You left something undone, it's now your rerun
It's the one you can't erase
You should have made it right, so you wouldn't have to fight
To put a smile back on your face
Fall away - The Fray

« Qu'est-ce que c'est que ça ?! S'exclama Lily Evans. »

James Potter venait de lui offrir la vision la plus saugrenue. Elle avait retrouvé Alice, Mary, et Dorcas au quartier général pour profiter de ce dimanche après-midi d'été pour prendre un thé ensemble dans le jardinet du quartier général de l'Ordre du Phoenix. Elles profitaient des premiers rayons de soleil de l'année lorsque le jeune maraudeur avait poussé la petite barrière qui menait sur la ruelle de derrière, suivi de près par un âne.

Oui, un âne, qu'il mena dans le jardin à l'aide d'une longe. Il l'attacha autour de l'épais tronc du pommier qui se trouvait au fond de la cour, et salua les filles d'un bref signe de main comme si de rien n'était avant de s'engouffrer dans la cuisine pour aller se laver les mains.

« Qu'est-ce que... Commença Lily avant de s'interrompre, le regard jonglant entre l'animal et la maisonnette à l'intérieur de laquelle James était entré.
- Parfois, il ne faut pas chercher à comprendre, lui dit Dorcas en faisant un signe de la main vers la bestiole.
- Il est trop mignon ! S'écria Mary en s'empressant d'aller lui tapoter l'encolure.
- Pourquoi est-ce qu'il a un bandeau sur les yeux ? L'interrogea Alice en s'approchant à son tour. »

Effectivement, l'animal avait les yeux soigneusement dissimulé derrière un espèce de foulard noir que Mary entreprit d'enlever avant que James ne déboule de la cuisine et ne l'arrête d'un geste rapide.

« Ne fais pas ça, malheureuse ! S'écria t-il en l'écartant de l'âne. Tu n'as pas lu son tatouage ?! »

Lily et Dorcas se penchèrent pour observer à l'intérieur de l'oreille de l'âne. Elles purent y lire « Evan Rosier », ce qui les fit toutes reculer d'un pas.

« Un mangemort ? Tu as changé un mangemort en âne ?
- Cet idiot me suit depuis que je suis sorti du ministère hier. J'ai fini par en avoir marre.
- Comment est-ce que tu as fait ça ? L'interrogea Lily, un poil admirative.
- Ce n'est pas compliqué, il suffit de se concentrer un peu et...
- James est le meilleur en métamorphose, intervint Mary.
- Qu'est-ce qu'on va en faire, maintenant ? Demanda Alice.
- Pour l'instant, la pelouse a besoin d'être tondue, répondit James en haussant les épaules. On verra ce que Fol Oeil décide plus tard. »

Il laissa l'animal et attrapa une chaise pour venir se poser à la table des filles, puis il s'empara de la première tasse qu'il trouva et en engloutit le contenu.

« Hé ! C'était mon thé ! S'exclama Mary.
- Ca va, ce n'est pas la première fois qu'on partage notre salive, se défendit-il avec un sourire mesquin, faisant lever les yeux au ciel à Lily.
- Ce n'est pas parce que je t'ai embrassé une fois que tu as le droit de venir boire dans mes verres.
- Une fois ? Tu en es bien sûre ? L'interrogea t-il en riant.
- Une fois ou plusieurs fois, peu importe. Qui sait le nombre de bactéries que tu trimballes maintenant, répliqua t-elle en octroyant un léger sourire à Lily.
- Je suis clean, McDonald. J'ai été faire ma visite annuelle à Sainte-Mangouste la semaine dernière, je n'ai jamais été plus en forme !
- Bravo Potter, le félicita Lily en frappant dans ses mains d'un air moqueur. Je suis impressionnée.
- Il faut dire que je suis impressionnant, répondit-il du tac au tac avant de lui adresser un clin d'oeil et de brandir sa baguette. Accio jus de citrouille ! »

Lily lâcha un rire ironique semblable à un soupir et détourna le regard. James Potter avait toujours réponse à tout. Peu après l'épisode avec Rogue, cette fois où elle l'avait, dans une seule journée, condamné à mort, puis sauvé, James avait commencé à la taquiner un peu. Pas comme il le faisait à Poudlard, pas avec une telle méchanceté, mais avec bienveillance, quelque chose qu'elle ne lui connaissait pas autrefois.

