Auteur : guineapiggie
Titre original : Run
Note de l'auteur : Celui-là m'a été suggéré par review par Em et j'en étais vraiment heureuse, car j'arrivais à court d'idées, et je veux continuer cette série.
C'est un peu court à mon goût, mais j'aime quand même la résultat;)
Chapitre 13 : Cours
« On ne peut pas fuir éternellement – mais il n'y a rien de mal à prendre une longueur d'avance » Rock'N'Roll Dreams Come Through, par Meat Loaf
Si elle disait être déçue par la manière dont sa deuxième escapade de prison avait tourné, elle mentirait. D'accord, ils se retrouvaient un peu au pied du mur, mais elle savait qu'ils s'en sortiraient.
Elle avait été formée pour tuer, après tout, et elle comptait sur l'homme à ses cotés pour la tirer de tout problème que ce soit.
- Tu as une arme, pas vrai ? questionna-t-il avec un faible sourire. Bien sûr je n'aime pas ces trucs là, mais… là c'est sans doute le moment de l'utiliser.
Avec un grand sourire, elle prit son arme et tira deux fois, tout en remarquant la manière dont les yeux du Docteur faisaient des allez-retours entre ses mains et sa robe.
- D'accord, euh… où as-tu caché cette chose toute la nuit ?
Elle lui lança un regard en coin suggestif :
- Secret professionnel, mon petit cœur.
Il rougit légèrement, l'air troublé, puis secoua la tête et concentra son attention sur les aliens qui approchaient.
- Changement de plan, le mur derrière nous.
- Pourquoi tu ne t'en charges pas ? marmonna-t-elle entre ses dents serrées en essayant de garder les créatures à distance.
Il y en avait cependant bien trop.
- Je l'aurais bien fait mais ça ne fonctionne pas sur le bois !
- Dans ce cas, gronda-t-elle, à quoi est-ce que ça sert ?
- Ca, euh, tiens ! Ca marche sur, eh bien, les verrous, les systèmes de fermeture, les claviers de sécurité, euh, dans une certaine mesure les poissons vampires, et les ordinateurs et les caméras de sécurité…
- D'accord, d'accord, marmonna-t-elle en lui marchant sur le pied pour le faire taire.
Il fallut cinq balles pour percer ce fichu mur.
Il prit fermement sa main dans la sienne dans une prise chaude et rassurante. Une preuve d'amour. Et une promesse.
- Bien, chérie, tu ferais mieux de t'habituer à ça.
- M'habituer à quoi ?
Il lui fit un grand sourire :
- Cours !
Ils se précipitèrent dans le couloir, leurs pieds tambourinant sur le marbre poli en parfaite harmonie. Suivre le rythme imposé par le Docteur ne fut pas un problème pour elle, pas même avec les hauts talons qu'elle avait insisté pour porter. L'adrénaline brûlait dans ses veines et elle ne put réprimer un large sourire. Ca oui elle pourrait s'habituer à la sensation de joie qui la parcourait de la tête au pied et à cette incroyable sensation de liberté.
Oui, elle était libre, ivre de bonheur et elle se sentait légère, si légère qu'elle commençait à croire que seule leurs mains liées la retenait encore au sol.
A chaque pas elle sentait la léthargie que la prison avait distillée en elle être drainé de son corps et, un regard vers son époux, vers ses yeux verts brillants de la même excitation, lui apprit qu'il savourait cet instant tout autant qu'elle. C'était là ce pour quoi ils vivaient.
Ils étaient vraiment fais l'un pour l'autre, pensa-t-elle, et son sourire s'agrandit encore.
La main de River se referma autour de la sienne avec une routine déstabilisante, comme si elle avait été faite pour être à cette place. Il fut presque effrayé de voir combien cela semblait intime, parfaitement naturel, tout en envoyant une étrange sensation à travers son corps.
Il ne savait ce qui, chez cette femme, le rendait si tragiquement nerveux, mais ce fut suffisant pour le distraire une seconde. Il s'obligea à se concentrer et tout revint. La Bibliothèque silencieuse, les archéologues, le Vashta Nerada, Dave mort dans sa combinaison juste sur leurs talons, les restes de Miss Evangelista dans la vieille salle de lecture.
Donna Noble a quitté la Bibliothèque.
Il agrippa sa main en réconfort sans l'avoir voulu et, pour une raison ou pour une autre, cela aida.
Donna Noble a été sauvée.
La douce pression de ses doigts fit taire la terreur. Pas totalement, mais assez pour le garder sur les rails.
River le tira en avant et il avança en trébuchant aux cotés du Professeur, émerveillé et hébété de constater comme leurs pas s'accordaient naturellement.
Qui était cette femme ?
Une pointe de culpabilité le frappa. Pourquoi le connaissait-elle si bien ? Pourquoi semblait-il jouer un si grand rôle dans sa vie ?
Et, une question qui semblait à la fois stupide et incroyablement importante : méritait-t-il l'amour qu'il voyait dans ses yeux gris étincelants ?
Il n'avait cependant pas le temps de réfléchir à tout cela maintenant. Il avait cinq vies à sauver, une compagne à retrouver et une menace à vaincre. L'énigme de la belle River allait devoir attendre.
Et il avait quelque chose sur lequel se concentrer. Le bruit de leurs pas contre le sol de bois verni avait un il-ne-savait-quoi d'hypnotisant. Il se sentait pleinement éveillé, heureux, sans peur.
Il remarqua une fois de plus comme elle paraissait calme. Presque comme si cette course poursuite la ravissait, comme si elle avait l'habitude du danger.
Peut-être avait-elle raison, peut-être se laissait-il trop emporter par ses émotions, et il avait une sacrée chance d'avoir cette femme à ses cotés. River l'avait rattrapé dans son raisonnement en quelques secondes puis l'avait largement devancé, ce dont il n'avait absolument pas l'habitude. Il ne souhaitait pas avoir à imaginer où ils en seraient sans elle.
Elle serra doucement sa main, comme si elle avait senti son anxiété.
Si cela ne chassa pas tous les nuages sombres de son esprit, le geste alluma au moins une petite étincelle d'espoir et il répondit par le même mouvement, reconnaissant pour son soutien inattendu mais oh combien nécessaire.
Alors qu'ils parcouraient les couloirs tamisés pour essayer de trouver un coin éclairé où se reposer, il jura qu'il saurait qui était River Song. Il voulait comprendre cette femme brillante qui l'avait – contre sa volonté, c'était une archéologue, après tout - tant impressionné. Et s'il était parfaitement honnête avec lui-même, il voulait s'assurer qu'il avait mérité l'affection sans limite qu'elle lui témoignait.
Il avait l'intuition qu'ils allaient encore courir un sacré nombre de fois.
MlleHeathcliff : merci pour ta review ! Je suis tout à fait de ton avis, cet os est très émouvant, je me souviens avoir eu les larmes aux yeux en le lisant la première fois...
