You must ask yourself what you really want in life
You must trust in me when I tell you it's alright
It's alright tonight
It's alright tonight
More Mountains – Lana Del Rey
James avait jeté un coup d'oeil dans tous les recoins, mais il n'avait rien vu, rien trouvé qui pourrait l'aider. Il n'avait pas sa baguette, et il ne pouvait même pas crier pour appeler à l'aide car le sort de mutisme que Rogue lui avait jeté persistait. Il faisait encore nuit, c'était à peu près tout ce à quoi il s'accrochait. Il savait que tant que le jour ne se levait pas, il lui restait encore de l'espoir.
Cependant, le soleil se leva bien plus vite qu'il ne l'aurait cru. Rogue pouvait arriver d'une seconde à l'autre, et James savait qu'il serait suivi de Voldemort. Il ne lui donnerait aucune chance. Il ne le détacherait pas. Il le tuerait ici, sur ce fauteuil, et il savourerait cette nouvelle victoire, celle d'avoir réussi à tuer le fils des Potters.
Bientôt, les rayons du soleil vinrent l'aveugler. Il ferma les yeux et se détendit. Il n'y avait plus rien d'autre à faire, maintenant. Il était une cible de choix pour les mangemorts et il leur était servi sur un plateau d'argent. C'était terminé, et il songea qu'il préférait mourir de cette façon que de la dragoncelle, comme ses parents, ou d'une autre maladie. La vieillesse ne l'attirait pas non plus. Peut-être qu'il était destiné à ça, à avoir une vie courte, simplement, et ce n'était pas si terrible, quand on y pensait.
Il n'avait pas eu le temps de regretter quoi que ce soit, à part son attitude envers Lily. Mis à part cela, il avait vécu la vie qu'il avait voulu. Il avait prouvé au monde magique qu'il n'était pas qu'un nom, qu'il n'était pas que le fils des Potters, et qu'il comptait bien essayer de faire bouger les choses. Il n'avait pas eu le temps de le faire, mais d'autres l'auraient. Sirius l'aurait. Peter et Rémus l'auraient. Ils feraient tout pour effacer les inégalités. Ils se battraient pour ce pour quoi James était mort, il le savait.
« Finite. »
Il entendit une voix, douce, mais ferme, et puis les cordes se délièrent autour de ses poignets, autour de son corps. Il crut d'abord que c'était la fin du parcours, la fin de sa vie, mais il ouvrit les yeux et croisa pendant un bref instant ceux de Lily Evans.
« Dépêche toi. Ils pourraient arriver d'une minute à l'autre. »
Elle n'osait plus le regarder. Elle l'aida à se libérer des cordes, et James ne parla pas. Il l'observa sans rien dire parce qu'il n'y croyait pas. Il ne pensait pas qu'elle reviendrait pour lui. Il avait vu l'hésitation dans ses yeux, mais il avait aussi vu la détermination, l'envie d'en finir, cette satisfaction, celle d'avoir enfin le dessus, d'être maître de sa vie, et maintenant, elle était là. Elle était revenue.
Elle ne le laissa pas seul dans la cheminée. Elle attrapa sa main et le tira avec elle à l'intérieur de l'âtre, et ensemble, ils disparurent. Il n'entendit pas le mot qu'elle avait prononcé, mais il fut certain que la maison dans laquelle il venait de débarquer était celle de ses parents car la première chose sur laquelle ses yeux sombres tombèrent fut un cadre, posé sur un buffet.
A l'intérieur se trouvait une photo de famille. A l'arrière plan, une femme d'une quarantaine d'année aux cheveux roux flamboyants avaient les deux mains posées sur les épaules de sa fille dont les yeux verts étincelaient de bonheur. A côté d'eux, dans la même position, se tenaient un petit homme à l'air jovial et une jeune femme blonde dont le sourire semblait forcé.
La famille de Lily Evans. Elle lâcha sa main au moment où il commençait à avancer vers le buffet, inexplicablement attiré par ce cliché sur lequel ses doigts se crispèrent. Il la reconnaissait, là, la petite fille à laquelle il avait fait vivre l'enfer. Tout lui revenait en tête. Tout. Il se rappelait de ses cheveux roux qu'elle coiffait toujours avec un énorme serre-tête qu'il trouvait horrible. Il se rappelait de cet air naïf qu'elle arborait toujours et dont il se moquait perpétuellement. Elle avait l'air idiote. Du moins, il l'avait pensé.
