite ! ironisa Hermione.

- Si tu savais à quel point…, souffla-t-il en posant sur elle un regard lourd.

La Gryffondor préféra ne pas poursuivre cette conversation et prit grand soin d'essuyer sa tasse avant de la ranger, le tout sous le regard pesant de Drago. Son pincement au cœur n'avait toujours pas disparu, bien au contraire, il s'était intensifié. Elle maudit alors Drago et son nouveau pouvoir étrange et malveillant qu'il exerçait sur elle.

- Dis-moi Granger, c'était comment avec Weasmoche ?

A cette question, Hermione faillit s'étrangler de surprise. Comment était-il au courant de la nuit qu'elle avait passé avec Ron ? Pourquoi s'en souciait-il ? Etait-il complètement fou ?

- Je vais faire semblant de n'avoir rien entendu, chantonna-t-elle en amorçant quelques pas en direction du couloir, quand il la retint fermement.

- Tu m'as très bien entendu ! Comment c'était ?

- Mais ça ne te regarde pas ! brailla-t-elle. Maintenant lâche-moi !

- Dis-moi ma lionne, est-ce que tu pensais vraiment à lui quand il te faisait l'amour…

La claque partit toute seule. Drago se massa sa joue rougie par la violente gifle de la jeune femme, ravi de l'avoir une fois de plus poussé à bout.

- Je t'interdis de te montrer à ce point grossier avec moi ! tonna-t-elle d'une voix forte, étonnée de ne pas le voir se venger de la gifle.

- Je n'ai pas été grossier, je n'énonçais qu'une simple vérité, répondit-il calmement.

Hermione repensa alors au garçon du bal, à ses gestes et à ses baisers. Drago avait raison, elle n'avait pas pensé qu'à Ron cette nuit-là, mais pour rien au monde elle aurait pu lui avouer cela.

- On sort ou pas ? s'impatienta la jeune fille, au comble du désarroi.

- Je prends mon manteau, j'arrive.

Drago gravit les marches de l'escalier à toute vitesse, les muscles encore tendus, tant il avait été à deux doigts de lui avouer la vérité sur cette fameuse nuit au bal. Une fois dehors, Hermione ouvrit un grand parapluie noir, que Drago attrapa, étant plus grand qu'elle. Ils marchèrent ainsi un long moment, collés l'un à l'autre sous l'immense parapluie sombre, traversant les rues, foulant le sol jonché de quelques détritus, frôlant certains moldus. Mais Drago se souciait peu de l'environnement qui l'entourait ou de la destination de leur voyage, non, ce qui l'intéressait, était la petite femme brune présente à côté de lui, dont l'épaule touchait la sienne. Ils marchèrent ainsi dix bonnes minutes quand elle s'arrêta en dessous d'un abri de verre.

- Bon, maintenant, je vais me venger de ces huit années de persécution et de coups fourrés, entonna-t-elle fièrement.

- Qu'est-ce que tu prépares Granger ? demanda-t-il, soudain anxieux.

- Nous allons prendre le bus ! Tiens ! Il arrive ! dit-elle en riant.

Et c'est alors qu'il comprit. Le bus. La chose la plus effroyable qu'il n'eut jamais connu. Des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants qui parlaient, riaient, se plaignaient, toussaient, éternuaient, pleuraient, dormaient, criaient, bref, vivaient dans ce minuscule espace clos roulant. Ho oui, sa petite femme était très maligne et infiniment perfide, car une fois dedans, il n'y avait plus moyen d'en sortir. C'est tout de même, avec une certaine satisfaction, qu'il s'aperçut qu'il était le plus grand du bus, lui permettant de s'adosser contre une vitre, lui évitant ainsi de se tenir à une personne inconnue. Il allait lâcher un sourire carnassier à son ennemie quand il vit qu'elle était coincée entre deux individus, des individus de sexe masculin plus précisément. Sans même réfléchir, il la prit par le bras, la souleva de quelques centimètres et la plaque contre la vitre, avant de se plaquer à son tour contre elle.

- Mais pourquoi fais-tu ça ? ronchonna-t-elle, mal à l'aise d'être collée à Drago.

- Tu préfères que ce soit moi ou l'ivrogne d'à côté ? bougonna-t-il.

- D'accord…, concéda-t-elle à demi-mot.

Le bus continua de suivre son trajet défini, un trajet que Drago trouva long, trop long. Une chose était certaine, la vie des moldus était bien différente que celle observée dans Star Wars. Il n'y avait pas de superbes vaisseaux spatiaux, pas du tout, mais un engin qui ne cessait de freiner brusquement, le projetant contre sa tentatrice de femme. Les mains plaquées contre la vitre, de part et d'autre du visage d'Hermione, la mâchoire crispée et les muscles endoloris, Drago laissa tomber sa tête sur l'épaule de l'étudiante.

