All we ever seem to do is fight
On and on...
And on and on and on...
Once upon a time on the same side.
Once upon a time on the same side, in the same game
Coldplay – princess of china
James ne pouvait pas rester assis. La dernière fois qu'il avait mis les pieds à Sainte-Mangouste, c'était lorsque ses parents étaient décédés. Il ne pouvait s'empêcher de tourner en rond dans la salle d'attente, espérant recevoir la visite d'un des médicomages des membres de l'Ordre d'un instant à l'autre, mais rien ne venait.
Après l'attaque, la brigade d'aurors était arrivée, et tout le monde avait été transféré à Sainte-Mangouste. Certains avaient juste perdu connaissance, mais d'autres avaient aussi des débris de verre plantés dans le corps suite à l'explosion des vitres. D'après ce qu'il savait, toutes les blessures étaient superficielles, mais l'odeur de l'hôpital, les murs blancs, le va et vient permanent du personnel et les bruits de chariot oppressaient James et le rendaient anxieux.
Sirius n'en menait pas plus large. Il était assis, mais il ne cessait de remuer sa jambe droite. Peter avait tenté de le calmer plusieurs fois, mais il n'y avait rien à faire. Cet endroit représentait l'enfer pour eux.
« Je ne comprends pas comment cela a pu arriver, murmura Fenwick. »
Assis à côté de Lily Evans, il ne cessait de lui caresser le dos. Elle avait appuyé ses coudes sur ses cuisses et sa tête reposait sur ses mains jointes. Elle fixait le carrelage d'un air absent. Elle avait lancé un sort de nettoyage sur ses vêtements pour retirer le sang de Marlène, mais James pouvait voir le corps inerte de son amie dans ses yeux verts.
« Ils nous ont trouvé, c'est tout, marmonna Peter en haussant les épaules.
- Nous aurions dû changer de localisation depuis longtemps ! Ajouta Dorcas Meadowes qui venait d'entrer dans la pièce, un bandage autour de l'avant bras.
- Maugrey l'avait dit, il ne faut pas s'attarder trop longtemps au même endroit... Appuya Rémus.
- Si seulement nous avions f...
- Marlène est morte, ça ne changera rien d'énumérer nos torts, trancha James d'un air sombre. »
Le professeur Dumbledore était retourné à Poudlard et les quelques aurors qui faisaient partie de l'Ordre avaient également déserté les lieux un par un pour rejoindre leur brigade. Ils n'étaient plus qu'une petite dizaine à la fin de la journée, attendant patiemment que Frank Londubat termine ses examens.
La nuit était tombée lorsqu'une nouvelle explosion retentit, faisant trembler l'hôpital. Tous ceux qui étaient assis se levèrent d'un bond, hagards, cherchant tout autour d'eux d'où venait le bruit, se demandant avec terreur s'il s'agissait bien de ce qu'ils pensaient. Un calme atroce régna sur l'étage tout entier pendant cinq bonnes minutes, et puis ce fut la folie. Encore.
Des guérisseurs couraient en tout sens, baguette à la main. Leur robe verte volait derrière eux alors qu'ils s'empressaient de transférer des patients d'une chambre à l'autre. L'un d'entre eux hurlait sur le personnel de l'accueil pour leur dire de bloquer les portes de l'ascenseur, mais la petite jeune femme à moitié dissimulée par un paquet de paperasse restait tétanisée.
« Pou... Pourquoi ? Osa t-elle demander.
- Il y a eu une explosion au rez-de-chaussée. Des mangemorts, lui répondit-il avec tout le courage dont il fut capable pour cacher ses émotions pendant qu'il déplaçait un patient. »
La jeune femme poussa un cri horrifié mais parvint tout de même à s'extirper de derrière son comptoir pour aller bloquer les portes de l'ascenseur. Malheureusement, au même moment, celles-ci s'ouvraient et vomissaient une dizaine de partisans de Voldemort.
Le sang de James ne fit qu'un tour quand il vit l'une des baguette se tendre vers la jeune femme, et il se rua sur elle pour la propulser derrière le comptoir. Les sorts fusaient devant lui, et ils voyaient ses amis dans la salle d'attente riposter du mieux qu'ils le pouvaient, mais les mangemorts avançaient, pétrifiant ou tuant chaque guérisseur, chaque patient, simplement chaque être humain qui croisait leur chemin.
