Bonjour à tous,

On se retrouve aujourd'hui avec un nouveau chapitre d'Eridan !

Bonne Lecture,

Yunoki & Bederoh

P.S : Nous avons débuté un nouveau challenge dans l'idée de "Les Vacances à Poudlard", seulement nous sommes au mois d'Octobre, vous savez ce que ça signifie..? HALLOWEEN ! Pour vous inscrire vous n'avez qu'à vous rendre sur la page facebook, le lien est sur notre profil !


Hey ! Voilà la suite du chapitre 4 ! J'espère qu'il vous plaira, il me tient vraiment à cœur, j'espère que vous l'aimerez autant que j'ai aimé l'écrire ….

Merci à tous ceux qui ont laissé une petite review (les anonymes je peux pas vous répondre mais vos messages me vont droit au cœur !)

Ce chapitre (comme le 3 et le 4 d'ailleurs) a été corrigé par Lilou40 !

Enjoy !


Devant lui se tenait un garçon à l'air paniqué, quoique le terme garçon ne semble plus vraiment d'actualité. A la place d'un jeune homme de quinze, son reflet était celui d'un homme dans sa vingtaine, ses cheveux qu'il avait laissé poussé depuis son arrivé et qui lui arrivait au menton, encadrait son visage devenu plus carré. Il avait l'impression de voir Sirius dans le reflet, encore plus qu'auparavant. Bien entendu, l'illusion n'était pas parfaite : les yeux n'étaient pas du même bleu, le nez légèrement différent, la bouche n'avait pas les même expressions, mais le jeune homme sentit quand même une vague intense de mélancolie le submerger.

C'est une histoire de vases communiquant, repris Voldemort derrière lui, tout ce qui m'arrive vas t'arriver et inversement.

Il y a un côté très dramatique à tout ça, sourit timidement Eridan en reprenant contenance. On dirait une tragédie grecque.

Voldemort émit un petit rire, faisant bouger ses mèches au gré de ses mouvements et luire ses yeux :

Eh bien ! Il n'y a plus qu'à espérer que notre histoire ne finisse pas de la même façon, finit il avec un sourire, tandis qu'Eridan goûtait à l'étrangeté réconfortante de ce nouveau « nous ».

Les jours qui suivirent furent difficiles. Tout d'abord il fallut donner une explication au soudain changement d'apparence des deux hommes à Bellatrix, Rodolphus, Narcissa et Snape mais également à tous les autres Mangemorts. Si les premiers eurent droit à une partie de la vérité – Voldemort ne voulait pas parler de ses Horcruxes plus que nécessaire- les Mangemorts, qui furent convoqués un soir au manoir Malfoy, n'eurent droit qu'à un discours sur la toute-puissance du Lord qui lui avait permis de rajeunir et d'amplifier ses pouvoirs.

Les deux hommes se rendirent également rapidement compte qu'il leur était difficile de rester éloigné l'un de l'autre plus d'une journée. S'ils le faisaient, ils attrapaient rapidement la nausée et des maux de tête atroces. Eridan prit donc rapidement l'habitude les soirs de venir réviser ses cours de la journée dans le bureau de Voldemort, ou bien il s'asseyant dans un fauteuil pour lire un des innombrables livres de la bibliothèque tandis que le Lord travaillait encore et toujours à son projet secret :

– J'avais ressenti la même chose lorsque j'avais créé mes Horcruxes, confia le Serpentard un soir qu'il prenait le thé ensemble en bavardant. Au début j'étais incapable de me séparer de l'objet dans lequel se trouvait mon âme. Ce n'est qu'avec le temps que le sentiment de manque a commencé à disparaitre.

Ils se retrouvaient souvent, tous les deux, pour discuter. Si Eridan n'était plus rentré dans l'esprit de Voldemort – et l'autre en faisait de même- il pouvait tout de même percevoir les sentiments que celui-ci ressentait. C'était étrange, cette sensation de ne plus être seulement soi, mais ça leur permettait d'amener une certaine sérénité dans leurs échanges. Maintenant, Eridan se sentait bien en présence de Tom et il savait que le sentiment était réciproque.

