La journée avait commencé tout à fait normalement.

En arrivant en cours, les élèves avaient même eu l'agréable surprise d'apprendre l'absence de leur professeur de mathématiques, ce qui leur permettrait de finir les cours avec deux heures d'avance par rapport à l'horaire initialement prévu dans leur emploi du temps.

Marinette se retint de sauter de joie à cette nouvelle. Elle savait exactement quoi faire de ces instants de liberté inattendus. Durant ces derniers jours, la jeune styliste amateur avait traversé une frustrante phase où elle manquait cruellement d'inspiration pour ses recherches de designs, mais la vue d'Adrien en train de poser pour la nouvelle collection de son père lui avait redonné l'impulsion qui lui manquait. La veille, elle avait ainsi passé une large partie de sa soirée à travailler sur plusieurs tenues de son invention, noircissant son carnet d'une multitude de croquis en tous genres.

Son imagination avait fait des merveilles, et elle bouillait à présent d'impatience de pouvoir passer à l'aspect pratique de la confection. En effet, malheureusement pour elle et heureusement pour ses heures de sommeil, elle n'avait pas pu s'attaquer tout de suite à la fabrication des vêtements qu'elle avait conçu, n'ayant pas à sa disposition tous les matériaux dont elle avait besoin. L'absence de son professeur tombait donc à point nommé et elle comptait bien mettre à profit ce temps libre supplémentaire pour aller chercher ces fournitures manquantes dans ses magasins favoris du centre-ville.

Lors de la pause de midi, Adrien et Alya l'écoutèrent avec une indulgence amusée tandis qu'elle décrivait avec force de détails les nouvelles idées qui avaient fusées dans sa tête depuis la veille, tout en brandissant à bout de bras son carnet de croquis afin de leur montrer ses dernières esquisses. Ils savaient la jeune fille passionnée par la mode, et lorsqu'elle débordait ainsi d'énergie créatrice, rien ne pouvait l'arrêter tant qu'elle n'avait pas satisfait ce besoin urgent de donner vie aux vêtements nés de son imagination.

Lorsque la sonnerie annonçant la fin des cours retentit dans les couloirs, Marinette se hâta de sortir son porte-monnaie afin de vérifier si elle avait de quoi payer les fournitures qu'elle envisageait de s'offrir. Satisfaite du résultat de sa brève inspection, elle rassembla rapidement ses affaires, saluant Alya et embrassant Adrien avant de filer pour ne pas rater le bus qu'elle comptait prendre.


S'asseyant au fond du véhicule, elle s'appuya contre la fenêtre, regardant les rues de Paris défiler sous ses yeux tandis qu'elle dressait mentalement la liste des affaires dont elle avait besoin. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été aussi excitée par un nouveau projet et elle trépignait d'impatience tant elle avait hâte de pouvoir s'y atteler.

Il lui fallut une dizaine de minutes seulement pour atteindre sa destination, une charmante petite mercerie dont la devanture débordait de fournitures de couture et de broderie, et dont la seule vue inspirait de nouveaux élans artistique à la jeune fille.

L'arrivée de Marinette fut signalée par un doux tintement qui résonna dans la boutique lorsqu'elle poussa la porte. L'adolescente était une habituée des lieux et la vendeuse, la reconnaissant, la salua chaleureusement avant de la laisser déambuler entre les rayons, sachant que sa jeune cliente n'hésiterait pas à faire appel à ses services lorsqu'elle en aurait besoin.

Marinette avança à pas lents dans les allées, les yeux brillants de convoitise à la vue des étagères qui débordaient littéralement de matériel de couture. Un nombre incroyable de bobines de fils côtoyait des supports où s'enroulaient des multitudes de rubans dont la diversité des motifs était un délice pour l'inspiration de la jeune fille. Un peu plus loin, des présentoirs à la surface vitrée exposaient des boutons de toutes tailles, toutes formes et toutes couleurs, tandis que ciseaux, aiguilles et autres outils de couture étaient sagement rangés dans des tiroirs avoisinants.

