Drago s'extirpa lentement du sommeil le plus réparateur qu'il ait connu depuis bien des années. Sans même ouvrir les yeux, il passa délicatement sa main dans les cheveux d'Hermione, toujours endormie et lovée contre lui. Il ne parvenait pas à croire qu'enfin il l'avait fait sienne, enfin elle s'était donnée à lui, elle lui avait presque déclaré son amour pour lui. Il se dit alors qu'il avait eu raison d'être patient, de l'attendre, car le jeu en valait la chandelle. Il avait toujours considéré ses rapports physiques avec les femmes comme quelque chose de simplement sexuel, un soulagement plus qu'un plaisir. Jamais il n'aurait pu imaginer qu'il se laisserait ainsi aller à une telle extase, sans ne plus rien pouvoir contrôler. Le Serpentard leva doucement les paupières et contempla sa femme, le regard plein d'amour, de désir et il faut l'avouer, de satisfaction personnelle. Il la voulait, il l'a eu. Et il ne pensait qu'à une seule chose, recommencer, encore et encore et ce durant le reste de sa vie.
Il se força néanmoins à se relever complètement, en prenant soin de ne pas réveiller sa belle, et décida de faire apparaitre un lit au milieu de la pièce, pour qu'elle ait mieux que ce lit d'infortune fait de leurs vêtements, pour dormir. Le jeune homme la prit dans ses bras tout en déposant un rapide baiser sur son front et la déposa le plus délicatement du monde dans le lit. Une fois la demoiselle bien installée, il se rhabilla prestement et sortit de la salle à pas de loup pour ne pas la réveiller. Encore en plein état de béatitude, il se mit à sourire en songeant à un avenir bien plus beau et magique que ce qu'il pouvait s'imaginer.
Quelques minutes s'écoulèrent ainsi quand il se décida à rejoindre le dortoir afin de profiter d'une bonne douche. Il allait s'en aller quand son regard tomba sur le mur en face de lui. Quelques frissons lui parcoururent le corps quand il lut ce qui était inscrit dessus.
L'union du serpent et de la lionne
Avalant difficilement sa salive, il se rapprocha de l'inscription en tremblant. Il se dit alors que toute cette histoire devenait sérieuse. Il était évident que quelqu'un les suivait et les menaçait à travers ces messages, mais qui ? En tout cas, cette personne était au courant du lien qui unissait Drago et Hermione, exactement ce que redoutait le Serpentard. Il ne voulait absolument plus que la lionne souffre à cause de lui et des problèmes que son père avait créés avant de mourir. Car il était à présent certain que tout était lié à Egnam Torm, finalement le tuer n'aura rien résolu.
- On apprend à lire, petite fouine blonde ? ricana une voix que Drago reconnut aussitôt, la stupide voix de ce grand roux de Weasley.
Il se détourna alors du mur, souhaitant ainsi cacher le message, pour tomber nez à nez avec Harry et Ron.
« Décidemment, serait-ce le karma ? Après une nuit extraordinaire, je dois subir la pire journée de ma vie ? », pensa aussitôt Drago.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? grogna-t-il peu enclin à se disputer aujourd'hui.
- Hermione nous a tout dit, expliqua Harry d'un ton plus calme.
En entendant le prénom d'Hermione, son estomac se noua. Qu'avait-elle bien pu leur raconter ?
- Elle vous a dit quoi au juste ? questionna Drago de la voix la plus froide qu'il souhaitait, afin de ne pas montrer qu'il était impatient de connaitre la réponse.
- Elle nous a tout raconté, y compris les problèmes dans lesquels tu l'as entrainé bien malgré elle, répondit Ron.
- On s'en est sortis, non ? Alors foutez moi la paix et allez voir ailleurs si j'y suis, siffla la grand blond avant de leur tourner le dos, prêt à partir.
C'est alors qu'il senti qu'on l'agrippait par le bras. Agacé, il se retourna brusquement prêt à frapper le fou qui avait osé le toucher quand son poings ne rencontra que le vide, Ron s'était déjà reculé.
- Tu as intérêt à bien la traiter espèce d'immonde petit rat blond ! Harry et moi avons bien voulu accepter ses sentiments pour toi, car nous l'aimons énormément, mais ça ne veut pas dire qu'on t'accepte toi ! persifla Ron le regard méchant.
