Stupéfait, Adrien se demanda un instant s'il n'était pas en train de rêver, se disant qu'après à sa rude journée, il était peut-être tout simplement tombé d'épuisement sans même s'en rendre compte. Mais non, ses yeux n'étaient pas en train de lui jouer des tours et Ladybug se tenait bien devant lui, élégamment assise à quelques mètres du sol. Une légère brise s'échappait de la fenêtre qu'elle avait entrouverte pour s'introduire chez lui, faisant paresseusement onduler quelques mèches rebelles qui s'échappaient de sa chevelure, tandis que le soleil qui se couchait à présent sur la ville la nimbait d'un éblouissant halo doré.
Ne sachant trop si c'était le courant d'air frais ou cette somptueuse vision de sa Lady qui le faisait frissonner, Adrien la regarda descendre souplement de son perchoir, avant qu'elle n'atterrisse sans un bruit sur le sol de sa chambre.
- « Et bien chaton », lui lança-t-elle d'un ton malicieux, « tu gobes des mouches ? »
Adrien réalisa à cet instant qu'il la fixait bouche ouverte depuis l'instant où elle était apparue, et il referma hâtivement ses mâchoires sans pouvoir s'empêcher de rougir. Ladybug s'approcha de lui à pas mesurés, cherchant son regard avec ce qui ressemblait à une légère appréhension.
- « J'espère que je ne dérange pas », commença-t-elle, « mais je… » Elle s'interrompit un instant, cherchant ses mots, avant de finalement lui offrir un franc sourire. « J'avais envie de te voir. »
Passé l'instant de surprise, le visage d'Adrien s'illumina de bonheur et il tendit les bras vers elle, l'invitant d'un geste à venir plus près de lui.
- « Je suis vraiment désolé pour aujourd'hui, ma Lady. J'avais aussi envie de te voir », murmura-t-il lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques centimètres de lui.
Le sourire de Ladybug se fit plus large encore, et elle leva les mains, les posant délicatement de part et d'autre de son visage, prenant ainsi sa mâchoire en coupe entre ses paumes.
Adrien en avait le souffle coupé.
Heureusement pour lui, ses poumons le forcèrent à reprendre instinctivement de lourdes inspirations, sans quoi il aurait certainement oublié de respirer tant il était captivé par la jeune fille. Maintenant qu'il y songeait, si tant est que son cerveau soit encore en état de fonctionner, il n'avait jamais eu l'occasion de pouvoir approcher sa partenaire d'aussi près lorsqu'elle était sous l'apparence de son alter-ego. Ou du moins, pas suffisamment longtemps pour pourvoir la dévisager avec autant d'intensité.
Il était absolument fasciné par le bleu étincelant de ses yeux dont l'extraordinaire couleur azur semblait encore plus éclatante à présent qu'elle était soulignée par le pourpre de son masque. Celui-ci ne dissimulait par ailleurs pas totalement les adorables taches de rousseur qui constellaient son nez, pas plus qu'il ne réussissait à camoufler intégralement le léger rouge dont se paraient subtilement ses joues. Adrien n'avait pas le souvenir d'avoir vu sa Lady rougir, et c'était un spectacle qu'il trouvait absolument charmant.
Ladybug déplaça délicatement ses doigts, glissant une de ses mains derrière la nuque du jeune garçon tandis que l'autre descendait doucement le long de son cou pour finalement s'arrêter au niveau de sa clavicule, en une caresse qui le fit délicieusement frémir de la tête aux pieds.
Puis elle se redressa légèrement sur la pointe des pieds, avant de l'embrasser. A cet instant précis, les derniers neurones en état de fonctionner d'Adrien déclarèrent brusquement forfait, le rendant incapable d'aligner deux pensées cohérentes. Plus rien au monde n'existait à part elle et ses lèvres savoureuses qu'il sentait bouger sous les siennes.