Quelques fois lors de leur soirée en tête à tête, le jeune homme se retrouvait à contempler le plus vieux, il le fixait parfois, pendant quelques minutes alors que celui-ci travaillait, admirant la courbe de son visage, digne d'une statue grecque, avant de se retourner brusquement pour retourner à ses lectures. Il était fasciné par l'homme, par le charisme, l'intelligence et la puissance qui sortait de chacun des pores de sa peau. Maintenant qu'il le voyait tel qu'il avait été avant sa chute, il comprenait mieux pourquoi une centaine de personne le considérait comme un leader omnipotent.

Un jour, alors qu'il prenait le thé ensemble, Eridan commença à parler de son enfance chez les Dursley, Voldemort s'étant étonné de son ignorance à propos d'un banal objet sorcier. Le brun lui fit alors un rapide récit, presque laconique, de ce qu'il avait subi chez les moldus. Comme pour tout ce qui lui était arrivé avant son arrivé au Manoir Malfoy, il avait l'impression de raconter la vie de quelqu'un d'autre, il le fit donc avec un certain détachement. Certes, il se souvenait avoir souffert de leur comportement et il en souffrait encore, portant encore les séquelles mentales, mais c'était du passé maintenant, ça appartenait à une autre vie, celle d'Harry Potter. Contrairement à ce qu'il attendait, à la fin de son récit, le visage du Lord n'exprimait aucune pitié, aucune tristesse, seulement une froide résolution.

– Les moldus… L'homme en général, est mauvais de nature, déclara-t-il seulement. Comme toi, j'ai été témoin de la laideur des moldus et de la couardise des sorciers, de leur déni.

Voldemort marqua une pause, mordillant sa lèvre, hésitant :

– J'ai été élevé dans un orphelinat, par des moldus. C'est là-bas que j'ai appris qu'il fallait écraser les autres pour ne pas être écrasé, j'y ai appris que pour survivre il fallait être plus puissant. Le plus puissant.

Il se tut avant d'ouvrir de nouveau la bouche, comme pour rajouter quelque chose, pour finalement la refermer et se renfoncer dans son siège, un pli soucieux lui barrant le front.

– Alors vous n'avez pas connu vos parents ? demanda Eridan d'une voix douce.

Le visage du Lord se tordit dans un mélange de tristesse et de colère :

– Je n'ai jamais connu ma mère, elle est morte à ma naissance. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai cru qu'elle était une moldue. Je savais qu'un de mes deux parents n'était pas sorcier, je pensais que si elle avait été une sorcière, elle aurait réussi à sauver sa propre vie. Sa mort était un signe de son impuissance. Je me suis cependant rapidement rendu compte de mon erreur : ma mère n'était pas une faible moldue mais une sorcière idiote et ce sont ses choix idiots qui l'ont tué. Je me suis donc mis à chercher mon père du coté moldu.

Un silence s'installa dans la pièce, au bout de quelques secondes, Eridan n'y tint plus et finit par demander timidement :

– Vous l'avez retrouvé ?

Le Serpentard pris une longue gorgée de thé avant de répondre laconiquement :

– Oui.

– Et que s'est-il passé ? Qu'est-il devenu ?

– Je l'ai tué, répondit Voldemort d'une voix tranchante, clôturant ainsi la discussion.

Les semaines continuèrent donc de passer, se transformant en mois. Les deux hommes continuaient à se voir tous les soirs, bien qu'aucun des deux ne ressente plus le manque, le sentiment de bien-être lui était toujours présent lorsqu'ils se trouvaient ensemble.

– Tom, gémit Eridan d'une voix plaintive, je m'ennuie…

– Trouve toi une occupation, je suis occupé, répondit son homologue d'une voix lassée, et ne m'appelle pas Tom, je déteste ça.