Dorcas s'éclipsa un instant puis émergea de la cuisine quelques minutes plus tard avec quatre balais dans les bras qu'elle laissa tomber à ses pieds, devant la table autour de laquelle ils étaient tous assis.

« Ca vous dit une partie de Quidditch ? Leur proposa t-elle.
- Ok, mais je suis avec James, s'empressa de répondre Alice en donnant une tape amicale sur l'épaule du jeune homme.
- Tu étais déjà avec lui la dernière fois, protesta Mary.
- Elles se battent toujours pour moi, expliqua James à Lily qui lui jeta un regard dépité.
- Puisque c'est comme ça, il sera avec moi, trancha Dorcas. Par contre, je n'ai trouvé que quatre balais...
- Je ne vais pas jouer, les informa Lily. Je vais arbitrer.
- Tu as peur de te faire battre ? L'interrogea James.
- J'ai peur d'abîmer ton joli visage avec un cognard, Potter, répliqua t-elle avec un sourire.
- Ah, alors tu trouves que j'ai un joli visage, nota t-il avec satisfaction. »

Il vit dans les yeux de Lily qu'il venait de la prendre au dépourvu, et elle s'apprêtait à lui répondre lorsque le raclement de gorge d'Alice les fit tous les deux revenir sur terre. Les trois filles les observaient étrangement, et James se rendit rapidement compte qu'il venait de flirter brièvement avec celle qui l'avait autrefois considéré comme son pire ennemi.

« Bon, on y va ? S'impatienta t-il. »

Il voulait juste dissiper le malaise, et ce fut un succès. Chacun s'empara d'un balai et ils se mirent bientôt à virevolter dans le ciel au dessus de l'âne qui ne cessait de brouter les quelques pâquerettes qui avaient pointé le bout de leur nez.

Dorcas et James prirent rapidement l'avantage, et Alice et Mary furent menées de cent points au bout de cinq minutes de jeu seulement. Ils continuèrent à virevolter pendant presque une heure et ne descendirent de leur balai que lorsque James eut tenté toutes les figures qu'il voulait tenter. Il foula le sol balai à la main, bien conscient que le regard de Lily reposait sur lui, mais il ne le lui retourna que quand les trois autres filles décidèrent de rentrer car le vent se levait.

« Qu'est-ce qu'il y a ? L'interrogea t-il.
- Rien, je me rappelais de toi, pendant les matchs de Quidditch à Poudlard, c'est tout, répondit-elle simplement. »

Il déglutit et se posa sur la chaise en face d'elle. Elle était en t-shirt, et il pouvait de là où il était voir qu'elle avait froid. Pas seulement parce qu'elle frissonnait ou parce que ses joues commençaient à rougir, mais parce qu'elle avait la chaire de poule, et pourtant, elle restait là.

James était encore réchauffé par le match de quidditch, mais même s'il avait été frigorifié, il serait resté avec elle. Pourquoi ? Il ne le savait pas vraiment. Il y avait quelque chose entre eux, un espèce d'attrait fou qui semblait toujours les guider l'un vers l'autre.

« Quand les autres semblaient s'entraîner des heures et des heures pour parvenir à faire rentrer un souafle dans un anneau, toi, tu y parvenais sans effort, reprit-elle, songeuse.
- Mon père m'a posé sur un balai quand j'avais deux ans.
- Et tout le monde t'applaudissait. Tout le monde criait ton nom, poursuivit-elle comme si elle ne l'avait pas entendu. Après le match, tu faisais le tour des tribunes debout sur ton balai, et tu saluais tout le monde, comme un artiste après un spectacle. Il y avait une partie de moi qui t'adorait à ce moment là, parce que tu étais une star, un héro. Tu étais l'espoir de Gryffondor. Et puis tu descendais de ton balai, tu secouais tes cheveux, et tu redevenais le même crétin que tu étais juste avant le début du match. Je m'en rappelais soudainement quand tes yeux passaient sur moi sans me voir. »

Elle avait prononcé la dernière phrase dans un murmure, et James avait baissé la tête et passé la main dans ses cheveux, profondément gêné. L'embarrasser n'était pas ce qu'elle attendait, il le savait, et pourtant c'était ce qu'elle avait fait. C'était inévitable, avec une histoire telle que la leur, mais il était toujours fasciné de voir comme leurs chemins avaient réussi à se croiser après être restés parallèles pendant si longtemps.

