Bonjour à tous,

Vous l'avez demandé à corps et à cris et la voilà : La suite d'Eridan !

Bonne lecture,

Yunoki et Baderoh.


Note de l'auteur : Bonjour ! Normalement ce chapitre devait être le dernier, mais je ne suis pas arrivée à conclure ici, mais bon un peu de suspense ne fait de mal à personne ! J'espère que vous apprécierez ce chapitre !

Enjoy !


Les vacances se passèrent tranquillement, le temps sembla s'écouler à une vitesse folle. Les deux garçons passaient le plus clair de leurs temps aux écuries, à s'occuper des hippogriffes et d'Osmud, parfois aidé de Rodolphus. Le brun se faisait à sa nouvelle vie et à mesure que le temps passait, c'était comme si son passé perdait de sa réalité, comme si tout n'avait été qu'un songe jusqu'à maintenant.

L'été fut donc rythmé par le dressage des hippogriffes, les balades sur le dos d'Osmud et les repas avec ses parents parfois accompagné de Narcissa, Snape et quasiment tout le temps de Drago. Il ne croisait pas souvent Voldemort, en fait, il aurait presque dit que l'homme l'évitait. Il le vit quelques fois dans les couloirs du manoir ou lors de repas et le brun fut fortement intrigué par les gants que portait à présent le Lord et qu'il ne retirait plus.

Il s'était fait à cette routine bienfaitrice, oubliant tous ses anciens soucis, oubliant qu'il y avait une vie en dehors du manoir, lorsque la nouvelle tomba comme un couperet :

– Comment ça, je ne retournerai pas à Poudlard ?

Toute la tablée se tut face à l'éclat du jeune homme :

– Eridan, tenta de le calmer Bellatrix.

– Quand avez vous décidez de ça ? Pourquoi ?

– Il serait idiot que tu retournes là bas, déclara calmement Voldemort, je pensais que tu saurais voir l'évidence…

– Si c'est à cause de mon apparence, je pourrais toujours porter un glamour !

Snape leva les yeux au ciel, l'air excédé tandis que le Lord le regardait avec un sourire condescendant :

– Tu te rends bien compte que Dumbledore s'apercevra que tu es sous l'emprise d'un sort ? Ce n'est pas pour rien que tout le monde sorcier s'écrase devant ce vieux barbu…. De plus comment expliqueras-tu ton absence prolongée pendant les vacances ?

– Pourquoi ne pas prétendre qu'il s'agit d'un de mes cousins qui était scolarisé à l'étranger, proposa Drago.

– Ce cornichon ne parle aucune langue à part l'anglais, ronchonna Snape, ça ne passera jamais.

– Il pourrait venir d'Ilvermony, proposa Drago.

– Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous proposer, soupira Bellatrix, la quantité de papier à falsifier est énorme !

– De plus Dumbledore est très proche de son homologue Américain, renchérit Snape, tous vos efforts seraient irrémédiablement inutiles.

Drago jeta un coup d'œil embêté à son cousin, celui-ci semblait en pleine réflexion, les sourcils froncés :

– Et si …

– Non !

– Vous ne savez même pas ce que j'allais dire !

– C'est inutile. Crois tu vraiment que j'aurais pris cette décision si je n'y avais pas mûrement réfléchis ? demanda Voldemort avant de conclure, Poudlard n'est pas une option pour toi cette année.

Le garçon se renfrogna, mécontent. Il aurait aimé revoir ses amis, ses professeurs… De plus Drago, lui, repartait, il allait se retrouver seul au manoir.

– Cependant, n'imagine pas que nous allons te laisser te complaire dans ton oisiveté, continua le Lord, Il faudra bien que tu passes tes examens. Nous t'avons donc préparé un programme de cours.

Le brun se redressa, attentif :

– C'est-à-dire ?

– Severus s'est proposé pour te donner des cours de potion lorsqu'il n'est pas à Poudlard, Narcissa, quant à elle te donnera des cours de botanique et d'Histoire de la magie, Bellatrix t'apprendras les sortilèges et l'astronomie, Rodolphus, la métamorphose et les soins aux créatures magique. Quant à moi je te donnerais des cours de Défense contre les forces du mal, finit le Lord.

Il continua avec un sourire :

– Crois moi, tu n'auras pas le temps de t'ennuyer…

Et en effet après que le blond fut parti pour Poudlard, les cours reprirent également pour Eridan. Il découvrit les immenses serres du manoir avec Narcissa et celle-ci s'appliqua aussi à lui enseigner l'Histoire des différentes familles de Sang Pures ainsi que l'Histoire politique du monde magique. Il aimait beaucoup la blonde -sa tante- et appréciait ses explications qui le changeait agréablement du Professeur Binns. Il passait également beaucoup de temps avec sa mère. Celle-ci était un véritable puits de savoir, non seulement elle lui apprit de nombreux sortilèges, mais elle lui enseigna aussi comment en créer, même si la tache s'avéra fastidieuse au vue du niveau de latin du garçon.

