In the dark I see you smile
Do you feel my heat on your skin ?
Take off your clothes
Blow out the fire
Don't be so shy
You're right
Don't be so shy – Imany

C'était l'anniversaire de Sirius Black. Comme d'habitude, les maraudeurs étaient tombés dans l'excès. Il y avait trop d'alcool, la musique était trop forte, le quartier général de l'Ordre trop décoré, la fête était trop réussie, et Lily Evans était beaucoup trop belle pour les yeux de James qui ne la quittaient pas.

Pour une fois, pourtant, il n'y avait pas trop de monde. Sirius avait décrété qu'il voulait quelque chose de simple avec les membres de l'Ordre uniquement. Cela avait été une sacrée surprise pour James, Peter et Rémus, jusqu'à ce que leur meilleur ami n'ajoute qu'il comptait organiser une deuxième soirée pendant le week-end, cette fois aux Trois Balais, leur promettant un moment inoubliable.

James savait que cela allait être le cas. Sirius n'organisait de fête le week-end que lorsqu'il comptait vider des bouteilles et des bouteilles de whisky-pur-feu et qu'il savait qu'il ne serait pas capable de se lever le lendemain pour aller au boulot. C'était à cela que le dimanche lui servait, à évacuer sa gueule de bois.

Alors à côté de ce qu'ils allaient vivre ce week-end là, la petite soirée au quartier général de l'Ordre semblait bien sage, même si une partie des convives était déjà éméchée. Emmeline et Dorcas avaient ensorcelé le plafond pour qu'il pleuve des confettis mais elles réalisèrent quand elles en eurent jusqu'aux chevilles que ce n'était peut-être pas une si bonne idée.

Une chèvre était près de la bibliothèque, en train de brouter les magasines de quidditch que Peter avait ramené de chez lui, et tout le monde semblait trouver cela parfaitement normal. James lui même n'en était pas particulièrement étonné. Ce qui le surprenait considérablement, en revanche, c'était de voir Maugrey Fol Oeil bouger légèrement la tête au son de la musique rythmée.

« Lunard, regarde ça, dit-il en donnant un coup de coude à son ami et en faisait un signe de tête vers l'auror.
- Bouse de dragon, je n'aurais jamais pensé voir ça un jour ! S'exclama Rémus avant d'éclater de rire. »

James hocha la tête et alors que des exclamations de dégoût presque complètement couvertes par le son de la musique lui parvenaient aux oreilles, il se retourna légèrement juste pour voir Lily guider la chèvre à l'extérieur du quartier général. Quelques excréments ronds gisaient devant la bibliothèque. Alice voulut les envoyer par la fenêtre d'un coup de baguette, mais Frank se dressa devant elle juste à ce moment là et les billes s'écrasèrent sur sa figure pendant que Sirius éclatait de rire à côté d'eux.

La jeune femme se répandit en excuse auprès de son mari et utilisa la magie pour lui nettoyer le visage, un poil dégoûtée. James profita que toute l'attention soit portée sur eux pour disparaître dans le jardin, à la suite de Lily.

Il la vit tirer la chèvre derrière elle et aller l'attacher autour du même arbre qu'Evan Rosier transformé en âne, des semaines et des semaines auparavant. Elle la caressa un instant et s'adressa à elle d'une façon qui fit ricaner James.

« Voilà, tu es mieux ici ma grande, non ?
- Tu es au courant qu'elle ne va pas te répondre ? L'interrogea t-il en surgissant derrière elle.
- Depuis que j'ai découvert le monde magique, je pars du principe que rien n'est impossible, lui décréta t-elle en s'écartant légèrement de l'animal. »

Le jardin était un peu devenu leur point de ralliement. Dès qu'ils avaient envie de discuter, c'était souvent là qu'ils se retrouvaient. Il y avait toujours du monde à l'intérieur, mais quand ils étaient dehors, ils pouvaient parler librement sans que qui que ce soit ne les voit ensemble. Non pas qu'ils aient honte qu'on les surprenne, mais il y avait quelque chose de privé dans leurs échanges, quelque chose d'intime dans lequel ils n'auraient pas voulu que les autres pénètrent. Ils n'en avaient pas discuté ensemble, mais ils savaient qu'ils étaient d'accords là dessus.

