Debout devant la porte de la chambre à Drago, Hermione réfléchit à toute vitesse. Qu'allait-elle bien pouvoir lui dire ? Pouvait-elle lui avouer qu'elle avait subitement prit peur face à un stupide message laissé sur le miroir de sa salle de bain ? Un message qui n'avait absolument aucun sens ? Non, ce n'était pas digne d'elle. Jamais elle n'avait paniqué devant un fait étrange, son intelligence avait toujours prit le pas sur sa crainte. Alors pourquoi se trouvait-elle devant la chambre du Serpentard ? La jeune fille n'en avait absolument aucune idée, mais frappa tout de même timidement à la porte. Elle patienta quelques instants tout en tendant l'oreille afin de percevoir un bruit provenant de la pièce, sans succès. Elle décida alors d'entrer tout en espérant ne pas déranger Neville, quand elle tomba sur un spectacle saisissant, Pansy Parkinson dans les bras de Drago Malefoy. La porte claqua derrière elle, surprenant le couple.
- Je suis désolée, je ne voulais pas déranger ce pur moment d'intimité, déclara Hermione d'un ton sec avant de sortir précipitamment de la pièce.
Alors qu'elle marchait à pas vifs dans tout le château, sans savoir où aller, elle songea à sa propre stupidité. Elle se détestait littéralement de ressentir ce douloureux pincement au cœur, tout cela à cause de ce détestable garçon blond. La jeune femme avait l'horrible impression d'être remonté quelques années en arrière, alors qu'elle jalousait toutes les femmes qui osaient s'approcher de Ron. Comment avait-elle pu intérioriser toute cette peine et cette rage pendant près de 8 ans alors qu'en ce moment précis, elle ne pensait qu'à fondre telle une furie sur Pansy pour lui arracher les yeux, sans oublier, au passage, de propulser Drago par la fenêtre. A bout de souffle, la Gryffondor stoppa sa course folle et s'adossa contre un mur. Par Merlin, qu'est-ce qu'elle le méprisait ! Dire qu'elle lui avait donné un peu de son intimité et de sa confiance, tandis que lui s'était habilement joué d'elle. Oui, en cet instant précis, Hermione Granger haïssait Drago Malefoy.
- Crétin ! Abruti ! Morve de dragon ! Vomi de…, commença-t-elle à ruminer.
- Et bien ma lionne, je vois que tu te divertis bien.
Hermione releva vivement la tête et vit la mine amusée du Serpentard.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Hermione, la mâchoire crispée.
- Tu es partie comme un boulet de canon, j'étais obligé de te suivre. J'adore te voir énervée, je ne pouvais pas louper ça, railla-t-il.
La femme brune s'avança vers le garçon, le regard noir, les poings serrés.
- Pas du tout, je me suis juste montrée polie. Je n'ai pas pour habitude de briser l'ambiance, surtout si cette dernière est à ce point romantique, expliqua-t-elle la voix la plus neutre possible.
A ces mots, Drago explosa de rire, ce qui décupla encore davantage la colère d'Hermione, qui tenta tout de même de cacher cette émotion, préférant feindre l'indifférence la plus totale.
- Je ne savais pas que j'étais aussi drôle, susurra-t-elle.
- Hermione, voyons ! Moi, romantique ? Je suis aussi romantique qu'un scroutt à pétard !
- Tout le monde peut changer….
- Moi je ne change pas ! coupa-t-il, le visage soudain sérieux. Moi je ne changerai jamais, je suis comme je suis, et pour rien au monde, je ne serai quelqu'un d'autre.
- Bref, ce que tu es ne me plais pas, et c'est tant mieux. Sur ce, je te laisse, répliqua Hermione avant de tourner les talons.
A peine avait-elle fait quelques pas qu'il la rattrapa et la retourna face à lui. Malgré les protestations de la fille brune, il agrippa sa main pour en embrasser lentement et sensuellement la paume, ce qui fit frissonner immédiatement le corps tout entier de la belle.
- Pourquoi fais-tu ça ? questionna l'étudiante, au comble de la confusion.
