Enfin, après ce qui parut être une éternité à Adrien, la voix grincheuse de Plagg s'éleva brusquement dans les airs.
- « Je suis prêt. »
Un torrentiel flux d'adrénaline se déversa dans les veines du jeune garçon qui ne perdit pas une seconde, sommant aussitôt son kwami de le transformer avant de s'élancer vers le champ de bataille.
Enfin.
Son cœur battait à tout rompre tandis qu'il sautait depuis le toit de l'immeuble au sommet sur lequel il avait trouvé refuge durant ces interminables minutes, tandis que ses pupilles se dilataient sensiblement sous l'effet de l'excitation.
Enfin, il allait cesser d'être un handicap pour Ladybug.
Enfin, il allait pouvoir se battre de nouveau à ses côtés.
L'issue de l'affrontement entre la jeune fille et son adversaire était toujours indécise, mais Chat Noir n'avait nul doute quant au fait que même sans son aide, sa partenaire s'en serait bien mieux sortie si elle n'avait pas eu à distraire autant son ennemie en plus de la combattre.
Si elle n'avait pas eu à accaparer toute l'attention de la victime du Papillon pour le protéger.
Serrant les dents, Chat Noir bondit de voiture en voiture, filant tel un éclair noir en direction de Ladybug qui suivit machinalement des yeux la sombre silhouette qui s'approchait d'elle. Dans sa précipitation, le pied du héros glissa à l'atterrissage et c'est les quatre fers en l'air qu'il glissa le long du trottoir où Ladybug avait trouvé refuge, avant de finalement s'arrêter aux côtés de sa Lady. Allongé sur le dos, bras et jambes levés, il grimaça en réalisant qu'il était bien loin de présenter la glorieuse image qu'il aurait souhaité afficher. Rougissant de gêne depuis le sol, Chat Noir réussi néanmoins à adresser un clin d'œil enjôleur à sa partenaire qui le fixait bouche bée, stupéfaite par cette arrivée fort peu conventionnelle. Puis, étouffant un petit rire, elle tendit la main vers son coéquipier pour l'aider à se redresser.
Chat Noir se releva d'un mouvement souple, ses doigts s'attardant une fraction de secondes de plus que nécessaire dans la paume de Ladybug tandis que le visage de cette dernière s'illuminait d'un sourire plus brillant qu'un millier d'étoiles.
Ils étaient de nouveau réunis.
Sans perdre un instant de plus, ils se tournèrent vers leur adversaire qui tentait de profiter de leur bref moment d'inattention pour lancer une nouvelle attaque. Un immense jet de goudron fonçait droit dans leur direction, habilement contrôlé par la victime du Papillon. Chat Noir se mit aussitôt sur ses gardes, s'apprêtant à glisser son bras autour de la taille de Ladybug pour l'entrainer en sécurité vers les hauteurs. Mais avant même qu'il n'ait pu faire ne serait-ce qu'un mouvement dans sa direction, sa partenaire se planta fermement devant lui, faisant tournoyer son yo-yo avec tant de force qu'il était à présent impossible de le distinguer à l'œil nu. Brandissant son arme devant elle telle un bouclier, Ladybug fit face avec une farouche détermination à la masse visqueuse qui se précipitait sur eux.
Le sifflement strident du yo-yo vrombissait dans les oreilles des deux héros tandis qu'il séparait en deux la vague qui avait un instant menacé de les engloutir. Lorsque l'asphalte liquide retomba enfin, un sourire de satisfaction éclaira brièvement le visage de Ladybug avant de refaire rapidement place à une intense concentration.
Chat Noir profita immédiatement de l'occasion pour se ruer à son tour sur son adversaire, ravi de pouvoir en découdre avec celle qui lui avait tant causé d'angoisses et de problèmes. Alors que le jeune héros bondissait et virevoltait dans les airs, harcelant leur ennemie au point de l'empêcher de faire quoi que ce soit d'autre que se défendre contre ses coups, Ladybug se hâta d'invoquer son pouvoir.
Tirant parti du bref répit que lui offrait son coéquipier, elle lança son yo-yo dans les airs, hurlant « Lucky Charm ! » avant qu'un objet ne lui retombe dans les mains au milieu d'une gerbe d'étincelles tourbillonnantes.
Une arbalète.
Une arbalète rouge à poids noirs, armée d'une colossale flèche à l'extrémité de laquelle se trouvait une non moins immense ventouse, elle aussi mouchetée de noir.