– Mais c'est moi ! Je suis spécial, tu peux bien faire une exception !

Le plus vieux leva les yeux au ciel devant l'attitude infantile de celui avec qui il partageait son âme :

– Je n'aime pas ce nom, ce n'est pas ma faute. Je préfère Voldemort, c'est le nom que je me suis choisis, il reflète mon pouvoir, ma puissance, ma ….

– Mégalomanie ? Proposa Eridan avec un sourire.

– Moque-toi tant que tu veux, répondit le Serpentard avec un sourire, ça ne m'atteint pas.

Eridan émit un petit rire avant que le silence ne s'installe de nouveau, seulement brisé de temps à autre par le bruit des papiers de Voldemort :

– Tom ?

– Quoi ? grinça celui-ci.

– C'est bientôt Noel, répondit le jeune homme d'une voix douce.

– Et ?

Eridan soupira en se passa la main dans les cheveux :

– Je suis un peu frustré, j'aurais aimé sortir pour acheter des cadeaux à mes parents, Narcissa, Drago, même Snape… Et bien sûr pour toi, mais je suis coincé ici, bouda-t-il.

– C'est trop risqué pour toi de sortir, répondit Voldemort sans lever les yeux de ses papiers.

Il attrapa une plume et se mit à écrire sur un parchemin en continuant :

– Tu ressembles trop à Sirius Black pour passer inaperçu, de plus il est hors de question que tu te promènes seul dehors par les temps qui court. La seule personne en qui j'ai suffisamment confiance et qui puisse toujours sortir est Narcissa, mais si on la voit se promener avec le sosie vivant de son cousin je doute que vous puissiez vous fondre dans la masse.

– Oui je sais bien, soupira longuement Eridan, de toute façon mère est devenu quasi hystérique quand j'ai seulement mentionné le fait que je voulais sortir… Mais je n'aurais de cadeau pour personne, finit le garçon d'une voix triste.

Voldemort releva la tête, fixant le garçon en fronçant les sourcils. Il sentait à travers leurs liens que le garçon était déçu et triste, mais il ne savait pas quoi faire. Il rangea grossièrement ses papiers en soupirant avant de se lever pour s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil du jeune homme :

– Pourquoi tu ne ferais pas toi-même tes cadeaux ? proposa-t-il.

– Comme quoi ? Des cœurs en pâtes à sel pour mes parents ? Un collier de nouille pour Snape ? demanda ironiquement Eridan.

– Tu dois bien avoir un talent quelconque, répondit Voldemort en agrandissant d'un sort le fauteuil, en ayant déjà marre de se tenir en équilibre sur l'accoudoir.

– Certains te diraient que mon plus grand talent c'est d'avoir survécu pendant quinze ans à un mage noir mégalomane, répondit le plus jeune avec un sourire.

Le dit mage noir assena une tape sur l'arrière du crâne de l'insolent tandis que celui-ci éclatait de rire :

– Tu n'as donc absolument aucune idée de ce que tu pourrais faire ?

– Non, grogna le brun. Ça m'énerve, c'était notre premier Noel tous ensemble, comme une famille, j'aurais voulu marquer le coup.

– Je crois que Narcissa va préparer une fête assez importante. Seulement avec la famille bien sûr, bien que je crois qu'elle a invité Severus, réfléchit Voldemort. La connaissant ce sera une soirée inoubliable.

Eridan se retourna vers son lié, se rendant alors compte qu'il était très proche, bien que ce ne soit en rien désagréable :

– Et toi ? demanda-t-il en haussant un sourcil dans un geste purement Malfoyen. Tu ne viens pas ?

Voldemort poussa un long soupir embêté en passant la main dans ses cheveux :

– Narcissa m'a invité mais je ne pense pas y aller, devant le regard interrogatif du plus jeune il continua. Les gens sont mal à l'aise en ma présence, ils ne sont pas vraiment détendus quand je suis dans les parages, de plus je ne suis moi-même, pas très à l'aise avec ce genre de manifestation.