Adrien posa ses mains sur les hanches de la jeune fille pour l'attirer contre lui, et en réponse, il l'entendit laisser échapper un gémissement satisfait qui failli lui faire perdre définitivement l'esprit. Alors qu'il raffermissait sa prise sur sa taille comme pour se raccrocher désespérément aux derniers lambeaux de raison qu'il lui restait, il la sentit sourire tout en accentuant légèrement la pression de ses doigts sur sa nuque.
Elle entrouvrit progressivement sa bouche, mordillant doucement la lèvre inférieure d'Adrien pour l'inciter à en faire de même. Lorsque son partenaire obtempéra avec enthousiasme, Ladybug glissa aussitôt sa langue entre ses dents, l'enroulant autour de la sienne avec une lenteur délibérée. Cette caresse fit à Adrien l'effet d'une allumette jetée dans une mare d'essence, un feu brûlant se propageant jusqu'aux moindres extrémités de son corps et embrasant tous ses sens. Sous l'effet de l'excitation, il tenta d'accélérer le rythme de cette fiévreuse danse buccale, mais Ladybug refusa de le laisser faire, le contraignant à garder un tempo mesuré.
Depuis toutes ces semaines qu'ils sortaient ensemble, Adrien avait eu de maintes occasions d'embrasser la jeune fille, mais ce soir il découvrait un aspect inédit et fort plaisant de sa partenaire.
Marinette était impulsive. Ses baisers passionnés étaient enthousiastes et explosifs. Ceux de Ladybug n'étaient pas moins ardents, mais elle en gardait fermement le contrôle. Bien que bougeant à peine, elle le soumettait à une lente combustion, jouant soigneusement avec chacun de ses nerfs. Elle prenait son temps, avec ce qui aurait presque pu paraitre de la nonchalance si la voluptueuse caresse de sa langue sur la sienne n'avait pas été aussi intense.
Ladybug avait légèrement déplacé sa main initialement posée contre le torse d'Adrien, ses doigts fins jouant à présent paresseusement avec l'encolure de son T-shirt, à la base de son cou, et le contact intermittent du matériau du costume de sa partenaire contre sa peau envoyait des décharges électriques le long de la moelle épinière du garçon.
Il prit une profonde inspiration, s'enivrant du parfum envoûtant de sa peau tandis que les amoureuses attentions de sa partenaire lui donnaient l'impression que ses genoux se liquéfiaient sous lui.
Il était complètement à sa merci, et elle le savait.
Ladybug savourait chaque instant, émerveillée de constater l'effet qu'elle pouvait avoir sur son compagnon. C'était une sensation grisante que de le sentir frissonner ainsi sous ses doigts quand elle promenait doucement ses mains sur sa peau, de l'entendre pousser de légers soupirs alors qu'elle goûtait à sa bouche dont il lui offrait bien volontiers accès, de constater que les battements de son pouls se faisaient à chaque instant plus forts et plus rapides.
Elle ne se détacha de ses lèvres que pour poser une ligne de baisers brûlants le long de sa mâchoire, de façon lente et méthodique, se retenant difficilement de sourire de satisfaction en le sentant tressaillir à chaque fois qu'elle le touchait. Son épiderme était inhabituellement doux, presque comme une étoffe soyeuse. Sa peau dégageait une odeur de démaquillant qui se mêlait au parfum familier de son eau de Cologne, lui confirmant que ce toucher satiné était certainement la conséquence des différents soins qu'il avait dû subir pour sa dernière séance photo.
Poursuivant ses tendres explorations, Ladybug abandonna le visage d'Adrien pour aller mordiller délicatement son lobe d'oreille, lui arrachant un grognement sourd. Elle eut le plaisir de le sentir crisper compulsivement ses mains autour de sa taille, alors qu'il vacillait presque sous l'effet de cette caresse inédite.