Ce qu'il préférait cependant, c'était quand ils montaient tout les deux tout en haut de la tour Nord du manoir pour étudier les étoiles, elle lui parlait des mythes qui y étaient associés, mais également de ses ancêtres dont les noms étaient tirés de la voutes céleste. C'était comme des moments volés dans les ténèbres de la nuit, des instants ensembles pour récupérer ceux perdus à jamais.

C'était pareil avec son père, l'homme lui apprenait la métamorphose mais Eridan n'attendait que les cours de Soins où Rodolphus arrivait toujours à lui présenter au moins un spécimen de l'espèce qu'ils étudiaient. Le garçon découvrit ainsi bon nombre d'animaux dont il ne soupçonnait même pas l'existence, s'émerveillant chaque jour de cet univers inédit.

Mais le plus étrange, ce qui, malgré toutes les semaines qu'il avait passé au manoir Malfoy et tout ce qu'il y avait vécu, restait bizarre à ses yeux, c'était de se retrouver dans la même pièce que Voldemort tandis que celui-ci lui expliquait calmement les rudiments de la magie noire et comment s'en protéger.

Le premier mois, il était toujours extrêmement tendu, sa cicatrice n'avait pas disparue et elle l'élançait à chaque fois que l'homme se penchait sur son épaule pour lui réexpliquer quelque chose. De plus on n'effaçait pas des années de haines et quelques tentatives de meurtres comme cela. Certes c'était plus ou moins ce qu'il avait fait avec ses parents : oublié qu'ils avaient été ennemis, mais voilà : c'était ses parents.

Le Lord n'était rien pour lui, il n'avait aucune vraie raison de lui faire confiance. Cependant au bout d'un moment, il finit par se détendre et commença à éprouver si ce n'est de l'affection, tout du moins du respect pour l'homme et son savoir infini. Ses cours n'avaient rien à voir avec ceux de Poudlard, il lui parlait de magie presque oubliée et le jeune homme adorait ça.

– Eridan, concentre-toi ! Regarde, tu as laissé des trous dans ton pentacle.

– Je ne comprends pas l'intérêt de faire des dessins si compliqué, ronchonna le garçon en remplissant l'espace vide de symboles complexes.

– Les pentacles n'ont rien à voir avec de vulgaires dessins, siffla Voldemort en fronçant ses sourcils inexistant, ils agissent comme… un filet ! plus ton maillage sera serré et complexe moins le démon que tu invoqueras aura de chances de te faire du mal. Crois-moi, avec ce genre de créature mieux vaut prendre toutes les mesures de sécurité possible.

– Je comprends Tim.

– C'est Tom, répondit le Lord sans y penser avant de se reprendre, et ce sera Voldemort pour toi ! Comment connais-tu ce nom de toute façon ?

– Lequel ? Tim ? demanda malicieusement le brun.

Le Lord leva les yeux au ciel, tentant de garder son calme, ses yeux rouges lançaient des éclairs :

– Disons que je suis tombé sur une de vos itérations passée, qui se présentait sous le nom de Tom Riddle, répondit nonchalamment Eridan en vérifiant son pentacle.

– Je ne comprends pas, commença le Lord avant de s'interrompre et de finalement se murmurer à lui même :

– Le journal !

– Oui, le journal. D'ailleurs j'aimerais bien savoir de quoi il s'agissait exactement…

– Qu'est il devenu ? le coupa Voldemort en ignorant la question.

– Il essayait de me tuer. Je l'ai détruit avant qu'il n'y parvienne.

Devant le mutisme de son professeur, Eridan releva la tête, le Lord semblait réfléchir intensément. Le garçon l'observa un moment, remarquant la présence des gants et les cols toujours plus haut. Son regard se ficha alors en haut du cou de Voldemort, derrière son oreille. Dépassant du col, une tache plus sombre que la peau blafarde de l'homme s'étendait. Le brun garda son regard rivé dessus et alors que les secondes s'égrenaient il acquit la certitude que la tache s'agrandissait imperceptiblement.

Il se leva de son siège, curieux et s'approcha. Ce ne fut qu'une fois qu'il fut en face de lui que le Lord sembla sortir de sa réflexion et le fixa, son visage reptilien se plissant en une expression de surprise, le regard plein de questions et d'autre chose, une nuance qu'Eridan décela tout juste sans parvenir à la définir.

– A quoi joues-tu ? demanda durement Voldemort de sa voix sifflante.

– Vous avez quelque chose dans le cou, quelque chose que vous tentez de votre mieux de cacher, répondit Le jeune homme en fronçant les sourcils, je me demande ce que c'est, finit il comme pour lui-même en tendant la main vers l'homme.

