Bonjour à tous,
Vous avez été un certain nombre à le demander et bien voilà : la suite d'Eridan.
(Comme quoi le harcèlement à du bon).
Nous vous souhaitons une bonne lecture,
Yunoki & Baderoh.
Harry était de nouveau seul dans la chambre. Après le départ de Voldemort, un grand silence gêné s'était installé dans la pièce. Harry s'était mis à loucher sur ses doigts entrelacés à ceux de Bellatrix. Il n'avait pas réalisé qu'il les tenait avant, cherchant inconsciemment un quelconque soutient peu importait d'où il provenait et maintenant qu'il s'en apercevait il n'osait pas les retirer, mais le contact le crispait. La jeune femme finit par s'en apercevoir, son sourire disparut immédiatement, remplacé par une expression peinée. Elle finit par lâcher ses doigts à contrecœur, tandis que Harry se décrispait légèrement. Le silence était pesant dans la pièce, étouffant, si bien que ce fut comme une bouffée d'air frais lorsque Snape prit la parole de sa voix froide :
– Bon ! Maintenant que plus personne n'a de doutes sur mes capacités en potion, peut être que nous pourrions le laisser se reposer ? Le changement lui a demandé beaucoup d'énergie. Il est tellement fatigué qu'il doit à peine comprendre un mot sur deux. Quoique ça ne change pas trop de d'habitude… Mais quoi qu'il en soit il a besoin de repos, laissez le pour le moment, il ne va pas s'enfuir, finit Snape d'un ton cynique.
Bellatrix se leva sans un mot et sortit de la pièce non sans un dernier regard triste vers son fils, Rodolphus la suivit, après avoir posé une main compatissante sur l'épaule du garçon :
– La situation est complexe pour chacun de nous, dit-il d'une voix posée, prend le temps de te reposer. Nous parlerons le moment venu.
Snape semblait vouloir lui parler, mais Drago n'avait pas l'air de vouloir quitter la pièce. Après quelques secondes à attendre, le professeur soupira et quitta la pièce après avoir lancé un regard sombre au brun.
Une fois que le plus vieux fut parti, le blond se précipita au chevet de Harry :
– Est-ce que ça va aller ? demanda t il d'un ton doux.
– Je ne sais pas, je me sens perdu, murmura Harry d'une voix faible.
– Bella est vraiment inquiète, elle est terrifiée à l'idée que tu la rejettes, pareil pour Rodolphus même si c'est moins évident chez lui.
– J'aurais toutes les raisons de les rejeter, murmura Harry la voix cassée.
Il marqua une pause, une grimace déformant son visage :
– Elle a tué mon parrain, assena t il, fataliste.
Drago grimaça à ses mots :
– Harry, je connais Bellatrix, c'est ma tante je te rappelle. Je ne vais pas te mentir et te dire que c'est une personne facile à vivre. Elle ne l'a jamais été, et elle l'est encore moins depuis Azkaban. Mais elle est bien plus que ça. Tu ne la connais pas, pas vraiment…
– Je sais ce qu'elle a fait Drago ! Aux Longdubat, à Sirius …
– Nous sommes en guerre Harry, s'exclama le blond, je peux te citer des noms de Mangemorts qui ont été tué par les Potter ! Et leurs vies valaient tout autant que celles des Londubat et de Black ! Nous sommes en guerre ! Tout le monde a du sang sur les mains !
Harry resta muet à ces mots, pinçant les lèvres :
– Repose toi, soupira finalement Drago face au mutisme du garçon. Réfléchis à tout ça, d'accord ?
Le brun hocha la tête tandis que Drago sortait de la pièce sur un dernier sourire désolé.
Depuis son départ Harry était resté pensif. Il était fatigué certes, il avait même l'impression d'être courbaturé de partout, découvrant ainsi l'existence de nouveaux muscles. Mais trop d'informations circulaient dans son esprit, le gardant éveillé.
