Anéanti, seul et perdu dans ce monde qu'il ne connaissait pas, Drago resta debout, stoïque, crachant désespérément sur sa pitoyable impuissance. Il allait se cacher dans un coin sombre de la ville pour transplaner chez lui, espérant y trouver le Mangemort et sa prisonnière, quand soudain, il aperçut un peu plus loin un autre masque. Il s'en approcha et distingua au coin de la rue un autre, et c'est alors qu'il comprit. Ce satané Mangemort avait prévu de ne pas totalement disparaître, bien au contraire, il souhaitait entraîner Drago dans un piège, en l'appâtant avec l'étudiante brune, et en marquant le chemin de ces nombreux masques. Soit, si c'était le cas, il mordrait à l'hameçon avec le plus grand plaisir. Et c'est d'une démarche résolue et déterminée qu'il suivit la route indiquée par son ennemi. Le jeune garçon traversa de nombreuses rues avant de se retrouver devant une petite forêt, certain qu'il approchait du but, il poursuivit sa route, la peur au ventre, ruisselant de transpiration et de pluie. Alors que sa progression à travers les arbres, les feuilles et la boue se fit plus difficile, il entendit des cris d'agonie. Le cœur au bord des lèvres, le Serpentard se mit à courir comme un dératé, ignorant les égratignures, la douleur et la peur, ne songeant qu'à Hermione et à ce qu'elle endurait par sa faute. Puis les cris cessèrent subitement, ce qui n'empêcha pas Drago de continuer sa folle course, et c'est là qu'il la vit.

Recroquevillée sur le sol, trempée, les mains serrées sur son ventre, la Gryffondor paraissait être tellement faible et fragile que le cœur du garçon se serra douloureusement. Il amorça quelques pas en sa direction quand quelqu'un rugit :

- Endoloris !

Hermione reprit ses hurlements, enfonçant ses ongles dans son ventre, tentant vainement de faire disparaître l'horrible douleur ainsi. Drago chercha alors du regard d'où provenait le sort, mais il n'aperçut personne, alors qu'Hermione continuait de crier à la mort. Blessé dans tout son être et emplis de rage, il mugit dans la sombre forêt.

- Où es-tu ? Pourquoi te caches-tu ? Viens me trouver, à moins que tu ne sois trop lâche pour oser me faire face !

C'est alors qu'il apparut, déambulant tranquillement, son masque dans la main droite, sa baguette dans l'autre, affichant un sourire goguenard, comme si torturer une jeune femme était distrayant, comme si voir sa propre élève souffrir était la chose la plus amusante qu'il ait fait.

- Egnam Torm…, murmura Drago en le regardant droit dans les yeux.

- Moi-même ! fit-il en courbant noblement l'échine, tel un galant cavalier saluant sa partenaire de bal.

Le professeur de défense contre les forces du mal se tenait devant lui, visiblement ravi de pouvoir enfin dévoiler son visage, et par conséquent, sa véritable personnalité. Certes, Drago avait toujours été le seul à ne pas apprécier ce soi-disant séducteur, ami de tous les élèves et dont la patience était reconnue par toute l'école. Mais de là à l'imaginer Mangemort, ça, jamais il ne s'en serait douté. Puisqu'à présent, le professeur avait perdu son doux visage aimable, et l'avait remplacé par des traits durs et emprunts de folie.

- Mais qui êtes-vous ? finit par demander Drago.

- Je pense que tu le sais déjà mon garçon, répondit-il aimablement, tout en continuant de marcher en direction du corps quasi inerte d'Hermione.

- Non je ne le sais pas ! Je vais vous le demander encore une fois. Qui êtes-vous ? répéta le jeune homme d'une voix plus forte.

- Egnam Torm, sombre abruti ! brailla le Mangemort.

Drago le vit s'avancer davantage vers l'étudiante, il put même apercevoir que la baguette de la Gryffondor sortait distraitement de la poche de son agresseur. Cherchant vainement un moyen d'attirer l'attention de son ennemi pour qu'il s'éloigne d'Hermione, le Serpentard continua à poser toutes les questions qui lui venaient à l'esprit.

- Je n'ai même jamais entendu ce nom au sein de ma famille. Ce n'est pas votre vrai nom n'est-ce pas ?