James comprit aussitôt ce dont il s'agissait. Il n'était pas question de sauver les sangs-purs, pour eux. Cela n'avait plus aucune importance. Ce n'était ni plus ni moins qu'une campagne de recrutement. Voldemort voulait semer la terreur pour réussir à rallier le plus de monde possible à sa cause, alors il frappait des lieux stratégiques.
Sainte-Mangouste avait dû lui sembler être le point de départ idéal après avoir mené un raid sur les membres de l'Ordre quelques heures auparavant. Il savait qu'il allait les retrouver ici, il savait qu'il allait pouvoir réduire leur nombre ici, et il se fichait éperdument du nombre de victimes collatérales qu'il faisait car plus il y en avait, plus il avait de chance de gagner en pouvoir.
Il se moquait également de ses propres troupes qui le suivaient aveuglément sans songer que s'ils étaient blessés cette fois-ci, personne ne serait capable de les soigner. Non, Voldemort n'était pas dans la bataille, il ne risquait pas de subir quoi que ce soit, alors pourquoi aurait-il dû s'inquiéter à l'idée de réduire un hôpital à néant ? Rien ne lui faisait peur.
James envoya plusieurs sorts en direction du groupe de mangemort et parvint à en toucher un au moment précis où Lily Evans bondissait pour le rejoindre derrière le comptoir. Surpris, il constata qu'elle était en train d'observer le plafond d'un air songeur alors qu'ils étaient en très mauvaise posture.
« Ça te dérangerait de filer un coup de main, Evans ? L'interrogea t-il après avoir esquivé un doloris.
- Qu'est-ce que tu crois que je fais ? Il faut éteindre les lumières ! S'exclama t-elle.
- Eteindre les lumières ? Répéta James, perplexe.
- Ils savent où nous sommes et ils monopolisent la sortie. Nous n'avons pas de solution de repli, il faut éteindre les lumières.
- Il suffit d'un lumos et...
- C'est pour cela qu'il va falloir que nous soyons réactifs. Black et les autres vont faire exploser les ampoules et pendant ce temps là, nous lancerons des expelliarmus. Nous devrions pouvoir en désarmer au moins trois ou quatre. Suis-moi, lui ordonna t-elle en marchant à quatre pattes vers l'autre extrémité du comptoir. De là, nous ne devrions pas avoir de problème pour les toucher. »
La jeune femme de l'accueil pleurait à côté d'eux, mais ils n'avaient pas le temps de chercher à la rassurer. Tout alla très vite. James vit Lily tourner la tête vers Rémus et le reste de la troupe, et ils acquiescèrent en même temps. Une seconde plus tard, la pièce était plongée dans le noir.
« Expelliarmus ! S'écrièrent James et Lily en même temps. »
Ils parvinrent à s'emparer de trois baguettes avant que l'un des mangemorts n'utilise la sienne pour éclairer l'étage. Le rai de lumière aveugla James qui manqua de se retrouver propulsé en l'air par un autre sort qu'il évita mais qui frappa Lily de plein fouet. Il la vit retomber au beau milieu du couloir, à la merci du groupe.
Benjy Fenwick tenta d'intervenir, mais il reçut un doloris et il s'effondra dans un grand fracas, se tordant de douleur et hurlant. James eut juste le temps de voir Lily se relever et accourir vers son petit-ami malgré le sort vert qui se dirigeait droit sur elle. Il ne sut ce qui lui traversa l'esprit à ce moment là, mais il lui donna un violent coup d'épaule qui la projeta dans la salle d'attente, à l'abri, et croisa son regard clair juste au moment où le sort de la mort lui chatouillait la nuque.
Il était persuadé qu'il serait pour lui. Il était persuadé qu'il allait le prendre, celui-là, après tous ceux qu'il était parvenu à éviter au fil des combats. Il l'avait senti dès qu'il avait bondi sur Lily Evans pour la protéger, mais il n'avait pas réfléchi. Il avait agi comme on lui avait toujours reproché d'agir, comme un inconscient, et les yeux émeraudes de la jeune femme étaient figés aux siens comme si elle avait vu un fantôme, comme s'il était mort pour elle.
Il n'avait pas remarqué que Dumbledore était arrivé sur les lieux, que les mangemorts s'étaient volatilisés sur le coup, que Benjy Fenwick avait été transporté dans une chambre par un guérisseur, que ses amis avaient réparé toutes les ampoules et étaient en train d'arpenter la pièce pour venir en aide aux victimes. Le regard de Lily Evans l'avait bloqué sur place. Il ne reprit ses esprits que lorsque Sirius se planta devant lui et l'observa étrangement.