- Tout simplement parce que j'en meurs d'envie, murmura-t-il, les lèvres collées contre la peau de sa main.
- Et si moi je n'en ai pas envie ?
- Avec moi, tu n'as de toute façon pas le choix, répondit-il calmement.
Sa langue descendit alors le long du poignet de sa compagne, qui retint difficilement un gémissement. Anéantie, elle se rendit compte qu'il lui était tout simplement impossible de résister au plus léger frôlement de Drago sur son corps. Alors que les douces lèvres du jeune homme glissaient sur son avant-bras, elle croisa son regard, un regard chaud, brulant et envoutant, qu'il planta directement dans ses yeux.
- Tu es à moi…, gémit-il doucement.
- Non, c'est… c'est faux, bredouilla-t-elle.
- Et j'aime te voir jalouse, poursuivi-t-il sans même tenir compte de la précédente remarque de sa partenaire.
- Je ne le suis pas le moins du monde, mentit-elle vainement.
Drago émit un léger rire avant d'abandonner le bras d'Hermione pour s'occuper de ses lèvres. Il pressa lentement sa bouche contre celle de sa partenaire tout en glissant délicatement une main dans ses cheveux. Un gémissement rauque lui échappa lorsqu'elle caressa sa joue droite du bout des doigts, les yeux mi-clos et le corps frémissant. Qu'est-ce qu'il aimait sentir le corps de la lionne contre le sien, ressentir chacune de ses caresses, percevoir chacun de ses gémissements. Il adorait la posséder, la faire sienne, la rendre folle de lui, même si elle ne l'admettait toujours pas, et ne l'admettrait peut-être jamais. C'est pourquoi, lorsqu'il se détacha d'elle, il eut l'impression qu'on lui arrachait un bras ou une jambe, voire même son cœur.
- Je dois rejoindre Pansy, elle m'attend, déclara-t-il sans parvenir à lâcher la main d'Hermione.
- Bien sûr ! Elle t'attend ! Ne la fait surtout pas patienter davantage ! ironisa la jeune fille en essayant de se dégager de l'étreinte de Drago.
- Tu sais que plus tu te montreras jalouse, mieux je me porterai, plaisanta-t-il, heureux de voir qu'il n'était pas le seul à être d'une jalousie maladive.
- Je te répète que je ne le suis pas ! tempêta-t-elle, irritée.
Un sourire sournois se dessina sur les lèvres du grand garçon blond.
- Veux-tu que je te fasse à nouveau fondre ? A moins que tu acceptes, enfin, de me dire la vérité ?
La Gryffondor dégagea brutalement sa main de celle de Drago avant de répondre froidement.
- Tu n'as pas ce pouvoir Malefoy. Quoiqu'il en soit, pourquoi as-tu besoin de parler à Parkinson ?
- Et bien je dois lui dire que je ne l'épouserai jamais. La pauvre se voyait déjà au bras d'un Malefoy, avec pleins de petits Malefoy autour d'elle.
A ces mots, une vague de soulagement intense submergea Hermione, qui tenta tout de même de garder contenance. Ravir ce petit prétentieux narcissique était déjà assez catastrophique en soi, il n'avait pas besoin de se rendre compte que le sentiment de jalousie de la jeune fille se rapprochait plus d'un élan de possessivité.
- Je dirais que la pauvre a échappé à un futur bien terrible ! se moqua Hermione.
- Tu dis ça maintenant, petite lionne. Mais lorsque tu seras dans mon lit et que je t'aurai donné une multitude d'adorables Serpentards blonds, tu réviseras ton jugement ! répliqua-elle en s'esclaffant avant de s'éloigner pour disparaitre à l'angle du couloir.
Une fois arrivée devant la porte de chambre, Drago inspira un bon coup, peu enthousiaste à l'idée d'avoir une telle conversation avec sa camarade de classe et amie, Pansy. Il se décida toutefois à entrer péniblement dans la chambre, où il aperçut la jeune fille assise sur son lit, les yeux fermés, certainement consciente de la nouvelle qu'elle allait devoir affronter sous peu. La porte grinça lorsqu'il la referma, poussant la Serpentard à ouvrir les yeux.