C'est alors que le professeur se mit à rire à gorge déployée avant de détourner son regard de la jeune fille, au grand soulagement de Drago. Visiblement, distraire le Mangemort était la meilleure tactique à adopter pour le moment.

- Bravo ! Bravo ! Si je ne tenais pas ma baguette, j'aurais applaudis ! Non, bien entendu, ce nom n'est qu'un pseudonyme. D'ailleurs, il aurait dû te mettre la puce à l'oreille, petit…, ricana-t-il.

- Comment ça ? s'enquit Drago, de plus en plus agacé.

- Si la gentille petite sang de bourbe était réveillée, elle aurait tout de suite trouvée.

- Oui mais elle ne l'est pas, ragea Drago les dents serrées, imaginant le supplice qu'avait dû endurer sa femme par sa faute.

Le professeur de défense contre les forces du mal fit quelques pas en sautillant, s'amusant de la situation et de son avantage physique et moral.

- Egnan Torm, mon petit… Egnam Torm… Et si tu essayais de regrouper ces lettres différemment ? souffla-t-il en lui lançant un clin d'œil.

Drago se mit à réfléchir, ne comprenant pas ce que voulait dire le professeur. Il aurait abandonné s'il n'avait pas senti l'importance de cette question, comme si le fait de donner une mauvaise réponse pourrait entraîner une sanction… mais pour Hermione.

« Egnam Torm… Egnam Torm… Mais merde ! Que veut-il dire par assembler les lettres de façon différente ? Les lettres, je dois me concentrer sur les lettres, sur les… ».

Et c'est alors qu'il comprit.

E-G-N-A-M T-O-R-M

M-A-N-G-E M-O-R-T

MANGEMORT !

- Mangemort..., murmura le garçon.

- Et bien voilà ! Il suffisait de réfléchir un tout petit peu, railla-t-il.

- Mais quel est ton véritable nom ?

- Cela, je ne te le dirai que lorsque tu seras agonisant à mes pieds, dit-il en souriant de toutes ses dents.

Le Mangemort bondit à côté de la jeune fille, toujours inconsciente, et s'accroupit à ses côtés avant de passer la main dans ses cheveux bouclés, assombris par la pluie. Face à cette scène, Drago serra les poings sans pour autant bouger d'un pouce. L'homme restait toujours dangereux et sur le qui-vive, malgré sa soudaine fascination pour la chevelure de la lionne. De toute évidence, il faisait cela pour agacer le jeune garçon.

- Pourquoi s'attaquer à Hermione ? Quel lien a-t-elle avec ton ressentiment à mon égard ? interrogea Drago.

Egnam, occupé à caresser les cheveux d'Hermione en souriant tendrement, ne répondit pas immédiatement à la question. Au bout de quelques minutes, il finit par se détourner de sa victime pour regarder Drago dans les yeux.

- Elle ne faisait pas partie du plan au départ, à vrai dire, j'avais tout d'abord pensé à cette idiote de Parkinson. Comprends-moi, je ne voulais pas seulement te tuer, mais te faire souffrir au point que tu attendes ta mort impatiemment. Mais au bout de quelques semaines, j'ai commencé à voir des choses intéressantes. Des regards, des gestes, des mots… Puis je t'ai vu à la Cabane Hurlante, la protégeant, lui sauvant même la vie. Malgré cela je n'étais pas tout à fait sûr. Toi Drago Malefoy, héritier d'une famille au sang pur, amoureux d'une petite sang de bourbe. Hilarant non ? plaisanta-t-il.

Drago préféra se taire, même si au fond, il bouillonnait de colère contre lui-même. Si Théodore s'était aperçu de son petit jeu, il était évident que le professeur n'était pas non plus passé à côté. Toute cette souffrance était de sa faute, encore une fois, il avait entraîné douleur et désolation sur son sillage.

- C'est pourquoi je souhaitais en être sûr et certain. C'est alors que j'ai eu la merveilleuse idée de la torturer avant de courir te prévenir, voilà pourquoi j'étais tant essoufflé. A peine avais-je prononcé son nom que déjà tu étais partis en courant. Je t'ai suivi mon petit, et je t'ai vu subir le sort de Potter juste pour entrer dans cette infirmerie et rejoindre ta dulcinée. C'était tellement romantique que j'ai failli verser une petite larme, se moqua Egnam en faisant glisser sa baguette le long du corps d'Hermione.

