Et voilà le septième moment. Bonne lecture !


Auteur : guineapiggie
Titre original : A first time for everything
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : jenepossèderien, jenepossèderien.

J'ai vraiment fait un effort pour garder au moins une partie aussi légère que possible, et j'ai pris la liberté de faire ma propre version de ce qu'il lui murmure à l'oreille.

La partie du Docteur a lieu pendant The Impossible Astronaut, et celle de River pendant Let's kill Hitler, mais vous n'aviez pas vraiment besoin que je vous le dise, n'est-ce pas ?

J'espère que vous aimerez.


Chapitre 7 : Une première fois pour tout

- Quoi, c'est tout ?

Il se retourna vivement.

Bon dieu, les femmes. Et avait-il besoin de tomber sur la plus compliquée d'entre toutes ?

Alors, il se décida à lui poser la question. Peut-être qu'il avait manqué quelque chose. Peut-être lui avait-il fait une promesse, d'une récompense, par exemple, et ne s'en souvenait pas.

- Aurais-je oublié quelque chose ?

Oooups… il ne souhaitait pas se rapprocher à ce point, ses pieds avaient fait ça tout seuls. Ce n'était pas de sa faute. Pas plus que ce n'était sa faute s'il aimait ça.

Quand il la vit sourire, il sut qu'elle allait faire quelque chose, et il était certain, à 99%, que ce serait dangereux.

- Oh, ferme-la.

Sa conscience se déroba pendant une seconde. Est-ce qu'elle… l'embrassait ? Visiblement…

Et apparemment, il l'embrassait en retour. Il avait répondu, instinctivement, sans y penser. De manière plutôt enthousiaste, en plus. Son cerveau refusait de fonctionner, tout s'avérait pâteux, vague, comme s'il avait trop bu.

Sauf qu'il n'avait pas consommé d'alcool depuis des siècles.

Et il n'avait pas embrassé quelqu'un comme ça depuis une éternité.

Il ne devrait vraiment pas faire ça. Après tout, il ignorait l'identité de cette femme. Elle représentait un danger, prompte à utiliser son arme (et ce n'est pas demain qu'il admettrait qu'elle ne s'en trouvait que plus sexy), et il demeurait la possibilité qu'elle soit incarcérée pour son propre meurtre. Il se doutait qu'il ne devrait pas embrasser son assassin.

Il fallait vraiment qu'il s'éloigne d'elle. En plus, il avait besoin de respirer. D'urgence. Apparemment, il avait oublié.

Son cerveau, quelque peu endormi, nota toutefois qu'imiter un moulin à vent n'aidait pas.

Elle le laissa soudain s'éloigner, et tout ce qu'il put faire, fut de la fixer. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi l'embrasser ?

Pourquoi est-ce que tout le monde essayait toujours de l'embrasser ?

- Bon. D'accord. Intéressant, bégaya-t-il.

Voilà qui n'exprimait pas véritablement tout le désordre qui régnait dans ses pensées et ses sentiments, mais cela restait un début.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle en le regardant avec inquiétude. Tu agis comme si on n'avait jamais fait ça avant.

Ok… Touché. Il avait peut-être eu raison, après tout. Après la Bibliothèque, il avait à peine osé l'envisager, seulement avec cette façon de le regarder, ses propos…

Un jour, vous allez m'accorder votre confiance, absolue.

Je confierais ma vie à cet homme.

Je commence à bien vous aimer – et c'est pas fini !

Bien sûr, il avait finalement conclu qu'un jour, elle pourrait devenir plus qu'une amie. A l'occasion, le mot « femme » lui venait même à l'esprit. Evidemment, il avait émis cette hypothèse, il n'était pas si stupide…

Enfin, assez stupide malgré tout pour ne pas s'être attendu à ça.

- Nous ne l'avons jamais fait.

Sa réponse sembla la blesser. C'était douloureux et il n'aimait pas la voir comme ça, bien que d'une certaine manière, lui aussi souffrait. Il pensait à la Bibliothèque, à ceux qu'il avait embrassés, à ceux qu'il avait voulus embrasser, et cela le laissait particulièrement confus.

- Oh, vous avez vu l'heure, s'exclama-t-il sans avoir jeté le moindre regard vers sa montre. Je ferais mieux d'y aller.

Non, il ne pouvait pas la laisser comme ça, ce serait injuste. On lui avait appris à se montrer chevaleresque, après tout. Plus ou moins.

- Mais c'était agréable. Très bien. Inattendu.