Ayant manifestement oublié qu'il se trouvait debout juste au bord de son lit, le jeune garçon recula machinalement d'un pas en cherchant à retrouver une position stable. Il fut brutalement rappelé à la réalité lorsqu'il heurta son matelas et que déséquilibré, il bascula en arrière tout en entrainant Ladybug dans sa chute.
A la surprise de cette dégringolade imprévue se succéda un bref instant de panique, lorsqu'Adrien réalisa soudain qu'il venait ni plus ni moins que d'entrainer avec lui une jeune fille dans son propre lit. Qui plus est, alors que la nuit était doucement tombée sur Paris, laissant sa chambre dans une pénombre qui n'était percée que par la lueur tamisée de sa lampe de chevet et la lumière argentée de la lune. Et que la jeune fille en question n'était vêtue que d'une moulante tenue qui ne dissimulait pas grand-chose de ses courbes.
Affolé, Adrien leva brusquement les mains en l'air, effrayé à l'idée de les poser dans la confusion à un endroit où elles n'auraient rien à faire.
Il fut rassuré lorsqu'il entendit un léger rire s'échapper des lèvres de Ladybug, qui était à présent allongée sur lui, tête nichée contre son épaule. Son souffle chaud caressa son cou alors qu'elle tournait la tête vers lui, puis elle se redressa légèrement en prenant appui sur son torse.
Adrien saisit aussitôt l'occasion pour poser une main derrière la tête de Ladybug, glissant ses doigts dans sa brune chevelure, avant de l'attirer contre lui pour l'embrasser farouchement. C'est à peine s'il l'entendit pousser un léger hoquet de surprise, aussitôt étouffé quand il emprisonna sa bouche de la sienne.
Le self-control de Ladybug l'abandonna bientôt, les dernières bribes de la parfaite maitrise qu'elle avait affichée jusque-là se dissolvant dans les baisers passionnés d'Adrien. Elle soutint un instant son regard d'un vert étincelant, avant de finalement fermer les yeux pour s'abandonner à ses autres sens. Respirant l'odeur de sa peau, savourant le goût de sa bouche chaude et humide, entendant distinctement chacun des soupirs étouffés qui s'échappaient de leurs lèvres.
C'était à peine s'ils reprenaient leur souffle dans leur empressement à s'embrasser, suffoquant jusqu'à ce que leurs poumons ne crient grâce et ne les forcent à respirer, avant d'échanger à nouveau de fiévreux baisers. Leurs cœurs battaient à présent l'unisson, avec tant de force qu'ils n'arrivaient plus à distinguer leurs propres pulsations de celles de leur partenaire.
Ladybug finit par reculer légèrement, passant machinalement sa langue sur ses lèvres martyrisées par cette ardente étreinte. Elle se sentait prise d'une agréable sensation de vertige et haletait, joues rougies par l'effort et l'excitation. La surface de sa peau lui semblait s'être embrasée tant elle avait la sensation que le contact de la bouche d'Adrien avait fait atteindre des températures inouïes aux moindres recoins de son corps.
- « Je devrais y aller », laissa échapper Ladybug d'une voix enrouée, tentant désespérément de retrouver ses esprits au milieu de ce maelström de sensations. « Mes parents… Ils risquent de se rendre compte que je suis partie… »
Echevelé, Adrien semblait lui aussi légèrement étourdi, ses yeux balayant aléatoirement le visage de Ladybug, s'attardant tour à tour sur ses pommettes, son nez, ses lèvres… Sa poitrine se soulevait et se baissait avec force tandis qu'il peinait à remplir ses poumons d'air, et il paraissait incapable de prononcer le moindre mot.
- « Demain… », réussit-il enfin à articuler, passant ses doigts dans les mèches brunes de Ladybug.
Cette dernière se redressa légèrement sur ses coudes, tentant de le soulager de son poids qui comprimait son torse et l'empêchait de retrouver son souffle.
