Marinette arracha presque le téléphone des mains d'Adrien dans sa précipitation à vouloir regarder le nouveau contenu du blog Alya. Sous le titre accrocheur de son article se trouvait une unique vidéo, que la jeune fille lança en cliquant dessus d'un doigt tremblant.
Le visage rayonnant de sa meilleure amie apparu instantanément sur l'écran, ses yeux pétillants de joie. Alya jubilait, et son excitation était palpable même à travers le minuscule écran d'un téléphone portable.
« Salut les amis ! », s'exclamait-elle d'une voix enthousiaste. « Ici Alya, en mission pour le Ladyblog. Je suis à quelques rues seulement de là où vient de se produire un affrontement entre nos deux héros préférés et un nouveau super-vilain. Pour être exacte, je suis dans la ruelle située en bas de l'immeuble où Ladybug a été aperçue la dernière fois avant de disparaître. Et j'ai trouvé ceci ! »
Avec un air triomphant, Alya exhiba une carte de cantine, l'agitant fièrement devant l'objectif avant de zoomer dessus pour que son public puisse la voir en détail.
« Comme vous pouvez le voir à son logo, il s'agit d'une carte de cantine du collège Françoise Dupont. Sachant que cette rue est nettoyée tous les matins, elle ne peut pas être là depuis plus de quelques heures. Ajoutez à ça le fait que ce soit précisément le dernier endroit où Ladybug a été vue et que le collège Françoise Dupont n'est pas du tout dans les environs, je peux vous dire que j'ai l'intime conviction que cette carte appartient à Ladybug en personne ! »
Alya trépignait sur place, et sa visible exultation n'avait d'égale que le désespoir incrédule qui frappait à présent Marinette. Elle était comme hypnotisée, incapable de détacher ses yeux de la vidéo tandis qu'elle assistait avec impuissance à une avancée spectaculaire dans les tentatives acharnées de son amie pour découvrir l'identité de Ladybug. Elle se sentait soudain étrangement détachée de son propre corps, son cerveau ne semblant plus en état de formuler la moindre pensée cohérente tandis que ses muscles refusaient de lui répondre, la forçant implacablement à poursuivre le visionnage de la vidéo.
« Comme vous pouvez le voir, il n'y a pas de nom dessus, mais il y a un code barre qui permet d'identifier l'élève à qui elle appartient », continuait sa meilleure amie d'une voix joyeuse. « Il ne me reste plus qu'à retrouver le, ou plutôt la propriétaire de cette carte et nous saurons peut être enfin qui se cache derrière le masque de notre héroïne ! A bientôt sur le Ladyblog ! », conclut Alya avec un immense sourire, tandis que Nino faisait une apparition derrière elle pour adresser un petit salut à la caméra.
Marinette se redressa brusquement et rendit son téléphone à Adrien avec tant de hâte que celui-ci failli le faire tomber, faisant rebondir plusieurs fois l'appareil entre ses mains avant de réussir à le saisir correctement. Il poussa un léger soupir de soulagement avant de tourner de nouveau un regard inquiet vers sa partenaire.
Elle était à présent debout et fouillait fébrilement dans son sac, avant de passer ses doigts tremblants dans la moindre poche de sa tenue où elle aurait pu ranger ce maudit rectangle de plastique. Marinette répéta le processus une seconde fois, puis une troisième, avant de se rendre à l'évidence : sa carte était introuvable, et il était plus que probable que ce soit bien celle qui était entre les mains d'Alya à l'heure actuelle. Son visage avait pâlit durant ses infructueuses recherches, prenant à présent une teinte presque cadavérique, et elle laissa échapper un gémissement sourd tout en se prenant la tête à deux mains.