– Je t'interdis de me toucher, tonna le Lord en esquissant un mouvement de recul.

Mais c'était trop tard, les doigts du jeune homme étaient entré en contact avec la peau et la douleur le submergea. La même que lorsque l'homme l'avait touché dans le cimetière en quatrième année. Le brun poussa un cri de souffrance et tenta de retirer sa main, mais alors qu'il brisait le contact, de minces filaments de lumières se créèrent entre ses doigts et la peau de l'homme, tel des serpents électriques. Voldemort grimaçait, la sensation n'était pas insupportable mais il avait l'impression que les fils tentaient de tirer quelque chose au fond de lui, lui coupant la respiration. A en juger par l'expression douloureuse et paniquée du garçon, il ressentait la même chose que lui. Des étincelles vertes commencèrent à fuser de toutes parts, les aveuglants touts deux.

Puis Ils entendirent les cris:

– Non ! Pas Harry ! Pas mon fils !

Puis un hurlement. Déchirant. Pas même humain. Une longue lamentation horrifiante qui ne provenait certainement pas de Lily Potter. L'horrible cri sembla durer une éternité, telle une longue agonie. Même une fois qu'il se fut tut et que les filaments lumineux eurent disparut, laissant les deux hommes hagard, il semblait continuer de résonner dans le silence de la pièce.

Voldemort et Eridan se fixèrent, le souffle court. Le jeune garçon était au bord des larmes : Il avait presque oublié qu'il se trouvait en face d'un meurtrier, d'un homme qui n'avait pas hésité une seconde avant de tuer les Potter.

Il ouvrit la bouche, la gorge nouée, il allait s'excuser et partir, disparaître de la pièce, tenté d'oublier ce qu'il avait entendu, ce qu'il avait ressenti, il …

– La leçon est fini pour aujourd'hui, tu peux partir, siffla la voix du Lord.

Le brun fixa son homologue, il semblait aussi éprouvé que lui, la main sur son cou, couvrant la tache qui dépassait pourtant de sous ses doigts. Son regard croisa les yeux rouges :

– Je t'ai dis de partir, aboya Voldemort, hors de lui. Va t en ! Tout de suite !

A peine le garçon eut il quitté précipitamment la pièce que l'homme attrapa un des bibelots magique de Lucius et l'envoya s'écraser à l'autre bout de la pièce dans un bruit de verre brisé. Il ressentait un mélange de colère et d'épuisement. Il avait déjà eu la confirmation que d'étranges choses lui arrivaient au contact du jeune homme quand la main avec laquelle il l'avait touché, le lendemain de son arrivée, après le diner, avait pris une couleur qu'on pourrait qualifier de normale, bien différente de son habituel teint blafard. Les choses avaient semblé se calmer du moment qu'il se tenait loin du fils Lestrange, même si les taches ne partaient pas, l'obligeant à porter des gants pour ne pas subir d'inutiles questions.

Le plus dur cependant, à ses yeux, c'était qu'il se sentait attiré comme un amant par le brun depuis son arrivé au manoir. A vrai dire ça avait toujours été le cas : Toute sa vie il avait poursuivit Harry Potter, le traquait sans relâche. Pourtant il n'avait jamais été capable de le tuer, même quand il était venu se rendre, complètement démuni. Lorsque le garçon l'avait touché, ç'avait été comme si son âme elle-même était attirée vers lui, tirée par les minces filaments. Puis il y avait eu les cris : celui de Lily Potter et le sien.

Voldemort s'assit, il se sentait nauséeux. Il ressentait un sentiment d'échec : Oui, la mort des Potter était un véritable échec. L'horrible cri d'agonie lui revint en mémoire, son agonie, sa souffrance, sa mort… Son échec. Tout ce qu'il avait fait cette nuit là, c'était se créer un nouvel ennemi, un ennemi en lequel la population sorcière avait vu un symbole de victoire. Un symbole de son anéantissement.

Il avait eu la possibilité de changer cela lorsque le garçon s'était avéré être le fils de Rodolphus et Bellatrix. Il avait agit finement, sans le brusquer, avançant ses pions insidieusement, agissant de sorte que le garçon n'ait pas à penser à son ancienne vie, l'amenant à reconsidérer ses idéaux grâce aux leçons de Narcissa sur les Sangs Purs.

Le garçon avait déjà changé, au fur et à mesure, presque imperceptiblement. Suffisamment cependant pour que, couplé à son changement d'apparence, il soit difficile de deviner qu'Eridan Lestrange avait un jour été Harry Potter.

Il avait quasiment réussis à réparer son erreur passé. Alors pourquoi avait-il encore cet amer sentiment d'échec ?