- Déjà fatigué ?

- Quand est-ce que ça va finir ? s'enquit-il, haletant.

- Bientôt. Tu es vraiment un enfant roi, qui ne connaît rien au monde réel, affirma-t-elle.

- Le monde réel je m'en moque, tout ce que je veux, c'est sortir d'ici.

- J'ai eu une bonne idée ! Je suis contente de te voir dans cet état, ajouta-t-elle observant la mine déconfite du jeune homme.

- Tu parles d'une bonne idée… Tu pourrais le regretter plus que moi, murmura-t-il à son oreille.

A peine avait-il dit ces mots qu'il se colla complètement à la Gryffondor, ondulant du bassin contre elle, les lèvres frôlant sa nuque. En sentant la chaleur du garçon se propager en elle, Hermione tenta difficilement d'avaler sa salive, sans résultat, alors qu'elle luttait contre son corps, empêchant ainsi ses cuisses de s'entrouvrir pour laisser passer la jambe du Serpentard. Et c'est avec soulagement que le bus s'arrêta à son arrêt. Elle attrapa le poignet du garçon et sauta en dehors du bus, revigorée par l'air frais. C'est alors qu'elle crû apercevoir au loin un visage charmant, et pas inconnu. L'individu disparu alors dans la foule, ne laissant aucune trace derrière lui.

- Et voilà ! Après l'effort ! Le réconfort ! s'exclama-t-elle en riant franchement, avant de se retourner et de voir l'expression qu'affichait le jeune homme.

Debout, raide comme la justice, Drago ne cessait de se passer les mains dans les cheveux, la fixant d'un regard brûlant qu'elle jugea dangereux, car incroyablement envoûtant.

- Malefoy ? Et si tu levais les yeux pour voir où nous nous trouvons ? conseilla-t-elle doucement, de peur de réveiller le fauve.

Sans un mot, Drago leva les yeux au ciel et aperçut l'immense bâtiment qui se trouvait devant lui, où il pouvait y lire sur sa façade…

-… Cinéma…

- Et oui ! Tu as aimé la télévision ? Tu vas adorer ça ! dit-elle joyeusement afin de cacher son embarras.

Perdu dans ce nouveau monde, Drago la suivit en silence, la vit acheter quelques bonbons et du pop-corn avec une monnaie qu'il ne connaissait pas, et prit place dans une immense salle aux sièges rouges. A l'avant se trouvait un gigantesque écran noir.

- Nous allons regarder X-Men, et va savoir pourquoi, je suis sure et certaine que tu vas adorer les méchants, plaisanta-t-elle.

- Pourquoi fais-tu ça ?

- Pourquoi je fais quoi ?

- M'emmener ici ? Pourquoi ? insista le garçon.

- Pour te prouver que les moldus ont leur propre magie ! répondit-elle en souriant, alors que la salle s'assombrissait.

Hermione eut alors le plaisir de voir Drago scotché à son siège, les yeux sortant de leurs orbites tant il était pantois.

« J'ai définitivement eu une bonne idée… ».

Drago savoura chaque moment passé dans cette salle obscure. Hermione avait raison, ce pouvoir de vivre le film de façon si intense relevait de la magie, même si jamais il ne lui aurait avoué cela, d'ailleurs ce n'est pas pour autant que son jugement concernant les moldus allait changer. Néanmoins, même si le film était réellement intéressant, le garçon ne pouvait s'empêcher de jeter quelques coups d'œil à la femme assise juste à côté de lui. Il ne pouvait retenir sa main de plonger dans le pot de pop-corn en même temps que la lionne, appréciant chaque frôlement de peau. Il réalisa alors qu'en seulement quelques jours passés en sa compagnie, il avait réussi à s'approcher d'elle, à la rendre plus réceptive à ses gestes, à l'adoucir à son contact. Mais un problème persistait, elle ne savait toujours pas que c'était lui, le garçon du bal.

« Et si elle me confondait avec un autre connard ? Et si c'était déjà fait ? », songea aussitôt le serpent.

Une fois le film terminé, Hermione regagna la sortie quand elle s'aperçut qu'elle avait oublié son parapluie dans la salle. Hélas, les portes se refermèrent avant qu'elle n'ait eu le temps de le prendre. Déçue, elle regagna l'arrêt de bus et prit place à côté d'un Drago silencieux.

- Alors ?

- Pas mal.

- C'est tout ?

- Ouais.

