Auteur : guineapiggie
Titre original : The angels
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : Je ne possède pas Doctor Who, je n'écris ça qu'à des fins de divertissement.
Ca m'a été proposé par Zoubi, merci encore ;)
La première partie m'a quelque peu échappée, et est soudain devenue très longue, mais j'espère que cela vous plaira quand même ;) J'ai fait la première fois de River et la dernière du Docteur, car sa première à lui est certainement pendant blink, et River n'y était pas. La première partie est ni tôt ni tard pour lui, tandis que River est toujours à l'université (d'où la timidité dont il fait parfois preuve avec elle.) La seconde partie se déroule pendant The Angels Takes Manhattan, juste avant la scène sur le toit.
Chapitre 10 : les anges
- Angleterre, 1974 ? Qu'est-ce que tu veux qu'on aille faire là-bas ? C'est pratiquement l'année la plus ennuyeuse du siècle ! gémit-il alors que la machine redevenait silencieuse.
River se précipita vers les portes du TARDIS en agitant un vieux journal.
- « Mystérieuses disparitions dans un musée à Birmingham », lut-elle. Une classe entière a disparu pendant un voyage scolaire.
- Enquêter sur une disparition, c'est vraiment ça ta définition d'une journée sympa ? On aurait pu aller se faire un pique-nique quelque part !
Elle lui fit un grand sourire et l'entraîna à sa suite sur la petite place, puis monta les escaliers du vieux musée.
- Garde tes piètres tentatives de romance pour plus tard, veux-tu ? Un peu d'aventure me changera un peu de toute la charge de travail que j'ai d'habitude. Sais-tu seulement combien c'est dur de vraiment devenir Docteur ?
- Très drôle, marmonna-t-il en la suivant, essayant sans aucun succès de cacher sa curiosité derrière une bouderie enfantine.
River retourna dans le hall d'entrée pour essayer de se faire une idée d'ensemble du bâtiment :
- Bon, alors, qu'est-ce qu'on a par ici ? Simplement de l'histoire locale, à ce que je vois…
- Ouais, deux ou trois peintures ennuyeuses, quelques vieilles épées rouillées, des statues, d'anciens livres moisis, énuméra-t-il d'une voix trainante en regardant autour de lui. Oh, des tapisseries ! J'adore les tapisseries ! Je vais commencer par là !
- Attends ! l'appela-t-elle alors qu'il disparaissait déjà dans un couloir à sa gauche.
Une pensée lui vint soudain à l'esprit, et elle se lança à sa poursuite :
- Docteur !
Lorsqu'elle le trouva, il se trouvait déjà dans une pièce remplies de vieilles tapisseries délavées, datant visiblement du quinzième ou du début du seizième siècle et n'ayant strictement rien de particulier
- Docteur !
Celui-ci contemplait une tapisserie particulièrement hideuse, qu'il jugeait apparemment bien plus intéressante qu'elle, puisqu'elle n'en tira qu'un :
- Mmh ?
- J'espère que personne n'a été récompensé pour avoir fait ce truc…, marmonna River.
Voyant qu'elle n'obtenait toujours aucune réponse, elle lui tapa sur l'épaule, irritée.
Attention !
- Tu ne trouves pas ça bizarre qu'il n'y ait personne dans les envions ?
- Ils ont sûrement déjà vu les tapisseries, répondit-il distraitement.
Grognant de frustration, elle se plaça entre lui et ce tapis immonde.
- Et ceux qui travaillent ici ? Où est-ce qu'ils sont ?
Cette remarque chassa enfin la tapisserie de l'esprit du Docteur et son visage s'assombrit.
- Tu marques un point.
- Sûrement quelque chose dans cette exposition… ?
- Sûrement…, murmura-t-il en sortant son tournevis. Pas dans cette salle, en tout cas. Tout est inerte.
- Ca, j'aurais pu te le dire moi-même, dit-elle dans un souffle. Je vais vérifier la suivante.
- Sois prudente.