Il déglutit et se retourna vers elle, le cadre toujours entre les mains. Il était à présent presque aussi traumatisé qu'elle par ce qu'il lui avait fait subir. Il aurait préféré ne pas se rappeler. Il aurait préféré rester dans l'ignorance, mais elle était là, cette petite fille. Elle était sur la photo, et devant lui, et la seule différence était ce sourire, celui qu'il avait fait disparaître.
« Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? L'interrogea t-il. »
Lily déglutit et se rua vers les fenêtres pour fermer les rideaux. Elle lança également une multitude de sorts de protection sur la maison, et James devina que Severus était familier avec celle-ci, mais il savait aussi qu'il ne viendrait pas la chercher, qu'il ne la vendrait pas. Il savait ce qu'il avait entendu dans sa voix quand il lui avait juré qu'il la protégerait. Lily ne risquait rien.
« Parce que je voulais que tu meurs, répondit-elle d'une voix blanche.
- Non, je... Je voulais dire, pourquoi est-ce que tu es revenue ? »
Cette fois, elle croisa son regard. Elle le sonda pendant un long moment, curieuse, puis elle lui arracha le cadre des mains et le reposa sur le buffet.
« Parce qu'ils allaient te tuer, répondit-elle.
- Est-ce que tu ne viens pas de dire que c'est ce que tu voulais ? »
Elle resta dos à lui, à contempler la photo sans rien dire, et James eut l'impression de se voir un peu en elle à ce moment là. Il pouvait presque entendre ses pensées tellement elles lui semblaient claires. Elle ne voulait pas être une déception pour sa famille. Elle n'avait jamais été une mauvaise personne, et elle ne voulait pas le devenir.
« Vas t-en. »
Elle avait commencé à pleurer, James l'entendit dans sa voix, et il ne put se résoudre à bouger. Il était comme scotché au carrelage de la maison. Elle porta sa main à son visage pour essuyer ses larmes, mais des sanglots la secouaient, et il ne savait pas quoi faire. Il ne savait même pas s'il devait faire quelque chose. Il aurait pu s'excuser, mais il savait que cela ne servait plus à rien.
Il sursauta quand elle reprit le cadre dans ses mains et qu'elle se retourna rapidement pour le balancer par terre, entre eux, et que les morceaux de verre éclatèrent tout autour de lui. Elle n'était plus la petite fille de la photo.
« Vas t-en ! S'écria t-elle de nouveau. »
Il eut un mouvement de recul et il hésita un instant à lui obéir, mais quand elle s'écrasa par terre, que ses genoux s'écorchèrent sur les morceaux de verre, et que sa baguette roula jusqu'à ses pieds, il se baissa simplement pour l'attraper, et la pointa vers le sol.
« Reparo. »
Il avait rarement utilisé la baguette de quelqu'un d'autre, mais les seules fois où il avait pris celle de Sirius ou de Rémus, il avait eu beaucoup de mal à lancer un sort correctement. Celle de Lily, en revanche, l'avait immédiatement accepté, et les morceaux de verre s'étaient tous rapidement recollés entre eux.
Il se pencha, pris le cadre dans ses mains, et s'accroupit devant Lily pour le lui tendre. Elle ne l'attrapa pas immédiatement. Elle se cachait derrière ses mains. Il était la dernière personne devant laquelle elle aurait voulu pleurer, il le savait, mais il ne pouvait pas détourner le regard. Il devait voir ce qu'il avait fait. Il devait voir le cataclysme qu'il avait causé.
« Pars s'il te plaît, lui dit-elle une fois qu'elle eut attrapé le cadre. »
Il acquiesça simplement, laissa sa baguette à ses pieds, et quitta la maison qui avait autrefois appartenu à la famille Evans. Sur le perron, il transplana immédiatement dans le manoir de ses parents. Il n'avait pas la tête à rentrer chez lui, et comme il devinait Lily, toujours assise sur le carrelage froid de son salon, le cadre entre les mains, il attrapa la photo de sa propre famille qui trônait dans l'entrée et s'affala sur le canapé en la contemplant.
« Je suis désolé, maman, murmura t-il. »
Son index passa doucement sur le visage angélique de celle qui l'avait mis au monde, et il soupira. L'odeur familière qui flottait dans l'air lui rappelait son enfance. Les parties de quidditch dans le jardin, les déjeuners tardifs le dimanche, les heures passées à discuter avec sa mère de ce qu'il avait appris à Poudlard, de ce qu'ils espéraient pour le monde à venir, de leurs craintes... Il ne pourrait jamais oublier cela.
