Bonjour à tous et à toutes !

On reprend enfin la suite de notre histoire après un certain temps de pause pour récupérer de la folie du mois de Décembre huhu.

Merci encore à toute les personnes qui ont continué de suivre et lire les écrits.

Et c'est parti pour un nouveau chapitre.

Encore un gros Merci à Shueino pour la correction.

Bacciolino.


Chapitre 9 : Les adieux d'un passé révolu.

« Et un jambonneau pour la 16 ! » hurla un serveur dans l'auberge où un nain était aux fourneaux.

« C'est prêt ! Vous pouvez servir ! » siffla Grunlek avec sa tenue de cuisinier.

Cela faisait plusieurs années que Grunlek Von Krayn avait quitté Eduard de Silverberg pour continuer sa découverte du Cratère, peuplé essentiellement d'humain et de quelques rares autres créatures. Notre nain mécanicien et cuisinier avait commencé par voyager de ville en ville, proposant ses services aux plus offrants afin de lui garantir la suite de son voyage et le moins qu'on puisse dire, c'était qu'il était doué dans les tâches manuelles. Celui qui cachait ses origines royales savait parfaitement manier la louche et la poêle pour préparer des plats pour les voyageurs et les habitants des différents lieux visités.

Grunlek ne restait pas très longtemps dans les différentes bourgades, un jour dans une petite ville de dix habitants, un autre jour une capitale. Les cuisines étaient différentes, mais le passionnaient également. Il aimait découvrir les différents types d'épices, les spécialités locales, les ustensiles et les techniques.

Il rencontrait la population locale, écoutait les mégères en train de raconter leurs ragots, s'instruisait des différentes recettes des mères de famille, décortiquait les messages codés que les anciennes pouvaient utiliser pour parler de leur recette d'enfance.

À force d'entendre et d'écouter, Grunlek avait amassé une masse d'informations concernant la cuisine et quoi de mieux que des petites auberges pour tester ces-dits plats et ainsi amasser plus d'expérience. Souvent, il proposait aux gérants de lui offrir un gite dans leur auberge et une partie de salaire en échange, pendant un temps donné, il participait à la vie de la cuisine. Bien sûr notre ami nain n'allait pas dans n'importe quelle auberge, souvent, il s'agissait de lieux où le cuisinier était absent, malade ou temporairement indisponible. Alors notre ami Grunlek s'armait de ses vêtements de cuisinier, des ustensiles à sa disposition, de son carnet de recette et passa près des flammes pour préparer les petits plats.

Rarement les clients étaient déçus, peut-être lors de ses débuts, où il manquait parfois d'assaisonnements. Au fil du temps, les voyageurs et mercenaires arrivaient dans les différentes auberges où il passait pour savourer les différents plats qu'il proposait.

Certains gérants lui proposèrent même de rester dans leur auberge en échange d'un bon salaire et d'une place définitive dans cette bâtisse.

Cependant, le désir de voyager était plus fort que tout. Grunlek refusa ces propositions. Il préférait partir avec des compagnons parcourir les terres et les merveilles de la nature. Partir rencontrer d'autres personnes. Il ne voulait plus rester enfermé. Il était libre de choisir sa destinée.

Quand il n'était pas derrière les fourneaux, Grunlek était en vadrouille en tant que mercenaire, soit pour protéger des marchands pour se rendre à une ville, soit pour amener un objet. Il était souvent sollicité dans les auberges où il travaillait, des missions qui le faisaient voyager dans d'autres univers, des parcours qui lui permettaient de trouver de nouvelles denrées et de nouvelles saveurs à ajouter dans ses plats.

Sur ses routes, il avait même appris la recette de l'araignée à la braise ou encore du ragoût de rat. Un délice pour le palais, bien que mal vu par la population.

Cependant ces petits mets étaient succulents à préparer au cours des voyages, peu d'ingrédients à transporter, il se servait de tout ce qu'il avait autour de lui. Juste son matériel dans le dos et le tour était joué.

Certains des voyageurs étaient curieux de ces expériences gustatives, d'autres préféraient se contenter de jeûner ou de s'empiffrer de leurs provisions achetés dans les villes.

