Vous l'avez attendu le voici !

Enfin pas tout à fait, pour Noël l'auteure d'Eridan vous propose un petit Hors Série.

Bonne lecture,

Yunoki & Baderoh


Note de l'auteur : Hey, tout d'abord je tiens à m'excuser pour l'énorme délai entre le dernier chapitre et celui-là, ces derniers mois ont été bien remplis et j'ai eu très peu de temps à moi (donc encore moins de temps pour écrire …). Cependant, JE FINIRAIS CETTE FIC. La seule chose qui me manque c'est du temps (j'aurais quelques jours de vacances en janvier, après mon concours, j'essayerais de prendre de l'avance à ce moment-là).

Question : Je pense écrire d'autre chapitres centrés sur d'autres personnages, comme par exemple Drago à Poudlard ou encore l'Ordre (avec Hermione, Ron, Dumbledore…), dites-moi ce que vous en pensez !

Merci à Lilou40 qui a eu la gentillesse de corriger ce chapitre et merci à tous les reviewers !

Bonne lecture !


Des chants résonnaient au loin, perçant le silence cotonneux des flocons qui tombaient, épaississant toujours plus le vaste manteau blanc nacré. Quiconque serait passé à ce moment-là devant le cimetière contigu à la petite église de ce village perdu d'Angleterre se serait pourtant étonné de voir un homme se tenant devant le portail.

Le quidam aurait pu se demander ce que faisait cet homme à attendre en ce lieu macabre, un autre encore aurait pu s'attrister à l'idée qu'il soit là, seul, un soir de Noël. Cependant, seul un observateur attentif aurait pu remarquer l'absence de marques de pas dans l'épais manteau blanc qui entourait la sombre silhouette.

Mais personne n'était là pour voir l'homme qui semblait comme jaillit de nulle part. Qui serait dehors le soir de Noël ?

Un oiseau s'envola dans un bruissement qui sonna comme un coup de tonnerre dans le silence environnant. L'homme sembla alors sortir de sa rêverie et poussa le portail en laissant s'échapper un soupir las.

Severus laissa ses pas le guider à travers le cimetière, il était venu ici tant de fois, c'était presque comme une seconde nature pour lui. Après tout, il avait toujours été irrésistiblement attiré par elle, pourquoi en serait-il autrement maintenant ? Il s'arrêta finalement, sa cape retombant autour de lui dans un mouvement souple tandis que ses yeux se fixaient sur la tombe de Lily Potter.

Malgré toutes les années qui avaient passées, il ressentait toujours cette tristesse indicible lorsqu'il voyait son prénom, le prénom de la si vivante, la si heureuse Lily, gravé sur la pierre dure et froide. A chaque fois son esprit tentait de nier la réalité, ça lui paraissait tellement …absurde ! L'imaginer pâle et sans vie lui semblait impossible, pourtant il avait vu, il l'avait vu les yeux grands ouvert sur le vide. Ce même vide qui habitait son cœur depuis.

Mais la douleur de la savoir partie n'était rien comparé à celle qu'il éprouvait quand il se rappelait son implication dans sa disparition. Il avait tout foiré, du début à la fin, et maintenant elle était partie. Pour toujours. Il restait seul avec sa détresse, sa culpabilité et rien dans son futur ne laissait présager des jours meilleurs.

Un sanglot essaya de se frayer un passage dans sa poitrine mais il le contint tant bien que mal. Il avait dépassé cela, n'est-ce pas ? Pleurer devant un tas de terre surmonté d'une pierre. Quoi de plus absurde ? De toute manière il n'y avait plus rien sur lequel pleurer maintenant. Il ne restait plus rien d'elle sinon le souvenir de son sourire.

Le cœur de Severus se serra quand il songea à quel point c'était vrai. Car il savait maintenant. Ces dernières années, il était allé jusqu'à risquer sa vie, risquer tout ce qu'il avait, pour un mirage. Une illusion tellement parfaite qu'elle avait berné tout le monde.

Pendant presque quinze il avait protégé ce qu'il restait d'elle, son fils. Il avait tout fait pour le maintenir en vie comme si, tant qu'il était vivant, c'était un peu d'elle qui restait dans ce monde. Ça n'avait pas été chose aisée, le garçon se trouvant invariablement mêlé à des situations toujours plus dangereuses sous l'œil bienveillant du vieux fou, mais Severus avait fait de son mieux et ça avait semblé suffire.

Mais maintenant il se retrouvait perdu, ça faisait plusieurs mois que le garçon, le fils de Bellatrix, habitait au manoir Malfoy et si d'abord Severus n'avait pas changé ses habitudes, continuant son rôle d'espion, il sentait que quelque chose approchait et qu'il lui faudrait alors choisir un camp pour de bon. Mais lequel ?