Elle se retourna en entendant ces derniers mots. Sois prudente ? Même si une part d'elle fut touchée qu'il s'inquiète pour elle, ce n'est certainement pas cette part là qu'elle comptait laisser gagner.
- Moi, prudente ? Un assassin confirmé ? dit-elle plutôt en faisant un signe de la main.
Elle sortit son arme et se rendit dans la salle voisine avant qu'il ne puisse répondre.
-o-o-o-
Le Docteur n'avait pas tort. Des peintures ennuyeuses, des têtes de flèche et d'antiques épées rouillées, et de vieux livres moisis.
Après avoir traversé trois chambres parfaitement normales, River commença à se demander s'ils ne cherchaient pas au mauvais endroit. Du moins, jusqu'à ce qu'elle pénètre dans la quatrième.
Une vieille armoire massive et finement sculptée trônait dans un coin, à coté de la table de chevet assortie. Dans le coin opposé se trouvait une statue. Bien qu'elle soit magnifiquement ciselée, ce n'est pas ce qui attira son attention. Il s'agissait d'un ange. Un peu plus grand qu'elle, il plongeait son visage en larmes dans ses mains.
Elle se serait attendue à voir ce genre d'ange dans un cimetière, certainement pas dans un musée. Il ne semblait pas très vieux, et, contrairement aux autres objets, aucune étiquette n'indiquait son origine.
De plus, le mobilier datait du XVIIème, du XVIIIème siècle tout au plus. On ne sculptait pas de telles statues à cette époque.
Cependant, avant qu'elle n'ait pu, ne serait-ce que penser à appeler le Docteur, il se passa quelque chose.
-o-o-o-
Son hurlement résonna à travers le couloir.
Malgré la distance, elle entendit parfaitement le Docteur crier son nom.
- Docteur ! Elle a bougé !
- De quoi ?
- La statue, cria-t-elle en se reculant contre le mur. Cette foutue statue a bougé !
- Continue de la regarder, ne cligne pas des yeux, s'exclama-t-il, et la panique qu'elle perçut dans sa voix ne la rassura pas du tout.
- Pardon ?!
- Continue de la fixer du regard, ne cligne pas où elle bougera encore !
Sans avoir la moindre idée de ce qu'elle faisait ou même de ce à quoi elle faisait face, elle obéit à ses consignes. Elle observa la statue, malgré un début de picotement dans ses yeux.
- River, pas dans les yeux ! s'écria-t-il soudain, sa voix se rapprochant.
- Quoi ?
- Ne le regarde pas dans les yeux ! N'importe où, mais pas les yeux !
- Je ne suis pas un reptile, il faut que je ferme les yeux !
- Ne fais pas ça ou il va te tuer !
Génial. Comme c'est rassurant mon petit cœur.
Elle en ressentit le besoin, sans qu'elle ne puisse rien faire contre. Elle n'était qu'une humaine, après tout. Enfin, presque.
La statue avait traversé la salle, et se tenait désormais à moins de deux mètres d'elle.
- Docteur !
- Je suis là, haleta-t-il, en passant la porte en dérapant. Ok, c'est bon, tu peux cligner.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? murmura-t-elle en faisant quelques pas en arrière, mettant le plus de distance possible entre elle et la statue.
Elle trébucha et atterrit entre ses bras. Il l'attira alors vers la porte, sans pour autant essayer de quitter la salle.
- On les appelle les Anges Pleureurs. S'ils te touchent, ils te revoient dans le passé et ils se nourrissent alors de l'énergie temporelle que cela a produit, des jours que tu ne vivras jamais.
- Pourquoi il ne bouge plus ?
- Il ne peut pas. Tant que tu le regardes, ce n'est que de la pierre.
- Et quand je ne le regarde pas ? demanda-telle tout bas, sans être vraiment certaine qu'elle veuille le savoir.
- Il est mortel. Celui-là est puissant, voilà pourquoi il est si rapide, il a eu pas mal de nourriture : tous ces gens qui ont disparu. Bon sang, ce que je peux être bête ! J'aurais dû m'en douter, siffla-t-il avec colère.