S'avançant vers le fond du magasin, Marinette atteignit un immense pan de mur le long duquel était rangée une myriade de rouleaux d'étoffes aux riches couleurs. La jeune fille poussa un soupir de satisfaction, passant rêveusement ses doigts le long des tissus pour en tester la texture. Certains étaient un peu rugueux, d'autres étaient au contraire presque aussi doux que de la soie. Elle se permit de dévider quelques dizaines de centimètres des étoffes qui l'intéressaient le plus, observant avec attention la façon dont tombait le tissu, fronçant légèrement les sourcils alors qu'elle tentait d'imaginer le rendu des plis et les drapés sur les tenues qu'elle avait prévu de confectionner.

Il y avait également ce récent arrivage de dentelle, qu'elle avait repéré à l'entrée du magasin. Elle avait un charmant projet de robe en tête, pour lequel elle manquait justement d'inspiration pour certains détails, et peut-être qu'elle pourrait trouver...

Un cri strident la tira brusquement de sa concentration.

La jeune fille tourna rapidement la tête vers la vitrine du magasin, pour voir un passant affolé passer à quelques mètres de la devanture en courant à toutes jambes.

Marinette poussa un lourd soupir, levant les yeux au ciel avant de reposer à contrecœur l'étoffe chatoyante qu'elle tenait alors entre ses doigts. Manifestement, le Papillon avait décidé de contrarier ses projets créatifs.


Ironiquement, la première chose qu'elle aperçut après s'être ruée à l'extérieur de la mercerie fut une pelote de laine. Une immense pelote de laine violette, qui passa devant elle en dévalant la rue à toute vitesse, soulevant un violent courant d'air sur son passage.

Marinette resta un instant interdite, avant de vite reprendre ses esprits et de se précipiter dans une ruelle voisine pour se transformer à l'abri des regards. Quelques instants plus tard, Ladybug bondissait de toit en toit. Son adversaire lui avait grandement facilité la tâche pour le retrouver, la boule de laine ayant laissé un immense fil sur son passage alors qu'elle se dévidait dans sa folle course.

Ladybug venait d'atterrir à quelques mètres d'une intersection lorsqu'elle vit soudain débouler Chat Noir, qui bifurqua brusquement dans sa direction pour se plaquer presque aussitôt contre un mur. A peine quelques secondes plus tard, un sourd grondement s'éleva dans les airs depuis la rue par laquelle il était arrivé, et une dizaine de pelotes de plusieurs mètres de diamètres traversèrent le carrefour, poursuivant tout droit leur route telles un troupeau de vaches enragées.

Chat Noir poussa un soupir de soulagement, avant de se redresser avec un franc sourire en apercevant sa partenaire.

- « Ma Lady », la salua-t-il avec une petite courbette. « Heureux de te voir. »

Cette dernière s'approcha rapidement de lui, armant son yo-yo.

- « Le vilain est juste ici ? », lui demanda-t-elle en désignant du menton la rue perpendiculaire à la leur par laquelle Chat Noir était arrivée. Voyant son partenaire approuver de la tête, elle poursuivit : « Et son pouvoir ? Tu sais ce qu'il peut faire exactement ? »

- « Elle », rectifia Chat Noir. « A part invoquer des pelotes de laine géante pour les faire charger sur les gens tu veux dire ? Je ne sais pas, je n'ai pas encore eu le temps d'approcher. »

Ladybug se rapprocha pour jeter un coup d'œil de l'autre côté de l'angle du mur. Ce faisant, elle se plaça à quelques centimètres seulement de Chat Noir, à qui cette soudaine proximité raviva instantanément le souvenir de leur soirée de l'avant-veille. Il s'empourpra, déglutissant péniblement alors que son cœur se mettait à battre avec tant de force qu'il avait l'impression de le sentir rebondir contre sa cage thoracique. Ladybug était si proche de lui qu'il pouvait même sentir le délicat arôme vanillé de son shampoing.

Chat Noir prit une profonde inspiration. Il essayait de forcer son esprit en pleine rébellion à se focaliser de nouveau sur l'instant présent, se raccrochant à l'expression concentrée de Ladybug comme s'il avait lancé une ancre en pleine tempête. Tout aussi plaisant que soit le souvenir des baisers enflammés de sa partenaire, le moment était assez malvenu pour se perdre dans ce genre de pensées et il fallait absolument qu'il se concentre sur leur combat.

- « Je la vois », lui lança Ladybug d'une voix tendue qui le ramena instantanément à la réalité.


