Bonjour ! Eh non je ne suis pas morte, mais c'est compréhensible que vous l'ayez cru.
Tout d'abord je voudrais m'excuser de cet immonde retard, disons, pour faire simple, que la motivation m'a fui pendant ces vacances et pas que pour l'écriture hélas… Mais bref je suis enfin de retour avec un chapitre !
Comme je l'ai déjà dit, je finirais cette fanfic, de toute manière il reste au maximum deux chapitres. Cependant comme je suis dans une année de concours j'ai pas vraiment le temps d'écrire, donc le prochain chapitre arrivera …. Un jour.
En attendant je vous souhaite bonne lecture et merci à tous ceux qui ont laissé une review, ou encore mis l'histoire en favoris ou en suivis. Ça me rend super heureuse de voir que cette fic plait à des gens, donc cœur sur vous !
Severus se tourna vers son interlocuteur, un sourcil arqué, inquisiteur :
- Nymphadora, soupira-t-il, croit bien que venir dans cette … demeure ne m'enchante pas plus que nécessaire. Maintenant, si tu le permets, je vais continuer ce que j'étais e train de faire avant ton inopportune intervention, à savoir, m'en aller.
- Oui j'imagine que tu as bien d'autres choses à faire que te préoccuper des membres de l'Ordre, gronda Tonks, ses cheveux habituellement roses tiraient à présent sur un rouge sang. Retourne donc baiser les robes de ton maitre, personne n'est dupe à part Dumbledore !
Severus l'observa d'un œil vide, presque ennuyé. Tous deux n'avaient jamais été proches, mais la jeune femme n'osait habituellement pas élever la voix devant lui. Cette fois-ci elle semblait cependant spécialement remontée.
Le regard du brun s'illumina brusquement de compréhension :
- Je vois, souris-t-il, tu es en colère parce que je n'ai pas pensé à ton cabot chéri.
La couleur du visage de Tonks semblait soudain vouloir concurrencer celle de ses cheveux, tandis qu'elle se mettait à bégayer, toute fougue oubliée :
- Ne le … Ce n'est pas un cabot ! Tu … D'habitude… La potion …
- J'ai le sentiment que Lupin serait parfaitement capable de me signifier son mécontentement par lui-même, tu n'as pas besoin de jouer les chevaliers servant, ironisa le brun. J'ai été occupé ces derniers temps, d'où mon léger retard. Mais ne t'inquiète pas, continua-t-il, la voix dégoulinant de sarcasme, j'allais de ce pas lui délivrer sa précieuse potion.
Severus se détourna de l'escalier dans un vaste mouvement de cape et se dirigea vers les chambre en prenant bien garde à bousculer Tonks au passage. Il savait ou se trouvait la chambre du loup garou, il y laissera la potion. Il voulait éviter les discussions interminables avec Lupin, il n'était clairement pas d'humeur à ce que celui-ci le rabroue pour son retard avec son air d'écorché vif. Il croisait donc les doigts pour que le loup garou soit toujours absent, même s'il doutait que celui-ci soit sortie la veille de la pleine lune.
En arrivant il toqua doucement à la porte, remarquant au passage que Tonks ne l'avait pas suivi. Voyant qu'il n'obtenait aucune réponse, l'homme laissa échapper un soupir inaudible avant d'ouvrir la porte et de pénétrer dans la chambre.
Toutes les fenêtres de la chambre était calfeutrée, la faible lueur provenant du couloir peinait à dessiner les ombres des différents meubles. Cependant, il n'avait pas fait deux pas dans la pièce qu'un grognement rauque le stoppa :
- Lupin ?
Un autre grognement lui répondit. D'un geste Snape sortit sa baguette et jeta un Lumos. La petite boule lumineuse monta au plafond éclairant Rémus assis dans un fauteuil dans le coin de la pièce.
A première vue, on aurait presque pu dire que celui-ci méditait, cependant Severus remarqua rapidement les doigts griffus serrés sur ses genoux a en faire pâlir les jointures, ainsi que le tremblement qui parcourait tout le corps de l'homme :
- Lupin… Je t'apporte ta potion !