D'abord le comportement de Voldemort, il ne comprenait pas pourquoi celui-ci ne l'avait pas tué, la façon dont il s'était comporté n'avait aucun sens aux yeux du brun. Ensuite la façon dont tout le monde l'avait traité de façon générale. Il avait un peu parlé à Drago et avait beaucoup apprécié. Le blond c'était révélé bien différent de ce qu'il connaissait à Poudlard. Peut être trop, pensa le brun en fronçant les sourcils, méfiant. Mais le souvenir de la main tendu du blond quelques heures auparavant lui revint. Il était perdu, il ne savait pas quoi penser du Serpentard, mais à vrai dire ce n'était pas le pire. Snape aussi s'était montré sympathique, enfin quand on le comparant à la façon ont il se comportait à Poudlard. Quant aux Lestrange, il les avait trop peu vu pour se faire une idée, même si Rodolphus – son père !- semblait être le genre de personne qu'il appréciait.
Ironiquement, pensa le garçon avec un sourire désabusé, c'était ici et maintenant, alors qu'il était dans l'antre de ses ennemis et avec la ferme intention de mourir qu'il se sentait le plus en sécurité.
La fatigue commençait à peser sur lui. Ses paupières étaient lourdes et il ferma doucement les yeux, se concentrant sur les sons ambiants. C'est bercé par le tic-tac de la pendule que le garçon sombra dans le sommeil.
C'est une étrange intuition qui le tira doucement de l'inconscience. Lorsque soudain un craquement retentit, le garçon sursauta, cherchant d'une main hagarde ses lunettes et sa baguette à coté de lui, manquant de tomber de son lit:
– Monsieur Lestrange Monsieur, je suis désolé, Ywie ne voulait pas vous faire peur Monsieur, couina une petite voix affolée.
Harry se tourna vers la voix, réalisant par la même occasion qu'il n'avait plus besoin de ses lunettes. Un petit elfe, enveloppé dans sa toge crasseuse le regardait d'un air terrifié :
– Désirez vous que Ywie se punisse, Monsieur, couina le petit être.
– Non je te l'interdit, ordonna Harry alors que l'elfe commençait à empoigner sa lampe de chevet, que puis-je pour toi ?
– Le Lord, Monsieur. Le Lord a demandé à Ywie de vous prévenir que vous étiez attendu pour le souper, Monsieur. Ywie va vous conduire, Monsieur, finit l'elfe en reposant la lampe.
– Je vois, grogna Harry en s'asseyant, attend moi j'arrive.
Le garçon s'assit en grimaçant au bord du lit, son corps le faisait souffrir. Il esquissa un pas incertain, il avait peur que ses muscles le lâchent. Il réussit à se traîner jusqu'à la salle de bain attenante à la chambre pour se rafraîchir. Il se passa le visage sous l'eau fraîche, jetant un coup d'œil craintif au miroir. C'était bien le même visage que celui qu'il avait vu tout à l'heure, son cœur se serrant en croisant le regard si semblable à celui de son parrain. Les yeux bleu glace étaient entourés de cernes et les fines lèvres étaient pincé.
Le garçon sortit de la salle de bain en soupirant :
– Ywie a emmené des vêtements pour le jeune maître, couina l'elfe en lui les tendant.
– Je n'ai pas besoin…
Harry se tut en s'apercevant que ses vêtements étaient devenus trop petits, il avait grandit d'au moins une dizaine de centimètres selon ses estimations. Il devait faire un peu moins d'un mètre quatre-vingt maintenant.
Il prit donc les vêtements en remerciant le petit elfe et retourna dans la salle de bain pour se changer. Il s'aperçut en se déshabillant qu'il était également devenu plus large d'épaule, mais il restait toujours aussi mince, son corps marqué par les nombreuses privations de sa famille moldue. Il se dépêcha d'enfiler le pantalon noir à bordures vertes et la chemise grise au col montant, faite d'un tissu épais orné de volutes noires.
– Typiquement Serpentard, sourit Harry en attachant les boutons dans son cou.
