Il savourait le moment présent, jamais il ne s'était senti aussi bien, aussi apaisé. Peut-être était-ce ce que les autres appelaient le bonheur. Depuis combien de temps était-il plongé dans ce monde de ténèbres, où seuls les plus perfides, les plus mauvais et les plus meurtriers étaient en droit d'espérer survivre ? Toute sa putain de vie il s'était senti étouffé, par son père et sa froide autorité, par sa mère et son amour silencieux, par ses « amis » et leur hypocrisie, par les « quand dira-t-on », les rangs, les classes, les sangs purs, les sangs de bourbe, par le bien et le mal, par Celui-Dont-On-Ne-Devait-Plus-Prononcer-Le-Foutu-Nom et par Potter… Par toute cette chienne de vie qui lui a toujours ordonné d'être ainsi, d'être un Malefoy de Serpentard. Dès son entrée à Poudlard, il avait joué ce rôle, celui d'un futur Mangemort, celui d'un garçon méprisant les autres, celui d'un prince. A tel point qu'il s'était convaincu l'être réellement. Depuis tout ce temps, il était en train de crever de l'intérieur sans même s'en rendre compte. Détester les autres, c'était tellement plus facile, beaucoup plus évident que de s'ouvrir à autrui, de faire confiance, d'aimer.

Il l'a détesté à la seconde où il l'a vu, cette gamine aux cheveux en broussaille, véritable Miss-Je-Sais-Tout et acolyte de Saint Potter. Elle qui avait toujours raison sur tout, dont la témérité frôlait parfois la bêtise. Cette fille assez folle pour lui décocher un coup de poing en plein visage et s'en aller allégrement. Oh oui il l'avait méprisé de tout son être. Puis il l'avait vu, se faire torturer, hurler de douleur, se débattre et finalement survivre, ne jamais perdre de vue son objectif : combattre le mal. Et c'est à ce moment-là qu'il avait compris que jamais, au grand jamais il ne pourrait faire subir ça à d'autres, qu'ils soient nés moldus ou traitres à leur sang, bien qu'ils les aient toujours dédaignés. Il n'était pas un meurtrier, juste un gamin paumé dans cette guerre, obligé de suivre un chemin qu'il n'avait pas tracé lui-même. Il avait morflé, comme jamais, mais il s'en était sorti, et l'avait revu. Cette satanée lionne, cette petite sorcière au tempérament revêche. Il l'avait combattu et détesté, avant de la désirer et de l'aimer comme jamais il n'avait aimé. Sa lionne, sa femme, sa moitié bien que toujours aussi horripilante.

« Je suis un lâche, je l'ai toujours été mais au moins j'ai pu faire face à ça, faire face à elle. Et maintenant, je sais que ça n'a pas été vain, maintenant elle veut être avec moi. Elle m'accepte tel que je suis alors cette fois-ci, bordel, je ne vais pas laisser passer cette chance ! » se promit-il intérieurement alors qu'il sortait de la douche.

Et c'est le sourire aux lèvres qu'il décida de sortir de sa chambre prêt à réveiller l'adorable petite Gryffondor qui devait encore dormir à poings fermés. Alors qu'il s'extirpa du dortoir le cœur léger, une ombre imposante se dessina derrière lui.

- Qu'est-ce que tu me veux ? demanda le jeune homme blond d'une voix morne quand il eut reconnu qui se tenait derrière lui.

- Je voudrais te parler un moment, répondit Liam, le regard sombre.

- J'ai autre chose à faire de bien plus plaisant que de discuter avec toi, grogna-t-il sèchement en s'en allant.

C'est alors qu'il senti qu'on lui empoignait le bras. Agacé par ce geste, il se dégagea vivement et lui fit face, prêt à en découdre.

- Ne me touche plus jamais ! Compris ? tonna-t-il d'une voix forte.

- Je veux jute discuter avec toi un petit moment, c'est important.

- Alors dis-moi ce que tu as à me dire et casse-toi ! vociféra le Serpentard au comble de l'exaspération.

Liam leva un regard vide sur son interlocuteur avant de rétorquer :

- Pas ici, j'aimerais qu'on aille au parc, ce sera plus calme.

- Très bien, mais je ne veux plus jamais te voir apparaitre devant moi, soupira le grand blond, las de devoir perdre du temps en sa compagnie alors que sa femme l'attendait non loin de là.

Il s'en alla donc en direction du parc accompagné d'un Liam taciturne et silencieux. Ce garçon, Drago n'avait jamais pu l'encadrer, quelque chose en lui le mettait en colère sans qu'il ne sache réellement pourquoi. Peut-être était-ce parce qu'il lui en voulait d'avoir sauvé Hermione, alors que cette tâche lui incombait. L'imaginer dans les bras de ce grand bellâtre l'enrageait plus que tout, surtout que ce dernier semblait s'être pris d'affection pour la lionne. Et ça, jamais le Serpentard ne pourrait l'accepter. Hermione n'était qu'à lui, il était le seul à pouvoir s'inquiéter pour elle, le seul qui pouvait s'imaginer la toucher, l'embrasser, lui faire l'amour. A la simple idée qu'un autre homme nourrisse de quelconques fantasmes sur sa femme lui donnait une furieuse envie de tuer le salopard en question avant de courir vers sa belle afin de la faire sienne.

Et c'est perdu dans ces joyeuses pensées que Liam décida d'arrêter sa course folle et de faire face au serpent blond, la mine toujours aussi sérieuse.

- Et bien, j'espère que ton annonce vaut le coup ! Parce que crapahuter dehors par ce froid ne faisait pas vraiment partie de mon programme aujourd'hui, grommela le blond en se disant qu'il n'avait même pas pris son manteau.

