Bonjour.
J'aurais dû poster le 64 et dernier chapitre d'errare ce soir mais... *tousse* je préfère attendre une semaine de plus, prendre le temps de le relire comme il faut, et le faire passer entre les mains de ma bêta. En attendant donc, deuxième chapitre pour cette traduction.
En parlant de traduction, je sais qu'elle sont assez espacées en ce moment, mais une fois le dernier chapitre d'errare publié, je posterais plus souvent et de manière bien plus régulière. Je ferai davantage le point à ce niveau en fin de chapitre.
Bonne lecture :)
Auteur : guineapiggie
Titre original : Last night
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : Je ne possède ni les personnages, ni quoi que ce soit à propos de la série à part mes propres misérables idées.
Je voulais mettre celui-là à la toute fin, mais finalement je l'ai écrit et je ne voulais pas le garder pour moi.
De toute évidence, pour River c'est la veille de son expédition à la Bibliothèque, et pour le Docteur, j'imagine que ça se passe cinquante, soixante-dix ans après Manhattan.
Chapitre 2 : Dernière nuit
Il fixait du regard le costume noir, se demandant si elle s'en souviendrait. Bien sûr qu'elle s'en souviendrait, elle se souvenait toujours de ce genre de détails. Ce costume serait parfait pour l'occasion.
Il l'enfila alors lentement, essayant de retarder encore un peu plus ce qui devait être fait. La veste semblait incroyablement lourde, pleines de souvenirs. Elle était si jeune à l'époque…
Mon cher, vous devenez particulièrement sentimental.
C'est vrai, il le devenait sûrement. Cependant, à son avis, il avait toutes les raisons du monde de l'être. Le TARDIS avait juste besoin de quelques instructions pour partir, et pour cette raison, le Docteur l'enviait beaucoup. Cela paraissait si facile pour elle, alors que lui avait l'impression que ses chaussures étaient clouées au sol.
-o-o-o-
Elle se trouvait dans sa chambre, dos à la porte. Il s'appuya contre celle-ci, et observa sa femme plier soigneusement les vêtements dans une petite valise. Elle y empila également plusieurs livres, à coté desquels elle rangea une brosse à dents, ainsi qu'une paire de boucles d'oreilles reçue à son anniversaire. Pour elle, cela ne datait que de l'an passé, mais de son point de vue, il les lui avait offertes près de quatre-vingt ans auparavant. Elle attrapa ensuite un livre bleu, plus petit que les autres. Il était désormais très usé, et, tandis qu'elle le feuilletait, il put voir son écriture soignée recouvrir chacune des pages. Puis, elle le referma, et passa affectueusement sa main sur la couverture.
Il prit une grande inspiration et s'approcha d'elle.
- Salut, chérie. Je suis rentré, dit-il, la faisant sursauter.
- Ne te faufile pas derrière moi comme ça ! siffla-telle en serrant son journal contre elle, inquiète à l'idée qu'il ait pu lire une chose qu'il n'aurait pas dû savoir.
Je n'ai plus besoin de lire nos histoires, ma chérie, pensa-t-il tristement. Je les ai toutes vécues.
- Ne t'inquiète pas, je n'ai pas regardé.
- Et bien, ça vaudrait mieux pour… est-ce que c'est une occasion spéciale ? l'interrogea-t-elle soudainement en voyant le costume. C'est celui que tu portais à Berlin, non ?
Elle se mordit la lèvre, en colère contre elle-même.
- Désolée, spoilers. Alors, où en sommes-nous ?
A la toute fin…
- La dernière fois que je t'ai rencontrée, c'était à Manhattan. T'ai-je dis combien j'étais désolé ? demanda-t-il en essayant vainement de se montrer détaché.
- Oui, tu l'as fait, murmura-t-elle, redressant les revers de son costume. Je suis désolée aussi.
Respire profondément. Concentre-toi.
- D'accord. Alors…assez d'excuses. Je suis venu te chercher.
- Où allons-nous cette fois ?
A nouveau, il dut se forcer à sourire. Visiblement, après neuf-cent ans d'entrainement, cela semblait enfin à peu près convainquant.
- Que dis-tu de Darillium ? Je t'avais promis qu'on irait, un jour.
Alors, d'un claquement de doigt, les portes du TARDIS s'ouvrirent pour l'ultime voyage de River Song.
-o-o-o-
Le TARDIS se matérialisa dans une ruelle mal éclairée.