- Elle vous a dit qu'elle… qu'elle m'aimait ? bredouilla Drago, toute rage en lui s'était brusquement envolée.
Les deux amis Gryffondor se regardèrent avant d'hocher la tête, tous deux comprenant que bien malgré eux, ils avaient encore davantage pousser le Serpentard dans les bras de leur meilleure amie.
Et c'est sans même leur répondre que Drago s'en alla rapidement vers son dortoir, le cerveau en pleine ébullition. Présumer qu'Hermione l'aimait en raison de la nuit précédente était une chose, savoir qu'elle l'avait confié à ses amis en était une autre. Par Merlin, il avait envie de crier sa joie, d'hurler au monde qu'enfin il avait trouvé une personne qu'il aimait réellement et sincèrement, et que par miracle, c'était en plus réciproque. A cet instant là, tout était oublié, le Mangemort, les menaces, le danger… Une seule chose ne comptait réellement, Hermione. Et c'est d'un pas vif et léger qu'il pénétra dans sa chambre, prêt à prendre une bonne douche avant d'aller retrouver sa belle.
- Hum…
Hermione se réveilla tout en baillant, le rêve qu'elle venait de faire avait semblé important, cependant elle ne parvenait pas à s'en souvenir. A dire vrai elle était même incapable de pouvoir dire où elle se trouvait, quand la nuit incroyablement torride qu'elle avait passé avec le Serpentard lui revint subitement en mémoire. C'est rouge de honte qu'elle se redressa de son lit, non pas qu'elle regrettait ce qui s'était pas passé, pas le moins du monde. Mais repenser à tout ce qu'ils avaient fait, sans aucune pudeur, leurs corps nus collés l'un à l'autre…
- Hermione ! Ressaisis-toi ! Tu ne vas pas te mettre dans cet état à chaque vous qu'il te fera l'amour ! se sermonna-t-elle fermement.
Mais à la simple idée qu'ils allaient recommencer, elle sentit le désir monter en elle. Afin de se ressaisir, elle sortit du lit et entreprit de s'habiller, malgré l'allure froissée de son uniforme. Touchée par l'attention de son homme qui avait pensé à fait apparaitre un lit, elle ne put s'empêcher de sourire tendrement en le regardant. Dire qu'elle avait douté de la véracité des sentiments du jeune homme à son égard, qu'elle n'avait osé se livrer à lui de peur qu'il la jette une fois l'union consommée, quelle idiote elle pouvait être ! Jamais elle n'oublierait son regard plein de tendresse et d'amour, alors qu'il lui disait qu'il l'aimait. Le simple fait d'y repenser lui fit frissonner tout le corps. Néanmoins, il était temps pour elle de faire de même, de lui révéler ses sentiments et surtout, qu'il puisse les entendre cette fois-ci.
Encore quelque peu hébétée de la nuit qu'elle venait de passer, Hermione passa la porte de la salle, fit quelques pas incertains le regard perdu dans le vague et le cœur emplis d'un sentiment d'allégresse quand la cruelle réalité la ramena sur terre.
L'union du serpent et de la lionne
En cet instant, à la simple lecture de ces quelques mots, l'estomac de la jeune femme se retourna.
« Encore… », songea-t-elle. « Nous n'aurons donc jamais la paix, qui peut bien être ce malade qui nous harcèle de la sorte ? Egnam est mort ! Un complice ? Ou est-ce juste un hasard ? Est-ce que quelqu'un nous veut vraiment du mal ? » rugit-elle intérieurement.
Hermione le savait, à présent, il fallait absolument qu'elle se charge de ce problème. Maintenant que Drago et elle s'étaient enfin complètement trouvés, il était hors de question que quelqu'un, qui que ce soit, les menace de la sorte. Tout d'abord, il fallait qu'elle retrouve le Serpentard, ils ne seraient pas trop de deux pour régler une bonne fois pour toute ce problème. Et c'est d'un pas vif cette fois-ci qu'elle prit le chemin du dortoir. Elle gravit quelques marches d'escaliers quand elle manqua de percuter de plein fouet un élève de l'école. La jeune femme leva alors les yeux vers la carrure grande et robuste qu'elle avait failli percuter quand elle rencontra un regard sombre, un regard qu'elle connaissait déjà.