- Pourquoi es-tu parti en courant pour la rattraper ? demanda-t-elle d'une voix morne.
- Peu importe…, souffla-t-il avant de prendre place à côté d'elle sur le lit.
- Tu es étrange Drago. Tu l'étais déjà avant les vacances, mais c'est encore pire maintenant. Qu'est- ce qui t'arrive ? s'enquit-elle, la voix chevrotante.
Le jeune homme blond inspira le maximum d'air possible afin de se donner du courage. Drago n'avait jamais fait dans la douceur, il le savait pertinemment. Combien de fois s'était-il montré cruel, méchant et blessant à l'égard de Pansy ? Depuis tout ce temps, il n'en n'avait plus la moindre idée. Néanmoins, et malgré le comportement narcissique et égocentrique de l'étudiante, il l'avait toujours considéré comme une alliée, à défaut d'une amie. Et le jeune homme savait parfaitement bien que le nombre de ses alliés diminuait de jour en jour. C'est pourquoi il peinait tant à dire la vérité à Pansy, même s'il le devait.
- Pansy, nous nous connaissons depuis que nous sommes enfants. Et tu sais que…
- Que quoi ? coupa-t-elle, nerveuse.
- Ne m'interromps pas ! gronda Drago. Donc je reprends, tu sais que… Hum… Comment dire… Nous deux, nous ne sommes rien l'un pour l'autre. Rien du tout.
La jeune femme battit des cils un long moment tout en avalant difficilement sa salive.
- Rien l'un pour l'autre ? répéta-t-elle lentement.
- Absolument rien, trancha-t-il le regard dur.
- Mais… Mais tous ces baisers ? Et lorsque nous faisions l'amour ? Quand je te prenais dans mes bras et que…, balbutia-t-elle, le souffle court.
Excédé devant un tel mélodrame, Drago se releva et dit calmement :
- Tu le savais, tu l'as toujours su, je ne m'attache pas aux gens, je m'en sers uniquement lorsque j'en ressens le besoin.
- Et là tu n'as plus besoin de moi ? C'est ça ? s'écria Pansy en se redressant à son tour pour lui faire face.
- Exactement.
Drago tourna les talons, prêt à quitter la pièce, quand elle lui agrippa le bras férocement.
- Lâche-moi Pansy !
- Non ! Pour une fois je veux une explication ! Pourquoi me dire tout ça maintenant ? Pourquoi ? cria Pansy, hors d'elle.
- Parce que, pour une fois, je me suis dit que je te devais au moins un semblant de vérité ! Et lâche mon bras, grogna Drago en s'arrachant de la poigne solide de sa camarade.
Pansy s'interposa alors entre la porte et Drago, ce qui l'empêcha de sortir, l'obligeant donc à finir cette discussion une bonne fois pour toute.
- Tu ne me dis pas tout, je le sais ! J'aurais pu tout te donner, et toi, tu ne me dis même pas la vérité ! glapit-elle.
- Je veux une femme. Et je veux être avec cette femme. Vivre avec elle, me marier avec elle, avoir des enfants avec elle. Je n'ai jamais ressenti ce genre d'envies en te fréquentant, toi ou une autre d'ailleurs. Tu es une enfant Pansy, tu t'es leurrée pendant toutes ces années, tu t'es créée une bulle qui n'existera jamais. Astoria et toutes ces filles dont tu as été jalouse, sache que je m'en moque comme de l'an quarante. Mais c'est parce que j'ai un peu de respect pour toi que j'ai cette putain de conversation avec toi, aujourd'hui. Un conversation est qui maintenant close, définitivement, avoua-t-il sans reprendre son souffle.
Quelques larmes silencieuses glissèrent le long des joues blêmes de la Serpentard. Ignorant le bruit que fit son cœur en se brisant, elle répliqua d'une voix qu'elle souhaitait la plus froide possible.
