Piou!

Non vous ne rêvez pas, il y a du nouveau sur cette fic! Enfin nouveau c'est vite dit... Je me suis rendu compte que je ne l'avais jamais posté alors, je le fais !

Du coup c'est mon niveau d'il y a plus de 2 ans alors, les fautes etc... J'ai pas vraiment retapé, désolé! Mais la bonne nouvelle, c'est que la fic est terminé. Il y aura un chapitre par semaine ou plus, je verrai en fonction des retours.

J'espère que vous serez content de retrouver nos petits kappeurs et kappés!


Kap II

Prologue : Un an plus tard

Quelque part au fin fond d'une forêt mystérieuse et luxuriante…

« DEGAGE ! »

Le pied d'un certain moyashi atterrit sur le visage d'un éphèbe à la chevelure bleutée. Ces mêmes mèches d'un azur foncé se relevèrent prestement avant de naviguer dans la salle où elles se trouvaient. Le corps qui les accompagnait les suivis lui aussi, s'envolant dans la pièce tel un oiseau aspiré par des courants descendants. Il s'écrasa au sol, comme le manchot qui ne sait pas voler.

« 'Tain !»

Son nom ? Kanda. Son prénom ? Hormis sa famille, personne n'avait le droit de le prononcer… (Dérogation pour l'auteur de la fic fort heureusement).

« N'y pense même pas ! Rugit l'albinos qui s'emmitouflait dans une couverture d'un blanc nacré.
-J'ai quand même le droit de dormir dans mon lit non ? Fit Yu tout aussi colérique, en se frottant frénétiquement la tête.
-C'est MA chambre, MON lit, MON corps. Va dormir sur le canapé ! Je suis déjà assez généreux d'accepter de te loger et de te nourrir.
-Loger je veux bien… En ce qui concerne l'alimentation, je la ramène moi-même puisque tu as un trou noir à la place de l'estomac.

-Un trou noir ? Qu'est-ce que c'est ? Demanda le plus jeune qui vivant dans une forêt depuis toujours ne connaissait ce terme là.
-Au cerveau aussi d'ailleurs… » Ajouta le battu.

Le soi-disant « idiot » traversa la pièce pour lui apprendre « le peu de connaissance qu'il avait ». Cela dura deux bonnes heures jusqu'à ce que Mana, le père d'Allen ne les sépare enfin.

« Vous ne vous fatiguez jamais ? Murmura le paternel qui tentait de manger sa soupe dans un calme inexistant.

« C'est lui qui a commencé ! S'écrièrent en chœur les deux passionnés. Leur dispute virait à une chamaillerie de gamins à peine sortis du bac à sable.
-Qui se ressemble, s'assemble… Cita le quadragénaire d'un ton plein de malice.
-Ce que tu me dis me rassure… Commença le blandin. Ca signifie que je ne m'empalerais jamais dessus.
-PARDON ?! Hurla un certain invité.
-Allen, tu deviens grossier. »

Ils étaient à table, chacun ayant un coté. Allen et Yu était séparé par l'un des coins tandis que l'ainé se contentait d'être en face du blandin. Mana se tourna vers une quatrième personne située à sa gauche : celle-ci n'était qu'un petit enfant et portait le nom d'Aaron. Le bambin les écoutait silencieusement en buvant un chocolat bien chaud, ses joues roses soulignaient l'innocence encore importante qu'il possédait. Le père voulait à tout prix garder cette pureté le plus longtemps possible. Et les deux tourtereaux ne l'aidaient pas avec leur vocabulaire d'adolescent en crise.

Cependant, voir son petit Allen aussi débordant d'énergie ne pouvait que le faire agréablement sourire. Yu avait un influence plutôt prenante sur lui, quoiqu'en dise le principale intéressé.

« C'est de sa faute ! » Protesta-t-il en accusant l'autre.

L'autre en question releva un sourcil. Encore ? Ca commençait à être une habitude de tout lui mettre sur le dos.

