They'd all been warned
And the walls came down
They stood there laughing
They're not laughing anymore
The Walls came down – The Calls
« Arrête de me distraire, Evans, tu veux ? S'enquit James alors qu'ils étaient en train d'élaborer un nouveau plan d'attaque pour l'Ordre avec Fol Oeil et Peter. »
Lily avait passé près d'une demie heure à faire tourner sa baguette entre ses doigts, et la plupart du temps, elle finissait par lui échapper et par rouler sur la table, sur les parchemins de James qui s'efforçait de ne pas paraître trop irrité par son comportement parce qu'il savait qu'il méritait bien qu'elle l'embête un peu.
« Moi, je te distrais ? Tu as déchiré je ne sais combien de parchemins depuis que nous sommes arrivés, je n'arrive pas à me concentrer.
- Personne n'arrivera à se concentrer si vous continuer de vous chamailler, intervint Fol Oeil. Est-ce que j'ai encore besoin de préciser que tout ça, c'est une question de vie ou de mort ?
- Non, répondirent tous les deux en choeur, un peu honteux.
- Pourquoi faisons nous un plan d'attaque, de toutes façons ? Nous n'arrivons même pas à les trouver. Tout ce que nous savons, c'est quand et où ils vont attaquer, ajouta Peter, maussade. »
Fol Oeil lui jeta un regard dépité et se mit à griffonner sur son parchemin pendant que James fixait son ami d'un air songeur.
« Il a raison, Aly.
- Qu'est-ce que tu me chantes, Potter ?
- Ca ne sert à rien de chercher où ils se cachent. C'est le job des aurors, ça. Nous devrions plutôt améliorer notre défense, faire en sorte qu'ils n'arrivent pas à mener leurs attaques à bien. La prochaine sera à Gringotts, ils vont probablement essayer de piller les coffres des nés moldus, il faut empêcher ça.
- Qu'est-ce que tu proposes ? L'interrogea Lily.
- Je pense que le plus important, c'est de nous y préparer. Il ne faut pas que nous perdions encore un membre, nous avons besoin de mettre toutes les chances de notre côté, il faut faire quelque chose. Tu pourrais nous entraîner, Maugrey.
- Tu ne vas pas aimer mes méthodes, Potter.
- Je ne vais pas aimer les leurs non plus, quand je serai face à eux, répliqua James.
- Je pense qu'il a raison, intervint Lily. Nous avons besoin de cours. La plupart d'entre nous n'avons pas lancé de sorts défensifs ou offensifs depuis Poudlard, et en dehors de cela, James, Sirius, et Alice sont probablement les seuls à être capable de tenir le coup pendant une course poursuite. Nous manquons d'exercice, et ça peut nous être fatal. »
Assis autour de la grosse table en bois du quartier général, James et Lily se jetèrent un regard entendu. Peter, lui, semblait d'avantage redouter les entraînements de Fol Oeil que les assauts des mangemorts. Maugrey, lui, avait l'air un peu perplexe.
« C'est bien, tout cela, mais quand allons-nous organiser ces entraînements ?
- Le soir, répondit James, enthousiaste.
- Certains d'entre nous travaillent le soir, Potter. Nous n'avons pas tous la chance d'avoir hérité d'une fortune et d'avoir pour seule préoccupation de la gérer.
- Nous ferons des séances de rattrapages le matin pour ceux qui ne peuvent pas le soir.
- Ça me paraît correct, affirma Lily.
- Bien, mais qui va s'occuper des entraînements quand je ne serai pas là ?
- Nous avons des aurors. Kingsley peut s'en charger.
- J'imagine que tu as pensé à tout, Potter. »
James esquissa un léger sourire satisfait et leva sa baguette pour renvoyer tous les parchemins qu'il avait sorti dans le tiroir d'une vieille commode aux pieds rongés par les mites qui trônait dans le salon du quartier général.
« La discussion est close, alors.
- Pour aujourd'hui. Il va falloir que je parle de tout cela avec Albus, affirma Maugrey.
- Bon, dans ce cas, je vais rentrer, déclara Lily en enfilant sa veste.
- Fais attention Evans. Ils nous surveillent. Je te raccompagnerais si je ne devais pas filer directement au Ministère, mais... Fol œil s'interrompit et grimaça.
