Elle vivait dans l'eau,
Il vivait sur l'eau.
Elle voulait s'y enfuir,
il voulait s'y noyer.
Aucun des deux n'étaient réllement maître de leur destin.
C'est un jour, alors qu'elle était allongée sur son rocher qu'elle vit le navire. Intriguée par la prestance qu'il dégageait, elle essaya de mieux voir. Des bateaux, elle en avait vu des tas, mais, elle ne saurait dire pourquoi, celui-ci l'intriguait plus que les autres.
Depuis toujours, elle rêvait de marcher, et ces hommes, eux, c'est comme s'ils souhaitaient nager.
Elle reconnut la pavillon de pirate, et plongea dans l'eau. Elle savait d'ordinaire que les pirates n'étaient pas fréquentables. D'après ses parents, ils étaient dangereux. Toujours dans l'eau, elle s'approcha du navire qui visiblement voulait accoster au port le plus proche. Elle le suivit jusqu'à ce qu'il s'arrête, et vit les hommes descendre un par un. Elle aurait tellement aimer voir le dessus du bateau, voir sur quoi ces hommes vivaient. Elle se recula, et sauta hors de l'eau, tel un dauphin, afin de l'apercevoir. Normalement, personne n'aurait du la voir. Mais il l'a vit. Il était resté à bord, pour observer la mer, et il l'avait vu.
Surprise, la jeune femme replongea dans l'eau, et nagea le plus profond qu'elle put.
De son côté, le pirate, lui, regardait là où elle avait plongé. Des sirènes, il en avait connu au pays imaginaire. Mais il se demandait ce que celle-ci faisait si près du port. Intrigué quelques minutes, le fils de ses pensées revint finalement, et il oublia vite cette histoire.
La petite sirène quant à elle, était rouge de honte. Ses parents lui avaient pourtant répété de bien faire attention. Elle soupira légèrement, et retourna au rocher où elle s'était logé avant de voir le navire. Elle n'avait pas envie de rentrer. Une fois arrivée, elle sortie de sa cachette une petite flûte de pan, et commença à jouer.
Elle joua longtemps. La nuit était déjà tombée qu'elle finissait enfin sa mélodie, à peine consciente de l'heure tardive.
Soudain, elle entendit un applaudissement. Elle se retourna à toute vitesse et vit l'homme qu'elle avait vu précédemment assis sur le sable froid, à la regarder. Il souriait.
« Vous jouez extrêmement bien mademoiselle. » dit-il en se relevant, prêt à repartir vers son navire.
« Depuis quand m'épiez vous ? » demanda-t-elle, la tête haute, des éclairs dans les yeux.
« Je ne saurais dire. » répondit-il avec un sourire arogant. « Je reste quelques jours au port, si l'envie vous vient d'avoir à nouveau un public, c'est-à-dire moi, venez donc me voir. » Sur ces paroles, il rejoignit en sifflotant l'air que la jeune fille avait joué.
Celle-ci rougit, cacha son instrument et rentra chez elle, en repensant au pirate, gênée qu'il l'ait entendu.
Celui-ci, alors qu'il retournait à son navire, repensait à la scène qui avait eu lieu sous ses yeux durant une bonne heure. Il était resté assis durant une heure entière au moins, à regarder une sirène de dos, jouer de la flûte. Il revoyait ses longs cheveux blonds sec retomber sur son dos, tandis que sa longue queue de sirène bleu bougeait au rythme de la musique. Il ne saurait dire pourquoi, l'envie de toucher ses écailles, et sa peau nue lui avait pris.
Le lendemain, le pirate retourna à l'endroit exact où lui et la sirène étaient la veille. Mais personne ne vint. Du moins, personne qu'il ne vu. En réalité, la petite sirène blonde était restée dans l'eau à l'épier jusqu'à ce qu'il s'en aille.
Le surlendemain, il revint. La sirène était assise sur son rocher, et jouait. Cette fois-ci, elle l'entendit venir, et elle arrêta la mélodie. Elle se retourna vers lui, et le regarda. Elle constata qu'elle avait vu juste la veille, le pirate portait bien un crochet à la place de sa main gauche.
Le pirate la regardait aussi, résistant à l'envie de regarder la poitrine nue de la jeune femme.
« Pourquoi venez-vous tout les jours ? » Lui demanda-t-elle soudainement.
Au début surpris, le pirate finit tout de même par répondre.
« Je vous l'ai dit, j'aime ce que vous jouez. »
« Non, vous ne l'avez pas dit. »
Il sourit. En effet, il ne l'avait pas dit exactement. Il lui avait dit que si elle voulait un publique, elle l'avait lui, et qu'elle pouvait lui demander quand elle le voulait.
La jeune femme plongea soudainement, et ressortie sa tête et ses bras afin de s'accouder au rocher, regardant le pirate.
« Au fond, c'est vous qui avez envie de m'entendre, pas l'inverse. »
En effet. Le pirate voulait l'entendre, car cette douce musique l'appaisait, et l'empéchait de penser à son premier et unique amour décdée il y avait bien un siècle de cela.
« Je veux bien jouer pour vous. » déclara-t-elle finalement.