« Ravi de voir que je te fais tant d'effet ! Lança Kanda d'un ton cynique.
-N'im… N'IMPORTE QUOI ! » Bégaya le garçon qui se redressa subitement tout en frappant la table de ses mains.

L'enfant sursauta et releva la tête vers son grand-frère qui s'empourprait de la tête aux pieds. Ses grands yeux regardaient les deux adolescents qui devenaient de plus en plus bruyant. Il observa ensuite son père qui soupirait en cachant un petit rire.

« Ni-san pourquoi tu es tout rouge ? Interrogea-t-il en toute ignorance.
- Ah ! La vérité sort de la bouche des enfants Moyashi !

-La ferme Bakanda ! Cracha la pousse de bambou.
- Papaaaaaa toi aussi tu te disputais autant avec Maman ? »

Les trois ainés se retournèrent aussitôt vers le petit qui, avec ces mêmes mirettes, battaient des paupières en attendant la réponse à sa question. Le père n'y tint plus et éclata de rire sous le regard des deux qui cette fois-ci piquèrent un fard ensemble.

« Et bien si vous voulez tout savoir…
- ON VEUT PAS SAVOIR ! » Hurlèrent les deux feux rouges, pour une fois d'accord.

Le gamin gonfla ses joues après avoir froncé les sourcils.

« Z'êtes méchant !
- Dis donc Aaron, c'est quoi ce langage ? Demanda Mana dont le ton ne présageait rien de bon.
- C'est toujours pareil, on me dit jamais rien à moi ! »

Il poussa sa chaise et sortit de table puis, courut dans sa chambre avant de claquer la porte. Allen surprit, se tourna vers son père et lui demanda ce qu'avait son tendre petit frère.

« Je rêve ou bien c'est sa première rébellion ?
- Non, il est juste fâché que Yu doit partir. Expliqua Mana qui s'était radoucit.
-Ah… »

En effet, cela faisait un an que Yu était chez eux. Et même s'il ne vivait plus parmi les siens, il restait toujours un Kanda. Il devait donc s'acquitter de sa tache en préparant le prochain Kap qui commencerait dans un mois et d'un commun accord avec tous, l'ex kappeur partirait dès demain. Cela expliquait peut-être pourquoi le chevelu avait les mains baladeuses depuis quelques jours : Monsieur voulait peut-être être sûr que « son » moyashi soit à lui une bonne fois pour toute. Malheureusement Allen n'était pas du genre à rester coucher en étoile de mer pendant qu'il ferait ses petites affaires.

« Ce n'est pas comme si je partais pour toujours. Annonça Yu qui de sa voix, venait de ramener Allen à la réalité.
-Pour un enfant de cet âge c'est extrêmement long et puis… Il t'aime beaucoup tu sais. »

Mana termina sa phrase en posant sa main sur l'épaule du garçon, le blandin put percevoir une petite pointe de surprise dans les yeux de celui-là et beaucoup de bonheur pour ces paroles à son égard. Le paternel se redressa et partit voir Aaron, laissant les deux garçons seul à seul. Alors qu'Allen commençait à enlever les couverts qui se trouvaient sur la table, le kappeur se releva et sans même aider le blandin partit dehors après avoir ajouté :

« Au moins je manquerais à l'un des deux frères… »

Il claqua la porte, le cadet trouva alors de qui Aaron tenait cette nouvelle manie… Le blandin reposa l'assiette qu'il tenait dans les mains et, après avoir jeté un œil à la fenêtre pour être sûr que le brun soit réellement parti, il se rassit. Plantant son visage dans ses deux paumes, il soupira.

« C'est tout ou rien lui… »

Cela faisait un an qu'il le collait jour et nuit tel une moule qui s'accroche à son rocher. Yu avait débarqué dans sa vie et avait tout chamboulé au point que son existence était devenue aussi bordélique que bruyante. Evidemment qu'il allait lui manquer : comment ne pas se sentir seul quand la tornade serait partie ?

