Chat Noir fixa Nino un instant, bouche bée.

- « Heu, oui, bien sûr », répondit-il en se raclant nerveusement la gorge.

Quoi qu'il ait à lui dire, son meilleur ami avait l'air inhabituellement sérieux, et le jeune héros n'était pas certain que cela soit de bon augure. Se demandant avec anxiété ce que voulait bien pouvoir lui vouloir son ami, il lui fit signe de le suivre. Les deux adolescents s'éloignèrent en direction d'une ruelle voisine pour se mettre hors de portée des oreilles indiscrètes, sous le regard circonspect de Ladybug qui haussa légèrement un sourcil pour signifier à son partenaire que l'étrangeté de la situation ne lui avait pas échappé à elle non plus.

Chat Noir s'adossa à un mur, faisant tourner négligemment sa ceinture entre ses doigts tout en affectant un air faussement détaché. Souriant amicalement pour tenter de détendre l'atmosphère, il tourna son visage vers Nino qui se tenait quelques mètres devant lui.

- « Et donc, de quoi voulais-tu qu'on parle ? », demanda-t-il d'un ton curieux.

Son ami était sur la défensive, bras croisés sur sa poitrine et étouffant une légère quinte de toux tandis qu'il cherchait manifestement ses mots pour aborder le sujet qui l'avait poussé à demander un peu de son temps à Chat Noir. Puis, bien que visiblement toujours nerveux, Nino leva finalement son menton en signe de défi, semblant s'être enfin décidé à se lancer.

- « Je voulais te parler d'une de mes amies », commença-t-il d'une voix un peu plus forte que d'ordinaire. « Elle s'appelle Marinette. »

Le sourire de Chat Noir s'effaça aussitôt, et il s'écarta du mur contre lequel il avait pris appuis un instant plus tôt.

Marinette.

Bien entendu.

- « Je ne sais pas si tu te souviens d'elle », lança Nino d'un ton accusateur avant de poursuivre lorsque Chat Noir approuva d'un signe de tête, « mais tu l'as embrassée il y a quelques semaines et… »

Nino s'interrompit en poussant un soupir, hésitant manifestement à continuer, avant de finalement reprendre tout en fusillant le héros du regard.

- « Ne refais plus jamais ça. Ni à elle, ni à personne d'autre. Tu n'as aucune idée d'à quel point ça l'a blessée. »

Chat Noir l'écoutait avec attention, douloureusement conscient qu'il savait au contraire exactement combien son geste inconsidéré avait eu de désastreuses conséquences pour Marinette. Il réentendait encore la détresse qui perçait dans sa voix lorsqu'elle l'avait appelé pour l'informer de la situation, il revoyait la pâleur de son visage quand il l'avait retrouvée et la peine qu'il avait lue dans ses immenses yeux bleus. Il se rappelait à quel point ses camarades avaient été cruels avec elle et combien elle en avait été meurtrie, même si elle avait tenté de le lui dissimuler.

Et il se souvenait avec une extraordinaire précision de la culpabilité qui l'avait rongé des jours durant, et qui le rongeait encore au cuisant souvenir de sa stupide erreur.

- « Ça a été juste affreux », continuait Nino, s'agitant nerveusement sous le regard perçant de Chat Noir, se demandant visiblement s'il n'allait pas rapidement regretter d'avoir provoqué un héros qui avait le pouvoir de tout détruire d'un simple contact de la main.

Serrant rageusement les poings, il poursuivit néanmoins.

- « Beaucoup de gens se sont acharnés sur elle à cause de ce baiser, et même moi… » Nino s'arrêta un instant, rougissant de honte. « Même moi… Elle a un copain, pour information, même si ça ne change rien au fait que tu n'aurais pas dû l'embrasser sans son accord. Et le gars en question est mon meilleur pote, et j'ai cru qu'elle le trompait. Marinette est une de mes amies et je ne lui ai pas fait confiance, je l'ai blessée moi aussi. »

Nino avait laissé échapper toute sa tirade d'une traite, profitant visiblement de cette occasion de mettre Chat Noir face à ses responsabilités pour soulager lui aussi sa conscience en avouant à quel point il s'en voulait d'avoir lui aussi contribué à la souffrance de Marinette.

