Un immense merci à SaturneOTMW qui a courageusement accepté de me servir de Betareader pour ce second arc. C'est grâce à elle que vous pouvez lire un texte fluide et sans fautes.
Allez jeter un œil à ses fanfics si vous aimez League of legends ou one piece.
Enfin merci à tous pour votre soutien et vos messages, voici enfin le premier chapitre de l'arc deux.
Bonne Lecture
C'est avec un grand vague à l'âme et un immense trou noir sur les jours précédents que Rosanna commença sa journée.
Lorsqu'elle descendit en salle d'entraînement - comme chaque jour -, c'est un Ronon particulièrement hargneux qui l'accueillit, ravi d'avoir un adversaire sur qui se défouler.
Après une heure d'intenses échanges, elle se sentit un peu mieux.
C'est donc avec plus d'entrain qu'elle alla chercher ses ordres après une douche nécessaire et méritée.
Lorsqu'elle arriva dans le bureau directorial, Weir la détailla un instant d'un air inquiet avant de lui faire signe de s'asseoir.
« Comment allez-vous, Mme Gady ? » demanda cette dernière.
« Je vais très bien, Madame. Ma mission de reprise s'est bien passée, je suis donc venue chercher mes prochains ordres de missions. » répondit-elle simplement.
« Très bien, le Dr Mattison aimerait encore faire recours à vos services pour rendre visage humain à plus de dépouilles, mais je pense qu'une petite visite de courtoisie sur Grinna vous plaira davantage. » déclara Weir.
L'artiste sourit avec reconnaissance.
« Oui, j'ai un peu de peine à passer tant de temps à dessiner des gens morts. » s'exclama-t-elle avec soulagement.
« Mo'okui et son époux vous ont invitée, vous ainsi que le reste de l'équipe, à aller leur rendre visite pour la naissance de leur premier enfant. C'est une petite fille qui, d'après ce que j'ai entendu dire s'appelle Roz'ana. » annonça Weir avec un grand sourire.
« Ils... Ils lui ont donné mon nom ?! » bafouilla l'artiste émue.
« Oui. Allez vous préparer, vous partez dans une heure. » déclara Weir en la chassant d'un geste de la main amusé.
Alors qu'elle était devant le grand anneau bleu, Rosanna se tourna vers Giacometti, qui était juste à côté d'elle.
« J'ai l'impression que je te dois des excuses. Tout est un peu confus dans ma tête, mais tu veux bien me pardonner ?» demanda-t-elle à la guerrière.
« Je m'excuse aussi. Tout est pardonné. » lui répondit-elle avec un grand sourire en lui tendant la main.
Elles traversèrent ainsi la porte, main dans la main, comme la première fois.
Les Grinnaldiens les accueillirent avec enthousiasme, et c'est une Mo'okui radieuse, un bébé minuscule enveloppé dans des langes bariolés sur son sein, qui vint tous les serrer dans ses bras.
Mattison, qui n'avait pas cessé de râler tout le long de la route à propos du temps qu'il perdait à ne pas examiner les ruines de Deb'maan, oublia sa mauvaise humeur immédiatement.
Une grande fête fut organisée sur la plage en l'honneur des Terriens. L'alcool, la nourriture et les chants furent abondants. Chacun, lors de la grande veillée autour du feu, fut invité à raconter une histoire, et les Terriens racontèrent avec enthousiasme leurs aventures aux quatre coins de la galaxie sous l'oreille attentive des Grinnaldiens, excellent public. Rosanna passa sa soirée silencieusement, à griffonner de petits portraits que les indigènes, ravis du retour de l'artiste, ne cessaient de lui réclamer.
Lorsque l'aube se leva, scintillante, sur le grand lac, Mo'okui trouva l'artiste assise seule dans le petit temple de Tuim, le regard vide fixé sur la grande statue de la déesse à six bras.
« Rosanna, je suis tellement heureuse que vous ayez accepté mon invitation. Je voulais vous remercier ! » s'était-elle exclamée en la trouvant.
« Je suis ravie d'être là ! Mo'okui, c'est un tel honneur ! Appeler votre fille comme moi ! Bon sang, j'en suis toute émue ! » répondit l'artiste en se retournant avec un grand sourire.
« Vous êtes une grande prêtresse, bénie de Tuim, puisse votre nom porter chance à ma fille ! Je souhaite qu'elle suive vos traces et devienne elle aussi une grande prêtresse » répondit la jeune femme, priant à moitié, tendant l'enfant endormie vers la statue de la grande déesse.
« Je peux faire un portrait de la petite si vous voulez. » proposa Rosanna.
« Par Tuim, avec plaisir ! Ce serait un formidable talisman pour elle ! » s'exclama la jeune mère, aux anges.
« Posez-la ici, dans le rayon de lumière. » demanda l'artiste en s'asseyant avant de sortir son matériel.