« Quelle idiote. Mais QUELLE IDIOTE ! » se fustigea-t-elle. « D'abord mon livre, maintenant ma carte de cantine… Ce n'est pas possible d'être aussi bête ! »
Elle se mit à faire les cents pas sous le regard alarmé d'Adrien, continuant à se blâmer pour sa négligence. Sa première mésaventure avec son manuel d'histoire aurait pourtant dû lui servir de leçon, mais non, il avait fallu qu'elle récidive. Elle mettait encore une fois son secret en danger et pire encore, celui d'Adrien aussi.
Cette pensée la frappa avec autant de violence qu'un coup de poing.
Adrien.
Elle se sentit soudainement submergée par une vague de culpabilité en réalisant qu'à cause de son manque de vigilance, elle mettait également son partenaire dans une situation plus que délicate. Alya était loin d'être idiote, une fois qu'elle aurait découvert l'identité de Ladybug, il ne lui faudrait certainement pas longtemps pour déduire celle de Chat Noir.
Adrien interrompit brusquement ses allées et venues en l'attrapant par le poignet alors qu'elle repassait devant lui une fois de plus. Il l'attira brutalement vers lui, la forçant à s'asseoir sur ses genoux avant de passer ses bras autour d'elle. Il n'était pas totalement à l'aise à l'idée de la forcer ainsi à ce contact, mais Marinette était visiblement à deux doigts de la crise de nerfs et il ressentait le besoin urgent de l'aider à se calmer, même s'il n'était pas sûr de savoir s'y prendre correctement. C'était toujours mieux que de ne rien faire.
Il la maintint ainsi contre lui, la serrant contre son torse tandis qu'elle avait tourné ses genoux sur le côté pour pouvoir se blottir contre lui tout en enfouissant son visage contre son cou. Elle avait passé ses bras autour de ses épaules et il pouvait la sentir trembler contre lui tandis qu'elle murmurait éperdument d'innombrables d'excuses à ses oreilles.
« Shhh… », souffla-t-il doucement en passant délicatement une de ses mains le long de son dos, encore et encore, tentant ainsi de la réconforter. « On va trouver une solution… »
« C'est facile, vous avez juste à récupérer cette fichue carte », s'éleva la voix bourrue de Plagg depuis la chemise d'Adrien. « Ce n'est pas la peine de paniquer comme ça. »
Marinette s'écarta légèrement tout en adressant un regard dubitatif au kwami de son partenaire.
« Oui, je suis sûre que tu vas réussir à te tirer de ce mauvais pas », renchéri Tikki depuis le sac de Marinette, sans pour autant oser sortir par crainte de se faire surprendre par d'autres élèves. « Regarde la dernière fois, tu t'en es très bien sortie avec ton livre. »
La jeune fille secoua tristement la tête, ne partageant manifestement pas l'optimisme des deux kwamis.
« Justement, elle sera plus vigilante cette fois-ci. Elle a déjà laissé échapper une occasion la dernière fois… Je… je sais qu'elle ne pense pas à mal », balbutia Marinette d'une voix blanche, « mais elle ne réfléchit pas aux conséquences. »
« Pas comme nous », se retint-elle de rajouter d'un ton acide. Sa meilleure amie ne réalisait visiblement pas que le fait découvrir qui se cachait derrière le masque des deux héros de Paris n'avait rien d'un jeu de piste, et qu'en exposant ainsi leurs identités elle risquait de les mettre tous les deux en grand danger, eux et tous ceux auxquels ils tenaient. Marinette aimait son amie de tout son cœur, mais elle ne comprenait définitivement pas comment elle pouvait prendre cette histoire avec autant de légèreté.
« ça va aller », répéta encore Adrien d'une voix douce mais ferme, « On va réussir à trouver quelque chose pour s'en sortir, il ne faut pas paniquer. »
« Je ne panique pas, je… je m'inquiète beaucoup, ça n'a rien à voir », répliqua vivement Marinette avec un sursaut d'orgueil, tout lui en étant cependant profondément reconnaissante de ne pas avoir songé une seule seconde à se désolidariser d'elle.