Il se dépêcha de sortir et suivit Ywie dans le dédale de couloirs du manoir Malfoy. L'elfe le conduisit au rez-de-chaussée, dans une grande salle à mangé où de nombreuses personnes se trouvaient déjà attablées. Harry reconnut Narcissa Malfoy, qui le salua d'un sourire, elle était assise à coté des Lestrange, de l'autre coté de la table Drago lui fit un grand sourire avec un léger signe de main, assis à coté de lui, Snape lui lança un regard noir.
Le garçon s'assit avec un sourire d'excuse à coté de Drago, remarquant qu'il restait une place de libre en bout de table, tandis que les conversations reprenaient.
– Comment te sens-tu ?, demanda Drago.
– J'ai encore mal, mais ça ira, ne t'inquiète pas, répondit le brun.
– Ne vous surmenez pas, grogna Snape, je ne suis pas votre nourrice. Je refuse d'être dérangé parce que vous étiez trop bête pour reconnaître vos limites.
Harry fronça les sourcils à ces mots, avant de réaliser ce qui le dérangeait : personne ne s'était adressé à lui par son prénom et encore moins par son nom. Venant de Snape, qui ne perdait habituellement aucune occasion pour prononcer son nom avec le plus de dédain possible c'était étrange.
– Comment trouvez-vous la chambre ?, demanda doucement Narcissa.
– Heu, à vrai dire je n'ai pas vraiment eu le temps de … l'admirer. Mais en tout cas le lit est très confortable, répondit Harry avec un sourire d'excuse.
– J'espère que vous vous y sentirez bien, répondit la blonde avec un sourire, votre nouvelle apparence… Elle est vraiment très typique des Black.
– Oh ! C'est vrai, je pense aussi ! Mais je trouve des ressemblances avec Drago aussi !
– C'est normal, vous êtes cousin après tout !
Le brun jeta un coup d'œil à Drago. Quand on les regardait c'était évident qu'ils étaient de la même famille, ils étaient comme le négatif l'un de l'autre. Harry sourit en réalisant pleinement que le blond faisait parti de sa famille. Il regarda la table et réalisa en souriant qu'il s'agissait de sa famille, sa vrai famille.
Son regard s'arrêta sur Bellatrix, et il ne put s'empêcher de la revoir, à peine quelque jour plus tôt, son visage illuminé par l'éclair rouge, tandis que Sirius sombrait à travers le voile. Il grimaça, il ne savait pas comment réagir face à elle, il la haïssait, c'était certain, mais l'image qu'elle lui renvoyait maintenant était bien différente de ce qu'il s'était imaginé.
Quant à Rodolphus, il ne le connaissait pas, avait-il à peine entendu parler de lui, il était éclipsé par le charisme de sa femme. Mais l'homme semblait froid et digne, presque distant. Pourtant quand Harry croisa son regard il put voir que l'homme était soucieux, celui-ci esquissa une ombre de sourire à son adresse que Harry lui rendit tant bien que mal.
– J'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre.
Voldemort entra dans la pièce dans une envolée de cape, et s'assit au bout de table, à coté de Harry Le garçon jeta un coup d'œil furtif au Lord assis à coté de lui. Celui-ci lui renvoya un sourire condescendant qui agaça immédiatement Harry. L'homme ne lui faisait plus peur. Il avait eu l'occasion de le tuer, maintenant il avait d'autre plans, il en était sûr. Le Lord ne lui ferait aucun mal, du moins physiquement….
– Harry vient d'arriver, nous allions commencer, sourit Narcissa tandis que de nombreux plats apparaissaient sur la table.
– Bon et bien bon appétit, déclara Drago avant de se jeter sur la nourriture.
Harry l'observa avec un sourire, tout le monde devisait gaiement autour de la table, Snape et Drago parlaient potions à coté de lui, il n'en comprenait pas un mot. Il sentit un regard inquisiteur sur sa nuque et se retourna. Voldemort l'observait, l'air pensif. Leurs regards se croisèrent et le Lord lui sourit de nouveaux, un sourire dangereux qui ne disait rien qui vaille au garçon :
– Qu'en pensez-vous Harry ?
Le brun se tourna vers Narcissa :
– Je vous demande pardon ?