Bon sang, qu'est-ce qu'il racontait ? Il valait mieux qu'il se taise immédiatement. Et puis, tant qu'à faire, fuir.

- Vous savez ce qu'on dit, ajouta-t-il, déjà à moitié à l'intérieur du TARDIS. Il y a une première fois pour tout !

Sa main agit sans qu'il n'en soit aucunement responsable, et il passa les portes en trébuchant à moitié.

Cette femme, qu'elle soit ou non son assassin, finirait réellement par causer sa mort.


Ses parents lui parlaient toujours, paniqués, quand elle réussit enfin à détourner les yeux de la réplique de River Song. C'était elle. Elle avait terriblement jalousé cette femme, et, maintenant qu'il était pratiquement mort, on lui révélait que depuis tout ce temps, cet enfoiré parlait en fait d'elle !

Melody aurait pu exploser tellement c'était injuste. Cela faisait maintenant près d'une heure qu'il luttait et refusait de se décider à crever, et à présent qu'elle avait terriblement besoin de lui parler, il abandonnait ?

Elle observait l'homme dégingandé gisant sur les marches de marbre, l'air trop jeune et trop innocent pour ce costume ridicule. Non, il ne pouvait pas mourir maintenant, il ne pouvait pas lui faire ça. Elle l'en empêcherait.

Elle l'avait assassiné. Qui a dit qu'elle ne pouvait pas le faire revenir ?

- Dites-moi seulement. Le Docteur… il en vaut la peine ?

Son murmure était en fait une question purement rhétorique, car elle avait déjà fait son choix. Après tout, que devenait-elle sans lui ? Un assassin ayant rempli son contrat, et qui ne servait plus à rien.

Ses mains dégagèrent alors une lueur dorée. Pas la violente explosion causée par la régénération, mais une lumière douce, agréable.

Lentement, elle s'agenouilla sur l'escalier, près de lui. Elle savait que ça fonctionnerait.

Dis-lui… dis à River Song que j'ai confiance en elle, jusqu'à lui confier ma vie.

Oh, ce sale manipulateur. Il savait qu'elle pourrait le sauver. Il lui avait fait comprendre qu'elle le pouvait.

Dès que les rayons lumineux atteignirent son visage, il battit des paupières et la regarda, un peu désorienté, et les yeux emplis de confusion.

- River, non…

Ses mots n'eurent qu'une seule conséquence : elle réalisa combien elle aimait ce nom.

- Que fais-tu ?

Elle ne put que sourire. Toutes ces années d'entrainement… en vain. Et cela lui était complètement égal.

- Bonjour, mon petit cœur.

Il n'y a que River Song qui puisse m'appeler comme ça

Pour la deuxième fois de la journée, leurs lèvres se rencontrèrent, sauf que, cette fois, il ne s'agissait pas de se moquer de lui et de son bavardage incessant. Non, c'était très, très différent. Et cela lui convenait parfaitement.

Elle oublia tout, l'endroit où elle se trouvait, le temps qui défilait, ses parents toujours présents derrière elle, et combien elle haïssait l'homme qu'elle embrassait.

Non, elle ne le haïssait pas, plus maintenant. Ou peut-être qu'elle ne l'avait jamais vraiment haï.

Il agrippa soudainement ses épaules, l'attirant plus près. La vie revenait en lui, et elle sentait son propre cœur battre désespérément dans sa poitrine, comme s'il allait exploser sous l'excès d'émotions.

Elle sentait qu'elle devenait de plus en plus faible, pourtant, elle s'en fichait tant qu'elle pouvait le ramener.

Lorsqu'ils se séparèrent finalement, cela aurait pu être plusieurs heures plus tard, pour ce qu'elle en savait. Et bien que sa respiration devînt très faible, elle se sentait terriblement heureuse.

Elle fut prise de vertige, sa vision se troubla, et malgré tout, pendant les dernières secondes avant qu'elle ne perde connaissance, elle réalisa que là, dans les bras de son ennemi, toute peur l'avait enfin quittée.

Elle venait de le sauver, et il en ferait de même. Elle le savait.


NdT : N'hésitez pas à me signaler toute erreur que vous auriez vu.

N'oubliez pas que je suis toujours ouverte aux suggestions, et que je met à jour mon profil régulièrement pour indiquer les textes à venir ! (pour cause d'examens + festival geekopolis, ces 15 prochains jours je risque de ne rien poster, et de pas vraiment avancer dans les traductions. Mais après... vacances jusqu'en septembre !)

A bientôt pour la suite !