Auteur : guineapiggie
Titre original : proposals, more or less
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : Je ne possède pas Doctor Who, ces textes ont été réalisés dans le seul but de divertir.

J'ai récemment revu Big Bang, et ça m'a donné une autre idée de première/dernière fois à développer. Il y a trois scènes pour cette fois, car je voulais vraiment en écrire une moi-même, sans pour autant vouloir laisser une des deux autres de coté.


Chapitre 8 : Des demandes, plus ou moins

Proposition 1 : non intentionnelle

En y repensant, il n'arrivait pas vraiment à se rappeler de ce qui l'avait poussé à poser cette question. Peut-être l'ambiance générale de la célébration, ou parce qu'il se souvenait de son propre mariage, si loin maintenant…

Ou alors, était-ce simplement son apparence ce soir là, dans la pénombre, tandis que les boucles rebondissaient autour de son visage et que ses yeux brillaient.

Ou peut-être même tout cela à la fois, il ne parvenait pas à s'en souvenir. Et cela n'avait pas vraiment d'importance.

Quelle qu'en soit la raison, il le lui avait demandé, dans l'ardeur du moment, juste comme ça.

- Êtes-vous mariée, River ?

- Oui, avait-elle répondu, d'une façon qui avait eu le don de le rendre nerveux (à défaut de trouver un meilleur mot)

Cela sonnait-il faux ? Ou pas ?

- Non, non, non, attendez ! Vous pensiez que je vous demandais si vous étiez mariée, ou si vous vouliez vous marier avec moi ?

- Oui.

Oh, cette intonation… Il se sentait tout chose… presque bizarre, et…

- D'accord, mais c'est un oui ou un oui ?

Là, il ne pensait pas avoir été totalement compréhensible, et pourtant elle paraissait assez bien saisir l'idée.

- Oui !

Evidemment, il ne pouvait être sûr de rien, mais il avait eu l'impression qu'elle répondait à la deuxième partie de sa question. Ce n'était pas un oui, je suis mariée.

C'était un oui. Un je le veux. Oui, je vais vous épouser.

Sauf que ce n'était pas du tout ce qu'il voulait dire ! Et maintenant il était trop tard ! Elle avait compris ce qu'elle avait bien voulu comprendre, et répondu en conséquence. Oh, cette femme. Cette femme…

- River. Qui êtes-vous ?

Il n'avait pas pu s'empêcher de sourire en posant cette question. Il avait droit de savoir, après tout. Il venait de lui faire sa demande, il devait savoir qui elle était, non ?

Ce qu'il ignorait, à l'époque, c'est que, bien sûr, elle lui avait donné la seule réponse possible. Oui. Oui à la première, et oui à la seconde.

Oui, je le suis.

Oui, je le veux.


Proposition 2 : sans vraiment le vouloir, ni la vouloir.

- Quand j'étais petite, je rêvais de me marier avec vous.

Pour l'amour de dieu, il ne savait absolument pas pourquoi Mels lui disait ça, tout comme il ignorait ce qu'Amy avait bien pu raconter sur lui à cette fille pour lui donner de telles idées, néanmoins ce n'était pas franchement le moment. Alors, improviser, vite !

- Bonne idée. On va se marier. Vous restez en vie, et je vous épouse, s'exclama-t-il, une pointe de désespoir dans la voix. D'accord ? Ca marche ?

Elle eut encore la force de lui envoyer un sourire moqueur. Et bien, cette fille s'avérait coriace.

- Vous ne devriez pas demander d'abord la permission à mes parents ?

Forçant un sourire sur ses lèvres, il le lui promit. Il mentait toujours, évidemment. Pourquoi devait-il toujours mentir à tout le monde ?

- Dès que vous irez mieux, je leur téléphonerai.

- Autant le faire dès maintenant…, murmura-t-elle.

Le regard qu'elle lui jeta lui donna l'impression qu'il passait à coté d'une douloureuse évidence.

- …car ils sont là tous les deux.

Le silence tomba dans la pièce. Un silence lourd, embarrassé, même, considérant qu'ils se trouvaient toujours dans les ruines du bureau d'Adolf Hitler.