« Je suis vraiment trop sympa, il y a encore quelques semaines, il aurait pu se brosser pour que l'accompagne où que ce soit. Cette foutue femme me rends trop gentil, je vais devoir remédier à ça » pensa-t-il en souriant malgré tout.

- Tout d'abord, je voudrais m'excuser, commença le solide garçon brun en le regardant droit dans les yeux.

- T'excuser de quoi au juste ? susurra Drago les lèvres pincées.

- Je ne sais pas… Pour un paquet de trucs j'imagine. Déjà, pour commencer, je tiens à m'excuser pour la Cabane Hurlante, murmura-t-il.

- La Cabane Hurlante ? répéta le Serpentard interloqué.

L'étudiant brun se passa la main dans les cheveux tout en soufflant doucement.

- Il fallait trouver un endroit où tu serais isolé, et à Pré-Au-Lard, il y avait trop de monde. Alors, je t'ai proposé la Cabane Hurlante.

- Mais qu'est-ce que tu…, bredouilla l'étudiant quand la scène lui revint brutalement en mémoire.

« - Hey Drago ! La Cabane Hurlante ? Ça te dit ? lui demanda un grand garçon brun, qu'il n'avait même jamais vu de sa vie.

- Pourquoi pas, répondit laconiquement Drago. ».

L'air se réchauffa subitement autour de lui. A la sortie à Pré-Au-Lard, alors qu'il observait Hermione, un garçon lui avait proposé d'aller à la Cabane Hurlante, et cette idée l'avait poussé à y enfermer la jeune fille. Mais à ce moment-là, il ne savait pas encore qui était Liam, il n'avait pas fait le rapprochement.

- Egnam m'avait dit que tombeur comme tu es, tu y emmènerais surement une fille avec toi, une fille à laquelle tu tiendrais peut-être. Il voulait t'effrayer, et surtout voir qui tu allais amener avec toi, continua-t-il de sa même voix placide.

Une goutte de sueur perla sur son front à l'évocation du nom du Mangemort. C'est sans gestes brusques que Drago passa une main dans sa poche avant de s'apercevoir qu'il n'avait pas pris sa baguette avec lui, trop pressé qu'il était de rejoindre la Gryffondor. Ce qui n'était pas le cas de Liam, qui leva sa baguette et la pointa sur le Serpentard.

- Je suis aussi désolé d'avoir laissé mon frère agresser Hermione, mais je me devais de l'aider dans son plan. Il était impératif qu'elle survive donc je devais la secourir.

- Ton frère ? hoqueta Drago.

- Cependant, initialement, elle aurait dû se rapprocher de moi vu que je lui avais sauvé la vie, poursuivit-il sans tenir compte de l'intervention de Drago. Elle aurait dû s'attacher à moi, qu'elle tombe amoureuse et te délaisse pour qu'enfin mon frère la tue sous tes yeux. Mais ça ne s'est pas passé comme ça, nous avons bien vu tous les deux qu'elle commençait à tomber amoureuse de toi, à mon grand étonnement d'ailleurs. Du coup Egnam a décidé de changer de plan, et de vous tuer tous les deux en même temps, finit-il calmement.

Au fond de lui, Drago bouillonnait de rage. Depuis le début il avait mis Hermione en danger, dès le départ il l'avait entrainé dans le foutoir qu'était sa vie. Jamais il ne pourrait se pardonner ça, et jamais il ne pourrait pardonner à Liam de s'être joué de lui.

- Et que comptes-tu faire maintenant ? demanda-t-il la voix sereine alors qu'intérieurement la peur lui retournait l'estomac.

- Tu as tué mon frère, je vais donc le venger, lâcha-t-il les sourcils froncés.

Drago allait se jeter sur lui pour l'empêcher de lui jeter une attaque mortelle quand il se rendit compte que la main de son adversaire tremblait. Il leva son regard et croisa le sien qui était pâle, un tic nerveux agitait son œil, il semblait aussi terrifié que Drago l'était lui-même. Il décida alors de gagner du temps.

- Comment a-t-il fait pour pénétrer dans ma chambre ?

Liam leva un sourcil, surpris de voir en face de lui un garçon aussi serein et à la voix posée alors que sa vie ne tenait plus qu'à un fil.

- Te souviens-tu de la personne qui t'a aidé à jeter le sort sur votre maison ?

- Oui, c'était l'amie d'enfance de ma mère, celle chez qui je l'ai envoyé après la première attaque de ton frère, répondit-il calmement.

- Et tu la connais bien cette femme ? s'enquit-il laconiquement.

- Je l'ai vu quelques fois, son mari est mort et je crois qu'elle vit seule avec sa fille, mais pourquoi…

- Quel imbécile ! coupa le grand brun.

- Quoi ? s'exclama Dragon désarçonné.

- Son mari n'est pas mort, il s'est juste tiré parce qu'il en avait marre des lubies meurtrières de sa femme. Il est parti avec sa fille ainée sous le bras, parce qu'elle aussi ne voulait pas suivre les Mangemorts.

Cette histoire lui sembla familière, comme s'il l'avait déjà entendu quelque part, sans qu'il ne sache exactement où et quand cela s'était produit.

- Tu n'es vraiment pas doué Malefoy, à se demander ce qu'Hermione te trouve, ricana l'étudiant robuste. La femme qui a protégé ta maison est ma tante, depuis le début elle avait prévu de trahir ta mère parce que son frère, mon père, est mort à cause du tien ! C'est pour ça qu'Egnam a pu transplaner si facilement dans votre maison, ma tante lui avait expliqué comment faire. Et tu sais quoi mon petit Malefoy ? Elle a même persuadé sa propre fille de te charmer, pour mieux connaitre tes faiblesses et les utiliser contre toi, mais ce plan-ci a aussi foiré, et sur toute la ligne. Pas de chance, tu étais déjà follement épris de la Gryffondor.