- « Demain après-midi », reprit-il, sa voix se faisant hachée tandis qu'il peinait à imposer un rythme lent à sa respiration, « J'ai… encore une séance photo. Mais le photographe est un ami. Si tu… si tu veux, tu pourras venir assister à la séance. »
Le visage de Ladybug s'illumina littéralement, ses lèvres s'incurvant en un rayonnant sourire tandis que ses yeux étincelaient de joie.
- « J'adorerai, mon chaton », murmura-t-elle. « Je serai là. »
Elle déposa un baiser presque aérien sur les lèvres d'Adrien, avant de s'écarter de lui et de bondir sur le rebord de la fenêtre. Se retournant, elle lui adressa un dernier salut, avant de lancer son yo-yo dans les airs et de disparaitre dans la nuit, laissant un Adrien essoufflé, étourdi, mais plus heureux qu'il ne l'avait jamais été ces derniers jours.
Le lendemain, la séance photo avait déjà commencé lorsque Marinette arriva sur les lieux. Grâce à l'attachement légèrement obsessionnel qu'elle vouait à l'époque à Adrien, elle avait déjà eu l'occasion de l'observer exercer son activité de mannequin. Mais là, c'était la première fois qu'elle était officiellement invitée à venir le voir, au lieu de se retrouver soi-disant par coïncidence à proximité de lui.
Le jeune garçon était déjà à l'œuvre, se soumettant de bonne grâce aux instructions du photographe. Apercevant Marinette, il lui adressa un petit clin d'œil complice, avant de reprendre avec une aisance et un professionnalisme démontrant des années d'expérience.
Comme à chaque fois qu'elle le voyait agir en modèle, Marinette était subjuguée. Les gestes de son partenaire étaient extraordinairement précis et ses mouvements emplis d'une grâce féline qui n'échappait pas à la jeune fille. Adrien enchaînait maintenant les poses à une vitesse impressionnante, prenant bien soin de présenter à chaque fois des expressions et positions différentes afin d'offrir un choix aussi large que possible pour les photos qui seraient ensuite retenues pour la campagne publicitaire de son père.
A un moment, son regard se faisait extraordinairement pénétrant, se focalisant sur l'objectif comme s'il voulait le transpercer d'un seul coup d'œil. Puis l'instant d'après ses yeux se faisaient rêveurs, fixant un point en dehors du champ de l'appareil, mais toujours en gardant une extraordinaire intensité. Et il continuait ainsi, faisant se succéder tout un panel d'expressions qui étaient un délice à observer pour Marinette.
C'était d'autant plus fascinant qu'elle savait à présent qu'il était la personne se cachant derrière le masque de Chat Noir. Elle retrouvait dans certaines de ses attitudes certaines mimiques de son alter-ego. Cette façon provoquante de hausser le sourcil. Ce petit rictus de satisfaction. Cet éclat malicieux qui brillait dans ses yeux verts…
Elle se demandait sincèrement s'il avait conscience de dévoiler ainsi son côté « Chat Noir » à l'appareil, mais le connaissant, c'était une hypothèse tout à fait envisageable. Son partenaire aimait flirter avec les limites, et il devait également apprécier l'ironie de la situation, à invoquer ainsi son alter-ego éprit de liberté au beau milieu d'une activité synonyme des lourdes exigences paternelles.
Marinette était tellement absorbée par le visage et les attitudes d'Adrien qu'elle mit un instant à réaliser qu'en plus d'avoir le plaisir d'observer ce dernier en plein action, elle découvrait également en avant-première toute une partie de la nouvelle collection de Gabriel Agreste.
Son cœur d'apprentie-styliste se mit à battre à grands coups sous l'effet de l'excitation. Certes, Adrien semblait donner vie aux vêtements tant il les portait avec grâce et élégance, mais cette nouvelle ligne ne s'en annonçait pas moins superbe. La coupe des différentes tenues était précise et audacieuse, en accord parfait avec les étoffes qui avaient été choisies. Chaque pièce de tissu fourmillait de détails qui ajoutaient également une touche raffinée à l'ensemble.
