Avant Propos

Je tien à rappeler que cette histoire n'est pas la notre, nous n'en écrivons pas un mots. Nous nous contentons simplement de la publier pour l'auteur, merci de comprendre que nous ne pouvons donc pas répondre à vos reviews.

Yunoki & Baderoh


Note de l'auteure : Et voilà la première partie du chapitre 4. Il a été coupé en deux parce qu'il était plutôt long et parce que le chapitre 5 n'avance pas … Enfin bref ! Merci à tous ceux qui m'ont laissé une review, ça me fait vraiment super plaisir ! J'essaye d'y répondre mais j'en oublie la moitié, désolée…

Enjoy !


Eridan ouvrit les yeux, nauséeux, sa joue était posée contre le sol et il fronça les sourcils avant de se rappeler comment il s'était retrouvé ici. Il ferma les yeux douloureusement : tout son corps était courbaturé et il avait une folle envie de vomir. Il ne sentait pas la force de bouger : peut être qu'il pourrait passer le reste de sa vie là, allongé contre le sol ? Après tout ce n'était pas si désagréable. Un gémissement lui parvint, non loin de lui. Il ouvrit un œil paresseux, mais ne vit qu'un bout de cape.

Il se souvint alors avoir vu Voldemort tomber et émit à cette idée un gloussement enroué qui se finit par une toux : ça lui ferra les pieds à ce vieux serpent ! C'était toujours à lui qu'il arrivait des crasses d'habitudes ! Il tenta de bouger la tête pour avoir le Lord dans son champ de vision mais abandonna vite l'idée, le sol s'étant déjà mis à tanguer dangereusement sous son corps. Oui, en cet instant, passer le restant de sa vie sur le sol du bureau de Voldemort semblait une perspective des plus attrayante.

- Eridan, appela une voix enrouée.

- Quoi, croassa celui-ci.

- Rien, je voulais juste vérifié que tu n'étais pas mort, répondit Voldemort d'une voix épuisée.

Eridan gloussa quasi hystériquement en entendant la réponse, tout ce qui se passait lui semblait réellement absurde.

- Deviendriez-vous fou, M. Lestrange ? demanda le Lord avec un sourire dans la voix.

- Il y aurait de quoi, souffla le brun.

- Pas faux…

Le silence s'installa, seulement coupé par la respiration des deux hommes qui se trouvaient encore à terre.

- Il faudrait peut être se lever, proposa Voldemort au bout de quelques minutes.

- Peut pas, gémit Eridan, Vais vomir sinon.

- Ouais… moi aussi.

Le silence se poursuivit quelques instants avant qu'Eridan n'entende un bruissement de cape :

- Il faut… que j'appelle Severus… Il pourra nous aider, ahana le Lord.

Le brun toujours au sol émit un bruit qui tenait lieu de l'acquiescement. Le bout de cape dans son champ de vision disparut tandis que des soupirs d'effort se faisaient entendre avant qu'il ne sente l'écho des pas du Lord qui faisaient vibrer le plancher sous son corps. Le brun enfonça son visage dans le tapis, la nausée ne semblait pas vouloir partir.

- Bordel ! Qu'est ce que c'est que ça ? entendit-il soudain le Lord s'exclamer d'une voix affolée.

Eridan se fit la réflexion que Voldemort jurait beaucoup avant de se retourner difficilement en direction du cri. Il grogna en observa la forme du Lord devant le gigantesque miroir que ce narcissique de Lucius Malfoy avait installé, avant de froncer les sourcils : Sur la tête du Lord, est ce que c'était… des cheveux ? Ses yeux s'écarquillèrent quand Voldemort se tourna vers lui et qu'il croisa le regard paniqué d'un Tom Riddle quasi semblable à celui qu'il avait rencontré en deuxième année.

- Par Mordred, mais qu'est ce qui s'est passé, paniqua Voldemort, sa voix ayant perdu ses accents sifflant.

- Vous avez… Des cheveux ? fut la seul chose qu'Eridan trouva à répondre.

Voldemort poussa un cri d'impuissance, tandis qu'Eridan se relevait difficilement, retournant s'asseoir dans le fauteuil avec peine. Il fixa avec intérêt l'homme qui était maintenant derrière son bureau. Il ressemblait énormément au Tom qu'il avait vu dans la Chambre des Secrets, à ceci prêt qu'il semblait avoir un peu plus que la trentaine. Ces cheveux noirs, tombaient en mèches lâches devant ses yeux qui eux, avaient gardés un reflet rougeâtre, il avait les pommettes haute, le visage acéré et fin, bien que l'âge lui ait octroyé une mâchoire plus carrée que dans ses souvenirs. Il était beau, c'était évident, pensa Eridan tandis que les prunelles rouges s'ancraient dans les siennes, il était mortellement et dangereusement beau :

- Pense moins fort, grinça Voldemort, ton esprit est une vrai passoire.