Ce dernier geste suffit à achever la patience du Serpentard, qui brandit sa baguette en direction du Mangemort.

- Maintenant lèves-toi et fais-moi face ! hurla Drago.

- Et si je ne veux pas ?

- Je te tue !

Le Mangemort se releva en soupirant et lui lança un coup d'œil amusé.

- Tu ne me tueras pas, par contre, tu risques de me mettre en colère, et ma colère pourrait rebondir sur ta dulcinée au sang impur, menaça-il, toujours avec le même sourire fou.

- Ne la touches plus jamais, chuchota Drago, la main tremblante, le bras tendu.

- Ah oui ? Serait-ce un ordre ? s'étonna Egnam. Très bien, étant donné que c'est demandé si gentiment, je ne peux qu'obéir. Doloris ! ajouta-t-il en pointant sa baguette vers Hermione.

Cette dernière se réveilla en hurlant. Drago fondit sur le Mangemort pour l'attaquer du Sectumsempra quand son ennemi le prit de vitesse et lui lança un sort, l'empêchant ainsi de faire le moindre pas, le moindre geste, comme si ses pieds étaient englués dans le sol et que ses bras pesaient chacun une tonne.

- Arrêtes ça ! s'écria Drago, ressentant chaque cris de la belle comme une lame transperçant son cœur.

- Je suis une âme charitable petit Malefoy, je vais te laisser le choix, dit tranquillement Egnam, sans cesser de torturer Hermione.

- Quel est-il ?

- Une vie contre une autre.

- J'accepte ! La mienne contre la sienne ! Mais laisses-là partir ! hurla-t-il, désespéré.

Les cris d'agonie cessèrent. Le professeur, surpris, dévisagea Drago d'un regard ahuri.

- Tu serais prêt à donner ta vie en échange de la sienne ? questionna-t-il en désignant d'un geste vague le corps endoloris d'Hermione. Contre une vie qui aurait moins de valeur que la tienne ?

- Je le ferai, susurra-t-il.

- Très noble. Très stupide aussi, mais cela requiert une certaine noblesse. Mais non, le choix n'était pas celui-ci, puisque de toute façon je compte te tuer, précisa-t-il nonchalamment.

- Que veux-tu alors ? cracha le jeune homme de dépit.

- 57 avenue des Fleurs, résidence des Laurhy, énonça paisiblement le professeur.

Drago le regarda sans comprendre, pourquoi lui donnait-il une adresse ? Qu'avait-il dit déjà ? Résidence des Laurhy ?

- Comment le sais-tu ? grinça Drago, de plus en plus effrayé, malgré l'expression impassible qu'il montrait.

- Je sais tout voyons ! Je suis vexé de voir à quel point tu doutes de mon omniscience !

- Où est-elle ?

- Ta mère se trouve encore là-bas, bien en sécurité chez son amie. Mais voilà ton dilemme, ta femme ou ta mère. A toi de choisir, proposa le Mangemort.

Des gouttes de sueur perlèrent sur le front de l'étudiant, se mélangeant ainsi aux gouttes de pluie. Il devait gagner du temps, le sort commençait déjà à perdre de son intensité, il avait besoin de plus de temps pour l'attaquer.

- Pourquoi ? finit pas demander Drago.

- Pourrais-tu poursuivre ?

- Pourquoi cette vengeance ?

- Dumbledore, répliqua sèchement Egnam.

- Dumbledore ? répéta-t-il.

- Oui ! Dumbledore ! Le grand et le majestueux Dumbledore ! C'était à moi de le tuer, à moi et à moi seul ! Je devais être professeur dans cette école et ainsi l'assassiner. Mais Lucuis et Severus ont préféré te choisir en rôle-titre, persuadant Le Seigneur du mal que tu étais plus capable que moi pour accomplir cette mission. J'ai été déshonoré, relégué au simple poste de subalterne. Sais-tu ce que doit ressentir un père, qui après avoir gravit tant d'échelons, voit son fils briser toutes ses attentes et tout son travail ? Moi je l'ai vu, et j'ai vu mon père, une corde au cou, expirant son dernier souffle !