Mo'okui installa l'enfant, avant de s'asseoir respectueusement à côté, afin de pouvoir rassurer la petite tout en observant l'artiste. Rosanna esquissa d'un trait léger la délicate frimousse de l'enfant avec de commencer à appliquer la couleur, rehaussant de rose tendre et de jaune ocre les joues potelées du bébé.
La petite, endormie dans le rayon de lumière scintillant, ne bougea pas durant les presque deux heures que durèrent le travail. Sa mère, attentive, ne quitta pas des yeux l'artiste, qui créait, assise, paisible.
Lorsque Rosanna posa son pinceau avec un soupir pour contempler son œuvre terminée, Mo'okui posa une main compatissante sur la sienne.
« Je suis désolée, je ne savais pas que vous aviez perdu quelqu'un. Puisse Tuim l'accueillir en ses cohortes » dit-elle doucement.
« Mais je n'ai perdu personne ! Enfin il y a bien le soldat Johnson, mais c'était il y a quelques temps déjà, et j'ai fait mon deuil. Comment avez-vous su ?» répondit-elle avec un pauvre sourire.
« Votre art n'est plus aussi radieux. Oh, votre peinture est très belle ! Elle est parfaite, mais il manque cette flamme unique qu'ont ceux qui sont proches de Tuim. Il faut avoir perdu quelqu'un de très cher pour que cela arrive à quelqu'un comme vous. » expliqua la jeune mère avec compassion.
« Je suis juste un peu fatiguée je crois, ne vous inquiétez pas. » la rassura la jeune femme. « Je vais aller dormir, et ça ira mieux. » dit-elle en se levant avant de ranger ses affaires.
« Rosanna, ne perdez pas la lumière de l'art, je vous en prie. Prenez soin de vous. » murmura Mo'okui en prenant délicatement l'enfant assoupie dans ses bras.
C'est en silence que les deux femmes rejoignirent leur lit pour une grasse matinée méritée.
Durant les quatre jours où les Atlantes restèrent sur Grinna, Mo'okui fit de son mieux pour distraire Rosanna, l'emmenant chasser le buiwa, sorte de papillon luminescent multicolore qui servait d'éclairage festif une fois enfermé dans de grandes lanternes de papier huilé ou, son enfant dans les bras, lui contant les histoires de son peuple.
La jeune femme souriait et semblait heureuse, mais Mo'okui inquiète, ne pouvait que contempler les trop rares esquisses qu'elle faisait de son monde.
Mo'okui ainsi qu'une poignée de villageois tinrent absolument à raccompagner jusqu'à la Porte leurs amis d'un autre monde. Alors que le moment des adieux était arrivé, Mo'okui, après avoir serré fort contre elle Rosanna, lui passa un collier autour du cou. Le petit pendentif en bois clair, au bout d'un cordon de cuir, représentait la déesse Tuim -stylisée à la limite de l'abstraction.
« Pour que la déesse reste toujours près de vous, et de votre art si lumineux. » lui expliqua la Grinnaldienne.
« Merci Mo'okui, mais je t'en prie, nous sommes amies maintenant, tutoie-moi! » l'en remercia l'artiste.
« Que la déesse soit avec toi, Rosanna !» répondit Mo'okui radieuse en la serrant à nouveau dans ses bras.
« Et qu'elle veille sur toi et les tiens ! » lui répondit Rosanna avec sincérité.
Dans les mois qui suivirent, le docteur Weir veilla à ce que Rosanna ne reste jamais plus d'un jour sur la cité sans mission précise.
Ainsi, la jeune femme partit aider le Docteur Beckett pour une campagne de vaccination sur le continent, ainsi que dans deux autres mondes. Elle participa à treize missions archéologiques, mettant son pinceau aux services de l'histoire, ainsi qu'à quatre missions diplomatiques majeures en compagnie de Weir.
Teyla l'emmenait chaque fois qu'elle partait négocier de la nourriture ou des biens de consommations pour Atlantis, et Giacometti s'arrangeait pour ne pas la laisser inactive durant ses trop rares moments de loisirs.
Rosanna ne demanda jamais rien à propos de Markus, et n'y fit plus allusion.
Elle travaillait avec application, fournissant un travail soigné et complet, et répondait toujours en souriant lorsqu'on s'adressait à elle. Lorsque Giacometti l'interrogeait sur son état, sa réponse était invariablement la même. « Je vais bien, je suis juste un peu fatiguée. Et toi, comment vas-tu ? » demandait-elle avec douceur.
Un soir, alors que Rosanna était restée presque une demi-heure à regarder le ciel étoilé, sa tasse de thé froide dans les mains, Giacometti avait essayé de lui parler.
« Tu veux parler de Markus ? » avait-elle demandé gentiment.
« Non, il est parti. C'était son choix, il n'y a rien de plus à dire. » lui avait répondu l'artiste, atone, sans même tourner la tête.
La guerrière n'avait plus jamais osé aborder le sujet.
