- Tu es certaine que ce n'est pas à cause de ça? Demande William le regard dur en lui montrant son visage.
- Tu es sérieux là? Demande Iris, outrée. Tu viens chez moi! Je t'ouvre ma porte au risque de finir ma vie en prison pour toi et toi tu… tu…
- Je suis désolé! S'emporte Will en la regardant dans les yeux. Je… je ne voulais pas dire ça. Excuse moi, s'il te plait. Tu es… tout ce qu'il me reste, Iris. J'ai une question pour toi.
- Je t'écoute, dit la jeune femme en s'assoyant dans le lit en enroulant ses bras délicats autour de ses jambes élancées.
- Pourquoi n'es-tu jamais venu me voir, à l'hôpital?
- Je suis venu, dit-elle. Souvent. Mais je ne suis jamais entrée dans ta chambre. Premièrement, parce qu'on ne m'aurait jamais laissé faire et deuxièmement, on m'a dit que tu n'avais plus aucun souvenir de ta vie, donc de moi. Entrer dans cette pièce et t'entendre me demander qui j'étais… je n'aurais pas pue le supporter. Alors je ne suis jamais entrée. Et à chaque fois que je venais, il y avait toujours cette femme dans ta chambre qui te regardait comme si tu étais le pire des monstres! Je n'avais aucune envie de lui adresser la parole. Alors je regardais la seule famille que j'ai au travers d'une vitre à chaque 2 jours.
- Alors je ne rêvais pas, tu venais vraiment, murmure William en s'agenouillant devant elle.
- Tous les 2 jours à 8h00 pile du matin, dit Iris en sentant Billy prendre ses mains fines dans les siennes. Il arrivait souvent que je te voyais avec ta psychologue et tu avais toujours un masque devant ton visage. C'est pour ça… que je ne t'ai pas reconnu tout de suite, hier quand tu as frappé à la porte.
Billy lui explique que ça fait partie de se thérapie. La jeune femme dit doucement que la continuer serait une bonne idée. Mais peut-il faire confiance au Dr Dumont? Elle l'a tout de même aidé à sortir de l'hôpital.
- Penses-y pendant que je prépare le petit-déjeuner, dit la jeune femme en lui embrassant la joue avant de se lever.
- Tu es encore végétarienne? Demande l'ancien marine.
- Si un poulet avait besoin de te manger pour survivre, il ne se poserait pas de question et mordrait dans ton bras, dit Iris avec un air espiègle.
- Ça veut dire que…
- Oui, Billy, dit Iris en levant les yeux au ciel. J'ai du bacon.
- Génial! S'exclame l'homme en se levant pour sortir de la chambre.
Pendant la journée, Iris s'inquiète au plus haut point quand Billy lui dit qu'il va faire ce qu'il faut pour trouver sa psychologue. La jeune femme lui rappelle de garder son calme et quand il sent qu'il perd patience, de faire les mêmes exercices que quand il était sniper pour réguler sa respiration quand il visait.
- Je sais que je ne t'ai jamais remercié, dit l'ancien militaire à Iris. Mais c'est à toi que je dois la vie que j'avais et je sais que j'étais heureux.
- Billy, tu m'as plus d'une fois montré ta reconnaissance. Tu m'as hébergée quand le foyer m'a mise dehors le jour de mes 18 ans. Tu m'a acheté cette maison et tu m'as amené en magasins pour que je puisse me meubler. Tu as payé mes études en botanique. Je te dois la vie que j'ai, William. La vie que j'ai toujours voulue avoir. Et j'ai tenu ma promesse, dit la jeune femme. Je suis allé voir ta mère toutes les semaines pendant les 6 mois que tu étais à l'hôpital.
- Tu… tu es la seule personne en ce monde de qui je n'ai jamais douté.
Iris se perd dans cette étreinte réconfortante avant de voir William sortir par la porte de derrière de la petite maison avec une grande coure qui lui sert de jardin pour ses herbes, fleurs et légumes de saison. La jeune femme décide donc de garder ses habitudes pour que personne ne soupçonne quoi que ce soit. Elle va faire son marché pour la journée en achetant que des produits frais, elle va se promener dans Central Park pendant une heure, comme elle le fait à tous les jours en laissant une note à Will pour qu'il ne s'inquiète pas s'il revenait avant elle. Elle prépare ses huiles essentielles dans le genre de laboratoire qu'elle s'est installé dans le solarium 4 saisons munit d'un poêle à bois sur le côté Sud de la maison.