« Ca va mon vieux ? »
James expira profondément avant de laisser échapper un soupir et de se passer la main sur le front. Non, ça n'allait pas vraiment, mais il acquiesça tout de même avant de se mettre à courir vers les toilettes les plus proches et de rendre son dernier repas. Jamais il n'avait été si proche de la mort, et jamais les choses ne lui avaient paru aussi sérieuses.
Quand il émergea des toilettes et qu'il constata les dégâts, il dut s'appuyer contre le mur pour ne pas s'effondrer. Une dizaine de corps avaient été regroupés dans un coin de la pièce, ceux à qui les mangemorts n'avaient laissé aucune chance.
Rémus, Peter, Alice, et Mary semblaient aussi tétanisés que lui, les yeux rivés sur les cadavres. Ce n'était pas la première fois qu'ils voyaient des gens mourir, mais ils n'avaient jamais autant eu peur d'en faire partie, de se retrouver là, entassés les uns sur les autres comme s'ils n'étaient qu'une vulgaire pile d'oreillers.
« Il faut les sortir de là. Il faut... Il faut prévenir les familles, balbutia la jeune femme de l'accueil. »
Sans attendre une réponse, elle s'empressa de fouiller dans une pile de dossiers. James n'avait qu'une envie : rentrer chez lui. Cette journée avait été un véritable cauchemar du début à la fin. Il avait beau être épuisé, il doutait qu'il réussirait à dormir.
« Vous devriez tous rentrer chez vous, déclara Dumbledore lorsque les aurors arrivèrent sur les lieux. »
C'était comme s'il avait lu dans son esprit. James s'apprêtait à partir lorsqu'il vit Lily à l'autre bout de la pièce, derrière la vitre de la chambre dans laquelle se trouvait Benjy. Elle avait les bras croisés et le regard vissé sur son petit-ami. Elle avait l'air plus forte qu'il n'avait pensé qu'elle l'était quand il l'avait rencontrée.
Il s'était trompé sur elle. Elle les avait probablement tous sauvés. Là, elle se tenait bien droite, elle ne tremblait pas. Elle n'avait pas non plus tremblé quand elle avait bondi pour le rejoindre derrière le comptoir, ni quand elle s'était ruée sur Fenwick alors qu'il était sur la trajectoire des mangemorts. Elle avait l'air d'être la seule à ne pas être profondément secouée par les événements.
James lui envia ce détachement l'espace d'un instant, jusqu'à ce que son regard attire une nouvelle fois le sien et qu'il réalise à quel point elle était touchée, à quel point elle semblait dévastée. Il n'arrivait pas à la comprendre, mais il pouvait sentir qu'il y avait quelque chose de plus,chez elle. Quelque chose d'intense.
« On y va ? L'interrogea Sirius.
- Ouais, on y va. »
Son meilleur ami avait posé sa main sur son épaule, et ils avaient quitté les lieux ensemble pour se retrouver dans l'appartement de James, perdu dans Londres. Il envoya une bouteille de bièraubeurre à Sirius et se laissa tomber à côté de lui sur le canapé en soupirant et en balançant ses jambes sur la table basse en face de lui.
« Putain de journée, commenta distraitement Sirius. »
James trinqua avec lui en acquiesçant lourdement, passa sa main dans ses cheveux et laissa basculer sa tête en arrière. Il aurait eut envie qu'elle soit vide à cet instant précis, mais il entendait encore les deux explosions, il voyait encore les sorts fuser devant ses yeux, et il savait que dès qu'il serait plongé dans la pénombre de sa chambre, il repenserait à ce moment où il avait dû désarmer les mangemorts à l'aveuglette.
« Il y a un truc de positif là dedans, je suis sûr que Dorcas va envoyer un hibou pour me demander de venir me blottir contre elle, poursuivit Sirius. »
James parvint à rire à son plus grand étonnement. A chaque attaque, il pensait qu'il en avait fini avec tout cela, qu'il ne pouvait pas s'amuser dans un monde tel que celui-ci, et finalement, au bout du compte, il se retrouvait toujours à glousser aux imbécillités de son meilleur ami.
« On en parle de Lily Evans, ou pas ? Le questionna t-il. »
James ferma brièvement les yeux et son cœur tapa dans sa poitrine. Elle était toujours là bas. Elle était là bas avec Fenwick. Cette pensée le gêna profondément. Il retira ses pieds de la table basse et appuya ses coudes sur ses genoux en fixant pensivement un point précis sur le sol.