« Qu'est-ce que tu fais, Lily ?
- Comment ça ? L'interrogea t-elle en sirotant le peu de thé qu'il lui restait.
- Dans la vie. Qu'est-ce que tu fais ? »

Elle fronça les sourcils, probablement surprise par la question, et puis James vit quelque chose s'allumer dans ses yeux. Elle réalisait. Elle réalisait qu'il venait de montrer de l'intérêt pour quelqu'un d'autre que pour lui même.

« Je travaille dans une animalerie, répondit-elle finalement.
- Vraiment ? S'exclama James, surpris.
- Oui. J'ai toujours préféré les animaux aux humains, je crois.
- Oh, ça explique ce que tu fais avec Fenwick, commenta t-il avec un demi-sourire. »

Elle leva les yeux vers lui et haussa un sourcil avant de soupirer bruyamment. Ses doigts jouaient avec sa tasse, et il la suspectait de regretter d'avoir bu les dernières gouttes de son thé. Elle les lui aurait envoyé à la figure s'il avait prononcé cette phrase une minute plus tôt.

« C'est ce genre de réflexion qui me fait regretter de ne pas t'avoir lancé un cognard à la tête.
- Et à part ça, qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu fais pendant ton temps libre ? S'empressa t-il d'ajouter en ignorant délibérément son commentaire.
- Je lis.
- Quelle aventurière, se moqua t-il.
- Parce que j'imagine que toi, tu te bats tous les jours contre des dragons ou des trolls, ironisa t-elle.
- Hé, peut-être pas des dragons ou des trolls, mais j'ai capturé Evan Rosier aujourd'hui, lui rappela t-il en pointant l'âne du doigt.
- Bien sûr. Et comment je sais que c'est vraiment Evan Rosier et pas juste un pauvre type qui a eu le malheur de partager un trottoir avec toi ou qui t'a regardé de travers ?
- Demande lui !
- Ce n'est pas parce que je travaille dans une animalerie que je parle l'âne ! Répliqua t-elle, amusée. »

Il haussa les épaules et se servit un nouveau verre de jus de citrouille, ne pouvant réprimer un rire. Il aimait ça. Il aimait être avec elle. Il avait pensé qu'il serait obligé de s'efforcer de ne pas être trop lui même pour ne pas la blesser, pour ne pas retourner vers ses anciens travers, mais finalement, c'était tout le contraire. Il était lui même avec elle, mais d'une façon qu'il ne soupçonnait pas. Il ne s'était jamais vraiment connu jusque là, pas comme ça, en tout cas.

Il y avait une espèce de retenue polie au début de leurs échanges qui disparaissait toujours très rapidement au profit d'un amusement mutuel sans limite. Ils se cherchaient, et ils feignaient ne pas s'en rendre compte. Ou peut-être qu'ils ne s'en rendaient vraiment pas compte. Ça n'aurait pas été la première fois qu'ils étaient aveugles.

« Ta sœur, qu'est-ce qu'elle fait ? Reprit-il.
- Elle s'est mariée avec un vendeur de perceuse l'été dernier, répondit Lily en gardant les yeux rivés sur sa tasse.
- Un vendeur de quoi ?
- Perceuse. C'est... Un outil moldu.
- Ah, mais ça ne me dit pas ce qu'elle fait.
- Je n'en sais rien, à vrai dire. Je crois qu'elle cherche du boulot en tant que dactylographe, mais je n'en sais pas plus. Ma sœur et moi, nous ne sommes pas vraiment proches... Elle s'interrompit un instant pour poser ses yeux verts dans les siens. Je ne sais pas pourquoi je te raconte ça, s'empressa t-elle d'ajouter.
- Parce que je te l'ai demandé, répondit-il en haussant les épaules. Tes parents... Commença t-il. »

Il la vit avaler difficilement sa salive et se trémousser sur sa chaise, et il regretta un peu d'avoir abordé le sujet, mais s'il y avait une chose qu'il avait appris de ses parents, c'était qu'on ne devenait vraiment ami avec quelqu'un que lorsque l'on osait aborder les sujets qu'on ne devrait pas.

« Comme les tiens, répondit-elle simplement.
- Ca fait longtemps ?
- Quelques années, mais j'ai encore l'impression que c'était hier. »

James acquiesça silencieusement et fit rouler son verre entre ses mains pendant que Lily le dévisageait.