- Excuse-moi Liam, je marchais vite, je ne t'avais pas vu, fit-elle rapidement avant de reprendre sa route, quand elle sentit qu'on lui agrippait brusquement le bras.
La lionne se retourna et tenta de se libérer de la forte poigne du garçon, agacée d'être retenue alors qu'elle devait rejoindre en hâte Drago.
- Mais lâche-moi ! Je suis pressée ! s'écria-t-elle au comble de l'exaspération.
- Je ne peux, pas tout de suite, murmura-t-il sereinement.
- Je suis pressée Liam, je dois retrouver quelqu'un ! cria l'étudiante.
Mais le jeune homme ne se décida pas à libérer sa prise, se contentant de la fixer le regard sérieux, la mine sombre.
- Hermione, accorde-moi seulement quelques minutes, je t'en prie…, chuchota-t-il à présent tristement.
Interloquée face à cet étrange comportement et surtout curieuse d'en connaitre la raison, elle prit sur elle et décida de se calmer.
- Je t'écoute, dit-elle simplement.
Soulagé d'avoir enfin attiré son attention, il la lâcha et commença à parler, la tête basse.
- Qui dois-tu rejoindre ?
- Je ne crois pas que cela te regarde, répondit sèchement Hermione.
- Tu vas le rejoindre mais tu ne devrais pas, tu sais, il ne va t'attirer que des ennuis, gémit-il le regard fuyant.
- Mais de quoi me parles-tu ? grogna-t-elle agacée.
- De Drago Malefoy !
Instinctivement, elle recula de quelques pas. Comment pouvait-il savoir qu'elle partait rejoindre Drago ? Etait-il au courant de leur relation ? Pourquoi s'en mêlait-il ? Depuis le début, elle avait été mal à l'aise en présence du garçon, mal à l'aise mais aussi intriguée. Au départ elle avait pris ça comme une certaine attraction mais il n'en était rien. Puis elle avait pensé que c'était une sorte de sentiment de gratitude vu que c'était lui qu'il l'avait secouru après son agression, mais encore une fois elle s'était trompée. Depuis le début de cette nouvelle année, elle avait toujours senti comme une présence, comme si quelqu'un l'épiait de loin, elle avait alors pensé à Drago, surtout après qu'il lui ait déclaré ses sentiments. Mais si quelqu'un d'autre s'amusait à la suivre de loin ? Et si ce quelqu'un était celui qui écrivait ces horreurs sur les murs ? Et si ce quelqu'un était Liam ?
Doucement et sans geste brusque, la sorcière glissa sa main dans la poche de sa jupe pour y sentir le contact réconfortant de sa baguette.
- Pourquoi me parles-tu de Malefoy ? questionna-t-elle méfiante.
- J'ai remarqué que vous aviez l'air de plus en plus proche…
- Pourquoi penser qu'il me cause de problèmes ? le coupa-t-elle vivement.
- Parce qu'il y a quelques jours je t'ai vu sortir du dortoir complètement apeurée et dans un triste état, et ça m'a inquiété, expliqua-t-il gêné en en baissant à nouveaux les yeux.
Hermione se dit alors que ça devait être la fois où Drago s'était littéralement jeté sur elle dans la chambre et qu'elle s'était alors enfuie. Il est vrai qu'elle avait croisé des gens mais elle était bien incapable de se souvenir de qui.
- Et donc ? susurra-t-elle l'œil mauvais.
- Et donc je n'ai pas aimé…, commença-t-il en la regardant cette fois-ci dans les yeux. Hermione, cela peut te paraitre bête, mais depuis la fois où je t'ai vu allongé là, sur l'herbe, inconsciente et le corps meurtris, je n'ai pas pu m'empêcher de garder un œil sur toi. Au début je pensais que ça ne partait uniquement d'un geste amical, dans le but de te protéger mais c'est plus que ça. Tu me plais, vraiment. Et quand je vois comment Malefoy te traite, ça me rends fous de rage mais aussi de jalousie. Je… Tu sais… Tu me plais vraiment, finit-il en bégayant et en détournant à nouveau le regard.