« Pourquoi est-ce qu'elle te déteste comme ça ?
- Je n'en sais rien, se défendit immédiatement James. Lunard a dit qu'elle était amie avec Rogue à Poudlard, non ? J'imagine que ceci explique cela.
- J'avais oublié. Rogue. Rogue, répéta t-il comme si cela allait lui donner les réponses qu'il cherchait. Comment pouvait-elle être amie avec Rogue ?
- Tu me le demandes sérieusement ? L'interrogea James en arquant un sourcil.
- Non. Elle sort avec Fenwick, elle doit avoir un espèce de dysfonctionnement mental. Ou alors elle a un faible pour les abrutis.
- Patmol, Fenwick s'est pris un doloris, ce n'est pas le moment de raconter des conneries sur lui.
- Oh, il n'est pas mort. On s'en est tous pris, dans l'Ordre. Il n'aura pas plus de dommages cérébraux qu'il n'en a déjà... »
James resta de marbre un instant. C'était vrai. Tout le monde avait subi son quota d'horreur, et Fenwick ne faisait pas exception à la règle.
« Ce type est un connard, lâcha t-il.
- Parce qu'il sort avec Lily Evans ? L'interrogea Sirius en ricanant.
- Parce qu'il... Je n'ai pas besoin de te rappeler ce qu'il a fait à Dorcas. Comment Evans peut-elle... Qu'est-ce qu'elle lui trouve ?
- Elle ne le connaît pas, visiblement, mais quand il se mettra à raconter en détail leur vie sexuelle à qui veut l'entendre, peut-être qu'elle s'en mordra les doigts. A moins qu'elle ne soit comme lui et...
- Elle n'est pas comme lui, certifia James.
- Tu ne la connaissais pas hier, se moqua Sirius.
- Elle était à Poudlard avec nous, répliqua James.
- Et tu ne te souvenais même pas d'elle, lui rappela t-il. »
James referma la bouche. Sirius avait raison. Il ne connaissait rien de Lily Evans, mais il savait ce qu'il avait vu. Il y avait eu une certaine forme d'accord entre eux quand ils s'étaient regardés, et il ne pouvait pas croire qu'elle était comme Fenwick, qu'elle était du genre à aimer humilier les autres pour se sentir puissante.
C'était un peu ce que Benjy avait fait à Dorcas. Ils étaient sortis ensemble l'année précédente, leur relation avait durée plusieurs mois pendant lesquels la jeune femme s'était confiée à lui comme elle ne s'était jamais confiée à quiconque, lui racontant ses plus grandes peurs et ses plus grandes joies. Fenwick s'était empressé de tout raconter aux membres masculins de l'Ordre du Phénix, relatant au passage leurs parties de jambe en l'air de la façon la plus douteuse qui soit, en laissant échapper des commentaires désobligeants sur le corps de Dorcas qui n'était pourtant pas une vilaine fille aux yeux de James.
Sirius et lui s'étaient regardés d'un air dépité ce jour-là, et ils avaient tout de suite su qu'ils allaient lui casser la gueule. Ils l'avaient fait. Sous leur forme animales, mais ils l'avaient fait. Plus tard, James l'avait pris à part après une réunion de l'Ordre pour lui dire qu'il avait intérêt de quitter Dorcas. Il lui avait fait du chantage, lui avait dit que sa famille le ruinerait s'il ne le faisait pas, et Fenwick avait fini par lui obéir.
Dorcas n'avait jamais rien su de toute cette histoire. Elle avait pleuré après leur rupture, et c'était Sirius qui l'avait consolée. Ni lui, ni James n'avaient voulu lui raconter ce qu'il s'était passé avec Benjy. Ils ne voulaient pas la faire souffrir inutilement, ils ne voulaient pas que Dorcas sache que presque tous les membres masculins de l'Ordre avaient entendu des choses privées qu'ils n'auraient pas dû entendre, ils ne voulaient pas qu'elle ait l'impression qu'on la regardait d'une autre façon.
Dorcas était quelqu'un de bien. Une gentille fille à qui il arrivait tout le temps de mauvaises choses. Jeune, elle avait perdu son père et avait été élevée par sa mère qui était devenue alcoolique. Elle s'était enfuie de sa maison à onze ans et avait rejoint le monde magique en prenant le magicobus. Quand elle était rentrée de Poudlard, l'été après sa première année, elle avait découvert que sa mère avait déménagé sans lui laisser d'adresse.