Devant elle se tenait une dame âgée vêtue d'une tenue bariolée où dominaient le vert, le violet et l'orange. Ses cheveux grisonnants étaient attachés en un chignon d'où s'échappaient de multiples mèches folles, et dans lequel étaient plantée une paire d'aiguilles à tricoter. La jeune héroïne ignorait si son adversaire pouvait faire autre chose qu'invoquer des boules de laine géantes, et il n'y avait qu'une seule façon de le savoir.

Ladybug bondit face à elle, immédiatement suivit de Chat Noir.

Celle qui se présentait à présent comme Mamie Tricot éclata d'un rire strident, avant de faire surgir du néant une dizaine de pelotes et de les faire rouler à toute vitesse en direction des deux héros. Ceux-ci n'eurent aucun mal à les esquiver, bondissant gracieusement sur les côtés et arrachant un grognement de dépit à leur adversaire dont les yeux étincelaient de colère.

Le visage de Chat Noir se fendit d'un immense sourire. S'attendant au pire, Ladybug lui jeta un regard incisif tout en le menaçant du doigt.

- « Je te préviens, chaton », l'avertit-elle, « Si j'entends la moindre blague sur le fait d'avoir les nerfs en pelote… »

Le sourire de Chat Noir se fit plus large encore.

- « Dommage, ma Lady », répliqua-t-il effrontément, « ça aurait été l'occasion de laine-érver encore un peu plus ».

Sa partenaire leva dramatiquement les yeux au ciel, avant de pousser un lourd soupir tout en secouant la tête.

- « J'abandonne », se lamenta-t-elle sous le regard malicieux de Chat Noir.

Durant ce bref échange, Mamie Tricot avait passé sa main derrière sa tête, attrapant ses aiguilles à tricoter. Les agitant dans les airs comme elle l'aurait fait avec une baguette magique, elle fit apparaitre une nouvelle balle, qui se mit à flotter à ses côtés. La femme effectua un souple geste du poignet, et en réponse à cet ordre muet la pelote commença tourner sur elle-même, se dévidant rapidement. Le fil serpenta en direction de Ladybug comme l'aurait fait un reptile, ondulant sur le béton tandis que Mamie Tricot pointait à présent ses aiguilles vers elle.

Alors que Chat Noir poussait un cri d'avertissement, la jeune fille lança son yo-yo autour d'un lampadaire, s'élevant dans les airs pour se mettre hors de portée de cette nouvelle attaque. Malheureusement pour elle, le fil réussi à la suivre et s'enroula autour de sa cheville, la faisant lourdement chuter au sol avant de l'entrainer vers son adversaire alors que la balle de laine se mettait à tourner en sens-inverse sur elle-même.

Par chance, Chat Noir n'était pas loin et il l'attrapa vigoureusement par le poignet, stoppant son implacable progression vers Mamie Tricot. Ladybug serra les mâchoires, luttant pour retenir un bref cri de douleur alors qu'elle se retrouvait brusquement écartelée entre la poigne ferme de son partenaire et ce câble de laine qui tirait toujours avec force sur sa jambe. Elle réussit néanmoins à profiter de ce bref laps de temps pour dégager sa cheville, se débarrassant en un éclair de l'emprise reptilienne du fil à l'aide de sa main libre.

Avant même qu'elle n'ait le temps de se relever, elle sentit les bras puissants de Chat Noir se glisser autour de sa taille. Il sortit son bâton télescopique d'un mouvement fluide, l'utilisant immédiatement pour les propulser tous les deux vers les hauteurs, les mettant ainsi provisoirement hors de portée des attaques de leur adversaire.

- « Merci, Chat », laissa-t-elle échapper d'une voix hachée, avant de reporter son attention sur la victime akumatisée.

- « Je t'en prie, ma Lady », répliqua son partenaire. « On dirait que ça va être plus compliqué que prévu.»

Ladybug approuva de la tête, avant d'échanger un bref regard avec lui. Une lueur déterminée brillait dans ses yeux d'un vert électrique. Chat Noir était prêt à se replonger dans la bataille, n'attendant qu'un signal de la part de la jeune héroïne pour s'élancer du toit de zinc où ils avaient trouvé refuge.

- « On se sépare ? » suggéra Ladybug en se relevant, son visage affichant une expression aussi résolue que celle de son partenaire. « Elle devrait avoir du mal à nous cibler tous les deux à la fois. »

Chat Noir se redressa, passant avec assurance son bâton par-dessus ses épaules.