Il ne croyant en aucune idéologie des deux camps, la vision du monde de Dumbledore était biaisée, elle reposait sur des principes bancals, il voulait laisser les choses telles qu'elles étaient, mais les choses n'étaient pas bien ! Le monde sorcier sombrait dans une lente déliquescence, les anciennes traditions se perdaient au profit d'une culture métissée, en partie moldue, et avec elles sombrait la magie fondamentale…

Cependant Voldemort ne proposait rien de mieux à ses yeux : le retour à d'anciennes valeurs certes, mais à quel prix ? Qui voudrait vivre dans un monde où la magie était certes toute puissante, mais sous le joug de ce genre de tyran ? Certainement pas lui …

Severus poussa un énième soupir, il ressassait sans cesse les mêmes pensées ces derniers mois. Il avait naïvement espéré que venir ici l'aiderait à y voir clair mais son esprit n'en semblait que plus embrouillé.

Car plus que tout, l'identité de Harry Potter – Eridan- remettait tout en question. Il avait toujours cru connaitre son camp : c'était celui de Lily.

Toute sa vie ça n'avait été qu'elle et il avait suivi cette voie sans hésitation, mais maintenant ? Devant il se rallier au camp pour lequel elle s'était battue toute sa vie ou celui auquel s'était rallié Eridan, l'enfant pour lequel elle avait été prête à mourir ?

Severus poussa un grognement de frustration et jeta un Tempus d'un mouvement ample. Il était invité à fêter Noël au manoir Malfoy, mais il avait quelque chose à faire avant.

Quelques secondes plus tard, le cimetière était de nouveau désert. Seuls quelques pas qui commençaient déjà à être recouverts par la neige témoignaient du passage du sorcier tandis qu'au loin résonnaient toujours les chants de fêtes.

Severus réapparut devant le Square Grimmaud, il épousseta d'un geste la neige prise dans sa cape et pénétra dans la demeure sans plus de cérémonies. A sa grande surprise, il fut accueilli par une douce odeur de nourriture qui flottait partout dans la maison. Un peu partout dans le hall, des guirlandes décoraient les murs de la vieille bâtisse. Des pas résonnèrent dans les escaliers révélant finalement Hermione qui se stoppa net à la vue de l'homme :

– Professeur ? se hasarda-t-elle, mais que faites-vous ici ?

– Moi aussi je suis ravi de vous voir Miss Granger, grinça celui-ci, Cependant permettez-moi de vous retourner la question.

La jeune fille piqua un fard, comme prise en faute. Le brun s'apprêtait à continuer d'une remarque acerbe quand une autre voix retentit dans le Hall :

– Severus ! Je ne savais pas que vous veniez ! Vous auriez dû prévenir !

Le maître de Potion se retourna d'un air raide pour faire face à la matriarche Weasley, qui le contemplait avec un sourire bienveillant en essuyant ses mains sur un torchon qui semblait avoir connu des jours meilleurs.

– A vrai dire, je ne savais pas que vous organisiez une petite… sauterie, grinça le professeur laissant transparaître dans ce mot tout son mépris. Je ne pensais pas croiser qui que ce soit ici ce soir. Je croyais que vous vous réuniriez au Terrier.

Molly eut un sourire contrit avant d'avouer, gênée :

– Nous nous sommes dit … nous nous sommes dit que peut être Harry reviendrait ici le soir de Noël. C'était la maison de Sirius après tout …

– Stupide ! persifla Severus en gravissant les escaliers, bousculant Hermione. Le gosse doit être mort à l'heure qu'il est et vous devriez vous faire à cette idée. Le plus tôt sera pour le mieux, croyez-moi. Vous êtes ridicules …

Le brun disparut dans les escaliers laissant derrière lui les deux autres et leurs plaintes. Il longea les couloirs de l'étage, il était rarement monté ici, la demeure n'était pas un endroit qu'il appréciait, il y avait toujours passé le moins de temps possible. Il passa devant une porte, s'arrêta pour lire ce qu'il y était marqué : « R.A.B ». Regulus Black. Il se souvenait du frère de Sirius, un Serpentard, pas très bavard, éclipsé par l'aura écrasante de son imbécile de frère.

Mort depuis longtemps.

Severus continua son chemin, peu désireux de se rappeler certains souvenirs macabres. Finalement il se trouva nez à nez avec la porte de la chambre de Sirius s'il devait en juger parce qu'il était gravé sur la porte. Il poussa le loquet avec dégoût et pénétra dans la chambre de son ennemi.

Tout était semblable à ce qu'il avait imaginé. Était-ce seulement possible d'être plus cliché ? Les couleurs criardes de Gryffondor s'affichaient un peu partout avec quelques photos de filles à moitié dénudées. Des photos immobiles, moldues. Typique de l'adolescent rebelle qu'il avait dû être et de l'adulte inconscient qu'il était devenu. Severus soupira de nouveau avant de commencer ses recherches, il ne tenait pas à s'éterniser ici.