- Je lance une pièce…, déclara Mels.

Elle avait raison. Une pièce infernale.

- Et elle retombe.

Oh bon sang ! Elle était Seigneur du Temps, enfin, au moins un peu. Elle pouvait se régénérer. Elle allait se régénérer en…

Il lui en avait fallu du temps pour comprendre. Beaucoup, beaucoup de temps.

- Qu'est-ce qui se passe ?, bégaya Rory, en lui lançant un regard d'incompréhension mêlé d'impuissance.

Elle finirait donc par se régénérer en River, seulement, plus important encore, elle s'apprêtait à se régénérer à l'instant. Et si cela ne le tuait pas lui, ce dont il n'était même pas vraiment sûr, ça tuerait au moins ses parents.

- Reculez, reculez, reculez ! Vite !, s'écria-t-il, avant de les tirer en arrière jusqu'à les plaquer contre le bureau d'Hitler.

Alors, tandis que ses cœurs battaient désespérément, effrayés quant à la suite des événements, et parce qu'il essayait de faire en sorte que personne ne soit tué cette fois, il songeait au fait qu'il l'avait demandé en mariage, de manière involontaire, et ce, pour la deuxième fois.

Il commençait à penser que le destin, les dieux, l'univers, ou quoi que ce soit, voulait vraiment que ce mariage ait lieu, et il ignorait pourquoi. Bien que, pour être honnête, il aurait pu tomber sur pire qu'elle, non ?

Il savait qu'il ne devrait pas, et il savait, enfin il supposait mais il se trompait rarement, qu'elle allait le tuer. Seulement, il ne pouvait s'empêcher d'attendre avec une certaine impatience la suite des événements.


Proposition 3 : dans les règles

- Tu veux dire qu'en fait je ne t'ai jamais fait ma demande ?

Le sourire du Docteur fondit incroyablement vite, et une expression perplexe le remplaça.

- Bien sûr que si mon cœur. Deux fois.

Elle ne comprenait pas qu'il en fasse une montagne. Elle n'avait même pas eu l'intention d'aborder le sujet, cela lui avait échappé, entre une remarque effrontée sur la robe qu'elle portait, et une plaisanterie sur le marié. Elle ne faisait pas vraiment attention à ce qu'elle disait, son esprit était un peu embrumé par l'alcool, et… Bon dieu, qu'elle adorait toujours sa façon de s'habiller. Même à l'occasion du mariage de la Reine Victoria, il ne pouvait sortir sans son tweed et son nœud-papillon.

Ainsi, après avoir passé un certain temps sur la piste de danse, elle avait plaisanté, en disant que comme la plupart des membres de la royauté, on ne lui avait pas vraiment demandé son consentement lors de son mariage.

Et maintenant, cette idée n'arrêtait plus de le tourmenter.

- Oui, mais c'était n'importe quoi ! Je n'avais même pas l'intention de te les faire, c'est juste… arrivé !

River fut soulagée que les mains du Docteur soient occupées à la faire danser, car elle restait persuadée qu'autrement, il serait déjà en train de les agiter dans tous les sens. Essayant alors de masquer son exaspération, elle répondit doucement et lentement, comme si elle parlait à un enfant :

- C'est ainsi qu'on fait sa demande, chéri. On ne le prévoit pas des siècles en avance, ça arrive simplement. C'est si ennuyeux que ça ?

- Non, mais tu es sérieusement en train de me dire que je ne t'ai jamais… depuis toutes ces années, je ne t'ai jamais fait ma demande dans les règles ?

Tandis qu'il bégayait, une autre émotion prit peu à peu la place de la confusion qu'il affichait auparavant. De la déception ?

- Tu n'as pas eu besoin de le faire, répliqua River en essayant de sourire. Tu connaissais déjà la réponse !

Sérieusement, la simple idée qu'elle aurait pu ne pas vouloir l'épouser semblait complètement absurde. Comment aurait-elle pu refuser ? Comment pouvait-il croire qu'il existait la moindre chance qu'elle ne réponde autre chose que « oui » ?

- Je sais, mais… c'est quelque chose qu'on doit faire ! On le doit, River, c'est la coutume !