Perplexe devant la morosité du Serpentard, Hermione se couvrit davantage dans son gilet, alors qu'une averse tombait sur elle, puisque bien sûr, l'abri était partiellement cassé, laissant s'engouffrer la pluie. Plusieurs minutes passèrent sans qu'aucun des deux étudiants n'échangent un seul mot, quand subitement, Drago poussa un grognement sourd.

- Que se passe-t-il ? interrogea-t-elle, inquiète.

- Arrête-ça…, gémit-il.

- Mais quoi donc ?

- De croiser et décroiser tes putains de jambes ! s'énerva-t-il pour de bon.

Stupéfaite, Hermione le fixa sans réussir à déchiffrer son expression. Penché en avant, les coudes sur les genoux, le visage dans les mains, il observait sans ciller ses jambes trempées, que sa robe ne dissimulait presque plus.

Depuis la sortie du cinéma, le grand garçon blond n'avait cessé de ruminer de sombres pensées, imaginant un autre homme dans les bras de sa femme, quand son regard fut attiré par le jeu de jambes ininterrompu de sa camarade de classe, à croire qu'elle cherchait à le narguer. N'y tenant plus, il agrippa le bras de la lionne et l'entraîna de force dans une petite ruelle déserte, avant de la paquer contre un mur.

- Qu'est-ce que tu fiches ? Tu m'as fait mal ! cria-t-elle en se massant le bras.

- Et toi Granger, tu me fais mal depuis des mois sans que je ne m'en plaigne, dit-il d'une voix grave.

- Mais qu'est-ce que j'ai bien pu te faire ? Je fais tout pour prendre sur moi, pour ne pas m'énerver !

- Mais regarde-toi merde…

Sa robe collait maintenant son corps mouillé, ses cheveux étaient plaqués contre son visage et ses joues ainsi que ses lèvres étaient rougies par le froid. Dans la précipitation, son lourd gilet était tombé par terre, la dévoilant encore davantage aux yeux du prédateur qu'était à présent Drago

- Si mon apparence te déplait, tu n'es pas obligé de me regarder ! s'époumona-t-elle.

- J'essaie de ne pas te regarder, mais je ne peux plus, je n'y arrive plus…, avoua-t-il d'une voix rauque, le regard avide.

- Maintenant tu vas me dire ce qui ne va pas ! J'en ai assez de tes sautes d'humeur ! C'était bien plus facile quand tu n'étais qu'un gamin capricieux ! siffla-t-elle, le corps parcouru de frissons incompréhensibles face au regard incandescent du jeune homme.

- C'était plus simple pour moi aussi, dit-il d'une voix à la fois douce et amère.

- Alors s'il te plait, redeviens comme…

Mais Hermione n'eut pas le temps de finir sa phrase. Drago se jeta sur elle et laissa exploser toutes ces semaines de désir refoulé et de frustration permanente. D'une main il attrapa ses cheveux bruns alors que de l'autre il agrippa sa taille, collant ainsi ses lèvres contre les siennes. Dans un gémissement sourd, et indifférent aux faibles protestations d'Hermione, il savoura le contact de ces lèvres pleines sur les siennes, forçant celles-ci de sa langue, afin de s'insinuer sensuellement dans la bouche chaude de sa lionne. Dans un grognement guttural, il commença par lécher cette langue si longtemps désirée pour ensuite la sucer et la mordre légèrement avant de reprendre le baiser plus en profondeur. Et c'est avec stupéfaction qu'il senti la femme brune répondre à son baiser avec la même fougue, enroulant sa langue à la sienne, s'accrochant à ses cheveux blonds, gémissant contre ses lèvres. Ivre de désir, il la souleva contre la paroi mouillée et écarta ses jambes de son genou, se perdant dans les caresses que lui prodiguait sa femme.

« A moi… Elle est à moi… Ma femme… », ne cessait de se répéter mentalement Drago, alors que les deux étudiants se laissaient aller à un plaisir si longtemps réprimé.

Submergé par ses émotions, le Serpentard descendit ses lèvres jusqu'au menton de la jeune femme, qu'il embrassa amoureusement, pour ensuite glisser jusqu'à sa nuque, le nez plongé dans ses cheveux trempés. Il se mit à sucer cette peau fine, tel un lion affamé devant le plus délicieux des repas.

- Hermione… Hermione… J'en avais tellement envie…, gémit-il en embrassant ses épaules.

C'est alors qu'il fut brutalement projeté en arrière. Incrédule, il regarda Hermione, qui à présent le fixait d'un regard méprisant.

- C'était toi, dit-elle sèchement.

- De quoi parles-tu ? demanda-t-il bien qu'il sut parfaitement de quoi elle parlait en cet instant précis.