« Ce n'est pas pour autant que je vais y laisser ma liberté… »

Le lendemain.

« Tu as tout ce qu'il te faut ? Demanda le paternel.
- Oui, merci pour tout »

Yu termina cette réponse par une courbette on ne peut plus courtoise et pleine de remerciement. Il se tourna ensuite vers les deux frères, le plus jeune courut vers lui bras ouverts. Le futur organisateur attrapa le petit et se redressa, Aaron glissa sa tête dans le creux de l'épaule du brun. L'ex-kappeur ne put s'empêcher de sourire tristement, qu'importe les chamailleries qu'il pouvait avoir avec Allen, c'était chez lui ici à présent. Et voir le gamin aussi affecté de le quitter ne pouvait que l'accabler encore plus. De son côté, le blandin était resté au même endroit et regardait la scène tel un spectateur. Ne sachant trop que dire ou quoi faire.

Finalement Yu reposa le benjamin au sol et se tourna vers ce qui devait être « sa moitié ». Celui-ci l'observa silencieusement, les mains le long du corps et se retenant de frémir sous le regard du brun. Le blandin aperçut alors son ainé prendre son paquetage et après s'être retourné, il se dirigea vers la sortie. Allen le vit alors disparaitre pour peut-être ne plus jamais revenir.

Cela faisait une semaine que le kappeur était retourné dans son ancien chez lui… Sept jours, cinq heures, vingt-trois minutes et trente-six secondes plus exactement. Le blandin lui avait perdu patience depuis quelques temps déjà… Environ sept jours, cinq heures, vingt-deux minutes et trente-trois secondes plus exactement. Oui, il fallait bien l'admettre : Kanda lui manquait.

La maison était devenue bien vide sans cet idiot et cela commençait à lui peser. Son père l'avait remarqué mais le blandin n'était pas d'humeur à ce qu'on le lui fasse sous-entendre. C'est pourquoi le lendemain, Allen fut fort surpris de voir un baluchon sur la table avec des affaires appartenant à Yu. Mana était assis sur une chaise et faisait face à son fils, avant même que celui-ci parle il déclara :

« Tu vas le rejoindre, je t'ai préparé tes affaires tu n'as plus qu'à aller te changer.
- Mais je… Commença Allen.
- Pas de mais. Tu es comme un lion en cage. Ca inquiète Aaron, cela m'inquiète et je ne supporte pas de te voir comme ça. Alors tu vas aller te préparer et aller lui passer un petit bonjour. Tu te rabiboches avec lui et après tu reviens.
-Je ne vais pas te laisser tout seul !
- Dis donc tu me prends pour un vieillard incapable de me défendre ? Tu crois que je t'ai élevé avec Aaron comment ? »

Le garçon baissa la tête. Evidemment qu'il connaissait la réponse : Seul. Mais il n'avait pas envie de laisser son père qui avait tant fait pour lui. Ce n'était pas une manière de le remercier. Allen tourna la tête vers la fenêtre, son regard se posa sur l'endroit ou il avait vu le Kanda pour la dernière fois. Il retint un soupir, non il ne pouvait pas y aller.

« Pardon… Ce n'était pas mon but de te froisser. »

Le paternel le regarda silencieusement, observant la mine déconfite que son fils faisait en ce moment même. Finalement, il se leva et après avoir contourné la table, il posa sa main sur l'épaule gauche de son garçon. Celui-ci releva la tête prêt à écouter ce qu'il allait lui dire.

« Tout ce que je veux, c'est que tu sois heureux. Que ce soit près ou loin de moi. Tu peux venir me voir quand tu veux et si tu souhaite rester, je ne te forcerais pas à partir. Cependant je ne te laisserais pas mettre ta vie en suspens pour la mienne ou celle d'Aaron.
- Mais je…

-Il te manque non ? »

Allen détourna les yeux, ses mains qui étaient le long de son corps se croisèrent devant lui. Il les serra l'une contre l'autre.