- Potter va s'en charger, dit-elle alors. »
Surpris, James haussa les sourcils, mais quand Maugrey lui jeta un coup d'oeil, il acquiesça rapidement. Il n'allait certainement pas laisser passer sa chance de passer un peu plus de temps avec elle, même s'il était profondément étonné qu'elle le lui demande. Certes, ils avaient pu discuter un peu aux Trois Balais, mais James n'était pas dupe. Cela ne faisait pas disparaître de la mémoire de Lily les sept années d'enfer qu'il lui avait fait vivre.
Parfois, quand il la regardait, il avait encore l'impression qu'elle lui en voulait, que tout n'était pas oublié comme elle avait voulu le lui faire croire quand ils s'étaient retrouvés aux Trois Balais, mais il se disait que ce n'était peut-être qu'une question de temps, et il n'avait plus vraiment envie d'aborder le sujet. Il doutait qu'elle le veuille elle même.
Alors il faisait semblant de ne s'apercevoir de rien, de ne pas voir sa mâchoire se serrer quand il pénétrait dans une pièce où elle était déjà, et de ne pas voir ses doigts se recroqueviller dans ses poings quand il prenait la parole. Elle lui avait dit qu'ils prenaient un nouveau départ, non ? Pourquoi aurait-elle menti ?
« Bon, Cornedrue, on se voit demain soir. A bientôt Lily, les salua Peter suivit de près par Fol Oeil.
- Salut Queudver. »
James s'assura qu'il avait bien pris sa baguette, et il entreprit de suivre ses deux collègues, mais Lily l'arrêta et pointa la cheminée du doigt.
« Je pensais plutôt emprunter le réseau de cheminée. Il n'est pas condamné, n'est-ce pas ?
- Pas de notre côté. Personne ne peut entrer, mais on peut sortir. Tu as de la poudre ? »
Elle attrapa une petite bourse dans son sac et la secoua devant le nez du jeune homme qui haussa les épaules et se rapprocha de l'âtre. Il n'avait pas spécialement envie de débarquer au milieu du salon que partageaient Lily et Fenwick, mais il n'allait certainement pas la contrarier encore.
« C'est quoi l'adresse ? Il vaut mieux que j'y aille avant toi, au cas où...
- 2 Impasse du tisseur, répondit-elle en versant un peu de poudre de cheminette dans la main qu'il tendait. »
Quand James entra dans la cheminée, il eut juste le temps d'apercevoir le regard étrange de Lily avant de prononcer l'adresse et de débouler au milieu d'un minuscule salon miteux. Il y avait des étagères de livres partout, et un gros fauteuil vert foncé complètement défoncé qu'il manqua de percuter en émergeant de l'âtre.
Plus il balayait les lieux des yeux, moins il imaginait Lily Evans y vivre. Avait-il mal répété l'adresse qu'elle lui avait fournie ? La demeure ne lui ressemblait pas. Ce n'était pas elle, ce n'était tout simplement pas elle, et en s'approchant des étagères de livres, il se rendit compte que les titres sur les reliures renvoyaient, pour la plupart, à de la magie noire. Il fronça les sourcils, jeta un bref coup d'oeil derrière son épaule pour voir si Lily arrivait, puis il s'avança vers ce qui ressemblait à une cuisine.
Elle était dans un piètre état. De la vaisselle était entassée dans le lavabo depuis probablement plusieurs jours, l'odeur qui en émanait était particulièrement désagréable. Les placards, qui avaient dû être blancs un jour, étaient jaunis et certains d'entre eux n'avaient même plus de poignée. Le store au dessus de l'évier était à moitié fermé, mais quand James voulut l'ouvrir il reçut un violent coup sur la tête.
Il reprit connaissance quelques minutes plus tard. Il était assis dans le fauteuil vert, et Lily était debout en face de lui, les bras croisés, à l'observer avec un mélange de satisfaction et d'hésitation. James esquissa un geste pour se lever, mais il réalisa rapidement qu'une épaisse corde était enroulée autour de lui et entravait ses mouvements. Il essaya de parler, mais quelqu'un devait lui avoir jeté un assurdiato car le son de sa propre voix ne lui parvenait pas aux oreilles.
« Merci Lily, entendit-il. »
C'était une voix grave qu'il ne connaissait pas. Il ne voyait même pas à qui elle appartenait, car l'homme se tenait derrière lui. Les yeux verts de Lily se levèrent sur lui avec toujours autant d'hésitation, mais aussi un dégoût qu'elle n'arrivait pas à cacher. James essayait d'attirer son attention, de lui demander ce qu'il faisait là, de lui hurler de le détacher, mais elle n'entendait rien et elle avait l'air de ne rien vouloir entendre. Ses soupçons avaient soudain pris forme.