« Sirius est content ?
- A partir du moment où il y a des filles et du whisky-pur-feu, tout va bien pour lui, lui répondit James avec un sourire en coin.
- Hmmm... Evidemment, commenta t-elle en levant les yeux au ciel. Jusqu'où poussez-vous la ressemblance ? »

James lâcha un rire et haussa les épaules. Il frissonna quand une rafale de vent leur balaya le visage, et ils se hâtèrent vers la maison d'un seul mouvement, mais une fois en haut des marches menant à la cuisine, Lily s'arrêta net.

James n'eut pas besoin d'attendre qu'elle lui dise quoi que ce soit pour comprendre. Il entendait la musique, il entendait les autres crier, et il n'avait pas envie de cela. Il avait juste envie de rester ici et de n'entendre que sa voix, alors quand elle renonça à rentrer et s'assit sur la marche sur laquelle ils avaient pris l'habitude de discuter, il fit de même.

Elle était belle, ce soir là. Elle était toujours belle, mais elle s'était mis un peu de rouge à lèvres et avait lâché ses cheveux. Son sourire illuminait la nuit. Il avait envie de le lui dire. Il avait envie de se pencher sur elle et de l'embrasser, il avait envie de lui tenir la main, il avait envie de beaucoup de choses, mais tout semblait précipité, tout semblait mal.

« Les choses ont changées entre nous, n'est-ce pas ? L'interrogea t-il. »

Elle pencha légèrement la tête sur le côté pour le regarder, et elle acquiesça lentement. Elle aurait pu lui mentir, comme la dernière fois, mais il savait jusqu'au plus profond de lui même que ce n'était pas ce qu'elle était en train de faire cette fois-ci.

« Je me suis trompée à ton sujet.
- Moi aussi. »

Il y eut un silence. Long, mais pas dérangeant, pas le genre de silence pendant lequel on panique parce que l'on cherche quelque chose à dire et qu'on ne trouve pas, non. C'était un silence reposant, un silence paisible, un silence réconfortant car ils le partageaient.

« Avant, j'avais des doutes sur le fait que tu sois tordu ou non... Commença t-elle. Maintenant, j'en suis sûre. »

Il éclata de rire et glissa ses mains dans ses poches.

« Qu'est-ce que ça fait de toi, Evans ? Traîner avec un tordu...
- Une tordue, probablement, répondit-elle en riant à son tour et en se cachant le visage dans les mains comme si elle n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle était en train de faire là, avec lui.
- Probablement, répéta t-il, amusé.
- Bon, du coup, est-ce que je peux te demander quelque chose de bizarre ?
- Hé, Evans, on vient d'établir que nous sommes tous les deux tordus, je pense que ça répond à ta question. »

Encore une fois, son sourire éclaira son visage fin, et James sentit son cœur se serrer. Elle avait vraiment quelque chose d'envoûtant. Même quand elle semblait heureuse, il y avait toujours quelque chose de triste chez elle qui lui donnait envie de la prendre dans ses bras et de lui dire que tout irait bien.

« Est-ce que je peux toucher tes cheveux ? »

L'interrogation le prit totalement de court et il pouffa en passant ses mains dans sa tignasse avant d'observer Lily avec des yeux ronds comme des souafles. Elle était on ne peut plus sérieuse, ce qui accentua encore plus son rire.

« S'il te plaît, reprit-elle d'un air enfantin. Ils sont tellement... Bizarres. Je veux dire, c'est comme si les mèches s'étaient toutes battues entre elles et qu'aucune n'avait gagné.
- C'est la chose la plus odieuse que tu m'aies dite, lui fit-il remarquer sans pouvoir s'empêcher de continuer à rire.
- Je sais, c'était un peu dur, mais... Laisse moi voir ça de plus près. »

Il resta stoïque quand elle avança sa main vers lui, peu sûr de ce qu'elle allait faire jusqu'au dernier moment, celui où elle enfouit sa main dans ses cheveux. C'était bizarre. C'était bizarre, et drôle. Et aussi agréable. Il croisa son regard, elle se mordillait la lèvre, il avait envie de l'embrasser, il aurait pu jurer qu'elle en avait envie aussi.