Eridan était dans sa chambre, la même que celle dans laquelle il avait dormi le jour de son arrivée. Il regardait par la fenêtre, l'air pensif. Son regard se perdait entre les buissons taillés du jardin, s'arrêtant un moment sur les paons blancs qui déambulaient dans les allées. Le cri de Lily Potter résonnait dans son esprit.

Il pensait à elle, cette femme à laquelle on l'avait si souvent comparé avec tendresse, elle qui avait donné sa vie pour lui alors qu'il n'était même pas lié par le sang. Elle s'était sacrifiée pour lui, et comment la remerciait il ? En courant se vautrer dans les bras de ses ennemis ? Le visage du garçon fut agité d'un tic nerveux. Les Lestrange étaient des assassins certes, mais c'était aussi ses parents ! Auquel des deux statuts devait il donner le plus d'importance ? Il se sentait perdu …

La vitre lui renvoya le reflet glacé de son regard, ce regard qui n'était plus celui d'Harry Potter, qui ne l'avait jamais été. Les yeux bleus lui rappelèrent cruellement Sirius alors qu'ils se teintaient de souffrance. Une vague de haine le submergea alors : Il les détestait tous ! Bellatrix pour avoir tué son parrain, Voldemort pour le danger qu'il avait toujours fait planer sur son existence, Dumbledore pour ses mensonges, ses dissimulations, Drago parce qu'il n'était qu'un petit con suffisant, Snape un batard graisseux, les Potter parce qu'ils n'étaient qu'un mensonge, une illusion !

La vitre explosa sous le coup de sa colère, les bouts de verres venant lui meurtrirent le visage. Eridan se recula en gémissant de douleur, avant de rugir de colère et de frustration. D'un geste il attrapa la lampe de chevet et l'envoya s'écraser au sol avec fracas. Il les détestait ! Il les détestait ! Il les détestait ! Il SE détestait !

Le garçon s'immobilisa à cette pensée, hagard. Des gouttes de sang commençaient à perler le long de sa joue.

C'était cela la vérité, réalisa t il : il haïssait sa faiblesse, son incapacité à avoir un avis tranché sur ce qu'il devait faire. Il haïssait les regrets et les remords qui l'étreignaient à chacune de ses actions. Il était venu au manoir avec une idée précise, celle de mourir, cependant il avait été incapable de la mener jusqu'au bout et depuis lors son cœur ne cessait d'hésiter. Il était heureux ici, avec ses parents, avec une famille, sans la menace constante de Voldemort sur sa vie. Cependant, ces gens avait tué des amis, Cédric, les Potter, ils avaient torturé les Longdubat sans remords… Eridan ferma les yeux en se remémorant les yeux morts de Cédric et les paroles de Voldemort : « Tue l'autre… ».

Pouvait il vraiment faire comme si de rien n'était ?

Quelqu'un toqua à la porte, faisant sortir le brun de ses pensées avec un sursaut de bête traquée. Il jeta un regard circulaire, avisant l'état catastrophique de la pièce. Il tira sa baguette de sa poche et tenta de réparer les dégâts rapidement et aussi bien qu'il put avant d'aller ouvrir :

– Ah, Eridan ! Tu n'étais pas en salle d'astronomie, j'ai crus que…

Bellatrix s'interrompit en apercevant le visage ensanglanté de son fils dans l'ouverture de la porte, une expression de surprise traversa son visage, bien vite remplacé par un pli inquiet :

– Que s'est-il passé ?

– Quoi ? Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit le brun en tentant de cacher l'intérieur de la chambre derrière son corps sans comprendre que le problème ne venait pas de là, Il s'est passé quelque chose ?

– Qu'est ce que tu caches ?

– Rien du tout, répondit Eridan, la voix montant dans les aiguës.

– Ne me mens pas ! Ton visage est en sang !

Le jeune homme porta la main à son visage, surpris.

– Qu'est ce qui s'est passé ? Je peux t'aider ?

– Rien d'important ! Il ne s'est rien passé.

Bellatrix sentait l'agacement poindre devant le refus du garçon à se confier :

– Si ce n'est pas important, tu peux bien me le dire, se força t elle à dire d'une voix posée, Tu sais que tu peux me faire confiance.

Eridan la défia du regard, il n'avait pas envie de parler de son éclat de colère car il savait qu'il devrait en expliquer les causes et il considérait que ses états d'âmes ne concernaient que lui :

– Ce ne sont pas tes affaires, grinça t il en détachant bien chacun des mots.

Bellatrix émit un petit bruit témoignant son agacement : elle ne comprenait pas l'entêtement du garçon :

– Je vais aller chercher de quoi me soigner, je crois qu'il y a un elfe qui saura s'en occuper, continua Eridan en partant dans le couloir sans plus faire attention à elle.

– Ça a un rapport avec le Lord, demanda Bellatrix après une rapide réflexion.

