Bonsoir à tous ! Merci pour les retours, et de continuer à lire ces petits morceaux de vie. Voilà le sixième, en espérant que vous aimerez !
Bonne lecture :)
Auteur : guineapiggie
Titre original : that's between her and me
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : Attendez, je dois vérifier quelque chose… nope, ils ne m'appartiennent toujours pas. Et zut…
J'aime à placer la première fois du Docteur entre le mariage et sa conversation avec Dorium, car il a l'air tellement fier de lui quand il lui dit ça ! Celle de River lui arrive peut-être trois mois après le mariage, (non parce que je pense qu'elle ne voudrait pas que ça arrive plus tôt, mais parce qu'à mon avis, le Docteur ne voudrait pas que cela arrive si tôt pour elle) et pour le Docteur, assez tôt dans la saison 7.
Chapitre 6 : Cela ne regarde que nous
- Et le Docteur Song, en prison pour le restant de ses jours ?
- Ses jours, oui, mais ses nuits… et bien, cela ne regarde que nous, n'est-ce pas ?
Le Docteur River Song fredonnait doucement, et virevoltait autour de la console, ses chaussures à talon dans la main. Sous ses pieds, elle pouvait sentir le TARDIS bourdonner. Le Docteur, quant à lui, se tenait debout, près de la console, bougeant des leviers, poussant des boutons, et faisant semblant de ne pas la regarder. Mais elle pouvait sentir ses yeux la suivre, et il aimait certainement ce qu'il voyait. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, elle avait fait des efforts cette fois, et apparemment le choix de sa robe s'avérait être le bon. Il l'avait emmenée sur une autre planète, elle en ferait sûrement une note de quelques lignes dans son journal, toutefois, ses souvenirs, eux, requerraient beaucoup plus de place. Cela avait été… romantique, et pas seulement pour les standards du Docteur.
Elle lui jeta un rapide regard et ne put s'empêcher de sourire. Le pauvre, peu de temps s'était écoulé depuis leur mariage, il lui restait encore beaucoup à apprendre sur les rendez-vous et le romantisme, cependant elle se sentait capable de lui enseigner tout ce qu'il devrait connaître à l'avenir.
Le TARDIS s'immobilisa (avec douceur, pour changer), et River sourit tristement. Il était temps pour elle de partir.
- Bon, alors je suis de retour à la maison, pas vrai ? demanda-t-elle en vérifiant rapidement sur l'écran. Je ferais mieux d'y aller. C'était exquis.
Il lui lança alors un regard étrange, dans lequel se lisait clairement de la nostalgie, mais aussi de l'incertitude, ainsi qu'un éclair de douleur et de déchirement.
- Qu'est-ce qui ne va pas mon cœur ? le questionna-t-elle, soudainement mal à l'aise.
- Rien, c'est juste…, murmura-t-il en fuyant son regard.
Après quelques secondes de silence, et tout en fixant intensément ses pieds, il ajouta d'une petite voix :
- Ne pars pas.
- Il le faut, tu le sais bien, répondit-elle. Je modifierais ton passé en restant avec toi.
Il secoua la tête, se mordit la lèvre, et releva les yeux vers elle :
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Seulement… ne pars pas tout de suite. Juste pour cette nuit.
River se souvint de toutes les fois où il lui avait demandé de rester. D'habitude, elle le taquinait un peu puis partait malgré tout, parfois il la convainquait, mais jamais il n'apparaissait si désespéré. Possessif, même.
- Je crois… je crois que je devrais y aller, mon cœur, répéta-t-elle finalement.
Elle n'en ressentait pas la moindre envie, néanmoins cela restait trop tôt pour lui, et elle se sentait comme cette autre nuit, où elle avait seulement pu l'embrasser, alors qu'elle aspirait à tellement plus… Ce ne serait pas facile.
Peut-être avait-il compris au ton utilisé qu'elle ne voulait pas vraiment partir, car il sembla un peu plus détendu.
- Tu préfères vraiment ta petite cellule à ça ? plaisanta-t-il. N'insulte pas le TARDIS, River, elle n'aime pas du tout ça.
- Non, bien sûr que non, je…, balbutia-t-elle.