- « D'ailleurs, cette histoire a blessé mon ami aussi », marmonna Nino pour lui-même, mais l'ouïe fine de Chat Noir lui permit de ne pas rater une seule parole. « C'est un chouette gars, il ne mérite pas ça. Mais bref », reprit-il, haussant de nouveau le ton tout en fixant le héros droit dans les yeux, « je pense que tu dois au moins des excuses à Marinette. »

Chat Noir resta un instant bouche bée, incapable de répondre quoi que ce soit. Rarement il n'avait ressenti un mélange aussi confus d'émotions.

Nino l'observait avec une expression qu'il aurait souhaité ne jamais lui voir. Rien à voir avec les regards admiratifs qu'il lui adressait auparavant lorsqu'il était sous son héroïque apparence, ni avec les sourires complices avec lesquels il l'accueillait quand il était Adrien. Non, là Nino le dévisageait avec un amalgame de colère, de déception, de honte et de mépris inscrits sur son visage.

Chat Noir en avait le cœur brisé.

Et parallèlement, jamais il n'avait été aussi heureux et fier que Nino soit son ami.

Il était là, se dressant face à un héros qu'il admirait autrefois et qui l'intimidait visiblement toujours autant, tremblant presque de rage et de peur mais ne reculant pas d'un centimètre tant il était décidé à défendre ses amis. Chat Noir pouvait être impressionnant, il le savait. Ladybug attirait la sympathie partout sur son passage, mais lui, avec son effrayant pouvoir de destruction, inquiétait plus facilement les foules.

Et malgré cela, Nino faisait front, bravant ses craintes et clamant haut et fort qu'il désapprouvait au plus haut point son comportement.

Pour Marinette.

Pour Adrien.

Le jeune héros dû faire un monstrueux effort pour se rappeler qu'il était sous l'apparence de Chat Noir et que vu la teneur de leur discussion, il serait totalement déplacé qu'il se rue sur Nino pour le serrer avec force dans ses bras tant il lui était reconnaissant. Lui qui n'avait jamais eu d'amis proches avant d'être enfin scolarisé au collège, était à présent touché de voir à quel point il comptait pour celui qu'il considérait à juste titre comme son meilleur ami.

Chat Noir tourna la tête, battant furieusement des paupières pour contenir les larmes d'émotions qui menaçaient d'embuer son regard à tout instant.

Ne pouvant deviner quelles pensées agitaient le jeune héros et ne sachant quoi penser de son silence qui s'éternisait de façon inquiétante, Nino commença à s'agiter nerveusement. Il avait dit ce qu'il avait à dire, mais pour son propre bien, il espérait tout de même ne pas avoir mis le puissant super-héros dans une colère noire.

- « Je suis déjà allé voir Marinette », reprit brusquement Chat Noir, faisant vivement sursauter Nino. « Je lui ai demandé pardon, et elle m'a donné la plus belle claque que je n'ai jamais reçu de ma vie », mentit-il avec un petit sourire contrit, d'un ton qu'il espérait suffisamment sincère pour convaincre son meilleur ami.

Surpris, Nino observa le jeune héros qui se frottait à présent la mâchoire en grimaçant pour illustrer ses paroles.

- « Marinette a… Whoa… Elle a vraiment… ? » balbutia-t-il, ayant visiblement du mal à en croire ses oreilles, son ton se faisant admiratif alors qu'il découvrait une Marinette bien plus vindicative que ce à quoi il se serait attendu.

Le large sourire qui venait de se dessiner sur le visage de Nino s'effaça presque aussi vite qu'il était apparu lorsque le garçon se rappela brusquement qui était en face de lui. Un silence gêné s'installa entre les adolescents, ni l'un ni l'autre ne sachant trouver les mots pour clore de façon naturelle cette discussion qui leur semblait à tous deux absolument surréaliste.

*BIP*

Le bruit les fit soudain tous les deux sursauter, et Chat Noir constata avec effroi que son miraculous n'affichait plus qu'un seul coussinet, indiquant que sa détransformation était à présent imminente. Absorbés par leur conversation, les jeunes garçons avaient tous deux ratés les premiers avertissements.