– Nous pensions prendre le thé ensemble demain, en début d'après midi. Vous pourriez vous joindre à nous !
– Oh ! Oui, pourquoi pas !
– Je pourrais te montrer les écuries demain matin, proposa Drago enthousiasme, on a plein d'espèces différentes, tu vas adorer.
– Oh … D'accord, sourit le brun, ça sera avec plaisir.
L'ambiance était détendue, Harry se surprit à penser qu'il passait une bonne soirée. Il parlait avec Drago et Snape, celui ci lui parlait presque normalement. Narcissa essayait de temps en temps de l'inclure dans la conversation avec Bellatrix. Rodolphus et Voldemort quant à eux restaient silencieux, mais Harry voyait bien qu'ils écoutaient tout, ne perdant pas une seule miette des conversations.
Le repas se finit tranquillement, même si Harry évitait résolument la conversation avec les Lestrange. Finalement, chacun finit par se retirer, Harry se retrouva à errer seul dans les couloirs cherchant en vain sa chambre, ouvrant de temps en temps une porte sans parvenir à la retrouver. Après avoir ouvert une énième porte, le garçon jura : Il aurait dû demander à Drago de le raccompagner. Il se sentait idiot maintenant à errer ainsi dans cette grande demeure. Mais quelle idée aussi d'avoir une maison aussi grande, grogna le brun, à quoi servaient autant de pièces ?
– Vous devriez regagner votre chambre vous ne croyez pas ?, souffla une voix juste derrière Harry tandis qu'une main se posait sur son épaule.
Le garçon sursauta, il n'avait rien entendu. Il se retourna pour se retrouver quasiment nez à nez avec Voldemort (ou ce qu'il lui restait de nez).
– Vous m'avez fait peur !
– Ce n'est pas comme si c'était la première fois n'est ce pas, sourit l'homme, Pourquoi n'êtes vous pas dans votre chambre ?
– Il faudrait que je la trouve d'abord, grogna le garçon, mais cette maison est immense…
Le Lord sourit, amusé :
– Venez, je vous raccompagne, dit il en commençant à marcher.
Le garçon le rejoignit en quelques pas, restant un peu en retrait :
– Alors, comment trouvez-vous le manoir Malfoy ?
Harry jeta un coup d'œil à Voldemort, celui-ci continuait d'avancer, le regard droit :
– Je ne sais pas si je dois me considérer comme un invité ou un prisonnier…. Et je ne sais pas comment me comporter par rapport à vous et aux Lestrange non plus. Tout ceci est très inattendu.
– Vous êtes un invité bien sûr ! Vous pouvez repartir quand vous voulez… Mais je ne suis pas sûr que ce soit dans votre intérêt, surtout maintenant, avec votre nouvelle apparence. De plus nous savons tous les deux que vous n'avez pas envie de retourner là bas, finit le Lord en éludant le reste de la question.
– Là bas, comme vous dites, il y a tous mes amis. Ici je suis entouré de gens qui ont essayé de me tuer toute ma vie.
– Mais les choses on changées, souffla le Lord avec un sourire, maintenant, ici, vous êtes entouré de votre famille.
Le garçon resta muet alors que les mots se gravaient dans son esprit : sa famille. Sa propre famille. Il avait des parents. Il ferma les yeux, il n'avait pas vraiment réalisé avant. Il était ici, avec sa famille.
– Nous sommes arrivés, déclara Voldemort en s'arrêtant.
– Oh… Merci.
– Bonne nuit Monsieur Lestrange, susurra Voldemort en disparaissant dans les ténèbres du couloir.