« Je ne le fais pas pour toi, répondit-elle à l'homme. »
Elle croisa une nouvelle fois le regard de James, et cette fois, il comprit. Il comprit ce qu'il faisait ici. Lily Evans ne lui avait pas pardonné. Il y avait, dans ses yeux, une douleur vive qui le bouscula. Il réalisa à ce moment là que ses excuses ne valaient rien, qu'elles ne pouvaient rien valoir comparé aux moqueries qu'elle avait dû endurer alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente qui cherchait à se construire. Il l'avait ébranlée.
Comment avait-il pu penser qu'elle tournerait la page juste comme ça, juste après une lettre, et quelques mots qui exprimaient son remord ? C'était trop facile, bien trop facile. Il arrêta de se débattre. Peu importe ce qu'elle lui réservait, il le méritait sûrement.
« Je vais l'apporter au seigneur des ténèbres. Il me récompensera pour ça, je pourrais peut-être te sauver, je...
- Je ne veux pas savoir ça, Severus, le coupa t-elle sèchement.
- Mais...
- Je suis dans l'autre camp, est-ce que tu comprends ça ? Lui martela t-elle. Je n'ai pas envie que tu me protèges, ni maintenant, ni jamais. C'est la dernière fois que nous nous voyons. Ne t'approches plus de moi. Plus jamais. Tu as ce que tu voulais, le dernier Potter, maintenant, c'est terminé. »
Elle ne lui laissa même pas le temps de répondre, jeta un dernier regard hésitant vers James, puis elle mis un pied à l'intérieur de la cheminée, et disparut comme si elle n'avait jamais été là. James comprenait un peu mieux, maintenant. Les deux amis de longue date s'étaient réunis autour de leur seul ennemi commun : lui même.
Il ne semblait plus y avoir aucun attachement entre Lily et Severus Rogue. Quelque chose avait l'air cassé, et quand le jeune partisan de Voldemort contourna le fauteuil vert et s'aperçut que James était conscient, il sembla agacé qu'il eut été témoin de cet échange froid qu'il y avait eu entre eux.
« Alors Potter, ça fait quoi de changer de place ? L'interrogea t-il la mâchoire crispée. »
James ne répondit pas. Il ne le pouvait pas, de toutes manières, et il n'avait aucune envie de lui donner la satisfaction de lui montrer que son sort de mutisme avait été parfaitement exécuté. Il se contenta de regarder fixement une rangée de livres. Il ne s'était jamais senti aussi démuni de toute sa vie.
Personne ne savait où il était, Lily Evans l'avait laissé là, et Severus Rogue avait un plan qui le conduirait droit vers la mort. Il n'avait probablement plus beaucoup de temps, mais peut-être que c'était de cette façon, que son histoire était censée se terminer. Peut-être qu'il n'y avait que de cette manière qu'il pouvait payer son arrogance et son attitude méprisable envers les autres. Peut-être qu'il n'y avait que comme ça, qu'il pouvait être le jeune homme modèle que sa mère avait toujours voulu qu'il soit.
Il ne pouvait même pas en vouloir à Lily. Il avait créé cette haine qui l'avait mené à une telle décision. Il était le seul responsable. Il aurait juste voulu qu'elle lui dise qu'elle ne lui pardonnerait pas. Il l'aurait compris. Ou peut-être pas, mais au moins, il aurait su.
Il pouvait cultiver la haine qu'il ressentait envers Rogue, car elle était mutuelle et les torts étaient partagés. Severus avait voulu révéler aux élèves de Poudlard que Rémus était un loup-garou. Il avait essayé plusieurs fois, et ce malgré l'intervention du professeur Dumbledore. Sa seule réelle motivation était de faire du tort au groupe, mais c'était la vie de Rémus qu'il aurait fichu en l'air, et James n'avait jamais pu le laisser faire une telle chose.
Il s'en était pris à lui, régulièrement, avec Sirius. Ils lui avaient rendu la vie dure. C'était en partie pour cela que les autres élèves de Poudlard ne s'étaient jamais frottés à eux, parce qu'ils avaient vu ce que Severus Rogue endurait. Ils l'avaient tous vu, pendu en l'air dans le parc, James et Sirius se moquant délibérément de lui avec une cruauté adolescente qui faisait froid dans le dos. Ils avaient tous rit. C'était plus facile que de les arrêter.