Son fils se retourna vers elle, le regard rempli d'une colère froide :

– Ce ne sont pas tes affaires ! Laisse-moi tranquille !

– Bien sur que ce sont mes affaire ! Tu es mon …

– Ton quoi ? ton fils ? Aucun de nous ne le savait il y a de cela quelques mois ! Tu n'es rien pour moi ! Rien !

Le brun se détourna et s'enfuit dans les couloirs, laissant une Bellatrix partagée entre la colère et la tristesse.

Eridan s'arrêta dans une salle de bain pour nettoyer son visage du sang. Il ne comprenait pas l'obstination de Bellatrix ! Il fusilla son reflet tandis que le sang rougissait le lavabo : c'est vrai que ses blessures étaient plutôt impressionnantes, plus qu'il ne s'y attendait car il n'avait pas si mal que ça. Mais il semblait oublier qu'il avait la tête contre la vitre quand celle-ci avait explosé... Quand il l'avait fait exploser.

Le garçon soupira en tirant un morceau de verre d'une entaille sur sa joue: au fond, il comprenait l'inquiétude tout à fait légitime de Bellatrix. Surtout maintenant qu'il était témoin du charnier qu'étais devenu le coté droit de son visage. Pour autant, il ne se voyait pas lui confier ses problèmes de conscience. Une petite voix lui fit remarquer qu'il pourrait tout de même lui parler de ce qui s'était passé quand il avait touché le Lord. Il n'y avait pas plus réfléchi que ça, l'esprit trop occupé par le souvenir de Lily Potter, mais maintenant qu'il avait la tête de nouveau froide, il commençait à s'inquiéter. Que leur était il arrivé exactement ? Voldemort le savait il ?

Le garçon savait qu'ils étaient tous deux lié, il en avait eu mainte fois la preuve. Il pensait sincèrement que plus rien ne pourrait le surprendre mais il semblerait que la vie ait voulu lui donner tort… Le garçon soupira un grand coup, Voldemort avait semblé plus énervé que quoique soit d'autre, ce qui l'amenait à penser qu'il connaissait la cause des éclairs. Il fallait qu'il le confronte à ce sujet, pensa le brun. La prochaine fois qu'il le verrait, il ne prendrait pas de pincette pour savoir la vérité. Après tout ça le concernait aussi !

Le garçon jeta un coup d'œil par la fenêtre, le soleil venaient frapper le paysage de ses rayons obliques, lui donnant cette teinte orangée si particulière des couchés de soleil. Le garçon sourit avant de sortir de la pièce et de dévaler les escaliers du manoir, poussant la lourde porte d'entrée pour se retrouver dans la douce chaleur du crépuscule. Il s'enfonça un peu dans le parc pour s'asseoir dans un endroit tranquille, à coté de grands rosier blancs, laissant son esprit dériver, apaisé.

La nuit tomba, lui faisant perdre toute notion de temps. Il ne savait plus exactement depuis combien de temps il était là, assis dans le jardin à observer les lumières du Manoir quand un bruit se fit entendre sur sa gauche, laissant bientôt apparaître son père. Celui-ci s'approcha et s'installa à ses coté avec un sourire :

– Le dîner est prêt, Bella était inquiète de ne pas te voir arriver, je lui ai dis que j'allais te chercher, commença doucement Rodolphus, elle avait peur que tu soit partis, que tu ais quitté le manoir.

Il marqua une pause pensive avant de reprendre d'un ton enjoué :

– Je pense que tu devrais venir, elle est en train de s'énerver sur les elfes et crois moi ce n'est bon pour personnes.

Eridan fit un sourire ironique avant de demander dans un murmure :

– Comment as-tu su que j'étais ici ?

Son père lui adressa un regard surpris avant de lui répondre avec un clin d'œil :

– Un magicien ne révèle jamais ses tours !

Le jeune homme laissa échapper un petit rire avant de reporter son attention sur le manoir, un sourire sur le visage :

– Qu'est ce qui te travaille comme ça ?

Eridan se tourna vers Rodolphus, celui-ci affichait une mine inquiète :

– Je vois bien que tu as l'air préoccupé. Nous sommes à ton écoute, tu le sais.

– Je le sais, bien sur. C'est juste que … C'est un problème que je dois résoudre seul. Des choses à accepter, des choix à faire, répondit le brun d'une voix hésitante, Tout cela, ça ne regarde que moi.

Rodolphus hocha la tête, l'air pensif. Un léger silence s'installa, seulement brisé par le bruit des insectes :

– Bon, s'exclama le plus vieux en se levant d'un bond, je pense que tu as assez réfléchi pour ce soir ! Rentrons, nous en profiterons pour soigner ton visage, il est hors de question que tu gardes des cicatrices !

Eridan se leva douloureusement après être resté plusieurs heures dans la même position et suivit son père vers le manoir.

