Disclaimer : Les personnages qui apparaissent ici sont la propriété exclusive des studios Square Enix et Disney.

Note : Gros big-up à Lae et Leptiloir pour leurs reviews, vous êtes la lumière dans mon océan de non motivation. Il faut tellement que je rattrape les reviews du défi de mon côté, promis cette fois j'oublie pas ? Je suis contente de poster ce chapitre en plein mois de la pride, aussi, et c'est dingue comme il a été plus facile à écrire que le précédent.

Le thème du 29 avril était : Allô maman bobo

Bonne lecture !


Papas bobos

"Bonjour, vous êtes le père de Roxas, c'est ça ?"

Saïx se lève, le visage fermé, en faisant face au médecin qui s'approche de lui. La même femme blonde qui a emmené Roxas en observation quelques heures plus tôt. Xion s'est endormie dans sa poussette malgré le bruit et même avec deux grands thés noirs avalés à l'entrée, il ne s'est pas détendu une seule fois durant les deux heures qui ont suivi leur admission aux urgences.

Il jette son gobelet vide. La salle d'attente de l'hôpital sent le désinfectant, une odeur acre de vomissure qui imprègne le tissu des fauteuils et quelques plantes vertes qui se débattent pour faire bonne figure au milieu des couloirs.

En silence, ils dépassent le pôle pédiatrie jusqu'à pénétrer dans un large bureau d'angle baigné de lumière blanche, et la femme referme doucement la porte derrière eux.

"C'est rare, de voir un homme en pédiatrie."

Saïx ne répond pas. Il jette un coup d'œil nerveux à son téléphone dans l'espoir de voir apparaitre un message d'Axel, s'assoit dans le fauteuil carré en face du bureau. Il n'est pas venu ici pour faire la conversation.

"Alors ?"

La blonde lui adresse un sourire bienveillant. Elle pousse devant lui ce que Saïx reconnait être un bref compte-rendu.

"On a réussi à retirer le coquillage qui était descendu dans son estomac. Par chance, il n'y a pas eu de dommages au niveau de la trachée."

Saïx exhale un soupir lourd. Sa mâchoire se relâche, ses muscles se détendent. Il peut enfin recommencer à respirer.

Malheureusement, son apaisement est de courte durée.

"En revanche, on a remarqué qu'il respirait assez mal, même après avoir éliminé le problème. Vous avez des antécédents d'allergies dans votre famille ? Maladies cardiaques, problèmes pulmonaires ?"

Des antécédents de...? Le bleuté grimace. Il scrute la figure endormie de Xion derrière son épaule, essuie froidement ses mains sur ses genoux avant de répondre. C'est à peine s'il desserre les dents en attrapant son carnet de santé.

"Non.

— Et du côté de la mère ?"

Un silence embarrassé tombe dans le cabinet.

"La donneuse d'ovules et la mère de Roxas étaient en bonne santé, il finit par répondre. On a fait tout les tests."

C'est toujours pareil. D'abord, les yeux qui s'ouvrent en grand, en signe d'incompréhension – au mieux, de curiosité. Viennent ensuite les questions intrusives, les regards emplis de jugement, les mouvements de dégoût, parfois. Saïx sent son ventre le brûler. En face, la médecin essaie vaguement de contenir sa gêne. Sans grand succès.

Il sait pertinemment ce qu'elle pense. "Vous n'avez pas l'air gay." "Les mères porteuses sont illégales dans ce pays." Dans deux minutes elle sera en train d'essayer de mettre un visage sur le patrimoine génétique d'Axel, et il préfère couper court à sa réflexion en désignant son portable d'un geste de la main.

"Mon mari va bientôt arriver."

Et pour une fois, il doit bien concéder un sens impeccable du timing à son ex. Il n'a pas terminé sa phrase qu'une tornade rousse apparait brusquement sur le pas de la porte, rejetant bruyamment l'infirmière derrière lui pour se faire une place dans le bureau.

"Puisque je vous dis que c'est mon gamin, merde !"

La porte n'est pas refermée qu'il se précipite vers lui en sueur, et ses yeux verts n'ont jamais paru aussi larges. Larges, et affolés.

"Alors ? il fait, en considérant la médecin de l'autre côté de la table."

Saïx tire une chaise vers lui. Sans surprise, il s'effondre sur le premier accoudoir à portée.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?"