Au grand soulagement de Marinette et d'Adrien, la conversation dévia ensuite vers d'autres sujets. Ils ressentaient tous deux un indicible soulagement devant la réaction de Nino et d'Alya. Leurs amis ne semblaient pas mettre leur parole en doute, et qui plus est, ils avaient soigneusement évité de reparler de l'attaque de la veille après avoir remarqué leur trouble à l'évocation du moment où ils s'étaient perdus de vue.

La suite du repas se déroula dans la bonne humeur, les quatre adolescents bavardant joyeusement tandis que la conversation n'était interrompue que par des plaisanteries et des éclats de rire. Adrien et Marinette se sentaient le cœur léger, comme si un poids avait été enlevé de leurs poitrines. Pour la première fois depuis le début de la matinée, ils s'autorisaient enfin à se détendre et ils profitaient pleinement de ce moment passé avec leurs amis.

Le temps fila à toute vitesse et il fut bientôt temps pour eux de regagner leur salle de cours.

Les quatre amis se levèrent et Nino et Alya commencèrent à partir devant, mais Marinette retint Adrien par la main alors qu'il s'apprêtait à s'éloigner à son tour. Il se tourna vers elle, levant un sourcil interrogateur.

« Attends », commença-t-elle d'une voix suffisamment basse pour que personne d'autre que lui n'entende ce qu'elle avait à dire, « Je voulais te parler de Chloé. »

« Ah… », répondit Adrien, se grattant l'arrière du crâne d'un air gêné. « Écoute, je suis désolé pour la scène de tout à l'heure. Je ne… »

« Non, je ne voulais pas parler de ça », l'interrompit Marinette en secouant la tête. « Tout à l'heure, elle m'a interceptée dans un couloir. Elle ne croit pas à notre histoire », lui expliqua-t-elle d'une traite, frottant nerveusement son bras de sa main libre en une inconsciente tentative de se réconforter elle-même.

Adrien sentit ses entrailles se glacer. De toutes les personnes de leur classe, il fallait que Chloé soit la seule qu'ils n'aient pas réellement réussi à convaincre. Il connaissait suffisamment bien sa virulente amie d'enfance pour réaliser le danger que Marinette et lui courraient. Même s'il lui était déjà arrivé à de très rares occasions de montrer qu'elle n'avait pas forcément que des mauvais côtés, la plupart du temps Chloé n'en restait pas moins vindicative, arrogante, et effroyablement opportuniste. Entre son aversion manifeste pour Marinette et sa visible convoitise concernant Adrien, il était impossible de savoir ce que ferait la fille du maire si leur secret tombait entre ses mains avides.

« Je ne pense pas qu'elle ait compris pour Chat Noir et Ladybug », reprit Marinette, sortant brutalement Adrien de ses pensées affolées, « mais elle ne nous croit pas pour autant. Elle pense que j'ai trouvé quelque chose de compromettant sur toi et que je te fais chanter pour te forcer à sortir avec moi », lui avoua-t-elle avec un petit rire nerveux.

Adrien la regarda, les yeux ronds de stupéfaction.

« Que tu… Quoi ? Mais… mais c'est ridicule ! », s'exclama-t-il, ayant du mal à en croire ses oreilles.

« Ridicule ou pas, elle a l'air déterminée à chercher ce que je peux bien lui cacher », soupira sa partenaire, n'essayant à présent plus de dissimuler son inquiétude. « Elle m'a clairement dit qu'elle comptait trouver ce que j'avais découvert contre toi, et… et elle avait l'air en colère. Vraiment, vraiment très en colère. Je ne l'avais jamais vu dans un tel état. »

Marinette s'interrompit, se mordillant nerveusement la lèvre inférieure. Son cœur battait lourdement dans sa poitrine sous l'effet de l'anxiété. Les pulsations n'étaient pas plus rapides que d'ordinaire, mais elles semblaient plus pénibles, plus massives, comme si une force inconnue s'était mise à marteler consciencieusement l'intérieur de sa cage thoracique pour envoyer des vibrations sourdes et malsaines, qui se diffusaient jusqu'aux extrémités de corps et accroissaient encore son trouble.

« Je ne sais pas si elle est jalouse ou inquiète, ou peut-être les deux à la fois, mais j'ai peur qu'elle n'abandonne pas facilement l'affaire », conclut la jeune fille avec un haussement d'épaule découragé.