Qu'importe, le nain aimait se servir de ce qu'il avait sous la main pour nourrir ses troupes. Les vivres ne devaient jamais manquer.

Les années s'écoulèrent lentement, Grunlek avait toujours une petite nostalgie de sa vie en groupe avec Florence et Eduard, cette petite vie pour la protection des Kory et des Lennon. Notre ami nain ne laissa pas emporter par ses sentiments, il devait tourner la page et accepter le départ de ses amis, des personnes qui l'avaient accueillis, lui avait offert des sentiments magiques et inoubliables. Il ne les oublierait jamais. Seulement, la perte des êtres lui était plus profonde. Il savait qu'il ne pourrait pas avoir une aussi longue espérance comme les êtres de sa race. Cela le peinait, mais il avait finalement accepté sa part de lui-même.

Il n'espérait pas un jour retrouver un groupe aussi soudé que celui qu'il avait rencontré. Si bien, qu'un jour où il traversait une forêt pour se rendre dans un nouveau village, Grunlek entendit une conversation qui lui rappela des anciens souvenirs.

« Oui. Je vous le répète. Shinddha Kory, le fils de Yuki Kory est en vie. »

La voix était jeune, méconnaissable pour le nain. Il ne l'avait jamais entendu, pourtant à l'évocation du nom de son ancien protégé, Grunlek tourna sa tête vers l'origine de la discussion. Il s'approcha lentement, avant d'entendre une voix qu'il reconnaissait.

« Je comprends Aztragoz. Je vais vous aider à retrouver ce demi-élémentaire. Nous avions échoué dans notre mission de protection. Mais nous pouvons sans nul doute le retrouver et l'aider à nouveau. »

« Eduard de Silverberg ! » souffla Grunlek, en interpellant l'homme.

Le paladin était plus âgé, il avait visiblement pris quelques rides et ses cheveux étaient légèrement grisonnants. Il souriait à la vue de Grunlek, tandis que l'inconnu prépara à dégainer ses armes.

« Mon ami Grunlek, quelle joie de vous revoir. Les coïncidences sont étranges mais nous aurions besoin de vous pour notre mission. Aztragoz, vous pouvez ranger votre arme. Voici Grunlek, un ami nain qui était avec nous quand nous essayons de protéger la famille Kory et la famille Lennon. Grunlek, je vous présente Aztragoz, fils de l'air, nomade de la troupe qu'avait fondé Florence. »

Le demi-élémentaire de vent baissa la garde et salua correctement le nain.

« Je vous prie de m'excuser, pour la menace de mes armes. J'ignorais que vous étiez LE Grunlek. Celui dont parlait notre matriarche. »

Les yeux du mécanicien se détournèrent des deux hommes, pour voir au pied d'un arbre un adolescent avec une toge rouge en train de dormir paisiblement. Ces longs cheveux ondulés noisettes et sa peau blanche et fine lui donner un visage efféminé. D'autant que son corps paraissait frêle et fragile. Le nain comprit qu'il ne s'agissait pas devant lui de Shinddha Kory. L'être endormi n'avait pas les traits orientaux de Yuki Kory.

« Tu dois te demander de qui il s'agit ? » souriait Eduard en observant dans la même direction.

« C'est Balthazar Octavius Barnabé Lennon et oui, le petit enfant a bien grandi. Il est actuellement à l'académie des mages à la tour Rouge. J'ai décidé de prendre sous mon aile ce petit et de devenir son tuteur. »

Grunlek sentait une bouffée de nostalgie l'envahir. Le petit bambin qu'il avait pris dans ses bras, cet être qui avait tiré si fort sur sa barbe, ce demi-diable, puisqu'il connaissait son secret, si faible, si fragile, avait réussi à survivre. Eduard avait su le prendre en charge. Le préserver de sa partie démoniaque et de développer ses pouvoirs. Rapidement, le regard de Grunlek se détourna de l'être paisible qui dormait pour demander.

« Vous avez parlé de Shinddha Kory. Il serait en vie ?! »

Aztragoz hocha de la tête positivement avant de reprendre la parole.