A présent, toute trace de joie s'était évanouie, l'amusement avait laissé place à la haine et au ressentiment.

- Ton père n'a pas hésité à répudier son ami, à le pousser au suicide, tout ça pour un peu de gloire. Maintenant il est mort, et ce n'est que juste retour des choses. J'aurais bien aussi tué ce connard de Severus, hélas Nagini s'en est chargé pour moi, et bien sûr, il n'a aucune famille sur laquelle je peux me venger.

- Tu… Tu as…, bredouilla Drago.

- Et oui… C'était moi ! Lors de la dernière bataille, je me suis faufilé dans la salle, et sur qui suis-je tombé ? Ton père ! Je n'ai pas hésité une seconde à le tuer. Pourquoi crois-tu que j'ai été embauché si facilement à Poudlard ? McGonagall a assisté à la scène, et à idiotement pensé que j'étais de leur côté en tuant un Mangemort. N'est-ce pas merveilleux ? railla-t-il méchamment.

Drago pouvait sentir le sang battre à ses tempes. Il avait en face de lui le meurtrier de son père, l'homme qui l'avait assassiné de sang-froid. Son père n'était donc pas mort de la main d'un partisan de Potter, mais bien d'un de ses alliés. Une rage fulgurante fit vibrer le corps tout entier du garçon. Un seul mot raisonnait dans sa tête : Vengeance !

- Tu ne trouves plus tes mots n'est-ce pas ? J'ai peut-être eu la vie de ton père, mais ma famille reste aujourd'hui pauvre et déshonorée, alors que la tienne est riche. Ta timbrée de mère et toi-même vivez aisément, alors que moi je me bats pour survivre ! C'est pourquoi, en mémoire de mon père qui s'est suicidé à cause de ta famille et en mémoire de ma mère qui est morte de chagrin quelques semaines après le décès de son époux, je vais tuer ta femme sous tes yeux, je vais te tuer et je tuerai ta mère peu après.

Sentant que le sort s'était à présent totalement levé, le Serpentard se jeta à la gorge du Mangemort, la baguette enfoncée dans son cou, prêt à le tuer quand il fut projeté plus loin. Il allait se relever quand le Mangemort hurla un sort qu'il n'entendit pas tant la douleur qui traversa son corps fut destructrice. Le corps parcouru de spasmes nerveux, une souffrance inimaginable le fit crier et hurler d'agonie. Néanmoins, au plus profond de cette affliction, Drago ne cessa de penser à Hermione et au mal qu'il lui avait fait en tombant amoureux d'elle. Qu'allait-il se passer une fois qu'il serait mort ? Allait-elle survivre ? Allait-elle davantage souffrir ? Il valait mieux qu'il continu de souffrir à la place d'Hermione, peut-être aurait-elle le temps de s'enfuir ? Le jeune homme allait sombrer dans un abîme de supplice quand la douleur stoppa net.

Les ongles enfoncés dans les yeux du Mangemort, Hermione s'agrippa à son dos et les planta encore plus profondément. Dans un hurlement de rage et de douleur, Egnam bascula en arrière, écrasant ainsi la jeune femme accrochée à son dos. Hermione parvint à saisir sa baguette et à s'élancer plus loin avant de lui faire face. Elle avait été si bête, se faire enlever dans une rue peuplée de passants et subir le doloris sans pouvoir se défendre. Mais le pire avait été de se réveiller, de s'extirper de cet abysse de souffrance pour voir Drago subir le même sort. Malgré l'état d'extrême faiblesse dans lequel elle était, elle s'était ruée sur le professeur pour l'agresser et ainsi le pousser à briser le doloris. Merci Merlin, elle avait réussi, mais le Mangemort possédait toujours sa baguette. Sans une ni deux, il lança un sort impardonnable qu'elle réussit à éviter, elle lança le même sortilège qu'il pu esquiver à son tour. Commença alors un duel d'une extrême violence entre la Gryffondor et son professeur. Hermione allait lancer un dernier sort quand le Mangemort transplana subitement derrière elle pour lui attraper le bras afin de faire tomber sa baguette au sol. La femme brune hurla douleur quand un craquement sonore se fit entendre, elle comprit alors que son ennemi venait de lui casser le bras. Essayant d'oublier cette vive douleur lancinante, elle s'échappa, fit quelques pas mais fut jeter au sol par l'imposant homme, qui la retourna sur le dos et prit place sur elle.