Alors que Liam poursuivait son long monologue, Drago comprit. Il s'était fait berner par tout le monde. Tous ceux qui l'avaient approché cette année n'avaient qu'une seule idée en tête, le faire souffrir.

- Cette fille, c'est…

- Greengrass ! Si ce nom ne te disait rien avant cette année c'est parce que ma tante utilisait son nom de jeune fille et non son nom marital qui est Greegrass, vu qu'elle déteste son époux plus que tout. Et oui, Astoria, Daphné et moi sommes de la même famille ! pouffa-t-il rageusement, proche du délire.

Figé par cette annonce, il comprit qu'il avait aussi mis sa mère en danger en l'envoyant là-bas.

- Pourquoi n'a-t-elle pas attaqué ma mère quand elle logeait chez elle ? demanda tout de même Drago, la gorge sèche.

- Egnam le lui avait interdit, il ne voulait surtout pas que tu fasses le lien entre lui et les Greengrass. Après la mort de mon frère, ma tante est devenue folle de douleur, ou plutôt folle tout court, au point de ne plus être capable de se servir de sa baguette. Astoria aurait pu faire le boulot mais cette idiote s'imaginait que tu… Enfin bref, tout ça est terminé maintenant ! Il est de mon devoir de venger mon père, mon frère et ma tante ! rugit-il en redressant sa baguette, l'air menaçant.

Drago fulminait, dire qu'il n'avait rien vu, qu'il ne s'était douté de rien, trop occupé à vivre sa passion amoureuse avec sa femme. Il savait, dans son cœur et son âme, qu'il n'allait pas s'en sortir cette fois-ci. Personne n'allait le secourir miraculeusement. Sa mère n'allait pas l'arracher encore une fois des griffes de la mort, Potter n'allait pas, en tout héros qu'il est, le sortir de pétrin, Hermione ne pourrait pas… A la simple évocation de sa femme, il sentit ses larmes affluer, qu'il tenta vaillamment de refluer. Il l'avait enfin trouvé, celle qui allait illuminer sa vie, celle pour qui il donnerait tout, il l'avait enfin déniché et il allait en être séparé.

- Hermione…, chuchota-t-il la voix cassée.

- Quoi Hermione ? questionna Liam.

- Hermione, ne lui fait pas de mal, elle n'a rien à voir avec toute cette histoire. Alors s'il te plait, n'essaies pas de lui faire du mal, murmura-t-il le cœur au bord des lèvres.

Cette dernière supplique fit frémir le grand garçon brun. Il s'était attendu à ce qu'il l'agresse, le résonne, le supplie de sauver sa misérable vie. Mais jamais il ne se serait douté que sa dernière pensée soit à l'égard de la Gryffondor. Raffermissant sa poigne autour de la baguette, il senti son estomac se contracter à l'idée que maintenant, tout de suite, il allait tuer quelqu'un.

Conscient de l'hésitation de son adversaire, Drago ne put s'empêcher de se retrouver en lui, de se voir deux ans plus tôt, alors que c'était lui qui tenait la baguette et qui menaçait quelqu'un, Dumbledore.

- Tu n'es pas comme ton frère, dit-il doucement, les mains levées vers son opposant, tout en avançant lentement vers lui.

- Qu'est-ce que tu en sais ! hurla l'étudiant, les larmes aux yeux, sa main secouée d'intenses tremblements.

- Tu n'es pas un tueur Liam…

- Mais toi tu l'as bien tué ! Tu as tué mon frère ! Je… Tu ne sais pas… Je n'ai pas grandi avec lui, notre père n'a pas jugé bon de m'élever me trouvant trop faible. Egnam m'a trouvé dans l'orphelinat dans lequel je croupissais, il m'en a sorti à condition que je venge notre père ! Liam a toujours été le fils prodigue, mais il est mort ! Tu l'as tué ! Et moi ? Hein ? Et moi ? Moi, le délaissé, je suis arrivé jusqu'ici non ? Ils pensaient tous que je ne m'en sortirais pas, mais je suis là, et je t'ai en mon pouvoir ! cria-t-il

- Tu n'es pas comme ton frère, cette spirale de vengeance et de souffrance, il faut que tu l'arrêtes. Egnam t'a embrigadé dans sa folie mais tu n'es pas comme lui, ton âme n'est pas aussi noire, souffla-t-il doucement tout en continuant de s'avancer vers Liam.

Le regard hagard, la main prise de spasmes et la respiration haletante, Liam sentit les larmes dévaler sur ses joues blêmes.

- Je ne…, bredouilla-t-il, je ne sais plus quoi faire…

- Tu n'es pas un tueur Liam, répéta encore une fois Drago, le souvenir de la voix de Dumbledore lui affirmant ces mêmes mots résonnant en échos dans son esprit.

- Je ne… Je ne sais pas quoi faire d'autre…, bégaya-t-il, le regard planté au sol tout en abaissant légèrement sa baguette.

- Je vais t'aider, Hermione et moi allons t'aider, après tout, tu ne nous a jamais fait de mal, promit-il à contrecœur mais à présent plein d'espoir en apercevant la baguette de son assaillant baisser de plus en plus. Je suis désolé Liam pour ton père, ton frère, ta tante… Pour tout ce que la famille Malefoy t'a fait subir, continua-t-il sur le même ton désolé.

- Je…, commença l'étudiant perdu quand il leva les yeux et aperçut une silhouette se profiler derrière Drago.

