De retour à Poudlard, se retrouver dans ses murs, arpenter ses sombres couloirs et saluer ses camarades de classe. Tous ces gestes semblaient si anodins, puisque après tout, rien n'avait changé, autour d'elle du moins. Cependant, elle se sentait perdue, hagarde, incapable de voir réellement ce qui l'entourait, trop obnubilée par son propre changement. Hermione déambula dans le château, sa valise à la main, ne sachant pas où elle devait aller. Se rendre dans la salle commune pour faire face à Harry et Ron ? Ou bien continuer de marcher telle une âme en peine, tout en continuant de réfléchir au meilleur moyen de ne pas se laisser tomber en s'arrachant les cheveux. Ce qu'elle souhaitait le plus au monde en cet instant précis, était de remonter le temps pour convaincre McGonagall de ne pas l'envoyer passer ses vacances chez Drago Malefoy. Si elle était restée avec Pansy, jamais elle n'aurait vu le côté aimant et touchant que Drago ressentait envers sa mère, jamais il ne l'aurait soigné, jamais ils ne se seraient mutuellement sauvés la vie et jamais elle n'aurait commencée à éprouver de tels sentiments à son égard. Comment pouvait-elle parler et rire avec ses amis alors qu'elle avait embrassé le Serpentard, à plusieurs reprises, et qu'en plus elle avait adoré ça. Fort heureusement, depuis le baiser passionné qu'ils avaient échangé le lendemain de l'attaque dans la forêt, ils ne s'étaient plus revus. Drago avait préféré se rendre chez l'amie à sa mère pour la ramener chez elle et s'en occuper convenablement. La menace du Mangemort planait toujours, Hermione et Drago en étaient tous deux conscients, c'est pourquoi la jeune fille comprit le choix du garçon, ce qui la soulagea d'un poids important. Cependant, aujourd'hui, elle allait le revoir, et comment allait-elle réagir ? Feindre l'ignorance ? Non, cela, il ne l'accepterait jamais. D'ailleurs, elle-même ne se sentait pas prête à oublier ces moments qu'elle avait vécu à ses côtés durant ces quelques jours, forts en émotion.
- Hermione !
Surprise, la Gryffondor se retourna et découvrit avec effroi, que ses deux amis de toujours avançaient dans sa direction. Harry et Ron affichaient un sourire jovial et parlaient avec entrain. Elle prit alors conscience qu'elle n'avait plus vue Ron depuis la nuit qu'ils avaient passés ensemble, et s'étonna de ne pas être troublée par le fait de se retrouver face à lui. A croire que ce maudit serpent occupait toutes ses pensées.
- Je suis contente de vous voir, mentit la lionne en affichant un sourire crispé. Comment se sont déroulées vos vacances ?
- Epouvantables ! Passer ses vacances avec un Serpentard est une horreur ! Il ne faisait que manger, ronfler et se plaindre ! se lamenta Ron.
- Moi par contre ça allait, répondit Harry. Liam est quelqu'un de discret, mais ses grands-parents sont très gentils. Et toi Hermione ? Ca a dû être effroyable de passer 15 jours avec Malefoy ? ajouta-t-il d'un air désolé.
- Oui, pas facile… Tu sais, enfin je sais y faire… Et tout ça…, balbutia Hermione, mal à l'aise.
Comment pouvait-elle mentir à ses amis de façon aussi évidente ? Comment pouvait-elle les regarder dans les yeux alors que son cœur s'était envolé loin pour trouver refuge aux côtés d'un garçon machiavélique aux cheveux couleur or. Sans un mot, elle se laissa entraîner vers son dortoir en compagnie de ses meilleurs amis, ces derniers riaient et se racontaient leurs vacances sans réaliser qu'Hermione était ailleurs, et étrangement silencieuse. Néanmoins, malgré son trouble, elle pouvait percevoir les rares coups d'œil que Ron lui lançait, certainement pour s'assurer que la gêne de la jeune fille n'était pas due à la nuit qu'ils avaient partagés avant les vacances. Une fois arrivés au dortoir, Hermione bafouilla péniblement qu'elle était épuisée du voyage afin de se précipiter dans sa chambre, quand elle tomba nez à nez avec Pansy.