« Un peu… Avoua-t-il à demi-mot.
- Dans ce cas, va le rejoindre !
- Il m'a peut-être oublié depuis… »

Le blandin reçut une claque contre l'arrière du crâne, ses mains se plaquèrent aussitôt sur l'endroit d'où il venait de recevoir la blessure.

« Ne dit pas n'importe quoi tu veux ? Il est dingue de toi.
- Ca c'est le mot : complètement dingue. »

Mana laissa échapper un rire tout en relâchant ses épaules, le moyashi le regarda d'un œil suspicieux avant de finir par le rejoindre. Ils rigolèrent ainsi une bonne longue minute, minute où un petit frère passablement curieux passa la tête pour voir ce qui se déroulait dans le salon. Lorsque le paternel vit sa petite frimousse qui tentait de se cacher, il l'invita à les rejoindre. Mana se rassit sur la chaise et laissa Aaron se poser sur ses genoux, le gamin en profita pour demander un câlin en cette matinée forte en bruits.

« Grand-frère va aller voir Yu-nichan ? Demanda le petit qui touchait du bout des doigts le baluchon toujours posé sur la table.
- En effet. Acquiesça Mana.
-Je n'ai encore rien décidé… Précisa Allen qui n'appréciait que trop peu cette manière de le pousser à sortir sans son accord. »

Le petit garçon le scruta en plissant les yeux et de but en blanc lui sortit :

« Je veux voir Yu-nichan !
- Ne t'inquiète pas, il reviendra quand il aura finit son travail.
- Non, je veux qu'on aille le voir ! Répondit Aaron en posant sa joue gauche contre le meuble en bois. Je m'ennuie sans Yu-nichan… »

Allen ouvrit la bouche, outré :

« Dit tout de suite que je ne suis pas intéressant !
- Sans Yu-nichan, un peu… »

Le blandin vira rouge, ses oreilles semblaient fumer.

« Pas question que j'y aille ! Qu'il croupisse là-bas et ce à jamais ! »

L'ainé des deux frères pivota et alla s'enfermer dans sa chambre. Il claqua vivement la porte avant de se jeter sur son lit. Mais alors qu'il inspirait un bon coup pour tout rejeter par la suite, il sentit une odeur familière pénétrer dans ses poumons. Une senteur qu'il n'avait vraiment pas envie d'avoir à ce moment-ci sous le nez.

« 'Tain… Je croyais lui avoir dit de ne pas venir dans mon lit celui-là ! »

Il attrapa l'oreiller et le jeta le plus loin possible dans sa chambre.

Cinq minutes plus tard Allen avait reposé la taie sur son matelas et remit sa tête dessus. Il resta ainsi toute la matinée, jusqu'à ce que l'odeur ait totalement disparut. C'est donc en début d'après-midi que le blandin partit vers la ville ou vivait Yu.

Avant de quitter la forêt, le garçon s'était vêtu d'un des habits que le kappeur avait laissé là-bas. Se balader en habitant de la forêt là-bas n'était peut-être pas trop conseillé… Il avait prit un bermuda qui était devenu un pantalon presque à sa taille et un pull qu'il avait retroussé une demi fois.

« Ses parents lui ont mit de la soupe dans le biberon ou quoi ? »

Baluchon sur l'épaule droite, il venait de passer les piliers qui délimitaient le bois. Il se rappela alors ce qu'il c'était passé il y a un an :

Quand il avait suivit Yu jusqu'ici et l'y avait retrouvé. Le blandin s'arrêta un instant et se tourna vers l'un des arbres qui faisait office de barrière. Il hésita quelques secondes puis finalement, s'avança vers lui. Il posa sa main dessus, puis son front. Cet arbre… Aucun doute c'était cette plante. Allen se rappelait parfaitement de lui : Yu venait de l'apercevoir du haut de la colline en train de l'espionner et l'avait rapidement plaqué contre avant de lui offrir un baiser.