- Ne joues pas au plus malin ! Le soir du bal ! Le garçon dans le noir… C'était… toi…, haleta-t-elle.

- Oui, c'était moi. Il faut croire que mes baisers sont inoubliables, fanfaronna-t-il en feignant un sourire, alors qu'au fond de lui, le ton acide de la jeune fille le rongeait.

- Mais pourquoi ? s'écria-t-elle.

- Hermione, que croyais-tu depuis tout de ce temps…

- Ne m'appelle pas comme ça ! coupa-t-elle.

- Je t'appelle comme je veux ! Merde ! Tu imagines peut être que je laisse toutes les femmes que je connais me bercer la nuit ou dormir avec moi ? Tu penses que je prends le temps de panser les plaies d'une autre personne que moi-même ? Que je prends tout le monde dans mes bras ? Mais bordel ! Tu as juste joué à l'autruche en faisant semblant de ne rien voir ! beugla à son tour Drago, hors de lui.

Abasourdie, Hermione s'éloigna de lui, les mains devant la bouche.

- Je suis une fille de moldus…, chuchota-t-elle. Je suis une sang de bourbe, une sang impure, et tant d'autres choses… L'aurais-tu oublié ?

- Tu es ma femme avant tout ! Le reste, je saurai le gérer en temps et en heure, affirma-t-il le poing serré.

- Je ne comprends pas…, murmura-t-elle, comme effrayée.

- Non tu ne comprends pas, car il n'y a rien à comprendre. Et ne fais pas semblant de ne rien ressentir ! La manière dont t'es occupé de moi quand je me sentais mal, la façon dont tu m'as sauvé la vie. Le fait que tu ne te sois même pas énervé alors que je t'avais fait dormir avec moi…

- Tais-toi ! ordonna-t-elle.

- Et ce baiser qu'on vient d'échanger… Tu peux dire ce que tu veux, tu veux être avec moi et je…

- La ferme ! Moi je te hais ! C'est tout ! Laisse-moi tranquille !

Elle tenta de partir en courant quand il la rattrapa, dégagea les quelques mèches mouillées de son visage, et l'embrassa férocement, comme si sa vie en dépendait. A ce simple baiser, tout le corps d'Hermione vibra à nouveau, elle savait que Drago disait vrai, que tout en elle lui criait d'enrouler ses bras autour de lui et de vivre plus intensément encore ce qu'elle vivait maintenant, mais elle en était incapable. Il s'était joué d'elle, lui avait caché la vérité durant des jours, elle se sentait trahie. Et qu'est ce qu'il y avait de pire que de se sentir trahi par Drago Malefoy ? D'un mouvement brusque, elle s'écarta de lui en gémissant.

- Tu me veux petite lionne, pourquoi résistes-tu ? murmura-t-il à son oreille.

Mais Hermione, perdue dans toutes ces nouvelles émotions, s'échappa à vive allure. Drago la suivit aussitôt quand soudain elle disparut de sa vue, puisqu'un foule d'individus masqués cachait à présent la jeune femme. Il fonça dedans et continua à la chercher du regard quand un rire tonitruant et angoissant résonna dans la foule. Une fois que les personnes déguisées se furent éloignées de lui, Drago trébucha sur un masque qui se trouvait par terre. Tétanisé de froid et de peur, il retourna le masque et découvrit le masque du Mangemort.

Trempé jusqu'aux os, le masque dans la main, Drago se releva, essayant désespérément de trouver un moyen lui permettant de la retrouver, mais comment faire dans ce monde qu'il ne connaissait pas, où la magie n'avait jamais vu le jour ? De toute évidence, le Mangemort venait de l'enlever, et la retenait captive, mais comment l'aider ? Se sentant impuissant alors que la femme qu'il aimait était en danger, il cria sa rage.

OoOoOoOoOoOoO

Et voilà, nous y sommes, ils se sont embrassés et il a révélé son secret ! Mais ce n'est pas encore terminé et le Mangemort revient dans la danse ;)

Certaines ont du remarqué que j'ai posté ce chapitre avec quelques jours de retard, je vous explique. Étant donné que j'ai achevé mon autre fiction, j'ai décidé de publier à nouveau un chapitre le dimanche =)

Je remercie vraiment vraiment vraiment toutes celles qui me lisent et surtout celles qui me laissent des reviews ! On peut aimer mon histoire ou bien la détester, il n'empêche que j'écris ce que j'aime et j'aime me faire plaisir en écrivant mes hsitoires héhé Donc un gros gros merci pour vos reviews, pressée de lire vos réactions suite à ce chapitre ;)