- Tiens tiens, mais revoilà la Miss-je-sais-tout ! s'exclama désagréablement la Serpentard.
- Et oui… Je suis rentrée, souffla Hermione d'un ton las.
- Je pensais que Drago se serait chargé définitivement de ton cas, susurra-t-elle, le regard mauvais.
A ces mots, la Gryffondor sentit son cœur se serrer encore davantage. Pansy, comment avait-elle pu oublier Pansy ? Certes, elle ne l'aimait pas, cette langue de vipère avait le don de l'horripiler au plus haut point, mais cette même femme était aussi follement éprise de Drago depuis sa toute première année à Poudlard. Un nouvel élan de remord s'insinua en elle, l'obligeant à baisser les yeux pour ranger ses affaires. A cet instant précis, la femme brune ne put s'empêcher de maudire Malefoy, de l'insulter mentalement pour avoir créée cette gêne et cette confusion en elle. Etait-elle devenue une garce voleuse de fiancés ? Non, elle n'avait rien demandé. Elle n'avait jamais souhaité voir le prince blond s'enticher aussi profondément de sa personne, et elle avait encore moins désiré ressentir la même chose. Tout ceci n'était dû qu'à une succession de mauvaises actions et à un surplus de moments bien trop intimes.
- Hé ! Je te parle !
Interloquée, Hermione se retourna et comprit que Pansy n'avait cessé de lui parler sans même qu'elle ne s'en rende compte, bien trop plongée dans ses rêveries pour l'écouter.
- Que veux-tu ? soupira Hermione.
- Je voudrais savoir comment va Drago ? répéta-t-elle en découpant chaque syllabe.
- Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
- Parce qu'il a dû te supporter pendant deux longues semaines, donc tu es la mieux placée pour me dire comment il se porte, répondit sèchement la Serpentard.
- Et pourquoi est-ce qu'il n'irait pas bien ? questionna Hermione.
- Parce qu'il n'a répondu à aucune de mes lettres ! s'emporta Pansy.
Une fois de plus, une vague de regrets se fit ressentir.
- Figures-toi qu'il ne me parle pas beaucoup, rétorqua l'étudiante brune, le regard fuyant.
« A partir de maintenant, je te protégerai, je te garderai pour moi seul, que cela te plaise ou non. Tu es à moi et tu m'appartiens, à jamais ».
Le souvenir de cette phrase la percuta de plein fouet. Non, Drago ne lui racontait pas beaucoup de choses le concernant, mais il lui avait confié tant d'autres pensées et désirs.
- Tu es aussi inutile que Peeves dans ce château, gronda Pansy.
- Et toi tu es aussi stupide que Malefoy est impétueux, répliqua Hermione du tac au tac, avant de filer dans la salle de bain.
Hermione retira rapidement ses vêtements avant de se rafraîchir. Alors qu'elle allait s'habiller, elle se regarda dans la glace. La main posée sur son ventre nu, elle contempla chacune de ses courbes, de ses défauts et de ses complexes. Lentement, elle remonta sa main le long de son corps pour finalement caresser, du bout des doigts, ses lèvres. Un frisson glacé la fit frémir. S'approchant lentement du miroir, elle titilla sa lèvre inférieure avec son pouce avant de fermer les yeux et de visualiser une imposante masse sombre devant elle. L'étrange ombre lui prit la main et déposa un léger baiser ses lèvres, caressa sa joue et descendit jusqu'à sa nuque. Dans un soupire d'aise, Hermione se laissa aller jusqu'à ce que l'ombre prenne forme… Drago…
- Tu vas sortir de la salle de bain ou pas ?! hurla Pansy en tambourinant sur la porte.
Dans un sursaut douloureux, Hermione rouvrit les yeux et se força à se ressaisir. Penser à Malefoy, d'accord, mais fantasmer sur lui, jamais.
D'un pas précipité, elle attrapa son sac et sortit en trombe du dortoir, pressée de fuir l'atmosphère oppressante de sa chambre. Elle marcha vivement durant un long moment, avant de se rendre compte qu'elle ne savait même pas quel était son prochain cours. Pestant contre elle-même, elle s'agenouilla pour farfouiller dans son cartable, à la recherche de son emploi du temps, quand elle sentit qu'on lui tapotait sur l'épaule.
