Auteur : guineapiggie
Titre original : jealousy
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : Je ne possède pas, et ne posséderai jamais Doctor Who.
La partie de River a fini par prendre une tournure assez niaise, je ne sais pas trop ce qui s'est passé. J'ai essayé de me rattraper avec le monologue du Docteur, assez court, mais vraiment sympa à écrire.
La partie de River arrive assez tôt pour elle, et ni tôt ni tard pour lui. Quant à la partie du Docteur, on peut dire qu'elle se situe au début de Time of the Angels.


Chapitre 9 : Jalousie

Elle savait que c'était un peu ridicule, voire même puéril. Elle savait qu'elle n'avait pas vraiment le droit d'être possessive. Après tout, il avait déjà tant vécu avant de la connaître, elle ne devait pas s'attendre sérieusement à être la première femme de sa vie.

Et pourtant, elle n'aimait pas la manière dont il parlait de certaines de ses compagnes. Susan, par exemple, posait problème. Pas vraiment pour Susan elle-même, mais à cause de la nature de son lien avec le Docteur. Car elle était la preuve qu'un jour, il avait eu des enfants. Et, bien que consciente qu'il fallait l'accepter, cela faisait mal. Parce qu'il avait eu une femme. Parce qu'ils partageaient une vie normale. Alors, oui, elle éprouvait une terrible jalousie envers elle.

Et puis, que dire de sa façon de parler de Rose Tyler. Même si aujourd'hui, il pensait à elle comme à ses autres compagnons, du temps où elle voyageait avec lui… c'était une toute autre histoire.

Assise sur les marches du TARDIS, tandis qu'elle le regardait se débattre avec tous les câblages, en se gardant bien de lui faire remarquer toutes les erreurs d'ores et déjà commises avec le système de navigation, elle lui demanda brusquement, aussi prudemment que possible :

- Tu avais une femme, sur Gallifrey, n'est-ce pas ?

- En effet, répondit-il sans vraiment y penser, tout en remettant un panneau en place.

Puis, lentement, il sembla réellement comprendre le sens de sa question. Il releva soudain la tête et lui jeta un regard inquiet :

- Y'a-t-il un problème ? demanda-t-il, alors que le ton de sa voix paraissait la supplier « pitié, ne parlons plus de ça ».

- Non, répondit-elle.

Trop gaiement. Trop rapidement.

- Qu'est-ce qu'il y a ? soupira-t-il en se redressant.

- Rien, répéta-t-elle doucement, consciente qu'il savait qu'elle mentait, mais sans pour autant essayer de le cacher.

- J'imagine que ça ne sert à rien que je te dise qu'elle n'est pas une rivale pour toi ?

- J'en ai bien peur, confirma-t-elle en secouant la tête.

- Peux-tu seulement imaginer combien j'espérais ne jamais avoir à t'expliquer ça ? demanda-t-il entre ses dents serrées, avant de soupirer et de reprendre d'une voix très douce : j'aimais ma femme, et une part de moi l'aime toujours. Elle représentait tout ce que je désirais, à cette époque. Douce, brillante, un peu timide, une femme bien, et terre-à-terre. C'est très rare pour un Seigneur du Temps, tu sais ? Je voulais une petite famille heureuse, une vie de Gallifreyen ordinaire, et tout cela, elle me le donnait. Toutefois, si je la rencontrais aujourd'hui, je ne pense pas qu'elle pourrait rester avec moi. Elle était tombée amoureuse d'un jeune Seigneur du Temps inventif, fou et naïf, plein de vie, parfaitement comblé et heureux. Regarde-moi aujourd'hui… elle ne voudrait pas de moi. Vieux, brisé, lugubre, plein de culpabilité et de colère. Fuyant devant les pertes, les destructions et tout le reste. Elle ne pourrait rien faire pour moi.

Il fit une courte pause et tourna ses yeux vers elle, un tendre sourire sur les lèvres.