A ces mots, un œil ambré se braqua sur le professeur, le balayant de bas en haut avant de se refermer de nouveau douloureusement.
- Lupin, je …
- Fais-la taire, le coupa la voix rauque du lycanthrope.
Severus fronça les sourcils :
- Je te demande pardon ?
Un silence suivit sa question avant que finalement le loup garou ne reprenne comme si de rien n'était :
- Eteins cette lumière s'il te plait Severus, j'ai mal à la tête.
- Justement, je viens pour ça, répondit celui-ci en levant la fiole.
- Pose-la sur la table je te prie, souffla le lycanthrope, les yeux toujours clos.
- A ton service, grinça Snape, tu sais Lupin, je ne suis peut-être pas aussi bien renseigné que toi sur la question, mais je suis à peu près sûr qu'un loup garou, surtout si près de la pleine lune ne devrait pas s'enfermer comme ça. Ce n'est pas dans votre nature. Tu devrais au moins ouvrir une fenêtre.
- Non, elle ne veut pas se taire. Si j'ouvre la fenêtre ça sera insupportable, gronda l'autre.
Snape lui jeta un regard dédaigneux :
- De qui parles tu ?
- De la Lune, de son appel ! Ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas entendu, j'ai l'impression qu'elle essaye de me briser, répondit Rémus la mâchoire et les paupières toujours serrés.
Severus leva les yeux au ciel :
- Tu ne crois pas que ça te ferait bien de te laisser aller à tes instincts de temps en temps ?
- Quels instincts ? Attaquer tout ce qui bouge ? Mordre des enfants ? Les dévorer ?
- Je pensais plutôt à courir dans les forêts en hurlant à la mort mais il faut toujours que tu sois mélodramatique n'est-ce pas Lupin ?
- J'appelle ça être réaliste.
- Qu'est-ce que ça te couterait de passer une pleine lune avec une meute ? J'ai déjà rencontré certains de ces loups-garous et crois moi, ils ont beau vivre à moitié comme des sauvages aucun n'a l'air aussi miteux et misérable que toi.
Rémus ouvrit un œil pour jeter un regard meurtrier au professeur tandis que celui-ci s'asseyait dans le fauteuil à côté de la table.
- Il y a des choses que tu ne peux refouler une vie entière Lupin.
- Tu veux parier ? Et puis qu'est-ce que tu fabriques encore ici ? Si c'est pour m'abreuver de ta pitié …
- T'abreuver de ma pitié ? Snape sourit. Ce n'est pas vraiment mon genre, à la limite je pourrais t'abreuver de mon mépris, mais je tiens encore un peu à la vie.
- Alors quoi ?
- Alors disons que le côté altruisme de ma personnalité a du mal à accepter le fait que tu te fasses un tel mal quand des solutions existent.
Le loup garou rejeta la tête en arrière dans un éclat de rire qui, s'il semblait d'abord ironique, se mua finalement en un vrai rire hilare. Le potionniste quant à lui ne pouvait détacher son regard des canines démesurément longue du lycanthrope, un frisson parcourut son échine tandis que Lupin calmait ses derniers éclats :
- « Ton coté altruiste », Mon dieu Severus, j'aurais tout entendu.
- Je ne comprends pas ton hilarité, se renfrogna faussement le brun. Je ne travaille pas avec des cornichons tels que vous par pur plaisir. Si ce n'est pas par altruisme je ne vois pas pourquoi je fais tout ça.
Snape observa un mince sourire se dessiner sur les lèvres craquelées de son homologue et c'est difficilement qu'il retint le sien.
- Serais tu jaloux Lupin ? Continua-t-il d'un ton grandiloquent. Tu pensais remporter la palme du type le plus désintéressé et au final je te double, je peux tout à fait comprendre ta frustration.
- En effet, tu n'étais pas le concurrent dont je me méfiais le plus, répondit Lupin, les yeux toujours clos mais un sourire franc sur le visage.