Harry rentra dans la chambre en réfléchissant. Monsieur Lestrange… Ça ne le gênait presque pas. Il croisa son regard dans le miroir. Ce garçon qui lui renvoyait son regard n'était certainement pas Harry Potter en effet. Harry Lestrange alors ? Le garçon pouffa, non c'était définitivement étrange, les deux noms sonnaient comme des oxymores à ses oreilles. Son esprit dériva et il repensa aux paroles du Lord : avait-il envie de repartir ? Voulait-il repartir à son ancienne vie maintenant qu'il savait qu'elle était construite sur un mensonge ? Plus important encore : Le pourrait-il ? Comme l'avait souligné Voldemort, il aurait sûrement des problèmes s'il retournait vers ses amis avec cette apparence. Son affiliation était trop évidente. De plus il se voyait mal expliquer à ses amis qu'il était en fait le fils unique de célèbres Mangemorts. Le brun considérait qu'il avait souvent été soumis à des situations complexe, à la limite de l'insoluble, il avait toujours eu des ennuies et s'en était tiré mais à ce moment toute la complexité de la situation lui apparaissait.
Il réfléchit : Pour l'instant il allait rester là, il tenterait de parler au couple Lestrange, pour connaître ses parents. Il devait aussi tenter de comprendre les raisons de Voldemort, tenter d'avoir une vision d'ensemble de la situation. Il n'avait aucune idée du temps qu'il faudrait à l'Ordre pour s'apercevoir qu'il avait disparu, mais c'était le temps qu'il lui restait.
De toute façon, rajouta mentalement le brun, si la situation se dégradait trop et devenait invivable, il pourrait revenir à son idée de départ. Il trouverait bien un moyen d'en finir, pensa t il en se flagellant mentalement de sa propre lâcheté.
Le garçon se coucha sur ces pensées macabres, encore épuisé par la potion, il ne tarda pas à trouver le sommeil.
Le lendemain ce furent les rayons du soleil qui le réveillèrent, il avait oublié de tirer les lourds rideaux de la chambre. Le brun jeta un coup d'œil sur la pendule qui affichait neuf heure et demie et décida que ce n'était pas la peine de continuer à dormir, Drago risquait d'arriver dans peu de temps. Il se leva donc pour aller prendre une bonne douche et fut agréablement surpris de trouver des vêtements propres posés sur son lit à son retour. Leur style était relativement proche de ceux qu'il avait portés hier mais le tissu était plus léger. Il finit de se préparer tranquillement avant de se tourner vers la petite bibliothèque pour chercher un livre en attendant son cousin.
Il se rendit compte qu'il avait dû se rendormir quand il fut réveillé par des coups à la porte. Il leva la tête du livre qu'il avait pris et baragouina, l'esprit encore embrumé :
– J'arrive, j'arrive.
Il se leva, lissant au passage sa chemise avant d'aller ouvrir. Contrairement à ses attentes, ce n'était pas le blond qui se trouvait derrière la porte mais Rodolphus et Bellatrix :
– Bonjour, commença son père, j'espère qu'on ne te dérange pas. Nous nous disions que c'était le bon moment pour parler au calme, mettre certaines choses au clair.
Devant son manque de réaction, l'homme lança à Harry un regard prudent:
– Pouvons-nous entrer ?
– Oh ? Oui, oui, répondit Harry, pris au dépourvu. Installez-vous.
Il s'écarta de l'ouverture pour les laisser passer, tout trois s'installèrent dans les fauteuils près de la bibliothèque. Harry les observa tour à tour l'air méfiant : Bellatrix osait à peine le regarder, elle semblait fatiguée, de grosses cernes bleutées entouraient ses yeux. Rodolphus, lui, soutenait son regard, mais Harry pouvait sentir ses doutes et hésitations.
– Je vous écoute, déclara Harry après quelques secondes d'un silence gêné, Parlons.
– Je… Je voudrais qu'on parle de Sirius, dit prudemment Bellatrix.
Le visage d'Harry se tordit de colère :
– Je ne crois pas qu'il y ait quoi que ce soit à rajouter. Vous avez…
– Sirius était mon cousin, le coupa Bellatrix, Non seulement il était le dernier héritier Black mais il a également été là pour moi quand j'ai eu besoin de lui. Jamais je ne l'aurais tué à dessein.