– Oh, soupira Eridan, j'aurais bien aimé que tu sois là. Moi, ta présence m'apaise.

– Je sais bien.

Bien sûr qu'il savait. Il savait tout de ce qu'il ressentait, chacun de ses sentiments, tout comme lui savait maintenant ce qui se passait derrière le masque impassible du Seigneur des Ténèbres.

Eridan poussa un long soupir fatigué en laissant tomber sa tête contre l'épaule de Tom. Celui-ci sursauta au contact avant de finalement se détendre, fermant les yeux, se laissant bercer par le son de la respiration du jeune homme contre lui. Au bout d'un moment il tourna légèrement la tête et enfouis son nez dans les longues mèches du brun, respirant leurs douces fragrances.

– Je pensais à quelque chose, murmura Eridan.

– Hum ? Répondit distraitement le Lord le nez toujours dans les cheveux de celui-ci.

– Est-ce que… Enfin… Tu as le droit de dire non ! Ce serait peut-être mieux que tu dises non d'ailleurs ! Mais… Enfin je … Je voulais quand même poser la question…

Voldemort s'éloigna pour observer le jeune homme, son visage était devenu écarlate et il pouvait sentir sa gêne à travers le lien :

– Tu comptes tourner autour du pot encore longtemps, demanda-t-il avec un sourire moqueur.

Le garçon rougit encore plus, un peu à cause de la colère cette fois :

– Est-ce que tu accepterais que je dorme avec toi ce soir ? demanda-t-il d'une traite, son regard évitant celui du plus vieux.

Voldemort resta muet quelques secondes. Ce n'était clairement pas ce à quoi il s'attendait. Il finit par se reprendre et demanda avec un sourire malicieux :

– Me feriez-vous une proposition indécente M. Lestrange ?

– Quoi ? demanda Eridan avant de s'exclamer. Non ! Non, pas du tout ! C'est juste… Je dors mal en ce moment, je pensais que ça m'aiderait peut être. Je peux dormir dans un lit à coté si tu préfères ! Mais j'aimerai être près de toi, finit il d'une petite voix.

Avant qu'il ait le temps de le réaliser, Tom s'était rapproché et avait effleuré ses lèvres des siennes, les touchant à peine dans une caresse aérienne.

– Je serais ravi que tu me rejoignes, susurra le Lord en s'éloignant.

Eridan le fixa quelques secondes, comme stupéfié, avant de reprendre contenance :

– C'est toi qui me fais des propositions indécentes maintenant ! S'exclama-t-il.

– Moi ? s'étonna Voldemort d'un air faussement innocent, je n'oserais jamais !

– Je viens pour dormir, et uniquement pour cela ! insista le garçon.

– C'est évident, sourit moqueusement le plus vieux.

– C'est bien clair ?

– Comme de l'eau de roche, susurra Tom en se levant, Je règle encore quelques menus détails et nous irons dormir, est ce que ça te va ?

Eridan grogna son assentiment tandis que le Serpentard retournait à son bureau. Plus tard quand il se glissa dans le grand lit de Tom et que celui l'enlaça en s'endormant, il se fit la réflexion qu'il avait certainement atteint le paroxysme du narcissisme en ressentait de tels sentiments, quelque part, pour sa propre âme.

Le lendemain matin le jeune homme se réveilla contre quelque chose de chaud. Il prit une grande inspiration, profitant de la senteur rassurante, il frotta son nez contre son oreiller de fortune quand soudain celui-ci se mit à bouger. D'un coup Eridan se rappela qu'il n'était pas dans son lit et tenta de s'éloigner en rougissant. Cependant il fut rapidement stoppé par des bras musclés qui l'attrapèrent et le ramenèrent contre le Lord Noir :

– Ne pense même pas à partir comme ça, grommela le plus vieux d'une voix endormie.