Eridan lui fit un sourire gêné. Au même moment des sensations bizarres l'assaillir : « Le garçon le trouvait beau… Intéressant. » Eridan sursauta tandis que la pensée étrangère s'insinuait dans son esprit: « Devait-il appeler Severus ? Pas sûr que le potionniste sache quoi faire pour l'aider… Comment cela était il possible d'ailleurs ? Comment son apparence avait elle put changer comme cela ? C'étais comme si… »

- Comme si quoi ? demanda Eridan.

Voldemort se figea, fixant son regard sur le jeune homme :

- Je te demande pardon ?

Vos pensées, elles étaient dans ma tête. Vous savez pourquoi votre apparence a changée !

- Tu as pénétré dans mon esprit, grogna le Lord.

- Pas du tout, répliqua Eridan, vos pensées se sont imposée à moi toutes seules.

Le Serpentard fronça les sourcils l'air anxieux. Malgré lui Eridan pouvait entendre le chaos de ses réflexions : « Et si c'était vraiment ça ? Non c'est impossible… Mais tout concorde ! Et tu aurais passé toutes ces années sans t'en rendre compte ? L'option ne m'avait pas effleuré l'esprit… Et pour la boule dorée ? Des aimants. Elles tendaient vers un équilibre. Il me semble avoir lu … Deux êtres humains, ça n'avait jamais été fait… »

- Serait-ce trop demander que vous m'expliquiez, s'énerva le plus jeune.

Voldemort le regarda avec un air surprit, comme s'il avait oublié sa présence :

- Je, hésita-t-il, je ne suis sûr de rien. Il faut que je fasse des recherches, finit il d'un air distrait en se tournant vers la bibliothèque.

Il se saisit sans hésiter d'un imposant grimoire à l'aspect très ancien, fait d'un cuir noir élimé et fermé par une imposante serrure ancrée à la couverture. Eridan frissonna, il pouvait sentir la magie noire exsuder de l'artefact. Voldemort posa la main sur le livre, murmurant une douce litanie qui le fit s'ouvrir dans un claquement sec.

- Qu'est ce que c'est ? demanda le jeune homme dans un murmure.

- Un de mes livres personnel. Ce grimoire parle d'une magie maudite, une magie que l'homme a voulu oublier, souffla Voldemort en tournant délicatement les pages, Une magie que je me suis appropriée pour vaincre le dernier des ennemis.

Eridan fronça les sourcils en s'avança pour observer les pages écrites dans une langue incompréhensibles par-dessus l'épaule de Voldemort. Au bout d'un moment celui-ci s'arrêta et commença à lire d'un air concentré. Le jeune Lestrange observa l'illustration dessinée dans la marge à l'encre verte, elle représentait deux personnes de profil, se faisant face, les mains liées à celle de l'autre. Les traits du visage des deux protagonistes avaient été accentués jusqu'à ce que leurs visages ressemblent à celui d'un squelette. Au dessus d'eux se trouvait une boule luisante, des filaments fait à l'encre dorée passaient de l'un à l'autre tandis que la boule semblait pulser sur le parchemin.

- Mais c'est… s'exclama le garçon.

- Tais toi, lui intima le Lord d'un ton tranchant.

Eridan pinça les lèvres, désappointé. Au bout d'un moment cependant, il eut un sourire rusé et pénétra dans l'esprit de Voldemort avec une facilité désarmante. C'était indescriptible : Un mélange de sensations, de sentiments, de réminiscences et au centre de ce chaos, le livre. Le brun le fixa et à sa grande surprise, les lettres commencèrent à bouger pour former des mots en anglais :

- Le pont des Âmes, chuchota t il.

Voldemort se tourna vers lui :

- Comment sais tu que… il s'interrompit en réalisant comment le garçon avait pu lire le titre. Tu as encore pénétré dans mon esprit, s'exclama t il furibond.

- Ce qui se passe me concerne aussi, je veux être au courant !

- Je compte bien te mettre au courant ! Ne peux tu pas attendre quelques minutes que j'ai toutes les informations en main ?

Eridan retourna s'asseoir dans le fauteuil avec une moue boudeuse, tandis que Tom continuait de lire le grimoire avec attention. Le jeune homme sourit, Tom Riddle. Le prénom lui allait mieux que jamais avec sa nouvelle apparence, ce serait une honte de ne pas l'utiliser n'est ce pas ?