- « Bon, et bien, je vais y aller », balbutia précipitamment Chat Noir. « J'ai des trucs à faire. Des trucs de héros, tu vois. Bref, salut. »

- « Heu, ouais, salut », répliqua maladroitement Nino tandis que le héros se propulsait hâtivement vers un toit voisin.

Adrien se métamorphosa à peine une rue plus loin, soupirant de soulagement tandis qu'il s'éloignait d'un pas rapide, peu désireux de s'attarder dans les parages. Après une telle conversation, le jeune garçon n'était pas sûr de réussir à dissimuler correctement ses émotions à Nino et il préférait donc limiter les risques de recroiser immédiatement son meilleur ami.


Une quinzaine de minutes plus tard, il arriva au pied de la boulangerie que tenaient les parents de Marinette. Il salua cordialement Tom et Sabine, avant de se faufiler rapidement derrière le comptoir pour rejoindre ensuite leur appartement.

Autrefois, était intimidé lorsqu'il se présentait ainsi chez eux, mais les choses avaient largement eu le temps d'évoluer durant ces derniers mois. Les Dupain-Cheng l'avaient toujours accueilli à bras ouverts et Adrien était vite devenu un habitué des lieux, retrouvant dans l'atmosphère chaleureuse de leur foyer cette ambiance familiale qui lui manquait tant.

Il gravit les escaliers avec souplesse, ne s'arrêtant que le temps de toquer à la trappe qui menait à la chambre de Marinette, avant de s'engouffrer dans la pièce quand la voix de sa partenaire l'invita à entrer.

Marinette était assise à son bureau, scrutant avec attention l'écran de son ordinateur.

Adrien s'approcha pour s'arrêter juste derrière elle, passant ses bras autour de ses épaules avant de se pencher pour déposer un léger baiser sur sa nuque.

- « En train de regarder le Ladyblog ? » demanda-t-il pour la forme tandis qu'il se redressait, reconnaissant parfaitement la page d'accueil du site d'Alya.

- « Mmm », approuva distraitement Marinette tout en hochant la tête. « Alya n'a pas encore mis son dernier article en ligne ».

- « Ça j'aurais pu te le dire, ma Lady, il n'y a pas encore eu d'alerte », répliqua Adrien. « Je suis un fidèle abonné, tu te rappelles ? », précisa-t-il avec un petit rire malicieux lorsque sa partenaire se tourna vers lui en haussant légèrement un sourcil.

Ces dernières semaines, les deux adolescents surveillaient avec plus d'attention que d'ordinaire les rumeurs qui pouvaient courir à leur sujet sur la toile, guettant avec une certaine appréhension la moindre mention du baiser échangé par Marinette et Chat Noir.

Tous deux s'inquiétaient des potentielles répercussions que cette histoire pouvait avoir sur Adrien si par malheur elle venait à arriver aux oreilles de son père, craignant que le strict Gabriel Agreste ne décide de scolariser de nouveau le jeune garçon chez lui si le scandale avait le malheur d'éclabousser son fils.

Heureusement pour eux, si quelques sites semblaient faire mention d'une romance entre Chat Noir et une illustre inconnue, l'identité de Marinette n'avait quant à elle guère filtré en dehors du collège, et personne ne semblait faire le lien entre elle et le fils du célèbre styliste parisien.

De son côté, Alya avait passé l'incident sous silence, ne le mentionnant pas une seule fois dans le Ladyblog. Bien qu'ayant subi de plein fouet une vague de critiques qui l'avait profondément blessée suite à l'incident de la carte de cantine, la jeune fille avait continué à exercer son activité avec une volonté remarquable. Son rapide démenti accompagné de sincères excuses lui avaient permis de conserver sa crédibilité, et son site n'était toujours rien de moins que la référence pour quiconque cherchait des informations sur les deux super-héros. Ainsi, la plupart des gens semblaient s'accorder à dire que si la blogueuse ne jugeait pas la nouvelle concernant Chat Noir digne d'intérêt, alors la photographie n'était probablement qu'un trucage habillement monté par une personne en mal d'attention.

Marinette ignorait si Alya avait tu l'information pour éviter de donner encore plus de souffle à une pénible rumeur qui impliquait sa meilleure amie ou si c'était par égard pour les services que Chat Noir avait rendu à la ville de Paris. Quoi qu'il en soit, elle lui était profondément reconnaissante pour la réserve dont elle faisait preuve, d'autant qu'en sa qualité de témoin direct de la scène son amie n'aurait eu aucun mal à confirmer la véracité de l'image.