- Personne ne se méfie des connards taciturnes dans mon genre, se désola faussement Snape, Grave erreur !
- Tu n'es pas un connard taciturne, répliqua doucement le loup garou.
Severus laissa échapper un rire gêné avant d'enchainer rapidement :
- C'est vrai, je suis sûr que Nymphadora saurait trouver des expressions plus imagées pour me définir.
- Tonks ? souffla Rémus.
- Elle-même… Elle a l'air de tenir à toi !
Snape jeta un coup d'œil à Rémus, le sourire de celui-ci avait disparu :
- Lupin …
Le lycanthrope ouvrit un œil interrogateur devant l'hésitation de son vis-à-vis :
- Tu n'es pas obligé de vivre comme un loup solitaire. Les gens de l'Ordre… Ils tiennent à toi. Même pour moi ça semble évident que Tonks n'attend qu'un signe encourageant de ta part pour…
- Les choses ne marchent pas comme ça Severus, trancha Lupin en reprenant contenance, et même si c'était le cas personne ne mérite d'être lié à un monstre tel que moi.
- Encore cet agaçant auto apitoiement, C'est insupportable, grinça le maitre de potion en se levant et en commençant à faire les cent pas.
- Ce n'est pas de l'auto apitoiement, s'insurgea Lupin en se redressant sur son fauteuil, ses pupilles ambrées fixées sur son vis-à-vis, au contraire, je suis plus que lucide sur ma condition !
- Ta condition, comme tu dis si bien Lupin, ne te définit pas dans ton entièreté ! s'énerva Severus, Tu es aussi Lupin le professeur, tu étais Lupin le préfet, le Maraudeur ! Tu es Lupin le calme, la force tranquille, Lupin l'adorateur de chocolat, le protecteur de la veuve et de l'orphelin. Tu es plein d'autres encore, que je ne connais pas et peut être même que tu ne connais pas car tu t'obstine à te cacher derrière Lupin le loup-garou, mais ce n'est qu'une petite partie de toi !
Rémus tressaillit en entendant les mots de son homologue, il tenta de cacher son trouble mais le brun fut devant lui en deux pas et attrapa son poignet, remarquant au passage les ongles aux allures de griffes :
- Quand cesseras-tu d'avoir peur ?
- Lâche-moi, soupira Rémus un air las sur le visage.
- Sinon quoi ?
- Sinon je t'arrache le bras, répondit calmement le loup garou le regard fixé dans celui de son vis-à-vis.
Les deux sorciers s'affrontèrent un moment du regard avant que Severus ne finisse par relâcher son poignet, comme au ralenti. Les deux hommes se défiaient du regard :
- Tu as dit que tu n'étais pas lié.
- Non, nia Rémus, tu m'as demandé si j'étais lié à Sirius et je t'ai dit que non.
- Alors qu'est ce qui t'empêche de laisser sa chance à Nymphadora ?
Lupin eu un rictus amusé en entendant le prénom honni par la jeune fille :
- Je ne comprends pas, qu'est-ce que ça peut te faire au final ? Tu ne m'apprécie pas et tu ne supportes pas Tonks. Pourquoi fais-tu ça? finit-il par demander en levant le regard vers Severus, une lueur étrange dans les yeux.
Le brun s'accroupit pour se retrouver à la hauteur du lycanthrope :
- Parce que je ne te supporte plus Lupin.
Une lueur blessée traversa les yeux du loup garou, il ouvrit la bouche pour répliquer mais déjà Severus enchainait :
- A chaque fois que je viens ici c'est le même cirque : Tu es là, à errer, enveloppé dans ta souffrance comme si elle pouvait te servir d'armure. Tu es comme un fantôme, incapable de te lier à qui que ce soit, surtout depuis que ce sale clebs de Black n'est plus là. Je ne viens pas ici par plaisir, comme je l'ai déjà dit, chaque chose, chaque personne dans cette horrible baraque me donne envie de me pendre avec ma propre cape, et toi ! Toi ! Tu es la goutte d'eau qui fait déborder le chaudron !