- « ça m'a l'air d'être une bonne approche », acquiesça-t-il avec un sourire complice.


Les deux héros ne perdirent pas un instant de plus avant de bondir de nouveau vers le champ de bataille. L'affrontement s'avéra plus ardu qu'ils ne l'auraient souhaité, leur adversaire leur opposant une farouche résistance malgré le fait qu'ils l'attaquent à présent chacun de leur côté.

Mamie Tricot invoquait des pelotes d'une taille absolument prodigieuse, qu'elle dirigeait ensuite en agitant ses aiguilles avec la virtuosité d'un chef d'orchestre coordonnant ses musiciens. Elle en projetait certaines dans les rues de Paris, leur faisant dévaler les avenues avec une vitesse ahurissante. Mais la plupart du temps, elle faisait se dévider les balles de laine qu'elle avait invoqué, créant ainsi autant de fils qui serpentaient en direction des deux héros en une masse tentaculaire qui tentait de se saisir d'eux avec acharnement.

Rarement Ladybug et Chat Noir n'avaient été aussi reconnaissants que leurs pouvoirs leurs confèrent une agilité hors du commun et une aisance toute particulière à bondir dans les airs. Ils arrivaient ainsi à esquiver avec habileté les vicieuses attaques de leur adversaire, mais ce au prix d'une constante mobilité qui risquait de les épuiser s'ils ne trouvaient pas rapidement un moyen de terme à cet exigeant combat.

Se perchant en haut d'un toit, Ladybug jeta un regard à la masse impressionnante de fils qui remuait à présent au sol, recouvrant la chaussée en ondulant comme des serpents et partant à l'assaut des immeubles comme des lianes pourvues d'une intelligence maléfique. Il était grand temps de faire quelque chose.

Elle échangea un bref regard avec Chat Noir, qui hocha légèrement la tête en comprenant les intentions de sa partenaire. La jeune fille se redressa en prenant garde à ne pas glisser sur la toiture d'ardoise, et lança son yo-yo dans les airs en invoquant son pouvoir.

Une nuée de particules lumineuses étincela au-dessus de sa tête, puis disparu aussitôt en laissant place à une fourche. Ladybug regarda un instant l'outil agricole, puis ses yeux se posèrent presque immédiatement vers la horde de pelote qu'avait invoquée leur adversaire. D'un geste, elle fit signe à Chat Noir de se tenir prêt à agir, puis elle bondit à quelques mètres de Mamie Tricot et de ses balles de laines, atterrissant au milieu au milieu du principal amas de fils. Elle eut soudain l'horrible impression d'avoir mis les pieds au beau milieu d'un nid de serpents, les câbles de laine crissant contre le sol et remuant de façon irrégulière autour de ses chevilles.

Sans laisser le temps à son adversaire de réagir, Ladybug planta la fourche au milieu de la masse grouillante de fils, tournant l'outil comme elle l'aurait fait d'une fourchette dans un plat de spaghettis. A présent que les câbles de laine étaient ainsi immobilisés, formant un gigantesque nœud frémissant autour de l'arme improvisée de l'héroïne, Chat Noir avait le champ libre pour lancer son attaque.

Ce dernier s'était préparé à bondir, anticipant le succès de sa Lady, et il s'élança dans les airs à une vitesse stupéfiante dès qu'il eut confirmation de sa réussite. Il fondit sur son adversaire avec l'agilité propre au félin dont il empruntait le nom, tout en hurlant « Cataclysme » pour libérer son pouvoir. Avant que la femme ait eu le temps de faire le moindre geste de défense, il abattit sa main gantée sur les aiguilles à tricoter qu'elle tenait fermement, les désintégrant instantanément.

La masse laineuse qui ondulait autour de Ladybug disparut aussi tôt, tandis qu'un akuma s'élevait dans les airs quelques secondes seulement avant que l'héroïne ne le capture afin de le purifier.

- « Bye-bye, petit papillon », le salua-t-elle en lui rendant sa liberté une fois sa tâche accomplie.

Elle se saisit ensuite de la fourche pour la lancer vers le ciel, où elle explosa en une nuée d'étincelles lumineuses qui s'élancèrent à travers les rues de Paris pour réparer le chaos semé par le combat. Alors qu'ils se congratulaient pour célébrer leur victoire, les deux héros entendirent soudain un bip familier s'échapper des boucles d'oreilles de Ladybug.