Pendant qu'elle laisse figer ses savons, on frappe à la porte d'entrée. Quand Iris regarde par le Judas de la porte, elle reconnait cette femme qui était à l'hôpital et qui regardait Billy tel un monstre hideux! Elle met une chaussette sur la poignée de la porte patio pour faire comprendre à Billy de ne pas entrer s'il revient avant que cette femme ne soit partie. Tout en gardant son calme, la jeune femme ouvre la porte sans retirer la chaine de sécurité. Cette femme se présente comme Dinah Madani, agente de la sécurité intérieure. Iris hausse un sourcil violet et regarde la plaque que cette femme lui montre. Iris referme donc la porte pour retirer la chaine et sort sur le perron de sa maison.
- Je peux vous aider, madame? Demande poliment la jeune femme.
- Vous ne me faites pas entrer?
- Pourquoi je ferais ça? Demande Iris en fronçant des sourcils. On ne se connait pas, peu importe votre plaque.
- Vous avez quelque chose à cacher?
- Non, mais je ne suis pas exhibitionniste pour autant, répond la jeune femme aux cheveux aubergines. Donc, je peux savoir pourquoi vous êtes là?
- Un criminel très dangereux s'est échappé de l'hôpital à moins d'un kilomètre d'ici, dit l'agent Madani. Voici sa photo, dit-elle en lui tendant un cliché de Russo. Si vous le voyez, appelez à ce numéro de l'autre côté de la photo. Surtout ne l'appréhendez pas vous-même, il est vraiment dangereux. Il tue de sang froid et sans aucune état d'âme. On ne se serait pas déjà vue, quelque part?
- Il m'arrive de sortir de chez moi quelques fois, dit ironiquement Iris. Alors oui, c'est possible.
- D'accord, merci de votre coopération, madame…
- Evans, Iris Evans, dit la jeune femme sans mentir.
Cette femme était de la sécurité intérieure, il était facile pour elle de faire ses recherches et comme Billy avait payé la maison cash, saisi de justice qui avait été une super affaire, il n'y avait aucune trace de lui nulle part. Tout était au nom d'Iris. Jamais elle ne pourrait remonter la piste jusqu'à lui. Sauf si elle cherchait dans l'enfance de Billy ou du sien, mais la jeune femme aux yeux verts n'en voyait pas l'utilité. Elle demande à son interlocutrice si elle va bien.
- Vous avez l'air épuisée, dit Iris avec empathie. Attendez un instant, j'ai quelque chose pour vous. Restez là.
Iris entre donc dans la maison et sort un petit coffret de bois avec le nom de son entreprise de produits naturels en pyrogravure sur le couvercle. Il y a une lune et des étoiles pour montrer que c'est le kit pour bien dormir. Iris explique le principe de chaque produit dans le coffret et Madani ne semble pas convaincue du tout.
- Je ne crois pas à ce genre de chose, dit l'agent.
- La croyance n'a rien à voir là-dedans, agent Madani, dit Iris avec un sourire en coin. Si quelqu'un met du GHB dans notre verre, on est drogué, qu'on y croit ou pas, dit-elle en haussant un sourcil. Je vous l'offre, vous en faites ce que vous voulez, ça ne me regarde plus. Que vous vous en serviez, l'offrez à quelqu'un ou le balanciez à la poubelle, c'est vous que ça regarde.
- Euh… merci, dit Madani en prenant finalement la bois de bois et retourne à sa voiture. Et appelez moi si vous voyez Russo!
- Si je vois ce criminel, je vous appelle sans faute, Agent Madani.
Iris voit cette femme quitter son stationnement et partir en direction de Central Park. Elle n'avait pas menti, elle ne voyait pas Billy comme un criminel. Mais il avait presque toujours fait les pires choix possibles! Mais elle allait continuer de faire ce qu'elle a toujours fait. Être là quand il en ressent le besoin et continuer sa vie quand il repart. Parce que oui, Willy repartait à chaque fois que ça commençait à aller mieux.