- Je pourrais peut-être m'amuser avec elle non ? s'exclama-t-il en regardant Drago, ce dernier, encore affaibli par le précédent doloris, eu à peine la force de fermer ses poings de colère. Dis-moi, une bonne douche après coup pourrait suffire non ? demanda-t-il cette fois-ci à Hermione.

Telle une lionne enchaînée, la Gryffondor se débattait férocement, lui donnait des coups de pieds, tentait de le mordre, de le griffer, quand elle sentit une main s'insinuer sous sa robe. Quelques larmes, dissimulées par la pluie, glissèrent le long de ses joues. La force commençait à lui manquer et le puissant Mangemort la tenait bien trop fermement pour qu'elle puisse se dégager. C'est, impuissante, qu'elle jeta un regard désespéré à Drago, quand elle s'aperçut qu'il n'était plus là.

- Je t'ai déjà dis de retirer tes sales pattes de ma femme ! EXPERLIARMUS ! hurla Drago, qui avait finalement réussi à se mettre debout.

Le Mangemort fut violemment projeté contre un arbre, tandis que le Serpentard aida la Gryffondor à se mettre debout. Toujours tétanisée, Hermione regarda l'expression ferme et déterminée de son camarade de classe et laissa courir sa main sur son visage pâle, aux yeux incandescents.

- Je vais le tuer, murmura-t-il, la mâchoire serrée.

- Fais attention, répondit-elle dans le même souffle, avant de s'éloigner de quelques pas.

- Mais n'est-ce pas attendrissant ? Un couple amoureux, main dans la main. Mais bon, il est maintenant temps d'en finir ! tonna Egnam d'une voix forte avant de faire apparaître dans le ciel quelques étincelles rouges.

C'est alors que le plus monstrueux des Détraqueurs fit son apparition et fondit, telle une énorme masse sombre, sur Drago. Hermione vit du coin de l'œil le professeur s'approcher, ce qui la poussa à l'attaquer, le projetant ainsi beaucoup plus loin dans les bois. Son attention se reporta sur Drago, qui à présent, était allongé, les yeux fermés et subissait le baiser du Détraqueur. Sans même réfléchir, Hermione s'élança vers le bourreau et sa victime et songea au souvenir le plus heureux qu'elle possédait. La vision d'un baiser ardent sous la pluie éclata dans son esprit, l'incitant à crier de toutes ses forces :

- Spero Patronum !

Le patronus de la femme brune, plus puissant que jamais, attaqua de front le Détraqueur, obligeant ce dernier à s'envoler sans pour autant disparaître. Drago se releva péniblement, et pensant au même souvenir que l'étudiante, fit apparaître sa lionne argentée, qui s'élança vers le monstre. Ensemble, les deux patronus réussirent à faire disparaître, définitivement le Détraqueur. Le Serpentard allait s'approcher de sa comparse pour la prendre dans ses bras quand elle se jeta sur lui, l'empêchant ainsi d'être touché par l'Avada Kedavra lancé par Egnam Torm. Hermione, affalée sur Drago, lança le Sectumsempra sur son professeur, qui s'écroula immédiatement. Le jeune homme blond repoussa délicatement Hermione et s'approcha lentement de son ennemi, qui à présent, agonisait par terre.

- Alors… Que… Que vas-tu faire maintenant…, bégaya-t-il, alors qu'une violente quinte de toux lui fit cracher du sang.

Sans même ciller, Drago brandit sa baguette et chuchota :

- A la mémoire de mon père, Lucius Malefoy…

- Crois… Crois-tu que c'est… vraiment… la fin… ?