– J'ai juste été surpris, maugréa Eridan en tentant de desserrer la poigne du Lord, je n'ai pas vraiment l'habitude de me réveiller avec quelqu'un dans mon lit.

– J'espère bien, grogna Voldemort, de toute façon, il s'agit de mon lit et non du tien.

– Hum, souffla le brun en s'enveloppant frileusement dans les couvertures, ce qui est à toi est à moi, non ? Je veux dire on partage déjà notre âme, alors un lit…

– Fais attention, susurra Tom, je pourrais croire que tu comptes t'installer ici.

– Pourquoi pas ?

Voldemort sourit et s'approcha, promenant ses lèvres sur le visage d'Eridan, l'effleurant à peine avant de passer sur ses lèvres. C'était plus une caresse qu'un baiser, comme une barrière qu'aucun des deux ne se sentait encore près à franchir. Eridan nicha sa tête dans le coup de Tom et tous deux restèrent ainsi, profitant simplement de la présence de l'autre et du calme du matin.

– Tu as des cours aujourd'hui ? demanda finalement Voldemort, brisant le silence.

Eridan poussa un long soupir boudeur avant de répondre, la tête encore à moitié enfouis sous la couette :

– Je dois voir mère à dix heures…

– Hum, répondit distraitement l'autre, tu devrais certainement te dépêcher, il est dix heure moins quart et aucun de nous deux ne veut avoir à faire avec une Bellatrix paniquée parce que son fils a dix minutes de retard.

– Je ne comprends pas pourquoi elle panique tellement à chaque fois.

– Pour elle ça doit certainement signifier que tu as fugué du Manoir et que tu t'es retrouver à devoir vendre tes charmes au plus offrant dans l'allée des Embrume pour survivre, répondit Tom d'un ton neutre.

Un long silence suivit ses paroles avant que le plus jeune ne reprenne :

– Tu dis des choses vraiment immondes parfois, souffla t-il.

Le Lord pouffa :

– Aller ! Dépêche-toi ! répliqua t il en se levant. Tu vas être en retard !

Les jours qui suivirent, Eridan prit l'habitude de venir dormir avec le Lord. Il passait habituellement la soirée ensemble avant de se rendre dans la chambre où ils s'endormaient enlacé. Ils n'étaient jamais allé plus loin que leurs baisers fantôme. Ils commençaient cependant à ressentir une pointe de frustration à ce sujet, tous deux savaient parfaitement ce que ressentait l'autre là-dessus mais si Tom ne voulait pas aller plus loin parce que le concept d'un quelconque sentiment le terrifiait, Eridan, lui, était terrifié par la vitesse à laquelle évoluait leur relation. Ils étaient passé du statut d'ennemis mortels, à presque amant en quelques mois, c'était très déstabilisant. Si on ajoutait à cela ses remords pour avoir quitté le camp de la Lumières pour rejoindre sa famille, le garçon avait l'impression d'être sur le point d'exploser. Trop de sentiments arrivaient de tous les côtés, il réfléchissait constamment aux choix qu'il avait fait, remettant en question chacun de ses actes.

Les vacances de Noël finirent par arriver et avec elles, Drago revint au Manoir. Les elfes avaient mis des décorations un peu partout et un immense sapin trônait au milieu du salon principal tandis que des bougies flottaient tout autour. Quelques Mangemorts passaient de temps en temps au Manoir mais ils étaient plus rares qu'avant. Tout était calme, le monde sorcier tout entier semblait être engourdi par la douceur cotonneuse de la neige qui tombait sans discontinuer et par l'ambiance de fête qui régnait, comme une lueur réconfortante qui semblait éclairer ces temps sombres.

Drago et Eridan passait pas mal de temps ensemble, ils faisaient leurs devoirs, le brun expliqua même la base du pentacle à son cousin. Ils parlaient rarement de Poudlard, et quand ils le faisaient ils savaient tout deux éviter les sujets douloureux :

– Au fait, demanda un jour Eridan en mâchouillant distraitement sa plume, qui est le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal ?