- Severus …
- Est-ce que ça te fait plaisir ? Tonks …
- Laisse Tonks en dehors de ça, grogna le loup-garou, Tu ne comprends pas, hein ? Je suis lié imbécile : Pas à Tonks, ni à Sirius, mais je suis lié ! Et ça, ça induit que je ne peux pas « laisser une chance à cette pauvre Tonks » parce que je suis à tout jamais incapable de ressentir quelque chose pour elle ! Et pour tout le monde d'ailleurs !
Le maitre de potion eu un mouvement de recul devant l'éclat du loup garou. Les pupilles de Lupin se fichèrent dans les siennes, leurs éclats bestiaux lui firent l'effet d'une douche froide. Sa bouche s'assécha sans qu'il puisse savoir si c'était bien à cause de la peur.
- Lupin, commença-t-il avec tout le sang-froid dont il était capable face à une créature susceptible de le tuer en clignement de paupière, écoute, tu devrais…
Les mots restèrent coincés dans sa gorge tandis que Lupin se levait, l'amenant encore plus près de lui. Le brun ne put s'empêcher de se sentir comme écrasé par la présence de l'autre bien qu'il fasse attention à ne rien en laisser paraitre.
Ils restèrent là, pendant plusieurs minutes à se fixer. L'aura de Lupin toujours plus étouffante, cependant Severus tenait bon et soutenait son regard :
- Qu'est-ce que tu crois faire Lupin exactement, finit par lâcher le maitre de potion, la mâchoire serrée.
Le loup garou ouvrit la bouche, l'air perdu mais aucun son n'en sorti. Ses yeux se fermèrent douloureusement et Severus ne put également s'empêcher de fermer les siens de soulagement en sentant comme un poids s'enlever de sa poitrine. Sans plus jeter un regard au loup garou, il quitta la pièce dans une envolée de cape.
Eridan jeta un regard circulaire, cherchant Tom dans la foule avant qu'un sort ne le frôle, le ramenant au combat. Il jetait des sorts un peu au hasard, essayant de ne pas penser que, pour la plupart, il s'agissait de gens qu'il avait côtoyés. Au loin il aperçut la silhouette de Greyback, qui se frayant un passage dans la foule avec un sourire mauvais. Il aperçut le visage de Neville et à quelques mètres il vit également Dean aux prises avec un Mangemort. La gorge du garçon se serra : Il avait pourtant pensé qu'il serait assez fort pour le supporter, après tout il était sûr de son choix maintenant. Il avait sa famille parmi les Mangemorts et par-dessus tout il avait Tom ! Mais à ce moment précis il avait juste envie de fermer les yeux et mettre ses mains sur ses oreilles pour couvrir le fracas des combats, il avait envie de disparaitre et d'attendre que tout se termine. Il ne se sentait pas assez fort pour encaisser tout ça. Il avait envie de vomir.
Un sort le frappa, déchiquetant la manche de son armure de cuir, entaillant son bras. Avec un cri de rage il riposta, envoyant le malheureux voler au loin. Il ressentit soudainement une joie qui n'était pas la sienne, le sentiment était tellement fort qu'il sut immédiatement où se trouvait Tom. Il se fraya un passage dans la foule, partant à sa rencontre :
- Crève, fils de pute !
Eridan se retourna dans une envolée de cape, invoquant un bouclier sur lequel vint s'écraser un éclair vert. Devant lui se trouvait un garçon de son âge un peu rond avec une cravate jaune, Eridan fronça les sourcils, cherchant dans sa mémoire avant de se souvenir de son nom : Zacharias Smith, Poufsouffle, un peu stupide. Il se rappelait de lui lors de la réunion pour l'A.D. à la Tête du Sanglier.
- Eh bien, sourit le brun, plein d'une fausse assurance, Mère serait ravie d'entendre ce que vous pensez de sa vertu !
- Tu es Sirius Black ! Le prisonnier ! s'exclama le garçon avec hargne, le visage ridiculement rouge. Tout le monde te disait mort ! Mais c'est toujours difficile de se débarrasser des rats de ton espèce, n'est-ce pas ! Finit-il d'un air théâtral.