- Que pensais-tu que j'allais faire après cette déclaration ? Pleurer ? Me morfondre dans tes bras et te supplier de ne pas m'abandonner ? Tu as tort Drago Malefoy, je ne suis plus une enfant, j'ai maintenant 18 ans, et je pense qu'il est temps que je commence à vivre pleinement ma vie. Sans toi.
Et sans un mot de plus, Pansy tourna le dos à l'homme qu'elle pensait être l'amour de sa vie, ferma délicatement la porte derrière elle, marcha d'un pas énergique jusqu'à chambre, les lèvres serrées et la mâchoire crispée, avant de s'étendre sur son lit pour y laisser exploser sa souffrance.
Après avoir échappé aux blagues sans queue ni tête de Ron, Hermione se dirigeait vers sa chambre, dans le but de prendre quelques feuilles de parchemin ainsi que sa plume, avant de se rendre à la bibliothèque. La jeune femme était déterminée à découvrir le sens caché des paroles de Fillius From, il était temps qu'elle répare ce foutu vase. Et c'est avec brusquerie qu'elle pénétra dans la chambre, claquant la porte au passage, quand elle aperçut des gémissements résonner dans la petite chambre. Sans un mot, elle coula son regard en direction de la masse sombre affalée sur le lit de Pansy. D'un murmure, elle alluma les bougies et découvrit une Pansy méconnaissable. Ses yeux étaient bouffis, ses joues rougies et baignées de larmes, ses lèvres pâles et grelottantes.
- Que se passe-t-il ? chuchota Hermione, mais elle n'eut comme réponse que des pleurs étouffés.
Elle décida alors de s'assoir à côté de la malheureuse, le cœur étrangement serré face à tant de tristesse.
- Pansy ? Qu'est ce qui ne va pas ? questionna-t-elle.
- Qu'est…Qu'est-ce que ça peut bien te faire au juste ? répliqua la jeune fille, la voix éraillée.
- Nous vivons ensemble depuis près de cinq mois, je pense qu'il est normal que je m'inquiète un peu pour toi, murmura Hermione.
- Je n'ai pas besoin de ta pitié ! bougonna Pansy.
- Alors parlons de compassion, répondit doucement Hermione.
Pansy se redressa alors quelque peu, et le regard baissé, expliqua en quelques mots les raisons de sa peine.
- Drago et moi, et bien… C'est fini. Pour de bon. Fini.
A ces mots, deux sentiments se firent ressentir chez Hermione. Du soulagement, et du chagrin. Savoir que Drago avait enfin tout avoué à Pansy la comblait de joie, mais le tourment que cela avait engendré chez sa camarade de classe la culpabilisait.
- Et pour la pire des raisons, continua Pansy sans s'apercevoir de la lutte interne d'Hermione. Il a trouvé la femme avec qui il voulait finir sa vie. C'est carrément absurde.
- Absurde ?
- Bien sûr ! Je connais Drago mieux que quiconque, et bien mieux que cette fille ! Drago est fait pour vivre seul, il finira par se lasser de cette fille, et la laissera tomber comme il l'a fait avec moi. Ce n'est qu'une question de temps.
- Je vois…, souffla Hermione alors qu'un étrange pincement au cœur apparut.
- Mais je m'en fiche ! Il finira bien par se rendre compte de sa lamentable erreur ! Mais quand cela arrivera, et qu'il me suppliera de revenir vers lui, je refuserai ! s'écria Pansy en sautant du lit. Mes larmes finiront bien par se tarir un jour. Et lorsque ce sera le cas, quand je serai loin de cette école et que je ne verrai plus jamais Drago, j'irai mieux, beaucoup mieux, tellement mieux !
Hermione l'observa sans voix, tant elle était ébahie et incrédule. Sous ses yeux, Pansy essayait de se redonner du courage, de se montrer forte et indépendante, tout en restant incroyablement déterminée. Elle réalisa alors que Drago avait énormément fait souffrir Pansy, et que son tour allait peut-être un jour arrivé. Sentant que ses yeux commençaient à s'embuer, Hermione préféra se lever en silence et regagner la porte, quand Pansy l'apostropha.