Alors que Chat Noir touchait de nouveau le sol à proximité d'elle, Ladybug se pencha vivement vers lui.
- « Chat, contourne-la », ordonna-t-elle immédiatement en désignant leur adversaire d'un mouvement de tête. « Met-toi bien dans l'axe du tir. »
Saisissant en un instant l'intention de sa partenaire, le jeune héros bondit gracieusement vers le ciel, sautant d'immeuble en immeuble pour atterrir derrière leur ennemie de façon à être ce que cette dernière soit parfaitement alignée avec Ladybug et lui. Il lui fallait à présent détourner l'attention de la victime du Papillon, suffisamment pour permettre à sa coéquipière de faire librement usage du fantasque résultat de son pouvoir.
D'un souple mouvement du poignet, le jeune héros étendit son bâton télescopique, l'utilisant pour tenter de faire chuter la victime du Papillon d'un vicieux tacle dans les jambes. La femme se retourna aussitôt, sautant vivement dans les airs pour esquiver le coup avant de retomber sur ses pieds, dardant un regard furieux en direction d'un Chat Noir qui la défiait d'un sourire narquois. Le sang de Ladybug ne fit qu'un tour.
Maintenant.
Profitant de la diversion que lui offrait son partenaire, elle porta l'arbalète à son épaule, visant avec soin le casque de chantier jaune. Elle prit une profonde inspiration, bloquant ensuite son souffle pour tenter de maitriser tant les battements affolés de son cœur que le léger tremblement qui agitait ses doigts.
Calme, calme, du calme.
Elle n'aurait droit qu'à une seule chance.
Braquant un regard déterminé vers son adversaire, elle s'autorisa un ultime soupir.
Et tira.
Ce fut soudain comme si la scène se déroulait au ralenti. Dès l'instant où le doigt de Ladybug pressa la gâchette, la corde de l'arme se détendit dans un claquement sec, libérant la flèche qui fendit aussitôt les airs en tournoyant furieusement sur elle-même. La vive course du projectile s'acheva quand ce dernier s'écrasa dans un bruit sourd contre le casque de la victime du Papillon, la violence du choc faisant aussitôt s'envoler le couvre-chef. Alors qu'un hurlement de rage jaillissait des lèvres de la victime du Papillon, le casque s'éleva dans les cieux, décrivant une gracieuse parabole au milieu des rues de Paris. Le cœur au bord des lèvres, Ladybug le suivit du regard alors qu'il continuait de virevolter dans une folle ronde qui semblait ne jamais devoir prendre fin. Le casque s'élevait de plus en plus haut, tournant, tournant et tournant encore, la ventouse toujours fermement accrochée là où l'avait atteint le tir de la jeune héroïne. Puis Chat Noir jaillit brusquement de nulle part, bondissant à une hauteur faramineuse pour se saisir du précieux objet. Il tendit vers lui sa main gantée de noir, autour de laquelle dansaient les sombres particules annonciatrices de la destruction à venir. A peine ses doigts eurent-ils effleurés le casque que celui-ci se désagrégea aussitôt, libérant le sinistre akuma qui s'y était logé.
Le temps reprit immédiatement son cours, les évènements semblant tout à coup se bousculer de nouveau. Le yo-yo de Ladybug fila dans les airs, capturant l'akuma avec une experte précision avant qu'elle ne le purifie et ne lui rendre sa liberté.
D'un adroit mouvement, la jeune fille lança ensuite son arbalète dans les airs. L'objet se mit à briller d'une lueur aveuglante avant de se dissoudre en une nuée d'étincelles rouges qui tourbillonnèrent à travers les rues de Paris, rendant son aspect d'origine au pâteux liquide qui coulait auparavant dans les avenues tel un sang malade dans des artères. Les routes se solidifièrent de nouveau, les voitures réintégrant miraculeusement les places d'où elles avaient été délogées tandis que les dernières traces de l'affrontement s'effaçaient enfin.
Une femme désemparée avait fait place à la terrifiante adversaire qu'ils venaient d'affronter, et Chat Noir se hâta de confier la malheureuse aux bons soins d'un policier qui sortait d'un bâtiment voisin pour prendre la mesure de la situation. Le jeune héros se tourna ensuite vers Ladybug, lui adressant un rayonnant sourire tout en tendant un poing victorieux en sa direction. Laissant échapper un petit rire de soulagement, sa coéquipière leva son bras à son tour, les mains des deux adolescents se rencontrant tandis qu'un triomphal « Bien joué ! » passait leurs lèvres.