« James ! »

La porte s'ouvrit à la volée sur Sirius, et Lily retira immédiatement sa main tout en s'écartant de James qui s'était soudainement retourné vers son meilleur ami.

« Qu'est-ce que tu... Oh. Se stoppa Sirius alors que son regard jonglait entre ses deux camarades de l'Ordre. Oh, répéta t-il comme s'il venait de comprendre qu'il avait interrompu leur moment.
- Tu as besoin de quelque chose, Patmol ?
- Je me demandais juste où était ton cadeau, répondit-il. Enfin, mon cadeau. Enfin, ton cadeau pour moi. »

James lui lança un sourire, s'excusa brièvement auprès de Lily, puis se leva de la marche et suivit son meilleur ami à l'intérieur. Après tout, c'était son anniversaire. Il aurait d'autres occasions de discuter avec Lily.

J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&JJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&JJ&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J&L&J

James entra dans le quartier général en claquant la porte derrière lui avec précipitation et son regard croisa immédiatement celui de Lily. Comme ils l'avaient espéré, ils étaient seuls. Elle lui adressa un sourire, il le lui rendit, et il réduit l'espace qu'il y avait entre eux pour aller l'embrasser.

« Pas ici, lui dit-elle. »

Elle lui attrapa la main et ils montèrent les escaliers quatre à quatre. Elle gloussa quand il la poussa contre le mur du couloir, incapable de se retenir une seconde de plus, et que ses lèvres se posèrent sur les siennes. Elle se laissa faire et posa même ses mains sur ses joues. James ne pouvait pas se lasser de sentir son sourire contre sa bouche, c'était une bouffée d'air frais, celle qu'il attendait quand il sortait de chez lui avec la peur au ventre, celle de perdre la vie ou pire, que l'un de ses alliés ne perde la sienne.

Ils n'avaient pas prévu qu'ils se retrouveraient ici pour se sauter dessus, pour s'embrasser comme des dingues en cachette, ils pensaient tous les deux qu'ils traîneraient simplement ensemble, discuteraient comme ils avaient l'habitude de le faire, se taquineraient, et peut-être, flirteraient, mais toutes ces activités leur avaient paru bien futiles à la seconde même où leurs regards s'étaient croisés.

Ils s'interrompirent soudainement lorsque la porte claqua au rez-de-chaussée. Les yeux ronds comme des souafles, hagards, pantelants, ils restèrent aussi immobiles que des statues jusqu'à ce que deux voix ne leur parviennent.

« Potter m'avait dit qu'il serait là ! Pas capable d'être à l'heure ! ronchonna Maugrey Fol Oeil.
- Il a sûrement mieux à faire, lui répondit Benjy Fenwick.
- Exactement, chuchota James, le visage à seulement quelques centimètres de celui de Lily qui s'était tendue dès qu'elle avait entendu la voix de son petit-ami. Où est-ce qu'il pense que tu es ? Lui demanda t-il.
- Pré-Au-Lard. Gai chiffon, souffla t-elle, un peu coupable.
- Hmmm, il n'ira certainement pas vérifier. »

Elle ne lui répondit pas. Elle semblait tétanisée par le fait que Benjy soit à quelques mètres d'eux seulement. Cela n'échappa pas à James qui ne se laissa pas déstabiliser le moins du monde. Sa bouche descendit dans le cou de Lily et ses mains commencèrent à voyager sur son corps.

« Qu'est-ce que tu fais ? L'interrogea t-elle, déboussolée.
- A ton avis, lui répondit-il en relevant la tête vers elle seulement pour lui lancer un sourire malin.
- Ils vont nous entendre, protesta t-elle à voix basse.
- Seulement si tu n'arrives pas à te contenir. »

Elle fronça légèrement les sourcils, et James sut qu'il l'avait eue à ce moment là. L'once de défi qu'il lisait dans ses yeux l'encouragea d'avantage, et lorsqu'il tira sur son pull pour le lui retirer, elle le laissa faire.