- Nous y voilà. Ferme les yeux, chuchota-t-il, le cœur lourd.
Lentement, il l'aida à se diriger dans la ruelle, marchant juste derrière elle. Il savait pertinemment qu'il la touchait bien plus que nécessaire, et il ne pouvait qu'espérer qu'elle ne le remarquerait pas, car il ne supporterait pas de la laisser s'éloigner.
- Les entends-tu ? la questionna-t-il doucement tandis qu'ils arrivaient sur la place du marché, déjà noire de monde.
- Oui, je les entends.
- D'accord, alors, tu peux ouvrir les yeux. Nous y sommes. Les tours chantantes de Darillium.
- Waouh… cet endroit… je n'ai jamais rien vu d'aussi beau, souffla-telle.
Les yeux brillants, elle observa ce qui l'entourait : la place circulaire, emplie de toutes les sortes d'êtres vivants peuplant l'univers ; les vieux immeubles, qui semblaient si fragiles qu'il s'était toujours demandé comment ils avaient pu tenir debout aussi longtemps ; et les tours massives qui s'élevaient vers le ciel, se mouvant presque imperceptiblement au gré de la brise légère.
- Ouais, vraiment magnifique, acquiesça-t-il sans la quitter des yeux, ni vraiment savoir s'il parlait de sa femme ou des tours.
L'envoûtante mélodie qui s'élevait dans les airs enfla en un canon doux-amer. Sentant ses yeux se remplir de larmes, il les essuya avant qu'elle ne s'en rende compte. Quand bien même elle lui avait affirmé l'avoir vu pleurer cette nuit-là, il ne comptait par gâcher leurs derniers instants ensembles par ses pleurs.
Hors de question.
Elle glissa sa main dans la sienne et il s'y cramponna, soulagé d'avoir quelque chose auquel se raccrocher.
- Ce sont vraiment les tours qui produisent cette musique ?
Il sourit en l'entendant poser sa question.
Même après toutes ces années, elle restait toujours avide de savoir.
- Ouais, et elles ne chantent qu'une nuit tous les mille ans.
- Qui les a construites ?
- Personne : elles sont vivantes. Considère qu'elles ont poussé comme des champignons.
Cette idée la fit rire.
- Et bien, reprit-elle, ce doit être l'endroit le plus spectaculaire où tu m'ais jamais emmenée.
- C'est pour ça que je l'ai repoussé si longtemps.
Ils restèrent tellement immobiles que cet instant lui parut durer des heures. Effrayé à l'idée de rompre ce bref moment de quiétude, il n'osait pas faire le moindre mouvement. Quand, finalement, elle lâcha sa main et annonça qu'elle allait leur chercher à boire, il sentit la peur l'envahir une nouvelle fois.
- Tu vas bien mon cœur ? interrogea River, en lui jetant un regard acéré.
- Hein ? Ouais, ça va. 'me suis jamais senti si bien, répliqua-t-il, bien trop gaiement.
Elle ne sembla effectivement pas le croire. Toutefois, elle hocha simplement la tête avant de disparaître parmi la foule.
Certains m'ont abandonné. D'autres se sont perdus en chemin. Et quelques uns, pas beaucoup, mais… quelques uns sont… morts.
Et River, tout comme ses parents, s'apprêtait bientôt à faire les trois.
Ressaisis-toi maintenant, espèce de vieux fou sentimental.
Il se pinça fortement le bras. Instantanément, la douleur provoquée le ramena à la réalité. River revint au même moment, apportant bouteilles et verres. Elle l'observa, perplexe, prendre la bouteille de vin rouge et en verser dans les deux verres.
- Je t'ai apporté de la limonade, mon cœur, tu n'as pas à…
Il but le verre d'un seul trait avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase. C'était répugnant, mais au moins le geste eut exactement l'effet escompté. L'alcool fit immédiatement son effet, et atténua ses idées noires.
- Ce n'est pas juste la musique, hein ? murmura-t-elle.
Pourquoi arrivait-elle toujours aussi bien à lire en lui ?
- Non. Non, ce n'est pas que ça, confirma-t-il, évitant son regard perçant en fixant le sien sur leurs pieds.
- Alors, dis-moi.
- Je ne peux pas…
Ce fut tout ce qu'il réussit à dire. Tant de fois, il avait rêvé de pouvoir tout lui raconter, de la supplier de ne jamais mettre un pied dans cette maudite Bibliothèque… seulement il s'agissait d'un point fixe. Il déchirerait le tissu de la réalité s'il tentait de la sauver. Oh, il commençait à comprendre ce qu'elle avait pu ressentir…
- Je t'en prie, dis-moi ce qui ne va pas !
