Auteur : guineapiggie
Titre original : The Madman's Wife
Beta : Sayuri-geisha
Note de l'auteur : Je ne possède pas Doctor Who

J'ai essayé de faire en sorte que, pour une fois, les deux parties soient aussi longues l'une que l'autre. Et j'ai aussi fait un effort pour qu'elles soient joyeuses, sans aucune trace d'angst.

Je sais que ce genre de blague avec River est un peu facile, mais j'ai toujours un sourire à l'imaginant donc j'ai décidé de l'inclure. Et une pensée amicale à tous ceux qui continuent de se plaindre du fait qu'Alex ait vingt ans de plus que Matt, mais qui ne voient aucun problème dans le fait que le Docteur ait… allez, environ 800 ans de plus que River… revoyez l'ordre de vos priorités !

Ca à lieu après le mariage pour eux deux, plus ou moins quand vous le voulez.


Chapitre 11 : la femme du fou

Il était peu probable de voir, dans les couloirs baignés d'une lueur froide de l'établissement appelé Stormcage, quelqu'un déambuler joyeusement, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon. Peu probable, en effet, car Stormcage était une prison.

D'ordinaire, le temps s'y écoulait à l'image d'un escargot : avec une incroyable lenteur et sans que la plupart ne s'en aperçoive. Il ne se passait jamais rien. Toutefois, depuis qu'une certaine River Song, Docteur en archéologie, avait intégré une des cellules du pénitencier, quelque chose avait changé. Les nouveaux prisonniers provoquaient toujours un certain niveau d'excitation : l'énigme qui consistait à trouver la nature et les raisons de leur crime s'avérait plus que bienvenue pour faire passer le temps.

Selon les rumeurs, le Docteur Song avait tué l'un des plus grands héros de l'univers, bien que personne ne puisse précisément dire qui. Certes, certains allaient jusqu'à dire qu'elle avait tué le Docteur, mais la majorité des prisonniers n'y croyait pas vraiment. Tout d'abord, le Docteur n'était plus qu'un vieux conte de fée dont personne ne parvenait vraiment à se souvenir désormais. Sans compter que, même si d'autres voulaient bien croire en son existence, dieu savait que beaucoup de monde avait essayé de tuer cet homme. Aussi intrépide et vive d'esprit soit-elle, le Docteur Song ne semblait pas être ce genre de personnes. Puis, il y avait ceux qui disaient qu'elle avait tué son époux. Cette théorie rencontrait plus de sympathie, surtout parce que George Prewett, un cambrioleur notoire ayant passé la grande partie de sa vie à Stormcage, clamait qu'elle le lui avait confirmé elle-même. Bien sûr, impossible de prendre tout ce qu'il racontait pour argent comptant, donc cela ne pouvait être considéré comme une preuve.

Les gardes, qui passaient pratiquement autant de temps que les prisonniers dans la pénombre des couloirs, se joignaient volontiers à ce jeu d'énigmes. Et ce avec un enthousiasme tout particulier lorsqu'il s'agissait de River Song, qui leur avait déjà causé, rien que dans ses deux premiers mois d'incarcération, bien plus de problèmes qu'ils ne voulaient l'admettre.

Depuis l'arrivé de cette femme attrayante, une énième rumeur se propageait. Les murmures concernant une boîte bleue se répandaient comme une traînée de poudre et, bientôt, la moitié des prisonniers, et plus particulièrement ceux dont la cellule voisinait celle du Docteur Song, affirmait l'avoir vue.

-o-o-o-

Ainsi, quand un jeune garde (qui avait déjà eu le plaisir de vivre l'expérience d'une des évasions notoires du Docteur Song, malgré le fait qu'il ne travaillait là depuis un mois), remarqua dans le couloir qu'un jeune homme discutait avec le prisonnier 357, il resta perplexe. En effet cet homme n'était clairement pas d'ici. Néanmoins, lorsqu'il lui demanda ce qu'il fichait là (car il lui sembla stupide de demander dès le début comment il était entré), la réponse ne le rendit que plus confus encore.

- Oh, je venais juste rendre visite à ma femme.

Un peu perdu, le garde jeta un coup d'œil dans la cellule, comme pour vérifier que le prisonnier 357 était toujours de sexe masculin. C'était le cas.

- Non, pas Larry, de toute évidence, expliqua joyeusement l'intrus. Je me suis juste arrêté un moment pour prendre des nouvelles. Je cherche River, elle n'aurait pas changé de cellule, par hasard ?

Autant qu'il sache, personne dans cette prison n'était marié. Et ne recevait le moindre visiteur. Jamais. En fait, il ne savait même pas s'il existait une règle pour les visites. Il se sentit tellement troublé qu'il ne parvint pas à formuler la moindre réponse.