Elle ne savait pas vraiment comment réagir face à son changement d'humeur, et il profita sans vergogne de sa confusion pour l'attirer contre lui.
- Vous n'allez nulle part ce soir, Docteur Song.
Elle voulut protester, sauf que toutes ses objections disparurent miraculeusement quand il l'embrassa. Ses baisers étaient définitivement différents de la nuit dernière, sans aucune trace de timidité ou de réticence. Ce fut à peine si elle le remarqua lorsqu'elle se cogna contre la console, alors qu'ils se collaient l'un à l'autre.
Ses lèvres brûlaient. Elle l'avait déjà embrassé ainsi, auparavant, pourtant elle était à peu près certaine que pour lui, il s'agissait d'une première. La main sur sa nuque tremblait très légèrement, et son souffle s'avérait aussi erratique que le sien.
Et bien, il y a une première fois pour tout. Mais cela signifiait que c'était sa première fois. Tes premières fois, mes dernières. Oh, bon dieu, non… Elle se raidit un peu, et une petite voix dans son esprit lui hurlait de l'éloigner de lui. Elle ne souhaitait pas que cela arrive aussi vite. C'était trop lui demander. Peut-être que si elle partait maintenant, elle pourrait repousser encore un peu ce moment…
Ne sois pas stupide. River céda finalement et, gémissant, lui rendit son baiser avec la même passion féroce. Elle refoulait son désir depuis bien trop longtemps pour refuser maintenant. Et si le temps voulait que cela arrive ce jour là, il valait mieux éviter de s'y soustraire.
Une grande partie de leurs vêtements tombèrent à leurs pieds, les autres formant dans le TARDIS une piste facile à suivre. Pendant une fraction de seconde, River se demanda d'ailleurs si ses parents se trouvaient à bord, eux aussi, puis cessa immédiatement de s'en préoccuper. Après tout, ils étaient adultes, et mariés.
-o-o-o-
Les battements de son cœur mirent du temps à se calmer, probablement parce qu'ils se tenaient si près l'un de l'autre. D'une main, le Docteur jouait paresseusement avec ses cheveux.
- Ta première fois ? demanda-t-elle finalement.
- Pas la tienne, alors, déduit-il en souriant. Intéressant. Mais oui, ma première fois.
River hocha la tête, essayant d'assimiler ce que cela signifiait pour elle. Ma dernière fois.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien, répondit-elle, trop rapidement. Je suppose que c'est un spoiler.
Il lui lança un regard exaspéré, avant de se redresser.
- Oh, de grâce, ne commence pas avec ça. Dis-le-moi.
- C'est juste… comme nous allons dans le sens inverse…
Le Docteur afficha un sourire. Il tendit la main vers elle et repoussa une mèche de cheveux de son visage.
- Ce n'est pas toujours le cas. Nos vies ne vont pas vraiment dans le sens inverse, elles sont juste dans le désordre. Mes premières fois ne sont pas forcément tes dernières.
- Alors il y a des exceptions à la règle ? l'interrogea-t-elle avec un faible sourire. C'est une bonne nouvelle.
- Je n'appellerais même pas ça une règle. Et maintenant, ôte cette expression de ton visage avant que…
Il s'interrompit soudain, visiblement horrifié.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tes parents… grimaça-t-il. Oh mon dieu, s'ils apprennent ça… ils vont me tuer !
River éclata de rire.
- Ne t'inquiète pas, mon cœur, j'ai déjà rencontré des versions de toi plus âgées.
- Non, je suis sérieux… Amelia Pond et le Dernier Centurion… River, je ne survivrai jamais à ça !
Il s'enfonça dans les coussins, et cela l'inquiéta pour le restant de la nuit.
Les chandeliers diffusaient une lumière tamisée dans la petite chambre d'hôtel principalement occupée par un grand et luxueux lit à baldaquin. Il se tenait mi-assis, mi-allongé, sur l'épais matelas, et se demandait comment il avait pu terminer ici.
Concentre-toi, concentre-toi bon sang !
A sa décharge, n'importe qui aurait dû mal à garder l'esprit clair alors qu'une femme l'embrassait ainsi.
Et essayer de faire en sorte que River Song y aille doucement se révélait plus que difficile.