- Toi, tu le peux. L'homme que j'étais à cette époque l'aimait et avait besoin d'elle. Mais je crois que cet homme là n'existe plus depuis longtemps.

Il s'assit alors et l'observa, attendant patiemment qu'elle réfléchisse à ce qu'il venait de dire.

- D'accord, murmura-t-elle après un petit moment.

- Vraiment ?

- Oui, je… je comprends. Je crois.

- Tu crois que tu comprends…, répéta le Docteur en riant.

Une pensée lui vint alors à l'esprit, et, avant qu'elle n'ait pu les arrêter, les mots franchirent ses lèvres :

- Comment s'appelait-elle ?

- Oh, tu sais… les noms de Seigneurs du Temps… personne n'arrive jamais à les prononcer.

Bien que sa réponse eût un ton joyeux, River vit son regard devenir comme vide.

- Essaye toujours, après tout, je suis en partie Seigneur du Temps.

D'après elle, il se cherchait une excuse afin de garder son nom pour lui, seulement elle ne voulait pas laisser tomber. Leur vie conjugale était pleine de mensonges, de « spoilers », et de secrets, trop durs à porter mais trop dangereux pour être partagés. Alors, s'il existait quelque chose qu'il pouvait lui dire sans risquer de déchirer le tissu de la réalité, il était hors de question qu'elle le laisse s'en sortir avec un mensonge, et tant pis si on pouvait considérer cela [white], ou que ça puisse être privé.

Depuis quand était-elle devenue jalouse ? Jalouse de sa femme, de ses enfants, de ses petits-enfants, de ses compagnons (encore une histoire de plus à propos de Rose Tyler, et elle ne répondrait plus de ses actes), jalouse même de ses propres parents, pour tout le temps qu'ils avaient passés avec le Docteur, et jalouse de ses secrets, car elle considérait qu'il était parfaitement normal qu'elle veuille les connaître.

Au diable la vie privée, elle était sa femme, et il s'agissait de son foutu droit d'être possessive.

- Quand Gallifrey a brulé, j'ai juré de ne plus jamais prononcer un de leurs noms, murmura-t-il, la tête enfouie entre ses mains, comme si elle lui demandait quelque chose d'impossible.

Elle fut sur le point de lui faire une leçon de morale, de lui dire que c'était ridicule, que ne plus jamais dire leur nom ne les ramènerait pas, seulement il ajouta :

- Mais je peux te montrer, bien sûr. Deux ou trois livres dans lesquels elle a marqué son nom doivent toujours trainer quelque part.

Sa gaieté sonna légèrement trop forcée. Néanmoins il courut malgré tout se mettre à la recherche de ces fameux livres, en lui disant que cela risquait de lui prendre un peu de temps.

-o-o-o-

Cinq heures plus tard, elle tenait un livre entre ses mains, et, tandis qu'elle le feuilletait, elle pouvait voir une étincelle d'amusement dans les yeux du Docteur. Bien sûr, elle ne pouvait pas lire le moindre mot. A ses yeux, cela restait des symboles et cercles étranges, car ce qu'elle avait réussi à amasser en connaissances grâce à ses études des races aliens ne s'avérait pas suffisant pour les interpréter.

- Ils n'enseignaient pas le Gallifreyen à l'Université de la Lune, dit-elle, en essayant de paraître aussi détachée que possible.

- Je sais, répondit-il, pendant qu'un sourire chaleureux apparaissait sur son visage. Et je crois qu'il est grand temps que je te l'apprenne.

-o-o-o-

Cela lui prit du temps pour qu'elle réalise pleinement ce qu'il avait vraiment fait pour elle, ce jour-là. Il lui avait permis d'accéder à des tas de livres de la bibliothèque du TARDIS, mais plus important encore, à toutes ces petites choses écrites sur lui qu'ils refermaient, dissimulées entre les lignes.

Il lui avait donné les clefs de secrets dont elle ne soupçonnait même pas l'existence.