- Donc, je suppose que non. Bon, c'est un bâtiment plutôt complexe, je suppose que je me suis perdu. Encore. Si seulement quelqu'un pouvait être assez aimable pour me dessiner une carte, un de ces jours…

- Je suis désolé, vous avez dit que vous cherchiez le Docteur Song ?

- Yep.

- Et qui êtes-vous ?

- Je suis le Docteur.

Voilà qui ne l'aidait pas vraiment.

- Docteur en quoi ? insista-t-il.

- Juste le Docteur, répliqua l'homme avec un sourire entendu. Le mari du Docteur Song.

Le garde commença lentement à réaliser quelque chose. A propos de ce dont les prisonniers n'arrêtaient pas de parler. A propos du Docteur Song qui aurait tué un Docteur. Ou son mari. Pendant une seconde, il se demanda pourquoi personne n'avait jamais pensé qu'en fait, ce puisse être les deux à la fois. Puis, il secoua la tête avec colère et affirma avec toute l'assurance qu'il put rassembler :

- Non, vous ne pouvez pas l'être.

- Et pourtant, c'est le cas, assura calmement le Docteur.

- Mais ce n'est pas possible, lâcha finalement le garde.

Il s'attendait à ce qu'un de ses collègues sautent de derrière une colonne et crie une phrase ressemblant à « je t'ai eu », cependant, rien de tel n'arriva. A la place, l'homme rétorqua simplement :

- Excusez-moi, monsieur, je pense que je sais mieux que vous qui je suis.

Ok, il était complètement paumé maintenant, et il se demandait lequel, de lui ou de cet homme, était fou.

- Non, vous ne pouvez pas être le Docteur. Le Docteur est mort, c'est pour son meurtre que River Song a atterri ici.

- Je sais pourquoi elle est là. Il faut bien, non ? Nous sommes mariés, après tout.

- D'accord, s'exclama-t-il avec, désormais, une certaine impatience. Alors dites-moi : comment vous pouvez être là si elle vous a tué ?

- Peut-être bien que j'ai survécu.

- Vous avez survécu à votre assassinat ! s'esclaffa le garde.

Il commença à pencher pour la théorie selon laquelle le fou était cet homme, peu importe sa véritable identité.

- On dirait bien, ouais. Avec de l'aide, cependant. Ou alors, peut-être qu'elle ne m'a pas encore tué. Je veux dire, ici, elle m'a tué il y a un bout de temps, de toute évidence. Mais peut-être que pour moi, ce n'est pas encore arrivé.

- Qu'est-ce que vous racontez ? s'exclama le garde, exaspéré.

Le Docteur afficha un large sourire et lui tapota l'épaule.

- Ah, les voyages dans le temps, ça vous prend la tête, je comprends. C'est très perturbant. Mais ne vous inquiétez pas, ajouta-t-il en faisant volte-face et en l'accompagnant à travers le couloir, ce n'est pas permanent. Ca va aller, mais évitez les lumières vives, ne buvez pas et ne sautez pas à l'élastique pendant les deux prochaines heures. Votre tête fonctionnera comme il faut ensuite, il n'y aura plus de méchant méli-mélo là-haut. N'y pensez plus, tout ça c'est un bazar assez perturbant. Cela m'a pris cinq tableaux et trois essais et demi pour tout remettre dans l'ordre. Il lui adressa un autre sourire, et se retourna.

- Bien, finalement, je crois que je me souviens de cet endroit. Ca devrait être par là…

Et, là-dessus, il se dépêcha et laissa le garde dans une extrême confusion. C'est pourquoi celui-ci décida de ne pas parler de tout cela à qui que ce soit. De toute manière, qui le croirait, si jamais il parvenait à se souvenir de toutes les absurdités auxquelles il venait d'être confronté.

-o-o-o-

Dans le même temps, le Docteur avait enfin réussi à trouver son chemin à travers les longs couloirs. Il ouvrit la cellule de sa femme avec le tournevis, un sourire empli de fierté dessiné sur le visage.

- Je t'ai entendu parler au garde, qu'as-tu fait à ce pauvre garçon ? l'interrogea River avec un sourire, tout en déposant un bref baiser sur ses lèvres.

- Oh, rien, River, j'ai juste répondu à ses questions. Même si elles étaient un peu bizarres, répliqua-t-il joyeusement.

Puis, il ajouta en ouvrant la porte :

- Alors, mon amour, tu es d'attaque pour sauver une planète ?


River Song aimait beaucoup les fêtes. Et plus encore lorsque son mari l'accompagnait, car il ne tombait jamais à court de blagues stupides, sauf quand il provoquait un réel désastre. Et elle avait toujours aimé danser avec lui. Non, vraiment, tant qu'elle pouvait garder son arme sous la main, elle était toujours partante pour faire la fête.