Egnam Torm prononça doucement un nom en souriant sournoisement. Mais Drago, accablé par la douleur et la rage ne l'entendit pas et prononça dans un souffle :

- Avada Kedavra…

Un jet vert frappa brutalement Egnam Torm au visage, qui passa de vie au trépas. Epuisé et le corps endoloris de part en part, Drago s'approcha d'une démarche chancelante vers Hermione, qui, abattue par ce qu'elle venait de vivre, s'était assise contre une arbre, les yeux fermés. Le Serpentard prit place à ses côtés et enroula ses bras autour des frêles épaules de la lionne, tous deux étant trop éreintés pour espérer transplaner convenablement jusqu'à la maison des Granger. Hermione, le corps frémissant, s'abandonna aux bras du garçon, laissant la pluie dégouliner le long de son corps sans un mot.

- Je l'ai tué, lâcha le jeune homme.

- Je comprends, concéda-t-elle.

Drago avançait à pas feutrés dans le long couloir sombre, dont les murs austères et ternes anéantissaient chaque parcelle d'euphorie et de gaieté. C'est alors qu'il se jura de détruire ce manoir une fois la guerre finie, quelque que soit le vainqueur, il lui était désormais impossible de vivre dans cette maison, qui pourtant était la sienne depuis tant d'années. Des cris d'agonie résonnèrent à ses oreilles, des pleurs, des suppliques et le douloureux bruit du sang qui coule signifiant que la mort approche. Qu'aurait-il donné pour s'enfuir loin de cet enfer ! Pour échapper à la folie meurtrière de sa tante et des autres Mangemorts ! Pour mettre sa mère en sécurité jusqu'à la fin de ce calvaire !

- Drago ! Dragoooo ! Viens ici !

Bellatrix Lestrange. Cette folle ne le laisserait donc jamais en paix, pourtant il avait réussi sa mission, Dumbledore était mort. Putain… Dumbledore était mort par sa faute… Quelle horreur…

- Drago ! Mon chéri ! Viens chez tata ! hurla-t-elle rageusement.

D'un pas lourd, il gravit les marches de l'escalier et se retrouva devant une vision d'horreur. Six cadavres étaient étendus dans le salon, et un seul corps respirait encore. Un homme d'âge mûr, certainement avait-il été un brave homme autrefois, mais face à la folie maléfique de Bellatrix, il ne dégageait qu'une aura de terreur, de tristesse et d'agonie.

- Dis-moi mon chou, as-tu déjà lancé un Sortilège Impardonnable ? susurra-t-elle d'une voix éraillée.

- Oui…, dit-il dans un souffle.

Il avait lancé l'Avada Kedavra à plusieurs reprises, mais sans jamais avoir atteint sa cible, peut-être n'avait-il jamais réellement souhaité tuer quelqu'un ?

- Tu as donc déjà tué…, railla-t-elle, le regard étincelant.

- Oui, mentit le garçon sans broncher.

- Tue-le ! ordonna-t-elle, toute guillerette.

Les muscles de Drago se crispèrent, il lança quelques regard désespérés à son père, qui l'ignora royalement, avant de découvrir le visage apeuré de sa mère, anéantie de voir son fils devenir un meurtrier de sang-froid. Il s'approcha alors à pas lents de sa future victime, il pouvait sentir l'homme affaiblit et mourant frémir à chacun de ses pas, comme si ces derniers étaient le rythme de son cœur, faiblissant de secondes en secondes. Il n'allait pas faire ça ? Il ne pouvait pas le tuer ? Merde, allait-il vraiment le tuer ?

Non, jamais il ne pourrait tuer un homme meurtris, il n'était pas un meurtrier, il n'était qu'un gosse ayant grandi dans un environnement malsain à cause du Seigneur des ténèbres. Il était incapable de tuer un homme de sang-froid. La main qui tenait sa baguette mit à trembler violemment. Qu'allait-il faire ? Pourquoi son père ne lui venait-il pas en aide ? Que devait-il faire ?

- Avada Kedavra !

Drago se retourna brusquement et découvrit Severus Rogue, la baguette levée vers le corps à présent inerte de l'homme torturé. Son parrain venait, une fois de plus, de sauver l'innocence de son filleul au détriment de la sienne.

- Je n'ai jamais tué quiconque avant lui, expliqua Drago, les yeux fermés, berçant doucement la petite femme blottie contre lui.