« Maître... Avez-vous besoin de quelque chose ? Lui demanda un minuscule elfe de maison qui venait d'apparaître devant lui sans que James n'ait pu voir d'où il venait.
- Non, Tingle, merci. Le manoir n'a pas bougé. Tu as fait du bon travail. Tu devrais te reposer un peu.
- Tingle ne peut pas se reposer monsieur. Tingle doit faire le ménage dans la bibliothèque.
- La bibliothèque peut attendre. Papa et maman ne voudraient pas que tu t'épuises à la tâche. »
Le petit être eut l'air déçu, mais il hocha la tête aussi bas que possible et s'éclipsa. James resta là un moment et il s'endormit sur le canapé bercé par les odeurs de son enfance et par les souvenirs qui ne le quittaient pas.
« Où est-ce que tu étais passé hier ? On t'a attendu toute la nuit ! S'exclama Sirius lorsque James pénétra dans le quartier général de l'Ordre. »
Tous les membres étaient déjà là, dispersés dans la maison, à discuter entre eux de ce nouvel entraînement que Maugrey avait mis en place et qui les inquiétait autant qu'il les réjouissait. James croisa brièvement le regard de Lily Evans avant qu'elle ne détourne le sien. Elle était debout à côté de Benjy Fenwick et feignait s'intéresser à la conversation qu'il avait engagé avec le professeur Dumbledore.
« Je... Merde. C'était la pleine lune, se rappela t-il soudainement. J'ai eu un contre-temps, je... Je suis désolé.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'inquiéta Rémus qui venait de les rejoindre accompagné de Peter.
- Des problèmes au manoir, avec Tingle, inventa rapidement James. J'ai dû rester là bas toute la nuit, et j'avais oublié. »
Sirius lui jeta un regard peu convaincu, mais il n'eut pas le temps d'insister. Le professeur Dumbledore invitait tout le monde à s'asseoir autour de la grande table du salon.
« Ce n'est pas grave, mon vieux, le rassura Rémus en lui tapotant l'épaule. »
James esquissa un sourire désolé pour toute réponse, puis il attrapa une chaise et s'y assit. La réunion fut animée, mais James n'écouta pas un seul mot. Il griffonnait distraitement sur son parchemin en jetant, de temps à autre, des regards vers Lily Evans qui gardait la tête obstinément baissée vers le petit carnet sur lequel elle prenait des notes.
Dès qu'il vit ses camarades se lever pour aller chercher des bouteilles de bièraubeurres, signe que la réunion avait pris fin, il suivit Lily des yeux. Il espérait qu'elle sortirait, qu'il pourrait la trouver seule un moment, mais cela aurait été bien trop simple.
Elle restait collée à Fenwick comme un bernique à son rocher, et il n'y avait rien d'étonnant à cela. Une discussion avec lui était la dernière chose qu'elle voulait, il le savait bien, mais il n'y avait que de cette façon qu'ils réussiraient à se faire confiance. C'était crucial. L'Ordre avait besoin qu'aucun membre ne se méfie d'un autre. C'était de cette façon qu'il fonctionnait.
« Mary, tu crois que tu pourrais attirer Evans dehors un moment ? Glissa James à l'oreille de son amie en passant derrière elle.
- Pourquoi est-ce que tu veux parler avec Lily ? L'interrogea t-elle en le regardant suspicieusement.
- Je ne lui veux aucun mal, répondit-il rapidement. Justement. J'aimerais juste que tout cela cesse. J'ai été con, je le sais, et elle a toujours cette image de moi en tête. Je voudrais que ça change. On ne peut pas se permettre de se méfier les uns des autres.
- Elle a le droit de ne pas t'apprécier, James. Ce n'est pas parce que tout le monde te...
- Je sais qu'elle a le droit ! La coupa t-il. Et je la laisserai faire après lui avoir parlé. »
Mary soupira et le regarda droit dans les yeux. Il pouvait nettement entendre ses menaces sans qu'elle ait eu besoin de les prononcer. S'il touchait à un seul de ses cheveux roux, il était mort. Finalement, elle soupira et traversa la pièce pour aller murmurer quelque chose à l'oreille de sa meilleure amie. Une minute plus tard, James les rejoignait dehors.