Adrien, quant à lui, essayait de se faire discret auprès des journalistes, s'éclipsant rapidement et laissant à Ladybug le soin de répondre aux interviews tandis que tous deux espéraient que cette histoire finirait par tomber rapidement dans l'oubli.

Marinette ferma le site qu'elle était en train de consulter, pivotant ensuite sur sa chaise pour faire face à son partenaire.

- « Bon, à priori, rien de neuf », laissa-t-elle échapper. « Et Nino? Qu'est-ce qu'il te voulait ? », s'inquiéta-t-elle en lui jetant un regard soucieux.

- « Oh, rien de spécial », répliqua Adrien en affichant un air faussement indifférent, qui lui valut un haussement de sourcil septique de la part de sa partenaire. « Il voulait juste me prévenir qu'il valait mieux que j'arrête de tourner autour de toi. Et il avait l'air vraiment désolé de ne pas t'avoir crue », rajouta-t-il en se grattant nerveusement l'arrière du crâne.

Les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent légèrement de surprise, tandis qu'elle réalisait avec difficulté que Nino venait de faire face à Chat Noir dans l'unique but de prendre sa défense. Elle ouvrit un instant la bouche pour lui répondre, avant de finalement se raviser, ne sachant trop quoi dire.

- « Ah, et si on te pose la question, tu m'as donné une magnifique baffe quand j'ai essayé de m'excuser », précisa Adrien avec un petit rire dans lequel transparaissait un étrange mélange d'ironie, de gaité et d'insouciance.


Marinette lui adressa un sourire amusé, puis Adrien tendit les mais vers elle, la saisissant délicatement par les poignets pour l'aider à se relever. Un léger clin d'œil espiègle fut le seul avertissement qu'il lui donna avant de la tirer avec plus de force que ce à quoi elle s'attendait, la faisant basculer vers l'avant alors qu'elle perdait l'équilibre. Elle ne fut interrompue dans son élan que lorsqu'elle rencontra le torse d'Adrien, qui s'empressa de passer ses bras autour de sa taille avant qu'elle ne puisse esquisser le moindre geste de recul.

- « Je te tiens », murmura-t-il en souriant malicieusement.

- « Je vois ça », répliqua-t-elle sur le même ton, levant son visage vers le sien tandis qu'une des mains d'Adrien remontait lentement le long de son dos, déclenchant sur son passage des frissons semblables à des décharges électriques, qui se diffusèrent ensuite dans tout son corps depuis sa colonne vertébrale.

Les doigts du jeune garçon finirent leur course à la base du crâne de Marinette, où ils s'enroulèrent précautionneusement autour de sa nuque. Sa partenaire avait crispé sa main autour de l'encolure du T-shirt d'Adrien où elle effectua un léger mouvement de traction, l'incitant par ce geste à se pencher vers elle. Adrien s'effectua de bonne grâce, s'inclinant d'un mouvement fluide pour ensuite capturer sa bouche de la sienne.

Il ne put se retenir de sourire en sentant un léger goût sucré sur ses lèvres.

Des cookies.

Tikki n'avait visiblement pas été la seule à ressentir le besoin de grignoter quelques douceurs après qu'elles aient regagné la boulangerie.

Adrien s'attaqua avec ardeur aux lèvres de Marinette, mordillant délicatement la chair rosée jusqu'à ce que la jeune fille n'incline un peu plus la tête tout en écartant les mâchoires, lui permettant de pouvoir ainsi goûter à sa bouche avec plus d'intensité encore. Marinette ne semblait par ailleurs pas disposée à rester passive dans cette ardente étreinte. Répondant avec une égale avidité à ses sollicitations enthousiastes, elle glissa sa langue entre les dents de son partenaire, la faisant danser autour de la sienne en une langoureuse caresse qui donna immédiatement l'impression au jeune garçon que son sang se transformait en un torrent de lave brûlante, se déversant avec fureur dans ses veines pour embraser en un instant les moindres recoins de son corps. Adrien laissa échapper un léger gémissement en reprenant désespérément son souffle, avant de se perdre de nouveau dans une tempête enflammée de baisers.