- Coucou Hermione, lança joyeusement une petite tête rousse.
- Bonjour Ginny, comment vas-tu ? demanda Hermione en se relevant, soulagée de voir que ce n'était que son amie.
- Je vais bien, les vacances étaient épiques avec le Serpentard de Ron à la maison, gloussa-t-elle.
- J'aurais aimée assisté à ça, se moqua-t-elle gentiment.
- Ho oui ! Tu as loupé quelque chose ! affirma la petite sœur de Ron, tout sourire.
Les deux amies discutèrent quelques instants de l'école, de ce qu'elles comptaient faire après, de leurs vacances, ou plutôt Ginny raconta ses vacances et Hermione l'écouta attentivement. La femme brune commençait enfin à se sentir mieux quand une question de la rouquine vint briser cette éphémère allégresse.
- Je me pose quelques questions en ce moment Hermione… Ron et toi vous allez bien ? interrogea-t-elle, visiblement mal à l'aise.
Hermione respira un bon coup avant de lui répondre, préférant choisir les mots qu'elle allait utiliser avec grande attention.
- Tu sais que j'aime énormément ton frère Ginny, et qu'il m'aime tout autant. Cependant, nous nous sommes rendus compte, il y a quelques semaines déjà, que notre amour n'était pas le même que celui que tu éprouves à l'égard d'Harry, expliqua la lionne posément.
- Un amour fraternel ?
- Non, pas exactement. Je ressens un amour fraternel pour Harry, mais pour Ron, je dirais qu'il est mon premier amour, qu'il l'a toujours été et qu'il le sera toujours, expliqua-t-elle.
- Alors pourquoi est-ce que vous n'êtes plus ensemble ? insista-t-elle.
- Nous ne sommes plus ensemble, parce que nous ne sommes pas faits pour être ensemble. Mais cela ne change en rien l'affection que je ressens pour lui.
- Mais alors, qui est fait pour toi ? continua Ginny.
- Et bien, je….
Alors qu'elle cherchait la réponse la plus appropriée, le regard d'Hermione se détacha de son amie pour tomber sur un groupe de garçons. Ces derniers s'esclaffaient à l'écoute d'une blague certainement pas drôle du tout, quand elle se rendit compte que le garçon qui avait lancé la plaisanterie n'était autre que ce machiavélique serpent blond. A son grand désarroi, à peine avait-elle posé ses yeux sur l'étudiant qu'elle sentit son cœur battre à tout rompre. Elle ne put s'empêcher de contempler sa silhouette à la fois élancée et imposante, de détailler son sourire moqueur, de s'accrocher à son regard rieur. C'est alors qu'il tourna brusquement son visage vers elle, la fixant attentivement à son tour, avant de lui sourire légèrement. A cette vision, le corps de la belle se réchauffa de part en part, et fut bien incapable de lui rendre son sourire ou même de détourner les yeux. C'était évident, Elle était éprise. Durant de longues secondes, ils se cessèrent de s'observer, encore et encore, comme s'ils se trouvaient à présent dans leur bulle, bien loin des préoccupations d'autrui.
- Hermione ? Que t'arrive-t-il ?
La jeune femme brune sursauta et s'extirpa difficilement de sa léthargie.
- Je pense qu'il faut que j'aille en cours, je... j'ai…, bredouilla-t-elle en lisant attentivement son emploi du temps.
- Tu as quoi ? questionna Ginny, désarçonnée par le comportement étrange de son amie.
- Ho non ! J'ai potion… Je dois y aller. A plus tard Ginny, s'écria-t-elle avant de s'éloigner prestement de la fille rousse.
« Je rêve ou Hermione a râlé avec d'aller en cours ? », pensa aussitôt Ginny, avant de se décider à rejoindre sa classe.
Hermione se dirigea vers la salle de potion quand elle fut rattrapée par une Cho essoufflée, visiblement elle lui avait couru après.
- Cho ? Que se passe-t-il ? demanda Hermione, curieuse.
- Le professeur McGonagall m'a chargé de te dire qu'elle t'attend dans son bureau maintenant, répondit-elle précipitamment.