Drago, le regard braqué sur Liam entrevit quelqu'un s'approcher d'eux en courant, la mine terrifiée, Hermione. Son cœur affolé rata un battement. Elle s'élançait vers lui quand il la vit se figer instantanément. Du coin de l'œil, il aperçut Liam lever brusquement sa baguette et c'est avec horreur qu'il voulut crier à sa femme de fuir d'ici avant d'être attaqué.

- Avada Kedavra !

Il n'eut cependant pas le temps de hurler ni de bouger, la seule chose qu'il perçut fut un éclair rouge le frapper avant qu'un autre éclair, vert cette fois-ci, le percute à son tour. Il se sentit alors tomber mollement à terre, incapable de bouger ou de parler. Il entendit vaguement des voix résonner autour de lui quand enfin il put la contempler. Sa femme était là, penchée sur lui, le visage en pleurs. Il aurait voulu lui dire de ne pas pleurer, qu'elle était bien trop jolie pour s'enlaidir de la sorte. Il voulait la rassurer, la prendre dans ses bras, après tout, tout allait bien. Ils s'étaient trouvés, enfin. Elle était tombée amoureuse de lui, ce couard de Serpentard, elle l'aimait réellement. Son premier véritable cadeau dans cette vie de chien, et c'était cette insupportable Gryffondor qui le lui avait offert. Elle était à lui et il était à elle, c'était ainsi, c'était immuable. Il ne voulait plus la voir pleurer, cette petite Miss-Je-Sais-Tout méritait de sourire, de rire, d'être heureuse. Il avait pris tout ce qu'il pouvait d'elle, son amour, sa gentillesse, son empathie, il avait tout pris et l'avait gardé pour lui seul. Il avait eu tout ce qu'il désirait, elle était à lui.

« Enfin pas tout… J'aurais adoré savoir ce que tu as vu dans ce Miroir… J'espère quand même que c'était moi… » pensa-t-il tout de même heureux avant de fermer les yeux pour s'endormir une dernière fois dans les bras de sa femme.


- Drago… Drago… Drago… Ouvre les yeux Drago ! Regarde-moi ! S'il te plait, je t'en supplie…, hoqueta Hermione, les yeux brouillés de larmes.

Elle l'avait vu se faire attaquer mais elle n'avait pas pu bouger, elle était restée là, stoïque, figée par ce sentiment de terreur qui l'engourdissait complètement. Pourtant elle avait vu Liam jeter un sort à Drago, certainement de protection, avant que celui-ci ne se fasse toucher par le terrible Avada Kedavra, il avait même remué les lèvres alors qu'elle le tenait dans ses bras, juste avant de fermer les yeux pour ne plus les rouvrir.

- Drago ! Réveille-toi ! Par pitié ne meurs pas ! hurla la Gryffondor en plongeant son visage dans le cou du jeune homme.

C'était elle. C'était à cause d'elle. Elle. Hermione se releva brusquement, baguette en main, prête à ôter la vie à celle qui lui avait pris son homme. D'un pas ferme et menaçant, elle s'élança vers Astoria, décidée à la tuer pour de bon. La jeune Serpentard était à genoux, sa baguette brisée par Liam, qui la tenait en joue afin d'être certain qu'elle n'attaque plus personne.

- Hermione, avança-t-il doucement.

- Toi dégage ! C'est entre elle et moi ! s'écria-t-elle en pointant sa baguette en direction de la femme brune.

- Ne fais pas ça, tu le regretteras toute ta vie, chuchota-t-il la bouche sèche, conscient qu'il avait été à deux doigts de tuer quelqu'un quelques minutes plus tôt.

La lionne lui lança un regard noir, exigeant ainsi son silence, avant de se concentrer à nouveau vers celle qui avait tué son homme, juste sous ses yeux.

- Pourquoi ? parvint-elle à dire, la gorge nouée. Pourquoi le tuer ?

Les yeux révulsés et le corps tremblant, Astoria embrassa le parc de son regard emplis de folie avant de le laisser tomber sur la lionne.

- Mère était folle de rage, après tout il était un ami de la famille mais avait contribué à la mort de son frère, elle était folle de rage…, susurra-t-elle en frottant frénétiquement ses mains l'une contre l'autre. Alors elle m'a demandé de séduire son fils, pour lui briser le cœur avant qu'il se fasse massacrer par Egnam… Mais il était tellement beau et tellement classe, je me suis dit que Mère s'était peut-être trompé… S'il ne t'avait pas choisi, je lui aurais dit ce que ma famille fomentait contre lui… Mais il a choisi une saleté de sang-de-bourbe plutôt que moi… C'était foutu pour lui, foutu… ricana-t-elle tout en pleurant en même temps.

Hermione savait qu'elle aurait dû avoir pitié de cette fille dont la noirceur de sa famille lui avait fait perdre la raison. Mais en cet instant précis, il n'y avait plus rien de Gryffondor en elle, toutes ces belles valeurs qu'elle avait toujours prôné, aujourd'hui, elle les oubliait. Et elle allait se venger. Sans même réfléchir à ce qu'elle faisait, elle colla sa baguette au nez de la Serpentard qui était affalée face à elle, quand elle entendu crier.

- Non ! Hermione Non !

Une forme se jeta sur Astoria, les yeux embués de larmes, les cheveux emmêlés.

- S'il te plait Hermione, ne fait pas ça. Je sais qu'elle le mérite mais par pitié, ne la tue pas, supplia Daphné, protégeant de son corps sa meurtrière de sœur.

Du coin de l'œil, elle vit Neville s'élancer vers elle et empoigner la main qui tenait la baguette.