Le blandin n'était jamais allé plus loin, tout ce qu'il connaissait du monde du kappeur c'était cette côte où il était assit et ce qu'on lui avait raconté. Dès lors qu'il aurait posé un pied hors de la forêt, il serait en territoire inconnu. Allen déglutit mais se reprit aussitôt en claquant assez fort ses deux joues.

« Du nerf Allen, ce n'est pas le moment de flancher ! »

Le garçon finit par sortir, il suivit le chemin qui remontait jusqu'en haut et, une fois arrivé à ce fameux sommet, il découvrit une majestueuse cité qui s'élevait de plus en plus haut vers le ciel. Le blandin n'avait jamais vu pareille bâtisse, pour lui la chose la plus haute qui existait était les arbres vieux de plus de cent. Mais cela… Cela dépassait tous ses rêves les plus fous.

On aurait dit un palais fait de glace, les bâtiments scintillaient lorsque les rayons du soleil les traversaient. C'en était éblouissant. C'était donc là que Yu vivait ? Il comprit un peu mieux pourquoi monsieur faisait des manières dans « sa pauvre cabane de paysan ».

« Et puis quoi encore ! Maintenant je comprends pourquoi il est givré… C'est tout à son image. »

La citadelle devait bien faire le quart de la forêt à elle toute seule. Devant, une grande place était inscrite où de nombreuses petites maisonnettes s'alignaient les une à côtés des autres. Elles restaient ainsi jusqu'à ce que de nouvelles maisons, cette fois-ci à deux étages ne viennent s'encastrer dans le sol. Puis vinrent les trois étages, puis quatre… La cité se terminait par de gigantesques tours où tout au fond, se trouvait une sorte de manoir qui était tout aussi grandiose que les donjons qui l'entouraient.

On aurait dit une couronne avec un incroyable diadème.

Le sol extérieur qui entourait la ville de diamant n'existait pas, en faite elle prenait ses pieds dans une cuvette, une sorte de fosse remplie d'eau. Seul l'intérieur semblait être posé sur la terre ferme, un parapet fait d'herbe qui remontait jusqu'en haut de la cuvette. Devant la cité où se situait l'avant de la douve qui arrêtait entièrement la citadelle, on pouvait voir une ligne qui flottait dessus. Allen plissa les yeux pour mieux voir : c'était un pont en bois.

« Ils n'ont pas peur de se noyer eux… »

Prenant son courage à deux mains, il descendit lentement et avec précaution. Lorsqu'il arriva près du pont flottant, son regard se tourna dans tous les sens pour apercevoir quelqu'un mais il ne vit personne. Allen posa timidement un pied sur le bois qui à son contact s'enfonça doucement dans la grande étendue d'eau. Le blandin sauta en arrière : On n'avait pas idée de construire des choses sur l'eau !

« Allen ? »

Second bon pour le dit nommé, il fit bien deux mètres sur la gauche après avoir entendu une voix l'appeler. Il se retourna, le cœur battant à tout rompre et vit avec surprise…

« Tyki ? »

Devant lui un ex habitant de la forêt, un kappé qui avait été capturé il y a un an par le meilleur ami de Yu. Enfin meilleur ami c'était vite dit… Dans un sens seulement d'après un certain kappeur.

« Allen que fais-tu ici ?
- Euh et bien je… Euh… »

Que dire ? Le garçon ne savait trop quoi raconter. Avouer la vérité et laisser le frisé se moquer de lui ou mentir tout en priant qu'il le croit ?

« Tu es venu voir Yu ? »

Grillé. En même temps à bien y réfléchir… C'était facile de deviner. Et complètement stupide de vouloir le cacher… A cette pensée, les joues du moyashi se rosirent de honte. Tyki sembla le remarquer puisqu'il lui répondit d'un sourire chaleureux.