Il envoya un autre sort qu'Eridan contra d'un geste nonchalant :
- Un rat ? grinça-t-il, Sache, pour ta gouverne que je ne suis pas Sirius Black et je ne tolérerais aucunement qu'une vermine telle que toi, ose salir son nom de la sorte !
Le brun envoya quelques sorts, faisant reculer le garçon dont le visage prit alors une expression paniquée, ses yeux affolés cherchaient de l'aide auprès des autres élèves. Eridan leva sa baguette, prêt à mettre le jeune homme hors-jeu quand un sort le toucha, le déséquilibrant, il rattrapa de justesse sa baguette :
- Tu n'es pas Sirius, c'est certain, souffla une voix fatiguée, Mais tu lui ressembles comme deux gouttes d'eau…
Le regard d'Eridan se ficha dans celui mordoré du nouveau venu qui s'était interposé entre lui et le petit Poufsouffle . Rémus Lupin, ses vêtements plus rapiécés que jamais, mais un air combatif sur le visage :
- Professeur ! Je …
- Silence M. Smith. Votre grossièreté est déplorable ! Taisez-vous maintenant !
Le garçon joufflu se ratatina sur lui-même. Autour des trois hommes, un cercle c'était formé, quelque Mangemorts et élèves s'était arrêté, chacun prêt à intervenir pour aider une personne clé de leur camp :
- Qui êtes-vous ? demanda Lupin d'un ton courtois bien que méfiant, je ne vous ai jamais croisé, pourtant avec un visage comme le vôtre je m'en serais souvenue !
Eridan, serra les poings en faisant une grimace qui pouvait passer pour de la rage mais qui n'était rien d'autre que de la terreur. Il tremblait, il était terrifié de se retrouver ainsi devant son professeur et ami. C'était la première fois qu'il adressait la parole à quelqu'un dont il avait été proche… Autrefois :
- Mon nom est Eridan Lestrange, répondit-il essayant d'instaurer dans sa voix toute la morgue et le mépris dont il était capable, Je suis le fils de Rodolphus et Bellatrix Lestrange et donc, le cousin éloigné de ce Sirius dont vous me rabattez les oreilles !
Un chuchotement diffus traversa la foule des élèves et des quelques Aurors, répandant la nouvelle comme une trainée de poudre. Eridan était comme stupéfixé par le regard de Lupin, celui-ci semblait déstabilisé, un voile de tristesse et de douleur s'abattit sur ses yeux tandis qu'il détaillait le jeune homme qui lui rappelait son défunt ami. Le loup finit par fronça les sourcils, un détail le froissait sans qu'il ne puisse mettre le doigt dessus. Il allait répliquer quand une voix s'éleva, fendant la foule, chantonnant d'un air macabre :
- Le petit loup est un peureux. Il veut fuir pour que je ne puisse pas le retrouver. Le petit loup est un menteur, qui tente très fort de m'oublier, de faire comme si je n'avais jamais existé. Dis-moi donc, petit loup ou t'es-tu caché ?
Fenrir apparut alors au milieu de la foule, il avait du sang partout sur lui, ses vêtements et dégoulinant sur son menton :
- Je t'ai trouvé, grogna-t-il avec un sourire mauvais.
Les yeux de Lupin se plissèrent sous le coup de la haine. Les deux loups garou se faisaient face, la tension entre eux était palpable :
- Mr Lestrange, je m'occupe du louveteau, vous pouvez retourner au combat. Allez leur montrer que vous n'êtes pas qu'une jolie bouille, finit le loup d'un ton moqueur en fixant Eridan.
Eridan soutint son regard, le visage sévère. L'alpha avait tendance à faire beaucoup de remarques sur son physique, ce qui lui déplaisait énormément. Il savait bien que Greyback le considérait comme une jolie poupée que le Lord gardait pour décorer. Eridan grimaça à cette idée et déclara avec un sourire moqueur :
- Faites attention Greyback, ne vous mettez pas trop en danger sinon je serais obligé de venir vous sauver et vous n'êtes pas mon style de demoiselle en détresse.