- Hermione, je te connais depuis maintenant huit ans et je sais pertinemment que jamais tu ne serais capable de faire du mal à autrui, murmura son ami en lui retirant doucement la baguette des mains.

- Mais Neville, elle l'a… elle l'a tué…, sanglota l'étudiante, le cœur en miettes.

Neville jeta un rapide coup d'œil au corps allongé non loin de là, celui de Drago Malefoy. Il ne savait pas, à aucun moment il ne s'était douté de la relation qu'entretenaient ces deux ennemis de toujours. Il n'avait fait que suivre Daphné, qui était convaincue que sa sœur préparait quelque chose de louche. Jamais il ne se serait attendu à assister à une telle scène.

- Tu n'es pas comme elle, tu es mon amie et je sais que tu n'es pas comme elle, chuchota-t-il d'une voix qu'il souhaitant la plus apaisante possible.

La Gryffondor éclata alors en sanglots et s'effondra dans les bras de son vieil ami, qui la retenait fermement afin qu'elle ne tombe pas au sol, tant son corps tremblant de part en part.

Toute la douleur d'Hermione se libéra à travers ses larmes, elle avait perdu, elle l'avait perdu. Elle pleura contre l'épaule de Neville un long moment, elle ne pourrait dire combien de temps, quand elle sentit qu'on la décollait de son corps réconfortant pour l'entrainer un peu plus loin. Elle reconnut vaguement Ron et Harry, la maintenant chacun par un bras, la mine sombre, silencieusement. A présent, ses larmes s'étaient taries, seul un immense vide se trouvait en elle, où par miracle, son cœur continuait tout de même vaillamment de battre. La jeune femme semblait être dans un état second, elle avait l'impression de se trouver dans un autre monde. Elle vit vaguement les gens s'agiter autour d'elle. Le professeur McGonagall accompagnée d'autres instituteurs qui empoignaient Astoria et Liam, Daphné qui les suivait de près en pleurant à chaudes larmes soutenue par Neville, Mme Pomfresh qui se penchait sur le corps sans vie de Drago, les élèves qui s'approchaient en masse. Hermione là sans être véritablement présente, comme si tout ce qui l'entourait ne la concernait plus. On l'entraina à l'infirmerie, la fit s'asseoir, l'ausculta, lui proposa un breuvage qu'elle but sans réfléchir et tomba dans un sommeil sans rêve.


Quelques heures plus tard, Hermione se réveilla et regarda autour d'elle. Elle mit quelques secondes à réaliser où elle se trouvait et pourquoi elle s'y trouvait. Ces premières secondes d'amnésie avaient été les plus belles, les plus heureuses, les plus magnifiques qu'elle eut connu puisque pendant ces quelques secondes, elle avait oublié que Drago n'était plus là. Que jamais plus elle ne reverrait sa moue exaspérée, son sourire sensuel, son regard impatient… Que jamais plus elle ne verrait une étincelle de vie illuminer ses magnifiques yeux gris. Une douleur sourde serra a poitrine alors que les larmes recommencèrent à couler sans qu'elle ne parvienne à les retenir. Et c'est anéantie qu'elle fit glisser son regard sur la grande pièce, à la recherche de ses vêtements. La nuit était tombée et une faible lumière éclairait la pièce. La jeune femme se redressa péniblement quand son regard tomba sur le lit d'à côté.

- Drago…, gémit-elle en bondissant du lit.

Malgré sa faiblesse, Hermione s'élança vers le lit voisin et empoigna le visage paisible de son amant.

-Drago, c'est moi, c'est Hermione ! Tu sais, Granger ! C'est moi ! s'écria-t-elle affolée.

- Mademoiselle Granger, vous ne devriez pas être levée, entendit-elle derrière elle sans qu'elle n'y prête attention.

- Drago ! Drago ! s'époumona la jeune femme épuisée, s'il te plait ouvre les yeux ! Je suis désolée, tellement désolée, j'aurais dû te le dire plus tôt… Je t'aime Drago, je t'aime à en mourir, alors ne me laisse pas…

Elle sentit alors qu'on l'empoignait fermement pour la reposer sur son lit malgré ses protestations. Telle une lionne en rage, la jeune fille se débâti férocement, cherchant à se relever, prête à attaquer quiconque se dresserait entre son amour et elle.

- Laissez-moi ! Il ne doit pas être seul ! Vous ne comprenez donc pas, il a besoin de moi ! rugit la lionne en nage.

- Il n'est pas mort Mademoiselle, il n'est pas mort alors calmez-vous, il n'est pas mort, ne cessa de répéter Mme Pomfresh dans le but de calmer la furie qui était sur la couche.

A ces mots, la Gryffondor se tu d'un seul coup.

- Il n'est pas mort ?

- Non, ce garçon, ce Liam, il a jeté un sort de protection très puissant avant que le sortilège impardonnable ne l'atteigne, expliqua l'infirmière le plus posément possible.

- Alors, il va se réveiller ? s'enquit Hermione, pleine d'espoir.

A cette question, le regard de l'infirmière se voilà et une mine attristée se dessina sur son visage.

- Je ne sais pas, je n'ai jamais vu ça de ma vie. Il est à présent dans le coma, et je suis hélas dans l'impossibilité de l'aider.

- S'il vous plait, faites quelque chose, s'il vous plait, implora Hermione en sentant les larmes couler à flot sur ses jours blêmes.

Mme Pomfresh, accablée face à son impuissance, prit l'étudiante dans ses bras et la berça quand enfin elle senti qu'elle s'endormait contre elle.