A contrecœur, il s'éloigna finalement d'elle et attrapa ses mains.
- River ! Nous avons tout le temps du monde !
- Parles pour toi, seigneur du temps, murmura-t-elle en l'embrasant à nouveau, tandis qu'il essayait désespérément de se rappeler comment faire pour formuler des pensées cohérentes. Moi, mon horloge tourne.
- Arrête, supplia-t-il instinctivement.
Il ne désirait vraiment pas repenser à la Bibliothèque. Pas maintenant. Il y retournerait suffisamment tôt pour ne pas avoir besoin d'en rajouter, cet endroit étant une destination habituelle de ses cauchemars.
- Tu es bien entreprenant, rit-elle, je ne sais pas encore si ça me plaît.
- Et bien, sourit-il en retour, cela m'est égal si je parais peu intelligent.
Délicatement, il ramena derrière son oreille les boucles tombées devant ses yeux.
- D'ailleurs, c'est bon de te voir comme ça, ajouta-t-il.
- Comme quoi ?
- Tu sais…, souffla-t-il en haussant les épaules. Jeune et… incroyablement téméraire, et ne te souciant pas du reste du monde.
- Oh mon dieu, ne me dis pas que je vais terminer comme une petite vieille aigrie à passer mon temps à me morfondre ?
Malgré sa plaisanterie, il ne manqua pas de remarquer qu'elle semblait aussi un peu inquiète.
Oh, elle était si jeune. Merveilleusement et terriblement jeune, passionnée, confiante et curieuse. Probablement davantage par rapport à lui, et c'est pourquoi il craignait même de ne faire que l'embrasser quand il la rencontrait si tôt. L'idée de ternir le pur optimisme qu'il était parvenu à lui redonner lui brisait le cœur. Il se montrait naïf, irrationnel, seulement il ne pouvait s'en empêcher. Il avait la certitude que la faute lui incombait puisqu'il lui brisait le cœur à chaque instant passés ensemble, la transformant ainsi en cette femme brisée qu'il avait rencontrée la première fois.. Et cette certitude le terrifiait.
- Non, pas toi. Jamais, la rassura-t-il.
Il se rappela de la douleur brûlante que chacune de ses gifles avaient laissé sur sa joue. Non, vraiment pas le genre à se morfondre.
- Je serais toujours à toi, hein, à l'avenir ? Je t'aimerais toujours ?
- Ouais, tu m'aimeras. Bien plus que tu ne devrais, et peu importe le nombre de fois où je te le dis…
- Et bien, je ne suis pas très différente alors, n'est-ce pas ? dit-elle, à nouveau souriante. Ton amour me fait changer, mais c'est bon, c'est ce que je veux.
- Ca change toujours les gens, marmonna-t-il tristement. Et on ne peut pas dire que ça les rend plus heureux…
- Et si tu ne veux pas retourner voir ta misérable vieille femme, tu peux rester avec moi, plaisanta-t-elle.
Il voulut rire, cependant il préféra d'abord lui faire comprendre quelque chose :
- J'aime le plus petit détail en toi, quelle que soit l'époque à laquelle je te rencontre.
River pencha légèrement la tête, et arqua un sourcil :
- C'est très romantique, poétique et tout ce que tu veux, mais pourquoi ne pas simplement te taire et me montrer combien tu m'aimes de manière un peu moins… passive ?
Il lui lança un regard noir, toutefois il ne réussit pas à réprimer un sourire. Défi accepté.
- Passive, hein ?
Après tout, ce lit n'était pas vraiment fait pour dormir.
NdT : N'hésitez pas à me signaler toute erreur que vous auriez vu.
N'oubliez pas que je suis toujours ouverte aux suggestions, et que je met à jour mon profil régulièrement pour indiquer les textes à venir !
A bientôt pour la suite !
RaR
OldGirl-NoraArlani: Merci à nouveau pour la correction. Et pour la comparaison avec Clara, j'y ai pensé justement en l'écrivant, c'est aussi comme ça que je le vois. Dans un cas comme dans l'autre, c'est le mystère qui les entourait qui l'a attiré. (Mais à différentes mesures ! qu'on ne vienne pas me parler de whoufflé. Voilà le genre de pairing que je ne risque pas de traduire!)