« Oui. Je suis actuellement au service d'un riche marchand. Ce dernier souhaite s'emparer de pouvoirs bien trop puissants pour lui. Il a voulu m'attraper, en tant que demi-élémentaire de l'air pour utiliser mes pouvoirs pour régner sur le monde. Il voudrait aussi attraper le fils des Kory, qui est revenu à la vie en tant que demi-élémentaire d'eau et votre petit protégé, le demi-diable de feu. »

Grunlek connaissait les principes des demi-élémentaires. Il avait connaissance que certaines de ces créatures avaient été touché par la grâce divine, en effet, certains humains aux portes de la mort purent recevoir ce cadeau des demi-élémentaires. Abandonnant une partie de leur humanité pour s'approcher des créatures les plus puissantes que le cratère puisse porter. À ces mots, Grunlek comprit que Shinddha était mort une fois. Aussitôt une multitude de questions arrivèrent dans son cerveau, avant qu'il ne puisse en évoquer une, le demi-élémentaire de l'air expliqua la situation.

« J'ai assisté à la transformation de Shinddha Kory. Sa renaissance en demi-élémentaire. J'avais été engagé au départ pour commettre cet affreux crime par cet imbécile. Ce dernier n'avait pas prévu que Shinddha devienne un tel être. Il ne voulait que les terres de Yuki et Lucia Kory. Il voulait exploiter le tout pour devenir riche. Alors qu'il préparait ses plans, un groupe d'individus sont venu lui proposer un plus gros marché : éliminer l'ensemble des habitants de cette famille et ne pas laisser de lien avec le marchand. Aucune richesse n'avait été demandé. Rien de supplémentaire. Orgueilleux, cet homme a accepté le contrat et laisser les assassins tuer tous les membres de cette famille.

Il m'avait cependant chargé de les surveiller et de m'assurer que le travail été bien fait, ainsi que de connaître ce groupe en profondeur, afin de se protéger d'eux. Ce que j'ai vu était effroyable. Mais je crois que vous le savez déjà. Je ne pouvais pas agir, au risque d'annuler tout le travail. J'étais incapable de pouvoir les aider. J'étais arrivé trop tard pour les sauver. Mais je l'ai vu, lui Shinddha, sortir des flammes. Blessé, meurtri. Et puis, une aura aqueuse l'avait envahi. Une créature informe s'était approché de lui, l'emportant vers un lac et l'entrainant vers le courant. Je l'avais suivi pour découvrir ce qui allait lui arriver. Pendant des jours j'ai erré avant de voir, un groupe d'amazone accueillir le demi-élémentaire qu'il était devenu dans leur clan. Il était encore inconscient, mais bien vivant. Je suis allée faire mon rapport à cet orgueilleux. J'ai découvert que les assassins étaient une ancienne guilde de tueur à la solde de ceux qui veulent les payer. J'ai découvert son passé et le lien avec Eduard de Silverberg par les carnets de la matriarche Florence. Je l'ai retrouvé après des années aux côtés de la fille de cet intendant. Il se fait passer pour un joueur chevronné. Et je crains qu'il ne tombe entre de mauvaises mains. Ou pire encore, qu'il ne laisse parler sa partie élémentaire et perde toute humanité. »

Grunlek assimila tant bien que de mal toutes les informations. Ce qu'il avait saisi de plus important était que Shinddha était en vie et qu'il était en danger.

« Que puis-je faire pour vous aider ? » demanda le nain.

« Je vais partir avec Aztragoz chez le marchand. Nous nous apprêtons, avec l'intendant de la ville et quelques connaissances, à attraper cet homme et l'enfermer dans les prisons de l'église de la Lumière. Peut-être pourra-t-il nous révéler des indices supplémentaires sur les assassins. J'aurai besoin de vous, mon ami, pour veiller sur B.O.B. Nous ne savons pas ce que les nuits nous réservent, ni si son démon ne va se réveiller. »

Le mécanicien regarda jeune qui dormait si paisiblement malgré les bruits aux alentours.

« Il ne vaut-il pas mieux que tu restes à ses côtés Eduard ? Si ce dernier se réveille… » commença le nain.