Le loup émit un rire qui ressemblait à un jappement :
- Allez donc retrouver votre demoiselle en détresse, répliqua-t-il une fois calmé, je pense qu'elle va avoir besoin de vous, finit-il, le regard sérieux.
Eridan sourit en pensant que le loup garou venait de traiter Voldemort de demoiselle en détresse devant une dizaine de Mangemort et hocha la tête avant de disparaitre dans la foule, abandonnant les deux loups sans un regard.
Il tenta de retrouver le Lord grâce au lien, il pouvait encore sentir sa joie même si elle semblait lointaine.
Il finit par le retrouver, un peu à l'écart des combats. Autour de lui, un immense dôme d'énergie pulsait, le coupant du champ de bataille. Le brun voulut s'en approcher mais quelqu'un le tira avec force en arrière :
- Ne touche pas à ça ! le sermonna un garçon habillé aux couleurs de Serpentard, C'est dangereux, fais preuve d'un minimum d'instinct de survie !
- Qu'est-ce que c'est ?
- Aucune idée, répondit l'autre, Mais Malfoy l'a touché et ça l'a mis complètement hors-jeu !
- Où est-il ? S'inquiéta le brun en entendant le nom de son cousin.
- Je l'ai caché dans la forêt, bardé de sortilèges de protection, il ne risque rien.
Eridan dévisagea son vis-à-vis, il était sûr de l'avoir déjà vu :
- Tu es un de ses amis ?
- Oui, Théodore Nott, répondit l'autre d'un ton sec, On est dans le même dortoir.
Le brun hocha la tête à sa réponse avant de s'approcher du dôme. Une fois qu'il fut prêt il remarqua que Tom n'était pas seul, Dumbledore se trouvait avec lui. C'était donc pour ça qu'il semblait si heureux. Eridan leva la main vers le dôme :
- Qu'est-ce que tu fais ? Arrête ! s'écria le Serpentard, affolé.
- Je dois aller de l'autre côté.
- Tu ne peux pas ! Ça va te blesser !
- Pas si je trouve la faille. Il y a toujours une faille, répondit le brun d'une voix lointaine, déjà absorbé dans l'étude du sort. C'est comme avec un pentacle, il suffit d'une faille, d'une inattention et je pourrais passer.
Il ferma les yeux, étudiant la structure du sort, comme Tom lui avait appris. Certains sortilèges pouvaient être posés sur un support, cela permettait ainsi de le stabiliser et à son auteur de pouvoir concentrer son attention sur autre chose. C'était le cas par exemple des sortilèges que Tom avait installé à Poudlard pour affaiblir les protections. Pour cela, le sortilège devait être apposé sur un parchemin ou n'importe quelle autre surface sous forme de sceau, la qualité du sortilège ne dépendrait alors plus que de la puissance avec laquelle le sort avait été jeté, le choix du bon sceau et la précision avec laquelle il avait été tracé. Eridan n'avait aucun doute sur la puissance du sort de Dumbledore, il ne pourrait pas le détruire en y opposant sa force brute, il fallait donc qu'il cherche du côté de la confection du sceau.
Il passa ses mains doucement, à quelques centimètres du dôme, sentant les liens d'énergie, cartographiant le sceau, essayant de se rappeler les conseils de Tom. Il lui fallut quelques minutes avant de la découvrir, la faille, un trait un peu trop court, un trou dans le filet. Avec un sourire il s'y engouffra et traversa le dôme sans problèmes, sous le regard affolé du jeune Serpentard.
- … Tu ne peux pas gagner cette guerre, Tom. Il y aura toujours des gens pour se dresser contre toi.