« Satané Potter, pesta encore une fois Maugrey.
- Je suis sûr qu'il est en train de se faire Daisy Hookum.
- Faux, murmura James à l'oreille de Lily qui avait fermé les yeux.
- J'ai couché avec elle en septième année, cette fille a le plus beau corps que j'ai vu de toute ma vie, reprit Fenwick.
- Faux, encore, continua James en embrassant Lily qui avait grimacé en entendant le commentaire de son petit-ami.
- Ne te méprends pas Fol Oeil, je trouve Lily magnifique, mais il lui manque ce petit truc qui...
- Un petit ami qui la traite comme il le devrait, imbécile, chuchota James après avoir lâché ses lèvres. »

Lily ne répondit pas. Ses yeux étaient toujours clos, et James en profita pour continuer à l'embrasser dans le cou, sur la gorge, et lentement, il descendit sur ses seins, le long de son ventre, et se retrouva à genou devant elle, à déboutonner son jean. Ce fut seulement au moment où il le fit descendre d'un coup sec sur ses chevilles qu'elle sembla sortir de sa torpeur et qu'elle lui lança un regard effaré, réalisant probablement ce qu'il s'apprêtait à faire, et où il s'apprêtait à le faire.

« Arrête, chuchota t-elle.
- Tu ne veux pas que j'arrête, réfuta t-il en levant les yeux vers elle. »

Il tripotait le contour de sa petite culotte sans pour autant la baisser, la tête levée vers elle, il attendait simplement un signe qui lui indiquerait qu'ils n'étaient pas sur la même longueur d'onde, mais comme il s'y attendait, elle ne lui en donna aucun.

« On devrait aller chez toi, lui dit-elle cependant.
- On ne peut pas transplaner de l'intérieur du quartier général. Tu veux vraiment qu'on descende cet escalier et qu'on se retrouve nez à nez avec Fenwick ?
- Non, mais, je...
- Tu vas rester silencieuse.
- James, il est juste en dessous, je...
- Je sais parfaitement où il est, lui répondit-il en lui jetant un sourire narquois.
- Ça t'amuse, tout ça ?
- Là, maintenant, oui. Ce ne sera peut-être plus le cas dans une heure. Profitons-en, trancha t-il en faisant finalement glisser sa culotte le long de ses jambes nues alors qu'elle plaquait sa main sur son visage.
- Merlin, souffla t-elle, partagée entre la panique et l'envie. »

A chaque fois qu'elle entendait des pas, en bas, tout son corps se contractait mais bientôt, ses mains se perdirent dans les cheveux de James, et il se surpris à aimer cela alors qu'il avait toujours eu le sentiment désagréable d'être vulnérable lorsque d'autres s'étaient permises ce genre de geste affectueux. Avec Lily, il se sentait simplement désiré.

« Potter va se prendre une raclée quand il va arriver, je le jure devant dieu ! Grogna Maugrey. D'autant plus si sa seule excuse est qu'il était en train de s'accoupler !
- Je ne sais même pas ce qu'elles lui trouvent toutes, commenta Fenwick. »

Au même moment, la langue de James s'était glissée entre les cuisses de Lily qui porta son poing à sa bouche et le mordit pour éviter d'émettre le moindre son qui pourrait les trahir. Il sentait qu'elle pourrait perdre pied à tout moment, et il adorait cela, la voir lutter pour rester debout. La simple vision de son visage rosissant de secondes en secondes faisait monter l'envie en lui d'une manière époustouflante.

L'autre main de Lily restait perdue dans ses cheveux auxquels elle s'agrippait. Les doigts de James passaient de ses cuisses, à ses hanches, à son ventre, à ses fesses, et il n'arriva bientôt plus à savoir qui de lui ou d'elle dégageait cette chaleur jouissive qui précédait habituellement le point culminant de leur orgasme.

« Il a un joli minois, ça plaît aux dames, reprit Fol Oeil.
- Ça ne fait pas tout. Il n'arrive pas à en garder une seule, il doit y avoir une raison. Ça a beau être un sacré joueur de quidditch, peut-être qu'il ne sait pas se servir de son manche à balai, se moqua Fenwick. »

Cette fois, James s'arrêta malgré les plaintes silencieuses de Lily, et il remonta lentement jusqu'à sa bouche sur laquelle il déposa un baiser rapide avant de s'en écarter subrepticement.