Adrien s'avança vers elle, la prenant doucement dans ses bras et la serrant contre lui afin d'essayer de la rassurer malgré la vive inquiétude qu'il ressentait lui aussi. Marinette se blottit contre le torse de son partenaire tandis qu'il passait doucement sa main le long de son dos pour l'aider à retrouver sa tranquillité. Elle ferma les yeux, savourant ce contact bienvenu et respirant avec délice l'odeur que dégageait Adrien, un subtil mélange du parfum de sa peau, de son eau de Cologne et de la lessive de ses vêtements.

Le jeune homme sentait lui aussi son calme revenir, puisant ses forces dans cette envoûtante proximité physique qu'il partageait à l'instant même avec sa Lady et n'en revenant toujours pas de sa chance d'être avec elle. Cette fille était la personne la plus extraordinaire qu'il n'ait jamais rencontré, elle était courageuse, brillante et fascinante. Ils avaient traversé tellement d'épreuves ensembles, ce n'étaient pas les médisances de Chloé qui allaient les arrêter.

« Je vais lui parler », murmura-t-il dans le creux de l'oreille de Marinette. « Je devrais réussir à la convaincre qu'il n'y a aucune histoire de chantage entre nous. »

« J'espère », laissa échapper la jeune fille dans un souffle.

Adrien déposa un léger baiser sur son front, puis s'écarta d'elle, non sans entrelacer ses doigts avec les siens au passage. Marinette lui adressa un tendre sourire en retour, et pour une fois ce fut elle qui porta la main d'Adrien à ses lèvres pour l'embrasser, arrachant un regard de surprise au jeune garçon. Marinette laissa échapper un petit rire cristallin en remarquant son expression étonnée, avant de lui lancer :

« Bon, on y va, chaton ? »

« Je te suis, ma Lady », répliqua Adrien avec une petite courbette espiègle, puis tous deux commencèrent à se diriger lentement vers leur salle de classe, marchant main dans la main.


L'après-midi se déroula sans incident notable. Au grand soulagement d'Adrien et de Marinette, personne d'autre que Chloé ne sembla mettre leur parole en doute, et s'ils furent de nouveau l'attention de tous leurs camarades durant la récréation, ce fut uniquement pour recevoir une fois de plus leurs félicitations et leurs vœux de bonheur pour la suite.

Marinette sentait son moral remonter au fil des heures. Son accrochage avec Chloé l'inquiétait toujours, mais Adrien lui avait promis qu'il discuterait avec leur blonde camarade et si quelqu'un pouvait réussir à influencer la fille du maire, c'était bien lui. Elle lui faisait confiance, Adrien ferait tout ce qui était en son pouvoir pour convaincre Chloé que rien de malsain ne se cachait derrière son brusque rapprochement avec Marinette.

Lorsque sonna la fin des cours, la salle de classe se vida avec une rapidité remarquable, les élèves étant tous impatients de pouvoir enfin profiter de leur week-end après cette longue semaine. Alya et Nino se hâtèrent également de s'éclipser de la salle, dans une volonté évidente de laisser un peu d'intimité au jeune couple. Reconnaissant, Adrien sourit devant la manœuvre. Entre les interminables heures de cours et la pause passée à répondre aux congratulations de ses amis, il n'avait guère eu l'occasion de se retrouver en tête à tête avec Marinette et il était ravi de pouvoir passer de nouveau un moment seul avec elle.

Il rassembla ses affaires et se retourna, tendant la main vers elle. Marinette la saisit en rougissant légèrement, mais non sans lui adresser un rayonnant sourire. Ils sortirent de la salle avant de se diriger lentement vers le portique de l'école, discutant à voix basse. Tous deux n'étaient guère pressés de devoir se séparer, mais un cours de chinois attendait encore Adrien et le jeune homme ne pouvait pas se permettre d'être en retard.

En passant la sortie du collège, Adrien jeta un regard vers la route, espérant que son chauffeur serait en retard pour pouvoir profiter de quelques minutes de plus aux côtés de Marinette. Mais malheureusement pour lui, Le Gorille était d'une ponctualité exemplaire et l'attendait déjà, docilement garé le long de la route.

Se tournant vers Marinette, Adrien poussa un léger soupir. Il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas qu'elle parte non plus. Et à la façon dont Marinette s'agrippait à sa main, elle ne semblait pas non plus avoir envie qu'il s'en aille. Elle le dévisageait avec intensité, le fixant de ses grands yeux couleur azur dont la teinte s'était légèrement assombrie quand elle avait elle aussi aperçu son chauffeur, comme si un nuage avait soudain décidé de voiler son lumineux regard.

Elle semblait fébrile, mordillant nerveusement sa lèvre inférieure tandis que sa respiration s'était ostensiblement accélérée.