Puis elle sursauta brutalement quand la sonnerie de son téléphone retentit. Un appel d'Alya.
« Ok, là je panique », reconnut-elle dans un souffle avant de décrocher, feignant avec un aplomb dont elle ne se serait pas crue capable de ne pas avoir encore entendu parler des dernières nouvelles du Ladyblog.
A l'autre bout du fil, son amie lui hurla d'une voix emplie d'allégresse qu'elle tenait le scoop du siècle et qu'il fallait absolument qu'elle lui montre ce qu'elle avait découvert. Maîtrisant à grand peine sa voix tremblotante, Marinette réussit à simuler un parfait enthousiasme en réponse aux paroles passionnées de son amie, la félicitant d'avance pour sa trouvaille et lui promettant de regarder son blog au plus vite.
Elle raccrocha en poussant un lourd soupir, appuyant son front contre l'épaule d'Adrien tandis que son cœur battait à tout rompre sous l'effet de la vive tension qu'elle ressentait.
La fin de journée allait être longue.
Alya et Nino surgirent dans la salle de classe alors que le cours était commencé depuis une bonne demi-heure. Leur professeur les réprimanda pour leur retard, mais cela ne suffit visiblement pas à assombrir le moral d'Alya qui était manifestement au meilleur de sa forme. Elle courut plus qu'elle ne marcha pour aller s'installer à sa place, commençant instantanément à se tortiller sur sa chaise comme si elle était incapable de contenir son trop-plein d'énergie. Ses pommettes étaient d'un rouge brillant et elle semblait à deux doigts d'exploser sous l'effet de l'excitation.
Elle se pencha vers Marinette, lui chuchotant d'un ton euphorique :
« Alors, tu as vu ma vidéo ? C'est TROP GÉNIAL ! La carte de Ladybug ! »
Mlle Bustier jeta un regard réprobateur à Alya, qui se redressa sans que Marinette n'ait le temps de lui répondre. La jeune héroïne poussa un léger soupir de soulagement. Son cœur s'était violemment emballé lorsque sa meilleure amie lui avait adressé la parole, et il fallait absolument qu'elle essaye de se calmer pour ne pas risquer de se trahir encore plus.
Qu'elle maîtrise les tremblements de ses mains, les battements erratiques de son cœur, le souffle irrégulier qui s'échappait de ses poumons.
Se contrôler, encore et encore.
Malheureusement pour Marinette, son répit fut de courte durée, Alya revenant à la charge dès que leur professeur eu de nouveau le dos tourné.
« Je n'arrive pas à y croire, je suis tellement près de découvrir qui elle est ! », lui souffla-t-elle avec ravissement, avant de s'interrompre de nouveau devant le regard courroucé de Mlle Bustier.
Cette dernière fut obligée de rappeler plusieurs fois à l'ordre Alya dans l'heure qui suivit, et seule la menace de lui confisquer absolument toutes ses affaires avant de l'envoyer en permanence sembla enfin calmer la jeune fille. Cet avertissement n'empêcha pas moins l'apprentie-journaliste de continuer à remuer sans cesses sur sa chaise, rongeant son frein en attendant la fin du cours qui lui permettrait de hurler enfin sa joie à la face de tous ses camarades.
Lorsque la sonnerie résonna finalement dans la salle, Alya se propulsa de son siège aussi sûrement que si elle avait été assise sur un ressort, la jeune fille ayant manifestement épuisé ses dernières réserves de patiences pendant le cours.
L'information relayée par le Ladyblog s'était rependue comme une traînée de poudre et Alya fut aussitôt entourée par une nuée de collégiens avides d'en savoir plus sur son incroyable découverte. Rayonnante, l'apprentie-journaliste narra une fois de plus les circonstances dans lesquelles elle avait fait sa trouvaille, exposant fièrement la désormais célèbre carte de cantine. Chacun voulait la saisir ne serait-ce qu'un instant, mais la jeune fille veillait farouchement sur son bien.