Tandis que les doigts de la jeune fille se glissaient dans les cheveux blonds d'Adrien, la main du héros se déplaça de nouveau pour rejoindre sa consœur sur la taille de Marinette. Raffermissant sa prise, Adrien se rapprocha encore, pressant son corps contre le sien avec tant de force que sa partenaire recula d'un pas, puis de deux, lèvres toujours soudées à celles d'Adrien. La jeune fille laissa échapper un léger hoquet de surprise lorsqu'elle heurta le rebord de son bureau dont elle avait un instant oublié l'existence, se retrouvant à présent coincée entre Adrien et le meuble. Mais peu lui importait, elle n'aurait bougé pour rien au monde.

Marinette avait la sensation que son épiderme avait pris feu, le moindre centimètre de sa peau que le jeune garçon effleurait de ses doigts ou de sa bouche lui donnant l'impression de se consumer avec une intensité étourdissante. Elle haletait à présent, peinant à reprendre sa respiration alors que leurs baisers gagnaient encore en intensité, mais refusant néanmoins de quitter les lèvres brûlantes d'Adrien plus d'une seconde.

Les deux adolescents se perdaient dans un ouragan de sensation, ne sachant même plus si c'était leur propre cœur qui battait à en exploser dans leur poitrine, ou si c'était les pulsations de celui de leur partenaire qui martelait de lourds coups contre leurs torses.

Les soupirs pantelants de Marinette étaient une grisante musique aux oreilles d'Adrien, l'encourageant à dévorer avec une brûlante avidité la bouche de la jeune fille. Il se pencha encore un peu plus vers elle, et contre elle, prenant appuis d'une main sur le bureau alors que Marinette se cambrait légèrement en arrière pour accompagner le mouvement de son partenaire.

- « Chatooonn », l'avertit-elle au milieu d'un rire presque voluptueux, s'arrachant avec une extraordinaire volonté à leurs ardents baisers, « Je te… Je te rappelle que mon bureau n'est rien de plus qu'une planche posée sur des tréteaux. Défense de casser mes meubles. »

Le jeune garçon laissa échapper un grognement inintelligible, avant de relâcher sa prise et de reculer d'un pas. Encore étourdie par la fiévreuse intensité de leur étreinte, Marinette vacilla légèrement, et aurait certainement perdu l'équilibre si la poigne vigoureuse d'Adrien ne l'avait pas soutenue.

Un sourire presque incrédule flottant encore sur ses lèvres, Adrien posa fermement ses mains sur les hanches de Marinette tandis qu'elle s'agrippait compulsivement à sa chemise. Il avait quasiment l'impression de pouvoir sentir la chaleur irradier du visage de la jeune fille tant ses joues étaient rouges, et ses lèvres roses et humides avaient visiblement souffert d'avoir été tant martyrisées par leurs baisers. Elle lui rendit un étincelant sourire, ses yeux brillant comme des étoiles tandis qu'elle cherchait l'océan vert de son regard.

Après s'être assuré qu'il ne compromettait pas la stabilité de sa partenaire, Adrien détacha une de ses mains de la hanche de Marinette pour glisser ses doigts dans les cheveux ébouriffés de la jeune fille, tentant de remettre un semblant l'ordre dans ses mèches folles. Marinette laissa échapper un rire cristallin devant la mine sceptique qu'afficha Adrien face au résultat et défit ses couettes, secouant la tête pour laisser sa brune chevelure retomber sur ses épaules.

La poitrine d'Adrien se soulevait toujours à un rythme bien trop rapide, mais il sentit soudain une urgente envie d'embrasser de nouveau Marinette, quitte à risquer de frôler l'asphyxie. Surprenant son regard, Marinette entrouvrit légèrement les lèvres avec un petit sourire, levant sa main pour la passer avec une lenteur délibérée le long de la mâchoire du jeune garçon. Ce dernier s'apprêtait à se pencher vers elle pour s'emparer de nouveau de sa bouche, quand la voix étouffée de Sabine résonna depuis les étages inférieurs.

Avec une parfaite coordination, les deux adolescents poussèrent un lourd soupir, leurs respirations moites se mêlant un instant avant que Marinette ne s'écarte.