Les jours puis les semaines passèrent et Drago ne se réveillait pas. Hermione, incapable de se séparer de lui, passait ses journées à l'infirmerie, allongée à ses côtés, la main dans ses cheveux couleur or. Tant de personnes étaient passées pour la soutenir, la réconforter, l'épauler. Harry et Ron pour commencer, ses meilleurs amis. Tous les soirs ils se rendaient à l'infirmerie, déjà pour lui faire parvenir les cours qu'elle loupait mais surtout pour rester avec elle, en silence, afin qu'elle sache que jamais ils ne la laisseraient tomber dans cette épreuve. Neville et Daphné lui avaient aussi rendu visite, la jeune Serpentard était en pleurs et s'excusait sans cesse de ne pas s'être doutée de ce que préparait sa famille. La pauvre ne savait même pas que Liam était son cousin.

Le professeur McGonagall venait très souvent à l'infirmerie. Elle l'avait informé du sort réservé à Astoria et Liam. La jeune femme avait été internée à Ste Mangouste en attente de jugement, dans la section psychiatrique, avec sa tante d'ailleurs. Quant à Liam qui regrettait ses actions, il était aussi en attente de jugement mais était assigné à résidence le temps que le procès ait lieu. La pauvre Narcissa, en apprenant que son fils avait été plongé dans le coma, sombra en pleine crise d'hystérie, incapable de sortir de sa maison. Alors qu'Harry voulait informer les parents d'Hermione de ce qu'il s'était passé, cette dernière lui avait alors fermement interdit de le faire, cela aurait été trop dur d'affronter la tristesse de ses parents en plus de la sienne. Même Pansy était passée, accompagnée de Nott et Blaise, elle avait pleuré, à chaudes larmes.

Mais de tout ceci, Hermione n'en avait cure, une seule chose comptait, être là, présente, à ses côtés, lorsque Drago se réveillerait. Parce qu'elle n'en doutait pas, il se réveillerait et la prendrait à nouveau dans ses bras, c'était certain.

Depuis quelques temps, Hermione s'extirpait une fois par jour de l'infirmerie pour se promener dans le parc, évitant inconsciemment l'endroit où le drame avait eu lieu. Elle aimait sentir la douce brise du printemps qui approchait sur son visage, le bruissement des feuilles à ses oreilles, le ciel bleu parsemé de quelques nuages, cette simple vision était la seule chose qui l'apaisait. Comme elle aurait aimé se balader ici avec Drago, main dans la main, se taquinant, se rabrouant, s'affrontant et s'embrassant, le sourire aux lèvres et le cœur léger.

« J'aurais dû lui dire que je l'aimais, que c'était lui que j'avais vu dans le Miroir du Riséd. Je l'ai tellement fait souffrir avec mes doutes, mes angoisses, mes incertitudes. Et s'il ne se réveillait pas ? Et s'il était déjà parti depuis longtemps ? Non Hermione ! Ne fais pas comme eux, ne l'imagine pas mort ! Il est vivant ! Vivant ! » pensa-t-elle rageusement.

- Hermione ! Hermioooooone ! entendit-elle hurler dans son dos.

La jeune étudiante fit alors volte-face et vit accourir dans sa direction une splendide chevelure rousse flamboyante.

- Ginny ?

A bout de souffle, son amie se jeta dans ses bras en souriant, les larmes aux yeux.

- Il s'est réveillé Hermione ! Il a ouvert les yeux et t'a demandé auprès de lui ! s'écria-t-elle joyeusement.

Sa gorge se serra, son estomac se contracta, et sans même penser à remercier son amie, elle s'élança vers le château. Les murs défilaient avec hâte sous ses yeux, les personnages dans les portraits se taisaient à son passage, les étudiants qu'elle croisait et qui avaient pris connaissance de ce qui liait la Gryffondor au Serpentard la regardaient sans un mot. Poudlard semblait être devenu complètement silencieux quand, enfin, elle poussa les portes de l'infirmerie.

La lionne s'avança alors lentement, inconsciente de la présence de Mme Pomfresh et du professeur McGonagall dans la pièce, incapable de respirer convenablement, le corps en nage. Son regard était vissé sur le lit où un jeune garçon blond, au teint blafard, au regard fatigué et aux cheveux ébouriffés, l'observait sans parler. Oui, ses yeux étaient ouverts, grands ouverts, ses beaux yeux gris étaient maintenant ouverts et la fixait intensément.

- Hermione…, murmura le jeune homme d'une voix rauque, la gorge sèche.

Au son de sa voix, le cœur d'Hermione rata un battement, bien se mit à battre plus fort, comme s'il s'était réveillé en même temps que le garçon. Sans même réfléchir à ce qu'elle faisait, Hermione se jeta dans les bras de son amant en sanglotant contre son épaule, agrippant son dos comme par peur de le voir s'effondrer sous ses yeux à nouveau.

- Oh Hermione, gémit le Serpentard en plongeant son nez dans la chevelure emmêlée de la belle.

- Je t'aime, je t'aime tellement…, souffla-t-elle tout en continuant de sangloter contre lui.

A l'écoute de ces mots, une chaleur apaisante se diffusa dans le corps du jeune homme, le poussant à serrer davantage sa femme dans ses bras.

- Moi aussi je t'aime Hermione, comme un fou…

- Aurais-tu l'obligeance d'arrêter de gesticuler et d'ouvrir la bouche ? s'impatienta la Gryffondor.

- J'en ai ma claque ! Je veux sortir de cette putain d'infirmerie, ça fait une semaine que je me suis réveillé et je n'ai pas pu foutre encore le pied dehors, bougonna le grand blond.