- Mais je vais être en retard !
- Je vais prévenir le professeur Slughorn, la tranquillisa sa camarade de classe.
- D'accord, je te remercie, dit Hermione en souriant, avant de faire marche arrière pour se rendre dans le bureau de la directrice.
Une fois arrivée, elle poussa doucement la porte et s'avança. Mais à peine avait-elle fait un pas qu'elle s'arrêta aussitôt. Drago se trouvait au centre de la pièce, stoïque, seul et les mains jointes dans le dos. De toute évidence, lui aussi avait été convoqué par le professeur. La Gryffondor fit quelques pas discrets quand il se retourna vivement. Ils se lorgnèrent quelques minutes dans un silence absolu quand il se décida à s'approcher à pas lents, sans rompre le jeu de regard qui s'était installé.
- Où étais-tu dans le train ? commença le garçon.
- J'ai préféré faire le voyage seule, répondit calmement Hermione.
- Et moi j'aurais préféré que tu me préviennes, persifla-t-il.
- Tu n'es pas mon père, Drago Malefoy, tonna-t-elle d'une voix forte.
Elle n'eut pas même le temps d'ajouter quoique ce soit d'autre qu'il s'élança vers elle, lui agrippa le bras pour la plaquer contre son torse, avant de murmurer d'une voix grave dans ses cheveux :
- Je ne suis peut-être pas ton père, mais toi, tu es à moi.
Hermione allait lui répondre quand la porte grinça, obligeant Drago à s'éloigner d'elle.
- Et bien ! Je vous laisse seuls deux minutes et pas un seul affrontement ! A croire que ces vacances forcées ont été bénéfiques ! s'exclama le professeur McGonagall en pénétrant dans son bureau.
Les deux étudiants échangèrent un rapide coup d'œil avant de baisser les yeux.
- Si j'ai demandé à vous voir, ce n'est pas pour cela. Je souhaite en effet, vous rappeler, que les rondes du lundi sont toujours de vigueur.
- Nous n'avions pas oublié, grinça Drago.
- C'est préférable oui. Néanmoins, celle de ce soir est annulée. Pour des raisons qui ne vous concerne pas, lança d'une voix ferme la directrice.
- Très bien professeur, répondit poliment Hermione.
- Vous pouvez y aller, et faites passer l'information au second groupe de votre dortoir.
Sans un mot, le couple sortit de la pièce, ne comprenant pas pourquoi le professeur McGonagall avait tenu à leur dire cela de vive voix.
La directrice, de son côté, prit lentement place dans son fauteuil et soupira ces quelques mots :
- Cette convocation parfaitement inutile a-t-elle porté ses fruits ?
- Bien plus que je ne l'imaginais. Je pense pouvoir affirmer, aujourd'hui, que la promesse faite à Narcissa Malefoy, est parfaitement tenue, murmura une voix rauque.
- Severus… Un professeur a disparu…
Mais il n'y eu aucune réponse. La directrice leva les yeux ne put s'empêcher de sourire tendrement à son ancien collègue, ce dernier ayant disparu dans l'ombre de son portrait.
C'est dans un silence pesant que les deux élèves rejoignirent le cachot pour, ensuite, prendre place à leur table habituelle. Hermione s'était attendue à ce qu'il la taquine concernant leur dernier baiser, qu'il se montre avenant ou qu'il lui parle tout simplement. Mais rien, absolument rien. Aucunes paroles ne franchissaient les lèvres de son voisin de table. Blessée par son comportement et irritée contre elle-même d'y portait de l'attention, l'étudiante préféra écrire le cours et se plonger dans ses notes. Une demi-heure se déroula dans cette ambiance glaciale, quand son coude heurta celui du jeune homme. Sans même le regarder, elle sentit un courant d'air chaud faire vibrer son corps tout entier. Elle ne bougea pas d'un pouce, quand après quelques secondes, elle perçut le mouvement furtif de Drago. Celui-ci colla son bras au sien, sans même détourner son regard du professeur. Abasourdie par le choc que produisait en elle ce simple geste, elle resta ainsi un moment, telle une statue, quand elle prit l'initiative de rapprocher sa chaise de celui de son camarade.