« Je t'y emmène ?
-Tu sais où il est ?
- Oh ça… C'est pas bien compliqué. Il n'est pas du genre à se balader donc il ne peut être qu'à quelques endroits.
-Bizarrement, ça ne m'étonne pas. »

L'ainé laissa échapper un rire avant de monter sur le pont qui donnait tant de sueur froide au plus jeune. Tyki le voyant rester sur l'herbe demanda :

« Tu viens ?
- T'as pas peur de tomber toi ? »

Le kappé passa sa main dans sa frange.

« Ah oui, j'avais oublié.
- Oublié ?
- Disons qu'en un an… J'ai pris l'habitude de passer par là. Je n'y pense même plus. »

Allen regarda la surface de l'eau qui n'avait aucune vague tant le vent était faible. C'est vrai qu'elle n'avait pas l'air néfaste… Mais il fallait tout de même se méfier.

« Tu viens ? Je t'assure tu ne cours aucun danger »

Tyki le vit hésiter puis finalement, après que l'ainé lui ait tendu la main, celui-ci la prit et monta. Ils marchèrent côte à côte tout du long tandis qu'Allen gardait tout de même son corps en alerte.

« Par contre avant je dois passer voir Lavi, ça te dérange pas ? »

Le blandin lui fit un sourire, un de ceux moqueurs qui ne veulent faire qu'une seule chose : Se moquer de la dite personne.

« Quel bon kappé…
- Roh arrête ou je te fous à l'eau ! Plaisanta-t-il. Le mien est adorable.
- Ca je veux bien te croire.
- C'est sûr que comparé au tien, le mien est une peluche.
- Yu n'est pas mon kappeur. »

Les deux jeunes hommes qui avaient fait un bout du chemin s'arrêtèrent. Tyki posa ses poings sur ses hanches et soupira :

« Pourquoi tu es là alors ?
-Aaron s'inquiétait, je suis donc venu.
- Toi alors… »

Allen regarda son ainé qui recommença à avancer. Que voulait-il dire par là ?

« Quoi ? Dis le fond de ta pensée !
- Très bien : Couche avec, ce sera plus simple après. »

Le blandin ouvrit la bouche outré par les propos que tenait le brun.

« Non mais ça va pas ?! Hurla-t-il en regardant Tyki s'éloigner de plus en plus.
- Sérieusement ça te ferait du bien, ça réglerait pas mal de problème.
- Pas question !
- Allez viens ! »

La discussion continua un peu mais Allen ne voulait pas lâcher son opinion, c'est donc camper sur leur position qu'ils arrivèrent sur la grande place. Celle-ci déjà bien grande quand il l'avait regardé de la colline, était à présent devenue gigantesque. Le blandin ne savait plus où donner de la tête tant tout cela était nouveau pour lui. Ils s'arrêtèrent devant un établi où Tyki acheta quelques nourritures qui à l'odeur semblait délicieuse. Puis finalement les deux jeunes hommes continuèrent leur chemin vers le fond de la citadelle et entrèrent dans ce qui étaient, aux yeux d'Allen la plus grande maison qu'il n'ait jamais vu : le palais.

« C'est ici que tu habites avec Lavi ? Demanda le blandin qui se trouvait dans un hall presqu'aussi grand que sa maison.
-Non, mais il travaille ici.
- Ah bon il y fait quoi ?
-Hum… Difficile à dire. Vu qu'il passe le plus claire de son temps à s'enfuir ou à se cacher. »

Un long silence naquit entre les deux garçons, tous deux avaient compris le sentiment de chacun. Lavi était un boulet.

« Quand je pense à ta réputation dans notre clan… J'ai vraiment du mal à croire que tu sois ici. Marmonna Allen qui scrutait le plafond étonnamment haut.
- Un virage à trois cent soixante degrés hein ? Moi-même je suis surpris.
- Le kap ça vous change quelqu'un… »

Alors que Tyki ne savait trop quoi répondre à cette déclaration du blandin, il fut néanmoins coupé dans son élan par une chevelure de feu qui sauta sur son dos et bredouilla en larmoyant:

« Tykiiiii au secours ce mec veut ma peau !
- Lequel ? Non parce qu'il y en a tellement…
- Le pire ! »

Le pire ? Yu ? Pensa le cadet qui ne voyait pas qui d'autres pouvait avoir plus mauvais caractère.