La voix de Dumbledore était calme et ferme, ses mains croisées devant lui, ses yeux pétillants arborant une expression résolue derrière ses lunettes en demie lune. Celle-ci, cependant, vacilla légèrement quand il vit Eridan s'approcher calmement de Tom. Le dôme de magie derrière lui :
- Un nouveau venu ? s'étonna le vieil homme d'une voix toujours calme et posée. A ce que je vois tu as su t'entourer de gens puissant Tom, rare sont les personnes capables de passer outre mes sortilèges.
- C'est vrai, j'ai su bien m'entourer, sourit Tom en regardant le plus jeune prendre place à ses côtés, et je dois t'en remercier, c'est grâce à toi, vieil homme !
Dumbledore fronça les sourcils, sans comprendre :
- Grace à moi ?
- Tu vas le tuer ? demanda Eridan d'un ton triste, ignorant le directeur.
- Oui, répondit fermement le Lord, c'est bien plus qu'un chef, c'est un symbole. Il m'est impossible de la laisser en vie. Si je le faisais, ma victoire ne serait qu'un sursis.
Eridan soupira en tournant la tête vers le vieil homme, celui-ci affichait une mine mi inquiète mi interrogative, incertain quant à la tournure des évènements. Le jeune homme hésita un moment puis abandonna Tom, traversant le dôme pour se retrouver devant Dumbledore, celui-ci affichait un air calme, les mains jointes devant lui sur sa baguette dans une attitude relâchée :
- Je voulais que vous sachiez que je suis désolé, souffla Eridan. Je n'ai jamais souhaité que cela finisse ainsi.
Le directeur lui renvoya un regard cryptique, ses yeux bleus semblaient scanner son âme, à la recherche de quelque chose :
- Et pourtant vous êtes ici.
Eridan broncha sous le vouvoiement, il oubliait parfois que Dumbledore ne le connaissait pas ainsi :
- Vous savez, continua calmement le vieil homme, ma mort ne signera pas la fin de la guerre.
Il montra sa main qui jusqu'à présent était dissimulée par sa manche, celle-ci semblait carbonisée.
- Même si je ne meure pas ce soir, ma fin est imminente. Sachant cela j'ai tout mis en œuvre pour que le combat continue. Rien ne se terminera aujourd'hui. Le combat de ce soir ne marque rien d'autre qu'un nouveau commencement. Ils ne se rendront jamais.
Eridan fixa la main meurtrie du directeur, tournant ses paroles dans son esprit :
- Qui êtes-vous mon garçon ? souffla Dumbledore en rabaissant finalement sa main, sortant le plus jeune de ses pensées. Je ne vous ai jamais vu et pourtant ….
- Mon nom, répondit le jeune homme d'un ton hésitant, mon nom est Eridan Lestrange, je suis le fils de Bellatrix et Rodolphus.
Dumbledore fronça les sourcils, ses yeux bleus le balayaient soigneusement :
- J'ignorais que les Lestrange avaient un fils, souffla-t-il comme à lui-même.
- Je l'ignorais également.
Dumbledore fixa attentivement le garçon, circonspect, attendant la suite :
- A vrai dire je ne l'ai moi-même appris qu'en Juin dernier, par le biais de mon parrain et oncle, lâcha Eridan dans un souffle.
D'abord le vieil homme fronça les sourcils, le brun pouvait voir les rouages de son cerveau se mettre en marche. Il sut exactement à quel moment Dumbledore comprit la portée de ses mots. Son visage prit une expression étonnée telle que Eridan n'en avait jamais vu, avant qu'un voile de tristesse infinie recouvre son visage :
- Au revoir Professeur, murmura Eridan avant que l'autre n'ait pu prononcer un mot, je suis désolé pour tout.
Et il partit sans se retourner, incapable de supporter le poids du regard de son ancien directeur. Il passa devant Tom, celui-ci, le visage neutre, lui envoya tout de même une vague de réconfort par le lien, tirant un mince sourire au jeune homme :
- Met vite un terme à tout ça, s'il te plait. Souffla le plus jeune en le dépassant.
Le Lord répondit d'un hochement de tête résolu et tandis que les sorts commençaient à fuser, Eridan repassa de l'autre côté du dôme, abandonnant les deux hommes à leur combat.