« Qu'est-ce que tu en penses ? Chuchota t-il à Lily qui n'était clairement pas en mesure de lui répondre. »

Il afficha un sourire narquois lorsque le regard suppliant de la jeune femme croisa le sien, ardent et impétueux.

« Et si tu te débarrassais de ça ? Lui dit-il en faisant un signe de tête vers son jean, toujours baissé sur ses chevilles. »

Elle s'exécuta sur le champ, mais James fronça les sourcils lorsqu'elle se pencha pour attraper le pantalon et le serrer contre elle, comme si elle voulait cacher certaines partie de son corps.

« Il est un peu tard pour être timide, lui fit-il remarquer, amusé alors qu'elle rougissait.
- Je ne me suis jamais retrouvée nue devant toi comme ça, articula t-elle en grimaçant.
- Lily, j'ai déjà tout vu les deux dernières fois... Et puis j'étais agenouillé devant toi il y a une minute, en train de te...
- Je sais ce que tu étais en train de faire, le coupa t-elle, écarlate, mais ce n'est pas pareil. Là, tu as une vue globale sur mon corps, c'est très déstabilisant, je...
- Je ne pensais pas que ça t'inquiétais autant.
- Ça ne m'inquiète pas. Habituellement, ça ne m'inquiète pas, s'empressa t-elle d'ajouter toujours à voix basse. Avec toi, c'est différent. Je veux dire, tu es toi, et tu...
- Je sais, j'ai un joli minois qui plaît aux dames, cita t-il malicieusement. Ça doit être impressionnant pour toi.
- Crétin, chuchota t-elle en lâchant un rire discret. Heureusement que tu ne sais pas te servir de ton manche à balai, répliqua t-elle en lui renvoyant son sourire narquois. »

Elle eut le mérite de le faire éclater de rire, et elle dû rapidement plaquer sa main sur la bouche de James pour éviter que Fenwick et Maugrey ne l'entende.

« C'est ce qu'on va voir, Evans, lui murmura t-il quand elle la retira. »

Il l'embrassa encore, avec beaucoup plus de ferveur que la fois précédente, étouffant ses soupirs d'envie dans sa bouche, gardant son visage entre ses mains comme s'il avait peur qu'elle ne lui glisse entre les doigts.

« Jette ça par terre, marmonna t-il. Il est hors de question que tu te caches, répéta t-il. »

Lentement, l'emprise qu'elle avait sur son vêtement se desserra comme si James avait prononcé une incantation, et quand il tomba à leur pied, il prit soin de donner un coup dedans pour l'écarter d'avantage.

« Comment est-ce que tu as réussi à garder tous tes vêtements alors que je suis nue ? L'interrogea t-elle en déboutonnant sa chemise.
- Il faut croire qu'il y en a un de nous qui est plus impatient que l'autre, répondit-il contre ses lèvres.
- Hmmm... Il va falloir réparer cet affront. »

Elle fit glisser le tissu des épaules de James, non sans en avoir largement profité pour effleurer son torse. Elle avait les yeux qui brillaient, Fenwick avait disparu de son esprit pour de bon, et si James avait fait le malin jusque là, il inspira brutalement et se tendit lorsqu'elle déboutonna son jean et qu'elle glissa sa main à l'intérieur de son caleçon.

Il tenta de l'embrasser pour la distraire, pour ne pas qu'elle le voie aussi sensible à son toucher, mais elle évita son assaut et se mordilla la lèvre en continuant de le caresser. Il avait oublié à quel point il aimait le contact de ses mains sur lui et cette transe dans laquelle elles le mettaient. Ses yeux verts observaient son visage avec attention, et elle se réjouissait à chaque fois qu'il poussait un soupir rauque contre son oreille.