Rougissant furieusement, la jeune fille tenta de donner une allure présentable à sa chevelure et à ses vêtements froissés puis, s'excusant auprès d'Adrien, elle s'éclipsa quelques instants le temps d'aller voir ce que sa mère lui voulait. Le jeune garçon en profita lui aussi pour réajuster lui aussi sa chemise, dont l'allure à présent négligée trahissait l'ardeur des étreintes auxquelles les deux adolescents venaient de se livrer.

Marinette réapparut rapidement, ses joues toujours rouges tandis que ses yeux pétillaient encore de joie. Un petit sourire malicieux dansait sur son visage tandis qu'elle gardait précautionneusement ses mains cachées derrière son dos.

- « Tadaaam », s'exclama-t-elle en dévoilant triomphalement une demi-douzaine de cookies ainsi qu'une généreuse portion de camembert qui arracha un hurlement de joie à Plagg.

- « J'adore cette fille ! », s'écria le kwami noir en s'emparant avec avidité de l'odorant fromage. « Enfin quelqu'un qui a le sens des priorités ! »

- « Tu ne viendras pas te plaindre si tu prends du ventre », maugréa Adrien tandis que Plagg engloutissait voracement son repas.

- « Je ne peux pas prendre de ventre, c'est un truc d'humains ça », répliqua ce dernier d'un ton dédaigneux, avant de s'enfuir vers les hauteurs lorsqu'Adrien s'approcha de lui en haussant un sourcil septique, son doigt tendu comme pour menacer son kwami de lui tâter la bedaine afin de vérifier ses dires.

Le jeune garçon éclata de rire avant de se tourner Marinette lorsque celle-ci se glissa à ses côtés. Passant ses bras autour de la taille d'Adrien, elle se dressa sur la pointe des pieds pour déposer un aérien baiser sur ses lèvres, avant de reculer légèrement.

- « Ma mère voulait savoir si tu restais manger à la maison ce soir », l'informa-t-elle en souriant. « Le repas est prêt et elle a prévu une part en plus, au cas où. »

Adrien écarquilla légèrement les yeux de surprise, avant qu'un lumineux sourire ne se dessine sur ses lèvres. Il ne devrait pourtant plus être étonné, mais il d'émerveillait toujours de la façon dont le traitait les Dupain-Cheng, qui l'accueillaient chaleureusement à chaque occasion comme s'il était un membre de la famille. D'une vraie famille.

Ça lui avait tant manqué.

Un jour, peut-être, il réussirait à leur dire à quel point leur sollicitude le touchait et à quel point il était ému de se sentir ainsi aimé et accepté. Mais en attendant, il se ferait un plaisir de répondre favorablement à leur invitation, ravi à la perspective de partager une bonne soirée en leur compagnie et en celle de Marinette.

- « Avec plaisir, ma Lady », répondit-il d'une voix légèrement rauque.

Il déposa un léger baiser sur le front de Marinette, avant de s'éloigner le temps d'appeler Nathalie pour la prévenir qu'il ne dinerait pas chez lui aujourd'hui. La jeune fille était trop loin pour pouvoir saisir les réponses de l'assistante de son père, mais Adrien leva un pouce victorieux en sa direction pour lui signifier qu'il avait l'autorisation de s'attarder encore quelques instants chez elle.

Après avoir raccroché, il rejoignit rapidement Marinette.

Tous deux passèrent encore un bref instant à tenter d'offrir une allure présentable à la chevelure ébouriffée d'Adrien, la jeune fille riant tandis qu'elle essayait de redonner un semblant de discipline aux mèches rebelles qu'elle avait elle-même dérangées quelques minutes plus tôt.

Puis, quand ils parvinrent enfin à un résultat qu'ils jugeaient satisfaisant, ils descendirent rejoindre Tom et Sabine pour le dîner.


Léger changement de programme, ce n'est que la 1ère moitié du chapitre que j'avais prévu d'écrire, je l'ai coupé en deux parce qu'il était beaaauuuucoup plus long que ce que j'avais prévu :-) . Merci à tous pour vos favs, follows et vos reviews !

J'espère que ce chapitre vous a plu, et merci de m'avoir lue jusqu'ici ^^