« Tu as cinq minutes, lui dit-elle en lui tapotant le torse avant de passer devant lui pour rejoindre les autres sous le regard ahuri de Lily.
- Ne sois pas en colère contre elle, c'est moi qui lui ai demandé de t'amener là, déclara James.
- Je n'ai pas envie de parler avec toi. »
Elle le contourna pour suivre Mary a l'intérieur de la maisonnette, mais les doigts de James se refermèrent sur son poignet et elle s'immobilisa, son regard hostile jonglant entre sa main et ses yeux sombres.
« Ça suffit, Evans. »
La fermeté dans sa voix étonna la jeune femme. Il avait pris des pincettes, jusque là, parce qu'il s'en voulait encore pour ce qu'il lui avait fait subir, et c'était toujours le cas, mais elle ne voulait pas entendre ses excuses, il n'avait plus le choix. Il devait faire quelque chose car cette histoire le rongeait au moins autant qu'elle la rongeait elle, il pouvait le voir, et cela allait tôt ou tard commencer à déteindre sur l'Ordre et sur leurs missions. Ils devaient être capable de travailler ensemble sans avoir peur qu'on leur plante un couteau dans le dos, et ils ne pouvaient pas le faire tant qu'ils n'avaient pas réglé leurs problèmes.
« Lâche moi. »
Il n'eut pas à le faire car elle se dégagea elle même de son étreinte et dégaina rapidement sa baguette qu'elle brandit juste devant sa figure. James ne fut même pas surpris, il n'eut pas non plus peur, cela lui était égal, qu'elle lui lance un sort. Elle pouvait bien utiliser le doloris, même, il s'en fichait éperdument, du moment que cela calmait sa peine et la rage qu'elle ressentait envers lui.
« Qu'est-ce que tu attends ? Lui demanda t-il.
- Que tu sortes la tienne.
- Je ne vais pas faire ça.
- Pourquoi pas ? Tu aimais le faire, avant. Montrer à tout le monde comme tu étais doué, tous ces sorts spéciaux que tu savais lancer, tous ceux que tes copains et toi inventiez.
- Je ne suis plus la même personne, Evans, et tu le sais. »
Elle lâcha un rire ironique et lui appuya la baguette contre le torse. Il ne bougea pas d'un pouce. Il soutenait son regard, mais il avait du mal à gérer toute cette peine qu'il voyait à l'intérieur.
« Si tu comptes me jeter un sort, fais le une bonne fois pour toutes, qu'on en finisse, l'encouragea t-il de nouveau. »
Il crut qu'elle allait le faire, l'espace d'un instant, mais au lieu de cela, elle rangea sa baguette dans sa poche, et lui flanqua la gifle la plus magistrale qu'on lui ait mise dans toute sa vie. Certes, il n'en avait pas reçu beaucoup, mais sa grand-mère avait eu la main leste autrefois. Il ne se souvenait pas que c'était si douloureux.
« C'est tout ? L'interrogea t-il en se frottant la joue. »
Elle se tenait la main et se tortillait dans tous les sens. Visiblement, elle s'était fait mal durant le processus, mais cela ne l'empêcha pas de se ruer sur lui de nouveau, et il se laissa faire, encore. Il ne chercha même pas à esquiver ses coups, et quand elle eut terminé, quand elle eut enfin déchargé toute sa colère et qu'elle se fut assise sur la marche du perron, il se laissa tomber à côté d'elle.
« J'espère que tu as eu mal, murmura t-elle en se massant les poignets.
- Tu as un sacré crochet.
- Mon père m'a appris à me défendre quand j'étais plus jeune.
- Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas botté le derrière comme ça, à Poudlard ?
- Parce que tu m'aurais fait bien pire, répondit-elle en levant les yeux vers lui. »
Il grimaça et ils se fixèrent un long moment. Largement trop longtemps. Mais Lily put voir ses remords, il le sentit. Il ne se cachait plus. Pour la première fois, ils se comprenaient vraiment. Il n'avait plus besoin de lui dire qu'il était désolé. Lily ne voulait plus entendre ses excuses. Elle voulait autre chose. Elle voulait qu'il ne lui mente pas, qu'il ne soit plus celui qu'elle connaissait avant. Seulement ça.
« Nous ne sommes plus des ennemis maintenant. Il faut que nous nous fassions confiance.
- Tu ne peux pas me demander ça, Potter.