« Quoi ?
- Je me trompe ou tu essaies de te racheter ? Le questionna t-elle.
- Tu te trompes, répondit-il sincèrement. Je voulais juste savoir des trucs sur toi.
- Toi, tu t'intéresses à moi ? »

Elle avait posé la question en riant un peu, comme si cela lui paraissait complètement absurde, et James pencha légèrement la tête sans quitter le sérieux qu'il arborait depuis qu'il avait évoqué ses parents.

« Pourquoi pas ? »

Elle ne répondit pas, mais ses yeux ne quittaient pas les siens, comme si elle s'attendait à y voir une lueur d'humour, mais elle ne la vit pas, et finalement, elle se mit à sourire, secoua la tête, et quitta le jardin pour rejoindre ses amis à l'intérieur. Peut-être qu'elle ne le croyait pas, mais au moins, il avait réussi à la faire sourire, et c'était peut-être assez pour le moment.

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Le quartier général de l'Ordre n'avait jamais été aussi animé. Tout le monde était venu fêter le retour de Lily. Elle était sortie de Sainte-Mangouste deux jours plus tôt et avait à peine eu le temps de se reposer avant que Fenwick l'amène ici. Il avait organisé un dîner en son honneur, et Sirius s'était chargé de ramener tout ce qui, selon lui, différenciait une fête ratée d'une fête réussie, c'est à dire une sacrée cargaison d'alcool en tout genre et de la bonne musique.

James contemplait d'un air distrait son reflet à travers son verre de whisky-pur-feu qu'il tripotait nerveusement depuis plusieurs minutes. Lily avait beau s'être réveillée, il ne pouvait pas s'empêcher de continuer à se raconter cette histoire dans sa tête, la leur, comme si cela allait lui permettre de trouver la solution à tous leurs problèmes. Il n'avait pas la force de lever les yeux vers elle et de la voir dans les bras de Benjy, pas après ce qu'ils avaient vécu ensemble. Il essaya de s'amuser, il essaya vraiment, et il dansa même avec Emmeline lorsqu'elle le tira de sa chaise avec l'aide de Dorcas.

Il fut un temps où le fait de voir deux jeunes femmes se trémousser autour de lui lui aurait certainement fait de l'effet, mais ce n'était plus le cas. Il souriait, il se réjouissait de les voir s'amuser, mais c'était tout. Il ne voulait rien d'elles. Il n'attendait rien de personne. Sauf peut-être de Lily, mais elle n'était pas à lui. Elle n'appartenait à personne.

Fenwick ne la possédait pas. Il avait, la plupart du temps, la main posée sur elle, mais c'était tout. Lily était libre. Rien ne la rattachait à lui. Rien ne la rattachait à personne. Elle avait trop peur, pour cela. Pas des gens, en général, mais de la relation qu'elle pourrait entretenir avec eux. James savait qu'il en était responsable, que ses méfaits à Poudlard l'avait rendue méfiante, et il ne l'avait jamais autant regretté.

Lily ne savait pas se laisser aller. Elle ne savait pas abattre les barrières, péter les barrages, défoncer les murs... Elle ne savait pas ce que cela faisait, de se laisser tomber amoureux. Elle le subissait seulement, et une fois, elle avait flanché. James aurait voulu qu'elle s'abandonne à lui comme il s'était abandonné à elle. Il n'y avait pas de retour en arrière. Il était à elle, même si elle n'était pas à lui.

Tout était rentré dans l'ordre quand elle avait quitté Sainte-Mangouste. Elle avait raconté la version de Sirius à Fenwick et aux autres, et même si certains restaient méfiants vis à vis de James, plus personne ne parlait de l'expulser de l'Ordre du Phénix. Elle n'avait pas rompu avec son petit-ami, tout était vraiment redevenu exactement comme avant.

James s'excusa auprès de Dorcas et Emmeline lorsque les lumières du quartier général s'éteignirent et que Sirius alluma un vieux stroboscope qu'il avait récupéré dans une brocante moldue où il s'était pavané juste pour faire enrager ses parents, déclenchant des cris de joie chez Alice et Mary qui sautillaient au milieu du salon transformé en piste de danse. On n'y voyait presque plus rien. On distinguait simplement des silhouettes. James en reconnaissait certaines à leur démarche, mais d'autres restaient floues.