« Profite de ta soirée. C'est la dernière que tu passes dans ce monde, lui lança Severus d'une voix traînante. »
Il attrapa les deux baguettes qui trônaient sur la table du salon, James reconnut la sienne, et il disparut dans la cuisine. Une porte claqua, et puis il n'y eut plus un bruit. Le jeune maraudeur était seul. Il balaya la pièce des yeux à la recherche de quelque chose qui pourrait le sauver, mais les seuls objets tranchants dans la pièce étaient en hauteur et loin d'être à sa portée. Finalement, il n'avait jamais été du genre à abandonner sans se battre. Euphémia n'aurait pas voulu ça. Elle n'aurait pas voulu le voir baisser les bras.
Il essaya longuement de dénouer les cordes de ses poignets, mais il parvint simplement à s'écorcher au sang. Alors c'était sûrement là, que son chemin s'arrêtait. C'était de cette façon qu'il allait mourir. Rattrapé par des querelles d'enfance. Il n'était plus le même, comme l'avait une fois souligné Rémus, mais peut-être qu'il n'était pas devenu assez bon pour compenser. Peut-être qu'il n'y avait même pas de compensation possible. C'était terminé, c'était simplement terminé, et il l'avait mérité.
James donna un violent coup dans le distributeur de nourriture de Sainte-Mangouste et attrapa les deux chocogrenouilles qui tombèrent avant de se rediriger vers la chambre de Lily. Il allait entrer lorsqu'il aperçut Sirius à l'autre bout du couloir. Il s'arrêta et lança l'une des confiserie à son ami quand il fut arrivé à sa hauteur.
« Qu'est-ce que tu fais là Patmol ?
- Je suis venu voir comment les choses évoluent.
- Rien de plus depuis hier. Rémus a passé la nuit ici.
- Je sais. Je l'ai vu ce matin. »
Sirius était rarement sérieux, mais ce jour là, il l'était, et James savait pourquoi. Il avait su dès qu'il l'avait vu dans le couloir. Rémus l'avait envoyé. Il était conscient qu'il était le seul à pouvoir obtenir la vérité de la bouche de James sans être obligé d'attendre celle de Lily.
« Il y a du remue-ménage dans l'Ordre.
- Ce n'est pas la première fois, lui fit remarquer James.
- Peut-être, mais c'est la première fois que les gens parlent sur toi. Fenwick est en train de foutre la merde, et tu restes là, à le regarder faire.
- Elle a besoin de moi.
- Non, au point où on en est, c'est toi qui a besoin d'elle, je t'assure, car si tu ne me dis pas tout de suite ce qu'il se passe, si je n'arrive pas à calmer les autres, ils vont te virer de l'Ordre, le prévint Sirius en haussant la voix pour essayer de lui faire entendre raison.
- Ils ne peuvent pas faire ça ! Protesta James.
- Bien sur qu'ils le peuvent ! S'exclama Sirius. Qu'est-ce que tu crois ? Qu'ils vont vouloir continuer à travailler avec quelqu'un en qui ils n'ont pas confiance ? Pourquoi est-ce que tu refuses de parler avec les aurors ? Pourquoi est-ce que tu refuses d'expliquer ce qu'il s'est passé ? Tu ne lui as rien fait !
- Peut-être que si ! S'écria James. »
Sirius se tut et sonda son meilleur ami. Il n'y avait rien qu'il ignorait chez James. Rien du tout. Pas une seule facette de sa personnalité ne lui était étrangère, alors il pouvait bien se sentir coupable d'avoir envoyé Lily à Sainte-Mangouste, Sirius savait qu'il ne l'était pas.
James rentra dans la chambre d'hôpital de la jeune femme, et son meilleur ami le suivit. Il n'y avait personne. Fenwick n'était pas revenu, et c'était tant mieux. Aucun des deux hommes n'avaient envie de le voir maintenant. Sirius n'était pas prêt à lâcher. Il était venu pour avoir la vérité, et il repartirait avec.
« Laisse moi t'aider.
- Je ne peux pas.
- Cornedrue, je sais ce qu'il s'est passé. Il me manque seulement quelques éléments.
- Tu sais ? L'interrogea James en se retournant vers lui, surpris.