Abasourdie face à cet aveu mais en même temps rassurée de s'être trompée sur son compte, elle retira la main de sa poche pour la poser sur l'avant-bras du jeune homme qui lui faisait face.
- Je te remercie de t'inquiéter pour moi mais ce n'est pas la peine ? dit-elle doucement.
Elle décida aussi qu'il était temps elle d'assumer ses sentiments devant tout le monde.
- Je suis touchée par tes mots mais je suis amoureuse de Drago, il ne me fait pas de mal, bien au contraire. Je suis désolée de ne pas pouvoir répondre à tes sentiments, ajouta la jeune femme, peinée devant les yeux contrit l'homme qui lui faisait face.
Jamais elle ne serait doutée que Liam était, ne serait-ce qu'un peu, intéressé par elle. Certes une fois elle l'avait confondu avec Drago le soir du bal, mais elle avait très rapidement comprit son erreur.
- Oui… Heu… Je suis aussi désolé de te mettre mal à l'aise avec tout ça, bredouilla-t-il de plus en plus gêné.
- Ne t'excuse pas, c'est ma faute, je me suis montrée excédée alors que tu cherchais juste à me parler. J'ai vraiment besoin de parle à Drago maintenant, dit Hermione en lui tournant le dos prête à reprendre sa course.
Encore une fois, elle sentit qu'il lui empoignait le bras.
- Je voulais te dire autre chose. Je ne sais pas si ça te concerne ou pas, mais j'ai vu Nott tout à l'heure, lui expliqua Liam rapidement.
- Comment ça tu l'as vu ?
- Pas loin d'ici, il écrivait quelque chose sur le mur. Comme c'est interdit et que tu fais partie de ceux qui font les rondes le lundi soir avec les préfets, je préférais te prévenir. Je ne voudrais pas que tu aies des problèmes par sa faute, marmonna-t-il le regard toujours fuyant.
Cette annonce lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. Théodore Nott ? Le même qui celui qui s'était montré très affable à son égard pendant les vacances scolaires ? Ce Nott là ? En y repensant, à chaque fois qu'elle le croisait, il l'observait étrangement, sans oublier son comportement étrange et ses répliques que seul lui pouvait comprendre. Est-ce que c'était un jeu ou une menace de sa part ?
- Je te remercie pour cette information, j'irai lui en toucher deux mots, fit-elle platement, essayant péniblement de garder son calme.
Elle tourna alors les talons et fila à toute vitesse vers la chambre de Théodore. Maintenant qu'elle connaissait le coupable, mieux valait l'interroger tout de suite plutôt que d'inquiéter inutilement Drago. Il était fort possible que ce ne soit qu'une blague de mauvais gout de la part du Serpetntard, qui était reconnu pour sa malice et sa fourberie. A moins que tout ceci fût en réalité bien plus grave, que tout était lié à Egnam Torm.
Alors qu'elle traversait les différents couloirs à toute vitesse, elle entendit quelqu'un l'interpeller.
- Malédiction ! Pourquoi tout le monde se souvient de mon existence tout spécialement aujourd'hui ? se dit-elle agacée.
Elle fit volte-face et se retrouva nez à nez avec un Neville particulièrement désemparé.
- Salut Neville, qu'est-ce qui ne va pas ? s'enquit-elle gentiment, bien que cela lui demanda un effort surhumain.
- Hermione, c'estau sujet de Daphnée, soupira-t-il tout penaud.
- Vous vous êtes disputés ?
- Non, mais elle ne va pas bien en ce moment… Ça te dérangerait qu'on aille un peu parler ensemble ? demanda le jeune garçon en souriant timidement.
- Je suis navrée Neville, ça aurait été avec grand plaisir mais je suis particulièrement pressée, peut-être un peu plus tard ? suggéra-t-elle le plus calmement possible alors que son cœur battait à un rythme fou.
Son ami de longue date lui lança un furtif regard déçu avant de détourner la tête et de déclarer en riant nerveusement :
- Bien sur Hermione ! Je suis désolé de toujours prendre de ton temps avec mes petits soucis.