Il finit par trouver ce qu'il cherchait dans le tiroir de la table de nuit, il allait l'empocher quand il remarqua, en dessous, des lettres porteuse d'une écriture qu'il connaissait bien. Il saisit doucement une des lettres de Lily, comme s'il s'agissait d'une relique :

– Je ne pensais pas te trouver là, résonna une voix derrière lui.

Severus se maudit intérieurement en se retournant pour faire face à Remus, l'air plus pathétique que jamais, un faible sourire barrant son visage :

– Ne t'inquiète pas, je ne compte pas m'éterniser, grinça le professeur de potion, je m'en voudrais de gâcher votre petite fête.

– Pourquoi ne resterais-tu pas ? Tu ne vas pas fêter Noël tout seul quand même !

– Je me fous de cette fête idiote, bougonna Severus en empochant le contenu du tiroir, et quand bien même, je préférerais passer Noël en compagnie de Strangulots plutôt que de rester plus de temps que nécessaire en votre compagnie.

– Tu es dur, souffla Lupin l'air peiné, Molly a préparé un superbe repas. Reste au moins manger un bout.

– Écoute Lupin, je n'ai pas besoin de ta pitié. Je n'ai pas envie de rester et ça arrangerait tout le monde si tu me laissais tranquille.

– De quoi as-tu peur, ironisa Lupin, de passer un bon moment ?

Severus laissa échapper un petit rire :

– Un bon moment ? Par Merlin, Lupin ne te fais pas plus stupide que tu ne l'es ! Tous ces gens me détestent cordialement, et soyons sincères cinq minutes ! Cette soirée va être aussi joyeuse qu'un enterrement. Je vois déjà la scène : la quasi-totalité de la famille Weasley va jeter des coups d'œil douloureux à la porte et la cheminée, peut être même que Miss Granger et Miss Weasley verseront une petite larme quand elles comprendront que le garçon qui a survécu ne les rejoindra pas. Mais bien sûr, tout le monde va faire semblant que tout va bien et si les personnes restantes n'ont pas été écœurées par la nourriture elles le seront par l'atmosphère nauséabonde et hypocrite qui règnera …

– Severus ….

– Et ne parlons même pas de toi ! s'emporta le brun, Tu pues la souffrance à plusieurs kilomètres ! Le pauvre loup garou que la vie n'a pas épargné …. Mais c'est vrai que ça doit être dur d'avoir perdu son lié, n'est-ce pas, cracha-t-il.

Rémus blêmit :

– De quoi est-ce que tu parles, demanda-t-il.

– Je t'en prie Lupin ne fais pas l'idiot, je t'ai entendu en parler avec Dumbledore l'année dernière, siffla Severus, un grand homme brun que tu aurais peur de perdre s'il l'apprenait… Pas besoin d'être devin pour savoir de qui tu parlais. C'est dommage que tu n'aies jamais eu le cran de lui avouer, persiffla-t-il, un loup garou et un clébard. Vous auriez fait un couple adorable, finit-il en sortant de la pièce, bousculant l'autre au passage.

– Severus, attend !

Le professeur de Potion continua son chemin sans se retourner jusqu'à ce qu'une main ferme attrape son bras :

– Lâche moi Lupin !

– Écoute Severus, je pense que …

– Je me fiche de ce que tu penses Lupin, cracha le brun en se dégageant d'un geste sec. Toi et tes airs de martyr vous pouvez allez-vous faire voir chez les trolls. Fais-moi plaisir et étouffe-toi dans ton malheur, ça me fera des vacances.

Severus continua son chemin en jurant dans sa barbe : et dire qu'il pensait trouver la maison vide, il manquait vraiment de chance en ce moment. S'il y a bien quelqu'un qu'il ne supportait pas c'était bien Lupin et son ton mielleux à souhait.

– Vous partez Severus ?

– Je vous ai dit que je ne restais pas Molly, grogna le professeur.

– Vous n'allez pas passer Noël seul tout de même !

– Severus ! résonna une voix en haut des escaliers.

L'interpellé releva la tête vers Lupin qui le regardait avec un air grave :

– Cette nuit-là, au département des Mystères j'ai perdu plus qu'un ami. J'ai perdu un frère. Mais certainement pas un lié…

– Tu sais quoi Lupin ? Je me moque totalement de tes histoires, grogna Severus en ouvrant la porte pour partir.

Rémus eut un petit sourire triste qui agaça encore plus Severus, il sembla sur le point de dire quelque chose avant de se raviser pour finalement déclarer :

– Joyeux Noël, Severus.

Le brun eut une grimace de dégoût avant de claquer la porte et de transplaner vers le Manoir Malfoy loin du loup garou.