Chat Noir recula ensuite d'un pas, effectuant une gracieuse courbette à l'attention de sa coéquipière, avant de s'élancer vers les toits de Paris. Ladybug le suivit un instant du regard, observant sa sombre silhouette passer habilement de cheminée en cheminée.
Puis, sans réfléchir, elle se lança à sa poursuite.
Il lui fallut à peine quelques instants pour rattraper son partenaire, qui avait fini sa course au sommet d'un immeuble situé à peine quelques rues plus loin. Chat Noir se tenait à présent debout dans l'embrasure de la porte d'une cage d'escalier, à l'abri du moindre regard. Il se retourna en entendant la jeune fille atterrir souplement à quelques mètres seulement de lui, levant vers elle un sourcil interrogateur.
Mais Ladybug n'aurait pas su lui dire pourquoi elle l'avait suivi.
Sa réaction avait été purement instinctive. A présent que l'adrénaline retombait, l'angoisse qui avait noué ses entrailles durant leur interminable combat menaçait à présent de la dévorer toute entière, croissant implacablement depuis le creux de son ventre pour faire trembler les moindres de ses membres et empoisonner son cerveau de sinistres pensées.
Elle avait eu peur pour Chat Noir.
Bien, bien trop peur.
Et une fois l'affrontement terminé, elle avait inconsciemment refusé de le quitter des yeux ne serait-ce qu'une seconde de plus.
Bien sûr, ce n'était absolument pas un comportement rationnel, Ladybug en avait parfaitement conscience. Elle savait pertinemment que Chat Noir ne risquait plus rien à présent, mais son esprit affolé se rebellait contre la moindre tentative d'appel au bon sens. Seule la proximité de son partenaire pouvait apaiser la terrible anxiété qui s'emparait à présent d'elle.
Elle avait besoin de le voir.
Le toucher, le sentir, l'entendre.
Tout ça tenait bien moins de la raison que de l'instinct de survie.
Comme dans un état second, Ladybug s'approcha de Chat Noir. Son cerveau lui refusait la moindre pensée cohérente tandis que son pas se faisait presque vacillant. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, elle ne savait pas si elle pourrait trouver quoi que ce soit à dire. Elle savait juste qu'il fallait qu'elle se rapproche encore de son partenaire.
Plus près, toujours plus près.
Notant avec un mélange de curiosité et d'inquiétude l'éclat presque fiévreux qui luisait maintenant au fond des prunelles de Ladybug, Chat Noir amorça un mouvement vers elle, s'apprêtant manifestement à lui parler.
Mais avant qu'il n'ait pu prononcer la moindre parole, Ladybug avait glissé d'un mouvement vif sa main derrière sa nuque, attirant son visage contre le sien pour emprisonner farouchement ses lèvres des siennes.
Un baiser brûlant, dévorant. Possessif.
Le hoquet de surprise qui tenta de s'échapper de la gorge de Chat Noir fut aussitôt étouffé par ce brutal assaut, s'écrasant contre le mouvant barrage de chair que formaient les lèvres bouillantes de la jeune fille.
Ladybug l'embrassait avec une ardeur presque désespérée, forçant de sa langue le passage entre ses dents pour mieux pouvoir goûter à sa bouche, pressant de toutes ses forces son corps contre le sien, faisant reculer le héros encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne se retrouve plaqué contre le mur le plus proche.
C'est seulement à ce violent contact avec la paroi de béton que Chat Noir sortit de l'état de stupeur dans lequel l'avaient plongés les soudains baisers de son envoûtante partenaire. Ses mains trouvèrent instinctivement leur place sur le corps de la jeune fille, se glissant dans son dos et sur ses hanches pour mieux la maintenir contre lui, et ses inspirations se firent plus profondes alors qu'il s'enivrait du doux parfum sucré de sa peau. Sa langue s'élança à la rencontre de la sienne, dans une tourbillonnante et grisante danse que rythmaient leurs haletants soupirs.
La fougueuse réaction de Chat Noir arracha un doux gémissement à Ladybug, poussant le jeune héros à intensifier ses dévorants baisers, encore et encore, quitte à les laisser tous deux à bout de souffle. Il s'attaquait fébrilement à sa bouche à coup de lèvres, de dents ou de langue, cherchant à tirer de nouveau cette ensorcelante musique des lèvres de sa partenaire. Comme animée d'une vie propre, l'une des mains de Chat Noir était remontée d'elle-même pour se plaquer contre la nuque de Ladybug, empêchant fermement cette dernière de reculer ne serait-ce que de quelques centimètres tandis qu'il poursuivait fougueusement son ouvrage.