Le voir aussi abattu renforça le sentiment de culpabilité de la jeune sorcière, ce qui la poussa à changer d'avis.
- Tu peux peut-être me dire ce qui ne va pas ici ? insista quand même Hermione.
Il releva alors la tête et lui lança un sourire éblouissant.
- Merci Hermione… En fait Daphnée va mal, très mal, mais je ne sais pas exactement pourquoi. Je crois que c'est à cause de sa sœur…
- Astoria ? l'interrompit l'étudiante.
- Tout à fait ! Mais tu la connais si bien que ça ? dit-il surpris.
- Hélas oui, enfin non, vaguement…, répondit évasivement Hermione afin de ne pas rentrer dans les détails. Astoria lui cause encore des ennuis ? reprit-elle.
- En fait elles ne sont jamais vraiment bien entendues. Daphnée vit avec son père et Astoria avec sa mère. Elle m'a expliqué que sa mère n'était pas très saine et qu'elle détestait les moldus.
« Pas étonnant quand on voit la fille » pensa aussitôt Hermione.
- Mais ce n'est pas tout, je crois qu'il y a eu un drame dans leur famille, mais Daphnée refuse d'en parler. Elle a tellement peur que son contexte familial me fasse fuir alors que jamais ! Jamais je ne la quitterai ! Je l'aime trop pour ça ! s'emporta vivement le garçon timide.
Hermione sourit face à cet élan d'amour, ça lui rappelait tellement un certain grand gaillard blond un peu trop passionné par moment, mais tellement, tellement touchant.
Elle s'approcha alors de Neville et essaye de le conseiller du mieux qu'elle put.
- Neville, je suis certaine qu'elle sait très bien à quel point tu l'aimes. Néanmoins, des fois, la peur de souffrir à cause de l'autre nous pousse à mentir aux autres et surtout à mentir à nous-même. Montre-lui que tu es là, que jamais tu ne la laisseras, peu importe sa famille, son passé, ses erreurs. Si tu arrives à l'en convaincre, elle s'ouvrira complètement à toi, dit-elle le cœur lourd en songeant à sa relation avec Drago et à quel point elle avait douté avant d'oser enfin faire face à ses sentiments nouveaux.
Avec sa spontanéité qui le caractérise tant, Neville prit son amie dans les bras en la remerciant d'être toujours là pour l'écouter et l'épauler. Il s'en alla d'un pas léger prêt à retrouver celle qu'il aime.
Ravie d'avoir pu être un tant soit peu utile pour son comparse, elle reprit sa route vers le dortoir. Une fois arrivée, elle s'étonna de le trouver désert quand elle comprit que les cours avaient très certainement déjà débutés. Sachant que l'ami Nott ne se gênait pas pour louper un cours lorsque ce dernier le jugeait inintéressant, elle tenta tout de même sa chance et entra dans la chambre du garçon. Personne. Déçue, la jeune femme se rendit dans celle de Drago sans le trouver non plus. Abattue, elle se dit qu'une petite douche lui remettrait un peu les idées en place quand en poussant la porte de sa chambre, elle le vit. Théodore Nott, le pinceau à la main, en train d'inscrire des lettres rouges sur le miroir.
Sans même réfléchir, Hermione se munie de sa baguette en envoya son adversaire valser contre le mur.
- Mais qu'est-ce que tu fous ? rugit le Serpentard en se relevant péniblement.
- Ce serait à moi de te demander ça ! Qu'est-ce que tu fiches dans ma chambre ? cria-t-elle à son tour.
Et c'est avec surprise qu'elle vit son maudit sourire espiègle naitre sur ses lèvres.
- Je fais de l'art avec…
Incapable d'attendre la fin de sa tirade tant elle était hors d'elle, la Gryffondor se jeta sur lui, attrapa ses cheveux d'une main pour le plaquer au sol tandis que de l'autre elle enfonça sa baguette dans la joue de sa victime.
- Ca suffit avec des petites blagues ! Je ne joue plus ! haleta la lionne furieuse.
- Et bien, je vois l'influence de Drago sur ton comportement, railla le jeune homme goguenard.
L'entendre prononcer le nom de son homme avec un tel ton moqueur la fit grincer des dents.