Elle s'était retrouvée seule dans la rue pendant près de deux mois, puis elle avait eu Poudlard, alors elle n'en avait parlé à personne pendant longtemps. Elle avait commencé à se confier à ses copines de dortoir en cinquième année, puis Rémus l'avait su car il était préfet, et James l'avait appris en septième année lorsqu'il avait obtenu le badge de préfet en chef.
Il se rappellerait toujours de ce soir là où, après après avoir eu une réunion avec Dorcas et le professeur McGonagall, il s'était empressé d'aller dans son dortoir et de plonger sous son lit pour en sortir un gros trousseau de clé. Il était ensuite redescendu et l'avait brandi devant la jeune femme qui le regardait sans trop comprendre. Il lui avait alors expliqué que sa maison pouvait aussi être la sienne, et elle l'avait étreint amicalement, les larmes aux yeux.
J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&LJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&LJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&LJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&LJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L
« M. Potter ? Vous devriez rentrer chez vous. Elle ne se réveillera probablement pas ce soir, lui glissa l'infirmière en vérifiant les constantes de Lily.
- Elle a raison. Rentre chez toi, James. »
La voix de Fenwick le fit grimacer. Il lâcha la main de Lily, se leva de sa chaise, et se retourna vers lui. Il avait fait quelques pas à l'intérieur de la pièce, et James savait que dès qu'il partirait, il prendrait sa place à ses côtés. Il était hors de question qu'une telle chose arrive.
« Je ne vais pas te laisser seul avec elle, lui dit-il, déterminé.
- Je ne vais pas lui faire de mal.
- Comme tu n'as pas fait de mal à Dorcas, c'est ça ? Répliqua James.
- Vous avez exagéré avec Dorcas, ce n'était pas si grave, répondit Benjy en roulant les yeux.
- Ce n'était pas si grave ?! Elle te faisait confiance. Tu ne peux pas... Tu ne peux pas te promener partout et raconter des choses sur les filles, comme ça.
- Tu n'aimerais pas que je te raconte des choses sur Lily ? Tu n'aimerais pas que je te dise comment sont ses seins ? Ce qu'elle me murmure à l'oreille quand je m'apprête à me la faire ? Tu ne veux pas savoir si elle aime ça ? »
James serra la mâchoire et se rapprocha dangereusement du jeune homme avant de le pousser vers l'extérieur de la pièce. Il n'avait pas changé. Malgré ce qu'il s'était passé, il n'avait rien appris de la raclée que Sirius et lui même lui avait mise une année auparavant. Il restait le même crétin répugnant qu'il était avec Dorcas.
« Arrête tes conneries Fenwick, le prévint-il.
- Et toi, arrête de jouer à l'enfant de choeur. On sait tous comment tu es. Tu peux me faire la leçon, mais combien de pauvres filles est-ce que tu as blessé, au juste ? Est-ce qu'elle n'est pas là à cause de toi ?
- Je n'ai jamais...
- Si, Potter. Tu l'as fait. Tu l'as fait à chaque fois que tu leur as fait croire qu'elles valaient quelque chose alors qu'en fin de compte, tu savais bien que ce n'était pas le cas.
- Je n'ai jamais fait ce que tu as fait ! Protesta James en s'efforçant de ne pas penser à tout ce par quoi il avait fait passer Lily parce qu'elle lui avait fait promettre de tourner la page, un jour.
- Non, mais tu ne vaux pas mieux, trancha Fenwick. Je tiens à Lily, peu importe ce que tu peux penser, et je ne bougerai pas de là tant qu'elle ne se sera pas réveillée. »
La discussion semblait être close. James aurait pu faire voler Benjy hors de la pièce, mais quelque chose dans ses paroles l'avait interpellé. Il s'inquiétait vraiment pour Lily. Certainement pas autant que lui, mais il s'en inquiétait, et ils étaient peu à le faire, alors il ne laissa pas la situation s'envenimer. Lily ne l'aurait pas voulu, si elle avait été consciente.
Il se rassit sur sa chaise et repensa aux mots de Fenwick. Etaient-ils similaires ? Il commençait à se poser la question. Après tout, il en avait brisé, des cœurs. Et Lily était là à cause de lui. Elle était là parce qu'il était parti au moment où il aurait dû rester. Finalement, peut-être qu'il aurait mieux fait de se taire. Peut-être qu'il était exactement comme Benjy.