Marinette était tendue comme la corde d'un arc, sentant ses nerfs dangereusement proches de la rupture. Elle avait envie de hurler, de s'enfuir, d'attraper Alya par le col et de la secouer comme un prunier. N'importe quoi d'autre qu'assister impuissante aux déclarations triomphales de sa meilleure amie sur la découverte imminente de l'identité de Ladybug.
Alya était littéralement déchaînée, clamant haut et fort que c'était un glorieux jour pour le Ladyblog et pour sa carrière d'enquêtrice. Jamais Marinette n'avait assisté à un tel déferlement d'enthousiasme de la part de sa meilleure amie. Cette dernière s'extirpa enfin de la masse de ses admirateurs, avant de rejoindre ses proches compagnons.
Nino avait déjà eu l'occasion de manipuler la précieuse carte dans la ruelle où ils l'avaient trouvée, et Alya ne put s'empêcher d'autoriser Marinette et Adrien à en faire de même, dans un sincère souhait de leur communiquer sa fierté et son euphorie.
Marinette avala difficilement sa salive, avant de se saisir de l'objet.
Elle fixa la carte non sans une certaine rancune, la serrant avec tant de force entre ses mains que ses doigts avaient blanchit. La jeune fille était en proie à une nuée d'émotions contradictoires qui paralysaient son esprit, l'empêchant de réfléchir correctement. Elle réalisait avec désespoir qu'elle tenait entre ses mains le maudit rectangle de plastique qui allait probablement trahir son identité secrète. Il serait simple, si simple de le détruire maintenant... D'appuyer juste un peu plus avec ses doigts, de faire s'arquer le plastique jusqu'à atteindre le point où le fragile matériau commencerait à se fendre avant de finalement éclater en morceaux. C'était tellement tentant, ça serait si facile….
Mais malgré toute sa détresse, Marinette réussit tout de même à réaliser dans un éclair de lucidité que si elle faisait le moindre geste pour faire disparaître sa carte, elle perdrait certainement l'amitié d'Alya. Celle-ci ne lui pardonnerait sûrement jamais d'avoir volontairement détruit un si précieux indice, sans compter qu'elle pouvait très bien comprendre la raison cachée derrière le comportement de son amie.
Tandis que ces pensées se bousculaient dans le cerveau au bord de l'explosion de Marinette, Alya décida de récupérer de nouveau sa précieuse carte. Elle la réclama à la jeune héroïne, qui sursauta et lâcha le rectangle de plastique dans la main de la blogueuse comme si celui-ci venait de lui brûler les doigts. Alya lui jeta un regard légèrement réprobateur au vu du peu de soin qu'elle semblait apporter à un si précieux indice, haussant au passage un sourcil intrigué face au peu de réaction de son amie.
« C'est… je… c'est extraordinaire ! », s'exclama Marinette d'une voix faussement enthousiaste qui grinça désagréablement à ses oreilles. « Quand je pense que ça appartient à Ladybug ! »
« N'est-ce pas ? », répliqua Alya avec un grand sourire, apparemment satisfaite de la réponse de Marinette.
Adrien s'approcha sur ses entrefaites, attendant qu'Alya ne l'autorise à examiner à son tour la carte d'un peu plus près. Celle-ci la lui confia de bonne grâce et le jeune garçon s'en empara aussitôt, le regard brillant.
« La carte de Ladybug. C'est la carte de Ladybug », répétait-il, un sourire extatique aux lèvres. « J'ai du mal à y croire ! »
Il avait l'air d'un enfant à qui on venait d'annoncer que Noël allait être fêté plusieurs mois en avance, tournant et retournant l'objet entre ses doigts avec un regard émerveillé. Il se déplaça en direction des fenêtres afin de pouvoir l'admirer directement sous la lumière du jour.