– Pourtant il est mort, grogna Harry
– J'ai fait des erreurs, soupira douloureusement la jeune femme, et il ne se passe pas une seconde sans que je regrette ce qui s'est passé au ministère. Je… Je pensais le protéger en agissant ainsi. Je pensais que si je me battais contre lui, les autres le laisseraient tranquille… Je ne lui ai lancé que des sorts sans danger, des Stupéfix, des Expeliarmus…. Je voulais le préserver… J'aimais sincèrement Sirius, il faisait partie de ma famille, et c'était bien plus important à mes yeux que n'importe quelle cause.
Harry ferma les yeux douloureusement, les paroles de Bellatrix trouvaient un écho singulier dans son esprit. Lui aussi avait voulu préserver Sirius, il était allé au Ministère dans l'optique de le sauver et c'était finalement ce qui l'avait tué. Il croisa le regard de la jeune femme, ses yeux s'arrêtant de nouveau sur le visage creusé et les cernes de la brunes. Il pouvait presque ressentir sa douleur, elle faisait écho à la sienne :
– Je… Je comprends. Je vous…
Le brun fut interrompu par la porte qui s'ouvrait laissant apparaître un Drago qui prit une expression piteuse en voyant la scène qu'il venait d'interrompre :
– Je suis désolé, je repasse si vous voulez ?
– Ne t'inquiète pas, sourit Rodolphus en se levant, nous avions fini. Nous n'allons pas déranger vos plans.
Le blond adressa un regard d'excuse au brun, tandis que Rodolphus lui posait une main douce sur l'épaule :
– Il faut que tu saches que nous sommes vraiment contents de te voir, et fier de te considérer comme notre fils, dit il avec tendresse, nous voulons que tu saches que tu peux compter sur nous, nous te soutiendrons quoi qu'il arrive. Je comprends que ce soit dur pour toi de voir en nous des parents, mais nous attendrons, d'accord ?
Harry acquiesça, la gorge noué tandis que le couple Lestrange partait, le laissant seul avec Drago. Celui-ci s'approcha de lui, l'air embêté :
– Je suis vraiment désolé, si j'avais su je ne serais pas venu vous interrompre, dit il en se mordant la lèvre.
– Ne t'inquiète pas, le rassura Harry avec un sourire, tu ne pouvais pas savoir. De plus je pense que le principal a été dit. On va plus ou moins pouvoir repartir sur des bases neutres… enfin j'espère.
– Tu as changé d'avis sur Bella ?, demanda le blond avec un sourire.
– Disons, que j'ai compris certaines choses… Je suis autant, voir plus coupable de la mort de Sirius qu'elle. De plus… c'est ma mère ! J'ai envie d'oublier tout ça, la perte de Sirius nous à autant touché, je le sens, je sens sa douleur. Je pense qu'on pourrait avancer ensemble… avec un peu de temps quand même, finit Harry avec un petit sourire.
– C'est vraiment cool, répondit le blond, je suis content que les choses avancent si vite entre vous.
– Ouais, maugréa Harry gêné.
– Bon tu as déjeuné ?
– Non pas vraiment.
– Viens avec moi ! On ira aux écuries après !
Les deux garçons descendirent aux cuisines pour prendre un bon petit déjeuner servi avec plaisir par les elfes. Ils discutèrent encore de Poudlard et de leurs nombreux différents riant des anecdotes passées. Harry fut surpris de voir qu'il appréciait le blond, il n'aurait jamais pensé ça quelques jours auparavant. Quand ils parlaient ensemble, il lui arrivait d'oublier qu'il s'agissait de la même personne qui avait créé les badges « à bas Potter » et qui lui avait pourri la vie à Poudlard. Les deux garçons se rendirent finalement aux écuries alors que la matinée était bien entamée. Harry put voir les nombreux chevaux des Malfoy mais son attention fut arrêtée par autre chose :
– Mon dieu, Drago ! Mais ce sont des hippogriffes, s'exclama Harry hilare.
– Je ne vois pas ce qui te fais rire, bougonna le blond.
– Tu as des Hippogriffes chez toi, et tu as quand même réussi à te faire faire blesser par Buck.
– Tu veux parler de l'horrible bête de Hagrid ? Sa tête ne me revenait pas, grogna le blond.