Il ne suivait désormais plus du tout le rythme de la danse, et il paraissait en colère, alors que ses yeux la suppliaient de comprendre. Et elle essayait vraiment, seulement, en dépit de ses efforts, elle ne voyait pas pourquoi il s'en souciait à ce point. Elle, cela ne l'avait jamais dérangé. Oui, pour une fois il l'avait pris pour acquise, et alors ?

- Je me fiche des traditions, et puis, quand avons-nous déjà été normaux ?

- Justement !, répondit-il vivement, avant d'ajouter d'une voix désespérée, pleine d'excuses : j'ai toujours pensé qu'un jour, nous avions finalement fait ça comme il le faut. Je pensais que, tu sais, au moins une fois…

Il saisit donc sa main, et l'attira à l'écart des autres danseurs.

- Mon cœur, je ne comprends pas, pourquoi est-ce si important…, commença-t-elle.

Il l'empêcha de continuer, tout en la trainant dans un coin plus calme de la salle de bal, non sans heurter sur son passage quelques personnalités de l'ère victorienne.

- C'est important parce qu'après tout ce que j'ai lamentablement raté, après toutes ces fois où je t'ai fait du mal, et où je te ferais encore du mal, j'ai besoin de savoir qu'il y a une chose, dans tout ça, que j'ai fait correctement, tu vois ? J'en ai besoin, pour des raisons de santé mentale, entre autre.

Une nouvelle fois, elle tenta de l'interrompre, mais il s'éloigna et posa un doigt sur ses lèvres.

- Et le mariage, c'était quelque chose que tu voulais, quelque chose que je pouvais faire pour toi sans risquer de provoquer une déchirure dans le tissu de la réalité. Quelque chose que j'ignorais encore vouloir à l'époque, mais que je t'ai accordé parce que je le pouvais. Et si c'est la seule chose que je ne puisse jamais faire pour toi, alors je veux qu'au moins, ce soit fait comme il se doit.

Il prit une profonde inspiration, et, tremblant, tenta de sourire, ce qui se révéla peu convainquant.

- Voilà, pourquoi.

Surprise, River le dévisagea. Elle ne s'attendait absolument pas à un tel discours de sa part, ni qu'il soit motivé par de telles raisons.

- Je ne te blâme absolument pas pour tout ce qui a… mal tourné, chuchota-t-elle finalement.

- Je sais, mais ça ne change rien au fait que ce soit de ma faute, répliqua-t-il sèchement, visiblement bouleversé et en colère.

A court de mots, River contempla son mari. Son repentant, désespéré et si stupide mari. Puis, elle s'avança et l'embrassa, car elle savait qu'il existait peu d'autre moyen pour le faire sortir de ces sombres chemins dans lesquels son âme s'aventurait trop souvent ces temps-ci.

Quand elle le relâcha, il souriait, ce qui l'inquiéta un pu.

- Tu as raison. Je m'en fais pour rien, je suis désolé, admit-il.

D'accord, alors là, elle se sentait vraiment inquiète.

- Allez, viens avec moi !

- Où ça ?

- Dehors, répondit-il, ses yeux verts brillants de malice. Prendre un peu l'air, marcher dans le parc, ça devrait être agréable, je parie que le ciel est rempli d'étoiles !

- Très bien, murmura-t-elle.

Finalement, elle le suivit, malgré son désagréable pressentiment qu'il préparait quelque chose de Grand, avec majuscule obligatoire.

-o-o-o-

Comme le Docteur l'avait dit, le ciel étoilé était magnifique. L'air chaud estival apportait des odeurs de roses et de lavandes, et le parc, romantique à souhait, avait dû nécessiter des centaines de jours et de nuits de travail acharné. Des ricanements royaux s'élevaient des bosquets.

Néanmoins, elle avait du mal à profiter de cette atmosphère, car cette étincelle restait présente dans le regard du Docteur, et elle ignorait toujours ce qu'il comptait faire.

- Où allons-nous ?, s'enquit-elle au bout d'un moment.