- Tu es de mèche avec lui c'est ça ? Avec Torm ? tonna-t-elle fortement tout en resserrant son étreinte.
Certaine de voir son sourire s'agrandir, elle se mit à douter quand elle vit la moue interloquée du jeune homme.
- Torm ? Le prof qui a disparu ? Pourquoi tu me parles de lui ? questionna-t-il le regard sérieux.
- Arrête de mentir ! Pourquoi nous harceler Drago et moi avec ces satanés mots laissés un peu partout ? glapit-elle.
- Je ne comprends rien… Merde… Je voulais juste m'amuser un peu de vous ! Ca fait des mois que vous vous tournez autour, que vous vous dévorez du regard, que vous vous détestez, que vous vous cherchez. Ca me distrayait de vous observer alors j'ai voulu vous charrier un peu ! se justifia l'ancien Serpentard.
Ne sachant que croire, elle prit tout de même la décision de lâcher prise et de s'éloigner de quelques pas, la baguette tendue vers lui. Tout ceci n'avait aucun sens. Alors depuis le début, il n'y avait aucun lien entre ces inscriptions et le Mangemort ?
- Tu trouves ça drôle de te moquer des autres à leur dépend ? susurra-t-elle en le toisant avec froideur.
- Oui complètement, répondit-il en souriant de toutes ses dents tout se réajustant son col et en se passant une main dans les cheveux.
- Tu es un crétin fini, bougonna-t-elle se mettant sur le côté, lui intimant silencieusement l'orde de sortir de sa chambre.
Théodore traversa la pièce quand une fois arrivé à l'embrasure de la porte, il tourna la tête pour la regarder.
- C'est ce grand dadais qui m'a balancé ? lança-t-il avec dédain.
- Quel grand dadais ? rétorqua-t-elle suspicieuse.
- Celui qui m'a surpris en train d'écrire sur le mur ce matin.
- Liam ? Oui oui, c'est bien lui. Au moins un qui se soucie des autres, répliqua la femme encore excédée face à tant de bêtise.
Théodore se retourna alors complètement pour lui faire face, son éternel sourire énigmatique aux lèvres.
- Tu crois cela ? Pourquoi il n'est pas venu me m'interpeller alors s'il jugeait ce que je faisais tellement répréhensible ? D'ailleurs, pourquoi n'a-t 'il pas bougé de cet endroit depuis ce moment-là ?
Face au mutisme de la Gryffondor, Théodore continua sur sa lancée.
- Tu ne trouves pas ça étrange qui n'ait pas bougé de ce coin pendant des heures ?
- Peut-être qu'il repassait juste par-là ? souffla Hermione, la mine déconfite.
- Mais bien sûr ! Quel heureux hasard ! Et en plus il tombe sur toi ! se moqua-t-il dédaigneusement.
- Dis-moi ce à quoi tu penses au lieu de jouer au beau ! tempêta la jeune femme à bout de patience.
Théodore Nott s'approcha de la jeune femme, la fixa de son regard pénétrant et lui murmura :
- Moi je pense qu'il t'attendait, je pense même qu'il a vu Drago sortir de la salle, mais qu'il n'a pas bougé. Je pense aussi qu'il ne voulait pas que tu ailles retrouver Drago et c'est pour ça qu'il t'a envoyé vers moi.
Muette de stupeur, elle s'écarta de quelques pas et sentir son dos frapper contre le mur. Incapable de prononcer ne serait-ce qu'un seul mot, son camarade poursuivit.
- Dis-moi, ce Liam, avant cette année, tu l'as déjà vu quelque part ? Moi non, et pourtant Dieu sait que je passe ma vie à observer tout le monde. As-tu déjà parlé à ses amis de Poufsouffle ? Est-ce qu'il y en a un qui est capable de te dire comment ils se sont rencontrés ? Non, impossible, pas un seul ! Idem pour les professeurs ! Ils plongent tous dans un espèce de brouillard dès qu'on prononce son nom ! Enfin tous sauf un… Torm ! Quand je lui ai posé la question juste avant les vacances de Noel, il s'est carrément mis à rire avant de me laisser là en plan comme un imbécile, rageât le jeune homme.