- Bien sûr que je sais, affirma Sirius avant de secouer lentement la tête de gauche à droite. Tu crois que je ne te connais pas, ou quoi ? Elle s'est disputée avec Fenwick ce soir là, et tu as couché avec elle. »
James resta planté devant son meilleur ami, incapable de bouger, les yeux figés dans les siens, gris et profonds, avant que la panique ne l'envahisse.
« Tu ne peux pas en parler. Ce n'était pas... Elle a flippé. Elle a flippé et elle est partie, tu ne peux pas leur dire. Si Fenwick l'apprend, elle...
- Je ne vais pas leur dire ça, le coupa Sirius en balayant ses remarques de la main. Lily a déjà bien assez souffert comme ça. Je trouverai quelque chose. Qu'est-ce qu'il s'est passé, après ?
- On s'est disputé. Elle a dit qu'elle... Qu'elle ne voulait pas... Qu'elle n'était pas en état de décider de ce qu'elle voulait. Je l'ai laissée partir. Il était tard, ce n'était pas sûr, j'aurais dû... Je...
- James. Qu'est-ce qu'il s'est passé après ? Répéta Sirius avec insistance.
- J'ai voulu la rattraper, répondit le jeune homme en s'asseyant sur le fauteuil qu'il occupait habituellement. C'était trop tard. Ils l'avaient déjà eue. Je l'ai trouvée par terre. Je l'ai directement amenée ici. C'est tout. Je n'ai vu personne. »
James regardait le visage de Lily. Il ne pouvait plus feindre ses remords. Sirius ne savait pas ce qu'ils s'étaient dits avant que la jeune femme quitte l'appartement de James, mais il n'avait pas besoin d'entendre les mots pour savoir qu'ils n'avaient pas été pensés une seule seconde.
« Je vais leur dire que nous étions chez toi, elle et moi, reprit Sirius.
- Rémus et Dorcas savent que ce n'est pas vrai.
- Ils ne diront rien aux autres.
- Personne ne va croire que tu aurais pu me défendre depuis le début et que tu as attendu autant de temps pour le faire, lui fit remarquer James à juste titre.
- Je leur dirais que nous avions trop bu et que j'avais complètement oublié. Ce ne serait pas la première fois. Quand Lily se réveillera, tu n'auras qu'à lui raconter ça, comme ça elle s'appuiera sur cette version et Fenwick ne saura pas ce qu'il s'est passé entre vous.
- Personne ne va gober ça, Patmol...
- On s'en fout, qu'ils me croient ou non. Il faut juste semer le doute. »
James ne répondit pas. Sirius avait peut-être raison. C'était sûrement la seule manière de sauver la relation de Lily, qu'elle ne se réveille pas devant une vie qui vole en éclat, et que les autres cessent de le suspecter d'avoir trafiqué quelque chose.
« Pourquoi est-ce qu'ils pensent que je pourrais lui avoir fait du mal ? Osa demander James sans toutefois être sûr de vouloir entendre la réponse.
- Ils connaissent votre passé. Fenwick dit que Lily était froide avec toi. Il raconte à qui veut l'entendre que tu as recommencé à la harceler. »
James eut soudainement envie d'écraser son poing dans le mur, mais il resta stoïque, assis sur sa chaise, à guetter le moindre mouvement de paupière de Lily.
« Le professeur Dumbledore n'en croit pas un mot, le rassura Sirius.
- Mais les autres, si.
- Pas tous. Mary est... Mary et Alice sont inquiètes pour Lily, mais elles ne prennent pas parti. Dorcas est de notre côté, Emmeline aussi. Les autres sont plus indécis... Avec ma version, peut-être que je pourrais les convaincre. En attendant, ne parle pas avec Fenwick. Ce sale troll espère juste que tu vas perdre ton sang froid.
- Bien sûr. Il pense réellement que c'est à cause de moi, qu'elle est là. »
Fenwick avait beau être un salaud, James ne pouvait pas moins le comprendre. A ses yeux, il cachait quelque chose, et c'était la vérité. Il avait raison. James cachait la nuit qu'il avait passé avec Lily, et il cachait les autres qu'ils avaient passé à discuter dans le petit jardin du quartier général de l'Ordre, celles pendant lesquels ils avaient appris à se regarder d'une nouvelle façon, celles qui les avaient fait tomber amoureux l'un de l'autre. Il cachait tout ce qui pouvait nuire à Lily, parce que c'était tout ce qu'il pouvait faire pour elle maintenant.