« Tu fous quoi ici Moyashi ? »

Bingo

L'homme qui venait de parler avec cette voix si familière n'était autre que le brun qu'il cherchait tant. Plutôt rapide les retrouvailles finalement. Allen se retourna de suite et sans se laisser démonter répondit avec autant de zèle que lui :

« Tu manques à Aaron, alors je suis venu prendre de tes nouvelles et te donner un cadeau de sa part ! Se justifia le garçon.
- Tch… Dans ce cas c'est lui qui aurait du venir.
-Bah voyons un gosse de cet âge, on voit bien que tu n'es pas parent toi.
- Tu n'as beaucoup de différence d'âge avec lui tu sais… »

L'ex kappeur sortit de sa poche un petit objet cylindrique noir qu'il mit à sa bouche. L'objet en question s'embrasa quelques secondes de l'autre côté avant de laisser une fumée bleu sortir et s'épanouir dans l'air. Il sembla inspirer quelque chose puis enleva l'outil de ses lèvres et souffla des effluves bleus. Les émanations arrivèrent directement dans le visage du cadet qui toussota aussitôt.

« C'est quoi ce truc ?! Fit le blandin en s'étranglant presque.
- Une cigarette, c'est fabriqué à partir de peau de kappé… Ca fait fureur ici.
- Ah ah ah… Faute de réussir à te taper du kappé tu le fumes, ça ne m'étonne pas. »

Alors que Yu allait répliquer, un autre Kanda traversa la pièce et ce n'était nul autre que Yuuta.

« Et bien ça alors ! Le petit Allen ! »

Le « petit » tiqua un peu à cette appellation, sous les airs moqueurs de son ex-invité qui dut reculer pour ne pas se prendre un coup.

« Tu es venu voir Yu ? Demanda Yuuta d'un doux sourire.
-En quelque sorte. Fit Allen en lui répondant chaleureusement.
- Que veux-tu… Il ne peut plus se passer moi le Moyashi, il crève d'amour sans moi la pousse de bambou là-bas. Fit le brun qui tira une seconde fois sur son « tueur de kappé ».
- Je vomis trop de sommeil tu veux dire. J'ai enfin la paix dont j'attendais tant le retour. »

Allen tourna la tête vers Tyki qui soupira d'un doux sourire, Lavi était toujours agrippé à lui et tremblait comme une feuille.

« Sérieusement Lavi, tu as peur de cette donzelle ? » Demanda le blandin qui ne reconnaissait pas le rouquin.

C'est vrai que Yu était irascible et pouvait faire voler pas mal d'objet quand il était énervé… Seulement du peu qu'il avait vu du rouquin, celui-ci n'avait jamais eu peur du jeune Kanda. Au contraire même.

« Bien sûr que non ! Réfuta le rouquin.
-Bah alors pourquoi tu frémis ?
- Ce n'est pas lui qui me fais peur…
-Ah ? Qui est-ce alors ? Demanda-t-il surprit d'imaginer quelqu'un d'autre encore plus exécrable que le stupide kappeur qui reviendrait sous peu chez lui.
- Lui… » Murmura le roux en pointant son doigt vers quelque chose derrière Yu.

Allen suivit la direction qu'il montrait tout en ignorant le kappeur qui pesta : en effet quelqu'un au fond de la pièce était accoudé au mur et regardait la scène tel un spectateur.

Bras croisés, une jambe ballotant presque dans le vide et dos au mur… Silencieusement il les observait. Cet individu avait les cheveux noirs, court et une couleur semblable à celle de Tyki. Il était trop loin pour connaitre la couleur de ses yeux mais le blandin n'en avait pas besoin, il le savait déjà.

« Néa ? »

Deux pupilles jaunes. Qu'il croyait avoir perdu quelques années plus tôt.