Adrien était incapable de détacher ses yeux d'elle. Il ne réussirait jamais à tenir jusqu'à lundi sans la revoir au moins une fois. Sans la serrer de nouveau dans ses bras, sans entendre son rire argentin chanter à ses oreilles, sans respirer son doux parfum et sans sentir de nouveau la chaleur de sa peau et la douceur de ses lèvres sous les siennes.

Il prit une profonde inspiration, sans réaliser que Marinette venait de faire de même.

« Heu, dis… », commencèrent tous les deux en même temps.

Ils rougirent, s'interrompirent puis balbutièrent quelques mots, chacun invitant l'autre à finir sa phrase. Finalement, ce fut Adrien qui reprit la parole en premier, après avoir toussé légèrement pour s'éclaircir la gorge.

« Je… Hem… Je voulais savoir si tu avais quelque chose de prévu demain après-midi ? », lui demanda-t-il en se grattant nerveusement l'arrière du crâne de sa main libre. « On pourrait aller au cinéma et peut-être se balader un peu… Enfin, si tu as envie… »

Il s'interrompit, ne sachant pas comment finir sa phrase. Il n'avait jamais invité de fille à sortir avec lui et ne savait pas trop s'il s'y prenait correctement, mais proposer une sortie au cinéma lui semblait être un début plus que convenable.

Le cœur de Marinette battait à tout rompre dans sa poitrine, et son pouls accéléra si brutalement en réponse aux paroles d'Adrien qu'elle eut presque une sensation de vertige. Elle s'apprêtait à suggérer à Adrien de se voir pendant le week-end, ne supportant pas l'idée de devoir rester deux interminables jours loin de lui et voilà qu'il lui proposait un rendez-vous. Adrien. Adrien Chat Noir Agreste l'invitait à sortir.

Son premier rendez-vous. Leur premier rendez-vous.

Un immense sourire illumina de nouveau son visage, tel un rayon de soleil perçant à travers la brume.

« Oh oui ! Je… J'adorerai aller au cinéma avec toi », s'exclama-t-elle avec un enthousiasme non dissimulé.

Soulagé, Adrien laissa échapper un petit éclat de rire, avant de sursauter presque imperceptiblement de surprise quand Marinette glissa sa main derrière sa nuque. Se redressant sur la pointe des pieds, elle déposa un furtif baiser sur ses lèvres tandis que ses yeux pétillaient de joie.

Le contact avait été léger, presque aérien, mais ce fut suffisant pour faire tourner la tête du jeune homme qui plaça sa main le long de la taille de la jeune fille avant de l'attirer contre lui, lui arrachant une petite exclamation étonnée qui fut rapidement étouffée quand il emprisonna sa bouche de la sienne.

Ils restèrent ainsi quelques instant, s'embrassant sans se soucier une seule seconde du fait que tous les élèves qui sortaient encore du collège les dévisageaient au passage et ignorant totalement la présence du Gorille qui attendait toujours Adrien. Le temps semblait soudain suspendu, et plus rien au monde n'existait à part la chaleur de leurs corps pressés l'un contre l'autre, l'odeur grisante de leurs parfums et surtout cette danse enivrante de leurs langues entre elles, qui les ensorcelait au-delà de toute raison.

Les deux adolescents reprirent néanmoins rapidement leurs esprits, se séparant en rougissant alors qu'ils réalisaient qu'ils s'étaient laissé emporter par leurs sentiments et que l'endroit était loin d'être approprié pour de telles démonstrations d'affection.

« Je… Heu… A demain, alors », balbutia Adrien, avant de rejoindre Le Gorille qui regardait ostensiblement de l'autre côté de la route, d'un air gêné.

« A demain », murmura Marinette d'une voix un peu rauque, tout en lui faisant un petit salut de la main alors que sa voiture s'éloignait dans les rues de Paris.


Marinette rentra chez elle machinalement, effectuant tout le trajet du retour en laissant son cerveau faire office de pilote automatique. Elle se sentait légèrement étourdie, n'arrivant à se concentrer sur rien d'autre que sur l'idée de sortir avec Adrien le lendemain. Elle salua distraitement ses parents en passant devant le magasin, puis grimpa directement dans sa chambre avant de se laisser tomber sur son lit, face contre les oreillers.

Elle pouvait sentir chaque centimètre carré de ses joues chauffer comme si elle avait pris un violent coup de soleil, bien que l'astre du jour n'ait clairement rien à voir avec l'état de son épiderme. La peau de son visage devait sûrement être plus rouge que jamais, et c'était uniquement à cause d'Adrien.

« Je vais le revoir demain, Tikki », murmura-t-elle d'un ton rêveur.