Marinette prit mentalement note de plusieurs points qui attirèrent son attention, se promettant de s'en inspirer pour de futures créations.
Lorsque la séance toucha à sa fin, la jeune fille poussa un soupir nostalgique en voyant les différents assistants commencer à ranger les divers éléments de la collection, les soustrayant ainsi à sa vue. Un jour, peut-être, elle aurait l'occasion de travailler elle aussi à la confection d'aussi parfaits vêtements, mais elle avait encore énormément à apprendre avant d'arriver à un tel niveau. Son regard s'arrêta ensuite sur son partenaire, qui était en grande conversation avec le photographe, un homme brun et élancé dont les cheveux étaient impeccablement plaqués vers l'arrière à grand renfort de gel. Adrien ne s'était pas encore changé et portait encore le jean, le haut et l'élégante veste sombre qui lui avaient été imposés pour les dernières prises. Surprenant les yeux de Marinette posés sur lui, le jeune garçon lui adressa un grand sourire tout en lui faisant signe d'approcher.
- « Alors, voici la fameuse amie d'Adrien », s'exclama le photographe alors qu'elle arrivait à leur niveau. « J'avoue que j'ai été surpris », poursuivit-il, « c'est bien la première fois qu'il me demande s'il peut inviter quelqu'un à assister à un shooting. »
Marinette et Adrien rougirent avec une parfaite coordination, les joues de la jeune fille se colorant instantanément de pourpre tandis que les oreilles de son partenaire en faisaient de même. L'héroïne prit une grande inspiration, tentant de conserver son calme. Ce n'était pas le moment de paniquer. Même si elle était de loin plus intéressée par la partie stylisme de l'industrie de la mode que par la photographie, elle n'en était pas moins impressionnée, ainsi que légèrement embarrassée par la réaction de l'homme.
- « Heu… Bonjour », se présenta-t-elle d'une voix un peu plus aigüe qu'elle ne l'aurait souhaitée. « Je m'appelle Marinette. »
- « Enchanté, Marinette », répondit le photographe d'un ton affable, lui serrant aimablement la main.
Ses yeux rieurs allèrent de la jeune fille à Adrien, et l'homme poursuivit avec un grand sourire, ne résistant visiblement pas à l'envie de taquiner son modèle :
- « En tout cas, jeune demoiselle, je dois vous dire que c'est habituellement un plaisir de travailler avec Adrien, mais aujourd'hui il s'est littéralement surpassé. Je vous soupçonne de ne pas être étrangère à cet élan de motivation, donc n'hésitez pas à revenir quand vous voulez », conclut-il avec un léger clin d'œil à l'attention des deux adolescents qui s'empourprèrent de plus belle.
Adrien laissa échapper un petit rire embarrassé, tout en se grattant nerveusement l'arrière du crâne.
- « Et du coup, ça va ? », reprit-il à l'attention de Marinette, tenant de ramener la conversation sur un autre sujet que ses envies d'impressionner la jeune fille. « Tu ne t'es pas trop ennuyée en m'attendant ? »
La jeune fille se tourna vers lui, contenant à grand peine son excitation tandis que ses yeux s'étaient soudain mis à briller comme des étoiles.
- « Tu plaisantes ? C'était absolument génial ! », s'écria-t-elle avec enthousiasme. « Je n'en reviens toujours pas d'avoir pu voir de si près la nouvelle collection de ton père. Toutes ces tenues partout, c'était super ! Et puis j'ai pu… »
Elle s'interrompit, ses pommettes s'empourprant brusquement.
« Et puis j'ai pu te voir », pensa-t-elle avec force sans pour autant formuler sa phrase à voix haute, pas avec le photographe si proche. L'homme les fixait tous deux d'un air amusé, puis leur adressa finalement un gracieux salut avant de s'éloigner pour ranger son matériel, leur laissant ainsi suffisamment d'intimité pour poursuivre leur conversation à l'abri des oreilles indiscrètes.