A ces mots, une goutte de sueur perla sur son front tandis que de violents frissons la parcouraient de part en part.
- Je ne sais pas qui est ce gars, mais je ne le sens pas, finit-il calmement. Moi je ne voulais que rire de vous, lui c'est autre chose. Et je vais te dire autre chose Granger. Pendant que je me dirigeais vers le dortoir pour pouvoir faire ma petite farce dans ta chambre, j'ai croisé ton chéri et ce fameux Liam et…
- Où ça ? coupa-t-elle vivement.
- Je pense qu'ils se dirigeaient vers la sortie qui donne sur le parc, mais quelqu'un les…
Sans même attendre la fin de sa phrase, la jeune femme s'élança de toutes ses forces, baguette en main. Liam ! C'était lui qui l'avait trouvé après qu'Egnam Torm l'ait agressé, lui sur qui elle tombait à chaque fois par hasard, lui qui lui disait de ne pas s'approcher de Drago, de faire attention la nuit toute seule, lui toujours lui ! Avait-il essayé de l'occuper avec Théodore pendant qu'il accourait chez Drago ? A-t 'il un lien avec Torm ? A cette pensée, la nausée lui monta dans la gorge, et soudain, tout lui revint en mémoire.
« Se sentant étrangement observée, elle leva les yeux pour croiser le regard sombre d'un garçon, assis quelques tables plus loin ».
A Pré-Au-Lard, juste avant que Drago ne la rejoigne, il l'observait déjà. Et c'était bien avant son agression.
« - Bonjour, je pense que tu dois être Liam, commença la jeune femme d'une toute petite voix. Harry m'a dit que c'était toi qui m'avais trouvé, je voulais te remercier.
- Ce n'est pas la peine, c'était un hasard, et puis je suis heureux de t'avoir aidé, répondit-il d'une voix onctueuse, le regard perçant ».
« - Tu attends quelqu'un ?
Hermine ouvrit les yeux et découvrit un grand et massif garçon brun, ce dernier était visiblement inquiet quant à la santé mentale de l'étudiante. C'est alors qu'elle le reconnut. Liam, l'homme qui lui avait très certainement sauvé la vie en la secourant après son agression, il y a de cela quelques semaines.
L'étudiant la fixa avec insistance avant de se détourner pour disparaitre dans sa propre chambre. Hermione ne releva pas le comportement étrange du garçon et regagna sa chambre ».
« - La bibliothèque va fermer, tu devrais y aller.
Surprise d'entendre une voix alors qu'elle était plongée dans ses ouvrages depuis des heures, Hermione sursauta et leva les yeux. Liam, le colocataire d'Harry, se tenait debout, devant elle.
- Oui, je te remercie de me prévenir Liam. A chaque fois que je suis ici je perds la notion du temps, avoua-t-elle en souriant timidement.
- Tu te souviens de mon prénom ? s'étonna celui-ci.
- Bien entendu ! Puis Harry m'a un peu raconté vos vacances, précisa-t-elle.
Liam se tût durant un court instant tout en l'observant avec attention, de son regard sombre et indéchiffrable.
- Il a beaucoup apprécié ses vacances, poursuivit Hermione, désireuse de briser ce silence pesant.
- Moi aussi, c'est un type bien, murmura-t-il en aidant la jeune femme à ranger ses affaires.
- C'est drôle, il a dit la même de toi, plaisanta Hermione en attrapant son sac et ses nombreux livres.
Une fois de plus, leur regard se croisa. Celui du garçon était toujours aussi étrange, lourd mais incroyablement captivant.
- Il se fait tard, je retourne au dortoir, finit-elle par lâcher, définitivement mal à l'aise.
- Hermione ?
- Oui ?
- Dépêche-toi, même à Poudlard, la nuit n'est pas notre amie, répondit-il gravement.
Et sur ses mots, il se détourna et quitta la bibliothèque. Bouche bée face à ce comportement atypique ».
Harry avait passé quelques jours là-bas mais lui aussi était resté étrangement évasif concernant ses vacances, ne mentionnant que des grands-parents gentils. Ni Hermione ni Ron en ont jamais su davantage.