- Tu n'avais pas d'autres choix, murmura-t-elle.

L'empathie d'Hermione le fit soupirer de soulagement et le poussa à serrer davantage son étreinte.

- Tu me détestes n'est-ce pas ?

- Est-ce que je suis ici par ta faute ? s'enquit-elle, les paupières de plus en plus lourdes.

- Oui, c'est totalement de ma faute, répondit-il d'un ton serein.

- Alors oui… Je te… déteste…, chuchota-t-elle avant de s'endormir profondément.

- Malefoy ! s'écria Hermione en se réveillant brutalement.

- Chut, calme-toi, et appelle moi Drago, souffla le jeune homme blond à son oreille.

Hermione regarda autour d'elle et comprit alors qu'elle se trouvait dans la chambre de Drago, plus précisément dans son lit. La lune brillait dans le ciel noir, la douce lumière de la lampe de chevet éclairait faiblement la petite pièce.

- Comment sommes-nous arrivés ici ? s'enquit-elle, la bouche pâteuse.

- Je nous ai jeté un sort d'invisibilité et je t'ai porté pour rentrer.

- Comment as-tu fais ? Tu as marché ? Jusqu'ici ? demanda-t-elle bouchée bée.

- J'ai pris le bus comme nous l'avions fait. Puisqu'il se faisait tard, il était presque vide. Bon, après je me suis un peu perdu mais finalement j'ai retrouvé la cabane qui te sers de maison, relata-t-il.

- Et mes parentes ? Ils doivent être morts d'inquiétude ?

- Ils ont laissé un mot expliquant qu'ils travaillaient ce soir, nous sommes seuls, précisa-t-il.

Soulagée, Hermione se laissa retombée sur le lit, quand elle prit soudain conscience qu'elle était toujours trempée, couverte de sang et de boue. Elle examina son camarade et s'aperçut qu'il était dans le même état catastrophique qu'elle. Elle repensa alors à cette journée, qui avait commencé si normalement pour finir dangereusement. Mais plus que tout, elle songeait à ce baiser, à cet aveu, à Drago Malfoy. Elle n'avait même pas eu le temps d'y penser à cause du Mangemort mais… C'était lui, depuis tout ce temps, l'homme qui occupait ses pensées, et c'était ce même homme qui venait de lui sauver la vie. A quel moment étaient-ils devenus si proches ? Les disputes, les caresses, les secrets révélés et cette attirance qui ne cessait de croître entre eux.

Le jeune homme blond s'allongea sous les couvertures à ses côtés et laissa promener sa main dans les cheveux de la lionne, les yeux fermés. Collé ainsi à elle, la Gryffondor sentir une chaleur agréable se répandre dans son corps tout entier, la poussant à soupirer d'aise. Elle le vit alors se redresser brusquement sur le coude et planter son regard couleur acier dans le sien.

- Sais-tu ce qui va se passer à partir d'aujourd'hui ? De ce soir ? De cet instant ? murmura-t-il sérieusement.

- Que va-t-il se passer ? interrogea-t-elle, curieuse.

- A partir de maintenant, je te protégerai, je te garderai pour moi seul, que cela te plaise ou non. Tu es à moi et tu m'appartiens, à jamais, dit-il d'une voix rauque avant de poser délicatement ses lèvres sur celles de sa femme, l'empêchant ainsi de se révolter face à cette annonce.

Mais Hermione n'allait pas protester, pas tout de suite. Encore trop épuisée physiquement et moralement par ce qu'elle venait de vivre, elle se laissa aller à savourer ce doux baiser mouillé que lui donnait Drago Malefoy, Prince des Serpentards.

OoOoOoOoOoOoOoO

Et voilà un chapitre avec pas mal d'action ! Qu'en avez-vous pensé ? Surpris ou pas du tout ? J'avoue que je ne suis pas peu fière de mon EGNAM TORM = MANGEMORT haha :D

Ah oui, le titre est tiré d'une réplique du film Les Visiteurs ^^

Nous entrons à présent dans la dernière ligne droite, tout n'est pas encore réglé, loin de là mais nous avançons tout doucement vers la fin ^^

Merci encore pour vos super reviews et hâte d'en lire de nouvelles :)