« Vraiment, Alya, je suis impressionné », poursuivit-il d'une voix admirative, avant de se retourner de nouveau vers ses amis.
Les deux jeunes filles le fixaient d'un regard stupéfait, et Nino éclata de rire.
« Franchement, mec, tu verrais ta tête ! », s'esclaffa-t-il. « Je ne savais pas que tu étais fan de Ladybug à ce point ! »
Adrien rougit légèrement, avant de laisser échapper une petite toux gênée.
« Je ne suis pas un fan », grommela-t-il, « J'admire juste ce qu'elle et Chat Noir font pour Paris », poursuivit-il avant de rendre la carte à Alya qui tendait à présent la main vers lui tout en le dévisageant d'un regard amusé.
Abattue, Marinette regarda sa meilleure amie récupérer l'objet. La petite comédie d'Adrien avait eu le mérite de le mettre au-delà de tout soupçon, mais elle avait espéré pouvoir profiter d'un instant de confusion pour faire disparaître la fameuse carte. Malheureusement pour elle, Alya ne relâchait pas sa vigilance et le précieux rectangle de plastique était à présent de retour entre ses mains.
« Bon, maintenant, direction le bureau du principal ! », s'écria Alya avec entrain.
Marinette la fixa, yeux écarquillés.
« Le bu… le bureau du principal ? » bafouilla-t-elle, la gorge soudain sèche.
« Bien sûr que oui », répliqua son amie avec un immense sourire. « Il pourra me dire à quelle élève appartient cette carte. »
Elle attrapa Marinette par le bras et l'entraîna à sa suite sans lui laisser le temps de protester, Nino et Adrien les suivant de près.
Alya pila si brusquement devant la porte du bureau que Marinette failli la percuter, avant de frapper à ladite de quelques coups secs. Main posée sur la poignée, elle trépignait d'impatience, prête à bondir à l'intérieur dès qu'on lui donnerait l'autorisation d'entrer. Elle se rua dans la pièce à la seconde même où la voix du principal l'invita à s'avancer, traînant toujours une Marinette de plus en plus pâle dans son sillage.
La jeune héroïne se sentait comme un condamné que l'on emmène à l'échafaud. Et suprême ironie, son bourreau n'était nul autre que sa meilleure amie qui jubilait, parfaitement inconsciente de la lente torture à laquelle elle la soumettait.
Un large sourire aux lèvres, Alya s'approcha de Mr. Damoclès avant de s'arrêter face à lui.
« Bonjour Monsieur ! », s'exclama-t-elle avant même que celui-ci ait le temps d'ouvrir la bouche pour lui demander ce qui l'amenait ici. « Je viens vous voir parce que j'ai trouvé cette carte de cantine, et j'aurais aimé savoir à quel élève elle appartient. Pour lui rendre, vous comprenez ? », rajouta-t-elle précipitamment quand l'homme leva un sourcil intrigué.
Marinette assistait à la scène avec la terrible impression d'être en train de vivre un cauchemar éveillé, mêlée à un curieux sentiment de détachement, comme si tout cela était en train d'arriver à quelqu'un d'autre et qu'elle n'était qu'un impuissant spectateur. Son cœur battait tellement fort dans sa poitrine que le bruit sourd de ses pulsations résonnait dans tout son corps, martelant ses tempes et étouffant la voix d'Alya qui lui paraissait étrangement lointaine. La jeune fille était dans un état second, presque au bord du malaise.
C'est à peine si elle avait conscience de la présence d'Adrien qui, inquiet, s'était placé juste derrière elle et avait discrètement saisi sa main libre, son autre bras étant toujours monopolisé par Alya qui la tenait fermement par le coude. Son partenaire tentait de la rassurer comme il le pouvait, caressant doucement ses doigts que le sang qui avait reflué de ses membres avait laissés glacés.