Pressant ainsi sa jambe contre celle du Serpentard, elle pouvait le sentir remuer sur sa chaise, comme s'il était à la fois mal à l'aise et désireux de poursuivre ce contact discret. Dans un geste subtil et tendre, il caressa du petit doigt l'auriculaire de sa compagne, pour ensuite faire glisser son index sur le dos sa main. Des frissons inexplicables se répandirent en elle, ce qui la poussa à caresser de sa jambe, la cuisse du garçon blond, qui grogna discrètement. Les deux étudiants continuèrent ainsi pendant les 30 minutes restantes. Jamais, au cours de ces dernières minutes, ils ne se regardèrent, se contentant de fixer le mur droit devant eux, comme si de rien n'était. Toutefois, aucun des deux n'aurait été en mesure de réciter les dires du professeur Slughorn, tant leur esprit était concentré sur les caresses discrètes et silencieuses qu'ils s'échangeaient.
Une fois la leçon finie, Hermione se leva rapidement et s'en alla vers son autre cours, l'esprit embrumé et le corps encore sensible des frôlements et effleurements faites par Drago et elle-même. Anéantie par toutes ces nouvelles émotions qui l'accablait, elle n'entendit pas les pas précipités derrière elle et ne prit conscience de cette présence que lorsqu'elle fut violemment attirée à l'écart des autres élèves avant d'être plaqué contre le mur glacé du château.
Des lèvres chaudes se jetèrent sur les siennes. Ce baiser était à la fois pressant et exigeant, brutal et passionné, douloureux et embrasé. Une langue autoritaire s'entortilla autour de la sienne, la caressant et la titillant dans un gémissement plaintif. Le corps dur et musclé du garçon pressé brutalement contre sa poitrine l'empêcha de respirer convenablement. Les mains du jeune homme étaient partout, dans ses cheveux, sur sa taille, sur ses cuisses, comme s'il voulait la palper pour mieux la sentir. Alors que la Gryffondor se sentit défaillir dans une danse sensuellement sauvage, elle l'entendit gronder contre ses lèvres.
- Si tu savais comme j'ai faim de toi…
- Non… Ce n'est pas… Pas bien… Pas ici…, souffla-t-elle alors qu'elle s'agrippa à ses cheveux blonds pour prolonger davantage le baiser.
- J'en ai besoin…, murmura-t-il d'une voix suave tout en suçant avidement son cou et sa nuque.
Les mains contre ses cuisses nues remontèrent sous sa jupe et les soulevèrent, l'obligeant à les écarter pour laisser passer le corps de Drago entre elles. Dans un grognement de satisfaction, il se colla à elle tout en caressant ses cuisses qu'il tenait fermement. A bout de souffle, Hermione ne put retenir un gémissement et enlaça la nuque de son amant, le nez plongé dans ses cheveux, à présent complètement emmêlés. Le Serpentard retourna à ses lèvres et les aspira littéralement quand il se projeta subitement en arrière, manquant de faire tomber la femme qu'il tenait plus tôt.
Incrédules et essoufflés après une étreinte si violente, le couple s'observa longuement. Hermione était certes perdue, mais jamais elle n'avait eu à ce point envie de se jeter sur Malefoy pour continuer et finir et ce qu'ils avaient commencé. Pourquoi s'était-il dont arrêté ?
- Je… Je pense qu'il ne vaut mieux pas que je m'approche de toi aujourd'hui, annonça-t-il, les joues rougies par l'effort et l'excitation.
- Oui c'est mieux, mentit Hermione.
- J'y vais…, chuchota-t-il avant de se précipiter loin d'elle.
Sans même réfléchir à ce qu'elle faisait, Hermione se dirigea automatique en direction du prochain cours, prit des notes, ne prononça pas un mot et fit pareil tout le reste de la journée. Perdue dans ses songes et ses fantasmes, obnubilée par la honte de s'être si facilement laissée aller dans un tel endroit et crispée de sentir le regard brûlant de Drago glisser sur elle, alors qu'il se trouvait assis plus loin derrière elle, elle ne prit pas conscience des heures qui défilaient et de la soirée qui commençait déjà. Alors qu'elle se rendait à la bibliothèque, elle entendit une dispute explosée.