Contrairement à ce qu'il avait espéré, il ne croisa pas Voldemort dans les semaines qui suivirent. Celui ci semblait avoir déserté la table de Narcissa et un elfe était venu lui dire que le Lord ne pourrait pas assurer ses cours pendant un moment. Si Eridan avait d'abord été frustré de ne pas pouvoir lui demandé des comptes, le retour de Drago durant les vacances l'occupa suffisamment pour lui faire oublié son ressentiment.

En effet le blond en profita pour raconter à son cousin tout ce qui ce passait à Poudlard, comment chacun avait réagi à la disparition de Harry Potter. D'après lui, la panique était palpable au château, principalement chez les professeurs et les Gryffondors.

Apparemment la disparition du Golden boy avait fait naître un début d'hystérie parmi les membres de l'Ordre du Phénix et la population sorcière, les articles fleurissaient dans la Gazette du sorcier, tantôt soulevant l'hypothèse qu'il ait été enlevé par des Mangemorts, tantôt le traitant de lâche prétextant qu'il s'était enfui par peur du Seigneur des Ténèbres.

Eridan prenait les nouvelles avec un recul qui le surprit lui-même. C'était comme s'il s'agissait d'une toute autre personne. Au fond il était heureux d'avoir échappé à toute cette pression, toutes ces attentes. Il avait presque envie de rire quand il pensait que la disparition d'un seul et unique adolescent arrive à mettre la population sorcière dans cet état. Un adolescent plutôt banal d'ailleurs, Harry Potter n'avait jamais été exceptionnellement fort ou intelligent et il ne le sera jamais car il n'existait plus, remplacé par Eridan Lestrange. Oui, plus il prenait du recul, moins il regrettait d'être devenu un Lestrange.

Cependant jamais ils n'abordèrent le sujet de ses amis, Drago ne lui en parla pas et Eridan ne lui posa aucune question, peu sur de ce qu'il ferait en apprenant ce qu'ils devenaient. Ils avaient peur que ce soit trop douloureux et que ça ne lui apportent que plus de doutes, il préférait remettre ça pour un moment ou ses certitudes seraient plus ancrées.

Eridan passa aussi pas mal de temps avec ses parents. Il adorait Rodolphus et sa sérénité, tellement opposé au tempérament plutôt fougueux de Bellatrix.

Il avait beaucoup de mal à cerner sa mère, celle-ci oscillait entre la douceur - elle était parfois plus mère poule que Molly - et des excès de colère froide fulgurant. Mais cela n'empêchait pas Eridan de l'apprécier même s'il était encore bien incapable de prévoir ses réactions. Un jour qu'il parlait du tempérament colérique de sa mère avec Regulus, celui-ci lui confia en rigolant :

– Tu sais, elle était bien pire avant que tu n'arrives. Quand tu es arrivé, son caractère s'est apaisé. Elle avait retrouvé son fils, seul, triste et perdu, il fallait qu'elle prenne soin de toi sans te brusquer, donc elle s'est assagit... Mais bon, conclut son père avec un sourire, chassez le naturel, il revient au galop !

Drago était reparti pour Poudlard depuis quelques jours quand un elfe apporta une petite enveloppe à Eridan. Celui-ci l'observa d'un air circonspect avant de l'ouvrir, tandis que l'elfe disparaissait. A l'intérieur écrit d'une écriture serrée, se trouvaient quelques lignes laconiques:

J'aimerais vous parler,

Venez donc prendre le thé avec moi.

Je vous attendrais cet après midi.

Lord Voldemort.

La journée sembla alors s'étirer inexorablement pour le jeune homme, il brûlait d'impatience. En effet, ça faisait plus de trois semaines qu'il n'avait pas croisé Voldemort. Depuis l'accident en fait. Il espérait de tout cœur que celui ci lui donnerait des explications sur ce qu'il s'était passé, que peut être il lui dirait ce qu'il savait sur leur lien, car si quelqu'un devait être au courant, ça ne pouvait être que lui. Il se présenta donc à dix sept heure pile devant le bureau, trépignant d'impatience mais incapable de toquer. Il ne fallait pas qu'il ait l'air de trop attendre ce moment... Mais il attendait trop ce moment ! Il allait enfin avoir des réponses !

Après quelques minutes à faire les cent pas devant la porte, il finit par toquer doucement, timidement, avant d'ouvrir la porte malgré l'absence de réponse.

Le Lord était assis à son bureau, derrière une énorme pile de documents, il avait enlevé ses gants qui laissaient voir une peau bien différente de celle de son visage blafard. Il releva la tête en entendant la porte se refermer :

– Oh, tu es déjà là, dit il en jetant un coup d'œil à l'horloge, installe toi, j'en ai pour cinq minutes.