« Lily...
- Ferme la, Potter. Juste deux minutes, ferme la... »

La convoitise avait remplacé la timidité sur son visage, et elle continuait d'esquiver ses lèvres à chaque fois qu'il essayait d'attraper les siennes. Il songea qu'il ne l'avait probablement jamais autant voulue qu'à ce moment précis, mais il se rappela rapidement qu'il se faisait cette réflexion à chaque fois qu'ils se retrouvaient dans cette position.

Il était toujours hagard car Fenwick et Maugrey faisaient régulièrement racler les chaises sur le sol, en bas, mais il était incapable d'arrêter ce qui était en train de se passer entre lui et Lily à ce moment là, et plus que ça, il ne le voulait pas. Elle était en train de lui mettre la tête en vrac, et il luttait pour garder le contrôle sur lui même et ne pas s'humilier comme un adolescent avant de lui avoir donné exactement ce qu'elle méritait.

Quand il estima qu'il avait largement été assez égoïste et que la caresse commençait à devenir trop dangereuse pour son ego, il lui attrapa habilement le poignet, et il le serra assez pour l'obliger à faire un pas en arrière, puis deux, et enfin, lorsqu'elle se retrouva calée entre lui et le mur du couloir, ses yeux toujours obstinément plantés dans les siens, il la retourna d'un geste rapide et plongea en elle sans qu'elle ne puisse retenir une exclamation de surprise.

« Tu as entendu ? Demanda Fenwick à Maugrey. »

Les yeux de James s'agrandirent, et il resta immobile un instant, retenant sa respiration alors que des bruits de pas commençaient à se faire entendre près des escaliers. Lily avait fermé les yeux, et ses hanches bougeaient presque imperceptiblement contre James qui s'efforçait de retenir un râle sourd, la main plaquée sur la bouche de Lily pour qu'elle ne les trahisse pas de nouveau.

« Ah ! Le hibou de Black est à la fenêtre ! S'exclama l'auror. »

Les bruits de pas s'éloignèrent, et James remercia intérieurement son meilleur ami de les avoir sauvé, même si le pauvre Sirius n'en avait aucune idée. Il se retira légèrement de la jeune femme, ôta sa main de sa bouche, et lui chuchota à l'oreille :

« Si tu fais un seul bruit, je m'arrête. »

Il attendit qu'elle acquiesce, déposa un baiser sur sa nuque, laissa ses mains descendre de ses épaules jusqu'à ses hanches, et observa pendant une seconde la majestueuse cambrure de son dos avant de fermer les yeux et de reprendre là où ils s'étaient arrêtés. Ils n'avaient jamais été aussi débridés l'un avec l'autre, ils n'avaient jamais autant profité de se sentir aussi proches, sachant pertinemment qu'ils pouvaient se faire surprendre à tout moment et par conséquent, devoir rompre ce contact qui leur semblait presque vital.

Elle haletait, il voyait qu'elle essayait de toutes ses forces d'étouffer ses soupirs de plaisir mais elle n'y parvenait qu'à moitié et cela allait très bien à James qui ne pouvait s'arrêter de la toucher. Il n'avait pas assez de mains à son goût, mais il avait juste ce qu'il fallait aux yeux de Lily qui finit par se laisser basculer contre lui en tremblant, plaquant sa propre main sur sa bouche pour ne pas laisser échapper l'exclamation de trop.

Il l'entendit quand même. C'était presque inaudible, mais c'était là, elle était là, la douce supplication, la sienne. Elle voulait qu'il la rejoigne, qu'il ressente ce qu'elle venait de ressentir, la puissance de cette vague de chaleur qui l'avait noyée, le plaisir brut, l'extase qui lui donnait envie de partir dans un rire dément... Et il fut incapable de résister d'avantage.

Son front reposa contre sa nuque un moment, juste le temps de réussir à gérer les sensations qui l'avaient submergées. Puis ses mains glissèrent sur son ventre et il l'obligea à se retourner pour pouvoir l'embrasser. Elle frissonnait encore contre lui, et il avait du mal à imaginer comment il pourrait la laisser s'en aller encore, partir avec lui, l'autre homme de sa vie, et alors qu'il ne s'y attendait pas, elle prononça les mots, comme une formule magique.

« Je t'aime. »

Et c'était tout ce qu'il avait besoin d'entendre.