Harry continua de rire en s'approchant des bêtes majestueuses. Les Malfoy possédaient trois très beaux hippogriffes. Après une petite courbette il réussit même à en caresser un.
– Mère tiens à les garder, je ne sais pour quelle raison puisqu'ils ne se laissent même pas monter… Ils ne sont même pas débourrés …
– Peut être qu'on pourrait s'en occuper, ça serait vraiment chouette, souffla Harry.
– Je ne sais pas si, commença le blond avant de s'interrompre en croissant le regard brillant du brun.
– S'il-te-plaît !
Le blond soupira :
– Bon … J'imagine qu'on trouvera du temps pour s'en occuper…
Le brun continua sa visite avec un sourire. Il se dirigea vers le fond des écuries, celles-ci étaient plongées dans le noir :
– Qu'est ce qu'il y a là bas, demanda t il en essayant de percer les ténèbres.
– Là bas, répéta Drago avec un sourire, c'est à mon oncle Rodolphus. Suis-moi je vais te montrer.
Le blond se dirigea vers le fond non sans avoir tout d'abord lancé un petit Lumos. Au bout d'une dizaine de mètres, Harry cru distinguer une forme massive bouger :
– Qu'est ce que … commença t il avant de finalement apercevoir la bête.
Au fond des écuries, caché dans les ténèbres se dressait un impressionnant Sombral. La bête était bien plus grande que ceux de Poudlard, le port altier, elle ouvrit ses grandes ailes squelettiques dans une attitude intimidante en les voyant arriver :
– C'est Osmud, le Sombral de Rodolphus. On le met ici car comme c'est un animal classé « à risque » par le Ministère, c'est interdit pour un particulier d'en posséder un.
– Il est magnifique, souffla Harry.
– Si tu le dis je te crois, rit Drago, je ne le vois pas personnellement et je ne suis pas pressé de le voir. Tu n'auras qu'a demander à ton père si tu peux le monter, mais je suis sur qu'il sera heureux de voir que tu partage sa passion pour ces bestioles morbides
Harry resta songeur un instant : « son père ». Les mots étaient agréables … Oui, il pourrait demander à son père…
Les deux garçons quittèrent finalement les lieux, pour aller manger aux cuisines et allèrent prendre une douche pour se débarrasser de l'odeur caractéristique des écuries. Une fois qu'ils furent prêts ils descendirent tout deux dans le salon principal. Celui-ci était composé d'immenses fenêtres qui remplaçaient tout un pan de mur et illuminait la pièce. Narcissa se trouvait déjà là, arrangeant les plats de biscuits sur les petites tables basses :
– Oh vous êtes déjà là les garçons, sourit la blonde, installez vous !
– Qui doit encore arriver ?, demanda Harry
– Bellatrix et Rodolphus ne devraient pas tarder. J'ai également convié le Lord et Severus, j'espère qu'il nous ferons le plaisir de leur présence !
Les garçons s'installèrent en discutant, louchant de temps en temps sur les nombreuses et appétissantes pâtisseries décorées de glaçages. Bientôt Bellatrix et Rodolphus arrivèrent, la brune tenta un sourire timide vers son fils qui s'affirma un peu plus quand son fils le lui rendit. Rodolphus lui fit un signe de tête que Harry lui rendit avant de se mettre à parler avec Narcissa. Celle-ci commença à servir du thé, emplissant la pièce de senteurs sucrées. Severus se joignit à eux quelques minutes plus tard, prétextant une potion importante à finir pour expliquer son retard.
– Toutes les potions sont de la plus haute importance pour Severus, ricana Drago sous le regard noir de l'intéressé.
Les conversations fleurirent dans la pièce tandis que chacun se servait de pâtisseries, finalement les garçons commencèrent à parler de leur visite de la matinée :
– Tu as montré les écuries à Harry, Demanda Narcissa, qu'en as tu pensé ?