- C'n'est pas ta faute, murmura-t-elle, sans quitter la statue du regard. Et pourquoi pas dans les yeux ?
- Tout ce qui contient l'image d'un ange devient vraiment un ange. N'importe quelle image d'eux prend vie. Y compris celle qui se forme dans ta rétine lorsque tu les regardes. Il s'infiltre dans ta tête et finit par te tuer. Pas beau à voir.
- Argh… merci pour l'image.
Le Docteur avait ses bras étroitement enroulés autour de sa taille, et elle pouvait sentir ses cœurs qui battaient beaucoup trop vite. Bien que son étreinte en soit presque douloureuse, elle savait que la peur l'aurait sûrement rendue folle s'il s'était tenu ne serait-ce que cinq centimètres plus loin.
- Alors, on va rester là pour l'éternité ?
- Tu penses vraiment que c'est le moment de blaguer ?
- Et bien, si ça ne l'est pas, ce ne le sera jamais, répliqua-t-elle en haussant les épaules.
Elle fut surprise de l'entendre rire.
- Je suis sérieuse, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- J'sais pas.
Elle poussa un gémissement exaspéré.
- Qu'est-ce que tu as fait la dernière fois ?
- Euh… spoilers.
- Alors j'y étais ? Oh, peu importe, ce n'est vraiment pas le moment de me sortir un spoilers ! siffla-t-elle.
- Bon, d'accord, je… je me suis enfui.
- Mais quel héros ! se moqua-t-elle. Alors pourquoi on ne fuit pas, là ?
- Parce que celui là est un rapide, il nous tuerait dès qu'on aurait le dos tourné.
- D'accord. Donc, un de ces jours, toi et moi on va s'enfuir devant une statue faible et lente ? J'ai hâte d'y être.
- Oh, la ferme, il n'y en avait pas qu'un, ils étaient des centaines !
Tandis qu'elle luttait contre le désir de fermer les yeux, dont le picotement commençait à devenir insupportable, une idée germa soudainement dans son esprit.
- Docteur ? N'importe quelle image ? Même un reflet ?
- Un miroir !
- Il y en a un dans la salle précédente.
- Ca vaut le coup d'essayer, murmura-t-il en desserrant son étreinte. Mais fais vite.
- Ok.
Elle recula dans le couloir, redoutant d'entendre un cri, ou un son indiquant que quelque chose n'allait pas. Le miroir, pourvu d'un cadre en or massif, était épais, plus grand qu'elle, et bien plus lourd ce qu'elle imaginait.
- Dépêche !
- Essaye donc, toi ! s'écria-t-elle en retour.
Elle tira le meuble derrière elle, et, ce n'est qu'en rentrant à nouveau dans la salle de l'ange qu'elle réalisa qu'elle devrait tourner le dos à la statue.
- Vas-y, je m'en occupe, chuchota-t-il. Essaye juste de ne pas mettre trop de temps.
- D'accord, murmura-t-elle en essayant de retenir ses larmes.
Cela faisait bien longtemps qu'elle se s'était pas trouvée confrontée à quelque chose d'aussi terrifiant et, tandis que les battements de son cœur sonnaient à ses oreilles comme des coups de tambour, les quelques secondes nécessaires pour positionner le miroir lui semblèrent durer des années. A l'instant où elle le lâcha, elle sentit une main attraper la sienne et la tirer en arrière. Elle sursauta violemment.
- C'est moi, dit le Docteur à l'oreille, tout en l'entrainant vers la porte. Prépare-toi à courir aussi vite que tu peux.
- Pourquoi ?
- Parce qu'on va devoir vérifier que ça marche, ok ?
Elle ne put s'empêcher de remarquer qu'il s'était mis nettement en avant par rapport à elle.
- Tu me fais confiance ?
- Oui.
- Alors, cligne.
-o-o-o-
Ils restèrent longuement immobiles dans ce couloir. Puis, il parut soudain se rendre compte de la force avec laquelle il tenait sa main, et il la lâcha comme s'il s'était brulé.