« Je lui ai fait boire un petit somnifère avant de partir. J'ai gardé les informations sur son possible enlèvement secret à sa famille. Cependant, j'ai averti l'académie des mages que nous risquions d'arriver plus tard que prévu. Il ne devrait pas se réveiller avant demain matin. C'est pour cela que j'aurai besoin que tu veilles sur lui. Les autres nomades sont partis sur d'autres affaires. Et je sais que je peux te faire confiance. »

Grunlek finit par accepter la mission de protection du demi-diable. Il laissa partir le nomade et le paladin en mission de sauvetage du demi-élémentaire d'eau.

Le cuisinier était désormais seul avec le Lennon. Il ne savait pas trop quoi penser. Que dire, que faire avec ce jeune homme. Il essayait de s'imaginer comment devait être la vie d'un mage, demi-diable. Comment devait-il vivre sa nature si particulière ? D'autres personnes ont-ils découvert son secret ? Qu'avait-il pu subir comme douloureuse expérience ? Pour s'occuper et rester en alerte, Grunlek alluma un léger feu afin de préparer quelques rations, quelques plats pour se nourrir et reprendre des forces. Il prépara une seconde portion pour cet adolescent endormi.

Puis, il s'en approcha, examina un peu plus en détail le visage du pré-pubère. Un visage si fin, si délicat. Une apparence frêle et fragile sous un sourire délicieux. Les cheveux de l'adolescent couraient le long de la courbe de son visage. Grunlek pouvait voir, à ses fines mains, qu'il n'y avait pas de trace de travail manuel, par contre des brûlures étaient visibles parfois sur ses bras, ou ses doigts, sans nul doute par les échecs de certains sorts lancés.

Soudain, un petit craquement de bois se fit entendre. Grunlek s'arma de son bras mécanique, prêt à attaquer l'intrus qui oserait les approcher. Ses yeux habitués à la nuit observaient la moindre silhouette suspecte. Il décela l'inconnu à quelques mètres de lui. Son arbalète fut chargée, prête à décocher son premier carreau. Il ne voulait pas faire de blessures, mais inciter l'inconnu à se montrer.

« Rangez cette arme, maître nain ou devrais-je dire : Ex-Prince Grunlek Von Krayn. »

Grunlek baissa son arme en voyant plus discernement les traits de l'individu. C'était l'homme dans la montagne qui l'avait guidé vers la maison de l'alchimiste. Le même qui l'avait prévenu des années auparavant que les humains n'étaient pas charmants avec les êtres de son espèce. Il n'avait pas pris une ride, comme si le temps n'avait nullement d'effet sur lui. Ses yeux étaient fixés sur Grunlek avant de se tourner vers B.O.B.

« Qu'est-ce que vous êtes venu faire ici ? Et puis qui êtes-vous à la fin ? »

Le dandy marcha en direction de l'adolescent, la main tendue vers lui pour essayer de la mettre dans ses cheveux. Rapidement Grunlek s'interposa en attrapant le poignet de ce dernier, le regard sombre et la mine sérieuse.

« Je ne vous laisserai pas toucher à ce gamin. Je vous ai posé des questions ! Répondez-moi ! »

Le dandy sourit en voyant Grunlek protéger ainsi un adolescent qu'il ne connaissait que depuis peu. Les yeux de cet être rougeoyèrent, signe d'appartenance à la race des démons. Une puissance immense se libéra aux côtés du nain, qui comprit qu'il n'était pas face à un demi-diable. Mais bien a un être supérieur. Plus puissant et fort que ne le sera le jeune Balthazar Octavius Barnabé Lennon.

« Mon nom ne vous sera d'aucune importance. Vous le découvrirez bien assez tôt. Puisque vous désirez que je laisse tranquille ce demi-diable, je vais vous laisser. Nous nous retrouverons. »

Sans plus d'explication, le dandy parti dans les hautes herbes et en quelques secondes disparut en fumée. Grunlek avait une partie des réponses à ses questions. Pourquoi cet être avait-il pu le voir dans la brume de neige, comment il le connaissait et surtout qu'il avait un lien avec les diables comme B.O.B. Le nain hésitait à expliquer à Eduard son aventure avec le diable. Il n'avait aucun nom. Juste une description physique. Le mécanicien se demandait si ce dernier n'avait pas d'autre apparence quand il rencontrait d'autres personnes. Qu'il utilisait cette forme uniquement pour être avec le prince des nains.

