Bonjour à tous et à toutes !

Voici la suite de notre histoire avec Grunlek.

Merci à Shueino qui a corrigé cette histoire et à vous qui avait lu cette histoire.

N'hésitez pas à poster un commentaire, cela fait toujours plaisir.

Bacciolino.


Chapitre 3 : Le passage secret.


Grunlek s'était mis à ramper jusqu'à cette fêlure qu'il avait cru voir sous un des murs de sa pièce. Curieux, mais vigilant, l'enfant attrapa son arme en bois pour se rendre jusqu'à elle. Tout doucement, il tapa pour entendre que ledit mur était creux.

« Un passage secret ? » s'étonna l'héritier.

Intrigué, l'enfant se mettait à chercher une quelconque saignée ou trappe pour ouvrir ce passage. De sa main unique, il toucha la pierre, effleura chacune d'entre elles pour avoir toutes les sensations. Mais il ne perçut rien.

Avec une grande délicatesse, l'enfant posa sa main devant la fêlure et senti un léger courant d'air.

« Ce passage mène vers l'extérieur. Cela devait être conçu pour une éventuelle fuite. » pensait le jeune nain avant de se rappeler un des nombreux récits raconté par sa mère.

Un des Cognars qui auraient vécu dans cette demeure. Des orcs avaient envahi le manoir pour tenter de voler les richesses des nains. Knark était un brave guerrier au service du roi des nains. De sa grande hache, il détruisait tout ce qui était sur son passage. Hélas, les adversaires étaient beaucoup plus nombreux qu'eux. Knark savait qu'il ne pouvait pas les vaincre. Certes, il aimait le combat, il n'était pas stupide pour autant. Knark s'était rappelé qu'un nain ingénieur avait conçu des sorties de secours. Le guerrier prit la famille royale, se rendit dans sa chambre et donna trois coups du manche de sa hache sur le sol. Puis un mur s'ouvrit. Toute la famille royale avait pu s'enfuir. Knark aussi. Il avait refermé cette ouverture en tapant à nouveau trois fois sur le sol à l'intérieur de la caverne.

Dans les souterrains, une multitude de pièges pouvaient être activés pour combattre les ennemis à l'intérieur du château. Avec l'aide de la famille royale et des soldats, ils purent ainsi éliminer les Orcs. Ces derniers pensaient qu'il s'agissait de fantômes. Et prirent leurs jambes à leur cou.

Avec un léger sourire aux lèvres, Grunlek retira les tapis de sa chambre afin d'examiner chacune des pierres composant le sol. Il tapa délicatement sur certaines dalles. Jusqu'à découvrir une qui s'enfonça très légèrement.

« Alors cette histoire était vraie ? » souriait Grunlek.

Comme le racontait la fable, Grunlek appuya trois fois dessus. Il entendit un bruit de frottement de roche. Il leva le regard pour observer un passage s'ouvrir près du mur à la fêlure.

Un passage secret qu'il pourrait emprunter. Un passage vers l'extérieur peut-être ? Peut-être des aventures qu'il pourra vivre par lui-même.

Grunlek était curieux. Il avait envie de découvrir ce que regorge ce bâtiment et où il débouche. Cependant, l'enfant était également très sage. Il savait qu'avant d'entamer son expédition, il devrait préparer ses affaires et s'assurer d'être discret. De trouver quelque chose pour dissimuler son absence. Doucement, l'héritier retapa trois fois sur ce bouton pour refermer le passage. Il cacha sa présence par les tapis habituels.

Il attrapa un morceau de papier, mit sa plume dans de l'encre et se mit à lister les éléments dont il aurait besoin pour son expédition.

De la nourriture, de la lumière, un manteau chaud, une arme de défense, une boussole et le maximum d'informations sur l'histoire de Knark. Peut-être y avait-il un plan des souterrains, que certains pensaient être juste une fable. Grunlek enroula son papier, le cacha à l'intérieur d'un faux livre, pour le ranger dans la bibliothèque. La nuit avait commencé à tomber quand quelqu'un frappa à sa porte. L'héritier vit sa mère entrer.