Non pas que l'adolescente ait la moindre envie de s'éloigner.
Bien au contraire, Ladybug se noyait avec délice dans cet océan de baisers fiévreux, ses dernières angoisses ayant enfin disparu alors qu'elle se perdait dans leur étreinte passionnée.
Le cœur de la jeune fille battait avec tant de force que le martellement du sang qui pulsait dans ses tempes la rendant incapable d'entendre quoi que ce soit d'autre que ses propres soupirs enflammés auxquels se mêlaient ceux de Chat Noir. Son corps tout entier semblait s'être métamorphosé en un gigantesque tambour, vibrant et palpitant pour mieux faire déferler d'ardentes ondes de chaleur jusqu'aux moindres extrémités de son être.
Étourdie par ce déchaînement de sensations, Ladybug se raccrochait désespérément à Chat Noir de ses doigts tremblants, se pressant de plus belle contre lui de peur que ses genoux ne lui fassent bientôt défaut. C'était comme si le moindre de ses os, de ses organes ou la plus infime parcelle de sa chair n'étaient plus qu'un liquide bouillonnant, menaçant de la dissoudre à tout instant dans les bras de Chat Noir. Seule sa peau lui permettait certainement de toujours garder forme humaine, même si cela tenait du miracle tant elle lui semblait brûlante à présent.
Et l'enivrante proximité de son partenaire n'arrangeait rien à son doux supplice.
Partout où les doigts ou lèvres de Chat Noir touchaient sa peau, il lui semblait que la température de son épiderme augmentait à un tel point qu'elle devait sans nul doute ne pas être loin de la combustion spontanée. Même la caresse de son souffle humide contre ses lèvres était suffisante pour continuer d'alimenter cet incontrôlable incendie.
Mais peu importe, Ladybug refusait de se détacher de Chat Noir.
- « Ma Lady », réussit-il néanmoins à souffler entre deux baisers, d'une voix aussi rauque que si sa gorge avait été passée au papier de verre. « Je crois que tu as définitivement une légère tendance à me sauter dessus quand tu paniques… Non pas que je m'en plaigne, au contraire », rajouta-t-il avec un rire haletant.
Ladybug laissa échapper un inintelligible grognement, enfouissant son visage rougissant dans le creux de l'épaule de Chat Noir tandis qu'elle sentait le torse du garçon vibrer légèrement sous l'effet de son léger éclat de rire.
Bien que la tête lui tourne encore, la jeune héroïne commençait à retrouver doucement ses esprits. Néanmoins, elle n'était pas décidée pour autant à s'éloigner de Chat Noir. Pas encore. Elle releva son visage, traçant avec une méticuleuse lenteur une brûlante ligne de baisers le long de la gorge de son partenaire, se délectant du goût salé de sa peau. Les mains de Chat Noir se crispèrent convulsivement sur ses hanches, le jeune garçon laissant échapper un léger hoquet avant que Ladybug ne capture de nouveau ses lèvres.
Elle l'embrassait toujours avec autant d'ardeur, mais l'anarchique fébrilité dont elle avait fait preuve auparavant avait fait place à une visible maîtrise d'elle-même. Elle s'en prenait méthodiquement aux lèvres de Chat Noir, suçant, mordillant ou léchant, tentant à son tour d'arracher de délicieux sons de la bouche du jeune homme.
L'une des mains de Ladybug se décolla du torse de Chat Noir, pour trouver refuge dans sa folle chevelure. Le héros frémit de tout son être en sentant les ongles de sa partenaire courir contre la peau de son crâne alors que ses doigts se faufilaient au milieu de ses mèches blondes. Il avait l'impression qu'un violent courant électrique parcourait soudain sa colonne vertébrale, comme une série d'étincelles se déplaçant de vertèbre en vertèbre pour mieux le faire tressaillir.
Il n'arrivait plus à réfléchir, emprisonné entre un mur et la fille de ses rêves tandis que cette dernière s'appliquait à lui faire perdre la raison.
Les fiévreux baisers de Ladybug lui coupaient littéralement le souffle, les bouches des deux adolescents ne se séparant que lorsque leurs poumons leur semblaient prêts à exploser. C'est à peine s'ils notèrent la soudaine détransformation de Marinette, trop absorbés par leur étreinte pour avoir remarqué les bips impérieux de son miraculous.