Le temps défila à une vitesse incroyable. Grunlek fut rejoint par des nomades puis par Eduard et Aztragoz. Il remarqua rapidement le jeune adolescent qui était installé, complètement épuisé, les yeux rougis par les larmes. Il comprit qu'il s'agissait de Shinddha Kory. Le fameux enfant survivant de Yuki. Le nomade attrapa l'adolescent dans ses bras tandis qu'Eduard prit sous son aile le Balthazar assoupi.

« Il ne s'est rien passé de particulier ? » demanda le paladin.

« Non. Rien de spécial. » menti le nain. Il ne voulait pas avouer qu'un démon était entré en contact avec eux. Il n'avait pas suffisamment d'éléments à donner à Eduard, par ailleurs, ce dernier n'avait commis aucun méfait, ni envers le nain qui l'avait guidé dans son passé, ni envers le demi-diable.

Les retrouvailles furent de courte durée. Le paladin remercia le nain, ajoutant qu'il restait disponible si ce dernier avait besoin d'aide, les nomades emportèrent le jeune demi-élémentaire dans leur campement. Grunlek reprit quand à lui sa route, solitaire, pendant quelques années.

Un voyage pour approfondir ses connaissances en matière de mécanique et de cuisine, également en tant que mercenaire. Auprès des hommes et des femmes, il apprit à utiliser son bras mécanique pour user de sa force sur la terre. Il apprenait à maîtriser la force de son bras. Son arme ultime contre ses ennemis, des nouvelles compétences qu'il n'avait pas imaginées. Il déployait un bouclier pour se protéger des attaques ennemies. Il forma avec l'aide de ses mécanismes et de ses gemmes de pouvoirs, une sorte d'arbalète aux carreaux imposants et efficaces. Sa force se décupla quand il chargeait son poing sur le sol, faisant trembler la terre et désorientait ses ennemis.

Il n'aimait pas tellement les armes. Son corps était une arme, son bras mécanique était surpuissant et Grunlek sentait qu'il avait encore beaucoup de potentiel à explorer.

Les années défilèrent comme une brise douce et légère. Les douleurs et tristesses s'étaient atténuées, de temps à autre, le nain retrouvait son ami paladin pour discuter de tout et de rien. Grunlek avait appris que Balthazar Octavius Barnabé était doué dans sa magie. Ils avaient peu de nouvelles de Shinddha et qu'Eduard était inquiet pour son neveu.

« Cet adolescent est sous la tutelle du professeur de mon frère décédé. Il nous a avoué que ce petit ne pourra pas être paladin de la lumière. Que c'était les derniers souhaits de son père. Cependant, je n'en crois pas un mot. Mon frère rêvait de voir son fils marcher dans ses pas. Il espérait être à ses côtés lors de leur première bataille. Mon frère était peut-être souvent absent, froid et autoritaire. Mais ce n'était qu'une façade. » Souffla Eduard.

« Qu'est-ce qui t'empêche de t'approcher de lui alors ? »

« C'est ce maître d'armes qui en a la tutelle. Il a éloigné mon neveu de l'église de la lumière. Il l'élève comme son fils, tout comme il l'a fait avec mon frère. J'ai l'impression qu'il est un père avec lui, qu'il veut le protéger du danger qui le menace. Cependant… Je n'ai pas de preuves m'indiquant que je suis dans le vrai ou non, concernant les dernières volontés de mon frère. »

Grunlek senti la détresse du paladin. Et alors qu'ils sortaient tous deux de l'auberge dans laquelle ils discutaient et qu'Eduard se préparait à reprendre la route pour aller chercher B.O.B, quelqu'un le percuta. Il se retourna pour découvrir Aztragoz.

"Ah, je suis désolé." S'excuse l'inconnu contre l'armure blanche du paladin.

"Est-ce que tout va bien ?" demande le percuté avant de reconnaître Aztragoz. "Vous êtes le nomade qui..."