- Désolé, marmonna-t-il à la hâte en mettant un peu de distance entre eux.
Il sortit alors son tournevis et commença à créer un filtre de perception autour de la salle. Ils ne pouvaient pas prendre le risque que qui que ce soit déplace le miroir, après tout.
- Tu vas bien ?
Il se trouvait une lueur dans ses yeux qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer alors qu'il la dévisageait avec attention, comme s'il craignait qu'elle ne s'évanouisse brusquement, ou qu'elle ait une crise et se mette à crier.
- Mes yeux me font mal, mais ouais, ça va, murmura-t-elle.
- Je suis désolé, dit-il doucement tout en continuant de placer le filtre autour de la salle de l'ange. J'aurais vraiment dû voir le coup venir. Vraiment.
- Tu as souvent eu affaire à eux ?
- A deux reprises avant aujourd'hui. Ils ont perdu à chaque fois.
Après un moment, River souffla :
- Merci de m'avoir sauvée.
A sa grande surprise, les yeux du Docteur s'assombrirent en entendant ça.
- J'ai fait ce que j'ai pu, lâcha-t-il, avant de donner avec colère une dernière impulsion au tournevis.
- C'est terminé. Sortons d'ici.
- Tu m'as promis un pique-nique, lui rappela-t-elle en prenant sa main.
Ses mots ramenèrent un sourire sur le visage du Docteur.
- Je sais justement où aller. Tu vas adorer !
C'était drôle qu'il finisse par se retrouver là, entouré par les Anges, avec la même femme à ses cotés. Plusieurs centaines d'années après le Byzantium. Ces anges là s'avéraient plus forts, cependant, bien plus forts. Forts, confiants, et furieux.
Il aurait vraiment aimé pouvoir dire qu'il n'avait pas peur, mais c'aurait été un énorme mensonge. En fait, il était complètement terrifié.
Il y a toujours une solution.
D'accord, mais quoi ? Il ne voyait pas quoi faire, et puis, penser à Amy et Rory n'aidait pas franchement non plus.
L'espace d'un instant, il se demanda à quel point ces Anges pourraient le renvoyer dans le temps. Il était pratiquement immortel, après tout. Peut-être que l'effort à fournir serait trop grand et les tuerait, et de préférence avant qu'ils n'aient pu s'en prendre à sa femme… Ou bien réussiraient-ils finalement à le tuer ?
Alors pour nous sera venu le temps. Le temps des Anges.
River glissa sa main dans la sienne, et il sentit immédiatement sa peur le quitter. Inutile d'avoir peur, il n'existait rien de très inhabituel dans cette histoire. C'était leur routine, leur vie conjugale ordinaire.
Ils étaient de retour, lui et sa femme, ensemble contre le reste du monde, et ils trouveraient une solution, comme toujours.
River ne les laisserait pas le prendre. A l'instar d'Amy, voilà ce qu'ils avaient pour eux, et c'était plus que suffisant.
Pour le moment, ils étaient ensemble. Peu importe ce qui leur arriverait, c'est ensemble qu'ils le traverseraient.
Et aucune pensée ne pourrait être plus réconfortante que celle-ci.
NdT : Cette fois, mon retour est définitif. Tous les problèmes que j'ai pu avoir sont enfin derrière moi et j'ai bien l'intention qu'ils y restent, mon moral est revenu et j'ai mis à profit cette année pour m'entrainer pleinement à la traduction afin de ne plus embêter ma beta avec des textes pleins de trous et de mot-à-mot. Donc je peux l'affirmer en sachant que je vais m'y tenir : les derniers chapitres de cette fanfiction seront publiés tous les dimanches à partir d'aujourd'hui.
Omb'r : Merci beaucoup pour ton commentaire. Pour la fluidité de la traduction, une bonne partie des lauriers revient à ma beta, elle m'aide énormément à "franciser" le texte en trouvant des moyens de ne pas dénaturer le texte.