Chat Noir posa sa main gantée sur la joue de la jeune fille.
- « Plagg », murmura-t-il en arrachant à grand peine ses lèvres de celles de Marinette, avant de se hâter de l'embrasser tandis que sa propre transformation s'évanouissait à son tour, son kwami s'éclipsant rapidement pour rejoindre Tikki.
A présent, il pouvait sentir la peau de sa partenaire sous ses doigts, à la fois douce et brûlante tandis que ses pommettes étaient si rouges qu'elles semblaient avoir pris feu. Il s'écarta légèrement, son souffle chaud et humide effleurant le visage de Marinette tandis qu'il tentait péniblement de reprendre sa respiration.
- « Un instant », la supplia-t-il.
Sa coéquipière hocha la tête sans dire un mot, sa poitrine se levant et s'abaissant à un rythme bien trop rapide tandis qu'elle semblait elle aussi se remettre difficilement de leurs moments d'apnée forcée.
- « Il faut que… je respire un peu », haleta Adrien. « Sinon, je vais finir étouffé… »
Il s'interrompit durant une fraction de seconde, son visage s'illuminant d'une expression espiègle que Marinette ne lui connaissait que trop bien à présent. Elle haussa un sourcil suspicieux en guise d'avertissement, mais ne fut pas assez rapide pour empêcher le jeune garçon de finir sa phrase.
- « … et chat serait dommage. »
Marinette poussa un lourd soupir, laissant tomber son front contre le torse d'Adrien.
- « C'était vraiment mauvais », grommela-t-elle alors qu'elle pouvait sentir le rire satisfait de son partenaire faire vibrer doucement sa poitrine. « Idiot de Chat ».
- « Peut-être, mais je suis ton idiot de Chat », répliqua le héros avec un immense sourire, passant délicatement ses doigts dans les cheveux de la jeune fille, achevant négligemment de défaire ses couettes déjà fortement malmenées par leur ardente étreinte.
- « Oui », approuva-t-elle à voix basse, tandis que ses mèches brunes cascadaient à présent librement sur ses épaules.
Elle redressa la tête, son regard devenant soudain extraordinairement intense tandis qu'elle faisait courir ses doigts tremblants le long de la mâchoire finement dessinée du garçon. Les yeux de Marinette s'étaient parés d'une couleur profonde et chatoyante, brillants tels deux hypnotisant saphirs que soulignaient le pourpre de ses joues. Alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, elle prit une grande inspiration, avant de poursuivre dans un souffle.
- « Tu es mon idiot de Chat, et je t'aime. »
Adrien en resta un instant bouche bée, réalisant à peine ce qu'il venait d'entendre. Marinette commençait presque à s'inquiéter en le voyant ainsi paralysé de stupéfaction, quand il éclata soudain du plus heureux des rires. Bien sûr, il savait qu'elle tenait profondément à lui, à tel point qu'il se doutait qu'elle était certainement amoureuse. Mais si elle lui avait déjà adressé à de maintes reprise des paroles affectueuses et autres mots tendres, c'était bien la première fois qu'elle lui offrait une aussi franche déclaration d'amour.
Un sourire solaire illumina le visage d'Adrien, tandis qu'une douce et chaleureuse onde de bonheur irradiait depuis son torse pour se diffuser jusqu'aux moindres recoins de son être, l'enveloppant peu à peu tel un chaleureux cocon. Son cœur s'était emballé tandis qu'il prenait la mesure de la signification des mots de Marinette, mais c'était nettement différent de quand il battait à tout rompre sous l'effet d'un terrible affolement ou d'une ardente passion. Là, c'était une musique de fête, comme si son cœur chantait toute la joie du monde depuis le creux de sa poitrine.
Les mains d'Adrien bougèrent d'elles-mêmes autour des tempes de Marinette tandis qu'il recouvrait son visage de mille baisers, soupirant des « Tu m'aimes ? » joyeusement incrédules qu'il entrecoupait de « Je t'aime » enflammés.
Au milieu de cette fervente réaction, un rire cristallin s'échappait de temps à autre des lèvres de Marinette quand cette dernière réussissait à reprendre son souffle, quand elle ne lui glissait pas de farouches « Mais oui, je t'aime ».