Le pirate harqua un sourcil. Elle devait forcément attendre quelque chose en retour.
« Et en échange ? »
« Je veux que vous me parliez de vos aventures sur la terre. »
Le pirate sourit. C'était donc cela, la petite sirène voulait des histoires, elle qui ne pouvait en vivre du fond de la mer.
« Bien. » dit-il en se levant et en s'approchant d'elle. Il s'assit sur le rocher, tandis que la sirène nageait sans le lâcher du regard. « Que veux-tu savoir love ? »
La blonde harqua un sourcil, et finit par sourire.
« Tout d'abord votre nom. »
« Killian Jones pour vous servir demoiselle, aussi connu sous le nom de Capitaine Hook ! »
« Comment avez-vous eu ce crochet capitaine ? » demanda-t-elle en s'approchant et en prenant l'objet en question entre ses petits doigts.
« Tout est à cause d'un crocodile. » commença-t-il.
« J'aime les crocodiles. » déclara-t-elle en fronçant les sourcils.
Le pirate sourit. « Ce n'est pas un vrai crocodile. »
« Alors c'est un aligator ? » demanda-t-elle. « Je n'aime pas beaucoup les aligators par contre... »
Le pirate rit. Cette jeune femme prenait tout au premier degré. Il sentit qu'il allait beaucoup s'amuser à lui raconter ses aventures.
Tout les jours, et une bonne partie de la nuit, les deux jeunes gens se voyaient. L'un jouait pour l'autre, l'un contait pour l'autre. Killian réussit après quelques jours à soutirer le nom de la sirène, qu'elle s'abstenait de lui révéler avant. « Vous êtes un pirate. » lui disait-elle tout le temps. Cela le faisait toujours sourire. Il l'appellait alors la petite sirène, la petite blonde, ou même petit poisson. La jeune femme se vexait toujours, mais il lui rappelait alors qu'elle ne voulait pas lui divulguer son nom. Emma, tel était son nom.
Au fils des jours, la blonde fit de plus en plus confiance au pirate, et accepta de sortir de l'eau.
Ce soir là, elle était ce que l'on peut qualifier d'assise sur le sable, à écouter le pirate lui répéter une énième fois comment il avait perdu sa main. La jeune femme adorait cette histoire, sans se rendre compte que cela faisait un peu de mal à Killian de lui raconter, car c'était dans cette même histoire qu'il avait perdu celle qu'il aimait.
L'histoire terminée, la blonde s'allongea sur le sable.
« Dommage qu'il n'y ait pas de soleil. J'aime le soleil. »
Le pirate sourit. « Tu n'as qu'à t'allonger le jour, au soleil. »
« Mais il me brûle les yeux après ! »
« Il faut savoir ce que tu veux petit poisson. »
La blonde commença à ronchonner face à ce surnom, quand le pirate lui dit quelque chose. Persuadée d'avoir mal compris, la sirène lui fit répéter.
« Je pars demain, en compagnie de mes hommes. »
La blonde se rassit et regarda le pirate.
« Vous reviendrez après ? » demanda-t-elle innocemment. « Vous me racontrez vos nouvelles aventures ? »
Le pirate s'approcha d'Emma, et posa sa main sur sa joue, la caressant doucement.
« Tu veux que je revienne ? » lui demanda-t-il.
« Evidemment ! »
Le pirate eut un petit sourire. Il en était perduadé maintenant. Il était tombé amoureux de la petite sirène.
« Alors je reviendrais. »
Sur ces paroles, il se releva.
« Jolie petite sirène, je te salue ! A notre prochaine rencontre ! » déclara-t-il en partant sans se retourner.
La petite sirène sourit. « A bientôt Killian ! »
Le pirate sourit. C'était bien la première fois qu'elle utilisait son prénom, et ne l'appelait pas Capitaine ou même Hook.
Les deux rentrèrent chez eux.
Durant des mois entiers, ils pensèrent à l'autre, l'un de son navire, l'autre de son rocher, en compagnie de sa flûte.
Ce fût finalement un an après que le pirate revint. A peine eut-il accosté qu'il rejoignit le rocher de sa belle, prêt à lui dire ce qu'il ressentait. Malheureusement pour lui, elle n'était pas là. Il resta un moment à attendre. Une fois la nuit tombée, il décida qu'il était temps de rentrer. Elle ne viendrait sûrement pas aujourd'hui. Il soupira et se releva.
C'est à ce moment qu'il l'a vit. Debout. Sur deux jambes. Et habillée qui plus est. Elle tenait à la main un panier emplit de nourritures.
Ils restèrent quelques minutes à se regarder, avant qu'elle ne marche vers lui et ne l'enlace.
« Tu es revenu.. » murmura-t-elle plus pour elle que pour lui.
Après de longs mois, elle avait cru qu'il ne reviendrait pas. Puis une certaine fée bleu lui était apparue, et lui avait donné des jambes pour qu'elle vive son amour. Car oui, la jeune fille avait bien mûrit dans sa tête, et avait compris qu'elle aimait le pirate.
« Je suis revenu pour toi... » murmura-t-il en la serrant contre lui.