« Hermione ouvrit paisiblement les yeux et sentit de douces caresses sur ses hanches, qui remontèrent lentement jusqu'à son ventre. Cette sensation était délicieuse, la jeune femme savourait ce moment d'intimité avec Drago. Elle fixa le grand blond, ce dernier lui souriait amoureusement, sensible à la peau nue de la femme allongée à ses côtés. Elle referma les yeux, au comble du bonheur, quand elle perçut que les caresses de Drago étaient plus fortes, comme si ses mains souhaitaient traverser la douce peau de la jeune femme. Hermione continua de s'en délecter, appréciant cette pression plus forte.
Elle rouvrit néanmoins les yeux, et découvrit avec stupéfaction le fin visage d'un garçon à la chevelure sombre, Liam. Le regard amoureux de Drago avait laissé place à un regard de feu, à la fois emplis de haine et de regret.
Les mains de Liam se firent davantage pressantes, remontant jusqu'à la nuque de la Gryffondor, oscillant entre tendres caresses et vive ardeur. Soudain elle suffoqua. La main du garçon resserrait le cou d'Hermione, tel un étau puissant, prêt à l'étrangler.
Elle chercha à se relever, sans succès, elle était comme paralysée, seuls ses yeux sortirent de leurs orbites. La jeune femme parcourut des yeux l'immense pièce sombre et entrevit vaguement un somptueux miroir posé dans un endroit éloigné. N'ayant plus la force de projeter son regard aussi loin et sentant qu'elle allait perdre conscience, elle lança un dernier regard à son meurtrier. Ce n'était plus Liam, c'est avec surprise qu'elle reconnut… ».
Au souvenir de ce rêve, les jambes d'Hermione s'emmêlèrent l'une à l'autre provoquant une violente chute. Elle avait fait ce songe à plusieurs reprises. Drago avait été son agresseur, puis Liam, mais après il y avait eu quelqu'un d'autre. Jamais elle n'avait pu se remémorer la fin de ce rêve quand enfin le visage de son dernier agresseur lui explosa dans la tête. Le regard hagard et les membres fébriles, Hermione se releva et poursuivit sa course, priant de toutes ses forces se tromper à nouveau.
« Pitié ! Pitié ! Faites que ce ne soit pas ça ! Pitié » s'acharna-t-elle à penser sans s'arrêter de courir.
Presque toutes les pièces du puzzle se mettaient à présent en place. Liam, Torm, le complice, les vacances, le drame, les disputes, Neville, la famille, le malaise. Toutes les conversations qu'elle avait eu, les scènes qu'elle avaient vu, les sous-entendus qu'elle n'avait pas compris. A présent tout lui sautait aux yeux tandis qu'une horrible boule au ventre la faisait souffrir, tel un mauvais pressentiment.
Malgré sa fatigue, Hermione poursuivit sa course folle, pris la sortie de l'école et traversa le parc à vive allure, lançant des regards sur tout ce qui l'entourait dans le but de trouver l'homme qu'elle aimait. Quand son cœur loupa un battement.
Ce qu'elle vit, la scène qui se déroulait sous ses yeux, tout cela ne dura qu'une seconde. La seconde la plus longue de sa vie. Drago, debout, les mains devant lui comme s'il souhaitait apaiser quelqu'un. Celui qui lui faisait face et le menaçait. Liam. Un Liam perdu, la main tremblante. Puis Hermione la vit. Elle, juste là, derrière Drago, qui s'approchait à pas lents, discrètement. Elle, qui lève sa baguette vers lui sans qu'il ne puisse la voir. Elle, qui s'apprête à lancer l'attaque sans qu'il ne puisse se défendre. Elle, qui se met à hurler ce sort, le pire. Le plus funeste.
- Avada Kedavra !
L'avada Kedavra a retentit dans la nuit sans qu'Hermione ne puisse rien faire.
Rien faire à part la fixer. La voir tuer celui qu'elle aimait plus que tout au monde.
Elle.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Et voilà, nous nous approchons de la fin ! Ce chapitre est un peu spécial, il n'y a pas beaucoup d'action mais beaucoup vérités sont dévoilées !
Le prochain chapitre sera plus long et plus intense je pense :) Merci de me laisser vos impressions et commentaires !
Gros bisous