– Tu ne le sais pas, s'étonna Drago en relevant la tête de son devoir, mais c'est Snape !

– Quoi ? Sérieusement ? Il ne me l'a jamais dit ! s'exclama le brun. Qui fait Potion alors ?

– Un vieux bedonnant du nom de Slughorn, un imbécile si tu veux mon avis.

– Pourquoi ? il est mauvais ?

– Non, ça va, répondit distraitement le blond, même s'il n'arrive pas à la cheville de Severus. C'est juste que le seul but de ce professeur c'est de se faire bien voir par les élèves de bonnes familles.

– Eh bien, tu devrais être heureux, ricana Eridan, il doit être complètement à tes pieds !

– Pas vraiment, non, grinça Drago, je suis en quelque sorte déchu, depuis ce qui ai arrivé à mon père.

Eridan se mordit la lèvre en se rendant compte de sa maladresse, il afficha une grimace désolée :

– Drago …

– C'est bon, c'est bon, maugréa celui-ci, je n'ai besoin de la pitié de personne et certainement pas de la tienne !

Un silence s'installa dans la pièce seulement brisé par le bruit de la plume du blond sur le parchemin :

– Mon père… chuchota celui ci au bout d'un moment, il n'est pas fait pour Azkaban, j'espère que le Lord pourra l'en sortir vite…

Durant la journée du vingt-quatre tout le manoir était en ébullitions. L'approche de Noel rendait tout le monde fébrile, Narcissa dirigeait les elfes aux cuisines pour le repas du soir et à ce moment elle ressemblait plus que jamais à Bellatrix de part son intransigeance. Quelques heures avant la fête, ce fut Drago qui se révéla être un démon. Eridan se trouvait alors dans la véranda à contempler la neige tombé quand le blond le débusqua :

– Ah tu es là ! Tu es dur à trouver ces temps-ci ! s'exclama celui-ci en débarquant dans la pièce.

– Ah bon ?

– Oui, répondit Drago en s'asseyant dans un fauteuil, ta chambre est quasi tout le temps vide et tu disparais à chaque fois on ne sait où !

– Je ne vais pas rester enfermer dans ma chambre toute ma vie, rit Eridan.

– Même pas pour y dormir ?

Le brun tourna un regard surpris vers son cousin :

– Je suis allé dans ta chambre quelques jours après mon retour pour discuter, tu n'y étais pas. Je suis revenu la nuit d'après et celle d'encore après pour me rendre compte que tu découchais bel et bien !

– Drago écoute …

– Non toi, écoutes. Je me fous de savoir ce que tu fais, du moment que tu ne fais de mal à personne, d'accord. Juste, ne me prend pas pour un imbécile, ça ne te réussira pas.

Eridan regarda le blond un moment avant de finir par esquisser un sourire mi gêné mi amusé :

– Je m'en souviendrai.

– Bien, maintenant viens avec moi !

– Hein ? Où ça ?

– Il faut que tu sois présentable pour Noel ! Mère a invité mes grands-parents et je crois que le père de Rodolphus va venir aussi.

– Tu veux dire… Mon grand-père ?

– Ouais, ouais cette vieille peau de Malfurion Lestrange… Ne t'excite pas trop à cette idée, il est insupportable. Suis-moi maintenant, on va trouver de quoi t'habiller !

Eridan passa alors le reste de l'après midi à essayer différentes tenues sous la houlette intransigeante de Drago. Ce n'est qu'une demi-heure avant le début de la soirée que le blond se déclara satisfait et abandonne le jeune homme pour aller lui-même se préparer. Le brun se regarda dans le miroir : Drago avait choisi pour lui un ensemble noir et bleu marine avec quelques teintes de doré ici et là. Eridan avait préféré laisser ses cheveux détachés malgré les supplications de son cousin mais celui-ci lui avait quand même insisté pour lui laisser un ruban bleu au cas où.