- Au bout de quelques minutes, le Lord se recula dans sa chaise en soupirant, l'air énervé :

- C'est bon vous avez tous les éléments en mains ? demanda narquoisement le jeune homme.

- Je crois, oui, grinça Voldemort, et crois moi ça ne va pas te plaire.

- Ça n'a pas l'air de vous plaire non plus.

Le Lord lui lança une œillade meurtrière :

- Tu as déjà entendu parler de la magie des Âmes ?

- De la Nécromancie ? demanda Eridan en haussant un sourcil.

- Non. Non ! Ca n'a aucun rapport. N'as-tu rien retenu de ce que je t'ai appris ?

- On n'a jamais parlé de ce genre de sujets, grogna le garçon en réponse.

- La Nécromancie s'applique aux morts, continua le Lord comme s'il n'avait rien entendu, la magie des Âmes s'applique aux vivants. Tu ne t'es jamais demandé comment j'ai réussi à rester en vie et comment j'ai pu revenir d'entre les morts ?

- Euh … Parce que vous êtes démoniaque ? Parce que vous étiez une vieille carne trop accrochée à la vie ?

Voldemort leva les yeux au ciel :

- C'est de la magie Eridan ! De la magie des Âmes plus précisément !

- Je n'en avais jamais entendu parler.

- C'est considéré comme de la magie noire depuis plusieurs siècles, même avant ce n'était pas une magie très bien réputée.

- Qu'avez-vous fait exactement ? souffla Eridan.

- J'ai scindé mon âme pour la préserver. Je l'ai séparé en plusieurs parties que j'ai placées dans des objets pour faire comme… Des bouées de sauvetage au cas où mon corps et l'âme qui y restait devait être détruite. On appelle ces objets des Horcruxes.

- Vous avez mis des bouts de votre âme dans des objets …. Comme le journal, réalisa le jeune homme.

- Oui, le journal contenait une partie de mon âme. Ce qui me surprend c'est que ces objets sont extrêmement difficiles à détruire habituellement. Grogna le Lord, Comment as tu fais ?

- Un crochet de Basilic. Je l'ai transpercé avec.

- Oui, c'est évident, j'aurais dû m'en douter…

- Mais quel est le lien avec nous?

- Pour créer un Horcruxe, il faut prendre une vie. Pour le détruire, il y a différents moyens : Les sortilèges de Feudeymons, le venin de Basilic… ou bien éprouver des regrets pour le meurtre qu'on a commis, finit Voldemort en fixant Eridan droit dans les yeux.

- Que voulez vous dire ? prononça difficilement le garçon.

- Je veux dire qu'il semblerait qu'il y ait eu un Horcruxe en trop, un que je n'avais pas prévu de créer.

- C'est impossible, bredouilla le jeune homme en comprenant ce que les paroles de Voldemort impliquaient, vous voulez dire que pendant toutes ces années, je me promenais avec un morceau de votre âme en moi ?!

- Il semblerait bien, grinça le Lord, c'était cela l'origine de notre lien ! En te confessant mes regrets tout à l'heure, l'Horcruxe a été fragilisé, il a été expulsé de ton corps et a tenté de revenir en moi.

- Mais vous l'avez détruit.

Voldemort soupira, un air embêté sur le visage :

- Certes. Je n'avais pas compris sur le coup. De toute façon, je ne pense pas que le retour aurait été très réussi… Une partie de mon âme ayant séjourné pendant presque quinze dans un autre corps…. Je ne suis pas sur d'en vouloir encore, finit il d'un air faussement désintéressé.

- Mais ça n'explique pas tout, répondit Eridan en fronçant les sourcils, pourquoi avez-vous changé d'apparence ? D'où viennent la boule dorée et les filaments qui nous liaient ?

- C'est plutôt complexe, grogna Voldemort, C'est un phénomène rare qui s'appelle le Pont des Âmes.

- C'est ce dont le livre parle, n'est ce pas ? demanda Eridan en se faisant la réflexion qu'il lui arrivait quand même beaucoup de phénomènes rare.

- Oui, il fait également partie de la magie de l'âme, mais lui se produit de manière spontanée.

- C'est-à-dire ?

- Quand deux personnes dont l'âme est incomplète entrent en contact, commença à expliquer le Lord, chacune des deux âmes va essayer de compléter l'autre, sans y parvenir. Elles vont essayer de former une âme complète, continua le Lord en pointant le dessin de la boule sur le livre, mais chacun des deux corps va tenter de la tirer à lui jusqu'à ce que finalement, elle éclate, se répartissant alors entre les deux corps.