Il ressentit tant d'inquiétude dans sa voix, qu'il dut lever le regard vers elle.
- Je ne peux vraiment pas. Spoilers.
Sa propre voix sonna étrangement à ses oreilles, et il sentit une larme couler le long de sa joue. Elle hésita, puis tendit la main et l'essuya avec douceur.
- D'accord.
Aucun mot ne pouvait exprimer sa reconnaissance de l'avoir ainsi à ses coté, peu importe combien il en souffrait. Il l'attira alors à lui, l'embrassa, et essaya de faire en sorte que chaque seconde dure une éternité.
-o-o-o-
Quelques heures plus tard, allongé à coté d'elle, plus proche que ce que ses cœurs endoloris ne pouvaient supporter, il écoutait sa respiration tranquille, et pleurait. A nouveau. Cependant, cette fois au moins, elle ne pouvait pas le voir. River dormait, et, entre ses bras, elle semblait se sentir bien plus en sécurité qu'elle ne le devrait. Plus en sécurité qu'elle ne l'était. Elle dormait paisiblement, sans aucun mauvais rêve pour venir troubler son sommeil. Non, cette nuit, les cauchemars étaient tous pour lui.
Il savait pertinemment qu'il ne pouvait pas rester. Il savait aussi qu'il allait peut-être la revoir, un jour, plus jeune. Mais peut-être pas, et cette idée le tuait. Une nouvelle fois, il se prit à envier sa femme. Elle, elle avait su que c'était la fin, qu'elle ne le reverrait jamais. Lui n'en serait jamais sûr. Un jour, il arrêtera tout simplement de la rencontrer, sans même le réaliser. Elle sera partie, lui sera arrachée, comme tous les autres.
Sans vraiment savoir comment, il parvint à se convaincre de la laisser. Il se dégagea ensuite de son étreinte, tout en prenant garde à ne pas la réveiller, puis il ramena prudemment les draps, et la couvrit de son mieux. Il prit le tournevis qu'il avait fabriqué pour elle d'après ses souvenirs, et qui contenait tout ce dont elle aurait besoin. C'est un cadeau, ne t'avise pas de me le rendre, griffonna-il sur une feuille, avant de les ranger tous deux dans sa valise, à coté du journal bleu. Un autre cadeau, fait bien longtemps auparavant.
Lentement, il se mit à genoux près du lit, ses cœurs tambourinant comme s'il avait couru pendant des centaines d'années. Bien que, techniquement, ce soit le cas.
Il écarta une mèche de cheveux de son visage, et déposa avec douceur un dernier baiser sur son front. Il devait lui dire au revoir, le moment était venu, toutefois les mots restaient bloqués dans sa gorge. Il hocha tristement la tête. Il aurait pourtant dû savoir dès le début qu'il n'aurait jamais la force de le lui dire.
- Je vais encore fuir, n'est-ce pas, chérie ? murmura-t-il avant de se lever, hésitant. Je suppose que c'est ce que je fais de mieux. Un jour, tu me diras ce que tu as fait pour mériter un homme aussi lâche que moi.
Il partit alors comme un voleur.
Un vieil homme stupide qui a volé une boîte bleue et s'est enfui.
Voilà sans doute le meilleur résumé de sa vie qu'on ait jamais fait.
NdT : N'hésitez pas à aller voir la fic original si vous le pouvez. Le lien se trouve comme toujours dans mes favoris. Et une petite review pour dire ce que vous pensez de la traduction est toujours bienvenue ;)
Comme dis au début, je posterais bien plus régulièrement quand j'aurai (enfin!) publié le dernier chapitre de ma fic errare. Et la vérité c'est que j'ai pas mal de traduction en avance qui n'attendent que ça !
- J'ai traduis les 13 chapitres de cette fanfiction.
- Plusieurs one-shot Doctor Who sont également terminés (Eleven/River ; Eleven-Melody ; Ten-Jenny ; Tentoo/Rose)
- Une fanfiction Criminal Minds de 11 chapitres terminée également(Hotch-Reid)
Et deux ou trois autres textes dont je dois encore attendre l'autorisation des auteurs.
N'oubliez pas que je suis toujours ouverte aux suggestions, et que je met à jour mon profil régulièrement pour indiquer les textes à venir !
A bientôt pour la suite !