- Ne sois pas grossier, rouspéta la lionne. Tu as été dans le coma pendant des semaines, il est normal que tu y ailles doucement, tu ne peux pas courir partout dans le château comme si de rien n'était, expliqua-t-elle.

- Mouais… A force de déambuler dans cette infirmerie, je vais vraiment finir par devenir zinzin, grogna-t-il davantage pour lui-même.

Se mordant la lèvre inférieure pour cacher son sourire, la Gryffondor reprit :

- Bon tu l'ouvres cette bouche ou tu préfères te nourrir tout seul ?

- Ah non, je préfère quand c'est toi qui me donne la becquée, s'exclama-t-il en souriant.

- Je te préviens c'est la dernière fois, à, partir de demain, tu te débrouilleras tout seul comme un grand !

- Quelle bande de sans cœur vous faites les Gryffondors ! ricana-t-il en ouvrant tout de même grand la bouche.

Une fois l'épisode épique du repas terminé, Hermione prit place, comme à son habitude dès que la nuit tombait, à côté de Drago. Elle s'allongea contre lui et laissa promener sa main dans ses cheveux en bataille, prenant un plaisir infini à le sentir cette fois-ci se mouvoir à ses côtés.

- Tu sais que Nott est passé me voir pour s'excuser ? dit le Serpentard la voix basse.

- Nott est capable de s'excuser ? s'étonna la jeune femme.

- Il semblerait que oui ! Je crois qu'il s'en voulait de s'être moqué de nous avec ses inscriptions débiles, alors qu'à côté on se faisait vraiment menacé, expliqua Drago.

- Tu sais que pour une Miss-Je-Tout, je me suis plantée sur toute la ligne et dans les grandes largeurs !

- Ah oui ? Hermione Granger n'a pas toujours raison ? se moqua-t-il gentiment.

A cette boutade, il sentit les lèvres de la lionne se refermer sur son oreille, à sa plus grande satisfaction.

- J'ai d'abord cru que c'était Nott qui nous voulait du mal, sans compter les rêves étranges que je faisais sans que je parvienne à m'en souvenir le lendemain, soupira-t-elle.

- Tu ne peux pas être douée en tout, ça me rassure même un peu de voir que je te faisais effet au point de ne plus être capable de réfléchir normalement, railla le serpent blond, fier de tenir dans ses bras sa fière petite femme.

A la surprise de Drago, Hermione se redressa brusquement et le regarda dans les yeux, la mine sérieuse.

- Cela ne doit plus jamais arriver Monsieur Malefoy ! tempêta la jeune femme. A présent, je sais ce que je souhaite faire après Poudlard, et ce ne sont certainement pas tes beaux yeux gris qui me feront perdre de vue mon objectif !

- Ah oui ? Et quel est ton vœu si cher ? s'amusa le jeune homme, heureux du compliment déguisé sur ses yeux.

- J'ai décidé de devenir médicomage ! annonça-t-elle fièrement, la main sur le cœur. Pour que plus jamais je ne me sente à ce point impuissante. Je travaillerai dur pour toujours pouvoir te guérir, quoique tu aies à affronter !

La gorge nouée, Drago contempla cette petite bonne femme, sa petite femme, et se dit qu'il devait certainement être l'homme le plus chanceux et le plus heureux de tout Poudlard, voire de toute la terre. Il attrapa le visage de la lionne et posa brutalement ses lèvres contre les siennes, humant son parfum, avide de sentir sa langue s'enrouler follement à la sienne. Il sentit ses petites mains agripper ses épaules avant de le repousser avec force mais doucement.

- Oh Hermione, ne fait pas ta rabat-joie, je suis en pleine forme, ronronna-il en se collant davantage à la jeune femme.

- Non, tu dois encore te reposer, alors pour le moment il est hors de question que tu me touches, rouspéta la femme, le regard rieur. Mais si tu veux toujours te dégourdir les jambes en dehors de l'infirmerie, j'ai peut-être une idée…, ajouta-t-elle malicieusement.

Interloqué, le jeune homme blond se laissa entrainer en dehors de l'infirmerie, en priant en son for intérieur pour que qu'aucun étudiant ne le croise alors qu'il portait son pyjama de « malade ». Il se dit pour se rassurer que la nuit été tombée depuis quelques heures maintenant et que les couloirs devaient en tout logique être déserts. Parce qu'après tout, et peu importe ce qu'il avait enduré, jamais un Malefoy ne devait se montrer autrement que bien vêtu en société, c'était vital.

Une fois arrivés à l'angle d'un couloir, il entendit les pas fatigués d'un vieil homme et de son chat résonner en échos contre les murs et s'approcher dangereusement d'eux.

- Hermione, je ne voudrais pas paniquer mais je crois que Rusard arrive et je n'ai pas la moindre envie de me retrouver nez à nez avec lui, lui murmura-t-il à l'oreille.

- C'est bon, nous sommes arrivés, souffla-t-elle à son tour.

C'est alors qu'ils pénétrèrent tous deux dans l'immense salle, là où tout avait commencé. Au loin il aperçut le Miroir de Riséd et décida de s'avancer en sa direction. A présent, la vision qui s'y reflétait ne l'effrayait plus, bien au contraire, cela l'emplissait de joie. Il avait parcouru un tel chemin, long, sinueux et semé d'embuches qu'il ne parvenait toujours pas à croire qu'il avait réussi. Il l'avait fait sienne. Enfin. Elle était entièrement et complètement à lui.

Du coin de l'œil, il aperçut la jeune femme s'approcher, tout sourire, le vase presque complètement reconstitué entre ses mains.

- Il ne reste plus qu'un tout petit morceau et on l'aura réparé, annonça-t-elle fièrement.