Eridan se rendit à coté de la bibliothèque, là où se trouvait deux fauteuils l'un face à l'autre, avec entre eux deux, une table basse. Il s'y assit et attendit. Il se sentait un peu comme un enfant, dans ce grand fauteuil, à regarder l'adulte travailler le front plissé par la concentration. Au bout d'un moment celui-ci rangea ses papiers, posa sa plume en soupirant, avant de se lever pour se laisser à moitié tomber dans le fauteuil en face d'Eridan :

– Jixy !

Un petit elfe transplana dans la pièce et demanda en tripotant nerveusement son pagne crasseux :

– Que peux faire Jixy pour le maitre ?

– Nous aimerions prendre le thé, amène le nécessaire.

L'elfe hocha la tête avant de disparaître, pour réapparaître quelques secondes plus tard en compagnie d'un autre elfe portant un plateau surmonté d'une théière et de tasses, tandis que Jixy portait un plateau plein de pâtisseries. Une fois qu'ils furent partis Eridan attrapa une tasse remplie du liquide fumant et se risqua à demander :

– Qu'est ce que c'est que tous ses papiers ?

Le Lord tourna la tête vers le bureau avant d'esquisser une grimace en voyant l'énorme pile de documents qui y trônait :

– Je prépare quelque chose, quelque chose qui demande beaucoup d'organisation. C'est pour cela que j'ai annulé nos cours dernièrement, je me devais de m'y consacrer entièrement. De plus je manque cruellement de temps…

– Vous devriez déléguer, proposa Eridan en croquant dans un scone, Mère serait heureuse d'avoir de quoi s'occuper. Comme elle ne peut pas sortir du manoir elle tourne un peu en rond ici.

– J'y réfléchirais peut être, susurra Voldemort d'un ton qui indiquait que c'était déjà tout réfléchi, mais pour le moment, je souhaite que le minimum de personnes soient au courant.

– De quoi s'agit-il ?

Voldemort lui adressa un coup d'œil amusé :

– Tu ne fais pas partie du minimum de personne que je souhaite mettre au courant pour le moment.

Eridan haussa les épaules d'un air désintéressé :

– Comme vous voulez.

Le silence s'installa tandis que chacun prenait son thé :

– Comment se passe ta vie au Manoir ?

– Oh, bien ! C'est … reposant, de ne plus être le centre de toute l'attention du monde sorcier, répondit Eridan après une légère réflexion.

– J'imagine bien, sourit le Lord. Même si d'une certaine façon, le monde sorcier n'a pas fini de fixer son attention sur Harry Potter.

– Oui, Drago m'a dit, soupira le brun. Mais Harry Potter n'existe plus, donc ils vont pouvoir spéculer encore un long moment.

– Alors ça y est ? Tu te considère comme un Lestrange à part entière, demanda Voldemort d'un ton moqueur.

– Le fait d'être un Lestrange ne dépend pas de mon bon vouloir, Bellatrix et Rodolphus ont toujours été mes parents, que je le veuille ou non, déclara distraitement Eridan en prenant une gorgée de thé, la seule chose que j'avais à décider c'était si, oui ou non le fait d'être un Lestrange devait nier l'existence d'Harry Potter.

Le Lord sembla réfléchir quelque instant, tournant les paroles du jeune homme dans sa tête :

– Je crois que je vois ce que tu veux dire, dit il prudemment, en gros tu te demandes si, en tant que Lestrange, tu peux continuer à ton comporter comme le faisait Harry Potter, ou si tu préfères abandonner complètement cette identité et repartir sur de nouvelles bases. C'est bien ça ?

– Oui. Je sais que je me complique la vie, en me posant ce genre de questions, répondit le garçon avec un rire gêné.

– Pas du tout, le coupa Voldemort, la question vaut la peine d'être posée, le rabroua t il, Tu avais des amis, des convictions en total désaccord avec le fait d'être un Lestrange. Ça n'a pas dut être aisé de prendre une décision.

Le garçon éluda d'un mouvement d'épaule nonchalant avant de reprendre :

– J'imagine que vous ne m'avez pas invité pour parler de mes états d'âmes, je me trompe ?

Voldemort émit un sifflement semblable à un rire :

– En effet, même si tu restes un garçon très intéressant, Eridan Lestrange, nuança le Lord avec un sourire. A vrai dire, j'espérais voir avec toi pour remettre quelques cours de temps en temps. Nous pourrions nous appesantir sur les matières que tu apprécie, en fait je voudrais savoir ce que tu aimerais le mieux étudier, ce qui t'intéresserait le plus. Tu …

Le brun fronça les sourcils : La conversation n'évoluait pas dans le sens qu'il voulait. Voldemort semblait complètement occulter ce qui s'était passé lors de leur dernier cours ensemble. Il décida de recentrer le propos :

– Vous voulez me parler de nos futurs cours ? Et si on parlait plutôt de ceux qui sont passés ? Je suis persuadé que vous avez votre mot à dire là dessus !