« Bonsoir Mère. »

« Bonsoir mon enfant. J'ai entendu ton père se disputer avec toi, concernant ton envie de découvrir le monde qui t'entoure. Je voulais en discuter avec toi. »

La mère de famille, Hernia s'assit sur le lit de son fils. Grunlek avait hérité de ses talents d'artisan et de son calme olympien. Ainsi que de sa douceur dans certains de ses propos. Hernia possédait des longs cheveux tressés blonds, des yeux couleurs émeraude. Ses mains attrapèrent le visage de son fils pour lui caresser la joue et sécher les dernières traces des larmes qu'il avait versées.

« Je sais que cela est dur pour toi de ne pas pouvoir sortir. De ne pas connaître les gens et les paysages autrement que dans des livres. Mais un jour, je suis sûre que tu deviendras fort et brillant. Je suis certaine que ton père sera fier de toi. »

Grunlek observa sa mère, ses yeux s'adoucirent à l'entente de cette voix réconfortante. Il se laissa aller dans ses bras. Il écouta le cœur de sa génitrice battre tout doucement. Elle l'accueillit dans ses bras tout en lui caressant les cheveux. Il aimait être entouré de cette chaleur. De sentir son odeur. Il aimait sa mère, cette figure rassurante. Il savait qu'il pouvait se confier à sa mère en toute confiance.

« Père… A dit que j'étais faible. Que je ne pouvais pas protéger mon peuple. Parce que j'avais un bras en moins. Mais je n'ai pas choisi d'avoir un bras en moins. Je n'y suis pour rien pour tout cela. »

Hernia posa ses lèvres sur le front de son fils, en lui susurrant.

« Je le sais. Je le sais. Tout ce que tu ressens actuellement t'aidera à devenir plus fort dans l'avenir. Je suis certaine que tu prouveras à ton père que tu y arriveras. »

« Oui, je lui prouverai. Et tu pourras le voir toi aussi Mère ! »

À ses mots, un long silence plana. Grunlek sentit une sensation étrange qui flottait dans la pièce. Les mains de sa mère resserraient son emprise sur son corps fragile. Elle tremblait. Il releva la tête pour voir les yeux de sa mère, aux bord des larmes.

« Maman ? »

La matriarche attrapa le visage de son fils pour le plaquer contre son cœur. L'héritier ne pouvait pas voir les larmes couler. Il ne pouvait qu'entendre quelques gémissements de sa mère. Son esprit d'enfant ne comprenait pas pourquoi elle pleurait. Qu'est-ce qui la rendait si triste ? S'était-elle disputée avec le roi ? Ou a-t-elle une mauvaise nouvelle à lui annoncer ? Le petit cœur de Grunlek se serra, tout comme son poing sur les vêtements de sa mère. Il avait envie de demander la raison de ces larmes. Il avait envie de la réconforter. Mais intérieurement, il sentait qu'il ne devait pas. Que ce n'était pas là son rôle.

« Ce n'est rien mon petit. Tout va bien. Maman va bien. » chuchota-t-elle au creux de l'oreille de Grunlek.

L'enfant accepta ce mensonge et se laissa apaiser par les mots d'Hernia. Peu à peu, Morphée l'attrapa dans ses bras. Tout doucement, il sentit ses paupières se fermer, le cerveau arrêtait de réfléchir, son cœur battait moins vite. Sa mère attrapa les quelques couvertures qui se trouvait à portée de main, pour emmitoufler son petit. Avec une douceur maternelle, elle l'allongea sur ses oreillers. Elle posa un dernier baiser sur son front. Puis, elle partit.

C'était une nuit pleine de rêve et d'enrichissement pour le jeune héritier. Grunlek rêvait de passages secrets, de pièges à déjouer, de rencontres avec des fantômes ou d'autres vestiges du passé. Et puis d'une rencontre particulière. Celle d'un nain, comme lui, qui aurait découvert une autre entrée pour ce passage secret. Un nain qui certes avait ses deux bras et ses deux jambes. Mais qui acceptait d'être son ami. L'enfant s'imaginait qu'ils se donneraient rendez-vous toujours aux mêmes heures, pour se rencontrer. Pour discuter de leur vie, de pouvoir partager des jeux. Et puis, l'autre lui demanderait de venir voir le monde. Celui qu'il avait tellement envie de découvrir. Grunlek acceptera. Il demandera juste une dernière condition, d'aller raconter ce secret à sa mère. La seule personne qui l'a accepté avec ses faiblesses dans le château. L'autre acceptera avec plaisir, lui donnant rendez-vous le lendemain. Grunlek montera les marches quatre par quatre, arrivera au seuil de sa chambre. Il se rendra dans celle de sa mère. Il verra dans les couloirs des mines tristes, celles des servantes et des frères d'armes. Il se demandait ce qui s'était passé. Il verra son père à la porte de leur chambre. L'air sombre, vague et triste. Ce sera la première fois qu'il le verra dans cet état.