– Vous avez de très belles bêtes Madame ! D'ailleurs nous nous demandions si nous pouvions profiter des vacances pour nous occuper des Hippogriffes ? Drago m'a dit qu'ils n'étaient pas dressés…
– Oh, souffla la belle blonde, c'est vrai que ce sont plutôt des animaux d'apparats… Ce sont des animaux dangereux … Je ne serais pas rassurée de vous savoir seuls. Rodolphus ! Tu pourrais les aider ! Rodolphus s'y connaît en dressage, continua-t-elle en s'adressant aux garçons, il pourra aisément vous conseiller !
– J'ai vu que vous aviez un sombral aussi, s'exclama Harry, il est magnifique !
– Oh, tu as vu Osmud, s'exclama Rodolphus les yeux brillants, Il peut paraître un peu agressif aux étrangers mais il est vif et très intelligent, tu pourras le monter si tu veux.
– Je connais les sombrals, j'ai déjà monté ceux de Poudlard, mais Osmud est bien plus grand !
– Il descend d'une grande lignée, je l'ai acheté il y a presque vingt ans alors qu'il n'était qu'un poulain.
Des pas résonnèrent dans le couloir, et Lord Voldemort pénétra dans la pièce dans une envolée de cape. Harry fronça les sourcils en remarquant les gants noirs que portait l'homme, il croisa son regard et celui-ci lui fit un sourire mystérieux et un brin condescendant qui fit grincer des dents à Harry.
– D'importantes affaires retenaient mon attention, mais il était de mon devoir d'honorer votre invitation Narcissa. Je vous prie d'excuser mon retard, déclara le Lord en inclinant la tête.
– Je vous en prie, installez vous, répondit la blonde d'une voix joyeuse.
Voldemort s'assit dans un fauteuil un peu en retrait entre les Lestrange et Harry, tandis que Narcissa lui servait une tasse de thé :
– Comment se passe votre séjour au manoir ?, demanda le Lord en regardant Harry.
– Plutôt bien, répondit Harry en fixant les mains gantées qui saisissaient la tasse, avec Drago nous avons prévu de nous occuper des hippogriffes.
– Magnifique idée, Monsieur Lestrange, répondit Voldemort avec un sourire ironique.
Le Lord fit mine de réfléchir avant de susurrer l'air pensif :
– Harry Lestrange… Quel son étrange…
Son regard se ficha dans celui du garçon :
– Vous avez déjà tant abandonné … Ne serait ce pas le moment, une fois pour toute, d'abandonner votre ancienne identité ?
Harry fixa durement Voldemort tandis que le sens de ses paroles pénétrait son esprit :
– Vous suggérez que je change de prénom ?
– Pourquoi pas, sourit le Lord. Bellatrix, vous n'avez jamais pensé à un prénom pour votre fils ?
– Je… bégayai la jeune femme, prise au dépourvu. Je n'y ai jamais pensé. Je ne pensais pas le revoir un jour…
– Et pourtant il est là ! Devant vous, s'exclama ironiquement le Lord.
Tous les regards étaient tournés vers le brun, celui réfléchissait rapidement. Était-il prêt à changer de prénom ? Il avait déjà fait le deuil de son nom, de son apparence, mais son prénom ? De nombreux souvenirs lui revenait, son prénom hurlé, murmuré avec amour, avec haine. Son prénom le représentait, c'était le lien qui le retenait à son passé. Était-il prêt à l'abandonner ?
– Je crois savoir que les descendants Black ont tous des noms en rapport avec des étoiles ou des constellations… Je serais heureux de poursuivre cette tradition, énonça prudemment Harry.
Il fut récompensé par un sourire éclatant de la part de ses parents.
– Il y a une étoile… dans la constellation Canis Major…
– La constellation du chien ? Celle… avec Sirius ?
– Oui… Il s'agit d'Eridan.
– Eridan Lestrange, énonça lentement Voldemort comme s'il savourait chaque syllabe. Intéressant…
Le garçon le fixa en fronçant les sourcils, il n'aimait pas son ton :
– Eridan, souffla Drago, pas mal… Je pourrais m'y faire.
– Moi aussi, souffla le brun. Moi aussi…
Fin ?