- « File », lui ordonna Chat Noir en souriant, tout en lui faisant un petit geste de la main. « Je m'occupe d'elle », précisa-t-il en désignant du menton la dame âgée qui semblait peiner à retrouver ses esprits, regardant autour d'elle d'un air effaré tout en serrant compulsivement un cardigan à moitié tricoté contre son torse.

Ladybug approuva d'un signe de tête, avant de s'élancer gracieusement vers les toits de Paris.


Un peu plus loin, elle repéra une petite rue piétonne qui lui semblait être parfaitement à l'abri des regards indiscrets. Elle regagna rapidement le sol, atterrissant souplement sur les pavés avant de se détransformer. Marinette jeta un dernier coup d'œil aux alentours afin de s'assurer que personne n'avait été témoin de sa métamorphose, puis, rassurée, reprit tranquillement sa route.

Elle n'avait pas fait plus d'une quinzaine de mètre qu'elle entendit un bruit familier au-dessus d'elle, avant d'apercevoir une ombre se déplacer rapidement sur le sol de la minuscule place qu'elle était en train de traverser. Levant les yeux vers le ciel, elle aperçut Chat Noir, élégamment perché entre deux pots de fleurs sur un balcon de fer forgé. Le héros écarquilla légèrement les yeux en la remarquant, ne s'attendant manifestement pas à être parti exactement dans la même direction qu'elle.

Son visage se fendit d'un large sourire et il bondit souplement, atterrissant avec agilité sur le rebord d'une petite fontaine devant laquelle se trouvait Marinette.

- « Ma Lady », la salua-t-il. « Je ne m'attendais pas à te trouver ici. Ça fait longtemps qu'on ne s'était pas vus. »

- « ça ne doit faire même pas cinq minutes, chaton », répliqua sa partenaire avec un petit rire joyeux.

- « Cinq minutes de trop », rétorqua aussi tôt Chat Noir, une lueur malicieuse dansant au fond de ses yeux verts.

Marinette leva les yeux au ciel, constatant avec une résignation mêlée d'un certain amusement que Chat Noir ne semblait décidément jamais perdre une occasion de flirter avec elle.

- « Je pense que je m'en remettrait très bien», le taquina-t-elle en lui donnant une légère pichenette sur le nez, la rudesse de ses propos étant atténuée par le tendre sourire qui éclaira son visage.

Chat Noir la fixa un instant sans dire un mot.

Depuis qu'ils avaient découvert leurs identités respectives, il y avait entre eux une sorte d'accord tacite. Lorsqu'ils étaient sous l'apparence de leurs héroïques alter-egos, ils ne se permettaient jamais le moindre geste d'affection en public, ni dans le moindre endroit où ils risquaient de se faire surprendre.

Il ne sut pas ce qui lui prit alors. Peut-être était-ce la façon dont ses yeux bleus pétillaient de joie, plus brillant que des étoiles dans un ciel d'été, rehaussé par le rouge délicat qui colorait ses joues. Ou alors son léger sourire en coin, qui semblait presque dévoiler l'ombre d'une fossette au bord de sa lèvre. Ou plus probablement le fait que c'était la fille la plus extraordinaire au monde, qu'il était amoureux fou d'elle et qu'il ressentait un besoin urgent de l'embrasser.

Toujours est-il qu'il se pencha impulsivement vers elle, déposant un furtif baiser sur ses douces lèvres, avant de lui adresser un clin d'œil effronté et de s'élancer de nouveau vers les toits. Surprise, Marinette le regarda s'éloigner en portant ses doigts à sa bouche, effleurant avec incrédulité l'endroit où les lèvres de Chat Noir avaient caressées les siennes.

Soudain, un bruit provenant de derrière elle la ramena brutalement à la réalité, la faisant violemment sursauter. Elle se retourna vivement, et laissa échapper un hoquet d'horreur lorsqu'elle aperçu Nino et Alya qui la fixaient, yeux écarquillés.

A en juger par leurs expressions stupéfaites, ils n'avaient pas perdu une miette du léger baiser que venait de lui dérober Chat Noir.


Les ennuis sont de retour... ^^

J'espère que ce chapitre vous a plu, et j'espère que la suite vous plaira aussi :p

Merci de m'avoir lue jusqu'ici et merci pour vos favs, follows et reviews !