Il entendit Maugrey grommeler qu'il n'était pas venu là pour faire le chaperon à une fête d'adolescents, cela lui arracha un sourire. Dedalus Diggle, à côté de lui, lui répondit qu'il trouvait la musique plutôt entraînante. Il semblait être en train de claquer des doigts, mais James n'en était pas bien sûr car ils étaient à quelques mètres de lui et la pénombre n'aidait guère à voir ses mains.

Il s'était assis dans un coin reculé de la pièce, là où il était sûr que personne ne viendrait le chercher. Il n'était même pas certain qu'il était visible. C'était tant mieux. Il n'était pas d'humeur à faire la fête, mais il n'était pas non plus d'humeur à jouer le rabat joie en restant assis, la mine sombre, au milieu des autres qui s'amusaient et qui dansaient.

Il les observait sans vraiment les observer. Il ne savait pas qui dansait avec qui. Il était certain que celui qui faisait le pitre au milieu des filles était Sirius, et que celle qui se collait le plus à lui était Dorcas, mais c'était tout. Dumbledore aurait pu être en train de se déhancher au milieu du groupe qu'il ne l'aurait même pas vu. Enfin, si c'était le cas, Sirius serait probablement en train de prendre des photos pour immortaliser le moment.

« Tu crois que ça va se voir, si je m'en vais maintenant ? »

Il sursauta un peu et tourna rapidement la tête sur sa droite. Lily s'était assise à côté de lui. Elle était proche, si proche que ses jambes croisées menaçaient d'entrer en contact avec les siennes, et il ne l'avait pas vue arriver. Quand était-elle apparue, au juste ?

« Je ne pense pas, tu as eu la bonne idée de t'habiller en noir. Je ne t'ai même pas vue arriver, lui répondit-il sans quitter des yeux le groupe qui dansait.
- Je sais. C'est grâce à mon père. Il m'a montré comment descendre les escaliers en pleine nuit pour vider les pots de glace pendant que maman dormait. Une vraie formation de ninja, expliqua t-elle. »

James hocha simplement la tête. Il donnait l'air de se ficher totalement de ce qu'elle pouvait bien lui dire, mais ce n'était pas le cas. Il était juste... Coincé. Qu'attendait-elle de lui ? Il n'en savait rien.

« Où est Fenwick ? Demanda t-il.
- Je ne sais pas. Tu vois quelque chose, toi ?
- Pas vraiment. »

Leur échange était froid. Il détestait cela. Il n'aimait pas cette clôture qui s'était dressée entre eux. Il n'aimait pas balayer la salle du regard pour vérifier que Benjy ne les voyait pas ensemble alors qu'il n'avait rien à se reprocher à ce moment précis. Il était simplement assis à côté d'elle. Il ne faisait rien de mal.

« J'espérais que l'on pourrait reparler de ce qu'il s'est passé.
- Je t'écoute, dit-il froidement.
- James... Soupira t-elle. Je suis désolée pour ce que j'ai dit ce soir là. Je ne m'attendais pas à ce que... Je ne pensais pas terminer la nuit dans ton lit, je...
- Parce que tu crois que j'avais prévu ça ? La coupa t-il, agacé. »

Elle ne répondit pas. James voyait juste ses deux yeux briller devant lui, et il n'entendait que le bruit de son propre cœur qui tapait régulièrement contre sa poitrine. Elle allait finir par réussir à le lui arracher. Elle lui avait fait mal, ce soir là. Elle l'avait vraiment blessé, mais il ne pouvait pas ignorer le bien qu'il ressentait quand elle était là.

Elle leva la main vers lui, et il tourna la tête de l'autre côté lorsqu'elle posa ses doigts sur sa joue. Il ne voulait pas sentir sa peau sur lui maintenant, pas au milieu de ce chaos, de cette pièce remplie de monde. Son petit-ami se trouvait ici. Fenwick était là, quelque part, et il ne se doutait pas une seule seconde que si James s'était écouté, il aurait enlevé Lily.

C'était ce qu'elle voulait. Il l'avait compris dès qu'elle lui avait demandé si son absence passerait inaperçue, et pourtant, il n'était pas rentré dans son jeu. Il s'était efforcé de la laisser croire qu'il se fichait royalement de ce qu'elle pouvait bien faire alors qu'il devait mobiliser toutes ses forces pour ne pas la toucher encore, comme il l'avait fait cette nuit là. Il n'y avait plus de sourire sur son visage. Il n'avait plus de répliques malines à lui lancer. Il n'arrivait plus à être lui même avec elle. Il avait trop peur de ce qu'elle pourrait lui faire.