"Seigneur Eduar de Silverberg ?" s'étonne le fils de l'air en regardant l'intéressé, avant de remarquer Grunlek.

Une nouvelle discussion s'engagea. Ils parlèrent tous les trois du jeune Shinddha qui avait grandi et qui allait passer la dernière épreuve pour l'indépendance.

"Vous voulez que dans 6 jours, je parcoure la forêt pour aller vers l'académie des mages. Afin de laisser Shinddha me suivre, si je comprends bien ?"

"Oui. En échange, vous pouvez me demander ce que vous désirez. Étant nomade, je vous aiderai dans une de vos missions."

L'homme de lumière accepta à quelques conditions.

«J'ai deux aveux à vous faire. Le fils de mon frère... Il y a quelques années, alors que ce dernier est revenu de la guerre, ou du moins son corps. Dans son testament, il a été demandé que Théo ne parte pas dans les ordres de paladin de la lumière. Cependant, Théo refuse d'écouter notre précepteur. Il souhaite rejoindre les inquisiteurs afin de continuer la lignée de notre famille. J'ai moi-même un fils et je ne souhaite pas qu'il reproduise mon chemin. Je l'ai éloigné de moi. Je suis resté à l'écart pour aider ce petit pyromage. Mais... Nous avons échoué."

Grunlek senti cette faiblesse dans la voix d'Eduard. Il comprenait son inquiétude, sa détresse quant à cette situation pour le moins étrange.

"Je vous aiderai comme je le pourrais. Faites-moi confiance."

"Cependant, je souhaite aussi poser une seconde condition. Si Shinddha part en solitaire, il risque d'être la proie d'autres églises. Je vous propose messieurs d'agir différemment. J'ai sous ma tutelle un jeune mage, Balthazar Octavius Barnabé, il est pour le moment enfermé dans le monde de l'académie des mages. Je voulais lui faire connaître un peu le monde lors d'une sortie exceptionnelle. Il n'a pas eu une enfance facile, mais possède des pouvoirs impressionnants. Il est très sociable et surtout prêt à rendre service. Je l'ai senti assez fatigué ces derniers temps, et découvrir le monde lui fera un grand bien. Shinddha aura besoin de s'adapter un peu plus à la civilisation, ce que possède notre mage. Le demi-élémentaire sera se défendre s'il finit son épreuve et pourra aider Balthazar dans son périple. Bien sûr il faudra quelqu'un pour les chapeauter et je pensais que vous, mon ami Grunlek, vous seriez le candidat idéal pour être un ami avec eux. Ils sont encore jeunes et n'ont pas beaucoup d'expériences dans certains domaines. Vous avez parcouru le monde, vous avez l'esprit ouvert et surtout j'ai une entière confiance en vous. Vous savez vous défendre. Vous nous avez aidés. Vous pourriez former un groupe d'aventuriers ensemble et peut-être vous pourriez rencontrer mon neveu et l'entraîner avec vous sur les chemins le temps de quelques quêtes. »

L'idée de la formation d'une nouvelle équipe semblait plaire au nain, surtout qu'il avait déjà rencontré les deux jeunes quand ils n'étaient que des nourrissons, qu'il connaissait les parents de Shinddha, qu'il n'avait pas peur des démons pour Balthazar.

« Je suis d'accord pour cette idée. Avoir un peu de compagnie sur ma route me fera un plus grand bien. » souriait Grunlek.

« Bien. Je vais me mettre en selle pour aller chercher Balthazar. Je pense que d'ici quelques jours, je serais à l'académie des mages. Grunlek, partez en avant. Attendez-moi là-bas. Je ferais passer cet examen à ce jeune homme et ensuite, nous nous regrouperons devant la capitale pour vous permettre de vous rencontrer et organiser votre prochain voyage. »

Les dispositions prises, Grunlek parti en direction de l'académie des mages. Il savait qu'il devrait y rester plusieurs jours, cela ne l'effrayait nullement. L'attente lui paraîtrait courte, si à la fin de cette dernière une immense récompense viendrait se joindre à lui : des nouveaux compagnons de voyage. Une autre manière de partir à l'aventure. La joie dans le cœur il traversa cette fameuse forêt.

A suivre...