- Ce n'est pas si compliqué que ça à comprendre, maugréa le brun en fronçant le nez.

- Dis comme ça, en effet, s'esclaffa Voldemort, mais il s'agit de mécanismes très complexes qui régissent ce genre de réaction. C'est le genre de choses qu'étudient les Langues-De-Plombs du département des mystères.

- Mais je ne comprends pas, renchérit le brun, mon âme était complète pourtant !

- Et bien en réalité, non, soupira le Lord. Elle ne l'était pas. Avant six ans, l'âme d'un sorcier est encore en formation, c'est pour cela qu'en dessous de cet âge, on observe beaucoup de magie involontaire. Tu avais tout juste un an lorsque tu es devenu un Horcruxe, c'est pour cette raison que ce morceau de mon âme n'a pas été rejeté et c'est également pour cela que tu sais parler Fourchelangue : Ton âme s'est construit autour de la mienne, la considérant comme une part intégrante de toi. Malgré cela ton âme comportait tout de même une lacune, certes cela ne t'empêchait pas de vivre, mais c'est cette lacune qu'a identifié le Pont des Âmes. Bien sur la première fois il ne pouvait rien faire, car ton âme était … physiquement complète – à défaut d'un meilleur mot- mais une fois que mon âme, mon Horcruxe avait été détruit la voie était libre !

- Je comprends, souffla le garçon, c'est ce qui nous est arrivé alors ? Un Pont des Âmes ?

- C'est ce que je pense en effet, répondit Voldemort en hochant la tête, accepterais tu que je te jette un sort pour confirmer ?

Eridan éclata de rire :

- C'est bien la première fois que vous me demandez avant de me jeter un sort, sourit le garçon. Je vous en pris allez y.

Voldemort leva sa baguette et prononça quelques mots avant qu'une lumière blanche brumeuse ne s'échappe de sa baguette pour venir envelopper Eridan, pour se condenser devant lui en une boule à l'intérieur de laquelle de la fumée bleue et de la fumée verte semblaient tourbillonner sans se mélanger.

- Voila nos âmes, prononça le Lord, si je me lançai le sort, la même boule apparaitrait. On peut clairement voir qu'il y a deux âmes différentes, pour l'instant elles forment deux phases distinctes, mais à termes elles vont finir par se mêler pour devenir uniforme.

- Et qu'est ce que ça signifiera pour nous ?

Voldemort ramena ses mèches brunes en arrière en poussant un énième soupir :

- Je ne sais pas vraiment. Il y a déjà les conséquences évidentes, comme tu as pu le constater, tu peux entrer facilement dans mon esprit, malgré mes énormes barrières mentales. De plus tu as certainement pu observer quelques légers changements physiques, ironisa t il.

- Oui, je crois avoir remarqué, répondit Eridan sur le même ton, mais pourquoi seulement vous ?

Le sourire de Voldemort s'élargit :

- Oh, ne t'inquiète pas, ce n'est pas « seulement moi »…

Le plus jeune écarquilla les yeux à ces mots et se rua vers le miroir :

- Par Merlin, s'exclama t il, sa voix montant dangereusement dans les aigus. Mais qu'est ce que c'est que ça.

Devant lui se tenait un garçon à l'air paniqué, quoique le terme garçon ne semble plus vraiment d'actualité. A la place d'un jeune homme de quinze ans, son reflet était celui d'un homme dans sa vingtaine, ses cheveux qu'il avait laissé pousser depuis son arrivé et qui lui arrivaient au menton encadraient son visage devenu plus carré. Il avait l'impression de voir Sirius dans le reflet, encore plus qu'auparavant. Bien entendu, l'illusion n'était pas parfaite : les yeux n'étaient pas du même bleu, le nez légèrement différent, la bouche n'avait pas les mêmes expressions, mais le jeune homme sentit quand même une vague intense de mélancolie le submerger.

- C'est une histoire de vases communiquant, repris Voldemort derrière lui, tout ce qui m'arrive va t'arriver et inversement.

- Il y a un coté très dramatique à tout ça, sourit timidement Eridan en reprenant contenance. On dirait une tragédie grecque.

Voldemort émit un petit rire, faisant bouger ses mèches au gré de ses mouvements et luire ses yeux :

- Eh bien ! Il n'y a plus qu'à espérer que notre histoire ne finisse pas de la même façon, finit il avec un sourire, tandis qu'Eridan goûtait à l'étrangeté réconfortante de ce nouveau « nous ».