Et voilà le troisième chapitre !
Attention, spoilers pour Silence in the Library (la bibliothèque des ombres 2) et The Name of the Doctor (Le Nom du Docteur).
Bonne lecture :)
Auteur : guineapiggie
Titre original : Last night
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : Moi pas propriétaire des personnages. Moi uniquement les emprunter.
Ouais, désolé, encore un de triste. Je travaille sur un one-shot plus joyeux mais on dirait que j'ai plus de facilité avec le tragique. Ce chapitre est inspiré d'une demande de WhoLockedAnglophile : leurs adieux. La partie de River vient évidemment de Silence in the Library, et celle du Docteur vient (surprise!) de The Name of The Doctor.
Les adieux de River se passent avant sa mort à elle, car pour moi, la River de The Name of the Doctor n'était qu'une projection des regrets du Docteur, de sa culpabilité. Ce qui signifierait que la véritable River n'a jamais été là. Désolée, j'imagine que je ne fais que vous embrouiller davantage.
Note de la traductrice : Je suis en désaccord avec l'auteur sur la présence de River lors de l'épisode The Name of the Doctor. A mon sens, il s'agissait bien de la véritable River, sous forme d'esprit, sortie temporairement de l'ordinateur de la Bibliothèque. Mais, je vous rassure, cela n'a pas grande importance quand on lit ce chapitre : l'histoire étant du point de vue du Docteur, on n'a que ce qu'il pense, et que ce soit vrai ou non, lui peut très bien imaginer qu'elle ne soit qu'une hallucination.
De plus, il est possible que les dialogues soient légèrement différent de la vf des épisodes, car j'ai pris la liberté de les retraduire moi-même. Pas de grosse différence cependant, je vous rassure.
Chapitre 3 : Comme une étoile filante
You were always there, like a shining light
On my darkest days, you were there to guide me
Oh I miss you now, I wish you could see
Just how much your memory will always mean to me
In the blink of an eye
I never got to say goodbye
Like a shooting star, flying across the room
So fast, so far
You were gone too son
You were a part of me and I'll never be the same without here
You were gone too soon
- "Gone too soon" by Simple Plan
…..
- Mais vous connaissez mon nom ! s'exclama-t-il. Vous m'avez murmuré mon nom à l'oreille !
- Autodestruction dans dix secondes. Neuf…
La voix froide de l'ordinateur décomptait les secondes comme si cela n'avait aucune importance. Pourtant, pour elle, cela signifiait tant. Pas parce qu'elle voyait défiler sa vie devant ses yeux comme dans un film, elle n'avait jamais cru à ces bêtises, et avec raison. Son esprit ne lui montrait pas des images au hasard. Son être tout entier s'accrochait à ces précieux souvenirs, dans une stupide tentative de rendre la mort plus supportable.
Et bien, nous y voilà, River Song, Melody Pond… vous êtes la femme qui m'a épousé.
Si elle se concentrait, elle pouvait encore sentir le tissu du nœud-papillon étroitement enroulé autour de sa main. Elle pouvait encore entendre sa voix prononcer ces mots.
Salut chérie, je suis rentré.
Elle l'emporterait dans la tombe, cette joie qui l'envahissait à chaque fois qu'elle entendait ces mots. Elle l'emporterait littéralement dans la tombe, pensa-t-elle avec amertume.
River !
Oh, qu'elle aimait l'entendre prononcer son nom. Personne d'autre ne pouvait le prononcer ainsi.
La mort du Docteur ne m'effraie pas, pas plus que la mienne, avait-elle dit un jour à Amy. Et en effet, elle n'avait pas peur. Elle ressentait seulement de la tristesse. Une froide, sombre, et infinie tristesse. Hier encore, elle dormait dans ses bras, et sentait ses lèvres sur les siennes. Et dans quelques secondes, tout cela sera terminé.
Néanmoins, au final, ça allait. Si elle avait pu choisir comment mourir, cela n'aurait pas été très différent. Pour lui. Pour chaque seconde passée à ses cotés. Le seul détail avec lequel elle ne pouvait pas être d'accord, c'était le fait qu'il regarde, car à chaque fois qu'il la rencontrera, après ça, il se souviendra de ce moment. Ironiquement, elle s'était toujours demandé d'où venait la tristesse, dans son regard, chaque fois qu'il posait les yeux sur elle.
- Une seule raison peut me pousser à révéler mon nom, insista-t-il, il n'y a qu'un moment où je le pourrais !
Ca s'appelle le mariage, mon petit cœur.
- Chut… spoilers, murmura-t-elle, et sa voix se brisa.
Il ne la connaissait pas encore, et pourtant, son expression se fit tellement désespérée quand il comprit. Il ne pouvait pas la sauver. Pas cette fois.
- Merci, mon amour, souffla-t-elle si doucement qu'elle-même ne s'entendit pas. Un million de fois, merci.
- Un
- Et adieu. Adieu, mon amour.
- Tu es toujours là pour moi, je t'écoute toujours. Et je peux toujours te voir.
Oh, elle semblait si choquée, si belle, si réelle, et si… blessée.
Il détestait la voir dans cet état, et savoir qu'il en était entièrement responsable le rendait malade.
- Alors pourquoi n'as-tu rien dit ? demanda-t-elle.