Voldemort jeta un regard ennuyé au jeune homme :

– Tu étais là non ? Il n'y a rien à ajouter aux faits.

– Vous plaisantez ? Il y a un lien entre nous et je suis persuadé que vous savez d'où il provient et quelles en sont les conséquences !

– D'où il vient ? Et bien j'imagine qu'il provient de ma tentative de te tuer, mais comment en être sur ? siffla Voldemort d'un ton sarcastique, Ce n'est pas comme s'il y avait une légion d'autres cas auquel nous comparer, s'énerva t il. Je n'en sais pas plus que toi, je me contente de faire des hypothèses. Les conséquences, je les découvre en même temps que toi !

Eridan grinça des dents, ce n'était pas la réponse qu'il espérait :

– Alors vous n'avez rien à dire là-dessus ? Rien à ajouter ? sur notre lien et les choses étranges qu'il fait ?

– Ce foutu lien, grinça Voldemort, regarde ce qu'il me fait, dit il en montrant ses mains. Plus je suis près de toi, plus ça s'étend. C'est pire que la peste !

– Vous pensez que c'est ma faute ?

– Ça a commencé avec ton arrivé, soupira Voldemort.

Il se pinça l'arrête du nez en jurant :

– C'était une erreur de ma part. Vouloir gagner contre cette maudite prophétie ne m'a rien apporté de bon. Bien au contraire, ça a entraîné ma chute. Tuer les Potter…. Tenter de te tuer… C'était une erreur. Je regrette vraiment ce qui s'est passé cette nuit là, finit Voldemort dans un souffle.

Eridan eut un mince sourire, ça ressemblait presque à des excuses. Il s'apprêtait à répondre quand soudain, une douleur cuisante lui coupa le souffle. Il avait l'impression qu'on essayait de lui extirper le cœur de la poitrine, il n'arrivait plus à respirer. Il commença à suffoquer devant le regard inquiet de Voldemort tandis que les battements affolés de son cœur résonnaient à ses oreilles. Il tomba à genoux sur le sol, les mains crispées sur la poitrine :

– Eridan ! Eridan qu'est ce qui se passe, commença à paniquer son vis-à-vis.

Le jeune garçon gémit de douleur, il n'avait jamais eu aussi mal et pourtant Merlin savait qu'il avait vécu des situations douloureuses. Il avait l'impression que quelque chose tentait de se frayer un chemin dans sa poitrine, détruisant tout sur son passage. D'un coup la douleur s'arrêta un moment le laissant reprendre sa respiration mais ce fut pour recommencer de plus belle, cette fois dans son crane, lui donnant l'impression qu'on essayait de le lui scinder en deux. Au bout d'un moment il entendit un cri et se rendit compte que c'était lui qui hurlait comme un damné. Derrière, il pouvait percevoir la voix paniquée de Voldemort, impuissant.

Puis d'un coup il fut comme poussé en arrière par une force invisible et la douleur s'arrêta sans prévenir.

– Bordel, mais qu'est ce que c'est que cette merde ?!

Eridan leva les yeux pour apercevoir une petite boule de fumée noire à environs trois mètre du sol. Celle-ci flottait tranquillement quand soudain, un cri digne d'une mandragore s'en échappa, obligeant Eridan à se boucher les oreilles. Dans le même temps, la boule descendit en piqué, droit sur Voldemort. Celui-ci lui lança un sort qu'Eridan ne comprit pas qui l'envoya s'écraser à l'autre bout de la pièce.

Cependant la boule revint quasi instantanément, fonçant de nouveau sur le Lord tandis que celui-ci psalmodiait dans une langue inconnue à Eridan, la baguette pointée sur la forme mouvante. Celle-ci se trouvait dangereusement près de Voldemort quand un énorme éclair bleu et argenté sortit de sa baguette pour aller la frapper de plein fouet, faisant taire le cri et ne laissant que du vide.

Les deux hommes se regardèrent à bout de souffle, puis finalement Voldemort tendit la main vers Eridan qui était toujours à genoux.

– Est-ce que ça va ?

Le brun hocha la tête en se saisissant de la main tendu, se rappelant au moment où ses doigts touchèrent ceux du Lord que ce n'étais pas une bonne idée. Il éloigna sa main, mais il était déjà trop tard, de minces filament de lumière s'étaient de nouveau créés mais contrairement à la dernière fois ce n'était pas douloureux. Soudain, une grosseur commença à pousser au centre des éclairs, grandissant de plus en plus pour former une boule. A mesure que la boule grandissait, Eridan se sentait vidé de son énergie, ses paupières et tout son corps devenaient lourds. Il eut juste le temps de voir Voldemort tomber à genoux avant que la boule n'explose dans un grand éclat de lumière.

Puis ce fut le noir total.