Il lui sourit pour toute réponse, puis il cueillit en passant une fleur qu'il glissa dans ses cheveux. Lorsque, enfin, ils s'arrêtèrent, les lumières du palais n'étaient plus que de faibles lueurs à travers les arbres, et la musique, un simple murmure dans le vent.

- Vas-tu enfin me dire ce qu'on fait ici ? demanda-t-elle, en espérant que l'irritation de sa voix l'inciterait à répondre.

- Oh, je voulais juste un peu plus d'intimité. Si j'avais fait ça en public, tu m'aurais sûrement tué.

- Fait quoi ?

- Allons, tu n'as toujours pas compris ? la taquina-t-il.

L'instant d'après, il posait un genou à terre.

- Veux-tu donc te lever ?! Lève-toi tout de suite ! siffla-t-elle.

Bien sûr, d'une certaine manière, elle se sentait infiniment flattée. Néanmoins, bien qu'elle ne refuse pas le fait qu'il soit à genoux de temps à autre, rien ne l'embarrassait davantage que l'idée que quelqu'un puisse les surprendre ainsi. Même si cette personne ne saurait jamais qui elle est, et étant donné qu'ils venaient du futur, elle ne l'aurait jamais rencontré avant. Sans compter qu'avec tout ce champagne, ce potentiel témoin se trouverait sûrement complètement ivre.

- Docteur, pour l'amour du ciel, ne t'avise pas de…

Elle put voir qu'il se retenait de rire, tout en restant à terre.

- River, Melody, veux-tu m'épouser ?

Ses yeux demeuraient rieurs, néanmoins sa voix s'avérait douce, presque solennelle.

- Je sais que tu l'as déjà fait. Mais, dis-moi, aurais-tu dis oui si tu n'y avais pas été obligée ?

- Et tu ne pouvais pas le demander en restant sur tes deux pieds ? rétorqua-t-elle entre ses dents serrées.

- Non. Et tant que tu ne m'auras pas répondu, je ne bougerai pas.

- Je n'y ai pas été obligée.

- Bien sûr que si. Un futur toi me l'a dit à demi-mots, tu aurais modifié mon passé en disant non.

River se demanda soudain si, de toute sa vie, il lui était déjà arrivé de rougir à ce point, et la réponse était probablement non. Heureusement, il faisait sombre.

- Je te le répète : je t'aime. Evidemment que j'aurai dit oui ! Maintenant vas-tu enfin te lever ?

- Tu vois, ce n'était pas si difficile, murmura-t-il en sautant sur ses pieds, avant de chasser la terre de son pantalon.

Ensuite, l'air constamment sérieux, il ajouta tout bas :

- Merci.

- Pour quoi ? demanda-t-elle de la même manière.

A présent qu'il se tenait debout, elle appréciait finalement ce moment, même si ses joues restaient brûlantes.

- L'ignores-tu donc, mon amour ? souffla-t-il, avant de l'embrasser.

Elle se sentit si bien que son cœur, qui battait déjà la chamade, en devint presque douloureux. Pendant tout le trajet de retour, il ne lâcha plus sa main et, tandis qu'ils entraient à nouveau dans la salle de bal, il se tenait trop près d'elle pour les standards victoriens. Pas encore assez près, toutefois, selon ses propres standards.

- Et maintenant, Docteur Song, susurra-t-il à son oreille, je veux que vous dansiez avec moi comme s'il s'agissait de notre mariage.

Un peu plus tard, et après de nombreux regards perplexe face à leur façon de danser qui ne serait pas populaire avant au moins cent cinquante ans, elle marmonna, la tête posée sur son épaule :

-Tu sais, il y a encore autre chose qui nous manque.

- Un gâteau ? suggéra-t-il d'une voix absente, observant les autres couples sur la piste de danse, le regard perdu dans les tourbillons de lumières et de tissu luxueux des robes des dames.

- Je n'ai jamais vraiment eu de nuit de noce, déclara-t-elle doucement, avec un regard sous-entendu.

- Est-ce une demande ?

- Considère que c'est une offre, murmura-t-elle avant de l'embrasser, sans se soucier des regards scandalisés que leur jetèrent les autres invités.


NdT : N'hésitez pas à me signaler toute erreur que vous auriez vu.

A bientôt pour la suite !