Cependant, Adrien ne semblait pas décidé la laisser sa partenaire s'en sortir à si bon compte, et un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres alors qu'il se penchait vers elle, ses yeux étincelants de malice.
- « Et le modèle ? Qu'est-ce que tu en as pensé ? », souffla-t-il d'une voix enjôleuse.
Marinette rougit de plus belle, se retenant à grand peine de lever les yeux au ciel tant l'expression d'Adrien était à l'instant même similaire à celle de Chat Noir dans ses plus grands moments de fanfaronnade. Laissant échapper un petit rire, elle lui donna une légère pichenette sur le nez.
- « Le modèle n'était pas trop mal, je te l'accorde », le taquina-t-elle en prenant un ton superbement indifférent.
- « Pas trop mal ? », s'écria Adrien, faussement scandalisé. « Une telle structure osseuse, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue ! Et ce sourire, ce profil… Pas trop mal ? Quel manque de goût », soupira-t-il, avant de lui adresser un petit clin d'œil qui ruina instantanément toute l'intensité dramatique qu'il avait tenté de donner à sa réplique.
Marinette éclata sincèrement de rire à cette tirade. C'était du Chat Noir tout craché, aucun doute là-dessus. Elle s'approcha de lui, entrelaçant délicatement ses doigts avec les siens.
- « Bon, d'accord, le modèle était plutôt bien », répliqua-t-elle avec un petit sourire en coin, avant de rectifier lorsqu'Adrien leva un sourcil septique face à cette tiède appréciation. « Même très bien. Le meilleur que je n'aie jamais vu. »
- « Ah, j'aime mieux ça, ma Lady », approuva Adrien en riant, avant de se pencher pour déposer un léger baiser sur son front.
Pouffant de rire face à son expression satisfaite, Marinette se blottit contre lui, tentant de le serrer dans ses bras sans pour autant froisser les vêtements qui lui avaient étés prêtés le temps de la séance. Elle était sincèrement ravie de son après-midi, à la fois contente d'avoir pu observer Adrien à l'œuvre pour la campagne publicitaire de son père et d'avoir découvert la nouvelle collection sur laquelle portait ladite campagne, mais surtout elle était heureuse d'avoir eu ainsi l'occasion de passer un agréable moment aux côtés de son partenaire.
Sa joie atteignit encore de nouveaux sommets lorsque le photographe, revenant sur ses pas, leur proposa de les prendre en photo afin d'immortaliser cet instant, avant qu'Adrien ne rentre ensuite chez lui. C'est ainsi une Marinette absolument radieuse qui regagna ensuite son domicile. Quelques heures plus tard, en ouvrant sa boite mail, elle découvrit un message de son partenaire qui contenait la fameuse photographie prise avant qu'ils ne se séparent.
Sur l'image, Adrien enlaçait tendrement Marinette au beau milieu d'un parc dont les massifs de fleurs offraient un magnifique arrière-plan, tandis que les deux adolescents adressaient de rayonnants sourires à l'objectif, leurs yeux pétillants de joie. La photo était superbe, et Marinette se hâta de l'imprimer avant de la glisser amoureusement dans un cadre qu'elle posa sur sa table de chevet, avant de la mettre également en fond d'écran de son téléphone.
Sa journée avait été parfaite.
Sa soirée de la veille avait été parfaite.
Et avec la préparation de la campagne publicitaire qui touchait bientôt à sa fin, Adrien ne tarderait certainement pas à retrouver un emploi du temps normal. Tout semblait aller pour le mieux, et il semblait à Marinette que même une nouvelle attaque d'un vilain akumatisé ne pourrait diminuer son moral tant cette fin de week-end l'avait mise de bonne humeur.
Malheureusement pour la jeune fille, la journée du lendemain fut pour elle un rude retour à la réalité.
Voici la suite :)
Merci à tous pour vos reviews, favs et follows, et merci de m'avoir lue jusqu'ici :)