- Finalement, tu es peut-être un peu moins bêcheuse que je ne le pensais.
Le sentiment de culpabilité de la lionne se décupla, l'obligeant à sortir précipitamment de la chambre et la poussant à courir vers son unique lieu de refuge, la bibliothèque. Une fois à l'intérieur, une douce plénitude s'installa dans l'esprit de l'étudiante. Elle arpenta alors le sol rassurant de cette immense pièce et commença à étudier les livres traitant de sortilèges sur la vérité, ce qui n'était pas une mince affaire. Deux longues heures s'écoulèrent sans aucun résultat concluant. Déçue, Hermione s'affala à une table, quand elle perçut de douces et tendres caresses sur ses cheveux, plus que jamais emmêlés. Sans même ouvrir les yeux ou relever la tête, elle rouspéta.
- Mais que fais-tu ici ?
- Il fallait que je te vois. J'étais certain de te trouver ici, chuchota le garçon blond.
- Et pourquoi souhaitais-tu me voir ? soupira Hermione.
- Parce que.
La réponse succincte et sobre du jeune homme la fit sourire, l'incitant à se redresser pour le regarder. Ce dernier semblait fatigué, mais étrangement ravi, comme à son habitude depuis quelques temps maintenant. Sa main descendit de ses cheveux pour se poser sur celle de la belle Gryffondor, tout en regardant les étoiles briller au plus profond de la nuit. Le profil pâle du garçon était saisissant dans la faible lumière émise par la bougie. Sa peau semblait translucide, tel un fantôme fier et arrogant. La main du garçon sur la sienne diffusait dans son corps tout entier une chaleur réconfortante, à croire que sa seule présence à ses côtés suffisait à la rendre plus vaillante.
- Pansy est en pleurs dans ma chambre, lâcha subitement Hermione.
Elle sentit alors la pression sur sa main se renforcer davantage.
- Elle n'est qu'une pleurnicharde, rétorqua-t-il.
- Mais elle s'est juré que jamais elle ne retournait dans tes bras.
- Une pleurnicharde avec un peu de jugeote.
- Tu ne ressens même pas un peu de peine pour elle ? s'étonna la Gryffondor.
- Sa peine est déjà en train de se transformée en colère. Et la colère rend fort. Je n'ai donc pas à la plaindre, répliqua Drago avec dédain.
L'indifférence de Drago fit frémir Hermione et la poussa à retira sa main de celle du garçon.
- Me traiteras-tu avec autant de désinvolture un jour ? susurra-t-elle.
- Je t'ai traité de la plus mauvaise des façons pendant 8 ans, répondit Drago, en lui lançant un regard perçant.
- Je ne te parle pas du passé, mais du futur, répondit Hermione d'une voix dure.
- Ca n'arrivera jamais, car je te garderai à mes côtés aussi longtemps que ma vie le permettra, dit-il d'un ton dur.
- Je ne demande aucune promesse, ni aucune déclaration, étant donné que moi, je ne suis pas certaine de mon avenir. Et encore moins de mon avenir avec toi. De plus, je suis loin d'être sûre de la véracité de tes paroles, glapit-elle, à présent proche de l'énervement.
- Tu commences à m'agacer Hermione….
- Je savais bien que le Ying et le Yang partageaient la même table les soirs de pleine lune !
Drago et Hermione sursautèrent en même temps et découvrirent Luna et Theodore, debout, devant leur paillasse.
- Tu as bien raison ma chère Luna, mais je ne pense pas que ce soit uniquement par soir de pleine lune, railla Theodore, les mais dans les poches.
- Qu'est- ce que foutez ici ? demanda Drago, irrité d'avoir été interrompu.
- Nous avons vu deux amis discuter, alors nous avons eu la bonne idée d'aller les saluer, répondit calmement Theodore, le sourire en coin
- Les amis en question étant vous-même, expliqua Luna, nous voilà.
- Je ne savais pas que vous vous connaissiez, s'exclama Hermione, tout en éloignant le plus discrètement possible sa chaise de celle de Drago.