- Je ne le fais pas pour moi, je le fais pour l'Ordre. Essayons de simplifier les choses.
- Tu ne sais pas combien de fois j'ai voulu te faire du mal, je... Je t'assure que si tu recommences, je ne répondrais plus de moi-même.
- Je ne compte pas recommencer, lui assura t-il. J'ai compris qu'il vaut mieux t'avoir dans mon camp plutôt que de te voir dans l'autre.
- Alors laisse moi. Laisse moi juste du temps pour... Laisse moi juste régler toute cette histoire avec moi même, et peut-être que... Je ne sais pas. Peut-être que j'arriverais à lâcher prise. »
Ils ne se quittaient pas des yeux. Il y avait déjà un lien entre eux sur lequel ni Lily, ni James ne pouvaient poser de mot. Ils le sentaient, simplement. Ils pourraient se faire confiance, mais la jeune femme ne savait simplement pas quand.
Elle ne savait pas quand elle cesserait de le regarder comme le bourreau qu'il avait été pour elle. Elle ne savait pas quand elle cesserait d'avoir cet espèce de sursaut désagréable quand il entrait dans une pièce, ce frisson glaçant quand ses yeux sombres se posaient sur elle. Elle savait simplement qu'à chaque fois qu'elle parlait avec lui, elle cessait de le voir comme l'adolescent cruel qu'il lui avait semblé être auparavant.
« Je sais que tu vas y arriver, parce que je vais t'aider, lui dit-il en souriant légèrement.
- Comment tu vas faire ça ? S'inquiéta t-elle.
- Je vais te faire rire. Je vais te faire sourire comme sur cette photo, celle qu'il y avait chez tes parents l'autre jour. »
Elle l'observa comme s'il était fou. Elle secoua la tête, leva les yeux au ciel, et se redressa. Il savait qu'elle était convaincu qu'il ne parviendrait pas à lui redonner son insouciance, celle qu'il lui avait volée, mais elle se trompait.
« J'arrive toujours à obtenir ce que je veux, Evans, lui rappela t-il alors qu'elle s'apprêtait à rentrer dans le salon. »
Il ne le vit pas, mais il lui arracha un sourire. Pas celui qu'il y avait sur la photo, mais un autre. Un sourire de dépit. Il n'avait pas perdu cette confiance en lui qu'elle lui avait toujours envié, et peut-être que c'était mieux ainsi. Peut-être que c'était ce qui les sauverait.
J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&JJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&JJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&JJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&JJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J
« Potter, rentre chez toi, lui ordonna Fenwick en soupirant.
- Je t'ai déjà dit que je resterai là jusqu'à ce qu'elle se réveille.
- Pourquoi ? Pourquoi, Potter ? Tu ne t'es jamais soucié d'elle avant, alors pourquoi maintenant ? Lui martela le jeune homme.
- Tu te trompes. Nous sommes amis.
- Amis ? Toi, ami avec elle ? Franchement, James... On était à Poudlard ensemble, nous savons l'un comme l'autre ce qu'il s'y est passé. »
Le maraudeur resta muet pendant un moment, serrant ses poings contre lui pour ne pas les abattre sur le visage de son interlocteur. Fenwick ne savait rien. Fenwick n'avait aucune idée de ce qu'il s'était passé entre Lily et lui. Elle ne lui avait donc rien dit ? Elle ne lui avait pas parlé de leurs nombreuses discussions, de leurs éclats de rire, de cette complicité qu'ils avaient réussi à développer malgré tout ce qu'il s'était passé entre eux ?
Il fixa son visage, ses yeux toujours clos, et il lui en voulut. Pour la première fois, il lui en voulut vraiment. Il avait envie de crier au monde entier qu'ils s'étaient aimés autant que deux êtres peuvent s'aimer, mais il ne pouvait pas. Elle lui avait enlevé ça. Elle lui avait même enlevé le droit de contredire Fenwick quand elle l'avait laissé dans l'ignorance. Il ne savait pas qu'ils étaient devenus amis et maintenant que James le lui révélait, Benjy ne pouvait pas le croire.
« Tu as raison. Je vais y aller. »
Il jeta un dernier coup d'oeil à Lily, et il quitta la chambre d'hôpital. Il était peut-être temps qu'il raconte sa version des faits aux aurors et à l'Ordre. Sirius avait raison. Il ne pouvait pas laisser Fenwick monter le monde entier contre lui.