- Maman est rongée par la haine et la tristesse ! Rentres à la maison et quittes cet homme qui l'a abandonné ! hurla une voix féminine.
- Je ne rentrerai jamais Astoria. Jamais. Et si mère se sent si mal, c'est parce qu'elle ne sait faire que des mauvais choix, répondit plus calmement une autre femme, qu'Hermione reconnut aussitôt.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles, tu ne sais pas ce qu'elle est en train de vivre en ce moment !
- Et je ne veux pas le savoir, rétorqua Daphné avant de se détourner de sa sœur pour croiser le regard d'Hermione.
Elle s'approcha alors de la lionne en souriant tranquillement.
- Hermione ! Je suis contente de te voir, salua la petite-amie de Neville.
- Je suis désolée, je ne voulais pas me montrer indiscrète, s'excusa Hermione, gênée de s'être encore fait surprendre en train d'espionner.
- Ne t'en fais pas, Astoria adore créer des esclandres dans des lieux publics, répondit-elle en continuant de sourire. Oh ! Je dois rejoindre Neville, il m'attend ! A plus tard, ajouta-t-elle précipitamment.
- Oui, à plus tard, dit Hermione en lui souriant à son tour.
Une fois dans la bibliothèque, Hermione se laissa enfin aller, se sentant en sécurité entourée de ces livres si précieux. Ravie de pouvoir avancer dans son travail, elle ne vit pas les heures passées, quand on l'interpella doucement.
- La bibliothèque va fermer, tu devrais y aller.
Surprise d'entendre une voix alors qu'elle était plongée dans ses ouvrages depuis des heures, Hermione sursauta et leva les yeux. Liam, le colocataire d'Harry, se tenait debout, devant elle.
- Oui, je te remercie de me prévenir Liam. A chaque fois que je suis ici je perds la notion du temps, avoua-t-elle en souriant timidement.
- Tu te souviens de mon prénom ? s'étonna celui-ci.
- Bien entendu ! Puis Harry m'a un peu raconté vos vacances, précisa-t-elle.
Liam se tût durant un court instant tout en l'observant avec attention, de son regard sombre et indéchiffrable.
- Il a beaucoup apprécié ses vacances, poursuivit Hermione, désireuse de briser ce silence pesant.
- Moi aussi, c'est un type bien, murmura-t-il en aidant la jeune femme à ranger ses affaires.
- C'est drôle, il a dit la même de toi, plaisanta Hermione en attrapant son sac et ses nombreux livres.
Une fois de plus, leur regard se croisa. Celui du garçon était toujours aussi étrange, lourd mais incroyablement captivant.
- Il se fait tard, je retourne au dortoir, finit-elle par lâcher, définitivement mal à l'aise.
- Hermione ?
- Oui ?
- Dépêche-toi, même à Poudlard, la nuit n'est pas notre amie, répondit-il gravement.
Et sur ses mots, il se détourna et quitta la bibliothèque. Bouche bée face à ce comportement atypique, Hermione chercha à comprendre les derniers mots du garçon, avant d'abandonner pour regagner sa chambre. Sans même manger, elle glissa sous sa couette et ferma les yeux, espérant ardemment que cette journée épuisante prenne fin rapidement.
Hermione ouvrit paisiblement les yeux et sentit de douces caresses sur ses hanches, qui remontèrent lentement jusqu'à son ventre. Cette sensation était délicieuse, la jeune femme savourait ce moment d'intimité avec Drago. Elle fixa le grand blond, ce dernier lui souriait amoureusement, sensible à la peau nue de la femme allongée à ses côtés. Elle referma les yeux, au comble du bonheur, quand elle perçut que les caresses de Drago étaient plus fortes, comme si ses mains souhaitaient traverser la douce peau de la jeune femme. Hermione continua de s'en délecter, appréciant cette pression plus forte.
Elle rouvrit néanmoins les yeux, et découvrit avec stupéfaction le fin visage d'un garçon à la chevelure sombre, Liam. Le regard amoureux de Drago avait laissé place à un regard de feu, à la fois emplis de haine et de regret.