Theodore la fixa attentivement avant de sourire complètement.
- Dans ce château, il y a des amitiés naissantes, des rivalités brisées et des amours secrets. Ainsi va la vie.
Mal à l'aise, Hermione préféra s'adresser directement à Luna.
- Tes vacances se sont-elles bien passées ? demanda aimablement Hermione.
- Je dirais que oui… Mais je n'ai pas beaucoup dormis hélas. Le lapin fantôme des voisins ne cessait de me tourmenter la nuit, souffla-t-elle.
- Peut-être cherchait-il sa défunte carotte ? plaisanta Theodore.
- Certainement…, murmura la jeune fille blonde, le regard perdu dans le vague.
A bout de patience, Drago se leva brutalement de sa chaise et attrapa la main d'Hermione avant de fondre hors de la bibliothèque, sans un mot à l'égard des deux étranges camarades de classe.
- Arrête ! Mais tu es fou ! Lâche-moi ! hurla Hermione alors que les murs de Poudlard défilaient sous ses yeux.
- Ça ne sert à rien de crier. Je ne te lâcherai pas tant que nous ne serons pas arrivés ! grogna Drago.
- Arriver ou ça ? Et quel manque de politesse ! Théodore et Luna vont se poser des questions ! tempêta la lionne.
- Theodore n'est plus au stade des questions, mais à celui des réponses, et depuis bien longtemps ! Quand à Luna, elle est aussi dérangée que son lapin fantôme ! ironisa le garçon blond.
- Mais quand vas-tu t'arrêter de courir ! houspilla la lionne, à bout de souffle.
- Tout de suite ! affirma Drago en s'arrêtant brusquement.
Hermione s'arracha à la prise de Drago et regarda autour d'elle. La Salle sur Demandes. Dans cette course folle, elle ne s'était même pas rendu compte qu'il l'avait entrainé de force dans cette immense pièce.
- Pourquoi m'avoir emmené ici ? s'enquit-elle, anxieuse.
- Tu ne crois aucun de mes mots, alors je vais te la dire, ta vérité si précieuse et tant attendue, tonna-t-il d'une voix forte.
- Que vas-tu faire Drago ? demanda Hermione, son corps frémissant de part en part.
D'un pas vif, Drago se posa devant le Miroir du Riséd et contempla silencieusement le reflet qui se dessinait peu à peu.
- Veux-tu savoir ce que je vois ? questionna-t-il doucement.
- Je ne… Je… Je ne sais pas, bredouilla la lionne en reculant de quelques pas.
Les poings serrés et la mâchoire soudée, Drago détourna son regard du reflet pour faire face à l'étudiante brune.
- Je te vois, ou plutôt, je nous vois. Depuis le tout premier soir où j'ai découvert ce miroir, je ne vois que toi dans mes bras, admit-il d'un ton sec.
- Tu ne…
- Non ! Tais-toi ! Je n'ai pas fini, coupa-t-il rageusement. Depuis cette nuit, depuis cette putain de vérité, je ne pense qu'à ça. Je devais te détester, te haïr, te mépriser. Mais ce foutu reflet à tout changer, pour toi, mais aussi pour moi. Tu veux la vérité, je vais te la donner. Je sais que tu es faite pour moi, parce que ce miroir me le dit, voilà pourquoi je ne peux pas te mentir. Je ne sais pas quel sera notre avenir, ni comment tout cela va se finir, mais maintenant c'est foutu. Tu comprends ? C'est foutu. Tu es à moi. Et ni toi, ni moi, ne pouvons changer cette vérité.
Tétanisée par ce nouvel aveu, les jambes d'Hermione refusèrent de bouger. Incapable de parler, la jeune femme préféra chercher avidement de l'air, tant l'atmosphère ambiante semblait étouffante. Agacé devant la stupéfaction d'Hermione, Drago se jeta sur elle et l'entraina face au miroir.
- A ton tour ! Regarde et dis-moi ce que tu y vois ! ordonna-t-il.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi ! s'écria-t-elle dans un élan de férocité.
