Disclaimer : Les personnages qui apparaissent ici sont la propriété exclusive des studios Square Enix et Disney.
Note : CETTE DISCUSSION ÉTAIT LONGUE. Et elle est finie. Ouf. Merci à Noé pour m'avoir écouté me plaindre, et à toustes les lecteur·ice·s dans le fond. Je pense fort à vous.
Bonne lecture !
Le thème du 4 avril était : Comédie
Tragi-comiques
"Tu ne vas vraiment remettre ça sur le tapis.
— Non, je veux dire, vraiment."
Saïx s'allonge sur le traversin, le visage froissé.
"Tu sais très bien.
— Ouais. Mais pourquoi ?"
Axel appuie sa joue dans sa paume, et Saïx soupire devant son air sérieux. Il savait qu'il n'aurait pas dû l'inviter. Le laisser entrer sur ce terrain miné et oublier, encore une fois, qu'il ne ressort jamais de ce genre de conversation sans égratignures. Axel n'a pas son pareil pour souffler le chaud et le froid, au dîner, devant un film, dans son cou. Sa main tire sur sa nuque rousse alors qu'il repousse sa bouche trop près de son oreille, et il manque de le chasser du lit en songeant que cette question ne tombe certainement pas là par hasard.
"Parce que c'était trop dur, il crache finalement.
Il n'est pas forcé de répondre. C'est le lieu, le moment. Axel embrasse son dos et pour la première fois, Saïx laisse voir une faille sous son masque de scène. Il grimace face à la tristesse qu'il voit briller dans les yeux de son ex-mari.
— Comme ta...
— Arrête. Je ne veux pas t'entendre rire. Tu pose une question, aies au moins la décence d'écouter la réponse.
— Ok."
L'assurance d'Axel chancelle, ses sourcils arqués comme deux rames en plein naufrage. Il lui prend son dessin des mains et Saïx jure qu'il va s'en servir comme mouchoir, mais non. Il se contente de le pousser sur le côté.
"Ne me fait pas pleurer.
Cette fois, c'est au tour de Saïx de pincer les lèvres. Il prend son temps, comme toujours, pour choisir ses mots.
— L'autre jour, tu t'es excusé de m'avoir blessé. J'aurai dû te renvoyer l'ascenseur."
Il sent Axel remuer derrière lui, drapé dans la vapeur rassurante de sa cigarette. Parce qu'il n'est pas le genre à laisser sa fierté de côté, et que le rouquin sait exactement à quel moment il a besoin de sentir ses longs doigts sur sa peau.
"J'ai été malhonnête avec toi."
Il serre les mâchoires.
"Je savais pertinemment qui tu étais quand je t'ai épousé.
— Et qu'est-ce que j'étais ?
— J'ai imaginé que tu changerais pour moi, comme j'ai changé pour toi."
Axel éclate brusquement de rire.
"T'as pas changé pour moi."
Il se redresse, un vague sourire sur les lèvres au milieu de ces larmes qui lui font des yeux si verts, à force de les réprimer. Son index mince trace un pont invisible sur sa poitrine.
"C'était déjà là à la base. T'es un type bien, Saïx. T'as pas eu besoin de moi pour être un bon père et envoyer chier ton entreprise.
Un instant, Saïx se tait. Le temps pour Axel de venir presser son corps de phasme contre le sien. Il a la nausée, après des mois à tout garder pour lui. Et ce ton savant, cet air insupportable. Ça fait si mal, d'accepter qu'il lui manque.
Il n'arrivera sans doute jamais à faire le deuil de toutes ces conversations qu'il a fui.
— J'étais jaloux.
— Tu l'admets.
— Je voulais être le seul.
— Tu pouvais me le dire.
— Et après ?"
Axel ouvre la bouche. Mais c'est bien la première fois que le bleuté le sent à court de mots.
"On aurait divorcé."
Ils se regardent, un long moment. Il n'y aurait pas eu de compromis, pas de solutions possibles. Parce qu'ils sont différents. Parce que ce n'est pas eux.
C'est Saïx le premier, qui pose sa main sur sa joue.
"Mais pas comme ça.
— Ouais."
Le renard ferme les yeux. Un poids quitte ses épaules, très lentement, et il croit l'entendre se disperser dans les rayons dorés qui filent par la fenêtre.
"On vit vraiment une putain de comédie."