Les mains de Liam se firent davantage pressantes, remontant jusqu'à la nuque de la Gryffondor, oscillant entre tendres caresses et vive ardeur. Soudain elle suffoqua. La main du garçon resserrait le cou d'Hermione, tel un étau puissant, prêt à l'étrangler.
Elle chercha à se relever, sans succès, elle était comme paralysée, seuls ses yeux sortirent de leurs orbites. La jeune femme parcourut des yeux l'immense pièce sombre et entrevit vaguement un somptueux miroir posé dans un endroit éloigné. N'ayant plus la force de projeter son regard aussi loin et sentant qu'elle allait perdre conscience, elle lança un dernier regard à son meurtrier. Ce n'était plus Liam, c'est avec surprise qu'elle reconnut…
Hermione se réveilla en sursaut. Le corps frissonnant du rêve qu'elle venait de faire, elle s'allongea les yeux grands ouverts, cherchant vainement à diminuer l'angoisse qu'elle ressentait. Ce rêve, elle avait la sensation de l'avoir déjà fait. Mais ce n'était pas exactement le même, comme si les protagonistes du songe avaient changés. Oui c'était cela, elle avait fait ce même rêve lorsqu'elle avait passé la nuit qu'elle avait passé dans la Cabane Hurlante. Mais Ron avait laissé sa place à Drago, et ce dernier avait fait de même pour Liam. Cela signifiait-il quelque chose ? Et qui était la dernière personne ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à s'en souvenir ?
A bout de force, elle se tourna et se retourna dans son lit, le réveil indiquait minuit et sa colocataire semblait profondément endormie. Consciente qu'elle ne devait pas se torturer les méninges pour comprendre ce fameux rêve, elle se mit sur le dos, bien décidée à se rendormir, quand une main se plaqua contre sa bouche. Effrayée, elle chercha à se débattre, c'est alors qu'on murmura à son oreille :
- Chut petite lionne, ce n'est que moi, ne te débats pas.
Son pouls se calma aussitôt, puisqu'elle avait reconnu, dans la pénombre de la nuit, Drago Malefoy.
- Mais que fais-tu là ? chuchota Hermione, paniquée à l'idée que Pansy puisse se réveiller et trouver Drago assis à califourchon sur elle.
- Je pensais à toi, au cours de potion, à l'interlude dans le couloir et ça m'a rendu fou, dit-il doucement.
- Pansy dort juste en dessous !
- Elle a le sommeil lourd…
- Que comptes-tu faire concernant Pansy ? Elle est follement amoureuse de toi ! s'insurgea silencieusement la jeune femme, face à l'indifférence manifeste du garçon blond.
Drago la contempla et se pencha à son oreille tout en glissant le long de son corps.
- Et moi ? De qui suis-je follement épris ?
A ces mots, la Gryffondor ne put s'empêcher de rougir violemment.
- Quoiqu'il en soit… Ca ne t'autorise pas à…
- A quoi ? coupa Drago. Je t'observe et te surveille toute la journée. Je te l'ai déjà dit, avec moi, tu n'auras plus aucune intimité, ajouta-t-il en souriant sournoisement.
- Je te méprise…, cracha Hermione, incertaine de penser réellement ce qu'elle disait.
- Alors détestes-moi comme il se doit, ronronna le Serpentard avant d'embrasser tendrement sa prisonnière.