Cette fois, cependant… cela faisait moins d'une demi-heure qu'ils étaient arrivés et, pourtant, elle ne souhaitait plus qu'une seule chose : rentrer. Le talon de sa chaussure gauche ne s'était pas remis de la dernière fois (comment pouvait-elle se préoccuper de ses chaussures alors qu'elle escaladait une falaise afin d'échapper à une bande d'indigènes plutôt agressifs ?), le champagne commençait à lui donner la migraine, le Docteur l'avait laissée pour aller bavarder avec un homme dégingandé à la peau d'une alarmante teinte violette, et le buffet se révélait être une catastrophe.

Et pourtant, rien de tout cela ne s'avérait être la véritable raison de sa mauvaise humeur. Elle connaissait quelques uns des invités et, dès qu'ils ressentirent le besoin de faire la conversation, ils optèrent pour cette question :

- Qui est ce garçon qui vous accompagne ? Un parent ?

Affichant un sourire fatigué, elle répondit :

- En quelque sorte.

- Est-ce votre fils ?

Bien sûr, c'était ça qui l'avait fait sortir de ses gonds.

Son fils ?

Pour l'amour de Dieu, est-ce qu'elle avait l'air si vieille que ça ?

Le pire étant que ce n'était pas la première fois.

Le sang bouillonnant dans ses veines, elle ravala le « osez seulement me redire ça », et répliqua froidement :

- Mon mari.

Puis, elle s'éloigna, pour tomber directement dans les bras d'un autre type qui lui posa exactement la même question.

Qu'est-ce que c'était, une sorte de conspiration ?

-o-o-o-

- Sauve-moi, marmonna-t-elle entre ses dents quand le Docteur daigna se montrer à nouveau, quinze minutes plus tard.

Quinze minutes de questions stupides.

- De quoi ?

En d'autres circonstances, elle se serait moquée de lui en le voyant réagir avec autant de sérieux à sa demande. Bien que ce soit sans doute un comportement logique pour un couple dans lequel chacun était constamment la cible de cris, menacé, poursuivi, attaqué ou pris en otage.

- De tous ces imbéciles d'ivrognes qui pensent que je suis ta mère !

- Argh…, fit-il en lui jetant un regard un peu dégoûté.

- Merci, mon cœur, c'est pile ce que j'avais besoin d'entendre, grommela-t-elle en sirotant son champagne.

Si elle comptait bien, c'était son cinquième verre.

Il rougit alors vivement.

- Je veux dire, tu sais…nous… ça… je veux juste dire que je ne pense pas à toi comme je pense à ma mère. Vraiment pas.

- Tu m'en vois ravie.

- Oh, arrête !

- Est-ce que je pourrais passer pour ta mère ? demanda-t-elle tout bas, la voix légèrement chevrotante.

- Non ! Bien sûr que non.

- Tu as regardé dans un miroir ces derniers temps ? lui demanda-t-elle en observant son visage si jeune.

Après tout, tout le monde n'était pas capable de percevoir l'antique éclat de ses yeux verts.

- Oui, bien sûr, rétorqua-t-il. Enfin non… je veux dire… on ne se ressemble même pas.

- Tu es vraiment d'une grande aide, tu le sais ça ?

- Ouais, alors qu'est-ce que tu veux entendre ? Je vais perdre cette bataille de toute façon, comme à chaque fois.

- On a déjà eu cette discussion ?

Il fronça les sourcils :

- Oh, arrête… tais-toi.

Pendant un instant, elle resta silencieuse. Enfin elle reprit la parole :

- Désolée. C'est juste que les gens n'arrêtent pas de me poser la question, alors ça ne doit pas être si invraisemblable que ça, si ?

- Bien sûr que si ça l'est, répondit-il calmement. Je veux dire, honnêtement, ils doivent être un peu aveugles. Je sais que je n'aurais jamais regardé ma mère comme je te regarde toi. Ce n'est pas de notre faute s'ils ne sont pas capables de s'en rendre compte.

- Mmh…, fit-elle, toujours pas convaincue.

- Tu sais quoi, laisse-moi simplement faire en sorte que plus personne ne te pose cette question ce soir.

Il lui prit le verre de champagne des mains avec un sourire malicieux.

- Qu'est-ce…

Ce fut tout ce qu'elle réussit à dire avant qu'il ne l'embrasse.

- Voilà, je crois que tout le monde a vu ça, dit-il quand ils se séparèrent.

Puis, souriant toujours, il attrapa sa main.

- Envie d'une danse ?


OldGirl-NoraArlani : C'est vrai que vu comme ça, ça fait un peu OOC. Mais (surtout avec les véritables piles électriques que sont Ten et Eleven) j'ai beaucoup de mal à imaginer le Docteur rester assis pendant des heures à lire ou visiter tranquillement un musée. C'est vrai qu'il se rend sur La Bibliothèque et dans un ou deux musées dans la série mais c'est plus pour le bénéfice du compagnon, de son coté il est davantage en mode "visite expresse".