Un peu avant vingt heures le garçon descendit dans le salon principal ou se trouvaient déjà Narcissa et ses parents :

– Eridan, s'exclama son père en le voyant arriver, très joli costume !

– Merci, mais c'est Drago qui l'a choisi pour moi. Il peut être très … directif, parfois !

Narcissa émit un rire cristallin :

– Que veux-tu ? Dray accorde beaucoup d'importance à ce genre de chose !

– Le connaissant il va encore arriver avec plusieurs heures de retard, soupira Bellatrix en fronçant les sourcils, Je ne comprendrais jamais ce qui lui prend tant de temps.

– Il semblerait qu'il y a beaucoup de chose qui soit en dehors de ta compréhension, siffla la voix glaciale de Snape tandis que celui-ci pénétrait dans la pièce dans une envolée de cape noire.

– Severus, répondit Bellatrix d'une voix mordante. Je vois que même toi tu as été conquis par l'esprit joyeux de Noël.

Le potionniste fit une grimace de dégout avant de continuer, son visage prenant une expression épuisée :

– Je n'ai pas eu une journée facile, Dumbledore est invivable depuis que Potter a disparus. Surtout maintenant qu'il a compris que le môme ne reviendra pas.

Snape poussa un long soupir en faisant craquer son dos :

– Est-ce que le Lord va nous rejoindre ce soir ? J'aurais quelques informations à lui communiquer.

– Hélas non, soupira Narcissa avec une moue dépitée, il a refusé mon invitation.

Eridan tourna brusquement la tête vers Narcissa faisant craquer son cou :

– Je vais le chercher, s'exclama t il en se dirigeant vers la sortie. il est hors de question qu'il reste seul dans son bureau à travailler le soir de Noël ! Je reviens !

Et sans attendre de réponses, il disparut dans les couloirs, montant les marches quatre à quatre jusqu'au bureau du Lord. Il pouvait sentir à travers le lien que celui-ci réfléchissant, il était ennuyé par quelque chose, il était temps qu'il se change les idées !

– Tom ! s'écria en t il en pénétrant dans le bureau sans prendre la peine de frapper. Descend, c'est Noël il faut que ….

Eridan se stoppa au milieu de sa phrase en rougissant. Le Lord n'était pas seul. Assis en face de lui à son bureau, se tenait un homme imposant au visage couturé de cicatrice qui le regardait maintenant avec intérêt.

– Bonjour, susurra celui-ci avec un sourire moqueur. Je ne savais pas que ce Manoir hébergeait d'aussi délicieuse … friandise.

– Fenrir, grinça Voldemort, j'apprécierai que tu ne fasses pas de telle remarques ici. C'est complètement déplacé !

Le regard carmin du Lord se posa alors sur le brun qui avait à présent la folle envie de disparaitre :

– Eridan, grogna-t-il, je te présente Fenrir Greyback, c'est l'alpha de la plus grande meute de loups garou de Grande Bretagne. Fenrir, je te présente Eridan le fils de Bellatrix et Rodolphus.

– Oh, s'exclama le loup ses yeux s'agrandissant d'intérêt, je ne savais pas qu'ils avaient un fils.

– Je vais vous laissez, proposa le plus jeune, mal à l'aise.

– Mais non reste, rit Fenrir, Après tout tu es aussi concerné que nous. Ton avis peut être intéressant !

– Mon avis ? Sur quoi ?

Le loup garou écarquilla les yeux :

– Il ne sait pas ? demanda-t-il en se retournant vers le Lord.

– J'ai n'ai mis que très peu de gens au courant, maugréa celui-ci en retour.

– Mon garçon, susurra lentement Fenrir, en se retournant vers Eridan avec un sourire mauvais. Dans une semaine très exactement, nous allons enfin remporter cette foutue guerre !

– C'est-à-dire ? demanda le brun en déglutissant.

– Nous allons attaquer Poudlard !

A suivre...