Gênée de se retrouver, une fois de plus, légèrement vêtue en compagnie du garçon, elle se maudit de se faire toujours avoir et le maudit d'être à ce point attirant. Le baiser était effroyable, tant il était compliqué de ne pouvoir gémir de peur de réveiller sa colocataire. Ses lèvres douces contrastaient avec son baiser encore une fois exigeant. Elle pouvait sentir le souffle chaud de son amant dès qu'il s'arrachait à ses lèvres pour sucer avidement le lobe de son oreille droite. La langue du garçon descendit jusqu'à sa nuque, qu'il lécha avec convoitise et gourmandise, puis continua plus bas, jusqu'au début de poitrine de sa victime. Le corps transpercé de pics de désir incontrôlable, Hermione attrapa les épaules massives de Drago et laissa exploser un léger gémissement, que l'étudiant fit taire aussitôt en plaquant sa bouche contre la sienne. Une fois le baiser échangé en profondeur, il retourna à la naissance de ses seins et embrassa le décolleté sans pouvoir s'arrêter. Ses mains caressèrent les genoux de la lionne et remontèrent sous sa chemise de nuit, jusqu'à ses cuisses pour finir sur sa taille. Sans même le vouloir ou le contrôler, Hermione écarta ses cuisses et attrapa son oreiller avec force, cherchant ainsi à s'empêcher de gémir. Les caresses du jeune homme poursuivirent leur parcours à l'aveugle sous la chemise de nuit d'Hermione quand elles s'arrêtèrent sur ses seins. Drago, le souffle court et le corps en nage, posa délicatement ses mains sur la poitrine de la femme brune et referma leurs étreintes, les faisant gémir tous les deux en symbiose. La jeune femme pouvait sentir les mains brûlantes du garçon pétrir lentement ses seins, la poussant à s'arc à bouter tant l'envie irrépressible de crier et de le déshabiller était forte. Alors que les caresses de Drago se firent plus pressantes, le bassin de la lionne commença un léger mouvement de va et viens incontrôlable, ce qui poussa Drago à se relever et à réajuster convenablement la chemise de nuit de sa captive.
- Drago…, chuchota Hermione, essoufflée et transie de désir.
- Arrêtons-nous là, dit-il d'une voix faible.
C'est alors qu'elle sortit de sa transe et prit à nouveau conscience des réalités. Elle décida de s'asseoir en tailleur, le plus loin possible de lui, et lui demanda :
- Pourquoi es-tu venu ce soir ?
- Parce que je n'en pouvais plus, je n'ai pas l'habitude de ça, répondit-il dans un souffle rauque.
- De quoi ?
- De tout le temps penser à une fille au point d'en être fou, lâchât-t-il, le regard enflammé.
- Il… Il vaudrait mieux que tu t'en ailles, conseilla Hermione, l'estomac noué et le cœur serré.
Drago bondit du lit en silence et se retourna une dernière fois pour lui faire face.
- Ce que tu ressens, dis-toi que je ressens bien pire en ce moment-même, lança le Serpentard aux cheveux blonds.
- Tu ne sais pas ce que je ressens, rétorqua-t-elle, la voix plus douce qu'elle ne l'aurait souhaitée.
Drago s'en alla alors sans un mot. La gorge sèche et les joues rubicondes, Hermione tenta d'oublier son sentiment d'insatisfaction pour tomber dans un sommeil plus reposant.
Le lendemain matin, la Gryffondor ouvrit les yeux et distingua quelques timides rayons de soleil traverser la chambre, la poussant à se redresser en baillant. Fatiguée par la nuit qu'elle avait passé, l'étudiante prit ses affaires et s'enferma dans la salle de bain, les yeux toujours mi-clos. Elle se déshabilla automatiquement, prit une douche sans penser aux gestes qu'elle accomplissait et se sécha devant la glace, quand elle stoppa net son geste. Sur le miroir, écrit en lettres rouges, elle pouvait y lire :
« Le lion mange le serpent. Le sang-pur dévore le sang de bourbe ».
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Et voilà leur retour à Poudlard ! J'ai lu quelques reviews qui disaient être déçues par Hermione, qu'elle cédait trop facilement, que ça allait trop vite... C'est drôle alors qu'on est au chapitre 33, donc je trouve qu'au contraire j'ai bien pris mon temps. Et encore tout n'est pas réglé, elle est encore loin de lui conter fleurette le regard amoureux ;) Donc j'avoue que je ne comprends pas vraiment comment ça peut aller "trop vite" ^^' Surtout quand on sait tout ce qu'ils ont affronté ensemble malgré leurs nombreux désaccords haha
M'enfin, tout ça pour dire que cette histoire est bientôt finie, j'espère tout de même qu'elle plaira jusqu'au bout et je remercie comme toujours les super nanas qui prennent le temps de m'écrire et de m'encourager ! Concernant mon rythme de parution, j'essaie de publier le dimanche mais c'est vrai qu'en ce moment je suis pas mal occupée :)
Merci encore et à bientôt pour un nouveau chapitre ! :D