Sortant du petit sac de Marinette, sa minuscule amie laissa échapper un petit rire cristallin. Elle voleta vers la jeune fille, se frottant affectueusement contre sa joue. Elle était soulagée de voir que Marinette semblait de nouveau être égale à elle-même.

Entre la découverte de l'identité de son partenaire, la peur de l'avoir perdu et l'évolution inattendue de leur relation, la journée de la veille avait été très éprouvante pour la jeune fille et Tikki s'était sincèrement inquiétée pour son amie.

La veille, peu après qu'Adrien soit parti, l'état de choc sous lequel l'héroïne était encore suite à son rude après-midi avait fini par se dissiper totalement et Tikki avait vu Marinette se mettre peu à peu à trembler de tous ses membres, paniquant comme jamais. La jeune fille avait arpenté sa chambre en long et en large pendant des heures, le visage blême comme celui d'un cadavre alors qu'elle tentait désespérément d'intégrer ce qui venait de se passer. C'était la première fois que Tikki la voyait aussi fébrile et elle avait eu toutes les peines du monde à l'aider à retrouver un calme très relatif et à la persuader qu'elle avait définitivement besoin d'une bonne nuit de sommeil.

A présent, tout semblait être rentré dans l'ordre et Tikki ne pouvait s'empêcher de sourire, constatant avec un bonheur non dissimulé que le moral de Marinette semblait de nouveau être au beau fixe.

La jeune fille pris délicatement Tikki dans ses mains, notant la joie évidente de son kwami.

« Je suis désolée de t'avoir affolée hier », s'excusa-t-elle en câlinant sa minuscule amie.

« Tu n'as pas à t'excuser », répliqua celle-ci avec indulgence. « ça faisait beaucoup à encaisser d'un coup, c'est normal que tu aies été sous le choc. Boomeur a été un adversaire particulièrement terrible, sans compter que tu as découvert que Chat Noir était Adrien...»

Le visage de Marinette s'éclaira d'un éblouissant sourire à la mention de son partenaire, bien qu'une légère nervosité transparaissait encore subtilement dans son attitude.

« Je m'y fais beaucoup mieux que ce que j'aurais cru. Je me sens tellement bête de ne pas l'avoir remarqué plus tôt, si tu savais ! Mais en fait…»

Marinette s'interrompit, rougissant violemment alors que son cœur se mettait à battre à grands coups.

« En fait, c'est juste parfait. J'aime Adrien, et Chat Noir… S'il n'y avait pas eu Adrien, ça fait sûrement longtemps que je n'aurais plus considéré Chat Noir comme un simple coéquipier » reconnu-t-elle dans un souffle. « Je crois même qu'en fait c'était déjà le cas, même si je refusais de me l'avouer », poursuivit-elle avec un petit rire gêné.

Malgré ses fermes refus de voir la réalité en face, il était difficile pour elle de nier que son chaton avait fini par se faire une place de plus en plus importante dans son cœur au fil des mois. Il était insolent, fanfaron, parfois clairement agaçant, mais elle avait rapidement réalisé qu'il était aussi la personne la plus loyale, courageuse et attentive qu'elle n'ait jamais rencontré. Même s'ils étaient loin d'atteindre l'intensité de ce qu'elle ressentait pour Adrien, les sentiments qu'elle éprouvait pour son partenaire avaient lentement mais sûrement fini par évoluer, et c'était pour elle un indicible soulagement d'avoir maintenant découvert que c'était en réalité son blond camarade de classe qui se cachait derrière le masque.

Les deux garçons les plus chers à son cœur n'étaient qu'une seule et même personne.

Marinette se sentait tellement heureuse à cette idée que la tête lui en tournait presque. C'était juste grisant.

« J'ai tellement hâte d'être à demain, Tikki... », murmura-t-elle à l'attention de son amie.


Assis sur sa chaise de bureau, Adrien tournait distraitement sur lui-même, un sourire extatique fermement accroché à son visage. Non loin de lui, Plagg achevait d'engloutir avec délice une part de camembert au moins aussi grosse que lui. Quand il eut achevé son repas, il laissa échapper un petit rot avant de jeter un regard dubitatif au jeune garçon qui semblait toujours rêver éveillé.

« Ah, les adolescents amoureux et leurs hormones… », soupira-t-il en secouant la tête.

« Plagg ! Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu gâches l'ambiance ? », protesta Adrien, descendant subitement de son petit nuage. « Et laisse mes hormones tranquilles », rajouta-t-il en rougissant furieusement.

Son kwami laissa échapper un petit reniflement insolent.

« Oui, oui… On voit bien que ce n'est pas toi qui dois supporter de t'entendre parler de Ladybug à longueur de journée… »

« Je ne… », commença Adrien, avant de s'interrompre, légèrement embarrassé.