- Tu es horriblement lâche Granger ! Tu l'es bien plus que moi ! Ta couardise est pathétique ! s'emporta le garçon.
Folle de rage, Hermione tourna volontairement le dos au miroir et le regarda droit dans les yeux.
- Tu veux la vérité ? Et bien je vais te la donner ! Je ne suis pas comme toi ! Je ne remets pas mon destin aux mains d'un stupide miroir ! Je contrôle ma vie, moi ! hurla-t-elle.
- Tu la contrôles, mais tu ne la vis pas ! Tu as peur de tout ce que tu ne connais pas ! répondit-il sur le même ton.
- Et qui es-tu pour me dire ça ? Toi qui as été si lâche durant cette guerre !
- J'ai conscience de ma lâcheté, moi ! C'est pourquoi j'ai tant voulu combattre ce Mangemort !
- Et si moi je suis bien dans ma petite vie bien rangée ? Après tout ce que j'ai vécu l'année précédente, n'ai-je pas droit à un peu de répit ? cria Hermione alors que des larmes d'impuissance et de frustration inondaient à présent ses yeux.
- Je sais que j'ai gâché ton année, mais je n'avais pas prévu de te faire entrer dans ma vie, et encore moins de cette façon, soupira Drago, sa colère s'étant évanouie devant les larmes de sa femme.
- J'ai peur de regarder ce miroir, je ne peux pas, je ne veux pas, avoua Hermione, les yeux baissés.
- Pourquoi ça ?
- Si je le regarde, je n'aurai plus le choix. Mon futur s'imposera à moi, et ça je ne le souhaite pas. Je veux choisir ma vie, et non pas la supporter, affirma-t-elle en séchant quelque unes de ses larmes.
A pas lents, Drago s'approcha d'Hermione, la prit par les épaules et la poussa à faire doucement volte-face, afin d'affronter le reflet du miroir.
- Lève les yeux Hermione, et regarde devant toi, chuchota-t-il à son oreille.
- Non ! Je veux choisir ma vie ! Mon mari ! Mon travail et ma famille !
- Tu ne choisiras personne d'autre que moi, car peu importe ce que tu verras dans cette glace, je tuerai tous ceux qui oseront s'approcher de toi, dit-il calmement.
Hermione se dégagea alors de ses bras et le regarda droit dans les yeux, sans chanceler face au regard incandescent du garçon blond.
- Serait-ce une menace ? susurra-t-elle.
- La réalité je dirais.
- Et bien il vaudrait mieux que tu me tues à la place. Car je ne serai jamais à toi, rétorqua-t-elle.
- Ton obstination à ne pas vouloir faire face à ce que tu désires le plus au monde, prouve bien que tu ne peux pas être sure de ton avenir, chuchota-t-il.
C'est alors qu'épuisé et les yeux clos, il colla lentement son front à celui de la lionne. Perdue entre ses désirs, ses peurs et ses sentiments, Hermione se mit sur la pointe des pieds et posa délicatement ses lèvres sur celles de son persécuteur, dans un baiser chaste. Elle s'écarta alors légèrement de lui et fit glisser son regard jusqu'au miroir, où le reflet de son désir le plus profond prit forme avec une clarté certaine sous ses yeux. Elle coula alors son regard vers Drago, qui la fixait avec une intensité presque démesurée et réellement déroutante. Elle caressa doucement sa joue pâle, baissa les yeux, puis s'en alla sans un mot.
Une fois la porte refermée, Drago lança un dernier regard au Miroir du Riséd, puis murmura lentement :
- Je t'aime….
Il quitta à son tour la pièce.
C'est alors, que dans le coin le plus sombre de la Salle sur Demandes, deux morceaux de la coupe brisée se récolèrent instantanément.
OoOoOoOoOoOoOoOo
Ça avance et nous approchons du du final doucement mais surement !
Merci aux lectrices d'être fidèles à mon histoire et surtout un énorme merci à celles qui me laissent des reviews !
Petite info, l'histoire comptera au total 38 chapitres et un court épilogue ^^ Voilà voilà et merci encore :D