- Putain ! On en aura mis de temps avant d'y arriver ! lâcha le jeune homme.

- Ne sois pas grossier, râla-t-elle en continuant de sourire à pleines dents.

Elle posa alors délicatement l'objet au sol et fit face au garçon qui à présent occupait toute ses pensées.

- Bon, et bien je pense qu'il est temps que je me jette à l'eau !

- Tu vas enfin me dire ce que tu as vu dans le Miroir ? s'étonna le Serpentard.

- Oui ! fit-elle courageusement.

- Et ben… Il aura fallu que je frôle la mort pour enfin connaitre ce terrible secret et…

Mais il fut coupé dans sa tirade par le coup de poing léger que la lionne lui assena à l'épaule.

- Vous êtes réellement épuisant Monsieur Malefoy de la maison des Serpentards, railla-t-elle.

- Et vous incroyablement compliquée, Mademoiselle Granger de la maison des Gryffondors, fit-il sur le même ton.

Sur ces mots il lui décocha un rapide clin d'œil auquel l'étudiante répondit par un sourire.

- La première fois que je me suis retrouvée devant ce Miroir, je m'y suis vue, plus âgée, devant une belle maison, et entourée d'enfants, commença-t-elle la voix légèrement aigue. Cela m'avait désarçonné car je m'attendais à y trouver Ron…

Elle s'interrompit en percevant le grognement agacé de l'homme en face d'elle. Au fil des jours, elle s'était rendu compte de l'extrême jalousie et possessivité que ressentait le Serpentard à son égard.

« Quelque chose que je vais devoir corriger chez lui » se promit-elle intérieurement.

- Bref, cette vision m'avait mise mal à l'aise. Puis j'y suis retournée, et là, la scène était quelque peu modifiée. Il y avait quatre enfants qui s'amusaient, devant cette même maison, que j'avais alors reconnue. La tienne et celle de ta mère. Et tu étais là toi aussi, riant et t'esclaffant avec les petits. Puis tu m'as aperçu et tu t'es précipité vers moi avec ce que j'imagine être nos enfants, conclut-elle la voix plus grave, le regard baissé, gênée de lui révéler son désir le plus enfoui.

Elle sentit alors les bras du garçon s'enrouler autour de sa taille et son front se coller au sien. Toujours légèrement honteuse, elle leva son regard pour croiser celui incandescent de son amant.

- Je crois que mon cœur commence à guérir, murmura-t-il contre son visage, son souffle chaud sur sa peau. Les horreurs de la guerre, les humiliations, la souffrance… Je ne dis pas que je vais tout oublier tout comme toi tu n'oublieras jamais, mais je commence à aller mieux.

- Moi aussi, chuchota-t-elle le corps frissonnant.

D'un geste tendre, il lui prit la main et la passa sur son ventre, sous son tee-shirt.

- Tu sens ? souffla-t-il doucement.

- Que devrais-je sentir ?

- Justement rien. La cicatrice que j'avais sur le ventre, elle est partie. Je pense que ça veut dire… Raaah… Je ne suis pas doué pour les belles paroles tu sais, grogna-t-il soudainement. Mais je pense que ça veut dire que toutes les plaies cicatrisent un jour, non ?

- Oui, Drago, je pense que le temps guérit tout, répondit-elle la voix rauque. D'autant plus si tu as à tes côtés une superbe et talentueuse médicomage, ajouta-t-elle le regard malicieux.

- Ca pourrait être utile en effet, sourit-il contre ses lèvres avant d'échanger un tendre et doux baiser.

Et c'est main dans la main, comme l'avait tant souhaité quelques jours plus tôt Hermione, alors qu'elle se promenait l'âme en peine dans le parc, que Drago et Hermione se rendirent discrètement dans le bureau du professeur McGonagall, afin d'y déposer le vase complètement reconstitué et réparé.


Quelques heures plus tard, au lever du jour, la directrice de Poudlard se rendit de sa démarche ferme dans son bureau quand un objet insolite attira son attention. Sa coupe se trouvait là, posée majestueusement sur le bureau, comme si elle n'avait jamais disparu.

- Je vous avais bien dit qu'avant la fin de l'année elle retrouverait sa place d'origine.

- J'ai bien cru ne jamais la revoir au vue des derniers évènements, soupira la directrice, encore honteuse de ne pas s'être rendue compte des manigances du Mangemort qu'elle avait elle-même embauché en tant que nouveau professeur contre les forces du mal cette année.

- Voyons Minerva, vous savez très bien que j'ai toujours raison, se moqua l'ancien directeur de Serpentard et de Poudlard.

Le professeur McGonagall se retourna alors pour faire face à son ancien collègue, et elle devait bien se l'avouer, son vieil ami.

- Nous sommes la preuve vivante qu'une alliance entre les Serpentards et les Gryffondors est bel et bien possible, sourit-elle paisiblement.

- Tout de même, Minerva, n'abusons pas des bonnes choses, ricana le professeur Rogue avant de disparaitre du portrait.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Alors tout d'abord, je souhaiterais m'excuser pour le dernier chapitre, je ne m'en étais pas rendu compte mais la mise en forme n'était vraiment bonne, surtout les passages en italique qui hélas ne l'étaient pas tous, rendant la compréhension du texte un peu compliquée je l'admets ! Mea culpa !

Et sinon, voilà l'avant dernier chapitre, le prochain sera un court épilogue histoire de bien boucler le récit ! J'espère que cette fin et que cet happ end vous a plu, au final je ne pouvais vraiment pas me décidée à tuer Drago, pas après tout ce qu'il a enduré pour finir avec Hermione ! Et oui je suis une éternelle romantique ;)

Hâte de lire vos reviews !