Et, évidemment, elle pouvait désormais lire le nom griffonné sur la couverture du livre qu'il lui avait donné. C'était un très beau nom. Et effectivement, il était totalement impossible de le prononcer.


Il essayait de ne pas y penser, cependant ce sentiment se révélait tenace et difficile à garder à distance. S'il ne faisait pas attention, Amy s'en rendrait compte. Elle se montrait un peu trop perspicace, ces derniers temps.

Ce n'était pas vraiment la faute de River s'il ressentait cela, ni la sienne non plus toutefois.

Même si elle n'avait pas encore vécu ce moment, et elle ne le pouvait pas pour la simple raison qu'elle respirait toujours, lui l'avait bel et bien regardé mourir. Si cela ne créait pas un certain lien entre deux personnes, alors il se demandait ce qui en créait un.

Non, il fallait blâmer la culpabilité et la curiosité. Il se sentait coupable, car c'est lui qui aurait dû être attaché à ce maudit ordinateur, pas elle. La curiosité était un sentiment plus égoïste. Elle avait essayé de le maintenir au maximum dans le secret, sauf qu'il avait entrevu une partie de son futur, de leur histoire, alors cela lui paraissait naturel qu'il veuille en savoir plus.

D'accord, cela ne lui donnait pas pour autant le droit d'être jaloux, pourtant il se demandait qui pouvait bien être ce gars là.

Habillé comme un homme d'Eglise, il portait une arme… sans compter qu'Octavian était intelligent, et il le traitait comme un imbécile écervelé n'ayant pas la moindre idée de ce qu'il faisait. Peut-être était-il vraiment un imbécile écervelé n'ayant pas la moindre idée de ce qu'il faisait, mais là n'était pas la question. S'il existait bien une chose qu'il détestait, c'était de recevoir des ordres.

Il essayait bien de compenser en jouant au chef avec Amy, mais cela ne fonctionnait pas si bien que cela étant donné que, quoiqu'il dise, elle faisait ce qu'elle voulait.

Toute cette histoire lui laissait un sentiment d'infinie frustration.

Il faut dire que la présence des anges n'aidait pas particulièrement.

Ni le fait qu'il ne comprenne absolument pas ce qu'il se passait.

Ni le fait que River le comprenne sans qu'il ne prononce le moindre mot, et parvienne si bien à terminer ses phrases.

Ni le fait que pas la moindre foutue personne ne veuille lui dire une fois pour toutes ce qui se passait ici.

« J'ai un faible pour l'uniforme. »

Qu'est-ce c'était que cette réponse ? Et comment pouvait-elle être liée à lui « d'une certaine manière » ?

Avait-il l'air si peu digne de confiance ? N'avait-il pas le droit d'avoir des réponses ? Est-ce que tout le monde aimait juste jouer avec lui ?

Les anges n'avaient pas besoin de se démener tant que ça pour le faire sortir de ses gonds.

Il était déjà hors de lui.

Hors de lui, frustré, rabaissé, et jaloux.

Et le pire, c'est que cette jalousie ne diminua pas le moins du monde quand Octavian lui dit la vérité sur River Song. Ou du moins, le fragment de vérité qu'il détenait, et qui apportait finalement plus de questions que de réponses.

Ce sentiment pénétrant s'était confortablement installé dans un coin de sa tête, et semblait se préparer pour un séjour permanent.


NdT : Désolée pour le temps d'update, c'est vraiment indépendant de ma volonté. L'univers semble avoir décidé de me pourrir la vie jusqu'au bout... je vais essayer de rapidement poster les derniers chapitres de cette fanfiction, et ensuite, je récupérerai les traductions que j'avais envoyé à ma beta pour commencer à les poster également. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me signaler toute erreur que vous auriez vu.

A bientôt pour la suite !


OldGirl-NoraArlani : oui j'avais aussi remarqué le trou dans le dialogue :/ Et je dois avouer que je n'ai pas encore assez confiance en mes capacités d'expressions anglaises pour aller en faire la réflexion à l'auteur...