Tout doucement, il s'avancera vers son père, avec la peur au ventre. Il tirera délicatement une de ses manches. Le roi tournera le regard vers son fils, ses yeux empli de tristesse, de douleur et de peine. Le nain si grand aux yeux de l'enfant se mettra à genoux pour être à sa taille. Il l'entourera de ses grands bras fort avant de murmurer à l'oreille de l'enfant :

« Je suis désolé. Ta mère… Ma femme… La reine... nous a quittés ce matin. Viens avec moi, nous allons la bénir une dernière fois. »

À ces mots, les yeux de Grunlek s'ouvrirent. Sa respiration était haletante. Des larmes coulaient de ses yeux. Son visage était plus pâle que d'habitude. L'enfant regardait autour de lui, pour se rendre compte qu'il était dans sa chambre. Il semblait perdu. Était-il encore dans son cauchemar ? Dans un autre rêve ? Dans la réalité. La peur au ventre, il défit ses draps, il les jeta au sol, avant de courir dans les couloirs du manoir. Sans se soucier du regard des autres. Sans suivre le protocole royal, il courut dans la chambre de ses parents. Il ouvrit sans aucune délicatesse la porte et vit sa mère en train de coudre paisiblement sur son siège.

Étonnée par le brusque bruit, Hernia se tourna vers son fils. Elle vit l'inquiétude sur le visage de son enfant, qui se radoucissait en des traits rassurés.

Immédiatement la mère alla auprès de son fils et lui demander :

« Qui a-t-il Grunlek ? Que se passe-t-il ? Tu as l'air effrayé. »

L'héritier se sentait misérable d'avoir eu peur d'un tel cauchemar. Il semblait comprendre au toucher de sa mère qu'il était dans la réalité. Qu'il s'était montré faible devant tous. Qu'il avait tremblé, à la vue de tous. Tout doucement, il se mit à murmurer :

« J'ai… J'ai juste fait un cauchemar. J'ai cru… J'ai cru que tu étais morte. »

La mère de famille tapota le dos de son enfant, tandis que des pas lourds se firent entendre dans le couloir. Grunlek ignorait l'identité de la personne qui s'approchait de leur lieu. Il était heureux de voir que son sombre songe n'était pas réel avant d'entendre la voix dure et forte de son père.

« GRUNLEK VON KRAYN ! Quelle est cette attitude ! De courir ainsi dans les couloirs en pleurant et en tremblant comme une feuille ! Tu me fais vraiment honte ! Comment un nain comme toi pourrait porter le peuple à la prospérité si tu pleures au moindre cauchemar ! »

L'enfant ne voulait pas tourner son regard vers son père. Il se doutait que ce dernier était en colère contre lui. Pire encore, qu'il avait honte. Grunlek voulait se cacher. Ne plus entendre de telles paroles. Il n'entendit pas sa mère le défendre une nouvelle fois contre le patriarche. Il se sentit soulevé par son père. Ce dernier l'emmena loin de sa mère pour retourner une nouvelle fois dans sa chambre. Le roi continua avec une voix forte son serment à son fils.

Grunlek resta impassible. La bouche grande ouverte sans pouvoir émettre le moindre son. Il ne comprenait pas pourquoi son père était si froid avec lui. Il n'arrivait pas à admettre qu'il soit la honte de sa famille. Il ne comprenait pas les paroles prononcées par le patriarche. Tout ce qu'il accepta était d'être enfermé dans sa chambre jusqu'à nouvel ordre.

La porte claqua et le bruit d'un verrou se fit entendre.

Une profonde solitude s'ancrait dans son esprit d'enfant. Il n'était pas encore assez mature pour comprendre la raison de cette colère. Pas assez mûr pour apprendre de son erreur. Trop jeune pour peser l'action de ses actes. Comment cette action allait se répercuter sur son environnement.

Ce n'était qu'un jeune nain qui apprenait à connaître le monde. Et ce genre d'action le rendit pendant un moment interdit. Il ne bougea plus, ne pensait plus, il restait prostré sur lui-même. Encore sous le coups de son terrible cauchemar. Sous le poids de la peur de perdre un proche. De perdre sa mère.