Effectivement, il devait bien admettre qu'il était capable de disserter au sujet de Ladybug des heures durant sans jamais se lasser. Et malheureusement pour son grincheux kwami, le jeune garçon n'avait personne d'autre avec qui partager sa fascination pour son extraordinaire partenaire. Nino savait bien sûr qu'Adrien admirait Ladybug, mais il ignorait que son ami n'était pas qu'un simple fan et à quel point il était bien placé pour savoir à quel point l'héroïne de Paris était sensationnelle. De même qu'il ne se doutait pas de l'ampleur de l'engouement d'Adrien pour Ladybug, le jeune homme prenant un soin particulier à rester modéré dans ses propos quand il discutait d'elle avec quelqu'un d'autre que Plagg.

« Sans compter le fait que tu n'arrêtes pas de l'embrasser depuis hier, je pensais que ça t'aurais un peu calmé », reprit son kwami avec un petit rire narquois. « Tous ces échanges de fluides, c'est vraiment un truc d'humains, je ne vois vraiment pas ce que vous y trouvez. »

« Plagg ! », s'exclama Adrien, choqué. « Ce n'est… je ne... »

Il bafouillait, n'arrivant pas à trouver les mots pour répondre à son kwami qui prenait visiblement un malin plaisir à le taquiner au sujet de sa nouvelle situation sentimentale.

Mais de toute façon, il n'avait guère envie de lui expliquer l'intérêt qu'il trouvait à embrasser Marinette. De lui dire à quel point les baisers de cette fille qui était devenue le centre de son univers étaient magnifiquement ensorcelants et combien il se sentait parfaitement à sa place à chaque fois qu'il était dans ses bras. Que son délicat parfum l'envoûtait avant même qu'il ne la touche, lui faisant tourner la tête et faisant s'évaporer en un instant les moindres fragments de sa raison. Que lorsque ses lèvres douces comme de la soie se posaient sur les siennes, il avait soudain l'impression qu'un volcan explosait au creux de son torse, déversant un feu liquide dans ses veines, et que ce torrent brûlant et passionné qui s'écoulait irrésistiblement jusqu'aux moindres extrémités de son être le faisait se sentir incroyablement, merveilleusement vivant.

Mais ça, il ne l'avouerait jamais à son kwami.

Amusé, Plagg regarda Adrien rougir, marmonner, rougir de plus belle avant de le regarder d'un air presque exaspéré et de lever les bras au ciel en signe d'impuissance. Même s'il n'était guère démonstratif, le petit kwami noir ne s'était pas moins pris d'affection pour ce jeune garçon blond dans la vie duquel il était rentré il y plusieurs mois déjà. Il était probablement le mieux placé pour savoir à quel point le quotidien d'Adrien était plus difficile que ne le croyait la plupart des gens, et à quel point l'adolescent avait soif de liberté et d'amour après tant d'années enfermé derrière les barreaux de cette cage dorée dans laquelle son père tentait de le contenir.

Adrien clamait régulièrement que l'apparition de Plagg et de Ladybug dans sa vie était la meilleure chose qui ne lui soit jamais arrivée, et le petit kwami le croyait volontiers.

La veille, Plagg s'était beaucoup inquiété pour le héros, mais avec la découverte de l'identité de Ladybug et la récente évolution de la relation des deux adolescents, Adrien semblait à présent plus épanouit que jamais. Satisfait, le kwami voleta en direction d'Adrien et lui donna une petite tape affectueuse sur la tête avant de s'éloigner l'air de rien, sous le regard incrédule du jeune garçon.


La soirée passa avec une lenteur exaspérante tant les deux adolescents avaient hâte d'être au lendemain. Les minutes semblaient durer des heures, et les heures des siècles entiers tant l'après-midi du samedi leur paraissait lointain. Ils passèrent chacun le temps comme ils pouvaient, Marinette en travaillant sur de nouveaux designs tandis qu'Adrien jouait à des jeux vidéo, mais ils étaient tous deux incapable de se concentrer sur quoi que ce soit, leur pensées ne cessant de papillonner vers leur partenaire.

Ce fut presque un soulagement quand le moment de se coucher arriva, et avec lui la promesse d'une nuit de sommeil qui ferait disparaître dans le néant quelques heures de plus avant qu'ils ne se revoient enfin.


Youpi, je n'étais pas sûre d'arriver à finir le chapitre aujourd'hui, mais voilà :)

J'espère que ce chapitre vous a plu, et merci encore une fois pour tous vos favs et follows et aussi bien sûr pour vos reviews, j'adore avoir vos retours :)

A une prochaine !