La douce tension qui animait les deux adolescents retomba peu à peu, leurs baisers se faisant progressivement moins enflammés pour se transformer en une tendre étreinte. Essoufflée, Marinette s'était lovée dans les bras d'Adrien pendant que celui-ci lui murmurait au creux de l'oreille de douces paroles qui n'avaient de sens que pour eux.
Les battements de cœur du jeune garçon étaient encore si vigoureux qu'ils résonnaient dans toute la cage d'escalier en haut de laquelle ils avaient trouvé refuge. A moins que ce ne soient ceux de Marinette. Ou des deux combinés, il ne savait plus.
Il savait juste qu'il était heureux, plus qu'il ne l'avait jamais été de toute sa vie.
Et qu'il le devait entièrement à l'envoutante jeune fille qu'il tenait contre lui.
Il la serra un peu plus fort entre ses bras, respirant avec délice le parfum de sa chevelure tandis qu'il déposait un amoureux baiser dans le creux de sa nuque.
Ils restèrent encore quelques instants ainsi enlacés, avant de finalement se séparer à contrecœur, parfaitement conscients qu'ils ne pouvaient pas rester éternellement cachés ici. Ils ne dirent pas un mot, mais les doux sourires qu'ils échangèrent valaient mille paroles. Main dans la main, les deux adolescents descendirent lentement les escaliers pour regagner le bas du bâtiment, avant de se diriger d'un commun accord en direction de l'immeuble d'Alya.
Non seulement Marinette tenait à rassurer son amie après la folle course poursuite dont elle avait été témoin, mais plus que tout elle refusait de voir s'échapper une fois de plus une occasion de s'expliquer avec elle.
Elle sentait une sourde angoisse refaire insidieusement son apparition au creux de ses entrailles à l'idée de retrouver Alya, mais elle refusait de rester sans savoir ce que pensait sa meilleure amie. Qui plus est, tout n'était peut-être pas si sombre, essayait-elle de se rassurer. Certes, la réaction d'Alya avait été particulièrement violente la veille, mais elle avait depuis fait un pas vers elle. Elle était venue la voir le matin même, avant d'être interrompue par l'intempestive apparition du super vilain.
Alya avait voulu la voir.
Lui parler.
Pour tenter de se réconcilier avec elle, peut-être ?
Marinette poussa un lourd soupir. Il fallait qu'elle sache.
Lorsque les jeunes héros atteignirent enfin la rue dans laquelle habitait Alya, ils découvrirent celle-ci au pied de son immeuble, en grande conversation avec Nino. Leurs deux amis étaient d'une impressionnante pâleur et la fébrilité de leurs gestes démontrait combien ils étaient nerveux. Ils sursautèrent violement en apercevant le couple qui s'avançait vers eux, Alya se raccrochant machinalement au bras de Nino comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas.
Poussant un visible soupir de soulagement, Nino leur adressa un large sourire avant de reculer de quelques pas, dans une évidente volonté de laisser suffisamment d'intimité à Marinette et Alya pour qu'elles puissent discuter tranquillement. Adrien échangea avec lui un coup d'œil complice, hochant silencieusement la tête en réponse. Sa coéquipière évitait au contraire soigneusement les regards de leurs camarades, à présent tellement tendue qu'Adrien pouvait la sentir trembler à ses côtés.
Quand Marinette et Adrien arrivèrent au niveau d'Alya, le héros porta la main de sa partenaire à ses lèvres, embrassant délicatement ses phalanges en un muet signe d'encouragement avant de laisser glisser ses doigts entre les siens pour aller rejoindre Nino quelques dizaines de pas plus loin.
La jeune héroïne se trouvait à présent à un mètre à peine de sa meilleure amie. Elle avait baissé son regard vers le sol, son sang refluant de son visage tandis que cœur battait à tout rompre tant elle appréhendait cette inévitable conversation. Rarement elle avait été aussi nerveuse. Cependant, décida-t-elle dans un sursaut d'orgueil, ce n'était pas le moment de fuir.
Puisant dans son courage et dans la foi qu'elle avait en leur amitié, Marinette releva farouchement la tête pour enfin faire face à Alya.
Voilà enfin la fin du combat xD ! Je suis définitivement nulle pour planifier quelle taille font les passages de l'histoire parce que j'avais prévu de le finir au chapitre précédent. Et j'avais prévu le face à face avec Alya dans celui-là...^^
Enfin bref, j'espère que ce chapitre vous a plu, et un énorme merci pour vos favs, follows et reviews !
Merci de m'avoir lue jusqu'ici ^^