Le temps défila lentement. Les larmes séchèrent sur son visage. La raison reprit le dessus.

L'enfant sécha ses larmes avec sa manche avant de se relever. Il attrapa un sac. Mit le maximum d'affaire à l'intérieur avant d'ouvrir le passage secret. Sans attendre il courut à l'intérieur pour ensuite refermer ce passage.

« Si on ne veut pas de moi ici, alors j'irai dans le monde extérieur. » pensait le jeune nain avant de s'engouffrer dans les couloirs du passage souterrain.

Avec une faible lampe, l'enfant marcha sur des pierres lisses. Les couloirs étaient étroits, sinueux et parcouraient le long des murs du château. C'était un nouveau monde qui s'ouvrait à lui. Un univers à explorer, comme il le faisait avec les livres qu'on lui offrait. Grunlek cherchait à comprendre d'une autre manière le monde qui l'entourait. Les murs qui l'enfermaient en temps normal étaient vus sous un autre angle. Il n'était pas devant le miroir, il n'était plus la personne qui observait son reflet, il était devenu le reflet du miroir. C'est lui qui observait les autres à leur insu. En secret. Par le biais de certains trous de lumières sur les parois.

Curieux par nature, Grunlek se hissa au maximum de sa hauteur pour apercevoir dans ces interstices les frères d'armes de son père marchant au pas dans les couloirs du château. Il pouvait tout voir, tout entendre. Intrigué, l'enfant continua son chemin pour aller dans les différentes ailes de la bâtisse.

Dans les cuisines où il aimait sentir l'odeur les plats préparés, il fut surpris de ne voir aucun serviteur. Avec beaucoup de prudence, Grunlek examina autour de lui. Il trouva non loin, une ouverture comme celle de sa chambre. Il rechercha à nouveau la pierre permettant l'ouverture de la porte secrète et en quelques minutes, il se retrouva au niveau des fourneaux. L'enfant pénétra dans ce lieu qu'il aimait tant pour aller chiper quelques provisions. Il enfourna des morceaux de pain, des fruits et des légumes. De la viande sèche pour manger le temps de sa disparition. Quand il entendit des pas revenir en sa direction, l'héritier entra à nouveau dans le passage secret et le referma. Il resta attentif à la scène qui allait se jouer devant les yeux. Deux serviteurs pénétra la cuisine.

« Tu n'as pas entendu du bruit Greta ? » demanda le premier.

« Non Hans. Je n'ai rien entendu. Cela doit être ton imagination. »

« Regarde ! Je suis sur que quelqu'un est passé par ici ! Il manque les morceaux de pain de notre déjeuner. »

« Bah ! Ça doit être des souris ou des rats. Ne t'inquiètes donc pas Hans. S'ils sont présents ici, c'est que nous manquons pas de faim, ni de protection. Et s'ils reviennent nous les abattrons. »

Grunlek souriait en voyant l'effet de sa petite balade. Armé de son sac à provisions, l'enfant se dirigea vers l'armurerie, afin d'aller chercher son épée en bois. Il ne pourrait pas vaincre quiconque avec, mais au moins, il se sentait plus à l'aise avec quelque chose pour le protéger. Car dans son esprit d'enfant, l'épée est le meilleur bouclier.

À pas feutrés, au rythme de la marche des frères d'armes, Grunlek avança dans la pénombre. Il n'entendit pas encore une alerte être lancée de la part des serviteurs ou de sa mère. Il en conclut que ces derniers n'avaient pas encore découvert sa fugue.

Sans grandes difficultés, l'enfant arriva à l'armurerie. Personne n'était présent encore une fois. Non pas que ce genre d'endroit était souvent désert. Mais Grunlek savait que son père faisait des points réguliers avec les différents serviteurs pour connaître les besoins de ces derniers, ainsi que leur projet. Ce roi si à l'écoute de son peuple, ne l'était pas autant pour sa famille.

Grunlek profita de l'occasion pour trouver un passage secret derrière une tenture. Il marcha à pas de loup jusqu'à son épée de bois avant de retourner dans le passage.

Maintenant équipé, Grunlek était prêt à affronter le monde extérieur. L'air fier, le regard curieux, il chercha l'origine du courant d'air qui sifflait dans les couloirs secrets. Son unique bras armé, il était prêt à découvrir ce qu'on lui a toujours caché.

A suivre...