Elle revint brusquement à la réalité en entendant la voix d'Alya monter d'un ton, alors que Mr. Damoclès venait de lui signifier son refus de lui donner l'information qu'elle recherchait et qu'il lui demandait de lui restituer la carte à l'administration du collège afin que son personnel s'occupe d'en contacter le ou la propriétaire.
« Oh, mais quelle idiote je fais », s'écria vivement Alya. « Je viens juste de me rappeler avoir vu quelqu'un faire tomber cette carte. Ne vous embêtez pas, je lui ramène tout de suite », poursuivit-elle avec un sourire parfaitement artificiel, tout en donnant de furieux coups de coude à ses amis pour les faire sortir du bureau le plus rapidement possible.
Elle claqua la porte avant que le principal n'ait eu le temps de dire un mot, avant de pousser un grand soupir. Marinette sentit soudain le besoin urgent de prendre une immense bouffée d'oxygène, ses poumons lui rappelant avec dureté qu'elle avait retenu son souffle durant toute la fin de la conversation. Elle se tourna vers Alya, se forçant à prendre une expression de sympathie parfaitement factice afin de tenter de dissimuler son soulagement. La réaction de Mr. Damoclès lui offrait un instant de répit qu'elle pourrait peut-être mettre à profit pour trouver une solution. Malheureusement, cette accalmie fut de courte durée. Son cœur rata un battement lorsqu'elle vit Alya se redresser, le regard flamboyant, avant de s'exclamer d'une voix claire :
« Bon, tant pis, on passe au plan numéro deux ! »
La blogueuse se dirigea d'un pas décidé vers la cantine, entraînant toujours Marinette, Nino et Adrien à sa suite. Une fois dans la salle vide d'élèves à cette heure de la journée, elle chercha un membre du personnel, et un éclair de satisfaction traversa son regard lorsqu'elle aperçu un homme d'âge mûr en train de ranger des denrées alimentaires dans un placard.
S'avançant vers lui, elle l'interrompit dans son travail avant de réutiliser exactement le même discours qu'elle avait prononcé devant Mr. Damoclès. Mais contrairement à ce qui venait de se produire avec leur principal, elle sembla cette fois-ci obtenir gain de cause. Marinette eu la certitude absolue que son cœur se décrocha de sa poitrine lorsqu'elle vit l'homme répondre d'un signe affirmatif à Alya, avant de l'inviter à approcher de la machine servant à scanner les cartes de cantine.
Alya bondit de joie et à l'aide de grand gestes enthousiastes, fit signe à ses amis de la rejoindre. Au bord de la nausée, Marinette s'avança. Il lui fallut toute la volonté du monde pour réussir à plaquer un sourire factice sur son visage alors qu'elle se plaçait à côté d'Alya. Sa meilleure amie semblait sur le point d'exploser d'excitation et lui serra compulsivement le bras, trépignant d'impatience tandis que l'homme allumait l'appareil.
La jeune apprentie journaliste avait le regard rivé sur l'écran, mais Marinette se sentit soudainement incapable d'en voir plus. Son monde allait basculer d'ici quelques secondes et elle n'avait pas le courage d'assister à la scène, de voir l'homme approcher implacablement sa carte du lecteur pour que son nom soit ensuite dévoilé en lettres capitales sur l'écran, révélant ainsi son identité secrète à ses amis.
Marinette ferma les yeux, attendant avec une résignation mêlée de désespoir l'inévitable conclusion à laquelle Alya aboutirait bientôt. Elle entendit le bip caractéristique de la machine lisant la carte de cantine, puis la voix stupéfaite de sa meilleure amie s'éleva quasi-instantanément.
« Mais… Quoi ? C'est ta carte ? Ce ne… Mais qu'est-ce qu'elle faisait là-bas ? »
Voilà le chapitre du week-end, j'espère qu'il vous a plu :)
Merci pour vos favs et vos reviews, ça me touche beaucoup ^^ !