Parce que, quelque part, au plus profond de lui, il savait qu'elle n'était pas réelle, qu'elle n'était que la plus raffinée des tortures que son esprit malade lui ait jamais préparée. Une projection de sa culpabilité, de sa douleur, et de combien cela lui manquait d'être à ses cotés. Parce qu'il était effrayé à l'idée qu'elle ne disparaisse s'il lui répondait.
Parce que, parce que, parce que…
- Parce que je pensais que ce serait trop douloureux, avoua-t-il finalement.
- Je pense que je l'aurai supporté.
Oh, sa merveilleuse voix, si proche d'un sanglot. Et elle se trompait tant à son sujet. Car River voyait toujours le meilleur en lui. Jamais elle n'envisagerait l'idée qu'il puisse n'être qu'un enfoiré égoïste. Non, elle penserait plutôt qu'il essayait de la protéger. Et comprendre la manière dont il agissait s'avérait probablement difficile, car il n'était qu'un foutu masochiste. La moindre seconde passée à la regarder et à écouter sa voix réduisait son cœur en miette, et pourtant, l'idée de se détourner lui paraissait bien trop douloureuse pour ne serait-ce que l'envisager.
- Non, je pensais que ce serait trop douloureux pour moi, corrigea-t-il. Et j'avais raison.
Oh oui, cela faisait mal. Cela faisait si mal.
Et il fit la seule chose qui pouvait encore aggraver la situation. Il l'embrassa. Mais pas d'un de ces baisers timides de ses jeunes années. Un baiser capable de lui dire combien elle lui manquait, et qu'il l'aimait au point que cela lui coupait le souffle. Il savoura la souffrance, la laissa le dévorer, l'accueillant à bras ouverts. Il la méritait.
Puis, ils se séparèrent, et, l'espace d'une seconde, il se souvint qu'ils n'étaient pas seuls… qu'il n'était pas seul.
- Comme personne d'autre dans la pièce ne peut te voir, dieu seul sait de quoi ça avait l'air, murmura-t-il, avant de reporter à nouveau son attention vers sa femme. Il y a un temps pour vivre, et un temps pour se reposer. Tu es un écho, River. Comme Clara, comme nous tous, au final… c'est ma faute, je sais. Mais tu aurais déjà dû disparaître maintenant.
- C'est difficile de partir… quand on ne s'est pas dit adieu, murmura-t-elle.
- Alors dis-moi, car je ne sais pas… comment puis-je dire ça ?
- Une seule chose m'importe. Si tu m'as vraiment aimé… laisse sous-entendre que nous nous reverrons.
Oh, River, tu n'as pas la moindre idée de combien je t'aime.
Un sourire naquit lentement sur ses lèvres. Si tu m'as vraiment aimé. Toutes ces années, il avait cru qu'il devait lui tourner le dos, cesser de l'aimer, et n'avait jamais eu assez de force pour s'y résoudre. Cependant, elle lui demandait seulement de la laisser partir, ce qui se révélait bien différent.
Si tu aimes quelque chose, laisse-le s'en aller.
- Entendu. A un de ces jours, professeur River Song.
Lorsqu'il la vit sourire, il sut qu'il avait réussi.
- Au revoir, et à très vite, Docteur.
Il sourit en retour, bien qu'il ressentît plutôt l'envie de pleurer.
- Ne m'attends pas trop.
Prononcer ces mots lui couta ses dernières forces. Depuis deux-cent ans, il avait toujours évité les adieux.
- Oh, et une dernière petite chose.
- N'est-ce pas toujours le cas ? demanda-t-il en se souriant à lui-même.
Même maintenant, alors qu'il ne s'agissait qu'une hallucination, un souvenir, il ne parvenait toujours pas à se résoudre à la laisser vraiment partir.
- J'avais un lien psychique avec Clara, dit-elle, énigmatique. Si elle est vraiment morte… alors pourquoi suis-je encore là ?
Oh, comme au bon vieux temps. C'était si facile d'oublier qu'elle n'était pas réelle.
- D'accord… pourquoi ?
Elle lui fit ce sourire, ce sourire adorable, ce sourire de celle qui sait déjà tout. Ce sourire qui l'avait rendu fou à de nombreuses reprises, mais qu'il adorait quand même.
- Spoilers.
A présent, il était prêt. La douleur, devenue presque une habitude maintenant, rugissait toujours dans sa poitrine. Toutefois, son esprit demeurait calme, apaisé. Il se souviendrait d'elle à jamais, seulement désormais, il pouvait la laisser s'en aller.
- Au revoir… mon petit cœur, souffla-t-elle, avant de disparaître.
Il fixa l'endroit, où, quelques secondes auparavant, elle se tenait encore. Sa gorge était endolorie, comme s'il avait trop pleuré. Pourtant, il souriait.
Repose en paix. Adieu, River.
NdT : N'hésitez pas à aller voir la fic original si vous le pouvez. Le lien se trouve comme toujours dans mes favoris. Et une petite review pour dire ce que vous pensez de la traduction est toujours bienvenue ;)
N'oubliez pas que je suis toujours ouverte aux suggestions, et que je met à jour mon profil régulièrement pour indiquer les textes à venir ! A présent que j'ai terminé de publier errare, je peux me concentrer sur les traductions, et je publierais bien plus régulièrement.
A bientôt pour la suite !
